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Le scénario catastrophique… Lorsqu’il se retourne contre les ennemis de la Syrie

Akil Cheikh Hussein

Les accusations et les interprétations qui vont dans tous les sens en ce qui concerne les attentats perpétrés à Rayhâniyya n’empêchent pas de remarquer qu’ils ressemblent comme un loup à un loup à ceux qu’on commet depuis deux ans en Syrie et depuis dix ans en Iraq. Des voitures bourrées de grandes quantités d’explosives, des nombres exorbitants de victimes en particulier parmi les civils. Et des commanditaires bien connus dont la Turquie qui, grâce à ses frontières communes avec la Syrie et l’Iraq, jouit de facilités dont ne disposent pas des Etats comme le Qatar, le royaume saoudite ou même l’entité sioniste.

A elles-seules, ces considérations ne suffisent pas certes pour mettre à l’index l’une ou l’autre parmi les parties constituantes de l’alliance qui fait la guerre à la Syrie. Il existe plutôt des indices qui, en apparence, vont dans le sens inverse. N’est-ce pas que la Turquie joue un rôle essentiel dans cette guerre ? Rayhâniyya ne se situe-t-elle pas à cinq km seulement des frontières qui séparent la Syrie de la «République du Hatay», originellement l’Alexandrette syrienne offerte sous le mandat français en 1938 à la Turquie pour des considérations en liaison avec les alliances qui se tramaient à la veille de la seconde guerre mondiale ? N’est-ce pas que tout cela permet d’en accuser la Syrie ?

En apparence seulement, à l’instar de tous les attentats terroristes semblables qu’on fomente pour justifier les guerres d’agression. Beaucoup d’assassinats et d’attentats ont été commis par le Mossad israélien contre des Israéliens ou des Juifs pour accuser les Palestiniens et les Arabes. Les preuves ne manquent pas qui montrent que les attentats du 11/9/2001 sont l’œuvre du Pentagone et de la CIA.

D’où, il est probable que les attentats de Rayhâniyya soient fabriqués par la Turquie elle-même ou par certaines composantes de l’alliance mondiale contre la Syrie dans le but de passer à une nouvelle forme d’escalade.

Par la Turquie elle-même car Recep Erdogan qui a accusé la Syrie de vouloir introduire la Turquie dans un scénario catastrophique -bien que la Syrie, occupée depuis deux ans par sa guerre contre le terrorisme et qui consacre tous ses efforts pour nettoyer ses territoires des gangs armés, n’est pas en état de pouvoir rendre la pareille à la Turquie- s’est rendu compte depuis longtemps de l’ampleur de la catastrophe dans laquelle il s’est introduit et introduit son pays en imaginant que la destruction de la Syrie pourrait ouvrir la voie à l’instauration d’un nouvel empire ottoman.

C’est dans ce sens qu’il a, lui qui manque de connaissance sur la nature du plan étasunien arrogant qui, sur le plan stratégique, vise la Turquie comme il vise la Syrie ou l’Iran, plus qu’une fois demander secours au Nato en lui demandant en vain d’intervenir en Syrie dans l’espoir de limiter les dégâts de ce scénario catastrophique. Fomenter les deux attentats à Rayhâniyya et en accuser la Syrie peut donc lui paraitre suffisant pour pousser le Nato à envoyer ses armées pour l’aider à sortir de son pétrin. N’a-t-il pas dit, juste après les attentats, qu’il est l’heure pour la communauté internationale d’intervenir ?

Mais la communauté internationale, ou plus précisément le Nato et les Etats-Unis ne sont pas à l’écoute. Non parce que son secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen, et le président des Etats-Unis, Barak Obama, ont toujours répété qu’ils n’ont pas l’intention d’intervenir en Syrie. Mais plutôt par ce qu’ils ne sont pas en mesure de le faire. Ils savent très bien, dans les conditions des défaites militaires encaissées par les projets hégémoniques israélo-étasuniens dans la région, que la riposte syrienne sera foudroyante.

Cela ne veut pas dire que le Nato et les Etats-Unis ne cherchent pas à abattre la Syrie par des moyens autres que l’intervention directe ou la guerre totale, même si ces moyens ne semblent pas suffisants aux yeux d’Erdogan et de ses semblables qui, embourbés et empressés, ne peuvent plus éviter le scénario catastrophique qu’ils ont tramé contre la Syrie mais dans lequel ils se sont engouffrés eux-mêmes. L’un des plus importants de ces autres moyens est de pousser la Turquie, notamment, dans la fournaise de cette intervention directe.

Surtout parce que l’évolution de la situation sur le terrain montre que le groupes armés commencent à s’effondrer et qu’une implication totale de la Turquie semble pouvoir réajuster le cours des événements au profit des plans israélo-étasuniens. Une guerre qui oppose la Turquie à la Syrie reste enfin une guerre entre deux pays visés par ces plans.

Les attentats de Rayhâniyya peuvent également être perpétrés par des agences de renseignements occidentales ou par les groupes armés en action à l’intérieur de la Syrie et qui ont à plusieurs reprises tiré des obus sur les territoires turcs ou les territoires occupés par l’entité sioniste dans l’espoir de susciter l’intervention extérieure censée les aider à atteindre leurs malveillants objectifs.

Source : moqawama.org

Aveu d’impuissance de Washington à écarter Assad

Les consultations russo-américaines étaient axées sur le dialogue avec le régime syrien sans qu’Assad quitte le pouvoir avant la fin de son mandat.

Coup dur pour les opposants au régime Assad qui parlent désormais d’un changement de cap de Washington vis-à-vis de la Syrie. Un ancien diplomate français impliqué dans plusieurs dossiers régionaux ne s’en étonne pas. «Cela ne me surprendrait nullement si les Américains finissent par nous lâcher, car ils en ont l’habitude»! «Notre erreur aura été d’avoir livré la Syrie aux takfiris, qaïdistes et au Front al-Nosra.»

Mais le changement de cap de Washington est-il une vérité?

