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L’UE autorise par défaut l’armement des rebelles syriens

 

par Justyna Pawlak et Adrian Croft
BRUXELLES (Reuters) – L’Union européenne va autoriser de fait ses Etats membres à livrer des armes aux rebelles syriens en l’absence d’accord lundi entre les Vingt-Sept sur une prolongation de l’embargo.
La France et la Grande-Bretagne, qui militent depuis des mois en faveur d’une aide militaire aux rebelles cherchant à renverser Bachar al Assad, se sont toutefois engagées à ne pas fournir d’armes aux insurgés « pour l’instant », peut-on lire dans une déclaration publiée à l’issue d’une réunion des ministres des Affaires étrangères à Bruxelles. Cet engagement expire le 1er août, ont précisé des responsables européens.
Paris et Londres sont donc parvenues à leur fin mais aux dépens de l’unité européenne.
Plusieurs pays, au premier rang desquels l’Autriche et la Suède, jugent qu’un afflux d’armes en Syrie va aggraver les violences dans ce pays et contribuer davantage à la déstabilisation de la région.
Pour éviter que le refus franco-britannique de toute prolongation de l’embargo sur les armes n’entraîne une levée de l’intégralité des sanctions européennes à leur expiration samedi, les 27 ministres des Affaires étrangères sont tout de même parvenus à s’entendre sur le renouvellement de toutes ces sanctions, à l’exception de celles portant sur les armes.
Les sanctions renouvelées portent notamment sur un gel des avoirs et sur des interdictions de visas à l’encontre de Bachar al Assad et de plusieurs proches du président syrien. Elles concernent aussi les relations commerciales, des projets d’infrastructure et le secteur des transports.
RENFORCER L’OPPOSITION AVANT LA CONFÉRENCE
Le secrétaire britannique au Foreign Office a déclaré que le Conseil européen des ministres des Affaires étrangères avait ainsi de fait levé l’embargo sur les armes.
« Même si nous n’avons pas dans l’immédiat de projet de livraison d’armes en Syrie, cela nous fournit la souplesse nécessaire pour réagir à l’avenir si la situation continue de se détériorer », a dit William Hague à la presse.
Le conflit en Syrie a fait plus de 80.000 morts, selon l’Onu. Il a débuté en mars 2011 par des manifestations contre le régime de Bachar al Assad, dont la famille est au pouvoir depuis 1970, avant de dégénérer en conflit armé.
La France juge que le soutien militaire fourni par la Russie et par l’Iran aux forces syriennes justifie des livraisons d’armes aux insurgés afin de contraindre le régime à négocier.
Les Etats-Unis et la Russie ont lancé une initiative conjointe pour tenter d’organiser en juin une nouvelle conférence réunissant les différentes parties dans le but de parvenir à une solution négociée au conflit.
Paris et Londres pensent que la perspective de livraisons d’armes aux insurgés permettra de renforcer l’opposition syrienne lors de ces pourparlers, même si cette dernière, divisée, n’a toujours pas décidé de participer ou non à une telle conférence.
Au sein de l’UE, certains pays hostiles à de telles livraisons d’armes s’étaient dits prêts à accepter un assouplissement de l’embargo mais pas sa levée pure et simple. La Grande-Bretagne a toutefois refusé tout compromis, a-t-on appris de sources diplomatiques.
« Les Britanniques n’ont pas cédé un pouce », a déclaré un diplomate.
Le ministre autrichien des Affaires étrangères, Michael Spindelegger, a regretté qu’il n’ait pas été possible de trouver un terrain d’entente avec Paris et Londres.
Il a ajouté que l’Autriche allait désormais réfléchir au sort de ses 380 militaires patrouillant au sein de la force de l’Onu sur le plateau du Golan, entre Israël et la Syrie.
Catherine Ashton, Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, s’est efforcée de donner le change en assurant que l’Union européenne n’avait pas perdu sa capacité à « avoir une politique commune ».
« Ce que cela signifie, c’est qu’il y a une reconnaissance du fait qu’en tentant de déterminer la meilleure manière de soutenir le peuple syrien, les pays voudront prendre des décisions (par eux-mêmes) », a-t-elle dit à la presse.
Même si la France et la Grande-Bretagne décident de fournir des armes aux rebelles, elles devront autoriser ces livraisons au cas par cas et vérifier qu’elles ne finissent pas entre de mauvaises mains.
Avec Ilona Wissenbach, Claire Davenport, Rex Merrifield à Bruxelles, Yesim Dikmen à Istanbul, Bertrand Boucey pour le service français

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Syrie: l’UE lève l’embargo sur les armes pour les rebelles

Les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé lundi soir à Bruxelles de lever l’embargo sur les armes pour les rebelles syriens. Ils maintiennent en revanche l’ensemble des sanctions prises depuis deux ans contre le régime de Bachar al-Assad.

Cette décision va dans le sens de la Grande-Bretagne et de la France. Ces deux pays sont les seuls Etats de l’Union européenne (UE) à réclamer depuis plusieurs mois la possibilité de fournir des armes aux forces de l’opposition modérée.

« Ce soir, l’UE a décidé de mettre fin à l’embargo sur les armes pour l’opposition syrienne et de maintenir les autres sanctions contre le régime syrien », a déclaré le chef de la diplomatie britannique William Hague. Il s’exprimait à l’issue de la réunion avec ses homologues européens.

« C’est le résultat que souhaitait la Grande-Bretagne ». Il s’agit « de la bonne décision », car elle « envoie un message très fort de l’Europe au régime d’Assad », a-t-il insisté.

Pas d’armes envoyées dans l’immédiat

M. Hague a cependant affirmé que son pays n’avait pas l’intention d’envoyer « dans l’immédiat » des armes aux rebelles. La levée de l’embargo « nous donne la possibilité de le faire si la situation se détériore ».

Le reste des sanctions, qui vise des personnalités et des entités du régime, et comprend aussi une série de mesures commerciales et financières, a été prolongé pour une durée de douze mois.

L’UE « réexaminera sa position avant le 1er août », à la lumière notamment des résultats de la conférence Genève-2 prévue en juin et initiée par les Etats-Unis et la Russie.

Les ministres russe et américain des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et John Kerry se sont auparavant rencontrés à Paris pour parler de la date de la conférence, de la manière d’amener les belligérants à la table des négociations et du bien-fondé de la présence de l’Iran à un tel forum.

(ats / 28.05.2013 01h47)

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