Archives de Tag: Iraq

Syrie : L’opposition soutenue par les États-Unis dégénère en un conflit interne

Publicités

Syrie : Le gouvernement tiendra ses engagements concernant la protection de ses enfants et citoyens !

Bachar al-Jaafari

Le 17 Juin 2013, le Conseil de sécurité discutait du sort des enfants en temps de conflit armé[*]. Voici la traduction du discours du Docteur Bachar al-Jaafari, délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies.

Monsieur le Président,

Nous avons lu avec intérêt le rapport du Secrétaire général concernant les enfants en temps de conflit armé.

Bien que Mme Leila Zerrougui, Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, ait abordé – pour la première fois – les crimes et abus commis par les groupes terroristes armés et notamment le recrutement d’enfants soldats, il est regrettable qu’elle ait eu besoin de plus de deux ans alors que des dizaines d’articles et de rapports officiels  documentés et des centaines de témoignages d’illustres représentants de l’ONU ou d’ONG avaient affirmé que des groupes terroristes salafistes et wahhabistes takfiristes enrôlaient des enfants syriens dans leur rang. Elle a eu besoin de plus de deux ans avant de les inscrire, aujourd’hui seulement et pour ce seul crime, sur « la liste de la honte » !

Nous aurions aimé que dans son rapport sur la Syrie, Mme  la Représentante spéciale recommande aux états qui parrainent et soutiennent les groupes terroristes, désormais connus de tous, qu’ils cessent d’une part de leur fournir argent, armes,  équipements, renseignements, et appui médiatique et d’autre part, qu’ils lèvent leurs sanctions unilatérales imposées au peuple syrien, dont la victime est en premier lieu l’enfant syrien, en raison de l’arrêt des programmes de développement et de financement, et de l’affaiblissement de l’économie nationale.

Monsieur le Président, ce qui soulève notre inquiétude est l’insistance de la Représentante spéciale – sur la liste annexée au rapport – à imputer aux autorités gouvernementales syriennes la responsabilité des bombardements des écoles et hôpitaux, les meurtres et mutilations d’enfants, en plus d’allégations nouvelles faisant référence à des actes de violence sexuelle. Permettez-moi d’aborder toutes ces allégations une par une.

Premièrement, concernant le bombardement des écoles et des hôpitaux :

La Syrie a reçu de bon cœur Mme Zerrougui et la délégation qui l’accompagnait fin 2012. Madame Zarrougui a rencontré les responsables concernés et en particulier le ministre de l’Éducation qui lui a remis une information documentée prouvant l’étendue des exactions terroristes des groupes armés, auxquelles était confronté tout le secteur de l’éducation. Elle a eu et tout le temps de visiter les écoles, les hôpitaux et les centres d’accueil des provinces de Damas, Homs et de leurs environs.

Mais pour une certaine raison, elle a choisi d’ignorer ce qu’elle avait elle-même constaté, à savoir que le gouvernement syrien utilisait les établissements d’enseignement comme centres d’accueil pour les familles déplacées, non comme cibles à bombarder ! Ceci pendant que les attaques délibérées et répétées des  groupes terroristes armés continuent à frapper les instituts et centres d’enseignement en Syrie, attaques largement documentées et durant lesquelles les parents sont contraints de ne pas envoyer leurs enfants à l’école du fait d’engins explosifs placés à l’intérieur même des établissements ou dans leur voisinage immédiat, ou encore du fait du ciblage délibéré des écoles par des missiles. Vous vous souvenez tous du bombardement de la Faculté d’Architecture à l’Université d’Alep, puis du bombardement de la Faculté d’Architecture à l’Université de Damas !

Quant aux établissements de la Santé, ils ont été largement ciblés par les groupes terroristes armés qui ont ravagé, incendié, et volé, plus de 35 % des hôpitaux syriens. Nous avons fourni à la Représentante spéciale des vidéos montrant les préparatifs des terroristes destinés à l’explosion de l’hôpital d’Al-Qousayr, puis leur conséquence en date du 5 Septembre 2012. Nulle mention de ce crime dans son rapport, alors que les bombardements des hôpitaux et des écoles sont, en eux-mêmes, des crimes suffisants pour inscrire ces groupes terroristes sur « la liste de la honte » !

Deuxièmement, concernant les meurtres et mutilations d’enfants :

Depuis le tout début de la crise, le monde entier est témoin de la série de crimes répugnants commis contre les enfants syriens par les groupes terroristes armés

Ainsi, à Alep, Mohammed Al-Qatta âgé de 14 ans a été torturé puis fusillé pour cause de blasphème, devant son père et sa mère, par des éléments d’un bataillon fondamentaliste terroriste de « Jabhat al-Nosra » se présentant comme un tribunal légitime dépendant de « l’État islamique d’Irak et du Levant ».

Fin 2012 et toujours à Alep, des groupes extrémistes ont violé, trainé sur une longue distance, puis exécuté par pendaison l’enfant Fayçal âgé de 4 ans.

Rappelons aussi les propos diffusés avec enthousiasme, il y a seulement 2 jours, par la chaîne saoudienne « Al-Arabia » ; ceux du Sheikh koweïtien salafiste wahhabiste, Chafi Al-Ajami, se vantant dans l’un de ses sermons d’avoir « massacré » les enfants syriens  du village de Hatla à Deir el-Zor.

Ce n’est qu’un aperçu des multiples activités de « Jabhat al-Nosra », désormais inscrite sur la liste des organisations terroristes par le Conseil de sécurité. En l’occurrence, ceux qui ont préparé ce rapport auraient pu en tenir compte !

