Archives de Tag: Reyhanlı

Montauban, Toulouse, Boston, Reyhanli, Londres: terrorisme et affaires d’Etat

Je ne sais pas pourquoi, mais presque à chaque fois que des tueurs (ou présumés tels) commettent des crimes atroces, par exemple Mohamed Merah à Montauban et à Toulouse, les frères Tsarnaev à Boston, ou tout récemment Michael Adeboloja et un autre individu qui ont sauvagement assassiné (sans le décapiter cependant contrairement à ce qui avait été d’abord annoncé)un soldat à Londres, on constate qu’ils  avaient fait l’objet d’un suivi par les services de renseignements et la police.

Michael Adeboloja  et son complice étaient en effet connus du MI 5 (renseignements intérieurs britanniques) comme le signale la presse anglo-saxonne. Un des deux tueurs de Londres avait même appartenu à une organisation interdite, al-Muhajiroun.

Ce qui est curieux, c’est que pour l’instant, aucune campagne de presse n’a été lancée ni en France, ni aux Etats Unis, pays où dit-on la presse est libre, pour dénoncer ce qui s’apparente à des scandales d’Etat.

On verra si l’Angleterre fera exception. J’en doute.

En Turquie, on est un peu plus audacieux. En effet, quelques jours après le double attentat de Reyhanli, attribué par le gouvernement turc aux autorités syriennes , qui a tué plus de cinquante personnes, un groupe de hackers dans l’esprit de WikiLeaks a rendu publics des communications internes de la gendarmerie qui tendent à plaider pour une responsabilité du Jabhat al-Nosra, une organisation qui est un des fers de lance de la lutte armée contre le régime de Damas…

Le journal tuc Hürriyet rapporte qu’un gendarme a été mis aux arrêts et accusé d’être à l’origine de la fuite qui ne serait pas due à un piratage informatique mais du fait d’un simple gendarme qui aurait photographié puis envoyé par mail certains documents à Redhack.

Ce que cette organisation réfute par un communiqué qui dit en substance :

“si ce gendarme est la personne qui nous a livré l’information, comment se fait-il que nous ayons su avant elles [les autorités] qu’une chasse aux sorcières avait été lancée dans l’armée et qu’on sacrifierait des fonctionnaires ‘innocents’ ? » a déclaré l’organisation via Twitter.

Redhack avait twitté plusieurs heures avant l’annonce [par le gouvernement] que les autorités allaient essayer de faire porter le chapeau à un «pauvre soldat. »

Redhack rend publics des câbles sur les explosions de Reyhanli

Redhack a rendu publics une série de communications internes aux services de sécurité qui révèlent les préparatifs du double attentat de Reyhanli  vus par des documents top secrets des services de renseignements de la gendarmerie.

İstanbul – BIA News (Turquie) 22 mai 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

 Redhack, un groupe de hackers Turcs, a publié une série de câbles qui révèlent ce qui était connu des préparatifs du double attentat de Reyhanlı d’après les fichiers top secrets des services de renseignements de la gendarmerie turque.

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Les fichiers top secrets rendus publics par le groupe sont dates du 20 mai – 9 jours après l’attentat meurtrier qui a tué 51 civils dans la ville méridionale de Reyhanli, province de Hatay.

Un câble donne des détails sur plusieurs véhicules charges de bombes et d’explosifs destines à être livrés à des organisations liées à al Qaïda en Syrie.

Les bombes et les explosifs doivent server à une attaque contre la Syrie, lit-on dans le câble.

Un autre câble rapportait que des militants du Jabhat al-Nosra avaient transféré les bombes et les explosifs dans trois autres véhicules devant être utilisés dans une attaque contre la Turquie – une information qui venait confirmer la première.

Un troisième câble affirmait que les responsables au quartier général de la police au Hatay avaient reçu un appel anonyme qui alertait sur l’attentat à venir et donnait des informations sur certaines des allégations parues dans les medias.