Selon les informations qui nous parviennent, au moins trois pays européens, l’Allemagne, le Belgique et l’Italie, sont entrés secrètement en contact avec Damas.
Ils refusent de livrer des armes aux rebelles car ils ont peur de voir le terrorisme s’abattre dans un avenir proche sur leurs pays. Ils estiment que Hollande devra agir au plus vite pour limiter les dangers que la politique de son prédécesseur a généré, pendant que l’opposition en France ne cesse de dénoncer les liens étroits entre l’Elysée et le Qatar, sponsor du takfirisme au nord d’Afrique, en Afrique et en Syrie.

La Syrie a élaboré une liste de 28 pays arabes et non arabes dont les terroristes sont actifs en Syrie et l’a présentée à l’Onu, ce qui a inquiété les européens. Cette liste comporte des noms américains, français belges, allemands, danois, néerlandais. Ces terroristes ne peuvent être traqués sans une coordination étroite entre les services de renseignement des pays européens d’une part, les Syriens, les Libanais, les Iraniens et les Russes de l’autre, qui coopèrent d’ailleurs d’ores et déjà, loin des regards indiscrets des medias.

Les informations parvenant de Washington font état du feu vert américain au maintien d’Assad au pouvoir jusqu’à la fin de son mandat. Les Etats Unis se trouvent dans une position difficile en Syrie. Ils ont très clairement affirmé aux RusSami Kleibses qu’ils ne sont pas en mesure de changer rapidement et radicalement leurs positions en Syrie et qu’ils ont besoin du temps.

Sami Kleib, journaliste libanais spécialiste de la Syrie et animateur à la télévision arabophone al-Mayadeen.

As Safir-Médiarama

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=112629&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=1

Syrie : Le Qatar fournit des milliards de dollars aux « rebelles »

Source : silviacattori.net

Le riche État gazier du Qatar a dépensé pas moins de trois milliards de dollars ces deux dernières années pour soutenir la rébellion en Syrie, loin devant n’importe quel autre gouvernement, mais il est maintenant dépassé par l’Arabie Saoudite en tant que premier pourvoyeur d’armes pour les rebelles.

Le coût de l’intervention du Qatar, sa dernière action de soutien à une révolte arabe, ne représente qu’une petite partie de son portefeuille d’investissements à l’international. Mais son appui financier à la révolution qui s’est transformée en cruelle guerre civile éclipse le soutien qu’apporte l’Occident à l’opposition.

Le petit État à l’appétit gargantuesque est le plus important donateur pour l’opposition politique, dédommageant généreusement les transfuges (une estimation l’évalue à 50 000 dollars par an pour un transfuge et sa famille), et il fournit une grande quantité d’aide humanitaire.

En septembre, de nombreux rebelles de la province syrienne d’Alep ont reçu un versement exceptionnel de 150 dollars de la part du Qatar. Des sources proches du gouvernement qatari disent que la dépense totale a atteint pas mois de 3 milliards de dollars, tandis que des sources rebelles et diplomatiques parlent d’un montant d’un milliard de dollars au maximum.

Pour le Qatar, qui détient les troisièmes plus importantes réserves de gaz naturel au monde, l’intervention en Syrie s’inscrit dans une posture obstinée de reconnaissance internationale et est simplement la dernière étape de sa démarche pour se positionner comme un acteur régional de premier plan, après son soutien aux rebelles libyens qui ont renversé Mouammar Kadhafi en 2011.

Selon le Stockholm International Peace Research Institute qui étudie les transferts d’armes, le Qatar a été le principal fournisseur d’armes à l’opposition syrienne, avec plus de 70 avions cargo militaires qui se sont posés en Turquie entre avril 2012 et mars de cette année.

Mais même si son approche est davantage guidée par le pragmatisme et l’opportunisme que par l’idéologie, le Qatar s’est retrouvé impliqué dans la situation politique très polarisée de la région, s’attirant des critiques acerbes. « On ne peut pas acheter une révolution » affirme un homme d’affaires de l’opposition.

Le soutien du Qatar aux mouvements islamistes dans le monde arabe, qui l’a mis en porte-à-faux avec les autres États du Golfe, a nourri une rivalité avec l’Arabie Saoudite. Hamad bin Khalifa al-Thani, émir régnant du Qatar, « veut être le (Gamal) Abdelnasser islamiste du monde arabe », » déclare un politicien arabe, en référence au panarabisme flamboyant et passionné de l’ancien leader panarabe.

L’intervention du Qatar est devenue l’objet d’une attention de plus en plus forte. Ses rivaux dans la région soutiennent qu’il utilise sa puissance financière simplement pour s’acheter une influence future et qu’il a fini par fragmenter l’opposition syrienne. C’est dans ce contexte que l’Arabie Saoudite qui jusqu’à présent avait apporté un soutien plus mesuré et réfléchi aux rebelles Syriens a accru son implication.

Les tensions récentes au sujet de l’élection d’un premier ministre par intérim de l’opposition qui a obtenu le soutien des Frères Musulmans syriens a aussi amené l’Arabie Saoudite à resserrer ses liens avec l’opposition politique, une tâche qu’elle avait en grande partie laissée entre les mains du Qatar.

La relégation du Qatar à la deuxième place en matière de fourniture d’armes résulte des inquiétudes en Occident et dans certains pays arabes de voir les armes fournies échouer entre les mains du Jabhat al-Nosra, une organisation liée à al-Qaïda.

Des diplomates disant aussi que les Qataris ont eu du mal à assurer un approvisionnement régulier en armement, chose que les Saoudiens ont été en mesure de faire via leurs réseaux plus développés.

Une route d’acheminement d’armes en Syrie passant par la frontière jordanienne a ouvert ces derniers mois. Le gouvernement jordanien qui est terrifié à la perspective de voir les djihadistes en position dominante chez son voisin a été réticent à autoriser les livraisons saoudiennes.

