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La Syrie dans le chaudron des projets gaziers géants !

 

Arrêté en Espagne ce mardi, le ressortissant belge a été libéré ce mercredi par un tribunal espagnol en échange d’une caution de 10.000 euros.

Une ministre belge confirme : Al Qaïda est notre allié indirect en Syrie _ Bahar Kimyongur

17 juin 2013

Des milliers d’Européens se rendent en Syrie pour combattre le gouvernement de Damas et à fortiori le peuple syrien. La ministre belge de l’intérieur Madame Joëlle Milquet s’est engagée à aider les familles des jeunes Belges embrigadés par les recruteurs terroristes. Ce jeudi soir à l’émission « Face à l’info » d’Eddy Caekelberghs, la ministre nous a donnés la confirmation que l’Etat belge a abandonné nos jeunes à leur sort mais qu’il serait ferme à leur égard en cas de retour chez nous. En d’autres termes, nos concitoyens enrôlés dans les bataillons d’Al Qaïda sont utiles et efficaces là où ils se trouvent tant qu’ils servent notre guerre contre la Syrie.

Le journaliste Eddy Caekelberghs a invité quatre intervenants pour parler des jeunes Belges partis en Syrie : une maman anonyme dont les deux garçons se trouvent sur le front, le député MR (libéral) Daniel Ducarme, la ministre de l’intérieur Joëlle Milquet et moi-même.

Jointe par téléphone, la ministre s’est taillée la part du lion avec une intervention ininterrompue de 12 minutes sur un total de 30 minutes de débat.

Pour saboter l’échange d’idées, Mme Milquet a misé sur le procès d’intention, m’envoyant une petite phrase assassine sur mon prétendu soutien au régime d’Assad. 

Nous n’épiloguerons non pas sur ce procédé déloyal et mesquin de la ministre mais sur le bilan de son inaction en matière de rapatriement de nos jeunes concitoyens égarés sur le chemin de Damas.

N’allons surtout pas déranger Al Qaïda !


Dans son intervention radiophonique, Madame Milquet a implicitement reconnu que ses officiers de liaison en poste en Turquie ont brassé du vent. Du vent parce que, d’après elle, pour retrouver les jeunes Belges, l’on ne peut aller au delà de Bab el Hawa, littéralement la Porte du Vent en arabe, le principal poste-frontière turco-syrien situé dans la province du Hatay.

Rappelons tout de même que Bab el Hawa est aux mains de Jabhet al Nosra, c’est-à-dire de la section syrienne d’Al Qaïda. Les bataillons terroristes syriens et étrangers les plus cruels y font la pluie et le beau temps. Al Qaïda détient ainsi un point de passage situé en territoire turc, c’est-à-dire dans une zone sous contrôle de l’OTAN et à fortiori des Etats-Unis. Mais on ne peut rien faire, paraît-il. En d’autres termes, Madame la Ministre et ses alliés européens, étasuniens et turcs laissent faire Al Qaïda au nom de la guerre contre la Syrie.
Passons. Passons et citons la ministre :

« J’ai été voir longuement le ministre de l’intérieur turc, le chef de la sûreté de l’Etat turc. J’ai vu Monsieur Erdogan. J’ai vu le ministre de la justice. J’ai redonné aussi (au-delà de ce que nos services ont fait) les photos que j’avais eues des mamans et les numéros de téléphone pour qu’ils tentent de les localiser, les différents éléments… Ils étaient apparemment sortis par Bab El Hawa. [Ils] devraient se situer plus ou moins dans le Nord de la Syrie.
Ils (les Turcs Ndr) ont dit et promis qu’ils mettaient tout en œuvre pour pouvoir les localiser s’ils se retrouvaient en Turquie. (…) L’ambassade est au courant. Elle est prête à aller jusqu’à la frontière. (…) les autorités (turques NDR) [peuvent] retrouver un des deux ou les deux (enfants de la maman invitée à l’émission Ndr) s’ils se trouvent sur le sol turc. Mais évidemment, ils ne peuvent pas entrer en Syrie. »

Evidemment, souligne-t-elle. Bein voyons. Entrer en Syrie ? Quelle idée ! Des criminels venus du monde entier, des violeurs, des coupeurs de route et de gorges, des malfrats à la petite semaine, quelques romantiques révolutionnaires, des aventuriers attirés par l’odeur du sang, des Talibans afghans, daghestanais, yéménites ou bosniaques, des journalistes français, britanniques ou israéliens, des fondations caritatives salafistes, le sénateur US républicain John McCain, des agents arabes de la CIA, du Mossad, les députés koweïtiens Abdel Halim Mourad et Adel al Mawada, le prédicateur génocidaire Adnan Arour et bien d’autres chefs de guerre religieux bref toutes les composantes de la Croisade anti-syrienne passent par la Turquie pour pavaner en Syrie. Mais d’après la ministre Milquet, les autorités turques ne peuvent « évidemment » pas entrer en Syrie. Croit-elle vraiment que nous allons avaler cette fable ?

Madame Milquet devrait d’abord nous expliquer ce que faisaient alors les quelques dizaines d’agents turcs capturés par l’armée arabe syrienne à Idlib, Lattaquié, Raqqah et Alep et qui serviront bientôt de monnaie d’échanges lorsque l’Etat turc aura calmé ses ardeurs guerrières contre la Syrie. Ne sait-elle donc pas que tous les chefs rebelles influents du Nord de la Syrie sont des agents turcs en puissance placés sous le commandement et la protection directe de l’armée turque ? Pendant plus d’un an, l’ex-chef de la soi-disant Armée syrienne libre (ASL) Riyad Assaad ne pouvait même pas accorder d’interview à la presse sans l’autorisation préalable du ministre turc des affaires étrangères Ahmet Davutoglu.

