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“Insaisissable” résilience : le cas Erdogan

3 juin 2013 – … Ou bien, “insaissable” Turquie ? Développant notre Notes d’analyse (le 1er juin 2013) sur la “guerre syrienne” que nous qualifiions d’“insaisissable” et dont nous observions qu’elle ramenait à elle toutes les tensions de sa région, sinon de la crise d’effondrement du Système, nous ignorions les événements déjà en cours en Turquie, dans leur éventuelle dimension structurelle. Nous sommes toujours dubitatifs, peu inclinés à en tenir compte dans l’immédiat, devant des événements soudain encore trop “immatures” pour juger s’ils ont de la substance ou s’ils ne sont que “l’écume des jours”. Pourtant, à vingt-quatre heures près, certes, cette affaire turque en passe de devenir une “crise turque” méritait sa place dans notre florilège.

… En effet, il ne fait aucun doute pour nous (on le verra plus loin) que la politique syrienne d’Erdogan est pour beaucoup, voire pour l’essentiel dans la détonation de la chose, dans cette crise turque partie d’un rassemblement de 50 personnes outrées que l’on déracinât quelques arbres et transformât une partie (Gezi Parki) du parc Taksim, l’un des rares espaces verts restants du centre d’Istanboul, en galerie marchande. Nous parlons de la politique syrienne d’Erdogan aussi bien en termes de symbole qu’en termes de forme fondamentale, abandonnant l’orientation principielle qui avait heureusement marqué la “nouvelle politique turque” dans les années précédentes. Cette politique d’avant la Syrie avait donné à Erdogan une légitimité qui concernait tous les domaines, – l’extérieur bien sûr, où elle se fondait principalement, mais aussi l’intérieur, – et assurait à son pays autant qu’à lui-même une stabilité certaine et fondée. Les événements de ces derniers jours font éclater un malaise qui ne cesse de grandir depuis deux ans, et qui s’exprime notamment par un divorce entre la politique syrienne d’Erdogan et le sentiment populaire. Du coup, l’explosion ressort tous les problèmes non résolus et s’identifie aux mouvements antiSystème (Occupy, “indignés”, etc.), en même temps qu’elle achève la perception de la transformation d’une autorité incontestable d’Erdogan, une autorité légitimée, en une “dérive” autoritaire dans son comportement et sa politique.

En même temps, les événements illustrent le terme-programme de “résilience” que nous avons déjà utilisé (voir notamment et principalement le 9 novembre 2012). Nous l’utilisons pour deux occurrences, d’abord pour qualifier la forme des événements en cours, ensuite pour qualifier, plus loin dans notre propos, l’importance des fondements d’une politique qu’Erdogan a abandonnée à ses dépens.

• Sur les événements et leur signification, il y a une intéressante interview du Britannique Mark Almond, professeur en Relations Internationales détaché à l’Université Bilkent, à Ankara, sur Russia Today, le 2 juin 2013. Quelques extraits donnent une bonne appréciation de la situation, des réactions maladroites et confuses d’Erdogan qui est la cible principale sinon unique du mouvement, de l’ampleur inattendue de ce mouvement, de sa diversité de composition et de la diversité de ses motifs conjoncturels jusqu’à celui d’une manifestation de protestation pour conserver à Istanboul un lieu… où manifester. Éventuellement, on peut percevoir ainsi les structures et les forces qui démontrent effectivement ce que nous nommons résilience dans ce mouvement, et certaines comparaisons qui symbolisent à la fois la rapidité et les renversements paradoxaux de ce temps : Erdogan, le premier grand dirigeant à avoir demandé la démission de Moubarak, qui semble suivre un comportement semblable à celui de Moubarak jusqu’à sa chute. (Dans ses interventions du week-end, Erdogan s’est montré fermé à toute interprétation accommodante et dynamique des événements. Il en a rejeté la responsabilité sur “des extrémistes”, sur les partis d’opposition sur les “réseaux sociaux” type-tweeter  : «There is now a menace which is called Tweeter. The best examples of lies can be found there. To me, social media is the worst menace to society.» [Guardian, le 3 juin 2013].) … Mark Allmond :

«And this is a very dramatic moment for Prime Minister Erdogan, who’s had for the first time to step back. He was extremely aggressive in his initial statements that he wouldn’t tolerate protest. And now the man who was the first world leader to call for [Egyptian] President Mubarak to resign is talking rather eerily like Mubarak did shortly before his own fall. He is now saying he’s going to investigate the police, he’s concerned for the people. He wants to carry on the project, so he’s managing to, in a sense, muddy the water.

