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La Syrie dans le chaudron des projets gaziers géants !

 

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Alep / Syrie : La stratégie de la faim quand toutes les autres ont échoué !

 

Syrie : L’opposition soutenue par les États-Unis dégénère en un conflit interne

Syrie : éviter la politique du pire ! par Alain Marsaud, Jacques Myard

Deux députés (UMP) français, dont le président de la mission d’information sur la situation en Syrie, tirent la sonnette d’alarme sur la politique de la France dans cette région.

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À l’évidence, les masques sur la réalité de l’opposition syrienne sont en train de tomber.

S’il existe effectivement un mouvement démocratique au sein de l’opposition syrienne, il n’est malheureusement pas majoritaire et doit faire face à des forces extrémistes et djihadistes de plus en plus agressives et menaçantes.

Il est donc urgent de ne pas se lancer dans une politique aventureuse de livraison d’armes à l’opposition qui risquent de tomber dans les mains des extrémistes et aboutir à un embrasement de la région, provoquant un peu plus le chaos au Proche et au Moyen-Orient.

Il faut savoir garder raison et admettre que, pour l’instant, seule une solution de compromis avec le régime actuel peut faire baisser la tension et permettre une transition politique avec le concours de la Russie.

Il ne s’agit pas de défendre le régime de Bachar mais de comprendre qu’on risque de tomber de Charybde en Sylla.

Révolution égyptienne, suite ou fin?

Pour qu’il y ait contre-révolution, il faudrait qu’il y ait eu une révolution.

 

Le processus vers le changement qui a abouti au renversement de Moubarak il y a deux ans et à la chute de Morsi ces derniers jours a commencé depuis longtemps. Il a laissé des traces pour qui veut bien les relever sur les pages de l’histoire de la dernière décennie.

Le nombre de grèves et de protestations n’a cessé de s’amplifier depuis 2005. Il a culminé en 2008 lorsque le prix des denrées alimentaires, sous l’effet des opérations spéculatives d’un capital financier qui a fui les produits dérivés adossés aux crédits hypothécaires pour les matières premières et l’agro-alimentaire, ont flambé alors que les salaires minima étaient bloqués depuis 1984 à 25 $ mensuels. En avril 2008, les grèves dans le textile à Mahalla al Koubra avaient créé un précédent inouï, la rue demandait déjà la chute du régime. À cette occasion, les travailleurs s’étaient affranchis de la tutelle des syndicats officiels liés au parti de Moubarak.

En résonance avec cet événement qui a servi de matrice au soulèvement de janvier 2011, 23 000 ouvriers se sont mis en grève dans ce même secteur du textile en juillet 2012. Ils exigeaient l’amélioration de leurs conditions de travail, la revalorisation de leurs salaires et le licenciement des cadres corrompus.

 

Du point de vue social, qu’a donc fait le gouvernement Morsi et surtout quel espoir a-t-il donné à une jeunesse affectée par un taux de chômage estimé à largement plus de 25%?

 

La consultation référendaire de décembre 2012 pour l’adoption de la nouvelle Constitution a été précédée par de nombreuses manifestations qui ont donné lieu à des heurts avec la police. Peu d’électeurs se sont déplacées, environ 30% de participation, et moyennant quelques manipulations semble-t-il dans les urnes, elle a été adoptée avec 60% des voix exprimées.

Trente ans d’absolutisme, d’humiliations, d’un État fondé sur une police pléthorique avec 1,5 millions de policiers très qualifiés en corruption et en torture, un an d’insurrections, d’émeutes, de rassemblements, de grèves, des milliers de blessés et de morts pour “ça”.

 

Le texte précise que la source principale de la législation serait la loi coranique sans que ne soit explicitée la liberté de culte pour les minorités religieuses.

Mais surtout il ne garantit pas la liberté d’expression, il confie à la police sans restrictions explicites la tâche de veiller à la moralité publique.

Il prévoit que sera fixé un salaire maximum, lequel pourra souffrir des exceptions que prévoira la loi (article 14), mais en aucun cas la Constitution n’établit le principe d’un salaire minimum. L’article 15 proclame le principe de la justice pour les travailleurs agricoles mais ne se prononce pas sur le plafonnement de l’étendue de la propriété agraire latifundiaire.

L’article 26 relatif à l’impôt est très évasif, il n’établit pas de connexion entre le niveau de revenus et les contributions fiscales.

Les libertés syndicales sont très restreintes, un seul syndicat par catégorie professionnelle est autorisé (article 53).

Nulle part n’apparaît la responsabilité du gouvernement devant la Chambre des Représentants.

Dans nombre d’articles, la Constitution laisse la part belle aux militaires. En particulier, le 197 réserve au Conseil de Défense Nationale la discussion du budget militaire. Il est constitué de sept civils et de huit militaires.

Ce type de dispositif annonce clairement qu’il ne prend pas la peine pas de faire des promesses qui ne seront pas tenues, comme c’est le cas des démocraties représentatives à l’occidentale. Les prêches dans les mosquées assimilaient l’acquiescement au texte constituant à un devoir religieux. Pourtant le texte élaboré en trois mois par un conseil dominé numériquement par les Frères et d’où se sont rapidement retirées les personnalités de gauche et les laïcs n’a été validé que par 20% des électeurs. Ce piètre score annonçait la poursuite des protestations.

 

Morsi, son gouvernement et sa Constitution n’ont de musulman que le nom et rien de démocrate. L’un des principes économiques et donc politiques les plus cités dans les versets coraniques concerne l’interdiction absolue du prêt avec intérêts. L’autre concerne les jeux de hasard et spéculatifs.

 

La Bourse du Caire n’a pas été menacée dans les activités spéculatives.

Quémander des rallonges de prêt au Qatar, au FMI, à l’UE et aux Usa ne peut que conduire à des réformes qui privatisent des pans résiduels dans le service public pour obéir aux injonctions des prêteurs.

Le gouvernement précédent oeuvrait de même : Élargir et approfondir une dette impossible à rembourser vis-à-vis de puissances qui imposent leur politique économique (et dictent les alliances internationales), anémier jusqu’à leur disparition toutes les structures qui organisent une solidarité nationale.

 

Il avait fallu des semaines de protestation après la chute de Moubarak pour que soient tenues les élections législatives. Jusqu’au bout, le Conseil Suprême des Forces Armées menaçait implicitement de ne pas valider l’élection présidentielle.

 

On a cru un instant que le premier Président élu de l’Égypte s’était affranchi de la tutelle de l’armée quand il avait remercié le Maréchal Tantaoui, ministre de la Défense pendant 20 ans et chef du CSFA en août 2012. Mais les plaintes déposées auprès de la justice militaire contre l’armée pour sa répression dans la très lourde répression des manifestations n’aboutissent pas. La Constitution lui assure un pouvoir législatif et une grande autonomie financière et politique.

 

On a également espéré une ouverture permanente du terminal de Rafah qui permettrait aux emprisonnés de Gaza de se sentir des humains comme les autres. Le passage par le poste frontière a été aléatoire et le gouvernement craignant des actes ‘terroristes’ a noyé de nombreux tunnels qui demeurent la seule voie à peu près assurée pour les marchandises et les humains.

l était attendu que le traité de paix avec Israël soit dénoncé.