* Cliquez ici pour accéder aux câbles publiés par Redhack (en turc).

http://mounadil.wordpress.com/2013/05/23/montauban-toulouse-boston-reyhanli-londres-terrorisme-et-affaires-detat/

Turquie : manifestation anti-gouvernementale

 

 

IRIB- En Turquie, la police a attaqué les manifestants anti-gouvernementaux par des gaz lacrymogènes et des canons à eau dans la région frontalière de Reyhanli au sud du pays.

 

 

Samedi, la ville turque de Reyhanli a été théâtre de manifestations pacifiques, organisées en protestation contre les politiques du gouvernement d’Ankara, mais ces manifestations ont dégénéré en affrontements entre policiers et protestataires.
Cette manifestation était organisée en solidarité avec les victimes des attentats terroristes qui ont secoué récemment la ville frontalière de Reyhanli. Les protestataires ont scandé des slogans réclamant la démission du Premier ministre Recep Tayyeb Erdogan. Les protestataires estiment que le gouvernement turc n’avait pas pris les mesures nécessaires pour éviter de telles explosions.

http://francophone.sahartv.ir/news/5717

Turquie : L’effet boomerang des bombes d’Erdogan

Par Bahar Kimyongür

 

erdogan carte

Le régime d’Ankara parle de 51 morts dans les attentats qui ont frappé la ville de Reyhanli à la frontière avec la Syrie. Mais la population affirme que les autorités cachent le nombre réel de victimes. Côté médias officiels, c’est le blackout. Ils ne relaient plus que les rapports de police et les scénarios édictés par l’AKP au sujet du double attentat. Et pour cause : le Procureur de la République de Reyhanli a réussi à faire valider dimanche un décret de censure par le Tribunal de simple police de Reyhanli. La colère gronde en Turquie à la fois contre le gouvernement Erdogan et contre ses mercenaires syriens.

A Reyhanli, au milieu des décombres, les gens accusent le gouvernement turc de vouloir faire la guerre contre la Syrie pour le compte des USA et d’Israël.

Certains journalistes et blogueurs bravent la censure au prix de leur liberté comme Ferdi Özmen qui a comptabilisé le nombre de victimes du double attentat de Reyhanli. D’après Özmen, les victimes sont réparties dans sept hôpitaux de la région de manière suivante :

Hôpital Defne : 26 corps

Hôpital public d’Antakya : 44 corps

Hôpital de Kirikhan : 18 corps

Hôpital de l’Académie : 6 corps

Hôpital Méditerranée (Akdeniz) : 3 corps

Hôpital de recherches médicales (Arastirma) : 30

Hôpital public de Reyhanli : 50

Au total, il y aurait selon lui 177 morts et non 51 morts comme annoncé par les sources officielles. Ces allégations impossibles à vérifier et démenties par le ministre de la santé Mehmet Müezzinoglu, ont tout de même entraîné l’arrestation de Ferdi Özmen par la police…

Une étudiante de Samandag (Soueydiye en arabe) dénommée Meziyet Camuz, se demande à juste titre :

“Le jour de l’attentat, pourquoi les dirigeants de l’AKP se sont retrouvés pour célébrer une fête de mariage (celui du fils du député Burhan Kuzu, Ndlr) ?

Pourquoi Davutoglu a-t-il souri en parlant des victimes ?

Pourquoi les autorités font-elles comme si le Hatay ne fait pas partie de la Turquie ? Pourquoi cachent-elles l’ampleur du massacre et détruisent-elles les preuves à coup de pelleteuses ?

Pourquoi ne décrète-t-on pas une journée de deuil national ? Nos frères défunts sont-ils si méprisables ?

Si les bombes ont traversé la frontière, pourquoi le gouvernement, la police et les services de renseignement n’ont-ils pas arrêté le véhicule ? (…)

Les rebelles syriens détruisent un camion pompier à Cilvegözü, personne (du gouvernement) ne s’en préoccupe. Ils tuent un policier, personne ne s’en émeut. Ils tuent mes frères, le gouvernement s’en fout (…) (Source : Sol Portal, 14 mai 2013)

A Antakya, Samandag, Mersin, Reyhanli, Iskenderun, Adana, les populations du Sud de la Turquie, toutes ethnies et confessions confondues, manifestent contre le gouvernement Erdogan.

