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Syrie : La bataille de Qousseir, un tournant dans la guerre ?

Dans cette ville stratégique pour les livraisons d’armes aux rebelles en provenance du Liban, l’implication du mouvement chiite libanais Hezbollah pourrait servir à convaincre l’opposition que l’option armée est une impasse.

Les combats qui se déroulent dans la ville de Qousseir et ses alentours pourraient représenter un tournant dans la crise syrienne. Et pas seulement militairement. Certes, il s’agit d’une localité stratégique du centre de la Syrie. Comme le fait remarquer Bassam Abou Abdallah, directeur du Centre de Damas pour les études stratégiques : « Qousseir était la route d’approvisionnement la plus dangereuse pour le régime en raison de sa localisation au centre du pays et sa proximité avec le Liban. Sa prise portera un coup très dur, notamment aux rebelles. » En ce sens, une victoire de l’armée régulière aurait un impact psychologique non négligeable pour la troupe en même temps qu’elle pourrait regagner la confiance d’une partie de la population. Non pas que celle-ci se mette à adouber le régime toujours en place. Mais les signes sont de plus en plus fréquents d’une rupture entre les habitants et les groupes islamiques armés qui veulent imposer leur loi (lire l’encadré).

Ce qui est particulièrement nouveau, et donc politiquement très important, est la reconnaissance par le mouvement chiite libanais Hezbollah de son implication dans les combats sur le sol syrien. Al Manar, la télévision du Hezbollah, a diffusé des images montrant des centaines de personnes participant, lundi, aux funérailles de cinq membres du mouvement chiite « qui accomplissaient le devoir de djihad ». La télévision n’a pas précisé où ils avaient été tués, mais une source proche du mouvement dirigé par Hassan Nasrallah a révélé à l’AFP que la majorité de ses morts (on parle de plus de trente tués) l’avaient été par des engins piégés posés par les insurgés pour freiner l’avance du Hezbollah. Cette même source a précisé que de nouvelles troupes avaient été dépêchées pour combattre à Qousseir.

Un engagement qui pourrait évidemment changer la donne quand on connaît la puissance combattante de ce groupe. Pour Waddah Charara, professeur de sociologie à l’université libanaise, le Hezbollah libanais est impliqué dans « la bataille, car cette ville est la porte par laquelle passent les hommes et l’armement vers le nord du Liban et du nord du Liban vers la Syrie ». Or, explique l’auteur de l’État Hezbollah, « Tripoli est un bastion de l’opposition sunnite au Liban et en fermant cette porte il affaiblit ses principaux adversaires libanais, d’où l’importance de la prise de la ville ».

En vue de la conférence de Genève

Cependant, pour Bassam Abou Abdallah, l’opération militaire s’inscrit en vue de la conférence internationale prévue en juin à Genève. « Elle vise à convaincre les autres parties (l’opposition et les rebelles) que l’option militaire ne pourra pas réussir. » De son côté, le quotidien syrien Al-Watan, considéré comme proche du pouvoir, titrait en une : « Le drapeau syrien hissé sur les bâtiments gouvernementaux à Qousseir, la Turquie enflamme le front nord d’Alep avant la conférence internationale ».

On comprend mieux pourquoi, à la demande du Royaume-Uni, l’Union européenne envisage de mettre la branche armée du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes. Pour sa part, le président américain, Barack Obama, a exprimé auprès du président du Liban, Michel Sleimane, ses inquiétudes sur la présence du Hezbollah en Syrie. Quant au premier ministre turc, Erdogan, 
il a dénoncé, sans rire, 
« l’intervention étrangère » du Hezbollah en Syrie !

Enlèvements et meurtres islamistes  L’avocat Abdoullah Al Khalil, militant des droits de l’homme, qui se trouve à la tête du conseil municipal de Raqa, a été enlevé, dimanche, par un groupe armé, alors qu’il quittait les locaux du conseil municipal. Les troupes du régime ne sont pas entrées depuis mars dans Raqa, première et seule capitale provinciale à être tombée aux mains des rebelles depuis le début de la révolte populaire contre le président Bachar Al Assad, en mars 2011. Un militant à Raqa a accusé des islamistes radicaux, refusant de se retirer de secteurs résidentiels de la ville, d’être derrière le rapt, « quelques jours avant de nouvelles élections du conseil municipal ». Il a précisé que plusieurs autres personnalités locales avaient été enlevées ou tuées récemment dans le secteur. « Auparavant, les gens aimaient (les groupes rebelles islamistes) Ahrar al-Sham et al-Nosra. (Mais) maintenant, ils nous volent notre pays », a-t-il dénoncé, en faisant par ailleurs état de tensions et de rivalités entre ces groupes.

Pierre Barbancey

http://www.humanite.fr/monde/la-bataille-de-qousseir-un-tournant-dans-la-guerre-541990

Qusseir : Comment l’armée syrienne aide-elle les civils à fuir?

 

IRIB- Alors que les terroristes assiégés à Qousseir cherchent  à utiliser les civils comme bouclier humain, l’armée arabe syrienne, elle, s’efforce de les éloigner des zones de combats.
Quelque 42000 Syriens vivent à Qousseir, ville située à 15 kilomètres des frontières avec le Liban .C’est une ville transformée depuis un an en une véritable base pour les terroristes salafo6wahhabites d’Al6Nosra. Une dizaine de villages dans la banlieue de Qousseir ont été  « nettoyés » de la présence des terroristes  ces trois derniers jours, ce qui constitue un exploit selon les experts militaires. Les terroristes d’Al6Nosra déguisés en femme fuient la ville mais les habitants de celle-ci préfèrent rester. Selon le journaliste de l’agence de presse iranienne Fars , seuls 10% de la population de Qousseir l’ont quittée car les terroristes prennent désormais refuge dans les villages d’alentours où ils sèment l’insécurité. Un intense trafic d’armes en provenace du Liban se poursuit en direction de ces mêmes villages. Comment faire alors pour sauver la vie des populations civiles de Qousseir qu’Al6Nosra utilise ouvertement comme bouclier humain ? Les soldats de l’armée arabe syrienne combattent les terroristes positionnés non loin des axes de communication reliant Qousseir aux villages voisins. C’est seulement à ce prix qu’ils peuvent sécuriser les routes et les autoroutes et aider ainsi au départ des populations civiles. A l’ouest de Qousseir, les routes sont sécurisées et outre les habitants de la ville, les rebelles ayant déposé leurs armes quittent en ce moment la ville. Quant aux habitants des localités du nord de Qousseir, l’armée syrienne a réussi à évacuer 40% de la population en sécurisant les points de passages et les  voies de sortie mais les Nosratistes ont pris en otage de nombreux syriens , des femmes et des enfants pour les utiliser comme bouclier humain. Le pire est craint pour les habitants du nord de Qousseir composée en partie de chrétiens.