Il n’en a rien été. Dès le 1,3 milliard de dollars accordés par les Usa à l’armée, véritable arbitre du pouvoir et détentrice d’une part considérable de l’économie nationale, on apprenait que le gouvernement Morsi rompait les relations diplomatiques de l’Égypte avec la Syrie.

 

6 millions d’Égyptiens, selon une estimation basse, sont sortis dans la rue le dimanche 30 juin, jour travaillé.

Après deux années de lutte, ils n’ont obtenu ni dignité, ni liberté, ni pain.

Les raisons de la colère se sont même amplifiées car la révolution tant espérée n’a pas abouti.

Le travail d’accouchement de l’histoire se poursuit.

Il est urgent de ne pas y voir la main invisible ou apparente d’un Deus ex machina qui manipulerait 22 millions de Tamarridoune (1) pleins de fureur et bouillonnant d’impatience pour une vie plus digne.

D’abord et avant tout, la solution à venir devra éviter de réemprunter le chemin du capitalisme libéral qui ne profite qu’à ceux qui captent pour leur compte la dette contractée à l’extérieur. Pour l’extrême majorité, elle signifie absence de services publics, pauvreté et chômage.

L’Égypte devrait développer une économie productive intégrée régionalement et renoncer à vivre exclusivement de la rente pétrolière indirecte. Les revenus du canal de Suez par lequel transitent 40% du pétrole aux mains des Séoud et 20% de l’or noir iranien restent très inférieurs aux flux financiers générés par les travailleurs égyptiens émigrés dans les pays arabes gros producteurs.

Quand ce qui est à parcourir est si difficile, un chef charismatique explique le projet qu’il formule pour son peuple, il le soulève d’enthousiasme et obtient son adhésion.

Les Frères n’ont pas élaboré une vision d’avenir pour l’Égypte, et Morsi n’a pas la compétence ni le talent d’un rassembleur.

Désormais, les peuples ne se contentent pas de ce TINA (2) qui leur a été servi ces dernières décennies, au Brésil comme en Turquie comme en Grèce et au Portugal.

La fin de ce Système englobant la moindre activité humaine et l’incorporant dans le circuit marchand mondial, est sifflée.

 

Badia Benjelloun

Notes

 

(1) Le substantif Tamarroud veut dire rébellion, Tamarridoune, les rebelles.

(2) There Is No Alternative de Margaret Thatcher

http://www.dedefensa.org/article-r_volution_gyptienne_suite_ou_fin_08_07_2013.html

Égypte : De la démystification des Frères musulmans

Egypte: Les Frères Musulmans au seuil du pouvoir
Les Frères musulmans égyptiens auront-ils autant de mal à percevoir leur défaite que les Américains à reconnaître la fin de leur leadership solitaire sur le monde ?
Le discernement théorique est, en temps politique normal, rarement une qualité des acteurs politiques, pour des raisons de formation et d’alignements idéologiques, mais surtout pour les raisons connues d’opacité des ressorts réels, mais inconscients, de nos choix et de nos actes. En période de mutation historique aussi profonde que traverse l’Egypte, ce discernement devient quasi impossible. Pour cette raison, les Frères, au lieu de comprendre la réalité des énergies qui pousse sur le champ de la confrontation politique des masses longtemps tenues à tort comme fatalistes et accommodantes, vont alimenter en carburants divers le feu qui a pris sous Moubarak, mais n’a pas encore tout à fait incendié le pays.
Quel que soient les évolutions à court terme du rapport des forces et des arrangements entre Morsi et l’armée, ou entre la direction du mouvement et les puissances de l’argent indigène ou du Golfe, les Frères ont perdu la guerre sur le terrain choisi par eux : la rédemption d’un monde anomique et l’instauration d’un ordre prescrit pour l’ordonnance de notre monde. Avant d’être élus par les citoyens et de porter leurs voix et leurs vœux, ils avaient déjà averti qu’ils portaient la voix et les vœux de cet ordre religieux et que les élections ne servaient pas à les choisir, mais à s’inscrire dans la voie de Dieu. Ce type de démarche ne peut réussir que s’il tétanise la grande masse des populations concernées devant l’immensité de l’enjeu d’obéir ou de désobéir à Dieu, ou s’il les oblige à l’obéissance par le moyen de l’épée. Hors ces deux moyens, l’entreprise est vouée à l’échec immédiat, et l’épée ne peut subjuguer les peuples très longtemps, l’hypnose non plus. L’opposition résolue, déterminée, du peuple égyptien fait ressortir au moins un élément essentiel parmi d’autres enseignements passionnants.
L’impression d’une hégémonie des Frères sur la société égyptienne relevait largement du mythe. Il apparaît, au contraire, qu’ils sont loin d’être dominants, en dépit de l’élection sur le fil de leurs députés et de Morsi. Pis, à aucun moment ils n’ont réussi à « activer » cette rue réputée être à leur dévotion pour peser sur ses « choix » quand ils ont rejoint, contraints et forcés, le mouvement de protestation pour ne pas se retrouver à la marge d’un phénomène dont toutes les apparences et le caractère identifiaient comme une révolution. Les réunions secrètes et répétées des responsables des Frères avec les Américains laissent penser à un marchandage pour un soutien U.S. (auprès de l’armée) à leur prise de pouvoir, en contrepartie d’un alignement sans réserve sur des Frères sur les positions américaines. Très vite, l’exfiltration d’activistes américains condamnés par un tribunal égyptien, le maintien de Ghaza sous blocus (allégé, mais blocus quand même), la destruction ou la lutte contre les tunnels autour de Rafah, le respect religieux de Camp David, l’alignement sur le camp des agresseurs de la Syrie, confirment cette hypothèse d’un accord américano-frèriste : les Frères avaient bien pour mission d’ancrer l’Egypte dans le camp du capitalisme, en rajoutant au travail antérieur de Moubarak la « persuasion religieuse » qui ferait aux yeux des masses égyptiennes la similitude de l’ordre divin avec l’ordre du capitalisme. L’intimité du nouveau pouvoir égyptien avec les monarchies du Golfe ne laisse plus aucun doute sur les mutations profondes qui ont mené les interprétations wahhabite, salafiste et frèriste de l’islam à une rupture d’avec l’islam de la compassion, de la solidarité, de la justice, de l’échange et de la recherche de Dieu dans la diversité de ses créations et de ceux qui le quêtent.
Si l’ordre capitaliste occidental n’a pu s’imposer dans la tête des masses arabes à partir de ses catégories mentales particulières bombardées « universelles », il restait cette chance de nous faire entrer dans l’uniformité du capitalisme en mobilisant nos catégories religieuses particulières présentées comme « solution universelle » : « L’Islam est la solution. » Il faut noter que les interprétations wahhabites ou péri-wahhabites ont mis plus de deux siècles pour s’imposer, grâce aux pétrodollars, comme idéologies de masse compatibles avec le capitalisme. Cela fait autant de siècles que le peuple égyptien cherche des élites, des représentations et des voies pour combattre la domination franco-anglaise puis américano-sioniste. Quand les paysans égyptiens menaient la guérilla dans le Delta du Nil contre les troupes de Napoléon, les wahhabites s’alliaient avec les Anglais pour se tailler un empire sectaire dans le corps malade de l’Empire ottoman, et quand les officiers libres se préparaient en Egypte, les Saoudiens se livraient aux Américains par l’Accord dit du « Quincy ». C’est cela que joue en Egypte ce peuple admirable, et les Frères comprendront bientôt qu’ils ont déjà perdu la bataille idéologique. Le reste suivra.
Mohamed Bouhamidi
Alger le 29 juin- publié le 1er juilletIn Reporters.DZ

En Syrie, la propagande est une arme comme une autre

Et l’Occident en a la maîtrise la plus aboutie.

