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Israël se prépare à des manœuvres sans précédent

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Dimanche prochain , l’entité sioniste se prépare à des manœuvres sans précédent  pour tester l’état de préparation du front intérieur : manœuvres qui consistent à  face à une guerre générale où tous  les centres résidentiels du front intérieur seront sous le feu de milliers de missiles, a rapporté le quotidien libanais asSafir.

Selon des sources israéliennes , « ces manœuvres revêtent  une importance primordiale aujourd’hui dans le cadre des menaces croissantes échangées entre Israël et la Syrie » , et des tensions exacerbées sur le front du Golan syrien occupé.

Ce qui est à noter  c’est que « pour la première fois ces manœuvres ont été baptisées Orf Etan 1 et consistent  à préparer les grandes villes d’Israël à non pas une attaque de missiles mais à quand cela se produira ».

Les manœuvres Orf Etan 1 ont lieu sur la base d’un scénario très dangereux impliquant des milliers de roquettes, y compris des missiles non conventionnels, frappant  les villes et les zones résidentielles et des installations stratégiques en Israël.

Autrement dit ces manœuvres consistent à faire face à une attaque de milliers de missiles  venant  de plusieurs fronts en même temps, soit de la Syrie, du  Liban et de la bande de Gaza. A souligner que ces exercices étaient  initialement prévues il ya trois semaines mais ont été reportés en raison des tensions avec la Syrie. Et donc,  Dimanche prochain le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu compte annoncer le début de ces manœuvres dans le cadre de la semaine d’urgence nationale.

Selon le plan,  entre lundi et mercredi,  la population israélienne  est appelée à participer à ces manœuvres  aussitôt les sirènes déclenchées  en allant se réfugier dans les abris souterrains.

Le Lundi à midi, les  sirènes d’alerte se déclencheront et les opérations d’évacuation seront executées dans les établissements scolaires, les lieux de travail et les institutions des autorités locales.

Toujours le Lundi, mais le soir, les sirènes retentiront à nouveau   pour tester l’état de préparation des familles dans leurs maisons. Le réseau internet sera utilisé en collaboration avec le ministère de l’Éducation pour s’assurer si les étudiants ont rejoint leurs familles et ont réussi à s’abriter.

Pour la première fois,  l’entité sioniste testera tous ses systèmes d’alarmes à travers les cellulars, les réseaux sociaux et les chaînes de télévision et de radio. La zone des manœuvres sera  Tel-Aviv le gouvernement participera dans son ensemble.

Toujours selon asSafir, les manœuvres consistent à faire face à des missiles  non conventionnelles qui vont  tomber sur des écoles et des lieux à  Nazareth et Safad, aussi à secourir des blessés  dans une usine et une prison.

La Knesset sera exposée également aux missiles non conventionnels de même qu’un hôpital de Jérusalem et un grand incendie dans les forêts du Mont Carmel.

Le commandant en chef du front intérieur le général Iyak  Eisenberg a déclaré : «il nous est demandé de faire face à une grande quantité de missiles. L’ennemi dispose de missiles de longue portée  avec des ogives aux des volumes substantiels pesant des centaines de kilogrammes. Il ne fait aucun doute que le front intérieur israélien connaîtra une expérience jamais vécue dans le passé, le front  être solide pour permettre au commandement général de prendre des décisions », ajoutant que« les jours ne seront pas faciles, mais les capacités d’Israël de destruction doublent des dizaines de fois celle de  nos ennemis, je conseille nos voisins qui s’échauffent de reconsidérer leurs mouvements ».

Selon le général Eisenberg, le «défi réside dans la menace chimique et donc nous serons contents à ce que nos citoyens ne soient pas exposés au risque d’une arme chimique ».

Et de conclure : « Nous nous préparons à  faire face à l’ouverture de  multiples fronts et nous savons que l’ennemi  jouit d’une véritable capacité opérationnelle pour frapper le front intérieur israélien, d’où ces manœuvres. Elle est révolue  l’ère des privilèges où les affrontements se concentrées à l’avant alors qu’à l’arrière le front est calme. Désormais, le front intérieur  connaîtra  quelque chose d’autre et nous avons déjà eu l’occasion de l’expérimenter  durant  la seconde guerre du Liban »..

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=113189&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=22&s1=1

Un soldat israélien tué et deux autres blessés au Golan

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Un soldat israélien tué et deux autres blessés au GolanA peine 24 heures après la destruction d’un char israélien par l’armée syrienne au Golan, l’armée d’occupation a affirmé mardi soir la mort d’un de ses soldats, c’est ce qu’a rapporté ce mercredi l’agence de presse américaine UPI.

Un porte parole de l’armée d’occupation israélienne a rapporté qu’un des soldats de Tsahal a été tué et deux autres blessés. Or, il a prétendu que le soldat est mort dans l’après midi de mardi suite à l’explosion d’une mine dans le Golan syrien occupé.

Rappelons que l’armée syrienne avait annoncé mardi avoir détruit un char israélien dans la région libéré de Bir Ajem, au Golan. La destruction du char implique la mort du soldat qui était à bord!

Source: AlQuds al-arabi

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=113190&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=22&s1=1

Syrie: Quand la Turquie change de cap…

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Il semble que la Turquie remet en question sa politique envers la Syrie à en juger la presse turque, a rapporté le quotidien libanais asSafir.

Les commentaires turques sur la visite du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan à Washington portent essentiellement sur la période post-visite  et ses impacts sur la situation syrienne en particulier.

La presse  est unanime : la position turque a changé dans le sens de la recherche d’une solution pacifique d’une part, et l’abandon du soutien aux groupes fondamentalistes comme le Front alNosra  qui utilise la Turquie comme passage d’acheminement d’armes vers la Syrie.

Sur le premier point, Erdogan a déclaré à Washington que la position turque a changé voire elle a évolué  par rapport à la question syrienne. Il s’est justifié en invoquant devoir céder aux pressions du président américain Barack Obama qui lui aurait demandé de soutenir  les groupes modérés de l’opposition syrienne.

Selon le quotidien turc Melliat, le journaliste  Kadri Gursel estime que « la  solution à la crise syrienne sera apportée  par la conférence internationale  Genève 2 et les moyens diplomatiques ». Selon Gursel, « la tenue d’une telle  conférence traduit la conviction de toutes les parties qu’il n’y a pas une solution militaire à la crise syrienne, ce qui signifie qu’il y aura ensuite Genève 3 ». Et donc,  la Turquie sera une partie intégrante à Genève 2 après qu’elle s’y était  opposée fermement.

Toujours selon le journaliste, «l’option militaire ne sera jamais posée sur la table compte tenu des efforts continus pour parvenir à un règlement pacifique  mais aussi parce que la communauté internationale ne veut pas que  la Syrie devienne un pays dominé par les jihadistes et Al-Qaïda. Et donc, la Turquie n’a aucune  justification à garder chez elle une base arrière pour les jihadistes. Il lui sera demandé de  contrôler ses frontières et de se comporter en Etat de droit ».

 «Erdogan n’est pas clair en parlant des organisations terroristes. Car si ce n’est pas du  Front alNosra dont il s’agit, mais du PKK et du Parti de l’union démocratique en Syrie, alors on ne peut pas dire qu’il y a un changement dans la politique turque. Par contre, quand il s’agit du rôle du président syrien Bachar al-Assad dans le processus de règlement, là il y a un changement dans la position turque : car désormais on parle d’une participation des  groupes du régime   dans le processus de règlement qui se devrait se terminer par le départ d’Assad », souligne le journaliste.

Et de poursuivre : «  La Turquie a décidé donc d’abandonner son  opposition au profit d’une participation  active à la Conférence de Genève -2. Son rôle sera de convaincre l’opposition sunnite syrienne de participer à la conférence et faire partie de la solution ».

Un autre  journaliste du quotidien Melliat,  Fouad Keyman a estimé que «les efforts actuels se concentreront sur le processus d’une solution pacifique à la crise syrienne où le rôle de la Turquie sera de persuader la Russie, la Chine et l’Iran à une telle solution ».

Il a indiqué que «l’objectif des Etats-Unis est de réussir la phase de transition, ce qui nécessite l’arrêt de la guerre et la participation de tous, y compris des personnalités de l’intérieur du régime pur parvenir  en fin de compte au départ du président Assad. Or,  la Turquie veut un règlement rapide pour  mettre fin au risque d’attentats comme celui de  Rihaniyya et aussi cesser le flux des réfugiés syriens . Pour jouer ce rôle, la Turquie doit se concentrer à régler le  problème kurde, afin d’éviter d’être un pays  au flan blessé et devenir une star de la carte du Moyen-Orient. Ainsi, le processus de résolution du problème kurde offre des possibilités à la Turquie de jouer des rôles plus importants dans la région ».

Pour le journaliste Ozil du quotidien Khabar turk ,  «le réalisme et le pragmatisme ont prévalu lors des réunions d’ Erdogan à Washington : la Turquie sait  maintenant ce que veulent  les États-Unis de la crise syrienne. Il est clair que la Turquie agira  dans la question syrienne en conformité avec les normes établies par l’administration d’ Obama ».

« La  politique étrangère d’Ankara a perdu de sa valeur,  la Turquie a dû affronter les limites de ses moyens. Désormais, l’influence turque dans les développements régionaux est limitée par les approbations de l’administration d’Obama. La Turquie devra faire preuve de plus de sérieux  dans le contrôle des frontières et envers les groupes jihadistes. Les deux parties seront plus rationnelles grâce à l’appui des groupes d’opposition modérés en Syrie. Par conséquent, on peut s’attendre à de résultats sérieux à Genève-2″ souligne Ozil.

Enfin, selon  le quotidien turc Star, il faut garder en mémoire que finalement « ce qui importe dans la question syrienne pour les Etats-Unis, c’est uniquement la sécurité d’Israël. Tout développement en Syrie qui ne menace pas la sécurité d’Israël n’a pas d’importance pour  les États-Unis. Et donc,  si une  guerre civile en Syrie ne constitue pas une menace pour Israël, qu’elle se prolonge. Ils ont bien prolongé  la guerre civile au Liban de 15 années c’est pourquoi la Turquie devrait se préparer à une guerre en Syrie qui ne se terminera pas bientôt ».

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=113009&cid=86&fromval=1&frid=86&seccatid=35&s1=1

Les rebelles syriens et «Israël»: concordance du parcours et du sort

Nombreux sont les rebelles syriens qui ont acclamé la dernière agression israélienne contre Damas. Ils ont célébré l’intervention directe de l’entité sioniste dans la crise. Ils ont montré, d’une manière ostentatoire, une harmonie entre leurs politiques et l’agenda israélien.

Ce ne fut pas une surprise. L’opposition syrienne parait fidèle à un parcours suivi depuis le début de la crise. Dès le premier jour, Borhan Ghalioun l’a clairement déclaré au «Wall Street Journal». L’objectif est de conclure la paix avec «Israël». Le chef d’état-major de l’ennemi, Benny Gantz, a récemment indiqué qu’une sorte d’entente a eu lieu entre «Israël» et l’opposition syrienne, «afin de garantir l’avenir des frontières entre les deux pays». Le responsable israélien a évoqué «des garanties présentées par les pays arabes qui parrainent et financent l’opposition syrienne».

Pour plusieurs opposants syriens, «Israël» n’est guère un ennemi. Ces propos ne sont pas une exagération. Leurs réactions envers le dernier raid contre Damas, a confirmé ce fait. Les raids israéliens sont requis afin de réaliser l’objectif commun des deux parties (opposition et «Israël»). Renverser le régime. Certains rebelles ont même interprété les raids, comme étant un conflit personnel entre Assad et l’entité sioniste.

Tout observateur pourrait constater une concordance entre les positions des opposants et des Israéliens : la question des armes chimiques, la convocation de l’intervention de l’Otan, l’hostilité au tandem Iran-Syrie-Hezbollah, la participation à des réunions organisées par l’ami d’ «Israël», Bernard Henry Levy, les déclarations de certains aux médias israéliens, arrivant enfin à considérer «Tel-Aviv» comme «une nécessité dans la région».

L’opposition syrienne semble être une extension naturelle d’un système intellectuel global, émergé depuis longtemps dans le monde arabe. Un système qui a consenti l’hégémonie américaine et israélienne, même si le coût était l’autodestruction et l’anéantissement de tous les facteurs de force. En Syrie, ces facteurs sont l’entité, l’Etat, l’armée et l’alliance régionale.

L’opposition syrienne a adopté une demande historique prônée par ce système et ceux qui le soutiennent : éliminer la fonction stratégique de la Syrie, en face d’ «Israël». Une fonction axiomatique d’après la géopolitique. Les réalités des deux dernières années le confirment.

Cet objectif peut être réalisé de deux manières :

Torpiller les constituants de l’État syrien, nécessaires à la confrontation d’«Israël». Un fait observé depuis le début de la crise syrienne.

Dissocier la Syrie de la cause palestinienne. De grands efforts ont été déployés dans ce contexte pour provoquer des différends, voire des conflits, entre les factions palestiniennes et Damas, qui les avait accueillies tout au long de trente ans. S’ajoutent à ces tentatives, des campagnes médiatiques de désinformation, visant à réduire l’importance décisive du soutien syrien à la résistance palestinienne.

Il convient de noter que la fonction stratégique de tout pays, est un moyen par lequel il peut se préserver. En dépit de ce fait, l’opposition syrienne ne cesse de diaboliser la politique adoptée par la Syrie à l’égard de plusieurs affaires, dans le contexte de son droit naturel de jouer ce rôle stratégique.

Par son attitude, l’opposition tente de parvenir au pouvoir, quel qu’en serait le prix. Elle affiche un aspect de collaboration, inévitable dans toutes les sociétés. Mais la collaboration et la traitrise de l’opposition syrienne ont pris de nouvelles dimensions, qui nécessitent des analyses intellectuelles et psycho-sociales.

Source : al-Ahednews, traduit par : moqawama.org

http://french.moqawama.org/essaydetails.php?eid=9417&cid=324#.UZv2Gth3dDw

Propagande coloniale (2/2) Chrétiens de Syrie : le mensonge organisé des médias français

Dans ce second et dernier volet de son étude, François Belliot montre comment la presse française a donné la parole presque exclusivement à un prêtre italien pour dénoncer le « régime de Bachar », alors même que la totalité des évêques et Patriarches chrétiens de Syrie le soutient. Il ne s’agit bien sûr que d’un exemple du biais médiatique dans les pays de l’OTAN, ce prêtre ayant été invité identiquement en Amérique du Nord et en Europe. La presse chrétienne n’a pas échappé au jeu colonial, ses journalistes étant les mêmes que ceux des organes profanes.

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Au moins 1 700 églises ont été profanées ou détruites par les « révolutionnaires » islamistes en Syrie, selon les autorités écclésailes.

Il existe bien des façons de démontrer que la Syrie est victime depuis deux ans d’une campagne de propagande intense visant à persuader l’opinion otanienne de la nécessité d’armer l’opposition et de renverser Bachar el-Assad, « l’ignoble-dictateur-qui-torture-et-massacre-son-propre-peuple ». On peut évoquer l’imposture que constitue le prétendu Observatoire syrien des Droits de l’homme (OSDH), on peut rapporter des témoignages qui vont dans le sens inverse de la version officielle, on peut remonter l’histoire et constater que la déstabilisation actuelle de la Syrie depuis l’étranger s’inscrit dans une dynamique très ancienne (Sykes-Picot, 1916) dont la crise actuelle ne constitue que la dernière étape, on peut faire la comparaison avec d’autres campagnes de propagande ayant abouti aux renversements de chefs d’Etat sur la base de fausses preuves (Saddam Husseïn, Mouammar el-Kadhafi), on peut évoquer le jeu d’alliances de la Syrie avec le Hezbollah et l’Iran, qui gêne les velléités expansionnistes d’Israël et s’oppose au plan de remodelage par les États-Unis du « Moyen Orient élargi, on peut souligner les intérêts gaziers et pétroliers dans la région, qui font de la Syrie une proie d’autant plus convoitable que ses ressources d’énergie fossile restent largement à exploiter.