Guerre d’usure au Golan

En d’autres termes, après plus de deux de bouleversements, de troubles et de conflits affectant la région connue sous l’acronyme US de MENA (Middle-East and North Africa), le plan de remodelage de cette région centrale du monde a débouché sur une véritable guerre d’usure entre la Syrie et Israël autour du plateau stratégique du Golan, occupé et annexé par Israël.

Rupture d’un statu quo vieux de 38 ans. Et retour à une situation similaire à celle qui prévalait au Levant en 1974. Un an à peine après la fin de la quatrième guerre israélo-arabe d’octobre 1973.

L’état-major de l’armée syrienne de l’époque ne voulait pas s’avouer vaincu. Déçus par ce qu’ils considèrent jusqu’à aujourd’hui par le jeu trouble de l’Egypte de Sadate, voir sa trahison (les généraux syriens se battaient avec acharnement pour gagner et non pas pour négocier comme l’ont fait les égyptiens dixit Daoud Rajha, l’ex-ministre syrien de la Défense, assassiné le 18 juillet 2012), les syriens s’engageront alors dans une guerre d’usure contre Israël avec l’appui de l’Union soviétique et de pays alliés comme Cuba. Cette guerre ne dura cependant pas et les deux pays cessèrent les hostilités tout en restant techniquement en guerre jusqu’à aujourd’hui.

La concentration des forces israéliennes près des frontières avec le Liban et la Syrie (ce que Tel-Aviv appelle le front Nord) a précédé de peu le Printemps arabe et a été perçue comme une volonté de revanche sur le Hezbollah libanais avec lequel Israël a eu maille à partir en juillet 2006. En réalité, les stratèges israéliens préparaient depuis longtemps une guerre avec l’Iran et dans cette optique, il fallait isoler Téhéran de ces deux principaux alliés au Levant: la Syrie et le Hezbollah. La Syrie a été considérée comme le maillon faible de cet axe qui ne dit pas son nom.

Pour rappel, la Syrie a évité d’extrême justesse d’être envahie par les forces américaines qui venaient juste de prendre Bagdad d’assaut en 2003. Ce pays a toujours été dans le collimateur des néoconservateurs US et des innombrables lobbies de soutien à Israël aux Etats-Unis d’Amérique et en Europe, notamment en France depuis la présidence de Sarkozy.

En Péninsule arabique, le régime de Damas est honni pour des raisons confessionnelles. Les origines Alouites de la famille du président Al-Assad et son alliance avec l’Iran « chiite » sont perçues comme une menace suprême qu’il faut éradiquer.

Après avoir évité une démocratisation aéroportée à l’irakienne en 2004, La Syrie participe activement à la guerre de juillet 2006 entre le Hezbollah et Israël, au cours de laquelle le Hezbollah parvient à détruire des chars Mirkava de l’arme blindée israélienne et à atteindre des cibles sensibles en profondeur avec ses roquettes et missiles. Auparavant, la Syrie avait fait face à une formidable campagne de dénigrement et des pressions croissantes pour qu’elle retire ses forces du Liban où elles sont intervenues dès 1976. L’assassinat en 2004 de l’ex-premier ministre libanais Rafik Al-Hariri dans un supposé attentat à la bombe, mais plus probablement suite à une frappe de drone (thèse jamais vérifiée) en fut l’élément déclencheur.

Des tractations secrètes entre Damas et Israël ont lieu via plusieurs intermédiaires, notamment le grand ami turc qui allait se révéler un peu plus tard comme le plus acharné des ennemis de la Syrie. On exige de Damas de renoncer à son « partenariat stratégique » avec la république islamique d’Iran et de cesser son soutien au Hezbollah. Le Qatar a également mené trois médiations dans ce sens. Non sans des incitations financières et des opportunités d’ouverture diplomatiques assez importantes. Le Président Bachar Al-Assad est alors invité par Sarkozy à une cérémonie du 14 juillet à Paris.

En vain.

Le discours d’Obama au Caire en 2009 laisse entrevoir un changement radical de la politique étrangère US dans le monde musulman. C’était plutôt le signal de l’adoption d’une nouvelle approche. Les guerre d’Afghanistan et d’Irak ont ruiné les Etats-Unis et profondément nui à l’économie des pays de L’OCDE.
A l’approche du « Nous allons vous ramener à l’âge de pierre (à coups de bombes et de daisy cutters cela s’entend) » s’est substituée une nouvelle approche plus subtile. L’ingénierie du chaos appliqué à l’échelle géopolitique. Une amélioration des techniques des révolutions colorées adaptées à l’humus local et propagées à grands coups de slogans issus du marketing ciblé via les réseaux sociaux.

En parallèle, les forces spéciales jouaient un rôle primordial en arrière-plan. La déliquescence, l’incurie, la mauvaise gestion et l’impopularité de l’ensemble des régimes arabes rendait la manipulation assez aisée. Il fallait s’appuyer sur l’élément le plus persécuté par ces Etats: les forces du radicalisme islamiste. Des années durant, les Etats-Unis pressaient les pays arabes pour qu’ils combattent le terrorisme. L’ironie du sort a voulu que les Etats-Unis utilisent ce dont il ordonnait de combattre à ses fins géopolitiques pour un remodelage en profondeur de la région afin d’instaurer une zone de pseudo-Etats faibles ouverts au libre-échange néolibéral et n’ayant plus de griefs contre Israël ou le sionisme.

Les premiers pays arabes à en faire les frais sont deux solides alliés des Etats-Unis et des pays du Golfe arabo-persique (quoique Ryad ne pardonnera jamais à Obama le lâchage de Moubarak) avant de se tourner contre les pays arabes les plus rétifs ou les plus hostiles à l’égard de Tel-Aviv: la Libye et la Syrie. Si le changement de régime en Libye s’avère un peu facile, avec l’appui de l’Otan et, pour la première fois, la mise en avant de la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne comme principaux sous-traitants des Etats-Unis et d’Israël, le cas de la Syrie s’avère infiniment plus problématique.