D’autre part, l’Etat turc sait exactement où se trouvent les 9 otages chiites enlevés à Azaz ainsi que les deux évêques chrétiens Mgr Paul Yazici et Mgr Youhanna Ibrahim. Les familles des victimes passent d’ailleurs par la Turquie pour contacter les ravisseurs. Autrement dit, le trousseau de clés jalousement gardé par Erdogan permettrait la libération de biens des otages en Syrie, y compris nos jeunes embrigadés par les maffias sectaires qui rêvent de convertir la Syrie en un califat wahhabite.

Madame la ministre parle à plusieurs reprises de la guerre de Syrie comme s’il s’agissait d’un différend entre Damas et Ankara, comme si notre pays n’avait pas contribué au pourrissement de la situation en Syrie en votant des sanctions économiques, en encourageant la surenchère militaire, en durcissant les pressions sur l’axe de la résistance pro-palestinienne dont la Syrie est le pivot.

Quoiqu’en pense Madame la Ministre, l’engagement de nos concitoyens dans cette guerre n’est ni plus ni moins un engagement de la Belgique en tant qu’Etat dans la guerre de Syrie. Et disons-le encore plus franchement : la moindre négligence de la Belgique en la matière est un signe de complicité de nos autorités avec le djihadisme anti-syrien.


Madame Milquet découvre que la rupture avec Damas empêche le contact avec nos jeunes


Poursuivons le décryptage du discours de Madame la ministre :

Le gros problème au niveau de la localisation téléphonique, c’est que pour les localiser, vous devez avoir un lien évidemment avec l’opérateur national qui est évidemment l’opérateur syrien et par rapport à des personnes en lutte avec le régime, il y a un danger et un problème de collaboration. (…)
La Turquie soutient l’opposition et l’armée libre syrienne (ASL) (…) Il y a aussi parfois ce problème de technologie. Moi, j’avais demandé si, à partir de la Belgique, on pouvait localiser via les numéros belges. Mais ce n’était pas possible parce que nous avions besoin du lien avec l’opérateur syrien (…).

Madame Milquet sous-entend que si nous avions eu un lien avec l’opérateur téléphonique syrien donc avec les autorités syriennes, nous aurions pu retrouver les enfants belges. Mais qu’attend-elle donc au nom de la sauvegarde de nos enfants et de leurs victimes syriennes pour rétablir la ligne avec Damas ?

Madame Milquet poursuit sur un aveu d’impuissance :

On est un peu hélas dépendant (notre compétence s’arrêtant à la sortie de la frontière) des services turcs qui pourtant nous ont assurés, et je pense qu’ils sont sincères sur la manière avec laquelle ils ont mis cela dans leurs banques (de données Ndr) et leurs différents signalements lorsqu’ils sont à la frontière (…) Nous n’avons plus d’ambassade en Syrie. (…) Nous avons un gros problème d’accès au territoire (…).

Nous nous passerons de tout commentaire sur la candeur de Madame la ministre concernant la sincérité du gouvernement turc à laquelle elle croit, elle aussi, avec sincérité. Notons juste qu’en ce moment même, des centaines de milliers de manifestants turcs doutent de la sincérité d’un régime qui depuis deux semaines, utilise la matraque, les gaz, les balles en plastique, les menaces, la prison et la torture et affiche un mépris total face aux doléances du peuple.

Ceci étant, si l’on suit le raisonnement de Madame la ministre, on arrive à la conclusion que la réouverture de notre ambassade en Syrie nous offrirait une opportunité pour retrouver nos enfants. En voilà une excellente idée ! Pourquoi pas si l’on peut sauver la vie de Belges partis en Syrie et celle des Syriens victimes des Belges.

La vice-présidente du groupe socialiste européen, Madame Véronique de Keyser a eu le courage de proposer de reparler avec le président syrien après avoir exigé son départ avec acharnement (Le Vif, 19 avril 2013).

Aujourd’hui même, une autre voix lucide du paysage médiatique belge, le journaliste Vincent Braun de La Libre a plaidé en faveur d’une résolution pacifique du conflit syrien. La conclusion de son éditorial est sans appel : « Il faut impliquer l’Iran dans la résolution de ce conflit ».

La sagesse de ces paroles se situe en parfaite opposition avec le radicalisme et l’extrémisme de notre politique étrangère laquelle n’a d’égal que le radicalisme et l’extrémisme des volontaires belges partis en Syrie.

« Oui Madame la Ministre, oeuvrons pour la paix et la réconciliation et nos enfants reviendront peut-être sains et saufs » a-t-on envie de lui dire si la fin du conflit syrien eut été sa réelle intention.


Pendant ce temps, la fabrique du terrorisme tourne à plein régime

Au début du mois d’avril 2013, le Centre international pour l’étude de la radicalisation (ICSR) du King’s College de Londres annonçait que 140 à 600 jeunes ont été recrutés par des cellules djihadistes actives dans des pays européens comme la France, l’Angleterre, la Belgique, le Danemark ou les Pays-Bas.

Trois semaines plus tard, le spécialiste européen de l’antiterrorisme Gilles de Kerchove évoquait la présence de 500 djihadistes européens en Syrie (Martine Gozlan, Marianne, 25 avril 2013).