On peut aussi pointer la loupe sur certains personnages mis en avant dans les médias commerciaux. La propagande pour être crédible s’appuie sur des témoins de choix, souvent minoritaires dans le camp qu’ils sont censés représenter. En comparaison, d’autres personnes, souvent plus nombreuses et plus représentatives, sont systématiquement écartées des plateaux, voire diffamées sans qu’elles aient la possibilité de se défendre médiatiquement.
Le cas du père Paolo Dall’Oglio, censé représenter le point de vue des chrétiens de Syrie, omniprésent dans les grands médias commerciaux à l’automne dernier, et de nouveau en ce mois de mai 2013, à la différence d’autres personnalités bien plus représentatives, permet de démontrer de façon irréfutable que le traitement de la crise syrienne par les médias commerciaux otaniens est presque intégralement mensonger et orienté.

L’histoire que je vais raconter commence par une conférence organisée à Paris en septembre dernier.

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Père Paolo Dall’Oglio s.j.

Une conférence sur la Syrie à la mairie du XXème arrondissement de Paris

Le 25 septembre dernier était organisée, dans la salle des fêtes de la mairie du XXème arrondissement de Paris, une conférence intitulée « Regards croisés sur la Syrie ». Elle mettait en scène un intervenant unique, le père Paolo Dall’Oglio. Elle était prévue pour durer 2 heures, une heure de parole pour le père Paolo suivie d’une heure d’échange avec le public.
Habitué depuis des mois à passer chaque matin devant cette mairie, j’avais forcément remarqué une immense banderole qui en recouvrait la façade, et qui appelait par un biais tendancieux à la fin des massacres en Syrie. La mairesse du XXème arrondissement, Frédérique Calandra avait à l’évidence choisi son camp : celui de l’ « opposition », contre celui du « régime de Bachar el Assad » [1].
Je savais plus ou moins à quoi à m’attendre en me rendant à cet événement ; mais c’était tout de même une bonne occasion d’entendre quelqu’un qui avait vécu longtemps en Syrie et qui pouvait donner le point de vue d’un témoin direct confortant la version officielle.
Je n’avais jamais entendu parler du père Paolo Dall’Oglio. Son nom m’avait échappé dans le flot d’actualités quotidien sur la Syrie, et les médias indépendants eux-mêmes n’y avaient guère prêté attention.

La salle des fêtes de la mairie du XXème était très bien remplie, 300 personnes au jugé. A proprement parler ce n’était pas une conférence, mais un jeu de questions réponses entre un journaliste et le père Paolo. Il ne s’agissait donc pas de « Regards croisés », comme suggéré dans l’intitulé de la conférence, mais du « regard » du père Paolo, qui n’était affligé d’aucun strabisme convergent. Le journaliste, étant complètement acquis à la cause du père il n’y avait pas de contradicteur dans ce « croisement ».
Je commençai à prendre des notes. La salle était mal insonorisée, et le père Paolo, en plus de s’exprimer dans un français parfois incertain, était dur à suivre dans son exposé. Il rendit hommage à la révolution tunisienne et à la révolution égyptienne , plus généralement au printemps arabe, dans lequel s’inscrivait naturellement selon lui la révolution syrienne [2]. Il insista sur la pratique systématique de la torture et l’emprisonnement des opposants par le « régime de Bachar el-Assad ». Il se félicita d’avoir en juin 2011 tiré la sonnette d’alarme : « le régime » était construit exclusivement sur le mensonge, cela faisait partie de son ADN. A deux reprises il compara ceux qui remettaient en cause la version officielle de la révolution syrienne à ceux qui remettaient en cause la version officielle du génocide des juifs, qu’il assimila ainsi à du négationnisme et à une pathologie de l’esprit. Il expliqua que la négation de la version officielle était le fait de forces d’extrême gauche et d’extrême droite coalisées pour l’occasion. Il fustigea le rôle de la Russie, qui mettait régulièrement des vetos aux résolutions de l’ONU contre la Syrie, car elle pensait à tort avoir été bernée sur l’affaire libyenne, l’année précédente, et sur l’affaire du Kosovo, il y a quelques années. Il expliqua, quoiqu’il fût prêtre et par nature religieuse opposé à l’usage de la force, qu’il fallait cependant armer les rebelles (en ne se trompant pas sur les destinataires) et qu’il y avait un devoir d’ingérence à intervenir en Syrie. Il se paya d’une diatribe sur le Réseau Voltaire, qu’il semblait tenir (puisque c’est le seul organe de presse indépendant qu’il nomma) pour le principal responsable de la campagne de désinformation sur la Syrie ; il nia absolument le fait qu’il pût exister une alliance entre le Qatar, l’Arabie saoudite, la France et le Royaume Uni (je rajoute la Turquie et la Jordanie qu’il a omises dans sa liste), pour déstabiliser la Syrie. Et si l’ONU ne pouvait résoudre le problème… c’était une théorie du complot diffusée par « le régime » pour cacher ses exactions, il devenait urgent de « passer outre le droit international ».
Pour être juste, le journaliste osa poser une question cruciale : comment lui, chrétien, prêtre qui plus est, pouvait-il appeler à armer l’opposition ? N’y avait-il pas là une contradiction fondamentale ? Une personne du public relaya cette préoccupation. Cette question fut posée en préambule, et le père Paolo y répondit avec certains des arguments que je viens d’énumérer. Je passe sur la séance de questions qui s’ensuivit. Elles furent pour la plupart extrêmement consensuelles, et beaucoup dans la même veine persuasive plus que convaincante qu’avait employée le père Paolo. Je me souviens en particulier d’une dame explosant sur un ton hystérique : « Vous attendez quoi ? Les chambres à gaz ? Le Christ était le premier martyr ! Il y a des milliers de Christs en Syrie ! » Elle avait sans doute lu la chronique de désinformation de Caroline Fourest dans l’édition du Monde du 25 février 2012 , suggérant que l’Iran avait fourni un four crématoire à la Syrie qui « tournerait déjà à plein régime » dans la région d’Alep.
La seule question un peu dissidente fut posée par une femme qui pointa la responsabilité éventuelle de puissances étrangères dans la déstabilisation de la Syrie. Elle put s’exprimer mais fut la seule que l’on pressa de remettre le micro alors qu’elle déroulait son intervention. Elle fut moquée par le père Paolo qui, sans le moindre argument, l’accusa de pratiquer des amalgames, alors que lui-même n’avait fait que ça pendant son intervention.

Quand la conférence fut terminée, je découvris des Syriens contestant la version officielle, que j’avais eu l’occasion pour certains de rencontrer lors de diverses manifestations et nous nous retrouvâmes autour d’un verre dans une brasserie de la place Gambetta.
Je m’enquis du personnage et l’on m’en fit une brève présentation, que je complète avec certains détails utiles :
Paolo Dall’Oglio est un religieux jésuite italien né à Rome en 1954. Après un passage par le Liban en 1982, il découvre le monastère Deir Mar Moussa en Syrie, et décide de consacrer sa vie à sa restauration. En 1992 il fonde une communauté œcuménique religieuse mixte qui promeut le dialogue islamo-chrétien. Dans le prolongement de cette démarche, il publie, en 2009, Amoureux de l’Islam, croyant en Jésus. Quand les troubles commencent, début 2011, il prend parti pour l’opposition, allant jusqu’à demander publiquement qu’on lui fournisse des armes. En juin 2012, à la demande de l’ensemble des Eglises de Syrie et du gouvernement, son visa n’est pas renouvelé et il doit quitter le pays. Depuis, l’homme a été très massivement relayé dans les médias commerciaux de masse (New York Times, Le Figaro, etc .) et a été reçu par les plus hautes autorités de divers Etats engagés dans le conflit aux côtés de l’Arabie saoudite, du Qatar, et de la Turquie.

Chacun y alla ensuite de son anecdote, touchant soit son expérience personnelle en France ou en Syrie, soit sur un aspect de la conférence.
L’un des Syriens m’apprit qu’il avait levé la main pour poser une question (qui fatalement n’irait pas dans le sens des organisateurs de la conférence), et qu’alors il fut montré du doigt par un des organisateurs, avec un signe d’interdiction. L’homme était intervenu dans des circonstances comparables et avait été repéré comme un contestataire gênant de la pensée unique officielle, que l’on devait en conséquence contenir ou réduire au silence. Consigne fut ainsi donnée de l’empêcher de prendre la parole.
Je me souvenais alors que ce n’était pas la première fois que j’étais confronté à ce genre de censure, et je rapportais ce qui m’était arrivé à la Fête de l’Humanité.

Rencontre de l’association Souria Houria à la Fête de l’Humanité

Me promenant dans le « Village international » de la Fête de l’Humanité, j’étais entré, curieux, dans un stand « syrien ». Il s’agissait d’un groupe de personnes soutenant la version officielle de l’OTAN et d’al-Jazeera. Ils appelaient à la mobilisation contre Bachar el-Assad, invoquaient les devoirs de la « Communauté internationale », la nécessité du « droit d’ingérence humanitaire ». Quatre intervenants s’étaient succédé en l’intervalle de 40 minutes. Au terme de cette tribune commune, j’avais pris la parole (nous n’étions guère nombreux, et le stand d’à côté avait une sono tonitruante), pour contester leur vision de la situation, qui passait sous silence le fait que d’horribles massacres étaient perpétrés par des mercenaires fanatiques financés par le Qatar et l’Arabie saoudite et appuyés logistiquement par l’OTAN et les services de renseignement alliés. La réaction des tenanciers du stand avait été éloquente : dans un premier temps l’un d’entre eux m’avait pris gentiment par le bras pour m’inviter à quitter les lieux. Comme j’avais protesté du procédé, on m’avait confronté à un « militant de l’ASL » qui pendant 10 minutes m’avait reseriné la version officielle. Je n’avais pu malheureusement lui répondre de façon développée. Alors que j’avais patiemment écouté son discours, je n’avais pu, en guise de réponse, prononcer plus de trois phrases. Un concert de huées s’était allumé. Des gens s’étaient senti le devoir de m’interrompre, visiblement émus et hors de raison. Sentant qu’il me serait difficile de m’exprimer, j’étais sorti, bruyamment accompagné par une chanson qu’ils s’étaient mis soudain à entonner en chœur et à pleins poumons.

Les tenanciers de ce pavillon n’étaient autres que les organisateurs de cette conférence du 29 septembre, qui s’appelait Souria Houria (Syrie Liberté). Dans la pratique de la censure et le mépris de la liberté d’expression, nous avions affaire là à une cohérence indéniable. Ces gens qui critiquaient le régime massacreur, désinformateur, qui agonisaient le Réseau Voltaire d’injures, d’amalgames et d’accusations sans fondement, qui appelaient naïvement au devoir d’ingérence humanitaire, pour parvenir à leurs fins n’hésitaient pas à trier les questions du public de leurs conférences, et refusaient de débattre avec des gens ayant un autre point de vue que le leur (tout en laissant passer des réactions hystériques du genre de celle de la femme que j’ai rapportée plus haut). Et quand ils se trouvaient dans l’obligation de répondre, ils se mettaient immédiatement en colère, faisaient des comparaisons avec le négationnisme, coupaient la parole, ou se mettaient à entonner des chants en troupeau.
Je me souviens qu’à un moment de la conférence de Paolo dall’Oglio, ils se sentirent d’entamer la même chanson avec laquelle ils avaient fêté ma fuite. Cependant ils n’étaient plus entre eux et l’initiative était déplacée. Peu suivis (et compris) par les 300 assistants, ils se turent après quelques syllabes.

Il faut s’arrêter un peu sur cette association Souria Houria, qui soutient aveuglément, avec un argumentaire minimal, et des pratiques douteuses, la version officielle relayée par les grands médias commerciaux. Cette association est depuis sa création en mai 2011 de toutes les actions et manifestations organisées en France appelant à la chute du régime. Lors d’une journée de soutien place de la Bourse, on entendit l’un de ses membres à la tribune se vanter qu’à présent ils brassaient des millions. Elle était au centre du « Train pour la liberté du peuple syrien », le 12 décembre dernier, qui emmenait des citoyens et des parlementaires français de Paris à la rencontre de parlementaires européens à Strasbourg. Elle était au cœur du débat truqué organisé à l’Institut du Monde Arabe (IMA) le 24 février (voir mon article précédent ) dernier au cours duquel un des membres de Souria Houria siffla violemment une personne qui prenait la parole pour contester la version officielle. Enfin, c’est cette association qui est motrice de la « Vague blanche pour la Syrie » , « manifestation internationale (lancée) le vendredi 15 mars à l’occasion des deux ans de la « révolution syrienne », que relaieront massivement les organes habituels de la propagande de guerre de l’OTAN : TV5 monde, Bfmtv, France 24, LCP, en partenariat avec Le Nouvel Observateur, Libération, Mediapart, Rue89, Radio France.
L’association Souria Houria a été fondée en mai 2011 par Hala Kodmani, journaliste franco-syrienne qui travaille en France depuis 30 ans et elle en en a jusqu’à récemment assuré la présidence. Hala Kodmani a été rédactrice en chef de France 24 d’octobre 2006 à septembre 2008, et chargée de la rubrique Syrie au journal Libération pendant une grande partie de la crise qui secoue ce pays depuis 2 ans. Mais la place centrale qu’elle occupe dans la contestation syrienne en France s’explique surtout par l’influence de sa sœur Bassma Kodmani, qui a participé à la fondation du Conseil National Syrien lancé en octobre 2011 à Istanbul. Bassma Kodmani (je renvoie à mon précédent article sur le débat truqué à l’IMA ), est considérée comme la principale représentante des intérêts des USA dans cet organisme. Il est savoureux (outre les conflits d’intérêt évidents), de remarquer que dans le même temps où l’opposition dénonce que « Bachar n’a pas le droit d’être président de la Syrie car il a hérité le pouvoir de son père ! », les sœurs Kodmani (qui ne représentent strictement rien pour le peuple syrien), font ce qu’elles dénoncent en parole en se distribuant familialement les rôles au sein de la « rébellion » en France.

Les Syriens avec qui je discutais, place Gambetta ce 25 septembre, défendaient une position aux antipodes de celle de Souria Houria et du gouvernement et des médias français.
La discussion roula évidemment sur la situation en Syrie et sur notre curieux conférencier en soutane. Cet homme ne représente rien, m’affirma-t-on. Il ne représente en aucun cas les chrétiens de Syrie, qui soutiennent majoritairement (à l’instar du reste du peuple syrien) le gouvernement d’el-Assad, et pour cause, avec les alaouites, les chrétiens dès le début du conflit étaient une cible privilégiée des mercenaires islamistes.

Ils me rapportèrent diverses exactions commises par les mercenaires, exactions toutes plus horribles les unes que les autres et qui montraient, au moins, que la présentation de la crise syrienne par le père Paolo Dall’Oglio était une caricature illégitime et dépourvue de toute nuance. Au vu du caractère édifiant de ces témoignages, on comprenait aisément pourquoi on n’en entendait jamais parler dans les grands médias commerciaux. Ils étaient si forts et si nombreux que les relayer même en passant porterait un coup fatal à la propagande otanienne.
En rentrant chez moi je décidai de m’intéresser plus en détails à l’histoire de ce curieux prêtre, et j’entamai une recherche internet.

La campagne médiatique autour du père Paolo dall’Oglio

Il est peu question du père Paolo dall’Oglio avant son départ de la Syrie en juin 2012, pour non-renouvellement de visa. On relève un article dans Pèlerin du 10 août 2011 favorablement intitulé : « En Syrie la parole se libère » » . Les troubles agitent le pays depuis la fin du mois de mars. Il vient de publier avec une dizaine de Syriens laïcs et religieux une contribution intitulée « Démocratie consensuelle pour l’unité nationale », dans laquelle il appelle à la mise en place « d’un système pour amener la Syrie vers une démocratie parlementaire. Car la démocratie est la seule voie possible pour mettre un terme à ce bain de sang et faire respecter les droits de l’homme, qui sont universels : tous, que nous soyons d’Orient ou d’Occident, nous nous retrouvons dans cette idée humaniste. » L’homme n’appelle pas encore à « armer l’opposition », mais comme des membres de son groupe appellent ouvertement à « la chute du régime », il est rabroué par les autorités et les différentes Eglises chrétiennes qui désapprouvent son initiative. Le 8 janvier 2012, Rue 89 publie un article de Nadia Braendel intitulé « Mar Moussa, un monastère pris dans la révolution » . Le père Paolo y est présenté comme une « icône de la contestation ». On apprend que le père Paolo a pu rester en Syrie, malgré une décision d’expulsion envoyée à l’évêque de Homs. Il s’est engagé à ne plus prendre de position politique. Mme Braendel rapporte pourtant les propos ambigus suivants : « Il faudra peut-être une force d’interposition pacifique arabe et occidentale, car aujourd’hui il y a 100000 Syriens prêts à tuer, et 100000 qui se vengeront. Les deux camps sont bloqués ». Le 21 mai 2012 le site RMC.fr fait paraître un article complaisant de Nicolas Ledain intitulé : « Syrie : des religieux chrétiens font de la résistance » . Le journaliste relate les problèmes rencontrés par les religieux de Mar Moussa, victimes de menaces et de pillages de la part de bandes armées non identifiées, et clôt son article en faisant un rapprochement avec la situation des moines de Tibhérine en 1996.