Troisièmement, concernant les actes de violence sexuelle :

Comment se fait-il que ce rapport de la Représentante spéciale ignore les crimes d’agressions sexuelles, de viols, et d’assassinats, perpétrés par les groupes terroristes armés à l’encontre de femmes et de fillettes syriennes ? Comment se peut-il que ces crimes ne figurent pas dans ce rapport, en dépit de multiples autres rapports documentés prouvant que ces groupes armés ont kidnappé des femmes et des jeunes filles pour en faire des captives ou des esclaves destinées à satisfaire leurs plaisirs ? Ceci, pendant que les protecteurs de ces voyous du Jihad, déséquilibrés et nécrophages, habitant quelque part dans les « machiakhates pétrodollariennes » [machiakhate : terme dérivé de Cheikh, NdT], lançaient publiquement sur les ondes leurs fatwas autorisant ces crimes sous couvert de ce qu’ils ont désigné par « Jihad sexuel » ou « Jihad de la fornication » !

Monsieur le Président, nous déplorons que dans les 13 paragraphes de ce rapport, consacrés à la République arabe syrienne, aucun ne mentionne la souffrance des enfants syriens vivant sous l’occupation israélienne dans le Golan syrien.  Depuis son entrée en fonction nous avons attiré, à maintes reprises, l’attention de Mme Zerrougui sur la nécessité d’accorder à cette question l’importance qu’elle mérite dans ses comptes-rendus. Malheureusement, elle ne l’a pas fait.

Pour conclure, Monsieur le Président, je voudrai souligner que le gouvernement syrien tiendra ses engagements concernant la protection de ses citoyens, notamment les enfants. Toute violation de la sécurité de ces enfants est soumise à de sérieuses poursuites. C’est dans ce but que le 6 mai 2013 le gouvernement syrien a adopté deux articles supplémentaires, ajoutés au Code pénal, condamnant ceux qui entrainent des enfants de moins de 18 ans dans des opérations de combat, quelles qu’elles soient, à des peines de travaux forcés allant 10 à 20 ans.

Dr Bachar al-Jaafari

NewYork ;17/06/2013

Texte traduit par Mouna Alno-Nakhal 


Source : Vidéo / You Tube
http://www.youtube.com/watch?v=VI06cNK-BEU

 

Notes :

[*] Conseil de sécurité    [CS/11035 / 6980e séance – matin] : Le sort des enfants en temps de conflit armé
http://www.un.org/News/fr-press/docs/2013/CS11035.doc.htm

 

Extraits :

« M. JEAN ASSELBORN, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères du Luxembourg, a salué la possibilité offerte à la société civile de s’exprimer devant le Conseil de sécurité sur cette question des enfants en période de conflit armé.  Il a rappelé qu’à ce jour, trois millions d’enfants avaient été affectés par le conflit en Syrie, en précisant que des milliers d’entre eux ont perdu la vie et de nombreux autres ont subi la torture ou des violences sexuelles.  Plus de la moitié des hôpitaux ont été endommagés ou détruits et 2 500 écoles ont été partiellement ou entièrement détruites, a noté le Ministre, avant d’appeler à mettre fin au conflit en Syrie.  Il nous faut trouver une solution qui conduise à une transition politique en Syrie et qui réponde aux aspirations légitimes du peuple, a-t-il souligné, en estimant que la Conférence de Genève II apparaissait de plus en plus comme celle de la dernière chance ».

« Le représentant de la Fédération de Russie a rappelé que son pays condamnait toutes les violations graves commises à l’encontre des enfants, en soulignant la nécessité de mettre un terme à l’impunité des auteurs de ces violations.  Il a condamné également l’utilisation des drones, en plaidant pour que des enquêtes sur ces incidents soient menées.  Il a souligné qu’il était nécessaire de respecter le système de répartition des tâches entre les différentes institutions des Nations Unies.  Le mandat de la Représentante spéciale comprend la protection des enfants en période de conflit armé, a-t-il rappelé, en estimant cependant qu’une interprétation étendue de cette notion n’était pas justifiée.  Des évaluations pondérées sur la base de données fiables permettent, a-t-il assuré, de garantir la crédibilité et la pertinence des recommandations contenues dans le rapport du Secrétaire général.

La Représentante spéciale doit mettre au point des procédures claires pour inscrire ou radier des parties à un conflit des listes en annexe du rapport du Secrétaire général, a-t-il dit, en faisant notamment état de critères superficiels concernant les auteurs de violations récalcitrants.  L’absence de critères clairs n’aide pas les États mais encourage un manque d’objectivité et de confiance au sujet de l’utilisation de cet instrument, a ajouté le délégué russe.  Les sanctions ne sont pas une panacée, a-t-il par ailleurs affirmé, en rappelant également le rôle dévolu aux États à qui incombe la responsabilité principale d’assurer la protection des populations ».

http://www.mondialisation.ca/syrie-le-gouvernement-tiendra-ses-engagements-concernant-la-protection-de-ses-enfants-et-citoyens/5339654

La guerre de l’ombre du Mossad …..

La guerre de l’ombre du Mossad .....IRIB-La déclassification d’archives montre que les Israéliens n’ont jamais reculé pour défendre leur sécurité. Des JO de Munich (1972) à la crise syrienne, les opérations secrètes n’ont pas cessé.