Contrairement à la Libye de Mouammar Kadhafi qui n’avait plus d’armée ou d’allié régionaux ou internationaux, la Syrie dispose de solides alliances stratégiques. Plus encore, elle est en première ligne avec le commanditaire secret du plan de remodelage.

Son armée, assez modeste comparativement aux normes occidentales, est cependant bien organisée et dispose de l’expérience de plusieurs conflits. Ses forces ont participé aux guerres israélo-arabes. Elle a été la principale force organisée au Liban durant plus d’une décennie. Elle a défié la Turquie sous dictature militaire tout le long des années 70 et 80. Enfin l’armée syrienne a bien observé ce qui s’est passé en Irak voisin sous occupation US. Non sans en payer le prix à plusieurs reprises. Nous avons tous cru au début de la révolte en Syrie, partie de Deraa, non loin des confins frontaliers avec la Jordanie (Sud de la Syrie), que l’armée syrienne ne pouvait tenir plus de 18 mois en avançant des raisons économiques. Nous avions eu tort. La Syrie n’est pas seule. Dans ce conflit qui dure depuis le 15 mars 2011, l’Iran y a engagé sa survie économique. Pour Téhéran, c’est une guerre par procuration.

La Russie et la chine, échaudés par l’expérience libyenne et ses très graves dérapages incontrôlés, veillent à ce que cette expérience malencontreuse ne s’y répète plus jamais. Plus concrètement, un changement de régime en Syrie produira un chaos favorable pour la destruction du Liban et une attaque contre l’Iran. La chute de l’Iran compléterait la partie de jeu d’échec que poursuivent les grandes puissances tout le long d’un arc de crise s’étendant du Turkestan chinois à l’Atlantique, en épousant les trajets énergétiques les plus importants. La chute de l’Iran mettrait à nu le flanc de la Russie et menacerait la Chine. D’où les positions adoptés par les uns et les autres.

Pour le moment, ce conflit a eu de graves répercussions économiques sur la Jordanie, l’Arabie Saoudite, la Turquie, l’Irak et Israël. On tenta les mêmes méthodes éprouvées ailleurs. Campagnes médiatiques intenses, black-out, manipulations, utilisation des fatwas religieuses, opérations secrètes, infiltrations, sabotages, envoi d’extrémistes religieux se prévalant de l’islamisme militant de plus d’une quarantaine de pays avec un nette prédominance de tchétchènes, de jordaniens, de tunisiens et de libyens. On évoque le chiffre de 50.000 à 80.000 « volontaires » étrangers venus faire la guerre au « régime impie et apostat » de Damas. La Syrie est décrétée par des pseudo-clercs religieux saoudiens et égyptiens comme une terre de « Djihad » à « nettoyer ». La Turquie sert de base de transit. Des forces US stationnent en Jordanie et en Turquie tandis que les forces spéciales de plusieurs pays européens dont un que sa Constitution interdit d’envoyer des troupes en dehors de son territoire s’activent au Liban, en Turquie, à Chypre, en Géorgie, en Bulgarie, en Arabie Saoudite et au Qatar. La machine de propagande tourne en branle.

L’armée syrienne dont la doctrine de base est la lutte asymétrique contre Israël fait face à une violente guérilla armée jusqu’aux dents. Pour Damas, l’ennemi est connu mais se cache. Les erreurs stratégiques de Tel-Aviv ou plutôt son impatience font qu’il se dévoile en plein jour. Changement de cap. La guerre est désormais dirigée sur le plateau du Golan. Pour cela il faut dégager la province centrale de Homs, réinvestir le Sud et créer un chaos défavorable à la Turquie d’Erdoğan sur son flanc méridional en remettant la question kurde.

Fahd Al-Freij, l’actuel ministre syrien de la défense a toujours été favorable à une lutte sans merci contre Israël. En sunnite, il n’a jamais admis que son armée se batte contre ses propres citoyens mais écrasait volontiers les milliers d’étrangers venus répandre la terreur dans son pays. Damas rend un précieux service à des pays comme la Tunisie, la Libye, la Jordanie ou l’Arabie Saoudite (tous des pays très alliés de Washington) en éliminant des centaines de leurs terroristes.

L’entrée en lice du Hezbollah libanais répondait à cet impératif stratégique: dégager les confins syro-libanais pour rouvrir le front du Golan.

C’est bien calculé. L’enjeu du Golan est immense: celui qui le contrôle, a le contrôle de tout le Levant. Israël frappe. Sans modération comme à son habitude. Mais cela nuit à son image et détruit le mythe d’une révolution. Damas menace. Tel-Aviv menace également. On fait appel à de vieilles connaissances. Le Front populaire de libération de Palestine. On met sur place des milices chargées de la guerre asymétrique au Golan.

De l’autre côté, l’armée israélienne met en place des hôpitaux de campagne aux blessés de la rébellion syrienne, leur fournit une aide logistique, des informations, des roquettes. Mieux, des commandos israéliens et des unités de reconnaissance des Golanis appuient les rebelles. Des drones israéliens antiradars détruisent des sites de surveillance de l’armée de l’air syrienne. Plus de 2.000 agents du Mossad opèrent au sein des phalanges de combattants étrangers contre le régime syrien. La plupart sont arabes ou tchétchènes. Certains observateurs assistent, médusés, à une alliance contre-nature entre extrémistes islamistes et sionistes. Cette implication trop visible devient bruyante et gênante. Même pour le bouillant Netanyahou qui ordonne à ses ministres de s’abstenir formellement d’émettre des déclarations sur la Syrie. Mais les jeux sont faits.

Un obus lancé par le FPLP palestinien à partir de Syrie atterrit sur le mont Hermon. Ce n’est pas la première fois mais c’est la première fois qu’un groupe militant palestinien brise le barrage du silence entourant la plupart des frontières israéliennes depuis trente ans. Des échanges de tirs sont signalés de part et d’autres.

C’est la guerre d’usure. Que va faire Tel-Aviv? S’adapter à cette nouvelle donne ou tenter de préserver le statu quo? Déclencher une guerre régionale avec un risque avéré d’embrasement généralisée?
Dans tous les cas, Israël devra payer le prix des erreurs stratégiques d’une équipe dirigeante aveugle qui se dirige tout droit vers un mur. Encore un autre. Invisible celui-ci et nettement plus dur.

 

Wissem Chekkat
Source Alterinfo

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=113179&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=1

 

Syrie : 800 Européens enrôlés dans le djihad anti-Assad

Par Georges Malbrunot

Un combattant du groupe djihadiste Jabhat al-Nosra à Raqqa, en Syrie, le 12 mai dernier.