La réticence de l’Occident à intervenir avec plus de force en Syrie a eu pour conséquence de placer les opposants à Bachar al-Assad dans la dépendance du soutien du Qatar, de l’Arabie saoudite et de la Turquie, quoique depuis l’an dernier, les Émirats Arabes Unis et la Jordanie ont rejoint le club des soutiens aux rebelles en tant que partenaires mineurs.

Khalid al-Attiyah, le chef de la diplomatie du Qatar, qui est chargé de la politique syrienne, a rejeté les rumeurs sur une rivalité avec les Saoudiens et a démenti les allégations selon lesquelles le soutien qatari aux rebelles a divisé l’opposition syrienne et affaibli les institutions naissantes.

Dans un entretien accordé au Financial Times, il a affirmé que tout ce qu’a entrepris le Qatar l’a été en conjonction avec le groupe des pays occidentaux et arabes amis de la Syrie, pas seul. « Notre problème au Qatar, c’est que nous n’avons pas d’agenda caché, alors les gens nous en fixent un » a-t-il dit.

 

Le Qatar, grand argentier de la « révolution » syrienne

Le Qatar n’a pas d’intentions «cachées» dans son soutien à l’opposition armée au régime de Damas.

C’est du moins ce qu’affirme le chef de la diplomatie de ce petit pays (très) riche mais victime de sa naïveté et de la pureté des ses intentions en faveur du peuple syrien.

Et c’est au nom de ces intentions pures que cet émirat a dépensé en deux ans entre 1 et 3 milliards de dollars pour soutenir ceux qui agissent militairement et politiquement pour évincer Bachar al-Assad, le chef de l’Etat syrien.

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Le Qatar soutient aussi les révoltés du Trocadéro

Je vous mets au défi de me citer un exemple d’une révolution dans n’importe quel pays qui a bénéficié de telles largesses en si peu de temps, qui plus est.

 D’autant que le Qatar n’est pas le seul gouvernement à mettre la main à la poche, vu que la Syrie compte de nombreux «amis» parmi les nations révolutionnaires que sont  la Turquie (révolution kémaliste), l’Arabie Saoudite (révolution wahabbite), la France (révolutions de 1789, 1830, 1848 et révolution nationale du Maréchal Pétain) pour s’en tenir à quelques exemples.

L’article que je vous propose nous apprend même que les monarchies du Qatar et d’Arabie Saoudite rivalisent de générosité auprès des «rebelles» Syriens. 

Et que l’Arabie Saoudite représente en quelque sorte la voix de la modération !? 

On aura tout vu ! 

Autant de raisons de souhaiter la défaite de cette prétendue révolution qui comporte même des cannibales dans ses rangs.

Le Qatar finance la révolte syrienne avec de l’argent et des armes

par Roula Khalaf and Abigail Fielding Smith, Financial Times (UK) 16 mai 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le riche Etat gazier du Qatar a dépensé pas moins de trois milliards de dollars ces deux dernières années pour soutenir la rébellion en Syrie, loin devant n’importe quel autre gouvernement, mais il est maintenant dépassé par l’Arabie Saoudite en tant que premier pourvoyeur d’armes pour les rebelles.

Le coût de l’intervention du Qatar, sa dernière action de soutien à une révolte arabe, ne représente qu’une petite partie de son portefeuille d’investissements à l’international. Mais son appui financier à la révolution qui s’est transformée en cruelle guerre civile éclipse le soutien qu’apporte l’Occident à l’opposition.

Le petit Etat à l’appétit gargantuesque est le plus important donateur pour l’opposition politique, dédommageant généreusement les transfuges (une estimation l’évalue à 50 000 dollars par an pour un transfuge et sa famille), et il fournit une grande quantité d’aide humanitaire.

En septembre, de nombreux rebelles de la province syrienne d’Alep ont reçu un versement exceptionnel de 150 dollars de la part du Qatar. Des sources proches du gouvernement qatari disent que la dépense totale a atteint pas mois de 3 milliards de dollars, tandis que des sources rebelles et diplomatiques parlent d’un montant d’un milliard de dollars au maximum.

Pour le Qatar, qui détient les troisièmes plus importantes réserves de gaz naturel au monde, l’intervention en Syrie s’inscrit dans une recherché agressive de reconnaissance international et est simplement la dernière étape de sa démarche pour se positionner comme un acteur régional de premier plan, et vient après son soutien aux rebelles Libyens qui ont renversé Mouammar Kadhafi en 2011.

Selon le Stockholm International Peace Research Institute qui étudie les transferts d’armes, le Qatar a été le principal fournisseur d’armes à l’opposition syrienne, avec plus de 70 avions cargo militaires qui se sont posés en Turquie entre avril 2012 et mars de cette année.

Mais même si son approche est plus guidée par le pragmatisme et l’opportunisme  que par l’idéologie, le Qatar s’est retrouvé impliqué dans la situation politique très polarisée de la région, s’attirant des critiques acerbes. «On ne peut pas acheter une révolution» affirme un homme d’affaires de l’opposition.

Le soutien du Qatar aux mouvements islamistes dans le monde arabe, qui l’a mis en porte à faux avec les autres Etats du Golfe, a nourri une rivalité avec l’Arabie Saoudite. Hamad bin Khalifa al-Thani, émir régnant du Qatar, “veut être le (Gamal) Abdelnasser islamiste du monde arabe, » déclare un politicien Arabe, en référence au panarabisme flamboyant et passionné de l’ancien leader panarabe.

L’intervention du Qatar est devenue l’objet d’une attention de plus en plus forte. Ses rivaux dans la région soutiennent qu’il utilise sa puissance financière simplement pour s’acheter une influence future et qu’il a fini par fragmenter l’opposition syrienne. C’est dans ce contexte que l’Arabie Saoudite qui jusqu’à présent avait apporté un soutien plus mesuré et réfléchi aux rebelles Syriens a accru son implication.

Les tensions récentes au sujet de l’élection d’un premier ministre par intérim de l’opposition qui a obtenu le soutien des Frères Musulmans Syriens a aussi amené l’Arabie Saoudite à resserrer ses liens avec l’opposition politique, une tâche qu’elle avait en grande partie laissée entre les mains du Qatar.