Les archives sur les opérations actuelles — contre l’Iran ou la Syrie — parleront probablement dans vingt ou trente ans. C’est le temps qu’il a fallu à l’État hébreu pour déclassifier une partie de ses documents sur deux des dossiers qui ont marqué l’opinion : la tuerie des jeux Olympiques de Munich (1972) et la tentative d’assassinat de Saddam Hussein (1992).
« S’il devait y avoir une preuve tangible de schizophrénie, c’était bien cette nuit-là. » C’est en ces termes que Golda Meir, premier ministre d’Israël, décrit la nuit interminable du 5 au 6 septembre 1972 qui vit l’assassinat de onze athlètes israéliens dans le village olympique de Munich. Faisant semblant de céder au commando palestinien Septembre noir, les négociateurs allemands montèrent un guet-apens raté sur l’aéroport militaire de Fürstenfeldbruck. Quarante ans après, les quarante-cinq documents rendus publics — câbles des Affaires étrangères, comptes-rendus de réunions du cabinet, correspondances entre Allemands et Israéliens — révèlent qu’Israël avait prévenu les autorités allemandes qu’il « ne négocierait pas avec les terroristes » et leur avait demandé d’« entamer des négociations avec les assaillants pour préparer du mieux possible une opération de sauvetage ».
Les archives montrent les défaillances israéliennes
Aucune alerte donnée aux services de renseignements, aucun dispositif de sécurité pour les athlètes — et accablent les responsables allemands qui ont refusé de suspendre les compétitions. Un télégramme de l’ambassade d’Israël à Bonn donne la justification du Comité olympique : « La télévision n’a pas de programme alternatif. » Le rapport de ZviZamir, le chef du Mossad, est accablant. L’assaut a été tardif, en pleine nuit, à la mitrailleuse, sans projecteurs : « Les Allemands n’ont même pas fait un effort minimal pour sauver des vies, ils n’ont pas pris la moindre précaution pour sauver les gens, ni les leurs ni les nôtres. Ils ont tout fait pour en finir avec cette histoire, à n’importe quel prix, afin de ne pas perturber les jeux Olympiques. »
Le 8 octobre 1972, Golda Meir s’adresse à la Knesset : « Nous ne devons pas uniquement nous défendre, mais attaquer. Nous devons pourchasser les terroristes et les tuer. Ils deviendront des proies. » Elle a approuvé l’opération “Colère de Dieu” dans le plus grand secret. Elle durera vingt ans, jusqu’à la mort du Palestinien AtefBseiso, abattu le 8 juin 1992 à Paris, quatorzième nom sur la “liste de Golda”.
À cette époque, Tsehilim, au coeur du Néguev, est le plus grand camp d’entraînement à la guérilla urbaine de l’armée israélienne. Le 5 novembre 1992, l’état-major de l’armée sioniste observe la manoeuvre d’une dizaine de commandos de la prestigieuse unité SayeretMatkal, les troupes d’élite de l’état-major. Soudain, une explosion. On relève cinq morts et six blessés graves. Un missile téléguidé Tamouz a été tiré trop tôt. Il aurait dû être chargé à blanc.
Saddam était la cible d’Israël
Les archives révèlent aujourd’hui les coulisses de cet entraînement raté. À l’époque, Saddam était la cible. Les commandos devaient l’abattre… au missile. La décision avait été prise après la guerre du Golfe (1991). Pour la première fois de son histoire, Israël avait été la cible d’une attaque d’envergure (39 missiles Scud irakiens) sans pouvoir riposter. En décembre 1991, le général Ehud Barak, chef d’état-major de Tsahal, propose de liquider le président irakien Saddam Hussein. C’est l’opération “Buisson de ronces”. La traque de « l’objet », comme il est désigné dans les archives, durera douze mois. Autour d’AmiramLevine et de NadavZeevi, deux jeunes officiers du renseignement militaire, l’État hébreu mobilise ses meilleurs agents. Le Mossad s’oppose pourtant à Barak. Son chef, ShabtaiShavit, parle d’une « mission impossible, en terre inconnue et visant un homme surprotégé ». Comme pour l’Iran aujourd’hui, Barak est accusé de minimiser les conséquences politiques et militaires d’une telle action. Le Mossad redoute un soulèvement général des pays arabes.
Informé de cette opération en juillet 1992, le premier ministre Yitzhak Rabin se montre réservé. Mais la CIA fait parvenir à Israël une information importante : KhairallahTelfah, oncle et père adoptif de Saddam Hussein, est mourant. Saddam ira à ses funérailles, près de Tikrit. La SayeretMatkal s’entraîne alors nuit et jour à Tsehilim, où le cimetière de Tikrit a été reconstitué. Les plans prévoient deux hélicoptères pour déposer les commandos, de nuit, à une dizaine de kilomètres de la ville. Un premier groupe doit identifier Saddam Hussein. Le second attendra son feu vert pour tirer deux missiles de précision. Tout sera abandonné après l’incident du 5 novembre 1992. Saddam bénéficiera d’un sursis de quatorze ans.

Syrie : 800 Européens enrôlés dans le djihad anti-Assad

Par Georges Malbrunot

Un combattant du groupe djihadiste Jabhat al-Nosra à Raqqa, en Syrie, le 12 mai dernier.

Un combattant du groupe djihadiste Jabhat al-Nosra à Raqqa, en Syrie, le 12 mai dernier. Crédits photo : STRINGER/REUTERS

Menacés par les combats, une quarantaine ont commencé à fuir en Turquie. Leur retour est la hantise des services antiterroristes.