Un article paru hier dans le New York Times sous la plume de CJ Chivers évoque les armes venues de Libye qui équipent les «rebelles» en Syrie.

Cet article est repris par la presse française qui n’analyse cependant pas sa place dans le dispositif propagandiste que les puissances occidentales ont mis en marche depuis le début de la crise syrienne.

Ce que la presse ordinaire ne fait pas, le blog Moon of Alabama  le fait et expose la réalité de la machine de propagande simplement en mettant en relation le dernier article de CJ Chivers avec son reportage précédent transmis depuis la Syrie le 12 juin dernier, il n’y a pas même quinze jours.

Ce que montre Moon of Alabama est que le dernier article de Chivers contredit le précédent. En effet, dans l’article du 12 juin, le journaliste du New York Times parlait de rebelles réduits à fabriquer artisanalement eux-mêmes armes et munitions du fait de la rareté des approvisionnements en provenance des pays étrangers.

Une situation complètement inversée  dans l’article du 21 juin qui parle d’un effort multinational et complexe financé en partie par le Qatar pour acheminer en Syrie armes et munitions venues de Libye.

Or, dans le même article Chivers remarque que les armes libyennes ne constituent qu’une partie de l’arsenal des rebelles. Et que cet arsenal, loin d’être de nature artisanale comprend des canons sans recul et des missiles antichars évolués.

Cette mise au jour de la démarche propagandiste d’un quotidien américain réputé par Moon of Alabama demande, outre de la perspicacité, une qualité qui fait défaut dans ce monde où prime l’instantané en matière d’information : la mémoire.

Journalisme de propagande – L’échec de Kerry au Qatar

Moon of Alabama, 22 juin 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le 12 juin dernier, CJ Chivers du New York Times était en Syrie pour reportage dans lequel il parlait d’ateliers qui fabriquent quelques munitions pour l’insurrection en Syrie qui est soutenue par l’étranger. L’article, à commencer par le titre, était une longue complainte sur la prétendue insuffisance d’armement pour ces pauvres tueurs. L’article était illustré par des photos des ateliers prises par  son complice Tyler Hicks.

 Privés d’armes, les rebelles Syriens les fabriquent eux-mêmes

« Tout le monde sait que nous n’avons pas les armes dont nous avons besoin pour nous défendre », déclare Abou Trad, un commandant du Front des Rebelles de Saraqib, peu de temps avant de permettre aux visiteurs d’entrer dans cet atelier de fabrication d’obus de mortier. « Mais nous avons la volonté, et nous avons de modestes moyens, et nous avons des outils. »

Les ateliers d’armement restent un élément important de la logistique de l’opposition car le flux des armes en provenance du monde arabe ne parvient pas à suivre la demande.

“Tout ce dont nous avons besoin, c’est d’armes efficaces,” dit Khaled Muhammed Addibis, un commandant rebelle. «Des armes efficaces, rien d’autre.»

Quand Chivers a écrit ce qui précède, la ligne officielle de la propagande disait que les Etats Unis n’armaient pas activement les «rebelles» mais qu’Obama «résistait aux pressions pour ce faire» [armer les opposants]. C’était absurde et Chivers le savait. Alors même qu’il racontait son histoire sur ces pauvres «rebelles» qui devaient fabriquer des armes eux-mêmes parce qu’ils n’en recevaient pas par ailleurs, Chivers avait pu voir de nombreuses armes modernes venues de Libye et d’ailleurs et il savait que la CIA participait à leur distribution. Il n’en a jamais parlé, mais il a au contraire raconté les mensonges ci-dessus. Comment savons-nous qu’il a menti ? Eh bien, jetez juste un œil sur ce que Chivers écrit aujourd’hui :

Les informations recueillies en Syrie , ainsi que les données du contrôle aérien et des entretiens avec des membres des milices, des contrebandiers, des rebelles, des analystes et des officiels  dans plusieurs pays, dressent l’image  d’un effort multinational complexe et actif, financé en grande partie par le Qatar, pour transporter des armes en provenance de Libye aux combattants de l’opposition syrienne.

Si ce système semble réussir à acheminer des armes à travers de multiples frontières et à faire un tri parmi les organisations rebelles, une fois en Syrie, le flux d’armement se ramifie. Les combattants islamistes, dont certains sont alignés sur al Qaïda, ont l’argent pour acheter les stocks qui viennent d’arriver, et beaucoup de rebelles sont prêts à les vendre.

Mais les apports venus de Libye semblent représenter au moins une partie des armes antichars que nous avons vues dans le conflit ce printemps, dont des projectiles de fabrication belge pour des canons sans recul M40 et certains des missiles guidés Konkurs-M  de fabrication russe qui ont détruit des blindés syriens ces derniers mois.

Système antichar Konkurs

Système antichar Konkurs

La présence de munitions venant de l’ancien arsenal de Kadhafi est aisément visible.

Fin mai dernier, le New York Times a trouvé des caisses, des gaines de stockage et des douilles de munitions antichars en provenance de Libye et en possession d’ Ahfad al-Rasul, une importante organisation combattante affiliée au Conseil Suprême Militaire.

Alors qu’ils écrivaient sur des insurgés “privés d’armes”, Chivers et son photographe Hicks avaient en réalité vu les canons sans recul, les missiles guides et quantités de caisses de munitions venues de Libye. Mais à ce moment là, le thème officiel de la propagande était ces «pauvres rebelles sous-armés » et Chivers avait obligeamment suivi cette ligne.

Quad de l'armée chinoise équipé d'un canon sans recul

Quad de l’armée chinoise équipé d’un canon sans recul

Ce thème de la propagande avait pour but de créer un certain soutien dans l’opinion à une escalade de la guerre en mettant encore plus d’armes entre les mains des rebelles. L’histoire des «rebelles privés d’armes» était fausse et Chivers le savait depuis la «fin du mois de mai» lors de son séjour en Syrie.

Comme souvent, ainsi qu’on le constate ici, les journalistes sont incités, ou obligés silencieusement, à coller à la ligne officielle livrée par la Maison Blanche. Les rares fois où le New York Times va contre la propagande américaine officielle sont juste un moyen de diversion pour entretenir l’image d’une presse libre.