»But I don’t think it will calm the situation, because if he insists on carrying on with the project, which is very unpopular – and symbolic of what many people see as kind of a high-handed approach where property developers and government together simply push aside local opinion – he still is going to keep the protest going. But at the same time he’s shown weakness, and this is the first time he’s shown weakness.» […]

«…And they were taken by surprise by a rather complex movement of different groups of people we see – classic, if you like, student protesters, anarchists, the Twitter generation. But we’ve also seen, which is worrying for the prime minister, people from his own side of politics. We’ve seen Muslims praying in the square opposing this policy, we’ve seen a Kurdish MP actually injured, trying to stand in the way of one of the bulldozers. So we now have a situation that a very broad coalition has sprung up not just in Istanbul, but in other cities. And some of it is actually from the side of politics that in the past, and recently has been supporting the government…» […]

«And the Turkish economy, which had been doing very well for the first 10 years of Erdogan, is beginning to stall. The property boom is turning into a bubble that’s bursting. The war in Syria is worrying people with violence on the border. But also, if you then begin to have measures that are fighting off tourists, including, of course, his measures about alcohol, his moral reform measures, you begin to have a whole dangerous mélange of issues all bubbling up together.

»And I’m not sure that the government really has thought through what is its main priority, who are the people that it really needs to keep on board, does it really need to offend all these different groups, does, actually, the center of Istanbul, not need at least one bit of green space. It’s a huge city with a very little space, and, of course, people say ‘How can we have democracy, if there’s nowhere where you can demonstrate, if everywhere is filled in only narrow streets?’ I’m afraid, like it or not, you need Trafalgar Square, you need Taksim Square.»

• On peut trouver un reportage de The Observer, du 2 juin 2013, montrant comment le mouvement commence à s’organiser, à s’installer en adoptant les us et coutumes désormais de cette sorte de protestation, notamment et essentiellement pour s’implanter et durer. Ce qu’il y a de “résilience” dans ce mouvement, effectivement, c’est la façon dont il s’est naturellement identifié à la tactique et au style du mouvement fameux dit-Occupy, commencé par Occupy Wall Street, en se dénommant lui-même Occupy Turkey. Un autre aspect montrant ce même caractère de résilience se trouve dans la façon dont la “reste du monde” a aussitôt répondu aux événements turcs, avec diverses manifestations et interventions de soutien, notamment aux USA, et particulièrement à New York où quelques centaines de manifestants (le nombre importe peu dans cette occurrence) réunis au Parc Zuccoti d’où était parti Occupy Wall Street, ont réussi à réveiller l’écho de l’automne 2011, toujours avec les mêmes références, telle que Occupy Gezi, créant une impression de continuité et de solidarité transnationales (voir Russia Today ce 1er juin 2013).

• Une réaction particulièrement notable et qui a eu beaucoup d’échos est celle de Noah Chomsky, notamment reproduite par la presse turque. Le quotidien Hurriyet la retranscrit le 1er juin 2013 : «I would like to join Amnesty International and others who defend basic human rights in condemning the brutal measures of the state authorities in response to the peaceful protests in Taksim in Central Istanbul. The reports of the past few days are reminiscent of some of the most shameful moments of Turkish history, which, it seemed, had been relegated to the past during the progress of the past years that has been welcomed and praised by all of us who wish the best for Turkey and its people.»

• Au niveau de la politique régionale et nationale, on appréciera aussitôt la réaction du gouvernement syrien, toujours en place malgré les efforts frénétiques d’Erdogan à son encontre. PressTV.ir rapporte, ce 1er juin 2013 la réaction du ministre syrien de l’information accusant Erdogan de “terroriser” son peuple, ce qui est un renvoi d’ascenseur de circonstance … «Syrian Information Minister Omran al-Zohbi says Turkey’s Prime Minister Recep Tayyip Erdogan is “terrorizing” his own people, calling on the premier to resign his post. “Erdogan is leading his country in a terrorist way, destroying the civilization and achievements of the Turkish people,” the Syrian information minister said on Saturday.» Cette intervention met en évidence combien, effectivement, la situation turque est aujourd’hui inextricablement imbriquée dans la crise syrienne et l’implication d’Erdogan dans la “guerre syrienne”

• Au niveau politique intérieur, un homme a aussitôt suivi un rôle médian entre l’extrémisme d’Erdogan et la contestation populaire. Il s’agit du président Gül, ancien ministre d’Erdogan désormais perçu comme un adversaire institutionnel et politique du Premier ministre. Gül voudrait rester à la présidence en 2014, mais Erdogan entend le remplacer après avoir assuré une réforme constitutionnelle donnant des pouvoirs fondamentaux (type-Vème République) au président. Bien entendu, ces projets sont désormais complètement en question, devant l’incertitude née de la crise. (Selon le pourtant très modéré Murat Yekin, éditorialiste de Hurriyet, le 1er juin 2013 : «To cut the story short, the Taksim wave of protests has turned into the first public defeat of the almighty image of Prime Minister Tayyip Erdogan, and by Turkish people themselves. […] To call this a “Turkish Spring” would be over-dramatizing it. It could be, if there were opposition forces in Turkey that could move in to stop the one man show of a mighty power holder. But it can easily be said that the Taksim brinkmanship marked a turning point in the almighty image of Erdogan.»)