Huit cents ressortissants européens combattent actuellement le régime de Bachar el-Assad en Syrie, selon les estimations d’un diplomate de l’Union européenne (UE), confirmées par un dirigeant de l’opposition. Certains ont rejoint le groupe djihadiste Jabhat al-Nosra, classé terroriste par les États-Unis, qui vient de prêter allégeance à al-Qaida.

Jamais autant d’habitants du Vieux Continent n’ont afflué en aussi grand nombre sur une période aussi courte – un peu plus d’une année – pour livrer la «guerre sainte» à un régime qui réprime de manière sanglante ses opposants et que l’Europe elle-même combat depuis deux ans. Parmi ces 800 Européens figurent une centaine de Français ou de Franco-Syriens, 50 à 70 Belges, une centaine de Britanniques, de nombreux Allemands, notamment d’origine turque, des Irlandais, des Kosovars, des Danois. Bref pratiquement tous les pays européens sont concernés. Certains de ces combattants ont été tués, d’autres sont emprisonnés par le régime. Et une poignée a déjà guerroyé sur une autre terre de djihad. «Nous avons eu une réunion entre ambassadeurs européens et chaque pays a fait le décompte du nombre de ses ressortissants partis en Syrie», souligne le diplomate de l’UE.

Une dangereuse radicalisation

La dernière estimation officielle émanant des services de Bruxelles atteignait le nombre de 500 djihadistes. Leur profil va de l’idéologue pur et dur au révolutionnaire romantique en passant par l’adolescent égaré. La facilité avec laquelle ces candidats au djihad se rendent sur place – via la Turquie où aucun visa d’entrée n’est requis – explique partiellement cette participation importante, ainsi que l’absence de filières d’acheminement, contrairement à l’Irak ou à l’Afghanistan.

Mais «pour la première fois, avertit le responsable de l’opposition, nous assistons au départ de certains combattants étrangers». Ces dernières semaines, une quarantaine d’Européens ont ainsi fui la région d’Idlib dans le Nord, où les rebelles peinent à chasser les loyalistes de cette portion du territoire syrien. «Il y a eu un changement du rapport de forces sur le terrain, précise l’opposant. L’armée a lancé des opérations de nettoyage et, en plus, des conflits ont éclaté entre des groupes armés. Toutes ces raisons font que certains combattants étrangers qui ne sont pas idéologiquement marqués quittent la Syrie». Ceux-là s’échappent par la Turquie plutôt que par le Liban, où les entrées et sorties à l’aéroport de Beyrouth sont contrôlées par le Hezbollah, allié de Damas.

Certains auront acquis un savoir-faire qui peut servir à perpétrer des opérations terroristes dans leur pays d’origine

Ces derniers jours, d’autres djihadistes ont également fui la ville d’al-Qusayr que l’armée régulière, appuyée par les unités d’élite du Hezbollah est en train de reprendre aux insurgés. «Ces djihadistes fuient vers le Liban voisin», ajoute le dirigeant de l’opposition, mais il s’agit essentiellement d’Arabes, et non d’Européens.

Le retour de jeunes, radicalisés au contact de vieux briscards du djihad, est la hantise des services de sécurité européens. Certains auront acquis un savoir-faire qui peut servir à perpétrer des opérations terroristes dans leur pays d’origine. Mais la justice pourra-t-elle criminaliser leurs voyages en Syrie, dont le régime est dénoncé par les capitales européennes? En outre, des binationaux figurent parmi ces candidats au djihad. «Il est difficile de leur dénier le droit d’aller résister à un pouvoir qui massacre sa population», soulignait récemment le juge antiterroriste Marc Trévidic.

La Belgique, la France et l’Allemagne sont particulièrement concernées. De très jeunes citoyens belges, parfois convertis, ont pris le chemin de la Turquie puis de la frontière, où des réseaux les convoient ensuite en Syrie. Parmi eux, de nombreux Belgo-Maghrébins, reliquat des filières qui allaient vers l’Afghanistan ou l’Irak dans les années 2000.


Des soldats israéliens répliquent  à des tirs en provenance de Syrie

Des soldats israéliens en patrouille sur  le plateau du Golan ont ouvert le feu dans la nuit de lundi à mardi, après avoir été pris pour cible par des tirs en provenance de Syrie. Aucun militaire n’a été blessé, mais leur jeep a été endommagée,  a précisé l’armée israélienne. De son côté, l’armée syrienne a affirmé avoir détruit  un véhicule israélien ayant dépassé  la ligne de cessez-le-feu sur le plateau  du Golan. Dans un communiqué, Tsahal s’inquiète «des récents incidents dans  le nord du pays» et dit avoir «déposé plainte auprès des forces des Nations unies en faction dans la région». La semaine dernière, des projectiles tirés de Syrie ont touché le mont Hermon, point culminant du Golan occupé par Israël

http://www.lefigaro.fr/international/2013/05/21/01003-20130521ARTFIG00505-syrie-800-europeens-enroles-dans-le-djihad-anti-assad.php

 

Le scénario catastrophique… Lorsqu’il se retourne contre les ennemis de la Syrie

Akil Cheikh Hussein

Les accusations et les interprétations qui vont dans tous les sens en ce qui concerne les attentats perpétrés à Rayhâniyya n’empêchent pas de remarquer qu’ils ressemblent comme un loup à un loup à ceux qu’on commet depuis deux ans en Syrie et depuis dix ans en Iraq. Des voitures bourrées de grandes quantités d’explosives, des nombres exorbitants de victimes en particulier parmi les civils. Et des commanditaires bien connus dont la Turquie qui, grâce à ses frontières communes avec la Syrie et l’Iraq, jouit de facilités dont ne disposent pas des Etats comme le Qatar, le royaume saoudite ou même l’entité sioniste.