Les onze pays qui forment le groupe des amis pour la destruction de la Syrie se sont réunis aujourd’hui au Qatar. Avant le commencement de la réunion, le Secrétaire d’Etat Kerry avait prévu d’unifier la distribution des armes via le Général Idriss , le chef de l’Armée Syrienne Libre contrôlée par la CIA pour mettre un tant soit peu les djihadistes à l’écart du flot d’armement :

Les opposants Arabes et Occidentaux à Bachar al-Assad se sont réunis au Qatar ce samedi pour renforcer la coordination de leur soutien aux rebelles qui luttent pour renverser le président Syrien.

Les ministres de onze pays, dont les Etats Unis, des puissances européennes et régionales musulmanes Sunnites, ont tenu des discussions qui, selon les Etats Unis, devraient engager les participants à acheminer toute l’aide via le Conseil Militaire Suprême soutenu par l’Occident, dont Washington espère qu’il pourra compenser la rapide montée en puissance des forces rebelles djihadistes.

Cette démarche a été jugée nécessaire parce que l’Arabie Saoudite tout comme le Qatar distribuaient librement des armes aux différentes organisations terroristes takfiristes :

Deux sources du Golfe ont indiqué à Reuters que l’Arabie Saoudite, qui a joué un rôle de chef de file parmi les opposants Arabes à Assad, a aussi accéléré la livraison d’armes sophistiquées aux rebelles.

“Il y a eu ces dernières semaines des arrivages supplémentaires d’armes sophistiquées. Ils en reçoivent plus fréquemment ,»  déclare une source sans donner de détails. Une autre source du Golfe parle de ces armes comme de fournitures de nature à «potentiellement faire pencher la balance.»

Avant la réunion d’aujourd’hui, le Qatar a essayé de placer les takfiristes qu’il soutient sous  l’égide nominale de l’Armée Syrienne Libre :

L’Armée Syrienne Libre a proposé aux puissantes organisations rebelles islamistes une part des nouvelles armes sophistiquées si elles s’unifient sous la bannière de l’ASL.

 «Idriss a proposé de soutenir les factions islamistes en partageant les armes qu’il s’attend à recevoir si elles rejoignent une alliance avec l’ASL et acceptent certaines conditions, » a déclaré hier le rebelle basé à Damas.

Il a également déclaré qu’une délégation  du Qatar était présente – la seule présence non syrienne à cette réunion [à Ankara jeudi dernier]. Cela a surpris les participants mais était sans doute en lien avec la réunion des soutiens de l’opposition, connus sous l’appellation d’Amis de la Syrie, qui doit se tenir à Doha aujourd’hui

 La conférence de Doha est maintenant terminée et Kerry a [encore] échoué :

Les ministres des onze principaux pays qui forment le groupe des Amis de la Syrie s’est mis d’accord «pour fournir urgemment tout le matériel et l’équipement nécessaires pour l’opposition sur le terrain, chaque pays le faisant à sa propre manière,  afin de la mettre en capacité de contrer les brutales attaques du régime et de ses alliés.»

“Chaque pays a sa propre manière” signifie que Kerry a échoué – complètement – à unifier le flux d’armement. Il semble alors que le Qatar et l’Arabie Saoudite continueront à livrer des armes au Jabhat al-Nosra et aux autres organisations terroristes takfiristes en Syrie.

Cette désunion devrait amener l’administration Obama à admettre que ses arguments pour donner des armes aux “bons rebelles” pour en priver les takfiristes ne marchera pas. Le Qatar et l’Arabie Saoudite continuant à fournir ces armes «à leur propre manière», les takfiristes resteront la plus forte composante de l’insurrection.

Compte tenu de l’afflux de nouvelles armes, l’armée syrienne devrait probablement stopper son offensive en cours et rester sur la défensive en attendant de définir de nouvelles tactiques contre ces armes. Des chars avançant à découvert ou restant immobiles à des checkpoints sont des cibles faciles et ne pourront pas échapper à des attaques menées avec des Konkurs-M, des Kornets [le Kornet un missile russe] ou d’autres armes antichars modernes. Il est possible de les contrer mais cela nécessite du temps pour se préparer et se former. Entretemps, les importants transports d’armes peuvent être surveillés et attaqués par surprise et détruits dans des raids éclair.

PS : je le dis à l’intention d’un certain crétin sioniste (pléonasme) : Moon of Alabama est le titre d’une chanson écrite en anglais par Bertolt Brecht et mise en musique par Kurt Weill.

Moon of Alabama a été interprétée par de nombreux artistes dont les Doors, Nina Simone, Dalida où, comme on le voit dans la vidéo ci-dessous, David Bowie.

http://mounadil.wordpress.com/2013/06/23/en-syrie-la-propagande-est-une-arme-comme-une-autre/

Syrie : Le gouvernement tiendra ses engagements concernant la protection de ses enfants et citoyens !

Bachar al-Jaafari

Le 17 Juin 2013, le Conseil de sécurité discutait du sort des enfants en temps de conflit armé[*]. Voici la traduction du discours du Docteur Bachar al-Jaafari, délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies.

Monsieur le Président,

Nous avons lu avec intérêt le rapport du Secrétaire général concernant les enfants en temps de conflit armé.

Bien que Mme Leila Zerrougui, Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, ait abordé – pour la première fois – les crimes et abus commis par les groupes terroristes armés et notamment le recrutement d’enfants soldats, il est regrettable qu’elle ait eu besoin de plus de deux ans alors que des dizaines d’articles et de rapports officiels  documentés et des centaines de témoignages d’illustres représentants de l’ONU ou d’ONG avaient affirmé que des groupes terroristes salafistes et wahhabistes takfiristes enrôlaient des enfants syriens dans leur rang. Elle a eu besoin de plus de deux ans avant de les inscrire, aujourd’hui seulement et pour ce seul crime, sur « la liste de la honte » !

Nous aurions aimé que dans son rapport sur la Syrie, Mme  la Représentante spéciale recommande aux états qui parrainent et soutiennent les groupes terroristes, désormais connus de tous, qu’ils cessent d’une part de leur fournir argent, armes,  équipements, renseignements, et appui médiatique et d’autre part, qu’ils lèvent leurs sanctions unilatérales imposées au peuple syrien, dont la victime est en premier lieu l’enfant syrien, en raison de l’arrêt des programmes de développement et de financement, et de l’affaiblissement de l’économie nationale.

Monsieur le Président, ce qui soulève notre inquiétude est l’insistance de la Représentante spéciale – sur la liste annexée au rapport – à imputer aux autorités gouvernementales syriennes la responsabilité des bombardements des écoles et hôpitaux, les meurtres et mutilations d’enfants, en plus d’allégations nouvelles faisant référence à des actes de violence sexuelle. Permettez-moi d’aborder toutes ces allégations une par une.

Premièrement, concernant le bombardement des écoles et des hôpitaux :

La Syrie a reçu de bon cœur Mme Zerrougui et la délégation qui l’accompagnait fin 2012. Madame Zarrougui a rencontré les responsables concernés et en particulier le ministre de l’Éducation qui lui a remis une information documentée prouvant l’étendue des exactions terroristes des groupes armés, auxquelles était confronté tout le secteur de l’éducation. Elle a eu et tout le temps de visiter les écoles, les hôpitaux et les centres d’accueil des provinces de Damas, Homs et de leurs environs.