Un combattant du groupe djihadiste Jabhat al-Nosra à Raqqa, en Syrie, le 12 mai dernier. Crédits photo : STRINGER/REUTERS

Menacés par les combats, une quarantaine ont commencé à fuir en Turquie. Leur retour est la hantise des services antiterroristes.

Huit cents ressortissants européens combattent actuellement le régime de Bachar el-Assad en Syrie, selon les estimations d’un diplomate de l’Union européenne (UE), confirmées par un dirigeant de l’opposition. Certains ont rejoint le groupe djihadiste Jabhat al-Nosra, classé terroriste par les États-Unis, qui vient de prêter allégeance à al-Qaida.

Jamais autant d’habitants du Vieux Continent n’ont afflué en aussi grand nombre sur une période aussi courte – un peu plus d’une année – pour livrer la «guerre sainte» à un régime qui réprime de manière sanglante ses opposants et que l’Europe elle-même combat depuis deux ans. Parmi ces 800 Européens figurent une centaine de Français ou de Franco-Syriens, 50 à 70 Belges, une centaine de Britanniques, de nombreux Allemands, notamment d’origine turque, des Irlandais, des Kosovars, des Danois. Bref pratiquement tous les pays européens sont concernés. Certains de ces combattants ont été tués, d’autres sont emprisonnés par le régime. Et une poignée a déjà guerroyé sur une autre terre de djihad. «Nous avons eu une réunion entre ambassadeurs européens et chaque pays a fait le décompte du nombre de ses ressortissants partis en Syrie», souligne le diplomate de l’UE.

Une dangereuse radicalisation

La dernière estimation officielle émanant des services de Bruxelles atteignait le nombre de 500 djihadistes. Leur profil va de l’idéologue pur et dur au révolutionnaire romantique en passant par l’adolescent égaré. La facilité avec laquelle ces candidats au djihad se rendent sur place – via la Turquie où aucun visa d’entrée n’est requis – explique partiellement cette participation importante, ainsi que l’absence de filières d’acheminement, contrairement à l’Irak ou à l’Afghanistan.

Mais «pour la première fois, avertit le responsable de l’opposition, nous assistons au départ de certains combattants étrangers». Ces dernières semaines, une quarantaine d’Européens ont ainsi fui la région d’Idlib dans le Nord, où les rebelles peinent à chasser les loyalistes de cette portion du territoire syrien. «Il y a eu un changement du rapport de forces sur le terrain, précise l’opposant. L’armée a lancé des opérations de nettoyage et, en plus, des conflits ont éclaté entre des groupes armés. Toutes ces raisons font que certains combattants étrangers qui ne sont pas idéologiquement marqués quittent la Syrie». Ceux-là s’échappent par la Turquie plutôt que par le Liban, où les entrées et sorties à l’aéroport de Beyrouth sont contrôlées par le Hezbollah, allié de Damas.

Certains auront acquis un savoir-faire qui peut servir à perpétrer des opérations terroristes dans leur pays d’origine

Ces derniers jours, d’autres djihadistes ont également fui la ville d’al-Qusayr que l’armée régulière, appuyée par les unités d’élite du Hezbollah est en train de reprendre aux insurgés. «Ces djihadistes fuient vers le Liban voisin», ajoute le dirigeant de l’opposition, mais il s’agit essentiellement d’Arabes, et non d’Européens.

Le retour de jeunes, radicalisés au contact de vieux briscards du djihad, est la hantise des services de sécurité européens. Certains auront acquis un savoir-faire qui peut servir à perpétrer des opérations terroristes dans leur pays d’origine. Mais la justice pourra-t-elle criminaliser leurs voyages en Syrie, dont le régime est dénoncé par les capitales européennes? En outre, des binationaux figurent parmi ces candidats au djihad. «Il est difficile de leur dénier le droit d’aller résister à un pouvoir qui massacre sa population», soulignait récemment le juge antiterroriste Marc Trévidic.

La Belgique, la France et l’Allemagne sont particulièrement concernées. De très jeunes citoyens belges, parfois convertis, ont pris le chemin de la Turquie puis de la frontière, où des réseaux les convoient ensuite en Syrie. Parmi eux, de nombreux Belgo-Maghrébins, reliquat des filières qui allaient vers l’Afghanistan ou l’Irak dans les années 2000.


Des soldats israéliens répliquent  à des tirs en provenance de Syrie

Des soldats israéliens en patrouille sur  le plateau du Golan ont ouvert le feu dans la nuit de lundi à mardi, après avoir été pris pour cible par des tirs en provenance de Syrie. Aucun militaire n’a été blessé, mais leur jeep a été endommagée,  a précisé l’armée israélienne. De son côté, l’armée syrienne a affirmé avoir détruit  un véhicule israélien ayant dépassé  la ligne de cessez-le-feu sur le plateau  du Golan. Dans un communiqué, Tsahal s’inquiète «des récents incidents dans  le nord du pays» et dit avoir «déposé plainte auprès des forces des Nations unies en faction dans la région». La semaine dernière, des projectiles tirés de Syrie ont touché le mont Hermon, point culminant du Golan occupé par Israël

http://www.lefigaro.fr/international/2013/05/21/01003-20130521ARTFIG00505-syrie-800-europeens-enroles-dans-le-djihad-anti-assad.php

 

Sayed Nasrallah : « Nous sommes prêts à recevoir toute sorte d’armes syriennes »

 

Le secrétaire général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah a déploré la faiblesse du régime arabe officiel qui permet à l’ennemi sioniste de profiter des opportunités pour imposer de nouvelles équations sur le terrain, notamment en Palestine. S’exprimant à l’occasion du 25ème anniversaire du lancement de la radio de la résistance islamique AnNour, Sayed Nasrallah a accusé les pays du printemps arabe de se comporter avec la cause palestinienne comme si elle était un fardeau historique et de faire de la division confessionnelle et des tueries leur priorité. Il a par ailleurs mis en garde contre la reconnaissance de l’Etat juif d’Israël et a appelé le peuple palestinien à miser seulement sur les pays et les parties qui soutiennent sa cause depuis des dizaines d’années.