A elles-seules, ces considérations ne suffisent pas certes pour mettre à l’index l’une ou l’autre parmi les parties constituantes de l’alliance qui fait la guerre à la Syrie. Il existe plutôt des indices qui, en apparence, vont dans le sens inverse. N’est-ce pas que la Turquie joue un rôle essentiel dans cette guerre ? Rayhâniyya ne se situe-t-elle pas à cinq km seulement des frontières qui séparent la Syrie de la «République du Hatay», originellement l’Alexandrette syrienne offerte sous le mandat français en 1938 à la Turquie pour des considérations en liaison avec les alliances qui se tramaient à la veille de la seconde guerre mondiale ? N’est-ce pas que tout cela permet d’en accuser la Syrie ?

En apparence seulement, à l’instar de tous les attentats terroristes semblables qu’on fomente pour justifier les guerres d’agression. Beaucoup d’assassinats et d’attentats ont été commis par le Mossad israélien contre des Israéliens ou des Juifs pour accuser les Palestiniens et les Arabes. Les preuves ne manquent pas qui montrent que les attentats du 11/9/2001 sont l’œuvre du Pentagone et de la CIA.

D’où, il est probable que les attentats de Rayhâniyya soient fabriqués par la Turquie elle-même ou par certaines composantes de l’alliance mondiale contre la Syrie dans le but de passer à une nouvelle forme d’escalade.

Par la Turquie elle-même car Recep Erdogan qui a accusé la Syrie de vouloir introduire la Turquie dans un scénario catastrophique -bien que la Syrie, occupée depuis deux ans par sa guerre contre le terrorisme et qui consacre tous ses efforts pour nettoyer ses territoires des gangs armés, n’est pas en état de pouvoir rendre la pareille à la Turquie- s’est rendu compte depuis longtemps de l’ampleur de la catastrophe dans laquelle il s’est introduit et introduit son pays en imaginant que la destruction de la Syrie pourrait ouvrir la voie à l’instauration d’un nouvel empire ottoman.

C’est dans ce sens qu’il a, lui qui manque de connaissance sur la nature du plan étasunien arrogant qui, sur le plan stratégique, vise la Turquie comme il vise la Syrie ou l’Iran, plus qu’une fois demander secours au Nato en lui demandant en vain d’intervenir en Syrie dans l’espoir de limiter les dégâts de ce scénario catastrophique. Fomenter les deux attentats à Rayhâniyya et en accuser la Syrie peut donc lui paraitre suffisant pour pousser le Nato à envoyer ses armées pour l’aider à sortir de son pétrin. N’a-t-il pas dit, juste après les attentats, qu’il est l’heure pour la communauté internationale d’intervenir ?

Mais la communauté internationale, ou plus précisément le Nato et les Etats-Unis ne sont pas à l’écoute. Non parce que son secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen, et le président des Etats-Unis, Barak Obama, ont toujours répété qu’ils n’ont pas l’intention d’intervenir en Syrie. Mais plutôt par ce qu’ils ne sont pas en mesure de le faire. Ils savent très bien, dans les conditions des défaites militaires encaissées par les projets hégémoniques israélo-étasuniens dans la région, que la riposte syrienne sera foudroyante.

Cela ne veut pas dire que le Nato et les Etats-Unis ne cherchent pas à abattre la Syrie par des moyens autres que l’intervention directe ou la guerre totale, même si ces moyens ne semblent pas suffisants aux yeux d’Erdogan et de ses semblables qui, embourbés et empressés, ne peuvent plus éviter le scénario catastrophique qu’ils ont tramé contre la Syrie mais dans lequel ils se sont engouffrés eux-mêmes. L’un des plus importants de ces autres moyens est de pousser la Turquie, notamment, dans la fournaise de cette intervention directe.

Surtout parce que l’évolution de la situation sur le terrain montre que le groupes armés commencent à s’effondrer et qu’une implication totale de la Turquie semble pouvoir réajuster le cours des événements au profit des plans israélo-étasuniens. Une guerre qui oppose la Turquie à la Syrie reste enfin une guerre entre deux pays visés par ces plans.

Les attentats de Rayhâniyya peuvent également être perpétrés par des agences de renseignements occidentales ou par les groupes armés en action à l’intérieur de la Syrie et qui ont à plusieurs reprises tiré des obus sur les territoires turcs ou les territoires occupés par l’entité sioniste dans l’espoir de susciter l’intervention extérieure censée les aider à atteindre leurs malveillants objectifs.

Source : moqawama.org

Quand Washington défie Ankara!!

 

IRIB-S’il y a un domaine où les Américains ne tolèrent aucune entorse à leurs oukases de la part de l’allié turc ,
c’est le pétrole. les accords pétroliers entre Ankara et Erbil qui ont été conclu au grand mépris de la souveraineté nationale de l’Irak ont été qualifié par le porte parole du conseil de la sécurité nationale US d’inadmissibles puisque non autorisé par Bagdad ! les Etats Unis rejettent par la même occasion les accords signés entre Erbil et Exxon Mobil, partenaire de la Turquie dans son aventure pétrolier au Kurdistan irakien.  » la position des Etats Unis au sujet du pétrole du Kurdistan irakien reste inchangée . les Etats Unis ne soutiennent pas l’exportation du pétrole irakien d’où qu’il se trouve sans le feu vert du pouvoir fédéral »! a dit Kathlin Hyden. Ni la Turquie ni les représentant d’Exxon Mobile n’on réagi à cette prise de position hostile de Washington. Erdogan s’est vanté 24 heures avant son départ opour Washington de l’accord conclu avec Erbil qui autorise la Turquie et la société exxon mobil à piller le pétrole irakien pour la simple que ce pétrole se trouve au Kurdistan et que les Kurdes sonta u coeur d’un vaste projet de marchandage par l’Empir. or , affirment les analystes, la tête de l’Empir ne tolère pas que les vassaux  s’approprient seuls les butins!!!