Ici, un rassemblement organisé hier à Samandag :


Le lendemain, la police a sorti les matraques contre des manifestants à Adana

En matinée, les autorités turques ont annoncé la capture de quatre autres militants de gauche, ce qui porte à 13 le nombre de “suspects” arrêtés dans le cadre de la tuerie de Reyhanli.

Mais coup de théâtre, le ministre de l’intérieur Muammer Güler a révélé au journal Hürriyet que les véritables auteurs n’ont pas encore été arrêtés. Son propos accrédite la thèse de la diversion et du brouillage de piste.

Autre scandale, d’après certains journaux alternatifs, les 73 caméras de surveillance de la ville de Reyhanli étaient hors service au moment du double attentat. Le ministre de l’intérieur a aussitôt démenti l’information.

De son côté, le mouvement marxiste-léniniste DHKP-C (Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple) dont plusieurs sympathisants ont été arrêtés pour leurs liens supposés avec les attentats a publié un démenti dans lequel il accuse le gouvernement AKP et les groupes djihadistes d’être derrière les attentats.

Le DHKP-C rappelle dans son communiqué qu’en Syrie, “les groupes djihadistes commettent chaque jour, des massacres comme celui de Reyhanli” (…) “Ils ont organisé des attaques similaires contre des dirigeants, des ministres et des commandants militaires du gouvernement Assad mais aussi contre des imams de mosquées, des autobus scolaires, des universités, des bâtiments publics et des quartiers grouillant de monde. Ils ont massacré des centaines de personnes dans des attentats de ce genre et chaque jour, ils commettent de nouveaux massacres. Après chacun de ces massacres contre le peuple syrien, les dirigeants de l’AKP déclarent menaçant “Assad, ta fin est proche”.

Le mouvement rebelle turc considère que le malaise de l’AKP devant l’attentat de Reyhanli trahit un “sentiment de culpabilité”.

Et d’avertir que bientôt, les enquêteurs de l’AKP fabriqueront des “témoins anonymes” ou des “repentis” pour imputer leurs propres crimes à leurs ennemis intérieurs (l’opposition de gauche) et extérieurs (l’Etat syrien).

Cette fois, vu les mobilisations anti-gouvernementales faisant suite au massacre de Reyhanli, les “théories du complot” de l’AKP semblent ne plus marcher.

Malgré son départ vers Washington, le retour de boomerang de l’attentat de Reyhanli s’annonce très douloureux pour Erdogan.

Bahar Kimyongür

14 mai 2013

http://www.mondialisation.ca/turquie-leffet-boomerang-des-bombes-derdogan/5335135

A Antakya, la colère de la rue, contre l’ingérence turque, en Syrie

IRIB- Comme chaque jour, les habitants d’Antakya ont pris la rue, pour demander des comptes, après l’attentat meurtrier de Reyhanli.

A grand renfort de sifflets, d’applaudissements ou de slogans, ils dénoncent la présence toujours croissante des réfugiés syriens et le soutien d’Ankara aux rebelles en guerre contre le Président Bachar al-Assad. Ils scandent « Nous ne voulons pas de tueurs jihadistes, dans notre ville » et, à l’adresse des autorités turques, « Ne vous mêlez pas de la Syrie ».

« Tout ce que nous voulons, c’est que le gouvernement abandonne son soutien aux rebelles islamistes », résume Mahir Mansuroglu, le porte-parole du centre communautaire de la province d’Hatay, un rassemblement hétéroclite de partisans de la gauche, de nationalistes, de musulmans ou de chrétiens qui tente de fédérer la protestation.

La cohorte des manifestants observe à distance un autre cortège. Celui-là est constitué de quelques centaines de personnes qui exigent, elles, une « meilleure sécurité » à la frontière.

Plusieurs voitures de police suivent les manifestants à distance, pour éviter tout incident. Jusque-là, les forces de l’ordre n’ont pas eu à intervenir à Antakya, une ville qui accueille un mélange particulièrement riche d’ethnies et de religions, notamment des musulmans sunnites et alévis, ainsi que des chrétiens.