Sur la Syrie, le chef de la résistance libanaise a salué la position officielle syrienne sage, calme et rationnelle suite à l’agression israélienne, assurant que le pouvoir en Syrie a su répondre aux messages sionistes en annonçant un soutien plus accru à la résistance au Liban, la fourniture au Hezbollah d’armes qui « cassent » l’équilibre de la terreur avec l’ennemi et l’ouverture du front du Golan devant la résistance populaire. Sayed Nasrallah a indiqué que son parti était prêt à recevoir toute sorte d’armes, et à fournir toute aide nécessaire à la résistance populaire dans le Golan.

Concernant le Liban, il a appelé à la formation rapide du gouvernement, à l’entente sur une loi électorale, et a rejeté le vide politique. Sayed Nasrallah a lancé un appel aux familles des pèlerins enlevés en Syrie leur donnant un signe d’optimisme sur la libération de leurs proches.

Voici les idées principales de la partie politique du discours prononcé par le secrétaire général du Hezbollah :

« Je voudrais évoquer la cause palestinienne au début:

Depuis la mise en place de l’entité sioniste, la lutte des Palestiniens et le rejet de reconnaitre l’existence d’un Etat juif étaient les facteurs essentiels qui ont permis à la cause palestinienne de survivre. Une fois que nous reconnaissons l’identité juive de la Palestine, la cause palestinienne prendra fin. Ce qui se passe actuellement dans la région sert les intérêts de l’ennemi sioniste et notre ennemi sait malheureusement comment profiter des occasions pour imposer de nouvelles équations sur le terrain., que ce soit en Palestine ou en Syrie.

Cet ennemi exploite la faiblesse du régime officiel arabe qui se montre plus que jamais prêt à faire des concessions. Alors que le peuple palestinien s’attendait à la mise en place de régimes arabes plus attachés à leur cause et à leurs droits après les révolutions du printemps arabes,  il a été choqué de voir le contraire. Les images montrant dernièrement des ministres des pays arabes, dont des pays du printemps arabe, autour du chef de la diplomatie américaine, sont déplorables. Par le passé, la destruction de la mosquée d’alAqsa ou le renoncement au droit au retour étaient une ligne rouge. Aujourd’hui, le régime officiel arabe traite la cause palestinienne en tant qu’un fardeau historique et  non plus en tant que cause nationale malheureusement.

Ceci ouvre la porte à plus de concessions. Même su sujet de la mosquée d’alAqsa, je déplore que certains dirigeants de mouvements islamiques disent dans leurs prêches que leur priorité n’est plus la sainte mosquée d’alAqsa. La priorité est actuellement de débattre des moyens pour s’entretuer. Voyez donc les convictions de ce régime officiel arabe. Le problème que peuvent poser les Arabes est de reconnaitre l’Etat juif d’Israël. La tournée de John Kerry dans la région vise à faire pression sur les Arabes, non seulement sur les Palestiniens, pour les pousser à reconnaitre l’identité juive de la Palestine. Ceci est très dangereux et il faut expliquer à l’opinion publique les répercussions d’une telle reconnaissance. Cette mesure affectera le droit au retour des Palestiniens, l’appartenance d’alQods, et tous les autres aspects de la cause palestinienne. Ces pays arabes ne sont pas prêts malheureusement à aider les affamés en Somalie, ni les déplacés syriens à cause de la guerre dans leur pays, ni les habitants d’alQods expulsés de leurs propriétés. Mais lorsqu’ils reconnaitront l’identité juive de la Palestine, sachez qu’ils seront contraints de payer des indemnisations aux sionistes parce qu’ils ont subi d’importants dégâts au cours des dernières décennies !

Parmi les efforts déployés par l’ennemi figure l’affaire de la judaïsation d’alQods : les colons qui envahissent la sainte esplanade d’alAqsa, l’arrestation pour plusieurs heures du mufti d’alQods. Toutes ces mesures visent à faire de la question palestinienne un développement banal. Un véritable danger menace la sainte mosquée d’alAqsa.

En fin de compte, la solution qui sera imposée divisera la mosquée d’alAqsa en deux parties : l’une pour les musulmans, l’autre pour les juifs.

La question qui se pose concerne surtout le peuple palestinien après 65 ans à l’occupation israélienne : Pourquoi allez-vous miser de nouveau sur ce régime officiel arabe ? Le fait que les responsables politiques ont changé ne signifie pas que la politique adoptée diffère de la politique ancienne. Vous devez choisir la bonne position parce qu’elle déterminera le sort de la Palestine, du Liban, de la Syrie, de la Jordanie. Vous n’avez qu’à miser sur les parties qui vous ont aidé depuis de longues décennies.

Sur ce point, il convient de saluer la position du parlement jordanien qui a décidé d’expulser l’ambassadeur israélien malgré les moments délicats par lesquels passe la région.

Passons maintenant à l’agression israélienne sur la Syrie :

Au début, je voudrais souligner le contexte régional qui a coïncidé avec l’offensive. Les Israéliens avaient de multiples objectifs à travers ce raid. Parmi ces objectifs, exclure la Syrie de l’équation du conflit arabo-israélien et de la faire sortir de l’axe de la résistance.

Tout le monde sait l’ampleur des aides syriennes aux mouvements de la résistance libanaise et palestinienne. Les dirigeants de la résistance palestinienne reconnaissent en coulisses qu’aucun gouvernement arabe ne les a aidés comme l’a fait le régime du président Bachar elAssad. Les Israéliens veulent isoler la résistance au Liban et en Palestine. Ils veulent interdire l’acheminement de toute aide au Hezbollah. Les Israéliens disaient qu’ils empêcheraient le développement des capacités du Hezbollah. Ils ont bombardé Damas pour dire à la Syrie que la poursuite de l’acheminement d’aides à la résistance signifie la chute du régime.

Le véritable objectif sioniste est donc de faire fléchir la Syrie et son peuple, et de l’exclure de l’équation du conflit arabo-israélien.

Normalement, le pouvoir en Syrie devrait œuvrer pour faire échouer les objectifs de l’offensive israélienne, ou encore d’asséner un coup plus dur encore è l’ennemi.

Il y a deux réactions sur l’affaire de l’offensive :

–          Ceux qui aiment la Syrie ont voulu que Damas riposte militairement aux raids sionistes.

–          Ceux qui la détestent aspiraient à un déclenchement des hostilités entre les deux parties, souhaitant la fin de ce régime.

Mais quelle fut la riposte de la Syrie ?