Concernant l’attitude du président Gül et son rôle, qui apparaît très important, durant le premier tournant de la crise avec un premier retrait des forces de police du square Taksim après les premiers jours de très durs affrontements, on lira également Hurriyet le 1er juin 2013. (L’on se souviendra que Gül a marqué plus d’une fois des réticences claires à propos de la politique syrienne d’Erdogan, la trouvant trop extrémiste, trop anti-Assad et trop alignée sur le bloc BAO. Il est certain que l’affaiblissement d’Erdogan, – première certitude de cette crise, sans préjuger de l’avenir, – va conduire Gül à se découvrir un peu plus et à s’affirmer comme un adversaire beaucoup plus marqué de la politique syrienne d’Erdogan.)

«Official sources told the Hürriyet Daily News that around 2:30 p.m. Gül called the Istanbul Governor Hüseyin Avni Mutlu, Interior Minister Muammer Güler and Prime Minister Recep Tayyip Erdogan. Emphasizing that the situation was “very sensitive,” Gül urged moderation. Following the call, the interior minister called for the police forces to be pulled back from Taksim, ahead of the main opposition Republican People’s Party (CHP) rally in the afternoon. The president said he had shared these issues with state and government officials, including PM Erdogan. “I believe that everybody will immediately do his share to provide calm and discuss the issue in a way that will suit us,” he said.»

• La brutalité policière, qui est aspect très spécifique de ces événements et constitue un des éléments déclencheur ou aggravant de leur course, constitue un problème spécifique de la séquence (voir Russia Today, le 2 juin 2013). Elle ajoute au malaise général qui caractérise la crise, en créant une sensation d’isolement sécuritaire du régime, ou du gouvernement, correspondant parfaitement aux tendances des régimes des pays du bloc BAO face aux diverses manifestations de la crise générale. Bien entendu, ce facteur renforce le constat sur l’illégimité, ou sur “la légitimité perdue”, de la direction d’Erdogan…

 

La légitimité perdue de Recep Tayyip Erdogan

… Tout cela, ce gâchis remarquable du point de vue de ses ambitions pour la Turquie, qui nous conduit à cette question : mais qu’est donc allé faire Erdogan dans ce guêpier, ce bourbier, cette juste cause type-BAO et parti des salonards, trop belle et bien trop fardée de narrative convenues pour être juste ? Cette cause fondée sur le “principe” grotesque dans son schématisme primaire et faussaire du slogan mécaniquement répété “Assad est un monstre” ? On ne gaspille pas de cette façon un capital de popularité fondé sur une véritable légitimité telle que celle qu’Erdogan avait amassé en quelques années d’une politique devenue indépendante des USA et même d’Israël, sinon à prouver que le destin s’est trompé et que l’homme d’État plein d’un brio élégant et bronzé dans la vérité du monde s’est révélé comme un faussaire incapable de maîtriser ses humeurs et victimes d’illusions en forme de mirages… Chomsky lui-même l’a bien dit, d’une façon indirecte ou involontaire puisqu’il n’évoque que le “progrès” auquel il est encore sensible en tant que dissident “de gauche” ; il porte ce jugement, qui concerne effectivement ces années de fortune pour la Turquie, qui sont celles où Erdogan affirmait toute sa légitimité, et il semble alors déplorer implicitement qu’elles aient été ainsi gaspillées pour des chimères : «The reports of the past few days are reminiscent of some of the most shameful moments of Turkish history, which, it seemed, had been relegated to the past during the progress of the past years that has been welcomed and praised by all of us who wish the best for Turkey and its people…»

Nous pensons qu’Erdogan avait bâti cette légitimité dont nous parlons en construisant une politique extérieure qui était fondée sur l’idée générale du Principe, – cela considéré aussi bien comme règle d’action, comme orientation politique qui sont l’opérationnalisation d’une orientation principielle, que sur le respect effectif de certains principes qui peuvent être encore d’application. Il l’avait montré, par exemple, en août 2008, lorsque la Turquie avait défendu la Russie dans la crise géorgienne, contre l’activisme déstructurant d’un Saakachvili commandité par l’OTAN et les officines américanistes qui vont bien. (Cela, alors que la Turquie était membre de l’OTAN, comme elle l’est toujours, ce qui marquait sa détermination.) Novosti notait, le 13 août 2008 : «M.Erdogan a dit que son pays était solidaire de la Russie dans la situation autour de l’Ossétie du Sud, alors que M.Medvedev a estimé que “les pays aussi proches que la Russie et la Turquie” devaient “faire le point de leurs relations en cas de problèmes”. “Malheureusement, il y a assez de problèmes, notamment la récente agression géorgienne contre l’Ossétie du Sud”, a ajouté le président russe.» (On notera tout de même, et cela a un rapport avec ce qu’on a vu plus haut de la situation politique actuelle, que c’est Abdullah Gül, à peine devenu président après avoir quitté son poste de ministre des affaires étrangères, qui avait le mieux défini la position turque en énonçant effectivement des notions principielles dans l’explication de la position turque. [Voir le 18 août 2008].)