Mais pour une certaine raison, elle a choisi d’ignorer ce qu’elle avait elle-même constaté, à savoir que le gouvernement syrien utilisait les établissements d’enseignement comme centres d’accueil pour les familles déplacées, non comme cibles à bombarder ! Ceci pendant que les attaques délibérées et répétées des  groupes terroristes armés continuent à frapper les instituts et centres d’enseignement en Syrie, attaques largement documentées et durant lesquelles les parents sont contraints de ne pas envoyer leurs enfants à l’école du fait d’engins explosifs placés à l’intérieur même des établissements ou dans leur voisinage immédiat, ou encore du fait du ciblage délibéré des écoles par des missiles. Vous vous souvenez tous du bombardement de la Faculté d’Architecture à l’Université d’Alep, puis du bombardement de la Faculté d’Architecture à l’Université de Damas !

Quant aux établissements de la Santé, ils ont été largement ciblés par les groupes terroristes armés qui ont ravagé, incendié, et volé, plus de 35 % des hôpitaux syriens. Nous avons fourni à la Représentante spéciale des vidéos montrant les préparatifs des terroristes destinés à l’explosion de l’hôpital d’Al-Qousayr, puis leur conséquence en date du 5 Septembre 2012. Nulle mention de ce crime dans son rapport, alors que les bombardements des hôpitaux et des écoles sont, en eux-mêmes, des crimes suffisants pour inscrire ces groupes terroristes sur « la liste de la honte » !

Deuxièmement, concernant les meurtres et mutilations d’enfants :

Depuis le tout début de la crise, le monde entier est témoin de la série de crimes répugnants commis contre les enfants syriens par les groupes terroristes armés

Ainsi, à Alep, Mohammed Al-Qatta âgé de 14 ans a été torturé puis fusillé pour cause de blasphème, devant son père et sa mère, par des éléments d’un bataillon fondamentaliste terroriste de « Jabhat al-Nosra » se présentant comme un tribunal légitime dépendant de « l’État islamique d’Irak et du Levant ».

Fin 2012 et toujours à Alep, des groupes extrémistes ont violé, trainé sur une longue distance, puis exécuté par pendaison l’enfant Fayçal âgé de 4 ans.

Rappelons aussi les propos diffusés avec enthousiasme, il y a seulement 2 jours, par la chaîne saoudienne « Al-Arabia » ; ceux du Sheikh koweïtien salafiste wahhabiste, Chafi Al-Ajami, se vantant dans l’un de ses sermons d’avoir « massacré » les enfants syriens  du village de Hatla à Deir el-Zor.

Ce n’est qu’un aperçu des multiples activités de « Jabhat al-Nosra », désormais inscrite sur la liste des organisations terroristes par le Conseil de sécurité. En l’occurrence, ceux qui ont préparé ce rapport auraient pu en tenir compte !

Troisièmement, concernant les actes de violence sexuelle :

Comment se fait-il que ce rapport de la Représentante spéciale ignore les crimes d’agressions sexuelles, de viols, et d’assassinats, perpétrés par les groupes terroristes armés à l’encontre de femmes et de fillettes syriennes ? Comment se peut-il que ces crimes ne figurent pas dans ce rapport, en dépit de multiples autres rapports documentés prouvant que ces groupes armés ont kidnappé des femmes et des jeunes filles pour en faire des captives ou des esclaves destinées à satisfaire leurs plaisirs ? Ceci, pendant que les protecteurs de ces voyous du Jihad, déséquilibrés et nécrophages, habitant quelque part dans les « machiakhates pétrodollariennes » [machiakhate : terme dérivé de Cheikh, NdT], lançaient publiquement sur les ondes leurs fatwas autorisant ces crimes sous couvert de ce qu’ils ont désigné par « Jihad sexuel » ou « Jihad de la fornication » !

Monsieur le Président, nous déplorons que dans les 13 paragraphes de ce rapport, consacrés à la République arabe syrienne, aucun ne mentionne la souffrance des enfants syriens vivant sous l’occupation israélienne dans le Golan syrien.  Depuis son entrée en fonction nous avons attiré, à maintes reprises, l’attention de Mme Zerrougui sur la nécessité d’accorder à cette question l’importance qu’elle mérite dans ses comptes-rendus. Malheureusement, elle ne l’a pas fait.

Pour conclure, Monsieur le Président, je voudrai souligner que le gouvernement syrien tiendra ses engagements concernant la protection de ses citoyens, notamment les enfants. Toute violation de la sécurité de ces enfants est soumise à de sérieuses poursuites. C’est dans ce but que le 6 mai 2013 le gouvernement syrien a adopté deux articles supplémentaires, ajoutés au Code pénal, condamnant ceux qui entrainent des enfants de moins de 18 ans dans des opérations de combat, quelles qu’elles soient, à des peines de travaux forcés allant 10 à 20 ans.

Dr Bachar al-Jaafari

NewYork ;17/06/2013

Texte traduit par Mouna Alno-Nakhal 


Source : Vidéo / You Tube
http://www.youtube.com/watch?v=VI06cNK-BEU

 

Notes :

[*] Conseil de sécurité    [CS/11035 / 6980e séance – matin] : Le sort des enfants en temps de conflit armé
http://www.un.org/News/fr-press/docs/2013/CS11035.doc.htm

 

Extraits :

« M. JEAN ASSELBORN, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères du Luxembourg, a salué la possibilité offerte à la société civile de s’exprimer devant le Conseil de sécurité sur cette question des enfants en période de conflit armé.  Il a rappelé qu’à ce jour, trois millions d’enfants avaient été affectés par le conflit en Syrie, en précisant que des milliers d’entre eux ont perdu la vie et de nombreux autres ont subi la torture ou des violences sexuelles.  Plus de la moitié des hôpitaux ont été endommagés ou détruits et 2 500 écoles ont été partiellement ou entièrement détruites, a noté le Ministre, avant d’appeler à mettre fin au conflit en Syrie.  Il nous faut trouver une solution qui conduise à une transition politique en Syrie et qui réponde aux aspirations légitimes du peuple, a-t-il souligné, en estimant que la Conférence de Genève II apparaissait de plus en plus comme celle de la dernière chance ».

« Le représentant de la Fédération de Russie a rappelé que son pays condamnait toutes les violations graves commises à l’encontre des enfants, en soulignant la nécessité de mettre un terme à l’impunité des auteurs de ces violations.  Il a condamné également l’utilisation des drones, en plaidant pour que des enquêtes sur ces incidents soient menées.  Il a souligné qu’il était nécessaire de respecter le système de répartition des tâches entre les différentes institutions des Nations Unies.  Le mandat de la Représentante spéciale comprend la protection des enfants en période de conflit armé, a-t-il rappelé, en estimant cependant qu’une interprétation étendue de cette notion n’était pas justifiée.  Des évaluations pondérées sur la base de données fiables permettent, a-t-il assuré, de garantir la crédibilité et la pertinence des recommandations contenues dans le rapport du Secrétaire général.