La relégation du Qatar à la deuxième place en matière de fourniture d’armes résulte des inquiétudes en Occident et dans certains pays arabes de voir les armes fournies échouer entre les mais du Jabhat al-Nosra, une organisation liée à al Qaïda.

Des diplomates disant aussi que les Qataris ont eu du mal à assurer un approvisionnement régulier en armement, chose que les Saoudiens ont été en mesure de faire via leurs réseaux plus développés.

Une route d’acheminement d’armes en Syrie passant par la frontière jordanienne a ouvert ces derniers mois. Le gouvernement jordanien. Le gouvernement jordanien qui est terrifié à la perspective de voir les djihadistes en position dominante chez son voisin a été réticent à autoriser les livraisons saoudiennes.

La réticence de l’Occident à intervenir avec plus de force en Syrie a eu pour conséquence de placer les opposants à Bachar al-Assad dans la dépendance du soutien du Qatar, de l’Arabie saoudite et de la Turquie, quoique depuis l’an dernier, les Emirats Arabes Unis et la Jordanie ont rejoint le club des soutiens aux rebelles en tant que partenaires mineurs.

Khalid al-Attiyah,, le chef de la diplomatie du Qatar, qui est chargé de la politique syrienne, a rejeté les rumeurs sur une rivalité avec les Saoudiens et a démenti les allégations selon lesquelles le soutien qatari  aux rebelles a divisé l’opposition syrienne et affaibli les institutions naissantes.

Dans un entretien accordé au Financial Times, il a affirmé que tout ce qu’a entrepris le Qatar l’a été en conjonction avec le groups des pays occidentaux et arabes amis de la Syrie, pas seul. «Notre problème au Qatar, c’est que nous n’avons pas d’agenda caché, alors les gens nous en fixent un,» a-t-il dit.

http://mounadil.wordpress.com/2013/05/17/le-qatar-grand-argentier-de-la-revolution-syrienne/

« Le Qatar a besoin de s’afficher pour exister »

Par Nadéra Bouazza, publié le 16/05/2013

Les Français ne peuvent plus ignorer l’existence du Qatar. Ce micro-Etat de 300 000 autochtones semble être de tous les projets: du rachat du PSG il y a bientôt deux ans au soutien déterminant lors de l’intervention française en Libye. Ici comme ailleurs, ce nouvel acteur de la scène internationale passionne et agace. Il effraie aussi, parfois. Entretien avec le chercheur Nabil Ennasri, auteur de L’Enigme du Qatar (IRIS).

"Le Qatar a besoin de s'afficher pour exister"

Le Premier ministre du Qatar, le cheikh Hamad bin Jassim bin al-Thani, reçoit le secrétaire d’Etat américain John Kerry à Doha, en mars 2013.

REUTERS/stringer

Comment expliquer le volontarisme grandissant du Qatar depuis une dizaine d’années?

Le premier facteur est la vision qui anime les dirigeants de l’émirat. Leurs ambitions ont été décrites dans un document, le « Qatar National Vision 2030 ». C’est une sorte de feuille de route dont l’objectif est de faire de l’émirat un acteur majeur de la communauté internationale à l’horizon 2030. Pour ce faire, une série de plans quinquennaux sont prévus. Aucun domaine n’est sous-estimé, car le Qatar entend jouer dans la cour des grands, sur les terrains diplomatique, médiatique, économique, sportif et culturel. Le deuxième facteur est la place géostratégique qu’occupe cet Etat. Situé dans un Moyen-Orient mouvementé, l’émirat est dans l’oeil du cyclone, au coeur d’une région du Golfe qui reste la source de toutes les convoitises en raison de la richesse de son sous-sol. Or le Qatar est un Etat petit et vulnérable. Ses dirigeants sont déterminés à compenser cette fragilité par une politique de visibilité. En d’autres termes, le Qatar a besoin de s’afficher pour exister. Grâce au  » soft power  » — dans les médias et le sport, en particulier, – l’émirat a pu sortir de l’anonymat. C’est en grande partie cette équation qui explique son dynamisme grandissant.

Quels sont ces objectifs à l’horizon 2030?

S’ériger en poids lourd du rapport de forces régional, voire international. Au-delà, les autorités qataries souhaitent faire de leur pays une sorte de modèle pour les pays du Golfe et plus largement le monde arabe. La famille royale souhaite que le pays puisse faire le lien entre islam et modernité, entre fidélité aux valeurs traditionnelles et volonté d’intégrer la nouvelle marche du monde. Pour autant, le Qatar n’est pas à l’abri de certaines contradictions : il lui sera difficile de s’ériger en exemple s’il n’améliore pas la condition des travailleurs asiatiques. Ces derniers, qui forment la majorité de la population dans le pays, sont soumis à des conditions de vie drastiques. Et puis, ce dessein de faire le pont entre l’Orient et l’Occident commence à agacer certaines franges conservatrices de la société autochtone, qui voient d’un mauvais oeil cette modernisation à marche forcée, car elle pourrait menacer l’identité arabo-islamique du pays. 2030 est donc une forme de nouvelle frontière, où le Qatar se projette comme un État stable, florissant et puissant… mais il risque d’être rattrapé par des obstacles qui pourraient lui être fatales.

Quelle place tient le sport dans sa stratégie?

C’est l’un des outils majeurs déployés comme vecteur de rayonnement. Le football, naturellement considéré comme le sport-roi, est au coeur de cette stratégie. Outre l’utilisation du sport sous la forme d’un marketing d’Etat, il faut souligner deux autres aspects importants. D’abord, le sport est conçu comme un facteur de stabilité de la société : chaque année, au Qatar, un jour férié est consacré au sport et chaque habitant(e) est invité(e) à exercer une activité ; il n’est pas rare de voir l’émir en personne donner l’exemple. Surtout, le sport et toute l’industrie qui l’accompagne est perçu comme un moteur de croissance qui pourra tirer l’économie future du pays. A l’horizon 2030, le Qatar souhaite que seule la moitié de sa richesse dépende de ses hydrocarbures. Cette stratégie de diversification économique se base sur trois piliers : l’économie de la connaissance, le tourisme et l’industrie du sport. C’est dans cette perspective que l’émirat a lancé un plan d’investissement de plus de 100 milliards de dollars afin d’accueillir le mieux possible les grandes compétitions internationales. Le Mondial 2022 et les Jeux olympiques de 2024 sont dans sa ligne de mire.