Mais l’arrivée sur le sol turc de près de 400.000 réfugiés syriens depuis le début il y a deux ans des combats a mis à mal ce fragile équilibre, surtout dans la province de Hatay.

Alors depuis le double attentat à la voiture piégée qui a fait 48 morts et plus d’une centaine de blessés dans la ville frontalière voisine de Reyhanli, la colère gronde.

« Petite Syrie »

Les autorités turques, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan en tête, ont prétendu que le régime de Damas en est le seul responsable, mais la population locale continue à mettre en cause le soutien de son gouvernement aux rebelles, hostiles à Bachar al-Assad et lui demande désormais des comptes.

« Les gens qui sont là disent simplement qu’ils ne veulent plus voir de jihadistes à longue barbe se pavaner dans leurs rues », insiste Mansuroglu en référence aux combattants de la fraction la plus radicale de la rébellion syrienne.

« Ces larges manifestations sont la conséquence naturelle de la politique du gouvernement », renchérit Semir Baklaci, l’un des responsables locaux du principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), « à chaque fois qu’il existe une réelle chance de dialogue en Syrie, ce genre d’événement se produit ».

« Erdogan se contente d’observer alors qu’une attaque sauvage a infligé à la Turquie ses plus lourdes pertes », renchérit l’un des manifestants, Necla Oncu.

Certains accusent même le Premier ministre d’avoir laissé faire pour mieux plaider la cause d’une intervention militaire auprès du président américain Barack Obama, qu’il doit rencontrer vendredi à Washington.

Sadik Baba, un négociant de 37 ans, ne va pas aussi loin. Pour lui, c’est la forte présence des réfugiés syriens en Turquie qui est à l’origine de la situation, celle qui a transformé Reyhanli en une « petite Syrie », comme il dit.

« Combien d’entre nous vont devoir mourir avant qu’ils (les dirigeants turcs) ne se rendent compte que les risques sont devenus aussi grands de notre côté de la frontière ? », s’interroge-t-il, inquiet.

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/256776-a-antakya,-la-col%C3%A8re-de-la-rue-contre-l%E2%80%99ing%C3%A9rence-turque-en-syrie

La Turquie ne se fera pas attirer dans « le sanglant marécage syrien » (Erdogan)

турция Реджеп Тайип ЭрдоганPhoto : EPA

Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié de provocation en vue d’attirer la Turquie « dans le sanglant marécage syrien » les attentats à Reyhanli. Les autorités turques en accusent les services secrets syriens.

Erdogan a déclaré que le sang-froid de la Turquie était testé. « Nous devons être très attentifs et garder notre sang-froid, a-t-il dit. Nous ne tomberons pas dans ce piège ».

Les attentats à Reyhanli ont fait 46 morts et plus de 140 blessés, dont quelque 20 graves.

http://french.ruvr.ru/2013_05_13/La-Turquie-ne-se-fera-pas-attirer-dans-le-sanglant-marecage-syrien-Erdogan/

L’attentat en Turquie était commandité par des Turcs

Andreï Fedyachine

турция взрыв РейханлыPhoto : EPA

Les neuf suspects soupçonnés d’être mêlés aux attentats de samedi dans la ville turque de Reyhanli, à la frontière syrienne, sont des citoyens turcs, a déclaré le vice-président du gouvernement turc Besir Atalay à une conférence de presse dans la province de Khatai. Les autorités turques avaient accusé initialement les services spéciaux syriens d’avoir organisé les attentats.

D’après les récentes données, 146 personnes sont mortes et 140 ont été blessées suite à l’explosion de deux véhicules. Plus d’une vingtaine sont dans un état grave. Omran az-Zoubi, ministre syrien de l’information avait fermement démenti les affirmations de Muammar Guler, ministre turc de l’intérieur qui rendait Damas responsable de ces attentats.

La politique turque sur le volet syrien échoue, estime Stanislav Tarassov, directeur du Centre du Proche-Orient et du Caucase de l’Institut international des Etats modernes.