On ne peut pas dire jusque là que le père Paolo occupe une place de choix dans la couverture des événements en Syrie. C’est son expulsion du territoire syrien le mois suivant qui va donner le coup d’envoi d’une impressionnante campagne médiatique dans plusieurs pays. Cette expulsion est relatée dans Le Point du 16 juin . Très amer, le père Paolo déclare : « C’est mon cadavre qui a quitté la Syrie ».
Tel Paul en son temps, le père Paolo prend son bâton de missionnaire et, financé on ne sait comment, entame une série de voyages en zone OTAN (Europe et Amérique du Nord), au cours desquels il va dispenser largement la bonne parole appelant à la chute du « régime » en Syrie, en armant au besoin l’opposition. Il effectue une longue tournée qui va le mener aux Etats-Unis, au Canada, en Italie, en France et en Belgique. A chacun de ces passages, le témoignage du père Paolo fait l’objet d’une couverture médiatique massive et unanimement louangeuse.
Je m’intéresse essentiellement dans cette étude à son passage en France, en septembre dernier.
Le coup d’envoi de cette campagne est lancé par notre ministre des Affaires étrangères en personne. Invité au Quai d’Orsay par Laurent Fabius, notre religieux a l’honneur et le privilège de pouvoir tenir un point presse de 20 minutes en sa compagnie . Il le présente comme « une personne réputée » et « bien informée », et après ces propulsions louangeuses lui donne la parole. Le père Paolo savait-il alors qu’il se tenait à côté d’un homme qui avait indument expulsé l’ambassadrice syrienne après les massacres de Houla, qui ont été corrompus par un médiamensonge ? Savait-il qu’il se trouvait, lui, le prétendu « homme de paix », à côté de celui qui avait appelé un mois plus tôt, de façon indirecte, au meurtre du président syrien , et qui allait apporter son soutien résolu, le 12 novembre, à la fantoche Coalition nationale syrienne (CNS) intronisée à Doha , capitale d’une des dictatures les plus inégalitaires du monde, le Qatar ? Ce coup de projecteur bienvenu lance la campagne médiatique. Le lendemain, 12 septembre 2012, il est interviouvé sur France inter , et sur RTL par Yves Calvi, et des articles lui sont consacrés dans La Croix et Le Parisien . Le 24 septembre, deux blogs du journal Le Monde et de Médiapart annoncent la tenue de la conférence dans la salle des Fêtes de la mairie du XXème arrondissement de Paris . Le 25 septembre, le Courrier International publie un long entretien (l’entretien n’est plus accessible que sur le site ConspiracyWatch ). Le 26 septembre, le quotidien gratuit 20 Minutes lui consacre un article, et il est longuement interviouvé sur la chaîne France 24 . Le 27 septembre l’Express lui consacre un article dans lequel il est présenté comme « la conscience de la révolution » . Le 28 septembre, c’est Pélerin qui relaie ses positions appelant à armer l’opposition . Le 30 septembre il est longuement interviouvé par RFI .
On voit que cette couverture médiatique se concentre autour de deux pics : le point presse tenu en commun avec Laurent Fabius au Quai d’Orsay au début du mois de septembre, et son second passage en France après une tournée en Belgique qui a culminé le 18 septembre avec la rencontre au parlement de deux vice-présidents de cette institution : Gianni Pitella et Isabelle Durant . C’est à cette occasion, le 29 septembre, qu’il est invité par l’association Souria Houria, à tenir une conférence dans la salle des Fêtes de la mairie du XXème arrondissement de Paris.
Comme les médias ont l’habitude d’accorder une couverture massive sur plusieurs jours à certains événements, et qu’une fois le matraquage opéré, ils passent à autre chose pour ensuite n’en plus jamais parler, la plupart des gens qui suivent l’actualité dans les grands médias ont sans doute oublié cette fenêtre exceptionnelle dont a bénéficié le père Paolo. Quand on fait toutefois le bilan de cette couverture, force est de constater qu’aux alentours de ces deux dates, il était difficile d’échapper au personnage si on ouvrait un journal, allumait une station de radio, ou de télévision.
Il faut ajouter qu’il a été extrêmement bien traité par ces médias. Pas une fausse note (comme dans le débat à l’Institut du Monde arabe du 24 février dernier) dans le concert de louanges et la diabolisation de Bachar el-Assad. Et si certains montrent tout de même un peu de retenue, la plupart prennent tout ce qu’il dit pour argent comptant et lui sont totalement acquis.

Actualisation

Alors que je suis en train de finaliser cette étude, je découvre que le père Paolo nous honore d’un troisième séjour, tout aussi engagé que les précédents, et tout aussi massivement couvert par les grands médias. Ses aventures seraient incomplètes si j’omettais ce nouvel épisode qui conforte ma démonstration.
Les affaires n’ont jamais si bien marché pour le père Paolo dall’Oglio. Depuis septembre 2012, il a eu le temps de roder et d’affuter son discours, mais surtout d’écrire un livre de témoignage sur sa perception des événements de Syrie. Ce livre, intitulé La Rage et la Lumière, coécrit avec Eglantine Gabaix-Halié et édité aux éditions de l’Atelier , est évidemment salué en ce moment par l’ensemble des grands médias qui de nouveau se bousculent pour l’entendre cracher son venin et faire la promotion du chef d’œuvre.
Le 1er mai il est interviouvé sur France info ; le 2 mai, en compagnie de Hala Kodmani sur France Culture ; le 3 mai, par Armelle Charrier sur France 24 ; le 5 mai, sur France Inter, en compagnie de Jean-Pierre Filiu et Fabrice Weissman (deux des intervenants du débat truqué à l’IMA du 24 février) ; le 7 mai, dans La Vie par Henrik Lindell . Le 8 mai, le site Souria Houria publie le programme du père Paolo dall’Oglio lors de ce nouveau séjour en France . On y apprend que l’homme amorce une tournée à travers la France : le 16 mai conférence-débat au centre Sèvres à Paris ; le 21 mai, conférence-débat à Lyon organisée avec l’Hospitalité Saint-Antoine ; le 22 mai conférence-débat à Nîmes avec la librairie Siloë ; le 27 mai, conférence-débat organisée par Souria Houria à Paris ; le 28 mai à Strasbourg, rencontre à la librairie Kleber. Le 9 mai, Pèlerin fait paraître les bonnes feuilles de son livre témoignage, accompagné d’un portrait idéalisé.
Vraiment, l’histoire du père Paolo est une véritable success story ; alors que, comme nous le verrons plus loin, toutes les autorités chrétiennes de Syrie qui contestent la version officielle sont totalement passées sous silence ou gravement diffamés, lui à chacun de ses passages est accueilli par les grands médias français (renommés comme chacun sait pour leur intégrité et leur indépendance), comme le messie, et traité comme tel. On s’arrache le père Paolo, au point qu’on se demande s’il lui reste du temps pour faire ses prières.
Ce troisième passage en France confirme de façon éclatante l’impression laissée par ses deux premiers séjours en septembre 2012.

Le discours du père Paolo

Au-delà de la couverture médiatique exceptionnelle dont a bénéficié à chacun de ses passages, est du plus haut intérêt la teneur des discours du père Paolo Dall’Oglio. Si l’homme est souvent vague et dur à suivre, si l’on y prête attention on s’aperçoit que son discours s’articule autour d’un nombre de positions constant, qu’il défend à chaque fois de la même façon. Pour être plus précis, son discours colle toujours remarquablement à la version officielle des médias occidentaux de la zone OTAN.

Comparaison avec les négationnistes de la Shoah

Presqu’à chacune de ses interventions, le père Paolo utilise ce que Viktor Dedaj appelle dans un article du Grandsoir.info du 10 juillet 2012 des « tazzers idéologiques » . Un tazzer idéologique est un argument dont la fonction est de rendre tout débat impossible en plaçant son contradicteur devant des accusations d’une telle gravité qu’elles peuvent le foudroyer psychiquement et le rendre impotent dans le débat subséquent. En l’occurrence le père Paolo n’hésite jamais à brandir le tazzer idéologique suprême à savoir l’accusation de négationnisme et la comparaison avec la version officielle du génocide des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale : ceux qui remettent en cause la version officielle des sanglants événements de Syrie (c’est « Bachar » et ses miliciens qui assassinent en masse leur propre peuple en n’hésitant pas à recourir aux moyens les plus sales et les plus répréhensibles), sont les mêmes que ceux remettant en cause la version officielle de cet événement. L’Express rapporte ainsi : « Il évoque pêle-mêle le Réseau Voltaire et les responsables ecclésiastiques chrétiens ou musulmans qui, selon lui, donnent la parole religieuse au mensonge d’Etat, nient la révolution et la réduisent à un fait de sécurité liée au terrorisme. C’est un négationnisme incroyable, ajoute-t-il, qui est le fait d’identitaires à l’extrême-droite et d’anti-impérialistes à gauche. Ceux qui ont nié la Shoah nient la révolution syrienne ! » On retrouve la même position dans l’entretien publié par le Courrier International : « Dans le fond, il n’est pas étonnant que les derniers alliés objectifs du régime syrien soient ceux qui ont toujours nié le génocide du peuple juif et, aujourd’hui, nient la révolution du peuple syrien. » et dans La Libre Belgique : « Je voudrais savoir aussi pourquoi les tenants en Europe du négationnisme de la Shoah, parmi les traditionalistes catholiques extrêmes, anti-impérialistes et antiaméricains, alliés aux anticapitalistes et staliniens, sont aujourd’hui du côté du négationnisme syrien et sont sensibles à la sirène Agnès  » (soeur Agnès-Mariam de la Croix, je parlerai de cette religieuse plus loin). Je me souviens très bien par ailleurs que le père Paolo avait fait cette comparaison lors de la conférence du 24 février à la mairie du XXème, et qu’un membre clé de cette association, quand j’avais prétendu débattre avec eux à la Fête de l’Humanité, avait usé de ce même tazzer.

Inversion de la réalité, dénonciation des mensonges des pro el-Assad et théorie du complot

Le père Paolo semble également profiter du fait que dans nos sociétés du spectacle d’Europe et d’Amérique du Nord, existe un second tazzer idéologique qui peut s’avérer très efficace, quoiqu’à force de mensonges il tende à s’émousser. Sa propagation dans les médias et, par ricochet, dans les conversations quotidiennes remonte à peu près aux attentats du 11 septembre 2001, il s’agit du concept de théorie du complot. Comme la comparaison avec les révisionnistes de Nuremberg, c’est une accusation que l’on profère généralement dans le but de couper court à toute conversation, de l’empêcher souvent ne serait-ce que de commencer. Pour étayer sa comparaison avec les révisionnistes de Nuremberg, le père Paolo énonce fréquemment que ceux qui doutent de la version médiatique des événements de Syrie errent perdus dans un labyrinthe de mensonges et de complots : « Nous faisons face à un mensonge, selon lequel il n’y a pas de révolution, mais la Syrie qui se défend contre un complot saoudien, sioniste ou occidental, et lutte contre le terrorisme islamique. » « (Dans les médias du pouvoir syrien) les théories du complot les plus diverses circulent. On parle d’une grande entente entre les États-Unis, Israël, al-Qaïda, les salafistes, les Frères Musulmans et la Ligue arabe, dans le but d’abattre le dernier État arabe qui n’a pas encore capitulé face au projet sioniste et n’a pas renoncé à combattre l’impérialisme… Il est évident qu’à ce niveau-là, il est difficile de discuter. »
Les prises de position de ce genre abondent, pour ce point je me borne à ces deux citations.

Des allusions et des calomnies fréquentes envers le Réseau Voltaire et Thierry Meyssan

L’extrait de L’Express cité plus haut en donne déjà une idée : Thierry Meyssan est une cible de choix du père Paolo Dall’Oglio. S’il n’en parle pas à chaque intervention, Thierry Meyssan et le Réseau Voltaire sont en effet l’une des rares personnes et l’un des rares médias indépendants que le prêtre nomme, condamne et insulte, pour exhiber à son auditoire l’archétype de la position répugnante et condamnable, incarnation du dévoiement journalistique. Voici ce qu’il dit dans Le Figaro : « Cette thèse est relayée en Europe par des gens comme Thierry Meyssan et son Réseau Voltaire, cette usine à mensonges payée par je ne sais trop qui (ndlr, on peut lui retourner la question)… C’est un négationniste qui vit dans un monde virtuel. » ou dans La Libre Belgique : « Comprendre le mécanisme négationniste contre cette révolution me paraît très important. Le Réseau Voltaire est équivoque et d’une paranoïa totale. Ils sont dans la chambre du pouvoir. Ils font partie de la structure idéologique et de la cellule de crise du régime. Il faut lire les interviews de Thierry Meyssan (ndlr : le fondateur du Réseau Voltaire) dans les journaux syriens. J’espère que la fin du régime sera aussi sa fin à lui – pas sa fin physique – mais sa fin en tant que colporteur du mensonge d’Etat et du négationnisme. » On appréciera la lourdeur de la nuance. Lors de la conférence du 29 septembre, il s’était de même livré à une diatribe contre le Réseau Voltaire.
Il est important de préciser, comme pour ce genre de comparaisons, que Paolo dall’Oglio n’étaie jamais ses anathèmes du moindre fait, ni du moindre argument. Il invective, incite à la haine, envoie en enfer, puis passe à autre chose, sautant parfois du coq à l’âne. En termes d’efficacité médiatique, l’efficacité du procédé n’est plus à démontrer. Depuis plus de 10 ans le Réseau Voltaire est l’association la plus diffamée de France. Un long travail de sape a été accompli avec zèle par les grands médias commerciaux pour le diaboliser. La plupart des Français qui ne prennent pas encore assez le temps de vérifier la fiabilité des informations délivrées par ces médias, ont une très mauvaise image (et absolument infondée, est-il besoin de le préciser) de Thierry Meyssan et du Réseau Voltaire, qui sont devenus à l’instar des révisionnistes de Nuremberg, des repoussoirs ultimes auxquels la plupart des gens craignent comme le sida d’être mêlés.
Dans L’Evangile selon Luc (6/41-42) on peut lire « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’oeil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton oeil ? 42 Ou comment peux-tu dire à ton frère : Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton oeil, toi qui ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton oeil, et alors tu verras comment ôter la paille qui est dans l’oeil de ton frère. » Le père Paolo enfreint constamment ce précepte néotestamentaire ; à sa décharge c’est peut-être un arbre plutôt qu’une poutre qui lui encombre la vue. Ou alors il y voit parfaitement clair, et est au christianisme ce que les socialistes français sont aux valeurs de gauche.