Le Qatar semble avoir une relation particulière avec la France. Pourquoi?

C’est un pays qui a toujours occupé une place à part auprès des décideurs qataris. Francophile, l’émir a très tôt envoyé plusieurs de ses enfants étudier en France. Le prince héritier est lui-même francophone et la France – Paris, surtout, considéré comme la « Ville-lumière » — détient un capital symbolique unique au monde. Plus fondamentalement, le Qatar souhaite densifier son partenariat stratégique avec les pays qui comptent dans le concert des nations, d’autant que l’émirat ne veut pas dépendre exclusivement de l’aide américaine. Cette équation fait de la France le partenaire naturel, car il cumule plusieurs atouts : membre permanent du Conseil de sécurité, puissance militaire de premier plan…L’ensemble de ces éléments ont poussé le président Nicolas Sarkozy et l’émir Hamad Ben Khalifa Al Thani d’envisager un rehaussement spectaculaire des relations bilatérales. Plus discrète, la diagonale n’a guère changé.

La France est loin d’être le pays où le Qatar investit le plus…

Effectivement. L’émirat investit deux à trois fois plus en Grande-Bretagne, mais l’implication qatarie sur le terrain français est aujourd’hui source de nombreux fantasmes. En Allemagne, en Italie et jusqu’en Grèce, on ne décèle pas autant de commentaires passionnés sur les « sombres desseins » de l’investissement du Qatar. De mon point de vue, il faudrait poser les termes du débat avec sérénité et abandonner les procès d’intention. Le problème est plus profond, sans doute : la France a un problème avec l’argent et un problème avec l’islam. Monarchie opulente où l’islam est religion d’Etat, le Qatar cristallise ces deux malaises.

Source : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orient/le-qatar-a-besoin-de-s-afficher-pour-exister_1248994.html

Syrie: une résolution onusienne soutenant la rébellion… Des condamnations

Comme d’habitude, la communauté internationale pratique à son gré la politique de la carotte et du bâton. L’Assemblée générale de l’ONU a condamné mercredi «l’escalade des attaques menées par le régime syrien» et a reconnu l’opposition comme «un interlocuteur représentatif»!

Dans une résolution adoptée par 107 voix pour, 12 contre, dont la Russie, et 59 abstentions, incluant le Liban, sur les 193 membres de l’ONU, l’Assemblée «se félicite de la création de la Coalition nationale de l’opposition» et la qualifie «d’interlocuteur effectif et représentatif nécessaire à une transition politique».

Elle «note» que la Coalition bénéficie d’une «large reconnaissance internationale» mais ne va pas jusqu’à la présenter comme seul représentant légitime, comme l’ont fait les pays de la Ligue arabe.

Cette résolution non contraignante, préparée notamment par le Qatar, principal soutien de la rébellion syrienne, «condamne l’escalade continue des attaques de l’armée syrienne» et ses «violations flagrantes et systématiques» des droits de l’homme, ignorant les actes terroristes des rebelles.

Dimanche dernier, une vidéo violente a été postée sur Internet montrant un rebelle en train de manger le cœur d’un soldat syrien. Une barbarie choquante qui n’était pas même mentionnée dans ce texte!

Cette résolution de sept pages appelle à participer à une «transition politique» basée sur la déclaration de Genève du 30 juin 2012, qui prévoit un gouvernement de transition.

Concernant les voix, la Russie a voté contre, de même que la Chine, l’Iran, Cuba, la Corée du Nord et le Nicaragua. Le Liban, l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay, l’Inde, l’Indonésie et plusieurs pays africains (Afrique du Sud, Togo, Guinée) se sont abstenus.

Selon l’ambassadeur libanais auprès des Nations Unies, Nawaf Salam, l’abstention du Liban vient «conformément à la politique de dissociation», adoptée par le Liban depuis le début du conflit en Syrie il y a deux ans, «pour préserver l’unité et la stabilité de notre pays».

La Russie: une résolution «partiale»

Le représentant russe Alexander Pankin a vivement critiqué une résolution «partiale», affirmant qu’elle allait «encourager l’opposition à continuer de se battre» et compromettre les efforts américano-russes pour organiser une conférence internationale.

«Cette résolution sur la Syrie est irresponsable et non constructive. Elle aggrave la situation en Syrie et entrave les efforts internationaux pour mettre en œuvre la déclaration de Genève», a-t-il martelé, dans une allocution devant l’Assemblée générale des Nations Unies.

Pankin a ajouté que les auteurs de cette résolution n’avaient pas tenté d’examiner les moyens de résoudre politiquement le conflit en Syrie et ont ignoré non seulement la situation intérieure dans ce pays mais celle dans les pays voisins.

«Nous n’acceptons point l’adoption de la Coalition nationale des forces de l’opposition comme seule représentante légitime du peuple syrien», a-t-il souligné.

Il a indiqué que l’acceptation des résolutions adoptées par le sommet arabe à Doha en mai dernier «signifie la légalisation de l’armement des opposants».

Jaafari: une résolution qui aggrave la situation en Syrie

Pour sa part, l’ambassadeur syrien, Bachar Jaafari, a accusé «certains promoteurs du texte de ne pas vouloir un règlement du conflit mais un changement de régime» à Damas.

Il a affirmé que ce texte «vise à attiser la situation en Syrie et se contredit avec l’objectif noble représenté par l’interdiction de la provocation des conflits armés».