Tendances de l’Orient : (Lundi 13 mai 2013 no134)

La Syrie détruit les illusions dominatrices d’Israël

Par Ghaleb Kandil

Les centres de recherche israéliens ont estimé que les événements en Syrie ont imposé des changements stratégiques en faveur d’Israël. Les dirigeants sionistes se sont imaginés avoir éliminé les résultats des victoires de la Résistance au Liban et en Palestine, qui a imposé de nouvelles équations dissuasives stratégiques, surtout depuis la défaite d’Israël, en 2006.

Conformément à cette évaluation, les services israéliens se sont impliqués dans la guerre contre la Syrie en exécutant des opérations de sabotage contre le système de défense nationale syrien, et ont directement appuyé les groupes terroristes dans l’hinterland syrien. Dans le même temps, les troupes israéliennes s’activaient ouvertement sur la ligne de démarcation au Golan pour apporter des facilités aux terroristes et leur offrir une protection. En coordination avec leurs amis émiratis, qataris, saoudiens et jordaniens, les Israéliens sont devenus des partenaires à part entière dans l’agression contre la Syrie, après s’être réconciliés avec la Turquie, sous le parrainage du président américain Barak Obama. Les chambres d’opération installées sur le territoire turc jouent un rôle de premier plan dans la destruction de la Syrie.

C’est dans ce climat que les dirigeants israéliens ont organisé une série de manœuvres et d’entrainement militaires dans des buts offensifs contre le Liban et la Syrie et ont mené des exercices conjoint avec des troupes turques, jordaniennes et de pays du Golfe, avec la participation de troupes de l’Otan. Les prémices d’une vaste intervention militaire en Syrie sont apparus à l’horizon, après l’exhumation du prétexte des armes chimiques.

Cependant, la Syrie, grâce à son armée et à ses alliances régionales et internationales, a fait montre d’une grande immunité et résilience face aux projets d’intervention militaires. L’Occident et ses auxiliaires sont alors passés à une autre forme d’agression, et les raids aériens israéliens contre Damas ont constitué un test sur les capacités d’Israël à intervenir d’une manière permanente en Syrie sous une couverture américaine offerte par Obama en personne. Une sorte de guerre par procuration, car les Etats-Unis sont incapables de s’aventurer dans de nouveaux conflits après leur défaite en Irak et en Afghanistan. D’ailleurs, à cause des nouveaux rapports de force, Washington est plus enclin à conclure des compromis et à accepter l’accord de Genève sans conditions préalables.

La réponse stratégique syrienne aux raids israéliens va renforcer les rapports de forces au détriment d’Israël. La situation sera encore plus favorable pour l’axe de la résistance qu’elle ne l’était avant le début de la guerre mondiale contre la Syrie, il y a deux ans. Cette riposte se base sur le concept qui consiste à transformer la menace en opportunité, comme l’a si bien dit le leader de la Résistance, sayyed Hassan Nasrallah. Cette réponse repose sur des changements structurels des équilibres qui sous-tendent le conflit israélo-arabe: 1-Renforcement des capacités de dissuasion de la Résistance, après la décision syrienne de lui fournir des armes qualitatives, capables de changer le rapport de force avec Israël. 2-Lancement d’une résistance populaire pour la libération du Golan, qui bénéficiera de l’expérience, du soutien et des capacités de la Résistance libanaise. 3-Les instructions données aux forces stratégiques syriennes de riposter immédiatement, sans besoin de revenir au commandement suprême, à toute nouvelle agression israélienne. 4-La riposte syrienne a pavé la voie à une nouvelle ère dans la lutte nationale armée du peuple palestinien, à travers l’ouverture du front du Golan.

Dans une tentative désespérée de freiner ces changements dans les rapports de force, la Turquie est entrée en lice. Ankara tente d’instrumentaliser les attentats de la localité de Rihaniya, accusant la Syrie d’en être responsable, avant même la fin de l’enquête. Cette action montre que la coordination entre la Turquie et Israël a atteint des niveaux élevés. Mais là aussi, la riposte de l’axe de la Résistance et de ses alliés était rapide. la Russie a très vite réagi en affirmant que les accusations contre la Syrie visent à torpiller la conférence internationale sur la Syrie, convenu entre Moscou et Washington.

Puis le ministre syrien de l’Information a accusé le gouvernement turc d’avoir transformé les régions frontalières en sanctuaire pour le terrorisme international. Ankara facilite le trafic d’armes, d’explosifs, de voitures piégées, d’argent et de criminels à destination de la Syrie. Par conséquent, a ajouté Omrane al-Zohbi, le gouvernement turc et son chef assument un responsabilité directe, politique et morale, vis-à-vis des peuples turc et syrien, dans les violences qu’ils subissent. « La Syrie n’a pas commis et ne commettra jamais un tel acte car nos valeurs ne nous le permettent pas », a assuré le ministre, appelant au départ du Premier ministre turc Recep Tayyeb Erdogan, responsable, selon lui, des malheurs qui frappent la Syrie.