La Représentante spéciale doit mettre au point des procédures claires pour inscrire ou radier des parties à un conflit des listes en annexe du rapport du Secrétaire général, a-t-il dit, en faisant notamment état de critères superficiels concernant les auteurs de violations récalcitrants.  L’absence de critères clairs n’aide pas les États mais encourage un manque d’objectivité et de confiance au sujet de l’utilisation de cet instrument, a ajouté le délégué russe.  Les sanctions ne sont pas une panacée, a-t-il par ailleurs affirmé, en rappelant également le rôle dévolu aux États à qui incombe la responsabilité principale d’assurer la protection des populations ».

http://www.mondialisation.ca/syrie-le-gouvernement-tiendra-ses-engagements-concernant-la-protection-de-ses-enfants-et-citoyens/5339654

Le « Lion Impatient » de mettre en pièces sa proie, la Syrie

L’art de la guerre

Par Manlio Dinucci

Mondialisation.ca, 18 juin 2013

ilmanifesto.i

Eager_Lion

Quand le président Napolitano rencontra l’an dernier en Jordanie S.M Le Roi Abdallah II, il lui exprima « la haute considération avec laquelle l’Italie voit la volonté de paix et la ligne de modération poursuivie depuis toujours par la dynastie hachémite ». C’est dans cet esprit, à coup sûr, que l’Italie participe en Jordanie à la manœuvre « Eager Lion » (lion impatient) sous commandement étasunien, en cours du 9 au 20 juin. Y participent 19 pays, unis par l’ « objectif commun de renforcer la sécurité et stabilité régionale », menacées, ils n’en ont aucun doute, par la Syrie d’Assad qui utilise des armes chimiques pour écraser la rébellion. Les « preuves » ont été fournies par la Cia, la même qui, il y a dix ans, fournît la documentation photographique, montrée par Colin Powell au Conseil de sécurité, sur la possession par l’Irak de 500 tonnes d’armes chimiques et biologiques et de laboratoires mobiles pour la guerre biologique. On a découvert ensuite, comme a reconnu Powell lui-même, que de telles armes n’existaient pas et que les laboratoires mobiles étaient en réalité des générateurs de gaz pour des ballons aérostatiques à usage météorologique. Mais désormais les jeux étaient faits : les « preuves » de la Cia avaient servi à justifier la guerre contre l’Irak. Peu importe donc si, une fois la guerre gagnée contre la Syrie, on découvrait que ce sont les « rebelles » qui ont utilisé des armes chimiques, comme a déclaré Carla Del Ponte de la Commission Onu sur les crimes de guerre.

D’après le jugement sans appel de Washington, la Syrie a franchi la « ligne rouge » et le président Obama, à contrecœur, a décidé de fournir des armes aux « rebelles ». En dissimulant le fait, émergé de l’enquête du New York Times (26 mars), que depuis janvier 2012 la Cia fournit des armes aux « rebelles », en les faisant arriver par un pont aérien en Turquie et Jordanie et en entraînant là les forces infiltrées en Syrie. C’est sur ce fond que se déroule « Eager lion », une véritable manœuvre de guerre avec forces aériennes, aérotransportées, navales, amphibies et terrestres, comprenant plus de 8mille hommes. Parmi lesquels des militaires italiens, y inclus probablement le 185ème régiment Reconnaissance Acquisition Objectifs de la Brigade Folgore (foudre). Aux côtés de militaires d’une foi démocratique exceptionnelle, tels que saoudiens, yéménites, qataris et autres. Tous aux ordres du Commandement central des Etats-Unis, dont l’ « aire de responsabilité » embrasse Moyen-Orient et Asie Centrale (y compris Syrie, Irak, Iran et Afghanistan), plus l’Egypte.

Ce qu’est l’objectif réel de « Eager Lion » est démontré par le fait que, la manœuvre finie, le Pentagone laissera en Jordanie les chasseurs F-16 et les missiles terre-air Patriot. Ceux-ci viendront s’ajouter aux Patriot étasuniens, allemands et hollandais déjà déployés en Turquie à la frontière avec la Syrie. Tout est prêt pour une « no-fly zone limitée », étendue à 40 Kms à l’intérieur de la Syrie, qui –selon des fonctionnaires USA interviewés par le Wall Street Journal– servira à « protéger les camps d’entraînement des rebelles et la fourniture des armes ». La no-fly zone sera imposée par les chasseurs étasuniens qui, décollant de Jordanie et des porte-avions, pourront détruire avec leurs missiles les avions et les défenses anti-aériennes de la Syrie sans survoler son territoire. La no-fly zone, donc, « ne requerra pas une résolution du Conseil de sécurité de l’Onu ». Le coût prévu est de « seulement » 50 millions de dollars (37 millions d’euros) par jour qui, assure Washington, seront payés aussi par les alliés. On ne sait pas encore quel sera le pourcentage italien, mais le gouvernement trouvera les sous, en pressurant les caisses publiques et en faisant de nouvelles coupes dans les dépenses sociales.

 Manlio Dinucci

Edition de mardi 18 juin de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

Apostille de la traductrice pour la version française :

Aucune information officielle (sites gouvernementaux) sur la participation de la France à « Eager Lion ». D’après le site « Infosdefense, le magazine des questions stratégiques et d’actualité » :

  « […] la Jordanie a annoncé aujourd’hui (9 juin, NdT) la tenue d’un exercice majeur rassemblant 19 pays dont la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, l’Arabie Saoudite ou encore le Qatar. On ignore la teneur de la participation française » (surlignages de la traductrice). « Au total 8000 militaires, dont 4500 américains et 3000 jordaniens […] ».

Si l’on se fie aux informations d’Infosdéfense, cela nous fait donc 500 militaires pour les 17 autres pays participants. On peut toujours espérer que ce lion bien qu’impatient ne sera pas trop coûteux pour nous (même avec les interprètes, pour 19 pays).

http://www.infosdefense.com/exercice-eager-lion-en-jordanie-43760/ 

« Depuis plusieurs mois, les Forces Spéciales américaines conduisent des pénétrations en territoire syrien pour recueillir du renseignement. Aidés par des français et des britanniques, elles forment également les insurgés syriens au maniement des armes ».

http://www.infosdefense.com/syrie-entre-defections-et-livraisons-darmes-13564/

Coût de la participation française à cette « aide », et à l’opération « Eager Lion » ? Chacun appréciera la précision et la retenue des informations d’Infosdéfense.

http://www.mondialisation.ca/lart-de-la-guerre-le-lion-impatient-de-mettre-en-pieces-sa-proie/5339616

Une ministre belge confirme : Al Qaïda est notre allié indirect en Syrie _ Bahar Kimyongur

17 juin 2013

Des milliers d’Européens se rendent en Syrie pour combattre le gouvernement de Damas et à fortiori le peuple syrien. La ministre belge de l’intérieur Madame Joëlle Milquet s’est engagée à aider les familles des jeunes Belges embrigadés par les recruteurs terroristes. Ce jeudi soir à l’émission « Face à l’info » d’Eddy Caekelberghs, la ministre nous a donnés la confirmation que l’Etat belge a abandonné nos jeunes à leur sort mais qu’il serait ferme à leur égard en cas de retour chez nous. En d’autres termes, nos concitoyens enrôlés dans les bataillons d’Al Qaïda sont utiles et efficaces là où ils se trouvent tant qu’ils servent notre guerre contre la Syrie.