Evolution de son discours entre septembre 2012 et mai 2013

Son troisième séjour en France me contraint d’actualiser mon analyse. Les quelques mois qu’il a passé hors de France n’ont visiblement pas fait de bien au père Paolo dall’Oglio, qui atteint désormais des sommets dans les délires haineux et négationnistes.
Avec le temps le discours du père Paolo s’est radicalisé, comme si, constatant les boulevards qui lui sont ouverts par tous les médias officiels de la zone OTAN, l’impunité totale dont il bénéficie dans l’étalage de ses mensonges, de ses calomnies, et de ses incitations à la haine, il pouvait à présent tout se permettre. Peut-être aussi l’homme est-il furieux de constater que la situation sur place ne se décante guère, que ce régime qu’il déteste continue de tenir, ce qui retarde d’autant son retour à Mar Moussa.
Poursuivant sa folle fuite en avant, le père Paolo va à présent très, très loin dans ses prises de positions. Les mercenaires islamistes liés à al Qaida ? « Dans mes échanges avec eux, j’ai reconnu des hommes et des femmes qui ont une passion religieuse, un sentiment religieux que je partage. Ce sont des gens enragés mais épris de justice. Ils se sentent collectivement persécutés, attaqués et niés. Du coup, ils sont dans une psychologie d’hyper réactivité victimaire qui les amène à commettre des crimes. » La timidité des prises de position de l’Eglise catholique de Syrie ? « J’ajouterai qu’il y a de la corruption politique, sexuelle, qui se cache derrière la soumission au pouvoir. Cela fait partie d’un système de cooptation par soumission à un système autoritaire. » Les chrétiens qui ne partagent pas son point de vue ? Ce sont des «  islamophobes chrétiens ». Peut-on dialoguer avec Bachar el-Assad ? « Auriez-vous accepté de dialogué avec Hitler en 1944 ? » Qu’en est-il du terrorisme en Syrie ? « Je propose de se passer du mot  » terrorisme « . Il faut utiliser  » révolutionnaire . » Le possible usage des armes chimiques par el-Assad ? « Comment ne pas y croire ? Si quelqu’un peut envoyer des missiles balistiques qui enlèvent un hectare de ville, si quelqu’un peut envoyer des bombes sur la population syrienne sans état d’âme, pourquoi aurait-il un problème pour utiliser des armes chimiques ? » Il ose dire ça, alors qu’il est à présent avéré que des combattants du Front al-Nosra ont utilisé des armes chimiques contre des civils syriens dans un village de la banlieue d’Alep.

Bilan sur les éléments de langage

Comme je le suggérais en introduisant ces leitmotivs de ses discours et réparties, il est manifeste que le père Paolo n’y exprime pas une opinion personnelle, mais qu’à l’évidence, il relaie de manière systématique des éléments de langage copiés collés des argumentaires des médias de la zone OTAN. Il ne s’en écarte jamais, et je pourrais entrer beaucoup plus dans le détail. L’indice le plus significatif de cette coïncidence me semble cette finesse avec laquelle notre prélat, qui ne s’occupe que d’affaires syriennes depuis 30 ans, relaie l’argumentaire pointant l’association entre extrême droite et extrême gauche dans la dénonciation dans la version officielle martelée en zone OTAN, qui est une construction des médias commerciaux français pour discréditer tout point de vue un peu différent (ce fameux mythe des rouges-bruns, popularisé par des « journalistes » comme Ornella Guyet, et des « intellectuels » comme Bernard-Henry Levi). C’est typiquement le genre d’argument qui ne peut que lui avoir été soufflé, et qu’il relaie sans vérifier, inconsciemment ou sur commande.

Le point de vue d’autres autorités chrétiennes de Syrie ou connaisseuses de la Syrie

Il est remarquable que les journalistes qui réalisaient ces interviews de complaisance, ou rédigeaient des articles à sa gloire, prenaient souvent soin de souligner que le point de vue du père Paolo était très minoritaire, que les chrétiens de Syrie, majoritairement, ne souhaitaient pas le renversement du régime qu’ils considéraient comme un rempart contre les mercenaires extrémistes venus de l’étranger.
On pouvait se demander alors : si l’opinion du père Paolo était à ce point minoritaire, pourquoi bénéficiait-t-il d’une couverture médiatique aussi massive et « diversifiée », et ce alors qu’aucun autre témoignage de religieux connaissant bien la Syrie, y vivant, ou y ayant vécu, n’était jamais rapporté.
Trois explications possibles à ce focus extraordinaire des médias sur ce personnage.
-  1. Le père Paolo est l’un des seuls chrétiens lucides de Syrie. Tous les autres, comme il le soutient, sont intoxiqués par la propagande du « régime ». Les médias ont raison de relayer massivement et exclusivement ce témoignage
-  2. Le père Paolo est l’un des chrétiens les moins lucides de Syrie. Il ne comprend rien à ce qui se passe sur place, mais a choisi cette position tranchée en raison de l’immense amertume qu’il ressent d’avoir du quitter un lieu sacré qu’il a contribué à redresser, et dans lequel il a vécu pendant 30 ans.
-  3 ; Le père Paolo dall’Oglio est tout à fait lucide ; quand il lance ses déclarations fracassantes et diffamatoires, il sait qu’il ment, il sait que ses incitations à la haine sont infondées et qu’en les proférant il trahit le Christ, il sait que son analyse de la situation est fausse et orientée, mais pour des raisons qui restent à éclaircir (et sans doute pas très catholiques), c’est la voie du mensonge et de la haine pour laquelle il a opté.

J’ai déjà donné beaucoup d’éléments d’information en faveur de la 3ème explication, mais avant de trancher pour de bon, passons en revue quelques témoignages d’autorités chrétiennes qui, elles, n’ont bénéficié d’aucune couverture médiatique, ou ont été systématiquement caricaturés et diffamés dans les mêmes médias qui servaient la soupe au père Paolo dall’Oglio. En prenant connaissance de ce qu’ils disent, peut-être comprendrons nous mieux ce silence qui les environne, et du degré de supercherie qu’implique cette focalisation unique et martelée sur le père Paolo dall’Oglio.
Donnons la parole à cinq personnalités religieuses syriennes ou très proches de la Syrie.

Père Elias Zahaloui

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Père Elias Zahlaoui

Le père Elias Zahlaoui est un prêtre arabe catholique syrien qui officie depuis 1977 à Notre-Dame de Damas. Horrifié par ce qu’il a constaté sur place, et en particulier les massacres de chrétiens perpétrés par les mercenaires fanatisés, l’homme a publié une série de lettres ouvertes à diverses autorités. Le 23 juin et le 15 septembre 2011 à Alain Juppé quand ce dernier était ministre des affaires étrangères, le 17 juillet dernier à François Hollande , enfin le 30 juillet 2012 à Benoît XVI . Dans ces lettres, le père Zahlaoui dénonçait la désinformation des médias occidentaux sur la situation en Syrie, et les persécutions des chrétiens. Certaines phrases étaient très audacieuses. L’homme faisait le parallèle entre le cas syrien et le cas libyen : « N’est-il pas vrai que vous êtes intervenus en Lybie, pour soi-disant protéger les droits humains des civils, contre un dictateur, que, pourtant, la France et l’Italie n’ont cessé de flatter, et que l’Angleterre et les États-Unis ont fini par chérir ! Et vous vous en êtes acquittés en laissant sur le sol de la Lybie, un charnier de 50000 morts, pour la plupart des civils. » Il comparait l’obsession des médias sur la Syrie à leur silence sur les graves et répétées violations des droits de l’homme à l’encontre des Palestiniens par l’état d’Israël : « si, en Occident, vous êtes si sensibles au problème des Droits de l’homme, pouvez-vous me dire ce qui vous rend totalement aveugles à ce que fait Israël en Palestine, depuis plus de 60 ans, en décimant systématiquement le peuple palestinien, et en dévorant même la portion de terre, qui lui a été décidée par les fameuses Nations Unies en 1947 ? » _ Enfin, M. Zahlaloui poussait la témérité jusqu’à comparer le traitement médiatique unilatéral de l’affaire syrienne à celui de ces «  mystérieux événements du 11 septembre 2001 ». Les lecteurs au courant de la censure draconienne sur ces trois sujets ne seront pas étonnés que ces lettres ouvertes soient restées sans réponse, qu’aucun média commercial ne les ait relayées, et que seuls des sites comme legrandsoir.info , michelcollon.info , Infosyrie , ou mondialisation.ca en aient compris le risque et reçu l’honneur.

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Qualifié de « faux prélat » par L’Oeuvre d’Orient, Mgr Philippe Tournyol du Clos, ici en audience avec Jean-Paul II.

Philippe Tournyol du Clos

Nous n’avons pas là affaire à un Syrien, mais après tout puisque les médias commerciaux ne voient pas d’inconvénient à relayer exclusivement le point de vue d’un Italien, tout témoignage de chrétien connaissant bien la Syrie peut être considéré comme pertinent. Le Réseau Voltaire avait relayé, le 2 juin 2012 , le témoignage de Mgr Philippe Tournyol Du Clos, archimandrite, grec catholique melkite, qui se rend fréquemment au Proche-Orient. Il commençait par déplorer que : « la paix en Syrie pourrait être sauvée si chacun disait la vérité. De retour à Damas en ce mois de mai 2012, il me faut bien constater qu’après une année de conflit, la réalité du terrain ne cesse de s’éloigner du tableau catastrophiste qu’en imposent les mensonges et la désinformation occidentale. » Plus loin il révélait qu’Alain Juppé, quand il était ministre des Affaires étrangères en exercice, avait sciemment ignoré les multiples communications de l’ambassadeur de France en Syrie , Eric Chevallier, démentant absolument la version officielle : « Il faut dire et redire que l’idéologie fanatique est d’importation étrangère et que la Syrie n’a jamais été confrontée à un cycle de manifestations/répression, mais à une déstabilisation sanguinaire et systématique par des aventuriers qui ne sont pas syriens. Cette information, qui va à l’encontre des journaux et des reportages télévisés, l’ex-ambassadeur de France, Éric Chevallier, n’avait eu de cesse de la faire entendre à Monsieur Juppé ; mais le ministre français refusa toujours de tenir compte de ses rapports et falsifiait sans vergogne ses analyses pour alimenter la guerre contre la Syrie. » Il affirmait que les chrétiens qui n’avaient pas encore fui sous la menace des combattants étrangers reconnaissaient dans l’armée syrienne leur dernier rempart : « Un habitant me confie : « Si l’armée quitte notre village, nous risquons d’être égorgés. Si la répression sauvage dont l’accusent vos médias était réelle, pourquoi les militaires seraient-ils les bienvenus dans nos villages ? ». Ils sont, j’ai pu le constater de mes yeux, sous la protection attentive des troupes fidèles au Président Bachar. Pourtant, le jour de l’Ascension, une roquette est arrivée dans le jardin, heureusement sans faire de dégâts, mais l’explosion a terrifié les enfants. » Pour être honnête le témoignage de M. du Clos n’a pas été complètement ignoré. L’hebdomadaire chrétien La Vie, par exemple, sous la plume du théologien belge proche de L’Oeuvre d’Orient Christian Cannuyer, a publié le 27 juin 2012 un article sur ce religieux . Toutefois, ce n’était pas pour reprendre des éléments dérangeants de son témoignage, comme ceux que je viens de citer, mais pour faire de l’homme un portrait horrible propre à dépouiller de toute valeur son témoignage. Notre homme serait un « prétendu évêque », « transfuge des milieux ingristes et catholiques d’extrême droite ». « Ses allégations sont fausses et manipulées. » L’article allait jusqu’à mettre en doute, qu’il se fût rendu réellement à Homs. Le nom du père Paolo apparaît dans cet article où il est complaisamment évoqué comme « notre ami ».
Toutes les allégations de L’Oeuvre d’Orient mettant en cause l’identité de Mgr Philippe Tournyol du Clos ont été démenties par un communiqué du Saint-Siège.
Je m’attarde quelques lignes sur cet article de La Vie. Son caractère outrageusement caricatural fait deviner quelque chose de tout à fait surprenant : certains milieux ecclésiastiques eux-mêmes semblent résolument engagés dans la machine de propagande de l’OTAN. Je suis ainsi tombé à plusieurs reprises sur L’Oeuvre d’Orient , dirigée par le père Pascal Gollnich (le frère de l‘homme politique du Front National), et j’ai constaté son positionnement extrêmement trouble et équivoque dans cette histoire. Je ne me suis intéressé qu’en passant à cet aspect du problème, mais je suis certain qu’une étude plus approfondie amènerait son lot de révélations surprenantes.

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S. B. le patrairche melchite Grégoire III Laham

Grégoire III Laham

Grégoire III Laham est le patriarche de l’Eglise catholique melkite qui compte seulement 180 000 fidèles. C’est néanmoins une personnalité importante de l’Eglise catholique : ainsi, présida t-il la messe de funérailles du pape Jean Paul II ou joua t-il un rôle clé lors du dernier synode des Evêques pour le Proche-Orient. Dans un appel du 9 juillet 2012 , Mgr Laham, dénonce avant toute chose « l’ingérence d’éléments arabes et occidentaux », une ingérence qui « se traduit par les armes, l’argent et les moyens de communications à sens unique, programmés et subversifs. » Cette ingérence est « nuisible même à l’opposition », et « affaiblit aussi la voix de la modération qui est spécifiquement celle des chrétiens et, plus particulièrement, la voix des Patriarches et des Evêques ». Il dénonce par ailleurs le procès qui est fait aux chrétiens de Syrie d’être des suppôts du régime : « Nous considérons que ce sont les positions de certaines personnalités, d’une presse déterminée et d’institutions particulières qui nuisent aux chrétiens en Syrie et les exposent au danger, à l’enlèvement, à l’exploitation et même à la mort. Ces positions accablent les chrétiens de fausses accusations, semant le doute dans leurs cœurs et diffusant la peur et l’isolement. Par suite, elles aident à leur exode à l’intérieur du pays ou à l’extérieur ». On ne peut s’empêcher de penser aux positions du père Paolo sur ce point… Cette présentation systématique des chrétiens comme « collés au régime » les désigne comme une cible pour les groupes armés : « Ce sont ces positions elles-mêmes qui prétendent intempestivement s’intéresser aux chrétiens qui peuvent augmenter le radicalisme de certaines factions armées contre les chrétiens. Elles exacerbent les relations entre les citoyens, particulièrement entre les chrétiens et les musulmans comme ce fut le cas à Homs, à Qusayr, à Yabrud et Dmeineh Sharquieh. » Comme la mère Agnès-Mariam (voir plus loin), il place ses espoirs dans le mouvement Mussalaha (réconciliation) : « C’est ce qui prépare la voie à la résolution du conflit. Nous avons beaucoup d’espoir dans la création de ce nouvel organe qu’est le ministère de la Réconciliation. » Mgr Laham pointe par ailleurs l’influence écrasante du conflit israélo-palestinien dans les malheurs de la Syrie : « La division du monde arabe a toujours été la cible majeure interne et externe. Cette division est la raison des dangers qui guettent la région et elle est la cause de l’absence d’une solution juste et globale au conflit israélo-palestinien. Ce conflit est le fondement et la cause primordiale de la plus grande partie des malheurs, des crises et des guerres du monde arabe. » Ce conflit « est la cause primordiale de l’exode des chrétiens ». Cet appel de Mgr Laham a été pratiquement ignoré par les grands médias commerciaux français. Seul le journal La Croix, le 23 juillet 2012, lui a consacré un article . Le journaliste François-Xavier Maigre y fait une présentation équilibrée des positions de l’homme, sans y mettre une quelconque réserve comme c’est presque toujours le cas. Quand on constate ces positions, on comprend mieux pourquoi les médias commerciaux l’ont complètement passé sous silence. Au-delà du fait qu’il dénonce l’infiltration d’éléments non syriens et occidentaux, qu’il évoque comme le plus grand danger pour les chrétiens, il dénonce l’analyse la plus courante du point de vue des chrétiens par les grands médias de masse occidentaux, qui à l’instar du père Paolo, les présentent comme des collabos ou des brutes assommées par la propagande du régime. Mgr Laham suggère ainsi que ces médias ont une responsabilité indirecte dans les persécutions dont les chrétiens sont victimes.