Dans une allocution devant l’Assemblée générale des Nations Unies lors d’une séance consacrée au débat sur le projet de résolution relatif à la Syrie, M. Jaafari a estimé que ce projet est un «antécédent très grave dans les relations internationales» et vise à «légaliser l’octroi d’armes aux groupes terroristes» en Syrie et à «reconnaitre une partie donnée de l’opposition extérieure» sous prétexte qu’elle est «la représentante légitime du peuple syrien», soulignant que cette partie «qui est en divergence et n’a aucun président, ne représente même pas les courants de l’opposition ni à l’intérieur ni ailleurs».

Le représentant syrien a évoqué le rôle dévastateur de la Ligue arabe, conduite par le Qatar, l’Arabie Saoudite et le nouveau membre, la Turquie, contre la Syrie, ajoutant que cette Ligue avait «accordé la légalité à la fourniture d’armes aux terroristes».

M. Jaafari a indiqué que ce projet de résolution n’avait pas «mentionné le mot de terrorisme».

«Les crimes barbares et les actes d’enlèvement, d’assassinat et de sabotage des lieux saints par les terroristes sont un exemple de ce qu’affronte la Syrie», a-t-il précisé.

Et de souligner: «Le gouvernement est sérieux et sincère dans la question du dialogue national global sous une direction syrienne avec les différentes composantes de la société syrienne et les forces politiques, y compris toutes les forces de l’opposition nationale intérieure et extérieure et les hommes armés qui reviennent à la raison et déposent l’arme».

«La vraie solution de la crise en Syrie ne sera que syrienne par excellence et sous la direction des Syriens eux-mêmes», a-t-il poursuivi.

M. Jaafari a abordé la profondeur de la corruption dans certains bureaux de cette organisation onusienne, soulignant qu’il y avait un courriel qui a été envoyé par l’ambassadeur de la Coalition au Qatar aux hauts responsables de ce secrétariat général. «Cet ambassadeur a donné les instructions au groupe terroriste surnommé « la Brigade des martyrs d’al-Yarmouk » pour kidnapper les éléments de la brigade philippine opérant dans le cadre de la FNUOD au Golan occupé», a-t-il révélé.

Il a précisé que l’ambassadeur de la Coalition à Doha avait géré le processus de négociation avec les ravisseurs des éléments de la brigade philippine au Golan occupé.

Source: Agences, édité par: moqawama.org

http://french.moqawama.org/essaydetails.php?eid=9449&cid=287

La Syrie envahi par des étrangers des quatre coins du monde

La Syrie est devenue un fourre-tout, un terrain d’expérimentation

Plus de deux ans après le début des « évènements de Syrie », ce beau pays est aujourd’hui dévasté,ravagé et rien ne sera plus comme avant. Les Syriens ont vu leur pays être envahi par des étrangers des quatre coins du monde.
 
Ici un article qui nous apprend que des combattants et combattantes néerlandais pour participer au djihad…Une source de la Sûreté d’Etat belge affirmait qu’au moins 70 ressortissants belges parmi lesquels des anciens de Shariah4Belgium se battaient aux côtés des rebelles et malgré des mesures, leur nombre serait sans cesse enaugmentation . 800 Tunisiens seraient aussi de la partie.Mieux, Les membres des groupes clandestins d’Al-Qaïda recherchés par l’Arabie saoudite, se battent avec les rebelles syriens. Le nombre de militants saoudiens s’étant infiltrés en Syrie dépasse et ayant été emprisonnés par les Syriens monte à 500 volontaires dont environ 300 mercenaires.
 
Selon le directeur du Service fédéral russe de contrôle des stupéfiants (FSKN) Viktor Ivanovjusqu’à 20.000 mercenaires opérant en Syrie sont financés avec l’argent provenant du trafic de drogue afghane.Récemment, le ministre allemand de l’intérieur, des djihadistes allemands combattraient en Syrie et d’après le coordinateur européen de la lutte contre le terrorisme Gilles de Kerchove, près 500 islamistes radicaux citoyens de l’UE combattent sur le sol syrien contre le régime de Damas.
 
Plusieurs enquêtes ont été diligentéesconcernant les filières de recrutement des djihadistes en Syrie.
Des sources concordantes affirment que le Qatar monnaie le «recrutement» des brigades de djihadistes étrangers. On parle même de cours pouvant aller jusqu’à 2000 euros par tête de combattant.Lesquels réseaux puisent essentiellement en Arabie, Libye et Tunisie.Selon le ministre syrien de l’information, les groupes armés qui mènent des combats sur le sol syrien sont composés à 80% de mercenaires étrangers venus de 29 pays du monde.
Cette guerre est-elle encore celle du peuple syrien contre le dictateur Bachar el-Assad ? Quel pays accepterait de voir des mercenaires, payés par un pays étranger, faire une guerre qui n’est pas la leur ?
 

K. Habib : Attentat en Turquie : pourquoi Damas et pas d’autres commanditaires ?

Kharroubi Habib – Le Quotidien d’Oran

Ankara a réagi au triple attentat à la voiture piégée commis samedi dans la petite ville turque de Reyhanli proche de la frontière avec la Syrie en l’attribuant à des auteurs « appartenant à des organisations liées au régime de Damas ». Ce qui sans être impossible demande toutefois à être prouvé car d’autres pistes peuvent en étant explorées mener à attribuer la responsabilité de cet attentat à d’autres commanditaires que le régime de Bachar El-Assad.

Elles s’ouvrent et s’imposent dès lors que l’ont considère que Damas n’a rien à gagner en provoquant de façon si brutale la Turquie voisine dont les autorités acharnées à vouloir la chute du régime d’El-Assad sont à la recherche du prétexte qui légitimerait l’intervention militaire directe de la Turquie dans le conflit. Elle n’en a rien à gagner alors que l’accord russo-américain de la semaine dernière a ouvert la voie à la possibilité d’une solution politique négociée comme règlement du conflit syrien. A cela s’ajoute que l’on voit mal pour qu’elle raison Damas aurait commandité un attentat de cette ampleur dans une ville turque où la population est d’obédience alaouite et manifestant à ce titre sympathie et solidarité avec le régime de Bachar El-Assad.