Cette notion d’une politique principielle assurant la légitimité, à l’exemple de divers cas historiques dont le plus récent est évidemment de Gaulle et le gaullisme, diffère complètement des notions d ‘un droit sacralisé et de l’idéologie démocratique où l’on prétend assurer la légitimité par le seul automatisme de processus aboutissant en principe à l’expression populaire souveraine. Ces processus, qu’on ne peut certes écarter parce qu’il importe de transiger sur les moyens, n’ont jamais montré en aucune façon qu’ils fussent fondamentalement source principielle et producteur de légitimité, – sinon un Sarko et un Hollande en auraient été nécessairement transformés, ce qu’ils ne furent pas. Ils n’ont cessé, ces dernières années, de se dégrader du point de vue de leurs mécanismes et de leurs effets pervers, à la mesure du développement du système de la communication, de la dictature de l’argent et de la corruption généralisée qui s’ensuit, à la mesure de la contraction du temps et de l’accélération de l’Histoire qui caractérisent notre époque, avec l’épanouissement catastrophique du Système que cela suppose. Plus que jamais, la légitimité s’acquiert à la fois dans les actes s’ils sont d’essence principielle, et dans les manifestations éventuellement transcendantes que parviennent à manifester les dirigeants politiques devenus “hommes d’État” par le fait. (C’est dire s’il n’y en a plus guère puisque cette époque est celle de l’effondrement principiel, et par conséquent en général de la légitimité.) Pour ce qui concerne les actes à production principielle, on ne peut les trouver majoritairement que dans une politique à projection et dimension extérieures, et dans la politique extérieure elle-même, dans la mesure où toutes les situations intérieures dépendent évidemment de la grande crise d’effondrement du Système et de la globalisation qui en est la représentation structurée. Par conséquent, la légitimité intérieure notamment s’acquiert à partir d’actes à résonnance extérieure et de la politique extérieure elle-même. (C’est la raison pour laquelle plus aucun dirigeant européen n’a aujourd’hui la moindre légitimité, avec le transfert de souveraineté des nations à des organes supranationaux eux-mêmes dépourvus de la moindre légitimité, aboutissant à des actes extérieurs et des politiques extérieures vidés de toute substance et laissé à l’affectivité et à l’hystérie. La Syrie, bon exemple de ce déchaînement de nihilisme impuissant.)

Erdogan avait construit sa légitimité en développant cette politique extérieure s’orientant vers l’indépendance nationale, l’établissement de liens hors bloc BAO (avec la Russie, avec l’Iran), enfin la rupture avec Israël au nom de la condamnation de l’illégitimité des actions de force israéliennes, caractéristiques de l’“idéal de puissance” qui inspire toutes les velléités d’actes politiques du bloc BAO. Il avait ainsi construit un “modèle turc”, absolument fondé sur les principes de souveraineté et d’équilibre des relations internationales (“idéal de perfection”, selon Guglielmo Ferrero) qui fondaient à leur tour sa propre légitimité. La Syrie a changé tout cela, en découvrant certainement un problème individuel de caractère et de perversion psychologique dans le chef d’Erdogan, interférant gravement sur la brillante dimension collective d’un destin. Le Premier ministre turc a choisi la voie et le camp de l’“idéal de puissance”, avec pour son compte l’affirmation d’ambitions hégémoniques passant notamment par la liquidation de la Syrie dans son état actuel, qui devraient apparaître grotesques dans la perspective et qui l’étaient effectivement dans le détail qu’on en donna (cartes du Moyen-Orient remodelé façon-Erdogan) comme l’on distribue le programme des festivités au début d’une représentation, par exemple au cirque. Erdogan a donc troqué la légitimité qui implique la domestication de la force par l’établissement de l’équilibre des producteurs de force que sont les nations et autres entités, au profit d’une ambition hégémonique relevant effectivement de l’“idéal de puissance” et, dans son chef personnel, d’un déséquilibre psychologique dont l’hubris est une des productions les plus dévastatrices. Le résultat net, absolument paradoxal, a été que la Turquie est retombée, par la voie de l’imbroglio syrien, dans l’orbite du bloc BAO (USA, OTAN, Israël, etc.), avec à la clef des alliances douteuses (avec le Qatar) et des réconciliations complètement perverses (avec Israël, dont une grande partie de l’establishment continue à nourrir une haine féroce à la Turquie malgré, ou à cause de la réconciliation forcée par Obama en avrils dernier).