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Mgr Antoine Audo

Mgr Antoine Audo

Monseigneur Audo est l’évêque des chrétiens chaldéens de Syrie. Il est également le président de Caritas pour la Syrie, ce qui l’amène à venir en aide aux victimes de la guerre de diverses manières : achats de médicaments, couvrements des frais de scolarité, aide aux personnes âgées, aide à la reconstruction. Mgr Audo est donc une personne très bien informée. Il a effectué un séjour en France en juin 2012, ce qui a donné l’occasion à des médias indépendants et/ou chrétiens de recueillir son point de vue sur la situation en Syrie. Les citations suivantes sont extraites d’une interview réalisée par l’Eglise catholique de Moselle , et d’un entretien accordé au site Aide à l’Eglise en Détresse (AED) . Aucun média commercial de masse n’a relayé cette prise de position.
Il affirme que le président syrien est largement soutenu par le peuple syrien toutes tendances confondues : « Quatre-vingt pour cent de la population est derrière le gouvernement, comme le sont les chrétiens ». Il dénonce la partialité de la couverture des événements par les médias occidentaux ou arabes : « Dans certains médias, tels que la BBC ou Al-Jazeeera, on constate une certaine orchestration visant à déformer le visage de la Syrie. Le gouvernement respecte les personnes qui respectent la loi et l’ordre. La Syrie a beaucoup d’ennemis, et le gouvernement doit se défendre, ainsi que le pays. Il y a une guerre d’information contre la Syrie. La retransmission des médias n’est pas objective. Nous devons défendre la vérité en tant que Syriens et chrétiens. » Il dénonce l’ingérence étrangère en Syrie : « Le régime continue de se défendre contre des groupes armés dont certains membres viennent des pays qui entourent la Syrie. J’ai parfois le sentiment que ces groupes utilisent les médias pour servir leur cause et provoquer un changement dans le pays. Le réel est toujours plus complexe et plus nuancé quand on le vit de l’intérieur. » Il redoute que l’effondrement du régime ne plonge la Syrie dans un enfer à l’irakienne et ne soit cause d’un exode massif des chrétiens : «  Le risque est de remplacer une dictature militaire par une autre dictature théocratique. C’est ce que l’on craint. En étant réaliste, voyez ce que l’Irak a donné : la moitié des chrétiens a quitté le pays et moi je les ai vu arriver, nombreux, en Syrie. » Caritas (et donc Antoine Audo) avait en effet en 2005 participé à l’accueil des chrétiens qui fuyaient en masse l’Irak en proie aux violences interconfessionnelles. La Syrie, ce qu’on oublie trop souvent, à l’époque a accueilli 1 200 000 réfugiés irakiens sur son sol.
La position de Mgr Audo a été complètement ignorée par les grands médias commerciaux. Seul le journal La Croix, dans son édition du 14 juin 2012, lui a consacré un petit article, transcription d’un entretien avec François Xavier Maigre à l’occasion du passage de l’évêque en France . Son propos y est extrêmement modéré par rapport en comparaison de ce qu’il peut déclarer sur des médias indépendants.

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Mère Agnès-Mariam de la Croix

Mère Agnès-Mariam de la Croix

Mère Agnès-Mariam de la Croix est une religieuse franco-libanaise, prieure du monastère Saint-Jacques-le-Mutilé, à Qara, à 70 km de Homs, où elle réside depuis 12 ans. Le cas de cette religieuse est différent des précédents, dans la mesure où les grands médias ont été obligés d’en parler à l’occasion de l’affaire Jacquier, du nom de ce reporter tué par des éléments de la « rébellion » à Homs en janvier 2012. Elle avait obtenu des visas pour un groupe de journalistes français venant rendre compte des événements, et les accompagnait parfois dans leurs déplacements divers. Gilles Jacquier a trouvé la mort à Homs, au moment où les combats faisaient rage. Désireux de se rapprocher du feu de l’action, malgré les avertissements de mère Agnès-Mariam, il est tué par un mortier thermobarique. L’affaire fait grand bruit en France : Gilles Jacquier est le premier journaliste français à périr dans la Syrie en guerre. A cette occasion, de nombreux articles sont publiés dans les médias commerciaux de masse, et fatalement son cas y est évoqué. Quand ils l’évoquent rapidement ils se contentent de préciser que mère Agnès-Mariam est « une proche du régime » (Libération) , « une religieuse libanaise favorable au régime » (Le Point) , « une religieuse favorable au régime syrien » (id) (L’Express) . Quand ils entrent un peu dans le détail, de façon systématique, ils recourent à des expressions péjoratives, et dénoncent la position qu’elle occupe. Angela Bolis, du journal Le Monde la qualifie ainsi « de personnalité ambiguë qui affiche son soutien au régime » . Pour l’association Souria Houria, sans surprise, mère Agnès-Mariam est « la grande avocate du régime de Bachar el-Assad » . Pour Christian Cannuyer, dans La Vie, elle serait (avec d’autres), « manifestement stipendiée ou manipulée », et son comportement « confine à la collaboration » . Certains articles vont jusqu’à laisser planer l’hypothèse qu’elle serait peut-être responsable de la mort de Gilles Jacquier. Le Dauphiné rapporte ainsi que, pour la compagne du journaliste décédé, « La thèse du guet-apens ne fait pas de doute : « Il ne voulait pas aller à Homs. Il a été contraint par la sœur Marie-Agnès. Face à son refus, elle lui a dit qu’il ne lui restait que deux jours avant de quitter la Syrie. Cette religieuse lui avait permis d’obtenir son visa d’entrée et celui de Christophe Kenck, son collègue » . Le magazine Envoyé Spécial a lui aussi relayé cette accusation. Cette version de l’histoire est réfutée par l’intéressée : « La réalité, c’est que Monsieur Gilles Jacquier, que Dieu ait son âme, avait fait par écrit une demande de visa pour aller à Homs.(…) Avant qu’ils y aillent, j’ai demandé et j’ai informé expressément le délégué de l’AFP, qui parle l’arabe, et la responsable de l’information, qu’il fallait être de retour à 15 heures : le couvre-feu à Homs commençait en effet à 15 heures de l’après-midi et il ne fallait surtout pas y circuler au-delà de 15 heures. Cela a été dit et il y avait des témoins.(…) Cette équipe a fait fi des directives des militaires qui les avaient accompagnés à leur demande et elle s’est perdue. Pourquoi était-il impératif de rentrer avant 15 heures ? ça je l’ai expérimenté moi-même, quand je suis passée à Homs : à 15 heures, tous les jours, les rebelles commençaient à attaquer de toutes parts et cela, personne, aucune presse ne l’a dit. » Du reste il est maintenant avéré, si l’on en croit George Malbrunot pour Le Figaro du 17 juillet 2012 , que M. Jacquier n’a pas été tué dans un guet-apens organisé par l’armée, mais par une roquette tirée par des rebelles de Homs. Le Réseau Voltaire, dans un article d’Arthur Lepic, était arrivé à cette conclusion dès le 11 janvier .
On peut également relever quelques portraits réalisés par des journalistes, qui la présentent comme proche des milieux d’extrême droite, proche de Thierry Meyssan, ou citée dans des sites qui parlent de façon complaisante de Robert Faurisson. Rien de neuf sous le soleil…
Si le nom de « Marie-Agnès » a été abondamment cité dans les médias commerciaux de masse, c’est donc, soit de façon succincte et toujours en la définissant par son « soutien au régime d’Assad », soit comme une personne douteuse et peu digne de confiance, et parfois comme une auxiliaire active du régime éventuellement responsable de la mort de Gilles Jacquier.
De façon frappante, pratiquement pas un seul article ne développe certaines des prises de position et analyses qu’elle a pu faire de la situation sur place. Elle a ainsi pris à plusieurs reprises des positions tranchées dans lesquelles elle dénonce la partialité et les mensonges des médias commerciaux. « Les journalistes de la propagande atlantique, les propagandistes à la Goebells n’ont montré que la moitié de ce qui se passe en Syrie. Et encore, ils ont truqué leurs reportages. » Elle fait le parallèle, comme le père Zahlaoui, entre le médiamensonge syrien et ceux qui ont permis l’invasion de l’Irak et de la Libye : « C’est faux qu’il y avait des armes de destruction massive en Irak, et on a attaqué Saddam Husseïn. C’était faux que Kadhafi allait faire un génocide contre son peuple en Libye. l’ONU a fait 150000 morts. » Elle dénonce également le traitement horrible que réservent les mercenaires étrangers aux chrétiens, par exemple à Homs : « Suite à une mission d’information avec des médias catholiques j’ai été amenée à visiter la ville de Homs et ses environs. J’ai été remuée au plus profond de ma conscience par la tragédie que vit la population civile, notamment les chrétiens. Ces derniers sont surtout concentrés dans les quartiers centraux de la ville qui sont devenus le repaire de bandes armées que personne jusqu’à présent n’a réussi à identifier. Toujours est-il que ces bandes imposent une loi martiale en vertu de laquelle les fonctionnaires qui rejoignent leur travail sont susceptibles de représailles, les enseignants dans les écoles publiques, inclus. De même les artisans, les vendeurs et même ceux qui ont une profession libérale sont la cible d’actes terroristes qui visent à paralyser la vie sociale. Les résultats de ces méthodes coercitives sont des plus terribles : chaque jour des innocents sont égorgés ou kidnappés. Des familles perdent ainsi le père, le fils ou le frère. Les veuves et les orphelins sont dans la nécessité. Ceux qui n’ont pas affronté le spectre de la mort doivent faire face à la séquestration forcée dans leurs domiciles où ils cherchent à survivre sans travail. » Cette dernière citation est extraite d’un Appel qu’elle a lancé le 26 décembre 2011 , pour qu’enfin le monde prenne conscience de ce qui se passe réellement en Syrie. Cet appel, comme les lettres du père Zahlaoui, ne sera jamais relayé dans un média commercial.
Ce passage sous silence intégral des positons de Mère Agnès-Mariam est d’autant plus choquant qu’elle a effectué plusieurs passages en France depuis le début de la crise. Recueillir son témoignage n’avait rien de compliqué. Ainsi en décembre dernier, lors de son avant-dernier passage dans la capitale, elle a participé à un colloque organisé par L’Institut pour la Démocratie et la Coopération (IDC) en compagnie de l’ambassadeur de Russie en France, et deux médias indépendants ont pu l’interviewer : le journal L’Audible , et la chaine Méta TV . L’ignorance de ce témoignage aux antipodes de la version officielle se comprend mieux, si l’on a en tête la présentation caricaturale et diffamatoire qui en est faite depuis l’affaire Jacquier par les grands médias.

Retour au père Paolo

Nous nous posions la question au départ de savoir pourquoi le père Paolo était la coqueluche de certains journalistes encartés, et pourquoi toutes les autres autorités chrétiennes de Syrie étaient intégralement passées sous silence. Au terme de ce parcours il n’est pas très difficile de répondre à cette question, même si c’est difficile à admettre.
Le père Paolo a bénéficié de cette couverture médiatique exceptionnelle car c’est la seule « autorité » chrétienne de Syrie (bien que non-Syrien par ailleurs rappelons-le) à appuyer la version officielle faisant peser toute la responsabilité de la crise et des massacres sur le régime de Bachar el-Assad. La plupart des journalistes qui ont écrit sur lui ou qui l’ont interrogé prennent eux-mêmes souvent soin de le reconnaître. Cela implique que les médias commerciaux (ceux qui occupent les postes clés, pas la majorité des journalistes qui souffrent de cette censure), dans leur totalité, ont reçu pour consigne de ne rapporter que cette sorte de témoignage, et que tous ont obéi à la lettre.
C’est la raison pour laquelle, inversement, tous les témoignages que je viens de citer ont été ignorés, et leurs auteurs pour certains caricaturés ou diffamés.
Les médias qui ont aveuglément et complaisamment relayé les positions du père Paolo pouvaient d’autant moins donner une tribune à leurs auteurs que tous mettent en cause la partialité du traitement médiatique de la crise syrienne par les médias de la zone OTAN. Fait aggravant pour ces médias, ces autorités religieuses avancent que la crise syrienne est couverte par un médiamensonge comparable à celui qui a précédé l’invasion de l’Irak et de la Libye. Impensable pour l’instant de remettre en cause dans les grands médias à la fois la version officielle des événements de Syrie et de Libye. Ne parlons même pas du témoignage informant qu’Alain Jupé a ouvertement menti pour la Syrie, au mépris des rapports de l’ambassadeur Éric Chevallier (information énorme , tout de même !), et de celui comparant le médiamensonge de la crise syrienne à celui échafaudé pour étouffer les doutes légitimes que doit susciter dans tout esprit sain la version officielle des attentats du 11 septembre 2001. Quant au poids du conflit israélo-palestinien dans cette dramatique équation…

Certains journalistes influents des médias commerciaux français ont reçu pour consigne de mentir sur le témoignage des chrétiens de Syrie, comme ils ont reçu pour consigne de mentir sur les autres aspects de la crise syrienne. Les médias français, une nouvelle fois, comme dans l’affaire libyenne, comme pour les attentats du 11 septembre 2001, ont joué pleinement le rôle moderne qui est désormais le leur : celui de relais de l’impérialisme pour justifier aux yeux de l’opinion publique une guerre illégale accompagnée d’exactions horribles, de massacres de masse, et entrainant l’exode de centaines de milliers de réfugiés.

Épilogue

Au terme de cette étude, dont les conclusions sont malheureusement accablantes pour les milieux journalistiques et politiques français, nous appelons solennellement le CSA à envoyer à tous les médias qui se sont fait abuser par les boniments du père Paolo, ou qui ont relayé (et relayent encore) avec zèle ses positions une note de sévère mise en garde. Si les gens du CSA manquent d’imagination et se retrouvent devant l’angoisse de la page blanche, nous leur suggérons d’envoyer la missive suivante :

« Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a adressé un courrier à tous les présidents de grandes radios et chaînes de télévision au sujet de leur couverture des positions du père Paolo Dall’Oglio pendant les neuf derniers mois. Ce dernier a en effet été reçu à d’innombrables reprises pour relayer ses positions appelant à la chute du régime en place en Syrie. Les grands médias du PAF et de la presse écrite n’ont fait que reprendre à leur compte, sans la moindre distance critique ni précaution de langage, la propagation d’informations à l’évidence fausses, après avoir explicitement accordé à son auteur des labels de légitimité et de respectabilité. Le Conseil a rappelé au président des chaînes les termes du préambule du cahier des missions et des charges de la chaîne qui précisent notamment que  » les sociétés nationales de programme ont vocation à constituer la référence en matière d’éthique  » et ceux de l’article 2 qui disposent que  » la société assure l’honnêteté, l’indépendance et le pluralisme de l’information « . Il lui a demandé de prendre des mesures pour que la vérité soit rétablie et que de tels dérapages ne se renouvellent pas ».

Ce texte n’est autre (en changeant les noms et une poignée de termes) que la directive 151 envoyée à France Télévision en avril 2002 par le CSA après le passage de Thierry Meyssan sur le plateau de l’émission de Thierry Ardisson , dans laquelle il présentait L’Effroyable Imposture, ouvrage dans lequel il contestait qu’un avion de ligne se fût écrasé sur le Pentagone . Quoiqu’elle n’ait pas été envoyée à tous les autres médias, France Télévision a eu apparemment le courage de prendre l’initiative de la relayer à tous les autres organes du PAF, de sorte que depuis cette émission, cela fait 10 ans que Thierry Meyssan est interdit d’expression sur les chaînes de radio et de télévision française.
Cette directive 151 n’a aucun sens appliquée à Thierry Meyssan ; en revanche, elle me semble à merveille s’appliquer au père Paolo dall’Oglio. Nous suggérons donc au CSA d’envoyer telle quelle cette missive, en transmettant par la même occasion les amitiés les plus chaleureuses du Réseau Voltaire à l’ensemble de la profession.

Avertissement final aux chrétiens de France

Ce n’a pas été la moindre de mes surprises, en menant cette étude, de me rendre compte qu’il n’existait finalement en France, concernant les événements de Syrie, presqu’aucune différence de traitement de l’information entre les médias commerciaux estampillés « chrétiens » (La Croix, La Vie, Pèlerin, Radio Notre-Dame), et les autres grands médias commerciaux (Charlie hebdo, Libération, TF1, RMC, France inter, etc).
Il faut être conscient que la propagande se loge partout. Les médias « chrétiens » comme les autres médias commerciaux, sont possédés par des gens qui n’ont rien à voir avec l’information et dont les valeurs chrétiennes ne sont pas toujours le premier des soucis. Ce que l’on appelle la « presse chrétienne » (quand elle est commerciale) doit être lue par les chrétiens de France avec le même esprit critique que les publications « profanes ».
Les médias chrétiens sont entrés dans le bal médiatique hagiographique du père Paolo avec le même enthousiasme, la même confiance, et la même absence d’esprit critique que leurs confrères du Monde ou de France Inter.
Ainsi va la (dés)information en France.

[1] Frédérique Calendra a signé en juillet 2001 l’ « Appel pour une Syrie libre », lancée par l’association Urgence Solidarité Syrie. Cet appel a été signé par des partis politiques et des associations (LDH, PC, PS, PG, EELV, ATTAC, CAP21, MRAP, UJFP), et des personnalités politiques comme François Hollande, Daniel Cohn-Bendit, Noël Mamère, Marie George Buffet. Urgence Solidarité Syrie est alliée avec l’association Souria Houria, et a participé plus récemment à la Vague Blanche.