Le 21 mai 2013, Georges Malbrunot, le journaliste du Figaro estimait à 800 le nombre de djihadistes européens actifs en Syrie.

Aujourd’hui, d’après de nouveaux éléments d’enquête, les Européens seraient entre 1.500 et 2.000, soit deux à trois fois plus que les estimations publiées il y a trois semaines à peine (Pierre Beyleau, Le Point, 14 juin 2013).

Ils sont sans doute bien plus nombreux à partir en Syrie.

Vu l’ampleur du phénomène, une question s’impose : N’est-il pas pour le moins suspect que des apprentis sorciers rêvant de commettre à Damas des attentats semblables à ceux de Madrid, Londres ou New York puissent se rendre aussi massivement en Syrie sans être inquiétés dès leur départ ?

Imagine-t-on un seul instant ce que feraient les polices européennes si des prédicateurs actifs en Europe mobilisaient des légions musulmanes pour aller égorger les Juifs d’Israël ?

Que le Mossad se rassure, la Maison des Saoud et l’émir du Qatar, grands sponsors du djihad en Syrie, ne sont pas prêts de trahir leur alliance avec Tel Aviv.

Quant aux terroristes européens, conformément aux directives qui leur parviennent de Riyad ou Doha, ils préfèrent de loin verser le sang de musulmans sunnites, chiites ou alaouites que de s’en prendre à l’Etat hébreux.

Mais sait-on jamais, si un jour, Al Qaïda se mettait à acheminer des djihadistes en Israël ce qui, à ce jour, n’est jamais arrivé, il est certains que nos gouvernements neutraliseraient les jeunes volontaires européens avec une violence extrême. Le Mossad userait sans détour de son droit d’ouvrir le feu sur des suspects dans les aéroports occidentaux comme il l’a très souvent fait durant les années 70 et 80.

Nous sommes dès lors en droit de nous demander pourquoi l’Occident est si laxiste quand nos jeunes partent en Syrie et si ferme quand ils en reviennent.

La décision du bourgmestre d’Anvers Bart de Wever de radier de son registre de population les candidats djihadistes de retour de Syrie illustre bien cette stratégie d’accompagnement passif et de confinement du djihadisme en Syrie.

Monsieur De Wever, Madame Milquet et nombre de leurs homologues européens espéraient sans doute que la guerre internationale contre la Syrie par djihadistes interposés allait conduire à l’implosion du pays, gage de réussite de la théorie du chaos constructif permettant de remodeler les nations selon nos intérêts à court terme.

Mauvais calcul. Etant donné la connectivité complexe du corps politique et social syrien avec les lignes de fracture qui traversent notre monde multipolaire, toute tentative de déstabilisation de ce pays hautement inflammable ne conduit pas à son implosion mais bien à son explosion.

Si Madame Milquet nous avait écoutés dès le début du conflit, nous aurions peut-être pu sauver la vie de nombreux Syriens et de nombreux Belges.

Aujourd’hui, elle peut encore se rattraper. Mais pour cela, nous pensons qu’elle doit impérativement se concerter avec ses homologues européens et les convaincre à :

– promouvoir un message de paix en Syrie, le dialogue intercommunautaire en Europe et lutter contre la désinformation et la propagande sectaire qui contribuent à la radicalisation de nos jeunes

– lever toutes les sanctions européennes qui pèsent contre la Syrie et normaliser nos relations avec le gouvernement de Damas

– présenter nos excuses au peuple syrien pour avoir laissé les djihadistes européens contribuer à la destruction de leur pays et pour avoir armé les terroristes actifs en Syrie

– contraindre nos agents syriens de la Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution à saisir la chance offerte par la Russie et le gouvernement syrien de résoudre pacifiquement le conflit.

– poursuivre légalement les vétérans belges qui ont commis des crimes de guerre, de génocide ou des crimes contre l’humanité en Syrie et assurer un accompagnement psychologique adapté aux volontaires belges non terroristes,

Nous cesserons de penser que Madame Milquet roule pour Al Qaïda le jour où elle militera concrètement pour la paix et contre le terrorisme en Syrie.





Voici l’enregistrement audio de l’émission Face à l’info du jeudi 13 juin 2013 animée par Eddy Caekelberghs

Syrie : Alep ou le « déséquilibre » fabiusien !

Syrie : l’incroyable aveu de Laurent FabiusCe que vous ne comprenez pas et dont le ministre français des Affaires étrangères doit vous convaincre est que la résistance d’Alep « la Syrienne » menace l’équilibre de son monde, de sa communauté prétendument internationale, et de ses larbins endoctrinés à prix d’or pour continuer à la piller et à en massacrer les citoyens coûte que coûte [1].

Mais rassurez-vous, il ne vous en coûtera rien ! Ce ne sont pas les soldats français qui se battront sur le sol syrien pour défendre la crédibilité de la France et « rééquilibrer » la perte de son influence et de sa grandeur. Cette lourde tâche est confiée à des sous-fifres traitres ou endoctrinés qui sont, en l’occurrence, les « néo-résistants »  made in France, US, et ailleurs…

Mais voilà, Monsieur Fabius est bien obligé de constater que  ses « prétendus résistants » sont dans une mauvaise passe. Qu’à cela ne tienne. Contrairement aux Russes, lui et ses collègues  arabes et ottomans empêcheront l’Armée de [Bachar] d’en délivrer les habitants d’Alep et, à défaut, la tenue de la « Conférence de Genève.2 » si les délégués de ces vendus, assassins et nécrophages ne peuvent y participer faute d’atouts dans leur jeu de poker menteur [2]. Et quel meilleur atout que de continuer à terroriser « Alep la somptueuse » en tentant d’empêcher ses fils, les soldats de l’Armée arabe syrienne, de remporter une deuxième victoire ? [3].