La Turquie doit choisir : soutenir les communiqués de Genève qu’elle a signés et engager l’élaboration d’une nouvelle feuille de route ou bien se distancer. Dans ce cas la Turquie s’avérera en marge du processus de paix. Dans cet ordre d’idée, le récent attentat est inspiré par les forces régionales en vue de saper une nouvelle conférence internationale sur la Syrie.

Il est possible que les attentats en Turquie soient commis par les groupes extrémistes, estime l’expert de l’Institut d’études stratégiques et d’analyse Serguei Demidenko :

Il est possible que se soient les séparatistes kurdes, les fondamentalistes islamiques, les radicaux de gauche. Dans la situation qui s’est créée Damas n’est guère intéressé à commettre les attentats sur le territoire turc.

L’Acte de stabilisation en Syrie 2013 est soumis à l’examen du Congrès des Etats-Unis. Il autorise les livraisons d’armes à « l’opposition armée syrienne ». La Turquie se réserve le droit d’appliquer « toutes les mesures de rétorsion » après une série d’explosions à Reyhanli, a déclaré pendant sa visite à Berlin le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu.

Les Etats-Unis doivent aménager en Syrie une zone d’exclusion et assurer les livraisons d’armements lourds y compris de missiles de croisière et de systèmes « Patriot » aux forces de l’opposition, a dit à l’ABC le sénateur John McCain.

Nous pouvons aménager une zone d’exclusion dans l’espace aérien syrien. Nous pouvons livrer à l’opposition les armes et lui prêter concours pour mettre fin au massacre insensé.

Selon un représentant de l’OTAN, l’alliance ne sait rien pour le moment sur l’initiative turque de convoquer une réunion urgente du Conseil nord-atlantique. La prochaine séance du Conseil regroupant les ambassadeurs des 28 pays de l’alliance est fixée au 15 mai à Bruxelles.

http://french.ruvr.ru/2013_05_13/L-attentat-en-Turquie-est-inspire-par-les-Turcs/

Dans la ville turque martyre, l’hostilité à l’égard des « réfugiés » Syriens est à son comble

Comme on l’a dit, les attentats à la voiture piégé qui ont endeuillé la Turquie ont eu lieu dans une ville et une région (le Hatay) favorables au gouvernement syrien et où l’exaspération à l’égard des réfugiés venus du pays voisin n’a cessé de croître.

Non pas que les gens de la province répugnent à aider des voisins en difficulté, mais plus vraisemblablement qu’ils ne supportent plus les agissements des réfugiés en question.

Ces derniers étant avant tout des miliciens et des hommes d’affaires se comportent comme tels : ils tiennent des commerces dans lesquels ils vendent à bas prix les marchandises pillées de l’autre côté de la frontière et ils se promènent en armes, comme s’ils étaient en terrain conquis ou à… conquérir.

C’est de fait un Etat dans l’Etat qui s’est constitué au Hatay sous les auspices d’un gouvernement turc qui aura sans doute bien du mal à faire rentrer dans sa boîte le «diable» qu’il a encouragé à combattre les autorités du pays voisin.

Ce «diable» ignore les frontières et pour lui, le Hatay fait partie de la Syrie, et c’est là un point où il est d’accord avec Bachar al-Assad.

Mais à la différence de Bachar al-Assad, les takfiristes et autres «djihadistes» vont faire, et font déjà, comme si la frontière n’existait plus.

Si cette situation n’est déjà pas reluisante telle quelle, elle risque de s’envenimer aussi bien en cas de victoire que de défaite des «rebelles.»

En effet, en cas de victoire les rebelles parvenus au pouvoir à Damas (ou à Alep) revendiqueront officiellement la province du Hatay. En cas de défaite, ils seront contraints de refluer en masse dans la province où ils animeront une guérilla cette fois hostile au gouvernement turc.

Bon, j’élucubre un peu mais la logique des événements va vers quelque chose d’approchant.