Notre conviction est que cet aspect puissant de l’évolution turque et de l’évolution d’Erdogan joue un rôle fondamental dans la crise actuelle, où aspects intérieur et extérieur se mélangent pour organiser la perception d’un dirigeant politique légitime perverti dans la délégitimation, et instituer un jugement de condamnation que nourrit la psychologie ainsi orientée. C’est bien la dissolution puis l’entropisation de la légitimité d’Erdogan qui assurait son autorité, qui ont conduit par contraste à l’affirmation d’un autoritarisme illégitime, qui alimente la revendication et la colère populaires. Les conditions de cette évolution catastrophique ont conduit à des situations complètement inverties. Dans la politique syrienne d’Erdogan, on voit le paradoxe grossier et insupportable de ce dirigeant autoritaire et adepte de l’idéal de puissance sacrifier la souveraineté et la sécurité de son pays, notamment sur sa frontière syrienne, aux entreprises douteuses des groupes islamistes installés en Turquie et opérant en Syrie, et même à des bandes du crime organisé, avec actes de violence, pressions contre la population, etc. Il nous apparaît évident que cette situation a contribué décisivement, du point de vue de la perception et par conséquent de l’évolution de la psychologie, à ce que les événements des derniers jours prennent l’ampleur qui est la leur.

L’on voit donc que la crise turque, puisque crise il y a finalement, rejoint la cohorte des autres crises rassemblées et exacerbées par l’“insaisissable guerre syrienne”, comme une des expressions de la crise haute et, plus généralement, de la crise d’effondrement du Système. Par ailleurs, la crise turque introduit dans la même “insaisissable guerre syrienne”, qui l’est ainsi de plus en plus, un nouveau facteur de confusion et d’incertitude en affaiblissant dramatiquement et peut-être en paralysant l’un des acteurs régionaux les plus importants de la coalition anti-Assad réunis par le bloc BAO. Par ailleurs enfin, et pour boucler la boucle, se manifeste la résilience des dynamiques de contestation du Système, car c’est bien le sens que va prendre cet épisode qui semble assurer une sorte de continuité certainement symbolique, et opérationnelle éventuellement, des mouvements type-Occupy, “indignés”, etc.

Turquie : les raisons de la colère de la rue face à l’AKP

euronewsfr

Comment le mécontentement d’une poignée d’activistes qui tentaient d’empêcher l’abattage des arbres du park Gezi à Istanbul a-t-il pu se transformer en une contestation massive contre le gouvernement de Recep Tayyip Ergogan?

L’explosion de colère est sans égale depuis des décennies en Turquie, elle exprime une défiance contre ce que beaucoup parmi les manifestants dénoncent comme un autoritarisme rampant du Premier ministre Erdogan.

Elu avec 50% des voix lors des législatives de 2011, le chef du parti islamiste modéré AKP, impose son hégémonie politique à la société dans tous les domaines. D’ici la fin de son troisième et ultime mandat, en 2015, il veut réformer la constitution pour donner des pouvoirs exécutifs à la présidence du pays et il ne cache pas son intention de se présenter à la présidentielle.

Pendant ces dix années de l’AKP au pouvoir, la Turquie a connu une remarquable stabilité politique et une forte croissance. Pourtant, ces derniers mois une série d’évènements ont mis les laïcs sur le qui-vive.

Fin mai, une centaine de couples se rassemblaient à Ankara pour s’embrasser en public, protestant ainsi contre l’interdiction de se faire des bisous dans le métro de la capitale.

Cette suspicion de vouloir insidieusement islamiser la société turque s’est renforcée avec l’approbation d’une loi interdisant la publicité et limitant la vente d’alcool, il y a quelques jours. Beaucoup de Turcs considèrent cela une intrusion du gouvernement dans la vie privée des citoyens.

Début mai, c’était le personnel de Turkish Airlines qui dénonçait l’interdiction par la compagnie des rouge à lèvres et vernis trop voyants aux hôtesses de l’air, soit-disant à la demande des passagers. Mais pour les syndicats, ce n’est qu’une position politique et idéologique, aucunement une décision motivée par la clientèle.

Et le 15 avril, le musicien et pianiste Fazil Say a été condamné à 10 mois de prison avec sursis pour une série de tweets considérés par la cour comme « insultants à l’égard des valeurs religieuses d’une partie de la population turque ».

Enfin la société turque désapprouve la politique étrangère d’Erdogan concernant la Syrie, selon les sondages d’opinion. Ces manifestants accusent même le gouvernement d’avoir par ses positions entraîné deux attentats à la bombe à Reyhanli, près de la frontière avec la Syrie le 11 mai, ils firent 51 morts.

Pour en savoir plus, nous avons interrogé le Professeur Riva Kastoryano, de l’Institut d’Etudes politiques à Paris.

« Devrim Hacısalihoğlu, euronews : Pour quelle raison le peuple turc organise des manifestations massives contre le gouvernement ?

Riva Kastoryano : Il serait plus juste de dire qu’il y a plusieurs causes, mais pas une seule raison. Au début, il s’agissait d’un mouvement pacifique pour sauver un parc d’Istanbul. La manifestation a débuté dans un cadre écologiste, mais parce que la police turque a attaqué violemment les manifestants, le sens de la réaction a très vite évolué. À présent il semble que toutes les couches de la société turque qui veulent exprimer leur désaffection pour le gouvernement se joignent aux rassemblements.

euronews : Il semblerait que des gens qui n’ont jamais manifesté auparavant descendent maintenant dans la rue.