Le journaliste Eddy Caekelberghs a invité quatre intervenants pour parler des jeunes Belges partis en Syrie : une maman anonyme dont les deux garçons se trouvent sur le front, le député MR (libéral) Daniel Ducarme, la ministre de l’intérieur Joëlle Milquet et moi-même.

Jointe par téléphone, la ministre s’est taillée la part du lion avec une intervention ininterrompue de 12 minutes sur un total de 30 minutes de débat.

Pour saboter l’échange d’idées, Mme Milquet a misé sur le procès d’intention, m’envoyant une petite phrase assassine sur mon prétendu soutien au régime d’Assad. 

Nous n’épiloguerons non pas sur ce procédé déloyal et mesquin de la ministre mais sur le bilan de son inaction en matière de rapatriement de nos jeunes concitoyens égarés sur le chemin de Damas.

N’allons surtout pas déranger Al Qaïda !


Dans son intervention radiophonique, Madame Milquet a implicitement reconnu que ses officiers de liaison en poste en Turquie ont brassé du vent. Du vent parce que, d’après elle, pour retrouver les jeunes Belges, l’on ne peut aller au delà de Bab el Hawa, littéralement la Porte du Vent en arabe, le principal poste-frontière turco-syrien situé dans la province du Hatay.

Rappelons tout de même que Bab el Hawa est aux mains de Jabhet al Nosra, c’est-à-dire de la section syrienne d’Al Qaïda. Les bataillons terroristes syriens et étrangers les plus cruels y font la pluie et le beau temps. Al Qaïda détient ainsi un point de passage situé en territoire turc, c’est-à-dire dans une zone sous contrôle de l’OTAN et à fortiori des Etats-Unis. Mais on ne peut rien faire, paraît-il. En d’autres termes, Madame la Ministre et ses alliés européens, étasuniens et turcs laissent faire Al Qaïda au nom de la guerre contre la Syrie.
Passons. Passons et citons la ministre :

« J’ai été voir longuement le ministre de l’intérieur turc, le chef de la sûreté de l’Etat turc. J’ai vu Monsieur Erdogan. J’ai vu le ministre de la justice. J’ai redonné aussi (au-delà de ce que nos services ont fait) les photos que j’avais eues des mamans et les numéros de téléphone pour qu’ils tentent de les localiser, les différents éléments… Ils étaient apparemment sortis par Bab El Hawa. [Ils] devraient se situer plus ou moins dans le Nord de la Syrie.
Ils (les Turcs Ndr) ont dit et promis qu’ils mettaient tout en œuvre pour pouvoir les localiser s’ils se retrouvaient en Turquie. (…) L’ambassade est au courant. Elle est prête à aller jusqu’à la frontière. (…) les autorités (turques NDR) [peuvent] retrouver un des deux ou les deux (enfants de la maman invitée à l’émission Ndr) s’ils se trouvent sur le sol turc. Mais évidemment, ils ne peuvent pas entrer en Syrie. »

Evidemment, souligne-t-elle. Bein voyons. Entrer en Syrie ? Quelle idée ! Des criminels venus du monde entier, des violeurs, des coupeurs de route et de gorges, des malfrats à la petite semaine, quelques romantiques révolutionnaires, des aventuriers attirés par l’odeur du sang, des Talibans afghans, daghestanais, yéménites ou bosniaques, des journalistes français, britanniques ou israéliens, des fondations caritatives salafistes, le sénateur US républicain John McCain, des agents arabes de la CIA, du Mossad, les députés koweïtiens Abdel Halim Mourad et Adel al Mawada, le prédicateur génocidaire Adnan Arour et bien d’autres chefs de guerre religieux bref toutes les composantes de la Croisade anti-syrienne passent par la Turquie pour pavaner en Syrie. Mais d’après la ministre Milquet, les autorités turques ne peuvent « évidemment » pas entrer en Syrie. Croit-elle vraiment que nous allons avaler cette fable ?

Madame Milquet devrait d’abord nous expliquer ce que faisaient alors les quelques dizaines d’agents turcs capturés par l’armée arabe syrienne à Idlib, Lattaquié, Raqqah et Alep et qui serviront bientôt de monnaie d’échanges lorsque l’Etat turc aura calmé ses ardeurs guerrières contre la Syrie. Ne sait-elle donc pas que tous les chefs rebelles influents du Nord de la Syrie sont des agents turcs en puissance placés sous le commandement et la protection directe de l’armée turque ? Pendant plus d’un an, l’ex-chef de la soi-disant Armée syrienne libre (ASL) Riyad Assaad ne pouvait même pas accorder d’interview à la presse sans l’autorisation préalable du ministre turc des affaires étrangères Ahmet Davutoglu.

D’autre part, l’Etat turc sait exactement où se trouvent les 9 otages chiites enlevés à Azaz ainsi que les deux évêques chrétiens Mgr Paul Yazici et Mgr Youhanna Ibrahim. Les familles des victimes passent d’ailleurs par la Turquie pour contacter les ravisseurs. Autrement dit, le trousseau de clés jalousement gardé par Erdogan permettrait la libération de biens des otages en Syrie, y compris nos jeunes embrigadés par les maffias sectaires qui rêvent de convertir la Syrie en un califat wahhabite.

Madame la ministre parle à plusieurs reprises de la guerre de Syrie comme s’il s’agissait d’un différend entre Damas et Ankara, comme si notre pays n’avait pas contribué au pourrissement de la situation en Syrie en votant des sanctions économiques, en encourageant la surenchère militaire, en durcissant les pressions sur l’axe de la résistance pro-palestinienne dont la Syrie est le pivot.

Quoiqu’en pense Madame la Ministre, l’engagement de nos concitoyens dans cette guerre n’est ni plus ni moins un engagement de la Belgique en tant qu’Etat dans la guerre de Syrie. Et disons-le encore plus franchement : la moindre négligence de la Belgique en la matière est un signe de complicité de nos autorités avec le djihadisme anti-syrien.


Madame Milquet découvre que la rupture avec Damas empêche le contact avec nos jeunes


Poursuivons le décryptage du discours de Madame la ministre :

Le gros problème au niveau de la localisation téléphonique, c’est que pour les localiser, vous devez avoir un lien évidemment avec l’opérateur national qui est évidemment l’opérateur syrien et par rapport à des personnes en lutte avec le régime, il y a un danger et un problème de collaboration. (…)
La Turquie soutient l’opposition et l’armée libre syrienne (ASL) (…) Il y a aussi parfois ce problème de technologie. Moi, j’avais demandé si, à partir de la Belgique, on pouvait localiser via les numéros belges. Mais ce n’était pas possible parce que nous avions besoin du lien avec l’opérateur syrien (…).

Madame Milquet sous-entend que si nous avions eu un lien avec l’opérateur téléphonique syrien donc avec les autorités syriennes, nous aurions pu retrouver les enfants belges. Mais qu’attend-elle donc au nom de la sauvegarde de nos enfants et de leurs victimes syriennes pour rétablir la ligne avec Damas ?