Fortes tensions dans ce moment de funérailles au Hatay

HATAY – Hürriyet Daily News (Turquie) 12 mai 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le bilan des victimes des deux attentats à la voiture piégé à Reyhanli dans la province méridionale du Hatay a atteint 46 tués, a annoncé aujourd’hui le vice premier ministre Beşir Atalay tandis que les funérailles des victimes se tiennent dans une ambiance de vive tension.

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Obsèques d’une victime des attentats de Reyhanli

De nombreux habitants ont déjà quitté Reyhanli après le 11 mai et la plupart logent temporairement chez des proches dans d’autres villes, indiquent des habitants de la ville.

Seules les maisons où se tenaient des funérailles étaient pleines de membres des familles des victimes et de voisins.

La tension était très vive pendant les funérailles et les proches des victimes, maudissant la Syrie, accusaient les autorités «de ne pas avoir pris les mesures nécessaires autour de la frontière».

“Personne ne les aime”, déclare un habitant qui a survécu aux attentats, parlant ainsi des réfugiés Syriens qui se trouvent ici. Fatih Gül, dont le cousin âgé de 35 ans reste porté disparu, affirme que les réfugiés Syriens sont responsables des attentats. «Après les explosions, une voiture syrienne a été retournée ici, et les gens les ont frappés [ceux qui étaient dans la voiture], a-t-il dit au journal Hürriyet. Trois jours seulement avant les attentats, un affrontement s’était produit entre habitants de la ville et Syriens au même endroit où ont eu lieu les explosions, dit-il.

Des ressortissants Syriens ont aussi commence à quitter la ville car, selon eux, ils “ne peuvent pas vivre en sécurité en Turquie non plus.”

Mahmud Abdul et sa famille, arrives en Turquie il y a trois mois, ont quitté la ville ce matin, indiquant qu’ils allaient rentrer en Turquie par le poste frontière de Kilis.

 «La guerre continue en Syrie, mais nous ne sommes pas en sûreté ici non plus, et les gens du coin ne veulent pas de nous, nous avons été menacés,» a déclaré Abdul au journal Hürriyet tandis qu’il vidait son logement.

http://mounadil.wordpress.com/2013/05/12/dans-la-ville-turque-martyre-lhostilite-a-legard-des-refugies-syriens-est-a-son-comble/

Attentats de Reyhanli: d’une manière ou d’une autre, la Turquie va payer le prix de ses basses manoeuvres contre la Syrie

Je publie un article que j’avais préparé mais oublié de poster. Je le fais maintenant car il est en plein dans l’actualité compte tenu des attentats meurtriers qui viennent d’être perpétrés à Reyhanli, une bourgade turque frontalière avec la Syrie.

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Une voiture piégée vient d’exploser à Reyhanli

Au milieu de sa cacophonie habituelle, le gouvernement turc a déjà pointé un doigt accusateur en direction des autorités syriennes.

Pourtant,  on peut s’en rendre compte dans l’article que je vous propose, Reyhanli est une ville qui  exprime ouvertement, comme le reste de la province de Hatay, son soutien au régime syrien et son hostilité aux milices rebelles stationnées dans la ville sous l’appellation de « réfugiés ».

De là à penser que les « rebelles » ont décidé de faire d’une pierre deux coups en punissant les habitants de la ville et en faisant monter la tension entre la Turquie et la Syrie, il n’y a qu’un pas que je n’hésite pas à franchir. Et ce n’est peut-être qu’un début car on ne manipule pas sans risque pour sa propre sécurité les takfiristes et autres « djihadistes » comme les Américains en ont fait l’amère expérience en Libye tout récemment. Il y a quelques jours seulement, un policier Turc était tué à un poste frontière par des miliciens qui voulaient entrer dans le territoire turc, une preuve parmi d’autres que les forces déchaînées par Ankara commencent à lui échapper.

Le gouvernement turc se trouve maintenant devant deux solutions: mettre un terme à son appui aux prétendus rebelles et cesser de leur donner protection afin qu’une solution négociée puisse rapidement être appliquée; la deuxième consiste à entrer en guerre ouverte contre la Syrie.

Dans les deux cas, la Turquie devra de toute façon payer un prix élevé.