Et puisque les paroles s’en vont mais les écrits restent, ci-dessous la transcription de l’objet de ce « billet d’humeur », triste humeur autant pour la Syrie que pour la France !

Interview de Laurent Fabius sur France 2 (12.06.2013) :

[…]

Fabius : J’avais hier mon collègue David Oglü longuement au téléphone pour parler de la Syrie et puis on a parlé aussi de la Turquie. Et, il m’a expliqué quelle était sa vision de la situation [en Turquie] et je lui ai dit vraiment ce qu’était la position officielle de la France… que l’on souhaitait la retenue et l’apaisement… et la solution passe par le dialogue, là bas comme partout.

France 2 : Alors justement vous parliez de la Syrie. Les rebelles sont en train de perdre du terrain. Est-ce qu’il faut les armer ? Les Américains sont prêts à le faire.

Fabius : Il faut qu’il y ait un rééquilibrage, parce qu’au cours des derniers jours, des dernières semaines, les troupes de [Bachar] et surtout le Hezbollah et les Iraniens, avec les armes russes, ont repris un terrain considérable et il faut qu’on puisse arrêter cette progression avant Alep !

Là, c’est la prochaine cible qui est celle, à la fois, du Hezbollah et des Iraniens ! Et il faut qu’on l’arrête, parce que si on n’a pas de rééquilibrage sur le terrain il n’y aura pas de Conférence de la paix à Genève. L’opposition n’acceptera pas d’y venir ! Or, il faut qu’il y ait une solution politique. Donc, il faut qu’on puisse arrêter les troupes de [Bachar] et qu’on aille, si possible, au moment de Juillet vers une conférence politique.

C’est bien pour ça qu’on milite. Pour que « les soldats de la résistance » puissent se défendre, il faut qu’ils disposent d’armes parce que [Bachar], lui, il a des avions, plus de 500 ; il a des canons puissants ; et il a utilisé, d’une façon scandaleuse, des armes chimiques. Et donc, en face, il ne s’agit pas d’armer pour armer, mais il faut qu’il y ait un rééquilibrage !

France 2 : Alors qui va les armer ? L’Europe ? Les États-Unis ? Les pays arabes ?

Fabius : Déjà… Déjà… Il y a déjà des armes qui leur sont données par les pays arabes. Nous, vous savez qu’on respecte la réglementation européenne qui dit que c’est à partir du1er Août que des armes puissantes peuvent être données. Pour l’instant, nous n’avons pas encore décidé. Et les Américains – effectivement j’ai eu mon collègue Monsieur Kerry hier – ils sont en train d’examiner leur propre position. Je crois qu’il y a dans l’administration américaine des positions différentes. Les Américains auraient bien voulu se tenir à l’écart de tout cela, mais le conflit n’est plus local !

C’est un conflit régional et même international ! La Jordanie est touchée. La Turquie est touchée. Le Liban est touché. L’Irak est touché. En Syrie, c’est un désastre. Ça peut avoir des répercussions sur le conflit israélo-palestinien ! Donc, personne ne peut dire : moi ça ne me regarde pas !

France 2 : Est-ce qu’il faut une intervention militaire occidentale ?

Fabius : Non… personne ne demande, si vous voulez, qu’il y ait un envoi de troupes au sol en Syrie. Absolument pas. Ce serait la catastrophe ! Mais il faut que les « résistants » puissent avoir les moyens de se défendre.

J’ajoute en plus que ça devient un conflit, comme on dit en anglais [ !?], sectaire, c’est-à-dire religieux entre les chiites, les sunnites… Et c’est un imbroglio épouvantable avec des menaces, je dis bien, sur toute la région.

Et derrière l’affaire syrienne il y a évidemment la question iranienne : est-ce que l’Iran, l’an prochain, va oui ou non… pourra avoir l’arme nucléaire ? Notre position, à nous Français, c’est de dire que si on n’est pas capable d’empêcher l’Iran de prendre la main sur la Syrie, quelle crédibilité aurait-on en lui … en exigeant qu’elle n’ait pas l’arme atomique ? Donc, tout est lié.

[…]

Laurent Fabius/ France 2

12/06/2013

http://www.dailymotion.com/francediplotv

http://www.dailymotion.com/video/x10tgsn_interview-de-laurent-fabius-sur-france-2-12-06-2013_news?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter#.Ubhrob5OJ_8

 

Notes :

[1] Syrie : Le pilleur d’Alep !

http://www.mondialisation.ca/syrie-le-pilleur-dalep-2/5323740

[2] Syrie : Les joueurs impénitents

http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29338

[3] Qousseir / Al-Qusayr Syrie, Une Victoire Stratégique Majeure

http://www.youtube.com/watch?v=DyXNF0Us7oE

http://www.mondialisation.ca/syrie-alep-ou-le-desequilibre-fabiusien/5338848

Turquie : les raisons de la colère de la rue face à l’AKP

euronewsfr

Comment le mécontentement d’une poignée d’activistes qui tentaient d’empêcher l’abattage des arbres du park Gezi à Istanbul a-t-il pu se transformer en une contestation massive contre le gouvernement de Recep Tayyip Ergogan?