Riva Kastoryano : « Quand je parle à des gens en Turquie, je vois qu’il y a un réel enthousiasme, une envie de prendre part aux manifestations, même chez ceux qui n’ont jamais participé à un mouvement politique. Il y a des gens issus de tant d’horizons politiques différents. Le mouvement a évolué en quelque chose de moins homogène. Il ne s’agit plus uniquement d’une manifestation de l’opposition. Il y a de plus en plus de dissensions, y compris au sein de la majorité. Ils veulent que le gouvernement tienne compte des manques politiques. Ce n’est donc pas un mouvement qui peut être attribué à une idéologie homogène.

Syrie: l’opposition, bloquée par ses divisions, ne peut se prononcer sur Genève 2

Bulent Kilic/AFP Des membres de la coalition nationale syrienne, le 23 mai 2013 à Istanbul

Alors que Damas a annoncé son intention de participer à une conférence internationale de paix dite « Genève 2 », l’opposition syrienne réunie depuis jeudi à Istanbul ne parvenait pas dimanche à surmonter ses divisions et à adopter une position claire sur ces négociations avec le régime du président Bachar al-Assad.

La situation est d’autant plus grave que les ministres français, américain et russe des Affaires étrangères doivent se réunir lundi soir à Paris pour discuter de la préparation de la conférence internationale et que les membres de l’Union européenne doivent débattre à Bruxelles d’une éventuelle levée de son embargo sur les armes à destination de l’opposition syrienne.

Dans la métropole turque, la Coalition nationale de l’opposition syrienne avait prévu de venir à bout en trois jours d’un agenda chargé : entrée de nouveaux membres dans l’organisation –qui fédère de nombreux groupes de l’opposition syrienne–, élection d’un nouveau président, approbation d’un gouvernement pour les territoires aux mains des rebelles, et enfin débat sur une participation à « Genève 2 ».

Mais dimanche soir, à l’issue d’une quatrième journée de débats, les opposants n’étaient toujours pas parvenus à se mettre d’accord sur le premier point de leur ordre du jour.

Et les accusations fusaient entre les protagonistes, se reprochant réciproquement de vouloir s’approprier le pouvoir en modifiant les rapports de force dans la Coalition avec l’entrée de nouveaux membres ou au contraire de vouloir le garder en fermant la porte à l’élargissement.

« Vous avez l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis qui s’acharnent à inclure jusqu’à 30 membres dans la Coalition nationale. Leur objectif est de réduire l’influence des Frères musulmans dans cette structure », affirmait ainsi samedi à l’AFP un membre de la Coalition sous couvert d’anonymat.

Bulent Kilic/AFP Des membres de la coalition nationale syrienne, le 23 mai 2013 à Istanbul

« Le problème pour nous (les rebelles), c’est que si l’Arabie saoudite prend le contrôle, ils vont se contenter de soutenir les groupes armés de leur choix. Ils n’ont aucune envie de respecter une quelconque structure créée par les Syriens », a commenté dimanche une source proche de l’Armée syrienne libre (ASL).

Arabie saoudite et Emirats contre Qatar et Turquie, c’est en effet « la toile de fond » de cette bataille de tranchée, les premiers soutenant l’entrée dans la Coalition d’un groupe réuni autour de l’opposant historique Michel Kilo, les autres tentant de préserver leur position de force dans l’organisation à travers leurs alliés les Frères musulmans, a confirmé un diplomate parlant sous le couvert de l’anonymat.

Mais les dissensions ont aussi des motivations plus obscures, souvent liées à des questions de personnes, a souligné cette source.

Parvenir à un élargissement de la Coalition, avec plus de femmes, plus de représentants des minorités, mais aussi pour « ne pas s’aliéner certains pays donateurs » comme l’Arabie saoudite, est pourtant « crucial » avant les sommets de Paris et Bruxelles, « pour qu’on puisse montrer que l’opposition est unie », a ajouté le diplomate.

Les sanctions décidées par l’Union européenne (UE) contre la Syrie doivent être renouvelées fin mai. A cette occasion, la France et surtout la Grande-Bretagne font pression pour une levée de l’embargo sur les livraison d’armes afin de pouvoir équiper les rebelles syriens.

« Nous devons parvenir à un résultat, même s’il faut y passer du temps, il faut que nous puissions constituer une délégation qui soit à la hauteur de sa mission » si des négociations entre l’opposition et le régime ont bien lieu, comme les y encouragent les Etats-Unis et la Russie, à l’origine de l’initiative « Genève 2 », a déclaré une autre source diplomatique.

Et c’est en plein étalage par l’opposition de ses divisions que le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a choisi d’annoncer une « décision de principe de participer à la conférence internationale qui doit avoir lieu à Genève ».