D’autres parties ont par contre tout à gagner en faisant prévaloir la thèse de la responsabilité du régime de Damas, qui sont toutes celles qui veulent voir capoter la solution politique envisagée par l’accord de Moscou et pour lesquelles une confrontation armée entre l’armée turque et syrienne est susceptible d’y aboutir inévitablement. Il y a bien évidemment les « faucons » turcs partisans de la manière forte et radicale à l’égard du régime syrien qui sachant Erdogan acquis à leur point de vue ont pu penser qu’un attentat aveugle se produisant en territoire turc et imputé à des affidés de Damas lui offrirait le prétexte à ordonner l’engagement militaire direct du pays dans le conflit.

L’opposition armée syrienne elle aussi réclame à la Turquie une implication militaire de grande envergure qui en mettant en difficulté l’armée légale syrienne pourrait lui faire envisager de prendre le dessus sur celle-ci et entraîner la chute du régime et de ce fait rendre caduque la solution politique dont la perspective a été acquise par l’entente russo-américaine sur le conflit syrien.

Dans cet inventaire des commanditaires possibles du triple attentat, les services israéliens ne sont pas à écarter. L’Etat sioniste ne serait pas fâché que la Turquie intervient en Syrie, action qu’il sait ne pouvoir entreprendre lui-même sans provoquer d’énormes et incontrôlables réactions régionales et internationales. Le dénouement du conflit syrien par l’engagement turc direct l’arrange au sens où Ankara bien que son gouvernement soit d’obédience « islamiste » favoriserait alors l’instauration d’un nouveau régime syrien excluant les rebelles salafistes affiliés à El-Qaïda. A ne pas exclure non plus ces derniers que le Qatar ou l’Arabie Saoudite ont pu également instrumentaliser à commettre l’attentat pour créer une situation qui rendrait irrémédiablement impossible la solution négociée.

La liste évidemment ne se limite pas à ces possibles parties, tant les enjeux du conflit syrien concernent un éventail d’intéressés plus large que ceux cités. Nous avons écrit après l’accord russo-américain que la période allant de la rencontre de Moscou à la tenue éventuelle de la réunion internationale sur la Syrie avant la fin du mois de mai comme envisagée par Lavrov et Kerry allait être cruciale car tous les camps impliqués dans le conflit tenteront par tous les moyens d’en profiter pour faire prévaloir les desseins qu’ils poursuivent à travers celui-ci. L’attentat de Reyhanli confirme tragiquement la véracité de ce point de vue.

http://www.info-palestine.net/spip.php?article13522

Syrie : guerre par procuration _ Ludo De Brabander

Le conflit en Syrie n’est pas une simple affaire intérieure, c’est aussi une guerre « par procuration », une guerre où des acteurs internationaux luttent pour leurs intérêts par l’intermédiaire de groupes armés locaux ou de l’armée gouvernementale. Un des aspects les plus importants est l’extraction et le transport de gaz depuis le gisement South Pars (dénomination iranienne)/North Dome (dénomination qatarie) dans le Golfe Persique, champ gazier que le Qatar et l’Iran se partagent avec pour enjeu le marché européen.

 

 

Fin 2011, l’Iran a conclu un accord avec la Syrie et l’Irak pour la construction d’un gazoduc. Mais en raison de l’embargo économico-financier de l’Europe et des Etats-Unis suite au supposé programme d’armement nucléaire iranien, le pays ne peut actuellement explorer le gisement ni extraire le gaz, faute de moyens. Il faudrait pour cela quelque 50 milliards de dollars.


Quant au Qatar, il cherche depuis 2008 une voie terrestre alternative pour transporter le gaz naturel liquide (LNG) depuis le North Dome. Actuellement, le Qatar achemine le LNG par navires-citernes via le Golfe Persique, mais la possibilité d’un conflit militaire entre Israël, les Etats-Unis et l’Iran met sérieusement cette voie en péril.


L’Iran a déjà menacé de fermer le Détroit d’Hormuz en cas d’escalade. Le Qatar préférerait donc acheminer le gaz par gazoduc via l’Arabie Saoudite, la Jordanie et la Syrie à destination du marché européen. Cela permettrait aussi un raccordement au trajet Nabucco (gaz de la Mer Caspienne via la Turquie vers l’Europe), comme le souhaite la Turquie qui veut de plus en plus se manifester comme carrefour de gazoducs de transport, mais aussi de distribution en Turquie même.


Ce trajet en reste au stade de chimère tant que le régime actuel est au pouvoir à Damas. Le Qatar vise un changement de régime et il arme notamment les brigades armées qui sont liées aux Frères Musulmans, non sans l’appui de la Turquie et de la Jordanie.


En Europe on voudrait se libérer d’une grande dépendance au gaz russe. Dès lors, le LNG qatari est plus que bienvenu. Le soutien que des pays comme la France et la Grande-Bretagne accordent ou veulent accorder à l’opposition et à l’Armée Syrienne Libre – notamment par la levée partielle de l’embargo européen sur les armes – peut aussi être vu en fonction de leur intérêt pour les investissements qataris.


Outre ses investissements actuels notamment dans les médias, le sport et les entreprises d’utilité publique (France, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie…), le Qatar prévoit encore 13 milliards de dollars d’investissements en Europe. Depuis que l’émir Hamad ben Khalifa al-Thani a enlevé le pouvoir à son père en 1995, il mène une politique visant à diminuer à terme la dépendance vis-à-vis des ressources naturelles en en réinvestissant les revenus dans divers secteurs dans le monde entier.


La Russie, qui dispose d’une base maritime militaire à Tartous sur la côte syrienne, jette un œil envieux aux ambitions qataries et iraniennes concernant le gaz naturel en Europe, parce qu’elles menacent la position russe de fournisseur principal. Les Russes n’ont rien à craindre pour le moment de l’Iran – grâce au conflit avec l’Occident et Israël. Mais si le régime syrien est remplacé par un gouvernement composé de Frères Musulmans, cela donnerait toutes ses chances au projet de gazoduc qatari.