L’explosion de colère est sans égale depuis des décennies en Turquie, elle exprime une défiance contre ce que beaucoup parmi les manifestants dénoncent comme un autoritarisme rampant du Premier ministre Erdogan.

Elu avec 50% des voix lors des législatives de 2011, le chef du parti islamiste modéré AKP, impose son hégémonie politique à la société dans tous les domaines. D’ici la fin de son troisième et ultime mandat, en 2015, il veut réformer la constitution pour donner des pouvoirs exécutifs à la présidence du pays et il ne cache pas son intention de se présenter à la présidentielle.

Pendant ces dix années de l’AKP au pouvoir, la Turquie a connu une remarquable stabilité politique et une forte croissance. Pourtant, ces derniers mois une série d’évènements ont mis les laïcs sur le qui-vive.

Fin mai, une centaine de couples se rassemblaient à Ankara pour s’embrasser en public, protestant ainsi contre l’interdiction de se faire des bisous dans le métro de la capitale.

Cette suspicion de vouloir insidieusement islamiser la société turque s’est renforcée avec l’approbation d’une loi interdisant la publicité et limitant la vente d’alcool, il y a quelques jours. Beaucoup de Turcs considèrent cela une intrusion du gouvernement dans la vie privée des citoyens.

Début mai, c’était le personnel de Turkish Airlines qui dénonçait l’interdiction par la compagnie des rouge à lèvres et vernis trop voyants aux hôtesses de l’air, soit-disant à la demande des passagers. Mais pour les syndicats, ce n’est qu’une position politique et idéologique, aucunement une décision motivée par la clientèle.

Et le 15 avril, le musicien et pianiste Fazil Say a été condamné à 10 mois de prison avec sursis pour une série de tweets considérés par la cour comme « insultants à l’égard des valeurs religieuses d’une partie de la population turque ».

Enfin la société turque désapprouve la politique étrangère d’Erdogan concernant la Syrie, selon les sondages d’opinion. Ces manifestants accusent même le gouvernement d’avoir par ses positions entraîné deux attentats à la bombe à Reyhanli, près de la frontière avec la Syrie le 11 mai, ils firent 51 morts.

Pour en savoir plus, nous avons interrogé le Professeur Riva Kastoryano, de l’Institut d’Etudes politiques à Paris.

« Devrim Hacısalihoğlu, euronews : Pour quelle raison le peuple turc organise des manifestations massives contre le gouvernement ?

Riva Kastoryano : Il serait plus juste de dire qu’il y a plusieurs causes, mais pas une seule raison. Au début, il s’agissait d’un mouvement pacifique pour sauver un parc d’Istanbul. La manifestation a débuté dans un cadre écologiste, mais parce que la police turque a attaqué violemment les manifestants, le sens de la réaction a très vite évolué. À présent il semble que toutes les couches de la société turque qui veulent exprimer leur désaffection pour le gouvernement se joignent aux rassemblements.

euronews : Il semblerait que des gens qui n’ont jamais manifesté auparavant descendent maintenant dans la rue.

Riva Kastoryano : « Quand je parle à des gens en Turquie, je vois qu’il y a un réel enthousiasme, une envie de prendre part aux manifestations, même chez ceux qui n’ont jamais participé à un mouvement politique. Il y a des gens issus de tant d’horizons politiques différents. Le mouvement a évolué en quelque chose de moins homogène. Il ne s’agit plus uniquement d’une manifestation de l’opposition. Il y a de plus en plus de dissensions, y compris au sein de la majorité. Ils veulent que le gouvernement tienne compte des manques politiques. Ce n’est donc pas un mouvement qui peut être attribué à une idéologie homogène.

La police turque a trouvé du gaz sarin chez les terroristes d’Al Nosra

Par Bahar KIMYONGUR

Hier matin, à l’aube, la Direction générale de la Sécurité (Emniyet Genel Müdürlügü) a mené une opération à Adana, dans la Sud de la Turquie, contre des cellules de l’organisation terroriste Jabhat Al Nosra, fer de lance de l’insurrection en Syrie.
30 mai 2013

Après avoir saisi plusieurs plans d’attentats, les unités antiterroristes de la police turque ont mené des perquisitions à douze adresses différentes et procédé à des contrôles routiers à divers points d’accès vers la ville.

La police turque a découvert 4 kg de gaz sarin.

Au cours de leur interrogatoire, les terroristes auraient avoué vouloir acheminer le gaz sarin vers les zones de combat en Syrie.

La police enquête actuellement sur les pistes qui ont permis aux terroristes de se procurer cette arme chimique.

Cette information émane du journal Zaman, un quotidien pro-gouvernemental turc. Voir : [1].

Par Bahar KIMYONGUR
30 mai 2013

http://www.silviacattori.net/article4495.html#nb1

 


[1] http://www.zaman.com.tr/gundem_adanada-el-kaide-operasyonu-12-gozalti_2094730.html


Syrie : 800 Européens enrôlés dans le djihad anti-Assad

Par Georges Malbrunot

Un combattant du groupe djihadiste Jabhat al-Nosra à Raqqa, en Syrie, le 12 mai dernier.

Un combattant du groupe djihadiste Jabhat al-Nosra à Raqqa, en Syrie, le 12 mai dernier. Crédits photo : STRINGER/REUTERS

Menacés par les combats, une quarantaine ont commencé à fuir en Turquie. Leur retour est la hantise des services antiterroristes.