1-      La Syrie a dit qu’elle allait continuer à offrir de l’aide à la résistance, et c’est une importante décision stratégique. La Syrie a même dit qu’elle allait offrir des armes plus sophistiquées aux mouvements de la résistance. Citez le nom d’un autre régime arabe qui accepte d’offrir un simple fusil à cette résistance. Cette décision est en réalité plus importante que la riposte militaire. La Syrie, en pleine guerre internationale, et frappée par plusieurs raids sionistes, campe sur sa position et annonce qu’elle allait fournir d’aides supplémentaires à cette résistance.

2-      La deuxième réponse stratégique fut l’annonce de l’ouverture du front du Golan à la résistance populaire contre Israël. Depuis toujours, certains demandaient à ce que la Syrie ouvre son front face à l’occupation israélienne, au lieu de se contenter de soutenir le Liban dans sa guerre contre Israël. La Syrie est un grand pays ayant ses propres intérêts et ses propres calculs, donc, l’ouverture du front du Golan était une question très compliquée. Mais suite à cette offensive sioniste, la Syrie a su comment transformer la menace en opportunité et a fait la grande annonce sur le Golan. Dorénavant, la résistance populaire sera active en Syrie.

Quel était l’impact des décisions syriennes ?

Les Israéliens ont été terrifiés par les informations faisant état de l’activation des lance-roquettes qui ont été pointées en direction de l’entité sioniste. Qui parmi les régimes arabes osent prendre des mesures pareilles ?

Nous, au Hezbollah, annonçons être prêts à recevoir toute sorte d’armes pour défendre les lieux saints et nos terres même si ces armes cassaient l’équilibre de la terreur dans la région.

Nous sommes aussi prêts à soutenir matériellement et militairement la résistance populaire dans le Golan.

Quant à la troisième position, laissons-la pour après parce qu’il s’agit d’une décision très grande.

Cette politique syrienne démontre la sagesse et la force de la direction syrienne, surtout à travers sa réaction calme à la frappe israélienne. Le calme, le rationalisme, et la bonne décision sont les facteurs qui ont permis et qui permettront la réalisation des grands objectifs.

A ceux qui veulent restituer aux Palestiniens leurs droits, sachez que seule la résistance est capable de le faire. Au peuple palestinien je dis : Vous ne trouverez personne à vos côtés autre que ceux qui étaient à vos côtés depuis des dizaines d’années.

Ce qui se passe en Syrie est la bataille de la Palestine et d’alQods. Je le dis franchement et clairement. Que les gens honorables dans la région participent à trouver une solution politique pacifique à la crise syrienne. Il est inadmissible que les Etats-Unis se présentent comme étant la partie soucieuse de la paix et de la sécurité en Syrie. Les pays arabo-islamiques sont appelés à trouver une solution avant de recevoir les directives américaines, parce que la poursuite de la bataille ne fera que perdurer l’effusion du sang.

Deux mots sur le Liban :

Nous voulons que le gouvernement se forme le plus rapidement possible, et que les élections se tiennent dans leur délai prévu. De nombreuses parties ont été déçues et surprises face au changement radical de la situation dans la région, contrairement à leurs attentes.

Au sujet du gouvernement, nous nous sommes comportés positivement avec le gouvernement du Premier ministre Najib Mikati, contrairement à la position des forces du 14 mars. Pendant deux ans, ils ont mené toute une campagne politique pour entraver l’action du gouvernement. Ils n’ont pas la chance à Mikati de travailler normalement.

Le gouvernement a démissionné, les forces du 14 mars ont nommé Tammam Salam et nous avons accepté cette nomination.

Si ce gouvernement sera un gouvernement pour les élections seulement, quelle est donc l’importance des quotas ? La loi et les élections n’expriment pas la véritable représentativité des partis politiques dans le pays.

Donc, prenez en considération la représentativité parlementaire. Nous voulons un gouvernement d’intérêt national surtout en ces circonstances.

L’intérêt national est de former un gouvernement de partenariat réel pour assumer ensemble les responsabilités du pays.

Concernant la loi électorale, le chef du parlement a convoqué à la séance parlementaire le 15 mai pour débattre de la loi électorale.

Nous allons voter en faveur de la loi orthodoxe et nous le disons en toute franchise.

Si le Parlement ne vote pas la loi orthodoxe, il n’y aura pas d’alternative dans l’avenir proche. Nous allons débattre d’une alternative, mais tout dépend des résultats de cette séance du 15 mai. Certes, le Hezbollah est opposé au vide politique.

Au sujet des pèlerins enlevés en Syrie, nous avons fait notre devoir, les choses vont bon train et il revient à l’Etat d’assumer ses responsabilités.

Je m’adresse enfin aux habitants du Hermel où s’abattent des roquettes du territoire syrien : Vous payer une partie de la charge que paie la Syrie. Nous œuvrons pour trouver une solution à ce problème ».

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=111300&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=23&s1=1

Peuples d’Orient et d’Occident sont d’accord: il ne faut pas armer les forces qui combattent le régime syrien!

Via Angry Arab à qui je reprocherai cependant (amicalement) de ne pas avoir mis le lien direct vers les tableaux de résultats de cette enquête d’opinion qui a été conduite par le Pew Research Center dans un certain nombre de pays du « Moyen Orient », un Moyen orient qui inclut la Tunisie qui appartient à l’Occident musulman comme on le sait. 

Le présent sondage porte sur les événements en cours en Syrie et il a été réalisé par le PEW Research Center qui se présente comme un organisme non partisan de collecte de faits pour informer l’opinion sur les problèmes, les attitudes et les tendances qui façonnent l’Amérique et le monde. Le Pew Research Center

 fait des enquêtes d’opinion, de la recherche en démographie, de l’analyse des médias et d’autres études empiriques dans le domaine des sciences sociales. Pew Research ne prend pas de positions politiques. Il est une division de The Pew Charitable Trusts.

L’analyse de ce sondage titre sur la crainte des peuples du Moyen Orient d’un élargissement du conflit syrien aux pays voisins.

Les résultats saillants sont synthétisés dans plusieurs tableaux de chiffres.

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Ce premier tableau nous montre que tous les peuples de la région sont préoccupés voire très préoccupés par le risque que la violence en Syrie déborde dans leur propre pays. Les moins inquiets étant les Turcs avec 25 % seulement de personnes très inquiètes contre 46 % en Jordanie et 68 % au Liban où l’inquiétude est la plus forte parmi les Chrétiens.

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.Cette inquiétude d’un débordement de la violence dans les pays voisins de la Syrie est partagée par la majorité des personnes interrogées quelque soit le pays et atteint même les 89 % en Tunisie, ce qui est quand même un signe de l’impact politique et psychologique de la situation dans ce pays somme toute lointain (mais où de nombreux Tunisiens sont engagés dans les combats contre le gouvernement).