Pour les Américains il est donc acquis que la disparition du président syrien Bachar el-Assad ferait perdre un allié à la Russie et leur permettrait de continuer à étendre leur influence dans cette région stratégique.


Si un gouvernement pro-américain remplaçait l’actuel gouvernement, cela signifierait d’emblée une rupture dans « l’alliance chiite », qui affaiblirait sérieusement l’Iran et le Hezbollah libanais – ennemis des Etats-Unis et d’Israël.


Le Qatar et les Etats-Unis partagent des intérêts réciproques. Le quartier général militaire étasunien du Central Command (CENTCOM) est établi dans la capitale, Doha, ce qui leur permet de contrôler le Golfe Persique. Pour le Qatar, la présence étasunienne représente des garanties supplémentaires en cas de conflit ouvert avec l’Iran.



Source : De Wereld Morgen

Traduit en français par Anne Meert pour Investig’Action.

http://www.michelcollon.info/Syrie-guerre-par-procuration.html

Un article d’Ahmed Manai Octroi du siège de la Syrie à une organisation fantoche

12 avril 2013

Octroi du siège de la Syrie à une organisation fantoche !

« La Ligue des Etats de moins en moins arabes », n’en finit pas de se discréditer. Sa folle course vers l’abîme avait commencé par sa décision illégale et injustifiée du 12 novembre 2011 d‘exclure provisoirement la Syrie, membre fondateur. Elle a continué quelques semaines plus tard, quand, pour la première fois dans sa longue histoire, elle avait pris l’initiative d’envoyer une mission d’observation en Syrie pour l’aider à résoudre sa crise politique et que constatant que le rapport préliminaire (1) qui en était sorti, ne coïncidait pas avec les visées belliqueuses de certains de ses membres, elle entreprît alors d’enterrer le rapport de ses propres experts, et de porter l’affaire syrienne devant le Conseil de Sécurité, afin de justifier une intervention Occidentale en Syrie. Son échec et celui de ses donneurs d’ordre devant le double véto Russo-chinois, ne l’ont pas empêché de continuer son œuvre destructrice et incendiaire privilégiant une solution militaire à la crise syrienne.

C’est ainsi, qu’au cours des quinze derniers mois, certains de ses membres influents, mais en réalité insignifiants, alliés aux turcs, et aux puissances occidentales, ont armé, entraîné, financé et soutenu par tous les moyens illégaux, des bandes armées recrutées dans divers pays, pour semer la mort et la désolation dans tout le pays, sapant ainsi définitivement la mission de Lakhdar Ibrahimi, envoyé spécial de l’ONU et de ladite ligue.

La ligue des Etats de moins en moins arabes, vient d’annoncer sa faillite, en procédant le 27 mars 2013, lors de son sommet annuel à Doha, à l’octroi du siège de la Syrie, Etat fondateur, à une organisation illégitime, créée de toutes pièces par des pays colonialistes qui ont nommé sa direction parmi leurs propres citoyens, américains et d’autres nationalités, sans lien aucun avec la Syrie et son peuple, et ce en violation flagrante de sa propre Charte et des conventions internationales. La ligue s’est ainsi exclue de tout rôle futur dans la solution de la crise et s’est classée définitivement dans le camp ennemi de la Syrie, de la nation arabe et de la paix.

Face à cette situation inédite créée par la Ligue des Etats de moins en moins arabes et de plus en plus sionistes, l’Institut Tunisien des Relations Internationales (ITRI), qui a milité depuis sa fondation, le 20 Mars 1998, date anniversaire de l’indépendance de la Tunisie, pour la démocratie, le respect des droits humains, l’émancipation des peuples, leur indépendance, leur dignité et leur souveraineté et contre toute ingérence étrangère dans leurs affaires internes, :

1- Dénonce avec la plus grande énergie, la décision illégale et illégitime de la Ligue d’octroyer le siège de l’Etat Syrien, cofondateur de cette organisation, à une entité fantoche, dirigée par des individus en rupture avec la Syrie et son peuple et engagée depuis de nombreux mois dans une œuvre de destruction méthodique du pays et de sa société, ce que ne feraient jamais de véritables patriotes syriens..

2- Condamne avec force, la mainmise du Cheikhat du Qatar, sur cette organisation et sur ses membres les plus fragiles, en usant du chantage et de la menace.

3- Assure la Syrie, Son Grand Peuple, sa valeureuse armée, sa direction politique et son opposition nationale, démocratique et pacifique, de son soutien indéfectible dans la voie qu’ils ont choisie pour résoudre la crise politique par la négociation et sous le seul drapeau syrien et en Syrie.

4- Salue les pays membres qui ont réussi à résister aux pressions du Qatar et de ses alliés et à exprimer leurs réserves quant à ces décisions illégales qui ôtent définitivement toute légitimité à cette organisation fantoche ; ainsi que tous les pays et toutes les organisations arabes et internationales qui ont soutenu la Syrie et appelé à une solution politique de sa crise.

5- Condamne la position de soumission prise par les dirigeants provisoires de la Tunisie par rapport à l’ensemble du dossier syrien, au sein de la ligue et dans les instances régionales et internationales, dénonce leur laxisme par rapport aux terroristes tunisiens qui s’engagent dans les combats en Syrie et les prévient des graves conséquences qui résulteraient de leur éventuelle décision de céder le siège de l’ambassade de la Syrie en Tunisie à une organisation terroriste.

6- Appelle les citoyens arabes, de tous pays et de tous horizons politiques, à militer et soutenir le projet de fondation d’une Ligue de la Nation arabe, représentative des peuples et porteuse de leurs projets de liberté, de démocratie, d’émancipation et d’indépendance.

Ahmed Manai – Membre de la mission de la ligue arabe en Syrie
Président Institut Tunisien des Relations Internationales (ITRI)
Tunis, le 08-04-2013

(1) http://tunisitri.wordpress.com/2012/01/30/le-rapport-de-la-mission-des-observateurs-arabes-en-syrie/

http://www.silviacattori.net/article4358.html