Huit cents ressortissants européens combattent actuellement le régime de Bachar el-Assad en Syrie, selon les estimations d’un diplomate de l’Union européenne (UE), confirmées par un dirigeant de l’opposition. Certains ont rejoint le groupe djihadiste Jabhat al-Nosra, classé terroriste par les États-Unis, qui vient de prêter allégeance à al-Qaida.

Jamais autant d’habitants du Vieux Continent n’ont afflué en aussi grand nombre sur une période aussi courte – un peu plus d’une année – pour livrer la «guerre sainte» à un régime qui réprime de manière sanglante ses opposants et que l’Europe elle-même combat depuis deux ans. Parmi ces 800 Européens figurent une centaine de Français ou de Franco-Syriens, 50 à 70 Belges, une centaine de Britanniques, de nombreux Allemands, notamment d’origine turque, des Irlandais, des Kosovars, des Danois. Bref pratiquement tous les pays européens sont concernés. Certains de ces combattants ont été tués, d’autres sont emprisonnés par le régime. Et une poignée a déjà guerroyé sur une autre terre de djihad. «Nous avons eu une réunion entre ambassadeurs européens et chaque pays a fait le décompte du nombre de ses ressortissants partis en Syrie», souligne le diplomate de l’UE.

Une dangereuse radicalisation

La dernière estimation officielle émanant des services de Bruxelles atteignait le nombre de 500 djihadistes. Leur profil va de l’idéologue pur et dur au révolutionnaire romantique en passant par l’adolescent égaré. La facilité avec laquelle ces candidats au djihad se rendent sur place – via la Turquie où aucun visa d’entrée n’est requis – explique partiellement cette participation importante, ainsi que l’absence de filières d’acheminement, contrairement à l’Irak ou à l’Afghanistan.

Mais «pour la première fois, avertit le responsable de l’opposition, nous assistons au départ de certains combattants étrangers». Ces dernières semaines, une quarantaine d’Européens ont ainsi fui la région d’Idlib dans le Nord, où les rebelles peinent à chasser les loyalistes de cette portion du territoire syrien. «Il y a eu un changement du rapport de forces sur le terrain, précise l’opposant. L’armée a lancé des opérations de nettoyage et, en plus, des conflits ont éclaté entre des groupes armés. Toutes ces raisons font que certains combattants étrangers qui ne sont pas idéologiquement marqués quittent la Syrie». Ceux-là s’échappent par la Turquie plutôt que par le Liban, où les entrées et sorties à l’aéroport de Beyrouth sont contrôlées par le Hezbollah, allié de Damas.

Certains auront acquis un savoir-faire qui peut servir à perpétrer des opérations terroristes dans leur pays d’origine

Ces derniers jours, d’autres djihadistes ont également fui la ville d’al-Qusayr que l’armée régulière, appuyée par les unités d’élite du Hezbollah est en train de reprendre aux insurgés. «Ces djihadistes fuient vers le Liban voisin», ajoute le dirigeant de l’opposition, mais il s’agit essentiellement d’Arabes, et non d’Européens.

Le retour de jeunes, radicalisés au contact de vieux briscards du djihad, est la hantise des services de sécurité européens. Certains auront acquis un savoir-faire qui peut servir à perpétrer des opérations terroristes dans leur pays d’origine. Mais la justice pourra-t-elle criminaliser leurs voyages en Syrie, dont le régime est dénoncé par les capitales européennes? En outre, des binationaux figurent parmi ces candidats au djihad. «Il est difficile de leur dénier le droit d’aller résister à un pouvoir qui massacre sa population», soulignait récemment le juge antiterroriste Marc Trévidic.

La Belgique, la France et l’Allemagne sont particulièrement concernées. De très jeunes citoyens belges, parfois convertis, ont pris le chemin de la Turquie puis de la frontière, où des réseaux les convoient ensuite en Syrie. Parmi eux, de nombreux Belgo-Maghrébins, reliquat des filières qui allaient vers l’Afghanistan ou l’Irak dans les années 2000.


Des soldats israéliens répliquent  à des tirs en provenance de Syrie

Des soldats israéliens en patrouille sur  le plateau du Golan ont ouvert le feu dans la nuit de lundi à mardi, après avoir été pris pour cible par des tirs en provenance de Syrie. Aucun militaire n’a été blessé, mais leur jeep a été endommagée,  a précisé l’armée israélienne. De son côté, l’armée syrienne a affirmé avoir détruit  un véhicule israélien ayant dépassé  la ligne de cessez-le-feu sur le plateau  du Golan. Dans un communiqué, Tsahal s’inquiète «des récents incidents dans  le nord du pays» et dit avoir «déposé plainte auprès des forces des Nations unies en faction dans la région». La semaine dernière, des projectiles tirés de Syrie ont touché le mont Hermon, point culminant du Golan occupé par Israël

http://www.lefigaro.fr/international/2013/05/21/01003-20130521ARTFIG00505-syrie-800-europeens-enroles-dans-le-djihad-anti-assad.php

 

Syrie: Quand la Turquie change de cap…

L’équipe du site

Il semble que la Turquie remet en question sa politique envers la Syrie à en juger la presse turque, a rapporté le quotidien libanais asSafir.

Les commentaires turques sur la visite du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan à Washington portent essentiellement sur la période post-visite  et ses impacts sur la situation syrienne en particulier.

La presse  est unanime : la position turque a changé dans le sens de la recherche d’une solution pacifique d’une part, et l’abandon du soutien aux groupes fondamentalistes comme le Front alNosra  qui utilise la Turquie comme passage d’acheminement d’armes vers la Syrie.