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On a demandé ici aux sondés s’ils étaient favorables ou s’ils étaient contre la fourniture d’armes et d’équipements militaires par les pays occidentaux aux milices d’opposition en Syrie.

A l’exception des Jordaniens, les citoyens des pays voisins de la Syrie ne veulent pas que l’occident équipe les forces de l’opposition syrienne en matériel militaire. Ce refus est le plus marqué au Liban où il est majoritaire dans les trois grandes communautés confessionnelles, même si elle est nettement moins forte chez les Sunnites que chez les Chrétiens et surtout les Chiites. Cette opposition est très nettement majoritaire également en Turquie, un pays dont on sait pourtant qu’il est une base logistique et de repli pour l’opposition syrienne.

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Cette opposition à une assistance matérielle occidentale pour les milices syriennes antigouvernementales s’observe aussi pour le même type d’aide en provenance de pays arabes. Moins marquée, elle demeure cependant majoritaire partout, sauf en Jordanie. Les Turcs se distinguent ici par leur constance puisqu’ils ne font pas de distinguo entre l’aide occidentale et l’aide arabe (sans doute parce qu’ils ne sont pas arabes).

On soulignera que ce refus arabe et turc d’une assistance militaire aux milices de l’opposition syrienne n’est pas associé à un soutien au régime syrien puisqu’il apparaît dans un autre tableau de chiffres que le président Assad n’est guère populaire dans les pays concernés par le sondage: 72 % d’opinions défavorables en Turquie, 81 % en Tunisie et en Egypte par exemple.

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Le Liban fait en quelque sorte exception avec 59 % d’opinions défavorables « seulement », un résultat dû à la quasi unanimité de la communauté chiite avec 91 % de sondés en faveur d’Assad ainsi qu’à ses 36 % d’opinions favorables dans la communauté chrétienne.

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Fait intéressant, les citoyens de la France, de l’Allemagne mais aussi de la Grande Bretagne et des Etats Unis sont majoritairement opposés à la livraison de matériel militaire par leur pays en faveur de l’opposition armée en Syrie. On constate ainsi que 82 % des Allemands sont opposés à de telles livraisons tout comme 69 % des Français et 64 % des Américains!

http://mounadil.wordpress.com/2013/05/01/peuples-dorient-et-doccident-sont-daccord-il-ne-faut-pas-armer-les-forces-qui-combattent-le-regime-syrien/

Jean Aziz et le face à face Iran – Arabie Saoudite au Liban et en Syrie

La thèse que je défends sur ce blog est que la crise syrienne a dès le départ donné lieu à une immixtion de forces étrangères à ce pays ; des forces qui ont engagé très tôt une action violente, parfois très professionnelle, contre l’appareil policier et militaire du régime.

Ces forces étrangères, non contentes d’armer militairement et d’outiller dans la guerre médiatique des citoyens syriens, qu’ils appartiennent à la mouvance des Frères Musulmans, du wahabbisme ou tout simplement à celle de ceux qui pensent que leur avenir personnel ou celui de leur clan pourrait être plus radieux sans Bachar al-Assad, ont fait venir des mercenaires de Turquie, de Jordanie, et même de Tunisie, de Tchétchénie et d’Europe (je ne parle pas là de Syriens résidant en Europe).

Il va sans dire que ceux qui espéraient une démocratisation de la vie politique en Syrie en sont pour leurs frais.

Jean Aziz, qu’on a déjà croisé sur ce blog, grossit peut-être un peu le trait, mais oui, nous assistons en Syrie à une guerre entre l’Iran et le Hezbollah d’une part, et l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie et les Etats Unis d’autre part.

Et c’est l’axe turco-arabo-occidental qui a pris l’initiative de cette guerre et a fait en sorte qu’elle perdure faute de possibilité de règlement politique qu’il s’est ingénié à empêcher, exactement comme en Libye.

Sauf que l’enjeu stratégique est nettement plus important en Syrie qu’en Libye et que si les Américains jouent là avec la sécurité de leur entité sioniste adorée, les monarques jouent peut-être leurs têtes !

Pourtant, dans un monde rationnel, cette crise aurait été réglée depuis longtemps ou n’aurait jamais eu lieu.

Mais un monde rationnel serait un monde où les Etats Unis au lieu de chercher la confrontation avec l’Iran, le Hezbollah et la Syrie, chercheraient à avoir des relations normales avec ces pays avec lesquels ils ne devraient avoir à priori pas de conflit aigu.

Oui, j’écris ces pays car je ne compte pas le Hezbollah qui n’existerait pas si les Etats Unis ne s’entêtaient pas à soutenir inconditionnellement une entité sioniste qui ne pourra jamais avoir un statut normal dans la région.

Même si, pour les pétromonarchies d’Arabie et du Qatar, tout l’enjeu d’une défaite de l’axe Syrie – Hezbollah – Iran est la possibilité de pouvoir enfin normaliser leurs relations avec l’entité sioniste et donc d’enterrer définitivement les droits du peuple palestinien.

L’objectif est illusoire certes et les monarques comme le Grand Turc devraient méditer ce propos de Kant :

Est illusion le leurre qui subsiste même quand on sait que l’objet supposé n’existe pas.

L’Iran contre la diplomatie saoudienne au Liban

 

par Jean Aziz,  Al-Monitor Lebanon Pulse, 29 avril 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Trois semaines de développements de la situation au Liban ont suffi pour effacer le sentiment qu’une percée dans les relations entre l’Arabie Saoudite et l’Iran était proche, du moins au Liban. Ce sentiment avait pris corps le 6 avril quand le parlement libanais a désigné, dans un consensus presque total, le député de Beyrouth Tammam Salam pour former le nouveau cabinet.

Au début, il y avait certains signes qu’une percée dans la relation entre l’Arabie Saoudite et l’Iran était en vue. L’ambassadeur Saoudien à Beyrouth, Ali Awad Asiri, avait clairement fait une ouverture en direction du Hezbollah. A un point tel que certains avaient dit que l’Arabie Saoudite avait entamé des contacts directs avec la plus puissante organisation chiite du Liban par l’intermédiaire d’un officiel des services de sécurité libanais qui jouit de la confiance du secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah en personne. On a même dit que l’adjoint de Nasrallah, le Cheikh Naim Qassem devait se rendre en Arabie Saoudite à la tête d’une mission du Hezbollah avec la mission de discuter des relations entre la banlieue sud de Beyrouth et Riyad. La délégation devait aussi aborder le problème de la formation d’un nouveau gouvernement [au Liban] et l’acceptation d’une nouvelle loi pour les élections législatives pour faire en sorte que les élections interviennent avant la fin du mandat de l’assemblée actuelle le 20 juin et éviter ainsi au Liban d’aller vers l’inconnu.