Le temps presse d’autant plus pour l’opposition que, sur le terrain, l’armée syrienne, épaulée par la milice chiite libanaise du Hezbollah, progresse dans son offensive contre la ville stratégique de Qousseir (centre), tenue par les rebelles.

« La situation sur le terrain est tellement mauvaise que je pense que ces membres de la Coalition devraient commencer à transpirer », a déclaré la source proche de l’ASL.

AFP

http://www.lechorepublicain.fr/france-monde/actualites/a-la-une/international/2013/05/26/syrie-l-opposition-bloquee-par-ses-divisions-ne-peut-se-prononcer-sur-geneve-2-1563749.html

Syrie: l’armée pénètre dans une position rebelle clé près de Qousseir

Par AFP

L’armée syrienne a annoncé avoir pénétré samedi dans l’aéroport militaire de Dabaa, une position rebelle clé au nord de Qousseir, une semaine après le début de son offensive conjointe avec le Hezbollah contre cette ville stratégique.

Au Liban, le chef du mouvement chiite libanais Hassan Nasrallah a promis samedi à ses partisans la victoire dans la guerre en Syrie.

Sur le plan diplomatique, l’opposition syrienne, réunie à Istanbul, se montre réticente et surtout divisée au sujet d’une conférence internationale visant à réunir à Genève des représentants des deux parties, pour laquelle les préparatifs s’intensifient.

«L’armée syrienne s’est infiltrée à l’intérieur de l’aéroport de Debaa par le nord-ouest, après s’être emparée de la ligne de défense des rebelles. Les combats se déroulent désormais à l’intérieur», déclaré à l’AFP une source militaire.

Cet ancien aéroport se trouve à 6 km de Qousseir, sur la seule route au nord de la ville. D’après des militants, ce sont les forces spéciales de l’armée et le Hezbollah qui ont mené l’assaut.

Sur sa page Facebook, le militant Hadi al-Abbdallah, qui se trouve dans la ville, a lancé un cri désespéré. «O mon Dieu, Qousseir est détruite et brûle. Des centaines d’obus, de missiles tombent sur la ville».

La Tansikiyat (comité de coordination sur le terrain) de Qousseir a appelé à l’aide, également sur Facebook. «Si Qousseir tombe, nous nous relèverons plus. Aidez-nous, envoyez-nous de l’argent, de la nourriture et des médicaments».

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, qui s’appuie sur un réseau de militants et de sources médicales, les violences ont fait au moins 30 morts, essentiellement des combattants rebelles, samedi dans la zone de Qousseir.

Dans un message, le chef par intérim de l’opposition syrienne, George Sabra, a déclaré à Istanbul: «Des milliers d’Iraniens et leurs collaborateurs terroristes du Hezbollah ont envahi la Syrie».

«Gestes de bonne volonté»

«Je dis aux gens honorables, aux moujahidine, aux héros: comme je vous ai toujours promis la victoire, je vous en promets une nouvelle», a déclaré le chef du Hezbollah lors d’une cérémonie tenue à Machghara, dans le sud-est du Liban, à l’occasion du 13ème anniversaire du retrait israélien du Liban.

«La Syrie, c’est la protection arrière et le support de la résistance. La résistance ne peut rester les bras croisés quand sa protection arrière est exposée et quand son support se brise. Si nous n’agissons pas, nous sommes des idiots», a-t-il souligné.

Pour Ghassan al-Azzi, professeur de sciences politiques à l’Université libanaise, «les Iraniens ont demandé au Hezbollah de s’engager une fois pour toute et de façon publique car cette guerre doit décider de l’avenir de l’alliance entre l’Iran et la Syrie et peut-être de toute la région».

Le mouvement chiite a dépêché 1.700 hommes pour la bataille de Qousseir, selon une source proche de l’organisation.

Pendant les combats, les préparatifs se poursuivent en vue d’une conférence internationale de paix dite «Genève II».

Si le régime a donné, selon la Russie, son «accord de principe» pour participer, l’opposition est très hésitante à s’engager dans des négociations alors qu’elle est en perte de vitesse sur le terrain.

Elle est en outre divisée en raison de la guerre d’influence des puissances régionales, avec d’un côté l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis qui veulent élargir la coalition pour réduire l’influence des Frères musulmans et de l’autre la Turquie et le Qatar qui soutiennent la confrérie islamiste.

Lundi, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius reçoit à Paris ses homologues américain John Kerry et russe Serguei Lavrov pour évoquer cette conférence initiée par Washington et Moscou.

Lundi également, le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE doit se prononcer sur une levée de l’embargo sur les armes à destination de l’opposition syrienne. Plusieurs pays, comme la Suède et l’Autriche, y sont farouchement opposés.