Sur le premier point, Erdogan a déclaré à Washington que la position turque a changé voire elle a évolué  par rapport à la question syrienne. Il s’est justifié en invoquant devoir céder aux pressions du président américain Barack Obama qui lui aurait demandé de soutenir  les groupes modérés de l’opposition syrienne.

Selon le quotidien turc Melliat, le journaliste  Kadri Gursel estime que « la  solution à la crise syrienne sera apportée  par la conférence internationale  Genève 2 et les moyens diplomatiques ». Selon Gursel, « la tenue d’une telle  conférence traduit la conviction de toutes les parties qu’il n’y a pas une solution militaire à la crise syrienne, ce qui signifie qu’il y aura ensuite Genève 3 ». Et donc,  la Turquie sera une partie intégrante à Genève 2 après qu’elle s’y était  opposée fermement.

Toujours selon le journaliste, «l’option militaire ne sera jamais posée sur la table compte tenu des efforts continus pour parvenir à un règlement pacifique  mais aussi parce que la communauté internationale ne veut pas que  la Syrie devienne un pays dominé par les jihadistes et Al-Qaïda. Et donc, la Turquie n’a aucune  justification à garder chez elle une base arrière pour les jihadistes. Il lui sera demandé de  contrôler ses frontières et de se comporter en Etat de droit ».

 «Erdogan n’est pas clair en parlant des organisations terroristes. Car si ce n’est pas du  Front alNosra dont il s’agit, mais du PKK et du Parti de l’union démocratique en Syrie, alors on ne peut pas dire qu’il y a un changement dans la politique turque. Par contre, quand il s’agit du rôle du président syrien Bachar al-Assad dans le processus de règlement, là il y a un changement dans la position turque : car désormais on parle d’une participation des  groupes du régime   dans le processus de règlement qui se devrait se terminer par le départ d’Assad », souligne le journaliste.

Et de poursuivre : «  La Turquie a décidé donc d’abandonner son  opposition au profit d’une participation  active à la Conférence de Genève -2. Son rôle sera de convaincre l’opposition sunnite syrienne de participer à la conférence et faire partie de la solution ».

Un autre  journaliste du quotidien Melliat,  Fouad Keyman a estimé que «les efforts actuels se concentreront sur le processus d’une solution pacifique à la crise syrienne où le rôle de la Turquie sera de persuader la Russie, la Chine et l’Iran à une telle solution ».

Il a indiqué que «l’objectif des Etats-Unis est de réussir la phase de transition, ce qui nécessite l’arrêt de la guerre et la participation de tous, y compris des personnalités de l’intérieur du régime pur parvenir  en fin de compte au départ du président Assad. Or,  la Turquie veut un règlement rapide pour  mettre fin au risque d’attentats comme celui de  Rihaniyya et aussi cesser le flux des réfugiés syriens . Pour jouer ce rôle, la Turquie doit se concentrer à régler le  problème kurde, afin d’éviter d’être un pays  au flan blessé et devenir une star de la carte du Moyen-Orient. Ainsi, le processus de résolution du problème kurde offre des possibilités à la Turquie de jouer des rôles plus importants dans la région ».

Pour le journaliste Ozil du quotidien Khabar turk ,  «le réalisme et le pragmatisme ont prévalu lors des réunions d’ Erdogan à Washington : la Turquie sait  maintenant ce que veulent  les États-Unis de la crise syrienne. Il est clair que la Turquie agira  dans la question syrienne en conformité avec les normes établies par l’administration d’ Obama ».

« La  politique étrangère d’Ankara a perdu de sa valeur,  la Turquie a dû affronter les limites de ses moyens. Désormais, l’influence turque dans les développements régionaux est limitée par les approbations de l’administration d’Obama. La Turquie devra faire preuve de plus de sérieux  dans le contrôle des frontières et envers les groupes jihadistes. Les deux parties seront plus rationnelles grâce à l’appui des groupes d’opposition modérés en Syrie. Par conséquent, on peut s’attendre à de résultats sérieux à Genève-2″ souligne Ozil.

Enfin, selon  le quotidien turc Star, il faut garder en mémoire que finalement « ce qui importe dans la question syrienne pour les Etats-Unis, c’est uniquement la sécurité d’Israël. Tout développement en Syrie qui ne menace pas la sécurité d’Israël n’a pas d’importance pour  les États-Unis. Et donc,  si une  guerre civile en Syrie ne constitue pas une menace pour Israël, qu’elle se prolonge. Ils ont bien prolongé  la guerre civile au Liban de 15 années c’est pourquoi la Turquie devrait se préparer à une guerre en Syrie qui ne se terminera pas bientôt ».

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=113009&cid=86&fromval=1&frid=86&seccatid=35&s1=1

Le scénario catastrophique… Lorsqu’il se retourne contre les ennemis de la Syrie

Akil Cheikh Hussein

Les accusations et les interprétations qui vont dans tous les sens en ce qui concerne les attentats perpétrés à Rayhâniyya n’empêchent pas de remarquer qu’ils ressemblent comme un loup à un loup à ceux qu’on commet depuis deux ans en Syrie et depuis dix ans en Iraq. Des voitures bourrées de grandes quantités d’explosives, des nombres exorbitants de victimes en particulier parmi les civils. Et des commanditaires bien connus dont la Turquie qui, grâce à ses frontières communes avec la Syrie et l’Iraq, jouit de facilités dont ne disposent pas des Etats comme le Qatar, le royaume saoudite ou même l’entité sioniste.

