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Pourquoi la marche arrière d’Obama, en Syrie? Brezinski répond…

 

IRIB- Obama a rejeté, d’emblée, l’idée d’une intervention militaire contre la Syrie,
même s’il s’avérerait que le régime syrien a eu, effectivement, recours aux substances chimiques. « Les Etats Unis n’ont aucun scénario, pour  déclencher une intervention militaire directe, en Syrie, bien qu’aucune option ne soit à écarter, mais tout dépendra de la situation », a dit Obama. Ce recul pourrait être venu en écho à une sévère mise en garde de la Russie, qui, par la voix de son ministre des A.E, a fait savoir son hostilité à toute instrumentalisation de l’emploi de l’arme chimique, en Syrie, pour déclencher une guerre .. mais les réticences contre un scénario belliciste se manifestent même, aux Etats Unis. L’ex-conseiller de la Maison Blanche pour la sécurité, Brezinski, vient, ainsi, critiquer cette « foutue notion de ligne rouge », définie par Obama, autour de l’usage de l’arme chimique, en Syrie. Au cours d’un entretien avec Bloomberg, à paraitre, prochainement, Brezinsk affirme : « définir une ligne rouge, pour Damas, et son éventuel usage d’armes chimiques, a été une démarche irréfléchie ». Sur la question de la livraison d’armes aux rebelles, l’ex-conseiller est, non plus, pas trop d’accord avec Obama : « là aussi, je crois qu’il est temps que nous reculions un peu » ! Mais pourquoi cette double désapprobation ? Brezinski répond : « Le fait que le régime syrien utilise l’arme chimique contre 2 , 5 , 100 ou des milliers de personnes ne change rien au fond du problème. Le fait que ce régime l’utilise, via des attaques, à partir du sol syrien ou depuis l’étranger, non plus, ne peut changer la nature du problème. Ces variations n’aident pas à votre prise de décision et je crois que le Président Obama a agi plutôt de manière hâtive, en définissant l’usage de l’arme chimique comme une lignhe rouge ». Brezinski s’interroge, aussi, sur les rebelles à qui les Etats Unis veulent envoyer des armes létales. « Mais de quels types de rebelles s’agit-il? Qui dirige la rébellion, en Syrie; actuellement? Je crois que ces rebelles appartiennent à des groupes divers. Certains sont soutenus par le Qatar et l’Arabie saoudite, ce sont, pour certains, des Sunnites? qui veulent un Etat sunnite, et là, vous pouvez, aussi, trouver des Salafistes extrémistes et fanatiques ou même des Qaïdistes. Dans cet imbroglio, il est difficile de trouver « des rebelles », qui nous conviennent. Les Syriens démocratisants, qui vivent, d’ailleurs, pour beaucoup, aux Etats Unis, et qui sont très sympathiques, et sur qui nous pouvons compter, ne viennent qu’en troisième position. « …. Donc, que faire? « Les Etats Unis devront préserver à un certain degré, leur influence, mais ils ne doivent pas s’ingérer, au point d’être consiédérés, comme l’un des principaux protagonistes de cette crise ou des crises, qui secouent le Moyen-Orient, car si la Syrie explose, tous les pays de la région exploseront ». Brezinski est réticent à l’idée d’une intervention armée, en Syrie : « A quoi nous mènera le fait d’intervenir, en Syrie? Si elle donne lieu à l’arrivée au pouvoir des Salafistes, qu’en sera le résultat? C’est une option trop risquée, vues les répercussions que cela aura sur le Liban, les Kurdes , la Jordanie ».

Peuples d’Orient et d’Occident sont d’accord: il ne faut pas armer les forces qui combattent le régime syrien!

Via Angry Arab à qui je reprocherai cependant (amicalement) de ne pas avoir mis le lien direct vers les tableaux de résultats de cette enquête d’opinion qui a été conduite par le Pew Research Center dans un certain nombre de pays du « Moyen Orient », un Moyen orient qui inclut la Tunisie qui appartient à l’Occident musulman comme on le sait. 