______________________________________________________________

 

Déclarations et prises de positions

  

Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah

«Les Israéliens avaient de multiples objectifs à travers le raid contre la Syrie. Parmi ces objectifs, écarter la Syrie de l’équation du conflit arabo-israélien et de la faire sortir de l’axe de la résistance. Tout le monde connait l’ampleur de l’aide syrienne aux mouvements de la résistance libanaise et palestinienne. Les dirigeants de la résistance palestinienne reconnaissent en coulisses qu’aucun gouvernement arabe ne les a aidés comme l’a fait le régime du président Bachar el-Assad. Les Israéliens veulent isoler la résistance au Liban et en Palestine. Ils veulent interdire l’acheminement de toute aide au Hezbollah. Les Israéliens disaient qu’ils empêcheraient le développement des capacités du Hezbollah. Ils ont bombardé Damas pour dire à la Syrie que la poursuite de l’acheminement d’aides à la résistance signifie la chute du régime. Le véritable objectif sioniste est donc de faire fléchir la Syrie et son peuple, et de l’exclure de l’équation du conflit arabo-israélien. Normalement, le pouvoir en Syrie devrait œuvrer pour faire échouer les objectifs de l’offensive israélienne, ou encore d’asséner un coup plus dur encore à l’ennemi. Quelle fut la riposte de la Syrie? 1-La Syrie a dit qu’elle allait continuer à offrir de l’aide à la résistance, et c’est une importante décision stratégique. La Syrie a même dit qu’elle allait offrir des armes plus sophistiquées aux mouvements de la résistance. Citez le nom d’un autre régime arabe qui accepte d’offrir un simple fusil à cette résistance. Cette décision est en réalité plus importante que la riposte militaire. La Syrie, en pleine guerre internationale, et frappée par plusieurs raids sionistes, campe sur sa position et annonce qu’elle allait fournir d’aides supplémentaires à cette résistance. 2-La deuxième réponse stratégique fut l’annonce de l’ouverture du front du Golan à la résistance populaire contre Israël. Depuis toujours, certains demandaient à ce que la Syrie ouvre son front face à l’occupation israélienne, au lieu de se contenter de soutenir le Liban dans sa guerre contre Israël. La Syrie est un grand pays ayant ses propres intérêts et ses propres calculs, donc, l’ouverture du front du Golan était une question très compliquée. Mais suite à cette offensive sioniste, la Syrie a su comment transformer la menace en opportunité et a fait la grande annonce sur le Golan. Dorénavant, la résistance populaire sera active en Syrie. Les Israéliens ont été terrifiés par les informations faisant état de l’activation des lance-missiles qui ont été pointées en direction de l’entité sioniste. Qui parmi les régimes arabes osent prendre des mesures pareilles? Nous, au Hezbollah, annonçons être prêts à recevoir toute sorte d’armes pour défendre les lieux saints et nos terres même si ces armes cassaient l’équilibre de la terreur dans la région. Nous sommes aussi prêts à soutenir matériellement et militairement la résistance populaire dans le Golan. Cette politique syrienne démontre la sagesse et la force du commandement syrien, surtout à travers sa réaction calme à la frappe israélienne. Le calme, le rationalisme, et la bonne décision sont les facteurs qui ont permis et qui permettront la réalisation des grands objectifs. A ceux qui veulent restituer aux Palestiniens leurs droits, sachez que seule la résistance est capable de le faire. Au peuple palestinien je dis: Vous ne trouverez personne à vos côtés autre que ceux qui étaient à vos côtés depuis des dizaines d’années. Ce qui se passe en Syrie est la bataille de la Palestine et d’al-Qods. Les pays arabo-islamiques sont appelés à trouver une solution avant de recevoir les directives américaines, parce que la poursuite de la bataille ne fera que perdurer l’effusion du sang. Deux mots sur le Liban: Nous voulons que le gouvernement se forme le plus rapidement possible, et que les élections se tiennent dans leur délai prévu. De nombreuses parties ont été déçues et surprises face au changement radical de la situation dans la région, contrairement à leurs attentes.»  

 

Béchara Raï, patriarche maronite

«J’en appelle à la communauté internationale et je dis aux pays qui attisent les flammes en Syrie: cessez de soutenir et de financer les massacres, et arrêtez d’armer le terrorisme et de déstabiliser ce pays.»  

 

Serguei Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères

«La Russie vend des missiles depuis longtemps à la Syrie, elle a signé des contrats et est en train de finaliser les livraisons en vertu des contrats signés. Ceci n’est interdit par aucun accord international. Il s’agit d’une arme défensive pour que la Syrie, qui est le pays importateur, ait la possibilité de se défendre contre des frappes aériennes.»     

 

Fayçal al-Moqdad, vice-ministre syrien des Affaires étrangères

«Instruction a été donnée de répondre immédiatement à toute nouvelle attaque israélienne. Nos représailles contre Israël seront dures et douloureuses. Israël doit le savoir. En aucun cas la Syrie ne permettra que les attaques israéliennes se reproduisent. Les affirmations d’Israël selon lesquelles les frappes visaient le Hezbollah et l’Iran sont un mensonge. Il n’y pas d’Iran et de Hezbollah. Il n’y pas de voitures qui transféraient des armes. avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, il a répondu: « Je pense que le président Vladimir Poutine a dû dire a Benyamin Netanyahu lors de leur entretien téléphonique: ‘assez c’est assez’. Ces attaques mettent en danger toute la situation au Moyen-Orient et ce type d’action doit cesser (…) La Syrie est prête à accueillir immédiatement la commission d’enquête de l’Onu sur les armes chimiques, et affirmer le contraire est un mensonge. Nous étions prêts et nous sommes toujours prêts maintenant, à cette minute, à accueillir la délégation. Nous avions ajouté que si l’enquête à Khan al-Assal s’avérait professionnelle, honnête, neutre nous serions d’accord pour examiner les autres cas.»    