A elles-seules, ces considérations ne suffisent pas certes pour mettre à l’index l’une ou l’autre parmi les parties constituantes de l’alliance qui fait la guerre à la Syrie. Il existe plutôt des indices qui, en apparence, vont dans le sens inverse. N’est-ce pas que la Turquie joue un rôle essentiel dans cette guerre ? Rayhâniyya ne se situe-t-elle pas à cinq km seulement des frontières qui séparent la Syrie de la «République du Hatay», originellement l’Alexandrette syrienne offerte sous le mandat français en 1938 à la Turquie pour des considérations en liaison avec les alliances qui se tramaient à la veille de la seconde guerre mondiale ? N’est-ce pas que tout cela permet d’en accuser la Syrie ?

En apparence seulement, à l’instar de tous les attentats terroristes semblables qu’on fomente pour justifier les guerres d’agression. Beaucoup d’assassinats et d’attentats ont été commis par le Mossad israélien contre des Israéliens ou des Juifs pour accuser les Palestiniens et les Arabes. Les preuves ne manquent pas qui montrent que les attentats du 11/9/2001 sont l’œuvre du Pentagone et de la CIA.

D’où, il est probable que les attentats de Rayhâniyya soient fabriqués par la Turquie elle-même ou par certaines composantes de l’alliance mondiale contre la Syrie dans le but de passer à une nouvelle forme d’escalade.

Par la Turquie elle-même car Recep Erdogan qui a accusé la Syrie de vouloir introduire la Turquie dans un scénario catastrophique -bien que la Syrie, occupée depuis deux ans par sa guerre contre le terrorisme et qui consacre tous ses efforts pour nettoyer ses territoires des gangs armés, n’est pas en état de pouvoir rendre la pareille à la Turquie- s’est rendu compte depuis longtemps de l’ampleur de la catastrophe dans laquelle il s’est introduit et introduit son pays en imaginant que la destruction de la Syrie pourrait ouvrir la voie à l’instauration d’un nouvel empire ottoman.

C’est dans ce sens qu’il a, lui qui manque de connaissance sur la nature du plan étasunien arrogant qui, sur le plan stratégique, vise la Turquie comme il vise la Syrie ou l’Iran, plus qu’une fois demander secours au Nato en lui demandant en vain d’intervenir en Syrie dans l’espoir de limiter les dégâts de ce scénario catastrophique. Fomenter les deux attentats à Rayhâniyya et en accuser la Syrie peut donc lui paraitre suffisant pour pousser le Nato à envoyer ses armées pour l’aider à sortir de son pétrin. N’a-t-il pas dit, juste après les attentats, qu’il est l’heure pour la communauté internationale d’intervenir ?

Mais la communauté internationale, ou plus précisément le Nato et les Etats-Unis ne sont pas à l’écoute. Non parce que son secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen, et le président des Etats-Unis, Barak Obama, ont toujours répété qu’ils n’ont pas l’intention d’intervenir en Syrie. Mais plutôt par ce qu’ils ne sont pas en mesure de le faire. Ils savent très bien, dans les conditions des défaites militaires encaissées par les projets hégémoniques israélo-étasuniens dans la région, que la riposte syrienne sera foudroyante.

Cela ne veut pas dire que le Nato et les Etats-Unis ne cherchent pas à abattre la Syrie par des moyens autres que l’intervention directe ou la guerre totale, même si ces moyens ne semblent pas suffisants aux yeux d’Erdogan et de ses semblables qui, embourbés et empressés, ne peuvent plus éviter le scénario catastrophique qu’ils ont tramé contre la Syrie mais dans lequel ils se sont engouffrés eux-mêmes. L’un des plus importants de ces autres moyens est de pousser la Turquie, notamment, dans la fournaise de cette intervention directe.

Surtout parce que l’évolution de la situation sur le terrain montre que le groupes armés commencent à s’effondrer et qu’une implication totale de la Turquie semble pouvoir réajuster le cours des événements au profit des plans israélo-étasuniens. Une guerre qui oppose la Turquie à la Syrie reste enfin une guerre entre deux pays visés par ces plans.

Les attentats de Rayhâniyya peuvent également être perpétrés par des agences de renseignements occidentales ou par les groupes armés en action à l’intérieur de la Syrie et qui ont à plusieurs reprises tiré des obus sur les territoires turcs ou les territoires occupés par l’entité sioniste dans l’espoir de susciter l’intervention extérieure censée les aider à atteindre leurs malveillants objectifs.

Source : moqawama.org

Turquie : manifestation anti-gouvernementale

 

 

IRIB- En Turquie, la police a attaqué les manifestants anti-gouvernementaux par des gaz lacrymogènes et des canons à eau dans la région frontalière de Reyhanli au sud du pays.

 

 

Samedi, la ville turque de Reyhanli a été théâtre de manifestations pacifiques, organisées en protestation contre les politiques du gouvernement d’Ankara, mais ces manifestations ont dégénéré en affrontements entre policiers et protestataires.
Cette manifestation était organisée en solidarité avec les victimes des attentats terroristes qui ont secoué récemment la ville frontalière de Reyhanli. Les protestataires ont scandé des slogans réclamant la démission du Premier ministre Recep Tayyeb Erdogan. Les protestataires estiment que le gouvernement turc n’avait pas pris les mesures nécessaires pour éviter de telles explosions.

http://francophone.sahartv.ir/news/5717