[2] Le parallèle entre la crise syrienne et les cas tunisiens et égyptiens est grossier et infondé. Pour comprendre comment la révolution dans ces deux derniers pays a été manipulée et détournée en faveur d’intérêts étrangers, je renvoie au livre de Mezri Haddad, La face cachée de la révolution tunisienne (éditions Apopsix, janvier 2012)

http://www.voltairenet.org/article178498.html

Assad: « Israël » soutient les groupes armés

S’exprimant pour la première fois sur le sujet, le président syrien Bachar al-Assad a nié que ses forces utilisent des armes chimiques contre la rébellion, affirmant que les informations en ce sens servent à préparer les opinions publiques à une intervention militaire contre la Syrie. Dans un entretien accordé à deux médias argentins et publié samedi 18 mai, M. Assad a exclu de démissionner.

« Les accusations d’usage d’armes chimiques, un prélude à une intervention militaire »

« Les accusations contre la Syrie concernant l’utilisation d’armes chimiques ou (les déclarations) concernant ma démission changent tous les jours. Et il est probable qu’il s’agit d’un prélude à une guerre contre notre pays », a déclaré M. Assad, dans un entretien réalisé à Damas à une date non précisée avec l’agence de presse officielle argentine Telam et le grand quotidien Clarin.
« On a dit que nous utilisions des armes chimiques contre des zones résidentielles. Si ces armes étaient utilisées contre une ville ou un faubourg, avec un bilan de dix ou vingt victimes, serait-ce crédible ? », a demandé le président syrien, avant de répondre par la négative. « Leur utilisation signifierait la mort de milliers ou de dizaines de milliers de personnes en quelques minutes. Qui pourrait cacher une pareille chose ? », a expliqué M. Assad.
Mercredi, un haut responsable américain avait prétendu que des armes chimiques auraient été utilisées « en faibles quantités » à deux reprises dans le conflit syrien, quelques jour après que le secrétaire d’Etat américain John Kerry eut déclaré que les Etats-Unis pensaient détenir une « preuve solide » de l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien. Damas a toujours réfuté ces accusations, se déclarant prête à accueillir une commission d’enquête de l’ONU.

« Seul le peuple syrien le déterminera qui part et qui reste »


M. Assad a d’autre part mis en doute le bilan de dizaines de milliers de morts avancé par certaines organisations, s’interrogeant sur la crédibilité de ces sources. Il a affirmé ne pas pouvoir fournir de bilan mais a cependant reconnu que « des milliers de Syriens étaient morts ». Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), 94 000 personnes ont trouvé la mort en deux ans de conflit. « Nous ne pouvons pas oublier que nombre de morts dont on parle étaient des étrangers venus pour tuer le peuple syrien », a martelé le président Assad qui a mis en cause « le terrorisme local et celui venu ensuite de l’extérieur ».
Interrogé sur des propos de John Kerry, qui lui a demandé de se mettre à l’écart, M. Assad a exclu cette possibilité. « Démissionner, ce serait fuir », a-t-il dit. « Je ne sais pas si Kerry ou un autre a reçu du peuple syrien le pouvoir de parler en son nom sur la question de savoir qui doit partir et qui doit rester. Cela, c’est le peuple syrien qui le déterminera lors de l’élection présidentielle de 2014 », a déclaré M. Assad.

Assad salue le rapprochement américano-russe

Le président syrien a salué l’accord entre la Russie et les Etats-Unis sur la Syrie. Russes et Américains se sont entendus début mai pour inciter le régime syrien et les rebelles à trouver une solution politique au conflit, et pour encourager l’organisation d’une conférence internationale sur la Syrie.
« Nous avons bien accueilli le rapprochement américano-russe et nous espérons que cela débouchera sur une conférence internationale pour aider les Syriens à surmonter la crise », a-t-il dit selon Clarin. Il a toutefois ajouté que « de nombreux pays occidentaux ne voulaient pas d’une solution en Syrie. Et nous ne pensons pas que les forces qui soutiennent les terroristes souhaitent une solution à la crise ».

« Israël » soutient les groupes armés

M. Assad a affirmé que l’opposition est formée des centaines de groupes et de gangs dispersés, dirigé chacun par un chef local. « Qui peut unifier de telles bandes? » s’est-il interrogé. « Les chefs de l’opposition sont incapables de s’engager à un cessez-le-feu ou de déposer leurs armes, parce qu’ils manquent d’unité entre eux. Nous ne pouvons discuter d’aucun horaire avec une partie dont on ignore l’identité », a-t-il affirmé.
Le président syrien a également expliqué que l’entité sioniste soutient les groupes armés, premièrement en leur assurant le soutien logistique, et deuxièmement en déterminant les sites qu’ils doivent attaquer. « Israël oriente les terroristes et les dirige selon ses propres intérêts, et c’est ce que font également plusieurs pays extérieurs, dont le Qatar et la Turquie », a martelé M. Assad.

Sources: agences, traduit et édité par moqawama.org

http://french.moqawama.org/essaydetails.php?eid=9464&cid=287

« Israël » met en garde la Syrie contre les envois d’armes au Hezbollah

L’équipe du site

L’entité sioniste a mis en garde la Syrie contre la poursuite des envois d’armes sophistiquées au Hezbollah, laissant entendre qu’il envisageait de nouveaux raids aériens pour empêcher ces transferts, selon le New York Times de jeudi.

« Israël est déterminé à poursuivre ses efforts pour empêcher les envois d’armes sophistiquées au Hezbollah. Le transfert de telles armes au Hezbollah va déstabiliser et mettre en danger l’ensemble de la région », a déclaré un responsable israélien au quotidien new-yorkais.

« Si le président syrien Bachar al-Assad réagit en attaquant Israël, ou essaie d’atteindre Israël par le biais de terroristes (…) Israël répondra », a ajouté ce responsable qui a contacté le journal mercredi mais n’a pas souhaité être identifié.
Cette nouvelle mise en garde israélienne intervient deux jours après que le président russe Vladimir Poutine a appelé à éviter tout acte risquant de déstabiliser la Syrie. M. Poutine s’était exprimé après une entrevue avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Sotchi (sud de la Russie).

La visite en Russie de M. Netanyahu faisait suite à la confirmation par Moscou de son intention de livrer au régime de Damas des systèmes sol-air sophistiqués S-300, capables d’intercepter en vol des avions ou des missiles guidés.

L’installation d’un tel système de défense sol-air compliquerait fortement toute nouvelle frappe israélienne, et tout projet des Etats-Unis ou de leurs alliés d’établir une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie ou d’intervenir pour sécuriser ou démanteler des armes chimiques.

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=112319&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=22&s1=1

Mechaal est prêt à discuter avec Israël

 

Le chef du bureau politique du Hamas Khaled Mechaal a déclaré que « les différends avec le mouvement Fatah au sujet des moyens disponibles pour lutter contre Israël s’amoindrissent de plus en plus ».

Selon lui, « la résistance armée est une partie intégrante des principes du mouvement », se disant  être en faveur des moyens pacifiques adoptés par le président palestinien Mahmoud Abbas.

Mechaal est allé plus loin en affirmant que « le Hamas sera ouvert en principe aux négociations avec Israël bien que les réalités sur le terrain rendent ces pourparlers inefficaces ».

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=112350&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=20&s1=1

Tendances de l’Orient : (Lundi 13 mai 2013 no134)

La Syrie détruit les illusions dominatrices d’Israël

Par Ghaleb Kandil

Les centres de recherche israéliens ont estimé que les événements en Syrie ont imposé des changements stratégiques en faveur d’Israël. Les dirigeants sionistes se sont imaginés avoir éliminé les résultats des victoires de la Résistance au Liban et en Palestine, qui a imposé de nouvelles équations dissuasives stratégiques, surtout depuis la défaite d’Israël, en 2006.

Conformément à cette évaluation, les services israéliens se sont impliqués dans la guerre contre la Syrie en exécutant des opérations de sabotage contre le système de défense nationale syrien, et ont directement appuyé les groupes terroristes dans l’hinterland syrien. Dans le même temps, les troupes israéliennes s’activaient ouvertement sur la ligne de démarcation au Golan pour apporter des facilités aux terroristes et leur offrir une protection. En coordination avec leurs amis émiratis, qataris, saoudiens et jordaniens, les Israéliens sont devenus des partenaires à part entière dans l’agression contre la Syrie, après s’être réconciliés avec la Turquie, sous le parrainage du président américain Barak Obama. Les chambres d’opération installées sur le territoire turc jouent un rôle de premier plan dans la destruction de la Syrie.

C’est dans ce climat que les dirigeants israéliens ont organisé une série de manœuvres et d’entrainement militaires dans des buts offensifs contre le Liban et la Syrie et ont mené des exercices conjoint avec des troupes turques, jordaniennes et de pays du Golfe, avec la participation de troupes de l’Otan. Les prémices d’une vaste intervention militaire en Syrie sont apparus à l’horizon, après l’exhumation du prétexte des armes chimiques.

Cependant, la Syrie, grâce à son armée et à ses alliances régionales et internationales, a fait montre d’une grande immunité et résilience face aux projets d’intervention militaires. L’Occident et ses auxiliaires sont alors passés à une autre forme d’agression, et les raids aériens israéliens contre Damas ont constitué un test sur les capacités d’Israël à intervenir d’une manière permanente en Syrie sous une couverture américaine offerte par Obama en personne. Une sorte de guerre par procuration, car les Etats-Unis sont incapables de s’aventurer dans de nouveaux conflits après leur défaite en Irak et en Afghanistan. D’ailleurs, à cause des nouveaux rapports de force, Washington est plus enclin à conclure des compromis et à accepter l’accord de Genève sans conditions préalables.

La réponse stratégique syrienne aux raids israéliens va renforcer les rapports de forces au détriment d’Israël. La situation sera encore plus favorable pour l’axe de la résistance qu’elle ne l’était avant le début de la guerre mondiale contre la Syrie, il y a deux ans. Cette riposte se base sur le concept qui consiste à transformer la menace en opportunité, comme l’a si bien dit le leader de la Résistance, sayyed Hassan Nasrallah. Cette réponse repose sur des changements structurels des équilibres qui sous-tendent le conflit israélo-arabe: 1-Renforcement des capacités de dissuasion de la Résistance, après la décision syrienne de lui fournir des armes qualitatives, capables de changer le rapport de force avec Israël. 2-Lancement d’une résistance populaire pour la libération du Golan, qui bénéficiera de l’expérience, du soutien et des capacités de la Résistance libanaise. 3-Les instructions données aux forces stratégiques syriennes de riposter immédiatement, sans besoin de revenir au commandement suprême, à toute nouvelle agression israélienne. 4-La riposte syrienne a pavé la voie à une nouvelle ère dans la lutte nationale armée du peuple palestinien, à travers l’ouverture du front du Golan.

Dans une tentative désespérée de freiner ces changements dans les rapports de force, la Turquie est entrée en lice. Ankara tente d’instrumentaliser les attentats de la localité de Rihaniya, accusant la Syrie d’en être responsable, avant même la fin de l’enquête. Cette action montre que la coordination entre la Turquie et Israël a atteint des niveaux élevés. Mais là aussi, la riposte de l’axe de la Résistance et de ses alliés était rapide. la Russie a très vite réagi en affirmant que les accusations contre la Syrie visent à torpiller la conférence internationale sur la Syrie, convenu entre Moscou et Washington.

Puis le ministre syrien de l’Information a accusé le gouvernement turc d’avoir transformé les régions frontalières en sanctuaire pour le terrorisme international. Ankara facilite le trafic d’armes, d’explosifs, de voitures piégées, d’argent et de criminels à destination de la Syrie. Par conséquent, a ajouté Omrane al-Zohbi, le gouvernement turc et son chef assument un responsabilité directe, politique et morale, vis-à-vis des peuples turc et syrien, dans les violences qu’ils subissent. « La Syrie n’a pas commis et ne commettra jamais un tel acte car nos valeurs ne nous le permettent pas », a assuré le ministre, appelant au départ du Premier ministre turc Recep Tayyeb Erdogan, responsable, selon lui, des malheurs qui frappent la Syrie.

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Déclarations et prises de positions

  

Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah

«Les Israéliens avaient de multiples objectifs à travers le raid contre la Syrie. Parmi ces objectifs, écarter la Syrie de l’équation du conflit arabo-israélien et de la faire sortir de l’axe de la résistance. Tout le monde connait l’ampleur de l’aide syrienne aux mouvements de la résistance libanaise et palestinienne. Les dirigeants de la résistance palestinienne reconnaissent en coulisses qu’aucun gouvernement arabe ne les a aidés comme l’a fait le régime du président Bachar el-Assad. Les Israéliens veulent isoler la résistance au Liban et en Palestine. Ils veulent interdire l’acheminement de toute aide au Hezbollah. Les Israéliens disaient qu’ils empêcheraient le développement des capacités du Hezbollah. Ils ont bombardé Damas pour dire à la Syrie que la poursuite de l’acheminement d’aides à la résistance signifie la chute du régime. Le véritable objectif sioniste est donc de faire fléchir la Syrie et son peuple, et de l’exclure de l’équation du conflit arabo-israélien. Normalement, le pouvoir en Syrie devrait œuvrer pour faire échouer les objectifs de l’offensive israélienne, ou encore d’asséner un coup plus dur encore à l’ennemi. Quelle fut la riposte de la Syrie? 1-La Syrie a dit qu’elle allait continuer à offrir de l’aide à la résistance, et c’est une importante décision stratégique. La Syrie a même dit qu’elle allait offrir des armes plus sophistiquées aux mouvements de la résistance. Citez le nom d’un autre régime arabe qui accepte d’offrir un simple fusil à cette résistance. Cette décision est en réalité plus importante que la riposte militaire. La Syrie, en pleine guerre internationale, et frappée par plusieurs raids sionistes, campe sur sa position et annonce qu’elle allait fournir d’aides supplémentaires à cette résistance. 2-La deuxième réponse stratégique fut l’annonce de l’ouverture du front du Golan à la résistance populaire contre Israël. Depuis toujours, certains demandaient à ce que la Syrie ouvre son front face à l’occupation israélienne, au lieu de se contenter de soutenir le Liban dans sa guerre contre Israël. La Syrie est un grand pays ayant ses propres intérêts et ses propres calculs, donc, l’ouverture du front du Golan était une question très compliquée. Mais suite à cette offensive sioniste, la Syrie a su comment transformer la menace en opportunité et a fait la grande annonce sur le Golan. Dorénavant, la résistance populaire sera active en Syrie. Les Israéliens ont été terrifiés par les informations faisant état de l’activation des lance-missiles qui ont été pointées en direction de l’entité sioniste. Qui parmi les régimes arabes osent prendre des mesures pareilles? Nous, au Hezbollah, annonçons être prêts à recevoir toute sorte d’armes pour défendre les lieux saints et nos terres même si ces armes cassaient l’équilibre de la terreur dans la région. Nous sommes aussi prêts à soutenir matériellement et militairement la résistance populaire dans le Golan. Cette politique syrienne démontre la sagesse et la force du commandement syrien, surtout à travers sa réaction calme à la frappe israélienne. Le calme, le rationalisme, et la bonne décision sont les facteurs qui ont permis et qui permettront la réalisation des grands objectifs. A ceux qui veulent restituer aux Palestiniens leurs droits, sachez que seule la résistance est capable de le faire. Au peuple palestinien je dis: Vous ne trouverez personne à vos côtés autre que ceux qui étaient à vos côtés depuis des dizaines d’années. Ce qui se passe en Syrie est la bataille de la Palestine et d’al-Qods. Les pays arabo-islamiques sont appelés à trouver une solution avant de recevoir les directives américaines, parce que la poursuite de la bataille ne fera que perdurer l’effusion du sang. Deux mots sur le Liban: Nous voulons que le gouvernement se forme le plus rapidement possible, et que les élections se tiennent dans leur délai prévu. De nombreuses parties ont été déçues et surprises face au changement radical de la situation dans la région, contrairement à leurs attentes.»  

 

Béchara Raï, patriarche maronite

«J’en appelle à la communauté internationale et je dis aux pays qui attisent les flammes en Syrie: cessez de soutenir et de financer les massacres, et arrêtez d’armer le terrorisme et de déstabiliser ce pays.»  

 

Serguei Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères

«La Russie vend des missiles depuis longtemps à la Syrie, elle a signé des contrats et est en train de finaliser les livraisons en vertu des contrats signés. Ceci n’est interdit par aucun accord international. Il s’agit d’une arme défensive pour que la Syrie, qui est le pays importateur, ait la possibilité de se défendre contre des frappes aériennes.»     