Contrairement à ce que certains croient, la Turquie n’est pas le pays qui accueille le plus de réfugiés Syriens. Si au début, elle a effectivement largement ouvert ses portes à l’afflux de réfugiés, dont beaucoup faisaient l’aller-retour entre les deux pays, elle n’a pas tardé à fermer presque complètement ses portes organise l’accueil en fonction des ses intérêts.

Ce qui n’empêche pas le gouvernement turc de clamer haut et fort sa générosité, sans oublier de rappeler ce que lui coûte l’accueil des réfugiés.

Les autorités turques omettent cependant de dire que si l’essentiel des coûts leur échoit, c’est en raison du refus d’Ankara de laisser l’administration des camps au Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR).D’une manière générale, les modalités adoptées par la Turquie ne sont pas conformes au droit international dans ce domaine.

Pour la bonne raison que les camps de réfugiés de Syriens en Turquie sont aussi des centres de formation et de commandement militaires pour les prétendus rebelles qui veulent renverser le régime baathiste en Syrie.

Si le gouvernement tuc a été finalement assez réticent à accueillir ces réfugiés Syriens, les habitants Turcs des régions ou sont installés ces réfugiés sont carrément exaspérés.

Des rumeurs d’insulte au drapeau turc  génèrent de la tension au Hatay

Zaman (Turquie) 7 mai 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Cinq personnes ont été brièvement détenues dans une ville turque près de la frontière syrienne après une bagarre entre des habitats de la ville et des réfugiés syriens qui auraient insulté le drapeau turc, ont rapporté les médias mardi.

La cause des affrontements dans la ville de Reyhanlı, dans la province du Hatay, n’était pas claire. Il y a eu des rumeurs selon lesquelles des Syriens réfugiés dans la ville avaient fait des gestes obscènes en direction du drapeau turc, ce qui a mis en colère de jeunes habitants de la ville. Le maire de Reyhanlı, Hüseyin Şanverdi, a cependant démenti toute insulte faite au drapeau turc mardi, indiquant qu’en réalité la dispute était en fait liée à une note de restaurant.

Des informations publiées sur le site internet du journal Radikal affirmaient que des habitants en colère sont descendus dans la rue lundi soir suite à des rumeurs selon lesquelles des Syriens avaient frotté leurs parties intimes avec le drapeau turc avant de le brûler  après une dispute avec un propriétaire de restaurant. Une foule s’est rassemblée dans la rue Atatürk, où de nombreux agents de police ont été déployés. Les policiers ont utilisé des bâtons pour disperser la foule. Les cinq personnes interpellées, parmi lesquelles des Turcs et des Syriens ont été libérées mardi.

 « Je demande à nos concitoyens de ne pas croire tout ce qu’ils entendent. Il n’y a eu absolument aucun drapeau brûlé. C’est ce qu’indiquent les rapports de nos services de police,» a déclaré le maire Şanverdi.

L’agence de presse Anatolia a d’autre part rapport que l’incident a éclaté pour des raisons inconnues, observant que des parents d’habitants de la ville et de Syriens se sont aussi joints à la dispute qui a dégénéré en affrontement. Quand la police a emmené cinq d’entre eux en garde à vue, le groupe des Turcs a formé un convoi et  défilé dans le centre ville avec des drapeaux turcs pour protester contre la police.

Par la suite, les manifestants se sont disperses dans les rues afin d’échapper à la police, et c’est à ce moment que sont intervenues la police anti-émeute et les forces d’opérations spéciales. Anatolia a rapporté que le groupe s’en est pris à deux voitures immatriculées en Syrie, brisant leurs fenêtres.

En Septembre 2012, un incident similaire entre réfugiés et population locale avait provoqué des manifestations de rue à Hatay, où un tiers de la population est d’origine arabe alaouite, la même secte que Bachar al-Assad en Syrie. Il avait fallu un certain temps pour apaiser les tensions dans la province.

http://mounadil.wordpress.com/2013/05/11/attentats-de-reyhanli-dune-maniere-ou-dune-autre-la-turquie-va-payer-le-prix-de-ses-basses-manoeuvres-contre-la-syrie/