Madame Milquet poursuit sur un aveu d’impuissance :

On est un peu hélas dépendant (notre compétence s’arrêtant à la sortie de la frontière) des services turcs qui pourtant nous ont assurés, et je pense qu’ils sont sincères sur la manière avec laquelle ils ont mis cela dans leurs banques (de données Ndr) et leurs différents signalements lorsqu’ils sont à la frontière (…) Nous n’avons plus d’ambassade en Syrie. (…) Nous avons un gros problème d’accès au territoire (…).

Nous nous passerons de tout commentaire sur la candeur de Madame la ministre concernant la sincérité du gouvernement turc à laquelle elle croit, elle aussi, avec sincérité. Notons juste qu’en ce moment même, des centaines de milliers de manifestants turcs doutent de la sincérité d’un régime qui depuis deux semaines, utilise la matraque, les gaz, les balles en plastique, les menaces, la prison et la torture et affiche un mépris total face aux doléances du peuple.

Ceci étant, si l’on suit le raisonnement de Madame la ministre, on arrive à la conclusion que la réouverture de notre ambassade en Syrie nous offrirait une opportunité pour retrouver nos enfants. En voilà une excellente idée ! Pourquoi pas si l’on peut sauver la vie de Belges partis en Syrie et celle des Syriens victimes des Belges.

La vice-présidente du groupe socialiste européen, Madame Véronique de Keyser a eu le courage de proposer de reparler avec le président syrien après avoir exigé son départ avec acharnement (Le Vif, 19 avril 2013).

Aujourd’hui même, une autre voix lucide du paysage médiatique belge, le journaliste Vincent Braun de La Libre a plaidé en faveur d’une résolution pacifique du conflit syrien. La conclusion de son éditorial est sans appel : « Il faut impliquer l’Iran dans la résolution de ce conflit ».

La sagesse de ces paroles se situe en parfaite opposition avec le radicalisme et l’extrémisme de notre politique étrangère laquelle n’a d’égal que le radicalisme et l’extrémisme des volontaires belges partis en Syrie.

« Oui Madame la Ministre, oeuvrons pour la paix et la réconciliation et nos enfants reviendront peut-être sains et saufs » a-t-on envie de lui dire si la fin du conflit syrien eut été sa réelle intention.


Pendant ce temps, la fabrique du terrorisme tourne à plein régime

Au début du mois d’avril 2013, le Centre international pour l’étude de la radicalisation (ICSR) du King’s College de Londres annonçait que 140 à 600 jeunes ont été recrutés par des cellules djihadistes actives dans des pays européens comme la France, l’Angleterre, la Belgique, le Danemark ou les Pays-Bas.

Trois semaines plus tard, le spécialiste européen de l’antiterrorisme Gilles de Kerchove évoquait la présence de 500 djihadistes européens en Syrie (Martine Gozlan, Marianne, 25 avril 2013).

Le 21 mai 2013, Georges Malbrunot, le journaliste du Figaro estimait à 800 le nombre de djihadistes européens actifs en Syrie.

Aujourd’hui, d’après de nouveaux éléments d’enquête, les Européens seraient entre 1.500 et 2.000, soit deux à trois fois plus que les estimations publiées il y a trois semaines à peine (Pierre Beyleau, Le Point, 14 juin 2013).

Ils sont sans doute bien plus nombreux à partir en Syrie.

Vu l’ampleur du phénomène, une question s’impose : N’est-il pas pour le moins suspect que des apprentis sorciers rêvant de commettre à Damas des attentats semblables à ceux de Madrid, Londres ou New York puissent se rendre aussi massivement en Syrie sans être inquiétés dès leur départ ?

Imagine-t-on un seul instant ce que feraient les polices européennes si des prédicateurs actifs en Europe mobilisaient des légions musulmanes pour aller égorger les Juifs d’Israël ?

Que le Mossad se rassure, la Maison des Saoud et l’émir du Qatar, grands sponsors du djihad en Syrie, ne sont pas prêts de trahir leur alliance avec Tel Aviv.

Quant aux terroristes européens, conformément aux directives qui leur parviennent de Riyad ou Doha, ils préfèrent de loin verser le sang de musulmans sunnites, chiites ou alaouites que de s’en prendre à l’Etat hébreux.

Mais sait-on jamais, si un jour, Al Qaïda se mettait à acheminer des djihadistes en Israël ce qui, à ce jour, n’est jamais arrivé, il est certains que nos gouvernements neutraliseraient les jeunes volontaires européens avec une violence extrême. Le Mossad userait sans détour de son droit d’ouvrir le feu sur des suspects dans les aéroports occidentaux comme il l’a très souvent fait durant les années 70 et 80.

Nous sommes dès lors en droit de nous demander pourquoi l’Occident est si laxiste quand nos jeunes partent en Syrie et si ferme quand ils en reviennent.

La décision du bourgmestre d’Anvers Bart de Wever de radier de son registre de population les candidats djihadistes de retour de Syrie illustre bien cette stratégie d’accompagnement passif et de confinement du djihadisme en Syrie.

Monsieur De Wever, Madame Milquet et nombre de leurs homologues européens espéraient sans doute que la guerre internationale contre la Syrie par djihadistes interposés allait conduire à l’implosion du pays, gage de réussite de la théorie du chaos constructif permettant de remodeler les nations selon nos intérêts à court terme.

Mauvais calcul. Etant donné la connectivité complexe du corps politique et social syrien avec les lignes de fracture qui traversent notre monde multipolaire, toute tentative de déstabilisation de ce pays hautement inflammable ne conduit pas à son implosion mais bien à son explosion.

Si Madame Milquet nous avait écoutés dès le début du conflit, nous aurions peut-être pu sauver la vie de nombreux Syriens et de nombreux Belges.

Aujourd’hui, elle peut encore se rattraper. Mais pour cela, nous pensons qu’elle doit impérativement se concerter avec ses homologues européens et les convaincre à :

– promouvoir un message de paix en Syrie, le dialogue intercommunautaire en Europe et lutter contre la désinformation et la propagande sectaire qui contribuent à la radicalisation de nos jeunes

– lever toutes les sanctions européennes qui pèsent contre la Syrie et normaliser nos relations avec le gouvernement de Damas

– présenter nos excuses au peuple syrien pour avoir laissé les djihadistes européens contribuer à la destruction de leur pays et pour avoir armé les terroristes actifs en Syrie

– contraindre nos agents syriens de la Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution à saisir la chance offerte par la Russie et le gouvernement syrien de résoudre pacifiquement le conflit.

– poursuivre légalement les vétérans belges qui ont commis des crimes de guerre, de génocide ou des crimes contre l’humanité en Syrie et assurer un accompagnement psychologique adapté aux volontaires belges non terroristes,

Nous cesserons de penser que Madame Milquet roule pour Al Qaïda le jour où elle militera concrètement pour la paix et contre le terrorisme en Syrie.





Voici l’enregistrement audio de l’émission Face à l’info du jeudi 13 juin 2013 animée par Eddy Caekelberghs