A New York, Israël a adressé un courrier à l’ONU accusant la Syrie de chercher à provoquer un conflit, quelques jours après un nouvel incident sur le plateau du Golan dont les deux pays se rejettent la responsabilité.

http://www.liberation.fr/monde/2013/05/25/syrie-combats-acharnes-a-qousseir-l-opposition-hesite-a-negocier_905643

Georges Sabra appelle l’ASL à « sauver » Qoussair

Alors que la ville de Qoussair a été libérée par l’Armée arabe syrienne appuyée par des combattants libanais du Hezbollah, le chef de la Coalition nationale (opposition), Georges Sabra, a appelé toutes les unités se réclamant de l’Armée syrienne libre (ASL) à envoyer des hommes pour « sauver » la ville.

L’Armée syrienne se bat actuellement contre des poches de jihadistes dans certains quartiers et la banlieue. L’appel du trotskiste Georges Sabra vise à rétablir la ligne de partage Nord-Sud de la Syrie que l’opposition voulait faire acter lors de la conférence de « Genève-2 ».

Plus de 80 000 chrétiens avaient été obligés de fuir Qoussair pour échapper à la furie des jihadistes, fin 2012.

La libération de Qoussair modifie profondément la donne stratégique syrienne et met fin au projet de partition.

Le président Barack Obama a appelé son homologue libanais, Michel Sleimane, pour protester contre l’intervention du Hezbollah en contradiction avec la politique de neutralité du Liban. Le Premier ministre turc, Reccep Erdogan, a également condamné l’intervention du Hezbollah lors d’une conférence de presse à Istanbul, à l’occasion de son retour des États-Unis.

http://www.voltairenet.org/article178577.html

Syrie : Qui est derrière les attentats d’Al-Rihanya ? Par Nasser Kandil

lundi 13 mai 2013, par Comité Valmy

Syrie : Qui est derrière les attentats d’Al-Rihanya ?

Par Nasser Kandil

Le mot « Rihaniya » est-il arabe ? La réponse est oui. La ville elle-même est arabe et la majorité de ses habitants sont des arabes syriens de la province d’Iskenderun !

La Syrie a été accusée d’être à l’origine des attentats terroristes [qui l’ont ensanglantée le samedi 11 mai]. Demandons-nous : Pourquoi ? Comment ? Et quand ?

Pourquoi ?

Pourquoi la Syrie tuerait-elle ses concitoyens qui, en l’occurrence, ne cessent de manifester pour lui exprimer leur soutien et protester contre Erdogan et les milices armées de la dite « opposition syrienne » ; lesquelles « milices armées » ne disposeraient ni de camps d’entrainement ni d’aucun commandement sur le territoire turc !?

Comment ?

Les voitures piégées sont arrivées à la frontière en passant à travers les zones contrôlées par la dite opposition syrienne ?

Mais… au cas où les Syriens étaient derrière la manœuvre, n’aurait-elle pas été plus judicieuse et plus efficace si elle avait été menée contre les milices armées en territoire syrien ?

Ou alors… les voitures piégées sont arrivées de l’intérieur même du territoire turc ?

Dans ce cas, si le message était destiné à Erdogan comme certains ont pu le prétendre, n’aurait-il pas été plus retentissant si la cible des explosions avait été Ankara ou Istanbul ?

Quand ?

  • Suite à l’échec du « projet de guerre Erdogan-Netanyahu », une agression commune ayant pour objectif la chute de Damas.

  • Suite à la résignation de Washington qui a accepté la solution négociée à Moscou, une solution rejetée par Erdogan et son ministre des Affaires étrangères Daud Oglu.

  • Avant la visite d’Erdogan à Washington pour plaider contre la solution politique et faire battre les tambours de la guerre contre la Syrie.

Et enfin, qui se trouve coincé dans l’impasse syrienne et qui a besoin d’une telle manœuvre explosive ?

La réponse est : Erdogan, pour accuser la Syrie du massacre, comme il en a été pour tous les autres massacres programmés à la veille d’une réunion du Conseil de sécurité

Nasser Kandil

12/05/2013

Article traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

Article original : Top News Nasser Kandil

http://www.topnews-nasserkandil.com/topnews/share.php ?art_id=2000

Note de la traductrice  :

Ci-joint une dernière turpitude insoutenable que je refuse de traduire… pour le moment ! Il faudrait la visionner et l’enregistrer avant qu’elle ne soit supprimée pour cause d’ « âmes sensibles » qui refusent d’admettre ce que les « respectables révolutionnaires » – aux yeux des plus éminents dirigeants occidentaux – promettent aux soldats de l’Armée nationale syrienne ; autrement dit, à ceux qui défendent l’une des plus nobles causes : leur patrie !

Vidéopubliée sur Youtube le 12 mai 2013 :

Terrifiant même s’il s’agissait d’un montage ! Un membre de l’ASL arrache le cœur d’un syrien et le mange tout en promettant le même sort aux soldats… de Bachar al-Assad !

http://www.youtube.com/watch ?v=tzvWP9j5Duc

Nasser Kandil est libanais, ancien député et directeur de TopNews-nasser-kandil

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article3492