 

Fayçal al-Moqdad, vice-ministre syrien des Affaires étrangères

«Instruction a été donnée de répondre immédiatement à toute nouvelle attaque israélienne. Nos représailles contre Israël seront dures et douloureuses. Israël doit le savoir. En aucun cas la Syrie ne permettra que les attaques israéliennes se reproduisent. Les affirmations d’Israël selon lesquelles les frappes visaient le Hezbollah et l’Iran sont un mensonge. Il n’y pas d’Iran et de Hezbollah. Il n’y pas de voitures qui transféraient des armes. avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, il a répondu: « Je pense que le président Vladimir Poutine a dû dire a Benyamin Netanyahu lors de leur entretien téléphonique: ‘assez c’est assez’. Ces attaques mettent en danger toute la situation au Moyen-Orient et ce type d’action doit cesser (…) La Syrie est prête à accueillir immédiatement la commission d’enquête de l’Onu sur les armes chimiques, et affirmer le contraire est un mensonge. Nous étions prêts et nous sommes toujours prêts maintenant, à cette minute, à accueillir la délégation. Nous avions ajouté que si l’enquête à Khan al-Assal s’avérait professionnelle, honnête, neutre nous serions d’accord pour examiner les autres cas.»    

 

Michel Aoun, leader du Courant patriotique libre

«L’agression israélienne contre la Syrie est déclaration de guerre car elle intervient après 40 ans d’armistice. Que fait l’Onu pour faire cesser les violations israéliennes de l’espace aérien libanais. On dit que cent milliards de dollars ont déjà été versés aux rebelles syriens. Que l’on nous donne 1% de cette somme pour aider les réfugiés. Cela fera quand même un milliard de dollars (…) Nous exigeons une représentation équitable pour toutes les communautés au Liban, car une représentation non équitable constitue une agression contre la communauté visée. En présentant le projet orthodoxe, notre bloc n’a voulu attaquer personne, mais simplement améliorer la représentation des chrétiens, ceux-ci étant menacés de marginalisation et de mainmise sur leurs droits.»    

 

Mohammad Rachid Kabbani, mufti sunnite de la République libanaise

«L’agression sioniste constitue l’exemple le plus clair du terrorisme sioniste mondial ainsi qu’une violation flagrante de la souveraineté des Etats, de leur territoire, et de leur espace aérien.»

 

Ghazi Aridi, ministre des Travaux publics (bloc de Walid Joumblatt)

«Nous traversons une période très critique qui aura un impact sur le Liban. Nous devons agir de façon à protéger le Liban sans quoi nous paierons tous le prix de nos erreurs et personne ne sortira gagnant de cette crise. En tant que membres du Front de lutte nationale, nous appelons à un consensus sur la formation d’un gouvernement et l’adoption d’une nouvelle loi électorale. Si les intentions sont bonnes, alors nous aboutirons à un accord concernant ces deux sujets. Nous voterons contre la proposition orthodoxe au Parlement.»     

 

Fouad Siniora, ancien Premier ministre

«Il sera difficile de former un gouvernement avec des partis dont des membres se battent en territoire syrien. Les développements militaires et sécuritaires en Syrie constituent pour nous et pour le peuple libanais la source d’inquiétude principale en raison de l’implication importante et déclarée du Hezbollah dans les combats en cours pour protéger le régime tyrannique face à son peuple. La participation massive du Hezbollah dans ces combats constitue une source de grand danger pour le Liban et le peuple libanais à cette étape.»

 

Alain Marsaud, député des français de l’étranger

«Qu’elle cohérence aurait une politique française qui soutiendrait à Damas les islamistes qu’elle combat à Tombouctou. Lever l’embargo sur les armes à destination de l’opposition en Syrie reviendrait à armer une rébellion dont on méconnaît la couleur. C’est prendre le risque de tomber de Charybde en Scylla. Je suis partisan d’une solution politique, mais j’espère plus de résultats de la diplomatie russe que d’une quelconque action de la France. Celle-ci, par sa prise de position contre le régime de Bachar el-Assad, a perdu l’opportunité de jouer son rôle d’arbitre. Les soupçons sur l’utilisation d’armes chimiques, d’un côté comme de l’autre, ne fait qu’ajouter à la complexité de la situation. La situation de la France en Syrie reste inextricable. Je n’ai pas de solution miracle.»

 

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Evénements

 

  • L’explosion de plusieurs voitures piégées a fait plus de 46 morts et des dizaines de blessés samedi à Reyhanli dans le sud-est de la Turquie, près de la frontière syrienne, a déclaré le ministre de la Justice, Sadullah Ergin. « Le nombre de victimes dépasse les 100 pour le moment. Le nombre de blessés augmente », a dit le ministre à la chaîne de télévision turque NTV. Pour le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, ces explosions ont peut-être partie liée avec les événements en Syrie ou bien visent à protester contre le processus de paix entre l’Etat turc et les séparatistes kurdes. « Nous entrons dans des périodes délicates, nous avons ouvert une nouvelle page, le processus de résolution de la question kurde. Il se pourrait bien que ceux qui ne peuvent pas supporter cette nouvelle ère(…)se livrent à de tels actes », a-t-il dit. « Autre question sensible, la province de Hatay (où ont eu lieu les explosions) est située à la frontière avec la Syrie, et ces actes pourraient avoir été commis pour fragiliser la situation », a-t-il continué.

 

  • Le célèbre scientifique britannique Stephen Hawking a refusé de participer à une conférence en Israël et a rallié un mouvement de boycott universitaire dénonçant l’occupation des territoires palestiniens, indique l’université de Cambridge, mercredi. Le scientifique, spécialiste de la cosmologie dont les travaux sur les trous noirs lui ont valu une reconnaissance internationale, devait s’exprimer en juin lors d’une prestigieuse réunion à laquelle plusieurs centaines de personnalités doivent participer. Son nom a été discrètement retiré cette semaine de la liste des participants, une décision favorablement accueillie par les organisations pro-palestiniennes qui souhaitent isoler Israël sur la scène internationale.

 

  • M. Daniel Chéaïb a répondu aux propos de l’ambassadeur de Turquie au Liban, Inan Ozyildiz, qui avait estimé que les familles des otages libanais détenus avaient en Syrie « dépassé les limites ». « Une personne comme l’ambassadeur de Turquie, qui représente un pays terroriste qui parraine les enlèvements, le terrorisme, les crimes sanglants et qui encourage l’effusion de sang entre Syriens, n’a pas le droit de tenir de tels propos, a dit M. Chéaïb. L’ambassadeur semble vivre encore à l’ère ottomane. Il ferait mieux de se taire. Il est une personne indésirable et la Turquie va payer le prix du rapt des Libanais ». Les familles des pèlerins, enlevés depuis bientôt un an en Syrie, ont empêché vendredi les employés de la compagnie d’aviation turque Pegasus d’accéder à leur bureau, dans l’ouest de Beyrouth, pour protester contre les critiques de l’ambassadeur turc formulées à leur adresse.

 

  • Le procureur suisse Carla del Ponte, membre de la Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie a affirmé dimanche soir en italien à la chaîne de télévision publique suisse du Tessin, avoir vu un rapport sur « des témoignages recueillis concernant l’utilisation d’armes chimiques, en particulier de gaz neurotoxique, par les opposants et non par le gouvernement ». Elle a parlé de « forts soupçons, de soupçons concrets » et estimé que ce n’était pas « surprenant » que les rebelles aient utilisé du gaz sarin « car des combattants étrangers se sont infiltrés parmi les opposants ».

 

  • Six étrangers, dont quatre Saoudiens, ont été arrêtés après un attentat contre une église d’Arusha, dans le nord de la Tanzanie qui a fait, lundi dernier, deux morts et une trentaine de blessés. C’est le premier attentat de ce type contre une église en Tanzanie. Le président tanzanien Jakaya Kikwete l’a qualifié d' »acte terroriste ».

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Revue de presse

As Safir (Quotidien libanais proche de la majorité, 10 mai 2013)

Imad Marmal

L’option de la composition d’un gouvernement de fait accompli est de nouveau renflouée chez les milieux du Premier ministre désigné, d’autant que le nœud du tiers de garantie l’a emporté sur les tentatives de dégager un compromis et d’arrondir les angles. Selon des sources éminentes du 8 mars, une telle mesure serait susceptible de provoquer une grave crise sur le plan politique et national. Tammam Salam ne s’est pas contenté d’opposer une fin de non-recevoir aux revendications du Courant patriotique libre et des forces du 8mars et d’adopter en contrepartie les demandes formulées par le 14 mars, il est allé jusqu’à brandirimplicitement le spectre de la mise sur pied d’un gouvernement de fait accompli en annonçant qu’il«n’attendra pas longtemps pour constituer le gouvernement».

Al Akhbar (Quotidien libanais proche de la majorité, 10 mai 2013)

Nicolas Nassif

Après le départ à la retraite début mai de trois de ses six membres, le Conseil militaire de l’Armée libanaise est désormais dans l’incapacité de se réunir faute de quorum, paralysant ainsi toute décision au niveau de l’armée.

Le Conseil militaire ne compte plus que le commandant en chef de l’armée, le général Jean Kahwagi, le chef d’état-major, le général Walid Salman, et le secrétaire général du Conseil supérieur de défense, le général Mohammad Kheir.

Conformément à l’article 28 de la loi sur la défense nationale, le Conseil militaire ne peut se réunir qu’en la présence d’au moins cinq de ses membres.

En l’absence d’un Conseil militaire, l’armée est complètement paralysée à tous les niveaux. Cette situation affectera notamment son financement, son armement et sa capacité de mobilisation. Cette situation pousserait le général Kahwagi à demander à assumer le rôle et les prérogatives du Conseil militaire afin d’éviter toute paralysie de l’institution militaire.

M. Kahwagi a ainsi envoyé une lettre au ministre démissionnaire de la Défense Fayez Ghosn, lui expliquant la situation qui l’a à son tour transmise au gouvernement.

Si les prérogatives du Conseil militaire sont transmises au commandant en chef de l’armée, cette situation créera un précédent. En effet, depuis sa formation en 1978, le Conseil militaire assure une représentation des communautés principales et évite ainsi que le chef de l’armée ne prenne des décisions unilatérales.

M. Kahwagi n’a pas explicitement demandé que les prérogatives du Conseil militaire lui soient transmises, mais il a noté que le gouvernement démissionnaire ne pouvait procéder à la nomination de trois nouveaux membres au Conseil militaire. Il a par ailleurs appelé les autorités à prendre les mesures nécessaires pour que le Conseil militaire puisse à nouveau se réunir.

 

Al Akhbar (10 mai 2013)

Walid Joumblatt n’a toujours pas donné sa réponse définitive à la proposition du Premier ministre désigné, Tammam Salam, de former un gouvernement de fait accompli. Etant donné qu’aucune avancée n’a été possible sur la voie de la constitution d’un gouvernement d’union nationale, les soutiens de M. Salam ont décidé d’appuyer la mise en place d’un gouvernement de fait accompli, qui comptera 16 ministres -et non 24 comme il avait été dit précédemment. Des sources informées des concertations entre le Premier ministre désigné, le président Michel Sleiman et Walid Joumblatt font état de pressions saoudo-américaines sur Tammam Salam pour qu’il cesse d’attendre d’éventuelles concessions de la part du 8 mars et forme un gouvernement de fait accompli. Toujours est-il que le député Joumblatt hésite encore à adhérer à un tel choix.

Al Akhbar (9 mai 2013)

Elie Chalhoub

Un immense sentiment de satisfaction traverse le commandement syrien car «le monde est en train de changer clairement à cause de l’inquiétude suscitée par l’extrémisme musulmans et les takfiris». Les dirigeants syriens pensent avoir tiré profit de nombreux facteurs: le raid israélien, Al-Qaïda et le Front al-Nosra, la rivalité saoudo-qatari, l’ottomanisme qui a marqué le comportement de la Turquie. L’opposition s’est divisée entre ceux qui courent après l’argent qatari et ceux qui sollicitent l’argent saoudien. «Tout cela a prouvé aux yeux de tous qu’il ne peut y a voir de substitut à l’Etat syrien», précisent des sources des visiteurs de Damas, qui rapportent les propos suivants du président Bachar al-Assad: «La Syrie aurait pu facilement donner satisfaction à son peuple, calmer les esprits et faire plaisir à ses alliés, en tirant quelques missiles sur Israël pour riposter aux raids israéliens. Damas sait qu’Israël ne veut pas la guerre. D’ailleurs, l’équation internationale ne permet pas l’éclatement d’une guerre dont l’Etat hébreu et l’Amérique ne veulent pas. En tirant quelques missiles, nous aurions obtenu une vengeance tactique, alors que nous voulons une vengeance stratégique, en ouvrant les portes à la résistance et en transformant la Syrie toute entière en pays résistant. Après les raids, nous sommes convaincus que nous combattons l’ennemi et que nous pourchassons ses soldats dans notre pays.» Ces mêmes visiteurs ajoutent que «le président Assad affiche une grande confiance et une satisfaction et a une immense gratitude envers le Hezbollah, son rationalisme, sa solidité et sa loyauté.» «Aussi, avons-nous décidé de tout lui donner, poursuit le chef de l’Etat syrien selon ses visiteurs. Pour la première fois, nous sentons que nous vivons avec le Hezbollah une communauté de destin. Il n’est pas seulement un allié mais un suppléant que nous aidons dans sa résistance. Aussi, avons-nous décidé de faire un pas en sa direction et nous transformer en Etat résistant à l’instar du Hezbollah. Pour la Syrie et pour les générations futures».        

Par ailleurs, un haut responsable syrien a qualifié la Turquie d’«Etat menteur en qui on ne peut avoir confiance. Même au sujet de l’accord conclu entre les Turcs et les Kurdes, nous pensons qu’il ne sera pas mis en œuvre. De toute façon, il y un différend entre l’armée turque et le Parti de la justice et du développement au sujet de cet accord.»

 

Al Hayat (Quotidien à capitaux saoudiens, 10 mai 2013)

Les démarches engagées par l’évêque maronite de Beyrouth Boulos Matar dans le dossier de la loi électorale devront déboucher sur une réunion élargie des leaders chrétiens pour débattre d’une loi électorale mixte qui se substituera au projet du Rassemblement orthodoxe. Des sources du Courant du futur indiquent que Mgr Matar n’aurait vu aucun inconvénient à découper le Liban en 11 mohafazats, dont 4 pour le Mont-Liban, au cas où un tel découpage faciliterait l’entente sur une loi mixte.

 

Al Joumhouria (Quotidien libanais proche du 14-Mars)

(10 mai 2013)

Selon des informations sûres, le Premier ministre désigné, Tammam Salam, s’apprêterait à annoncer, mardi prochain, la composition de son gouvernement de 24 membres qui ne comprendra pas des représentants du 8-Mars.

Les mêmes sources ajoutent que les négociations directes et indirectes entre M. Salam et le 8-Mars n’ont donné aucun résultat et que le climat entre les deux parties était, dernièrement, négatif, les protagonistes étant attachés à leurs positions. Cela a poussé M. Salam à adresser un message aux dirigeants du 8-Mars les informant de son intention d’aller de l’avant dans la formation de son gouvernement, même s’il fallait pour cela envisager l’absence de cette composante de l’Exécutif.

Des sources qui suivent les efforts pour la formation du gouvernement font état de forte pressions exercées sur M. Salam en ce moment pour le pousser à annoncer la formation d’un gouvernement de fait accompli dans les 48 heures. Mais jusqu’à jeudi soir, il était encore hésitant en raison des doutes exprimés par le président de la Chambre, Nabih Berry, au sujet des centristes, et des propos du secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, qui a posé comme condition la formation d’un gouvernement d’union nationale, ce qui a ramené le dossier gouvernemental à la case départ. Selon certaines informations, le président de la République, Michel Sleiman, ne serait pas enthousiaste à l’idée d’un gouvernement du fait accompli dans les circonstances actuelles.

 

Al Joumhouria (9 mai 2013)

L’Armée libanaise a démantelé pendant les fêtes un dangereux réseau terroriste dont l’objectif était d’exécuter des actes criminels pour saper la sécurité et la stabilité du pays. La cellule était composée de quatre individus, libanais et syriens, qui sont actuellement interrogés par les services de renseignements militaires, qui les ont arrêtés à Beyrouth à l’issue d’une longue surveillance.