Le présent sondage porte sur les événements en cours en Syrie et il a été réalisé par le PEW Research Center qui se présente comme un organisme non partisan de collecte de faits pour informer l’opinion sur les problèmes, les attitudes et les tendances qui façonnent l’Amérique et le monde. Le Pew Research Center

 fait des enquêtes d’opinion, de la recherche en démographie, de l’analyse des médias et d’autres études empiriques dans le domaine des sciences sociales. Pew Research ne prend pas de positions politiques. Il est une division de The Pew Charitable Trusts.

L’analyse de ce sondage titre sur la crainte des peuples du Moyen Orient d’un élargissement du conflit syrien aux pays voisins.

Les résultats saillants sont synthétisés dans plusieurs tableaux de chiffres.

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Ce premier tableau nous montre que tous les peuples de la région sont préoccupés voire très préoccupés par le risque que la violence en Syrie déborde dans leur propre pays. Les moins inquiets étant les Turcs avec 25 % seulement de personnes très inquiètes contre 46 % en Jordanie et 68 % au Liban où l’inquiétude est la plus forte parmi les Chrétiens.

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.Cette inquiétude d’un débordement de la violence dans les pays voisins de la Syrie est partagée par la majorité des personnes interrogées quelque soit le pays et atteint même les 89 % en Tunisie, ce qui est quand même un signe de l’impact politique et psychologique de la situation dans ce pays somme toute lointain (mais où de nombreux Tunisiens sont engagés dans les combats contre le gouvernement).

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On a demandé ici aux sondés s’ils étaient favorables ou s’ils étaient contre la fourniture d’armes et d’équipements militaires par les pays occidentaux aux milices d’opposition en Syrie.

A l’exception des Jordaniens, les citoyens des pays voisins de la Syrie ne veulent pas que l’occident équipe les forces de l’opposition syrienne en matériel militaire. Ce refus est le plus marqué au Liban où il est majoritaire dans les trois grandes communautés confessionnelles, même si elle est nettement moins forte chez les Sunnites que chez les Chrétiens et surtout les Chiites. Cette opposition est très nettement majoritaire également en Turquie, un pays dont on sait pourtant qu’il est une base logistique et de repli pour l’opposition syrienne.

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Cette opposition à une assistance matérielle occidentale pour les milices syriennes antigouvernementales s’observe aussi pour le même type d’aide en provenance de pays arabes. Moins marquée, elle demeure cependant majoritaire partout, sauf en Jordanie. Les Turcs se distinguent ici par leur constance puisqu’ils ne font pas de distinguo entre l’aide occidentale et l’aide arabe (sans doute parce qu’ils ne sont pas arabes).

On soulignera que ce refus arabe et turc d’une assistance militaire aux milices de l’opposition syrienne n’est pas associé à un soutien au régime syrien puisqu’il apparaît dans un autre tableau de chiffres que le président Assad n’est guère populaire dans les pays concernés par le sondage: 72 % d’opinions défavorables en Turquie, 81 % en Tunisie et en Egypte par exemple.

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Le Liban fait en quelque sorte exception avec 59 % d’opinions défavorables « seulement », un résultat dû à la quasi unanimité de la communauté chiite avec 91 % de sondés en faveur d’Assad ainsi qu’à ses 36 % d’opinions favorables dans la communauté chrétienne.

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Fait intéressant, les citoyens de la France, de l’Allemagne mais aussi de la Grande Bretagne et des Etats Unis sont majoritairement opposés à la livraison de matériel militaire par leur pays en faveur de l’opposition armée en Syrie. On constate ainsi que 82 % des Allemands sont opposés à de telles livraisons tout comme 69 % des Français et 64 % des Américains!

http://mounadil.wordpress.com/2013/05/01/peuples-dorient-et-doccident-sont-daccord-il-ne-faut-pas-armer-les-forces-qui-combattent-le-regime-syrien/