Cette impression optimiste a vite disparu et il est devenu évident que la stratégie de la tension entre les axes saoudien et iranien reste d’actualité  jusqu’à nouvel ordre.

Il semble que les deux parties pratiquent un jeu de dupe pour améliorer leurs positions et leurs capacités en préparation d’une attaque surprise contre l’autre camp.

Sous couvert d’ouverture en direction du Hezbollah à Beyrouth, l’axe saoudien a l’œil rivé sur une bataille régionale pour renforcer le siège du régime syrien et renverser le président Bachar al-Assad. Au moment où les Saoudiens se préparaient à attaquer la capitale syrienne, ils avaient jugé prudent de ne pas ouvrir plus d’un front à la fois. Ils ont donc fait une trêve avec le Hezbollah et montré de la bonne volonté à l’égard de ce dernier, tandis que le nœud coulant arabo-turco-occidental se resserrait autour du cou d’Assad.

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Jean Aziz prend la pose entre Michel Aoun (à droite sur la photo) et Hassan Nasrallah

De leur côté, l’Iran et le Hezbollah ne se sont pas laissés berner par la manoeuvre saoudienne. Quelques jours après avoir commencé à tester les réactions de l’autre camp, l’Arabie Saoudite a commencé son attaque : les alliés libanais de Riyad ont durci leurs positions en formant un nouveau gouvernement et en définissant une loi électorale, ce qui a fait prendre conscience à l’axe du Hezbollah [le Hezbollah et ses alliés au Liban] de la manœuvre, ce qui a amené cet axe à changer de tactique. Le Hezbollah a alors contre attaqué sur presque tous les fronts.

Il semble que l’Arabie Saoudite avait misé sur une évolution favorable de la situation militaire en Syrie quand  cette évolution a en fait été favorable au camp iranien. Un facteur sur le terrain a inversé la donne : en deux semaines, les forces pro-régime ont avancé dans toutes les régions autour de Damas et de Homs. Ce développement a placé les 370 kilomètres de frontière syro-libanaise sous le contrôle du régime syrien et de ses alliés au Liban. Ce qui a piégé et isolé une partie significative des Sunnites – qui sont traditionnellement soutenus par l’Arabie Saoudite et sont près d’un demi-million à Akkar et à Tripoli – par l’interposition de l’armée syrienne et de ses alliés libanais.

Mais la riposte contre l’Arabie Saoudite au Liban a d’autres manifestations: la visite du Hezbollah à Riyad dont on parlait n’a jamais eu lieu et on a appris que Nasrallah est allé à Téhéran dernièrement. Malgré de nombreuses conjectures sur les objectifs de cette visite et son timing, le Hezbollah a ostensiblement gardé le silence sur ce sujet. Le parti ne l’a ni confirmée, ni infirmée. Cependant, des photos de Nasrallah rencontrant le Guide Suprême Iranien Ali Khamenei ont été publiées sur les réseaux sociaux. Des cercles proches du Hezbollah affirment que la photo était tirée d’archives, mais la photo n’a pourtant pas l’air bien ancienne.

Une autre manifestation de la contre attaque a été l’annonce par Israël de la destruction au dessus de la mer au large d’Haïfa d’un drone venu du Liban. Mais à la différence d’incidents similaires, comme quand Israël avait détruit le drone Ayyoub le 9 octobre 2012, le Hezbollah a promptement démenti avoir un rapport quelconque avec cette affaire. Certains ont interprété ce démenti comme étant causé par l’échec du drone «Ayyoub 2» à pénétrer en profodeur en territoire israélien. Mais le drone avait peut-être simplement comme objectif de survoler les champs gaziers israéliens en Méditerranée. Dans ce cas, le drone a réussi à envoyer le message à Israël, ce qui explique aussi le démenti du Hezbollah.

Ces deux derniers jours, ce cercles proches du parti ont traité cette affaire d’une manière évasive en demandant: Et si toute cette affaire se résumait à un gamin du sud Liban qui jouait avec un avion télécommandé amenant les Israéliens à suspecter le Hezbollah de leur faire la guerre ?

Certains à Beyrouth pensent que la contre attaque iranienne contre les avancées de l’Arabie saoudite, qui se sont traduites par la démission de l’ancien premier ministre Libanais Najib Mikati se déploie bien au-delà de la scène libanaise pour toucher le Bahreïn et même l’Irak. On a parlé de découvertes de caches d’armes pour l’opposition bahreïnie à Manama ; et les troupes du premier ministre Irakien Nouri al-Maliki sont entrée à Hawija et menacent de faire la même chose à Anbar.

Toutes choses qui confirment une fois encore que tout accord entre les Libanais doit se faire sous des auspices internationaux, c’est-à-dire au minimum une entente entre Washington et Téhéran. Mais une telle entente ne pourra sans doute pas intervenir tant que ne se seront pas produits certains événements, que ce soient les élections présidentielles en Iran en juin prochain ou les résultats des discussions d’Almaty sur le nucléaire (si elles reprennent).

Entre temps, la situation libanaise va déboucher soit sur la prolongation de la crise par la prolongation du mandate du parlement et le report de la formation d’un nouveau gouvernement, soit sur l’explosion de la situation!

La plupart des organisations libanaises et des parties étrangères préfèrent la première option.

Jean Aziz est un collaborateur d’ Al-Monitor’s Lebanon Pulse. Il est éditorialiste au journal libanais Al-Akhbar et anime une émission de débat politique sur OTV, une chaîne de télévision libanaise.

Ajoutons que ce chrétien a d’abord appartenu aux Forces Libanaises, un mouvement d’extrême droite avant de rejoindre le général Michel Aoun sur une position nationaliste, modérément antisyrienne (ou modérement prosyrienne), favorable à l’entente interconfessionnelle et hostile à l’entité sioniste. C’est pourquoi on dit qu’il est proche du Hezbollah. Il l’est à peu près à la façon de Michel Aoun.

http://mounadil.wordpress.com/2013/04/30/jean-aziz-et-le-face-a-face-iran-arabie-saoudite-au-liban-et-en-syrie/