Des sources de sécurité qui suivent l’enquête ont rapporté que la mission de cette cellule était de mener des opérations terroristes contre des casernes de l’Armée libanaise, en coopération avec des éléments terroristes du Front al-Nosra basés dans le camp palestinien d’Aïn el-Héloué.

L’enquête a montré que les membres de la cellule projetaient de rééditer le scénario des assassinats, comme ceux qu’a connu le Liban ces dernières années. Une série d’hommes politiques et de responsables sécuritaires figurait sur la liste des cibles de ce groupe dans le but de provoquer des troubles dans la rue chrétienne et musulmane.

Les mêmes sources ajoutent que les éléments terroristes résident à Aïn el-Héloué, à Tripoli et dans la haute montagne de Ersal, et s’employaient à fonder une branche d’al-Nosra dans le camp. Ils ont commencé d’ailleurs les entrainements militaires pour réactiver l’aile militaire d’Al-Qaïda en structurant des groupes adoubés par l’organisation-mère.

 

L’Orient-Le Jour (Quotidien libanais francophone proche du 14-Mars)

Scarlett Haddad (8 mai 2013)

Tout au long de la journée de dimanche, la région était au bord d’un embrasement généralisé, suite au quadruple bombardement israélien de la Syrie. Il a fallu des contacts intensifs et précipités entre Moscou, Washington, New York, Damas, Le Caire et Jérusalem pour que l’escalade qui semblait inévitable soit plus ou moins contrôlée. Si nul ne peut encore dire de quoi l’avenir sera fait, on peut, en tout cas, comprendre un peu mieux ce qui s’est réellement passé.

En dépit des armes, de l’argent et des hommes envoyés en Syrie pour combattre aux côtés de l’opposition, celle-ci était en train de perdre du terrain face aux forces du régime. Ce dernier avait en effet réussi à reprendre le contrôle de la route reliant Lattaquié à Damas via Homs, qui est en quelque sorte l’épine dorsale du pays. Des rapports de centres de recherche commençaient à parler d’un effondrement de l’opposition dans six mois, si rien n’est fait pour l’aider. Une délégation arabe conduite par le Premier ministre du Qatar accompagné du secrétaire général de la Ligue arabe s’est donc rendue aux États-Unis pour demander une intervention directe américaine dans le conflit en Syrie. Mais le président américain Barak Obama, selon des experts, n’a pas été convaincu de la nécessité pour son pays d’intervenir directement. Il a donc clairement exprimé son refus tout en étudiant la possibilité d’envoyer des armes plus efficaces à l’opposition. C’est à ce moment, ajoutent-ils, qu’Israël est intervenu, proposant ses services aux Américains.

Les avions israéliens, qui ont pris soin de ne pas entrer dans l’espace aérien syrien, préférant, violer une fois de plus la souveraineté libanaise, ont ainsi bombardé aux alentours de minuit, dans la nuit de samedi à dimanche, quatre positions syriennes stratégiques autour de Damas: la colline de Qassioun, où, dit-on, sont installées des positions russes et qui fait face au palais présidentiel, le siège de la garde présidentielle, des dépôts d’armes et de munitions et enfin le centre de recherche de Gemraya, le tout dans le secteur de Ghouta qui commande l’entrée de Damas.

Deux heures plus tard, les combattants de l’opposition, ajoutent ces sources, ont mené une quarantaine d’attaques sur plusieurs axes dans la même région, dans le but de prendre d’assaut la capitale, croyant pouvoir profiter de la confusion régnant dans les rangs de l’armée après les bombardements israéliens. Les alliés libanais du régime syrien affirment à cet égard qu’il y a eu bel et bien une coordination entre l’opposition syrienne et les Israéliens et ils en donnent pour preuve l’interview accordée par un des porte-parole de l’opposition Hassan Rastouni à la télévision israélienne dimanche, dans laquelle ce dernier exprime sa joie des bombardements israéliens ajoutant, toujours selon les alliés de Damas, qu’ils interviennent à un moment où l’opposition était proche du désespoir. Lundi, l’opposition s’est empressée de désavouer Hassan Rastouni, mais selon les alliés libanais du régime syrien, ce désaveu est un peu tardif.

En principe donc, le plan était parfait. Mais les problèmes ont commencé lorsqu’il est apparu que l’armée syrienne était bien préparée et avait déplacé discrètement une grande partie de ses forces et de ses munitions. Elle a donc réussi, toujours selon les alliés libanais du régime, à repousser les attaquants, tout en poursuivant son avancée dans la région de Qoussayr et en parvenant à étouffer toute tentative de soulèvement sunnite à Bayda près de Banias. En même temps, «les amis de la Syrie» évoqués par le secrétaire général du Hezbollah dans son dernier discours ont volé à son secours. L’Iran a donné le ton en multipliant les menaces à l’égard d’Israël, maintenant une sorte de flou pour être encore plus inquiétant, en se contentant de dire que «la résistance répondra». Le commandement syrien s’est aussitôt réuni pour annoncer sa volonté de riposter. Le ministre des AE Walid Moallem a contacté son homologue russe Serguei Lavrov, lequel a contacté son homologue américain John Kerry. Au fur et à mesure que les menaces se précisaient, les médias israéliens ont commencé à changer de ton. Citant d’anciens responsables militaires, ils ont commencé par rappeler que le Hezbollah dispose de quelques 60000 missiles avant de préciser que 40% des abris sont utilisables en Israël (…).

Il est ainsi clair que « le coup de pouce » israélien à l’opposition, concerté ou non, s’est retourné contre lui et qu’il a fallu une intervention américaine et russe directe pour stopper l’escalade.

Elnashra.com (Site libanais indépendant, 8 mai 2013)

Paula Astih

Les dernières informations sur l’affaire de l’enlèvement de l’évêque syriaque orthodoxe d’Alep, Youhanna Ibrahim, et de l’évêque grec-orthodoxe de la même ville, Boulos Yazigi, indiquent que les deux prélats seraient aux mains d’un groupe appelé «les soldats du califat» dans la campagne d’Alep. Des sources de l’opposition syrienne indiquent que ce groupe est encore plus extrémiste qu’Al-Qaïda et ne relève pas de cette organisation. «Nous avons dépêché des émissaires en Syrie pour s’enquérir du sort des deux évêques et il est apparu qu’ils sont avec ce groupe qui n’a pas dévoilé le but de l’enlèvement ou les revendications pour les libérer», ajoutent les mêmes sources avant de poursuivre: «Il n’y a aucun canal de communication avec les ravisseurs en dépit des démarches entreprises dans plusieurs directions.

Le 20 janvier dernier, un groupe appelé «la brigade des soldats du califat islamique»  en Syrie s’est fait connaitre dans une vidéo postée sur Youtube dans laquelle apparait un dénommé Abou Ali al-Mouhajer, qui se présente comme le porte-parole, entouré de combattants masqués. Il a annoncé que l’objectif de ce groupe est de répandre le message de l’islam et d’édifier le califat en Syrie. La page facebook des «soldats du califat» compte 1234 amis. Un groupe portant le même nom avait revendiqué les attaques menées par Mohammad Merah à Toulouse, en France, qui ont fait sept morts, dont des militaires et des enfants devant une école juive. Les «soldats du califat» avaient également revendiqué des attaques au Kazakhstan et en Afghanistan.

Ce groupe est considéré comme étant plus extrémiste que le Front al-Nosra qu’il qualifié d’ailleurs d’apostat. Selon des informations non confirmées, Il serait dirigé par un salafiste Koweitien dénommé Abou Omar le Koweitien, qui est venu en Syrie en provenance de Bosnie via Istanbul. Il se déplace entre Idleb, Alep et la Turquie.

 

The Guardian (Quotidien britannique, 8 mai 2013)

Mona Mahmoud et Ian Black

Le principal groupe d’opposition armée syrien, l’Armée syrienne libre (ASL), perd des combattants qui désertent au profit du Front al-Nosra lié à al-Qaïda. Le groupe extrémiste n’a cessé de croitre ces derniers mois et beaucoup pensent que cela est principalement en raison des combattants sunnites étrangers, radicalisés par l’insurrection après l’invasion américaine de l’Irak en 2003, qui auraient traversé la frontière pour rejoindre les militants luttant contre les partisans chiites du président Bachar al-Assad.

Mais plus récemment, de nombreux combattants de l’ASL se joignent au Front al-Nosra en raison d’un manque d’armes et de munitions. Selon un commandant de brigade de l’ASL, quelques 3000 hommes ont déserté au cours des derniers mois et une autre estimation indique que l’Armée syrienne libre rebelle a perdu un quart de ses combattants.

 

Rolling Stones (Bimestriel américain, 10 mai 2013)

Le vice-président Joe Biden a souligné que l’administration américaine actuelle était extrêmement prudente dans le dossier syrien car elle avait à l’esprit les erreurs commises à son sens lors de l’invasion et l’occupation de l’Irak en 2003.

Assurant que l’équipe du président Barak Obama avait restauré l’image des Etats-Unis dans le monde, M. Biden a expliqué que « nous ne voulons pas tout gâcher comme la précédente administration l’a fait en Irak, en disant ‘armes de destruction massive’.

Ces armes, prétexte à l’invasion de mars 2003, n’ont jamais été retrouvées après la chute du régime de Saddam Hussein.

« Nous savons que des traces ont été retrouvées, et il s’agit probablement d’armes chimiques. Ce que nous ne savons pas encore c’est si elles ont été répandues de façon accidentelle », par le régime ou les rebelles, a remarqué M. Biden.

Si cet usage est confirmé, « le président prendra certainement des mesures proportionnées », a révélé M. Biden, sans plus de précisions.

Mais il a aussi souligné que « quelle que soit la façon dont cela se termine, il va y avoir une instabilité politique de la Syrie pendant un certain temps, et nous voulons faire en sorte qu’il existe encore des institutions qui peuvent gouverner un pays ». « La leçon que nous avons apprise de l’Irak et de la précédente administration (…) est qu’en gérant l’Irak, ils ont détruit toutes les institutions », a rappelé M. Biden. « Et nous savons que nous pouvons y remédier, si nous sommes prêts à dépenser 1000 milliards de dollars, envoyer 160000 soldats et subir 6.000 morts, mais nous ne le pouvons pas », a encore dit M. Biden, en allusion au bilan humain et financier de la guerre en Irak, côté américain.

C’est a priori la première fois qu’un haut responsable de l’exécutif américain établit aussi clairement le lien entre la décision d’envahir l’Irak il y a dix ans et l’attitude actuelle de Washington face à la Syrie.

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Israël s’effondrera sous le poids de ses contradictions

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La société israélienne semble de plus en plus divisée. Aux traditionnels clivages gauche/droite et à la lutte opposant les laïques aux religieux, s’ajoute désormais un mouvement féministe bien particulier. « Les Femmes du Mur » ont obtenu le droit de prier comme des hommes devant le Mur des Lamentation, lieu le plus saint du Judaïsme.

« Nous avons fait une prière historique, même si cela a été pénible », a déclaré Shira Pruce, la porte-parole du mouvement féministe. Environ un millier de fanatiques juifs ont tenté d’empêcher la tenue de ce qu’ils considèrent comme une hérésie. Les policiers ont été qualifiés de « nazis », dans la tradition de la loi de Godwin*, si chère aux Israélites. Les ultra-orthodoxes ont par ailleurs bombardé les femmes avec des bouteilles, des ordures et des injures.

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Les féministes militaient depuis une vingtaine d’années pour pouvoir prier à la façon des Hommes. Durant toute cette période, elles ont été persécutées par les services de sécurité, rompus aux brimades en tout genre.

Cette victoire d’un féminisme nouveau, qu’on pourrait qualifier de religieux, dénote de celui qu’on trouve en Occident. Contrairement au mouvement Femen, il n’est pas lié à la prostitution et au business. De plus, il a des objectifs clairs et précis, alors qu’un mouvement comme Femen n’a pour raison de vivre que la provocation et l’esbroufe.

Des fissures dans les murailles israéliennes

Israël ne doit sa supériorité régionale qu’à deux facteurs : l’aide américaine (Israël est le pays au monde bénéficiant le plus de l’aide US avec 234 milliards de dollars gracieusement offerts depuis 1948) et l’unité de la société face aux menaces extérieures.

Le féminisme, s’il peut paraître légitime, a pour  conséquence de rajouter un clivage aux dualismes déjà existants au sein d’une société. C’est vrai en Europe, ça l’est tout autant en Israël. Les féministes du mur des Lamentations ont remporté une victoire, il serait étonnant qu’elles s’arrêtent là. D’autant plus que dans la société d’apartheid théocratique israélienne, les injustices faites aux femmes sont nombreuses.

L’émancipation de la gente féminine pourrait avoir pour effet secondaire l’apaisement des relations israélo-palestiniennes. Car, c’est bien connu, il n’y a pas de femme imbécile et meurtrière, à part bien sûr madame Thatcher. Plus sérieusement, l’apparition du mouvement de droits civiques permettrait de remettre en question l’hégémonie conservatrice et sécuritaire d’une caste masculine aussi criminelle qu’insensible.

L’autre force empêchant à Israël de devenir une nation débarrassée de l’impérialisme et de la discrimination est incarnée par la mouvance religieuse, qui s’est tristement illustrée lors de la première prière des femmes du Mur. Or, selon bon nombre de spécialistes, les ultra-orthodoxes sont de plus en plus isolés. Ils ne sont plus représentés au gouvernement, le ministère des Finances veut réduire leurs avantages pécuniaires et la population ne cesse de réclamer l’abrogation de leur exemption de service militaire. Les femmes (encore elles !) refusent désormais de s’asseoir à l’arrière des bus fréquentés par les ultra-orthodoxes, à l’image de ce qu’a fait Rosa Parks à une autre époque et dans un contexte finalement pas si différent.

Une société basée sur les discriminations

Celui qui ose qualifier l’Etat d’Israël de « seule démocratie du Moyen-Orient » doit ou bien être accroc à l’opium, ou bien être d’une mauvaise foi à en faire pâlir de jalousie un diplomate américain.

Le terme « démocratie » stipule tout d’abord l’égalité des droits. Or, Israël, outre les vexations quotidiennes qu’il fait subir à ses ressortissants arabes, est aussi coutumier des discriminations entre juifs Ashkénazes et juifs Séfarades.

En 2010, plusieurs milliers d’ultra-orthodoxes juifs Ashkénazes avaient manifesté contre la décision de justice obligeant une école de Cisjordanie d’accueillir en son sein des enfants séfarades. Par ailleurs, de nombreux séfarades prennent un patronyme ashkénaze pour espérer avoir accès à un bon emploi.

L’origine de ces discriminations remonte à la création de l’Etat d’Israël, en 1948. La plupart des Juifs ayant colonisé la terre de Palestine avant cette date son des Juifs européens et donc ashkénazes. Les vagues migratoires venues gonfler les peuplements juifs par la suite sont le fait des juifs séfarades, venus principalement du Maghreb et du Moyen-Orient.

Israël s’illustre également tristement par les nombreuses brimades faites aux immigrés « non-blancs ». Les Falashas (juifs éthiopiens) sont les premiers à en faire les frais. Ils seraient aujourd’hui un peu plus de 110 000 en Israël. Les autorités sionistes craignent que bon nombre d’entre eux n’aient menti sur leur « judéité ». Ces Falashas sont victimes de contrôles policiers excessifs et sont directement pointés du doigt dès qu’un fait divers sordide vient alimenter l’actualité.

Et après ?

Aucun régime au monde ayant ses fondations ancrées dans un profond terreau d’injustices ne peut durer éternellement. Il en a été ainsi pour l’Afrique du sud de l’apartheid, pour l’Allemagne nazie ou encore pour la discrimination raciale aux États-Unis. Israël n’échappera pas à la règle. Parce que quand on commet une injustice contre un groupe, c’est toute une société qu’on menace.

Au-delà de ces considérations d’ordre philosophique, Israël est confrontés à un grand péril, incarné dans la « menace démographique ». Le réservoir mondial juif n’est pas intarissable, tôt ou tard il n’y aura plus personne ayant une judéité suffisamment établie pour venir coloniser la terre de Palestine. En Israël même, les juifs sont confrontés à une explosion démographique des populations musulmanes. Et si actuellement environ 75% des Israéliens sont juifs, les choses pourraient prochainement changer.

 

Le Revizor

http://voixnouvelle.wordpress.com/2013/05/13/israel-seffondrera-sous-le-poids-de-ses-contradictions/