 

Michel Aoun, leader du Courant patriotique libre

«L’agression israélienne contre la Syrie est déclaration de guerre car elle intervient après 40 ans d’armistice. Que fait l’Onu pour faire cesser les violations israéliennes de l’espace aérien libanais. On dit que cent milliards de dollars ont déjà été versés aux rebelles syriens. Que l’on nous donne 1% de cette somme pour aider les réfugiés. Cela fera quand même un milliard de dollars (…) Nous exigeons une représentation équitable pour toutes les communautés au Liban, car une représentation non équitable constitue une agression contre la communauté visée. En présentant le projet orthodoxe, notre bloc n’a voulu attaquer personne, mais simplement améliorer la représentation des chrétiens, ceux-ci étant menacés de marginalisation et de mainmise sur leurs droits.»    

 

Mohammad Rachid Kabbani, mufti sunnite de la République libanaise

«L’agression sioniste constitue l’exemple le plus clair du terrorisme sioniste mondial ainsi qu’une violation flagrante de la souveraineté des Etats, de leur territoire, et de leur espace aérien.»

 

Ghazi Aridi, ministre des Travaux publics (bloc de Walid Joumblatt)

«Nous traversons une période très critique qui aura un impact sur le Liban. Nous devons agir de façon à protéger le Liban sans quoi nous paierons tous le prix de nos erreurs et personne ne sortira gagnant de cette crise. En tant que membres du Front de lutte nationale, nous appelons à un consensus sur la formation d’un gouvernement et l’adoption d’une nouvelle loi électorale. Si les intentions sont bonnes, alors nous aboutirons à un accord concernant ces deux sujets. Nous voterons contre la proposition orthodoxe au Parlement.»     

 

Fouad Siniora, ancien Premier ministre

«Il sera difficile de former un gouvernement avec des partis dont des membres se battent en territoire syrien. Les développements militaires et sécuritaires en Syrie constituent pour nous et pour le peuple libanais la source d’inquiétude principale en raison de l’implication importante et déclarée du Hezbollah dans les combats en cours pour protéger le régime tyrannique face à son peuple. La participation massive du Hezbollah dans ces combats constitue une source de grand danger pour le Liban et le peuple libanais à cette étape.»

 

Alain Marsaud, député des français de l’étranger

«Qu’elle cohérence aurait une politique française qui soutiendrait à Damas les islamistes qu’elle combat à Tombouctou. Lever l’embargo sur les armes à destination de l’opposition en Syrie reviendrait à armer une rébellion dont on méconnaît la couleur. C’est prendre le risque de tomber de Charybde en Scylla. Je suis partisan d’une solution politique, mais j’espère plus de résultats de la diplomatie russe que d’une quelconque action de la France. Celle-ci, par sa prise de position contre le régime de Bachar el-Assad, a perdu l’opportunité de jouer son rôle d’arbitre. Les soupçons sur l’utilisation d’armes chimiques, d’un côté comme de l’autre, ne fait qu’ajouter à la complexité de la situation. La situation de la France en Syrie reste inextricable. Je n’ai pas de solution miracle.»

 

____________________________________________________________

 

Evénements

 

  • L’explosion de plusieurs voitures piégées a fait plus de 46 morts et des dizaines de blessés samedi à Reyhanli dans le sud-est de la Turquie, près de la frontière syrienne, a déclaré le ministre de la Justice, Sadullah Ergin. « Le nombre de victimes dépasse les 100 pour le moment. Le nombre de blessés augmente », a dit le ministre à la chaîne de télévision turque NTV. Pour le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, ces explosions ont peut-être partie liée avec les événements en Syrie ou bien visent à protester contre le processus de paix entre l’Etat turc et les séparatistes kurdes. « Nous entrons dans des périodes délicates, nous avons ouvert une nouvelle page, le processus de résolution de la question kurde. Il se pourrait bien que ceux qui ne peuvent pas supporter cette nouvelle ère(…)se livrent à de tels actes », a-t-il dit. « Autre question sensible, la province de Hatay (où ont eu lieu les explosions) est située à la frontière avec la Syrie, et ces actes pourraient avoir été commis pour fragiliser la situation », a-t-il continué.

 

  • Le célèbre scientifique britannique Stephen Hawking a refusé de participer à une conférence en Israël et a rallié un mouvement de boycott universitaire dénonçant l’occupation des territoires palestiniens, indique l’université de Cambridge, mercredi. Le scientifique, spécialiste de la cosmologie dont les travaux sur les trous noirs lui ont valu une reconnaissance internationale, devait s’exprimer en juin lors d’une prestigieuse réunion à laquelle plusieurs centaines de personnalités doivent participer. Son nom a été discrètement retiré cette semaine de la liste des participants, une décision favorablement accueillie par les organisations pro-palestiniennes qui souhaitent isoler Israël sur la scène internationale.

 

  • M. Daniel Chéaïb a répondu aux propos de l’ambassadeur de Turquie au Liban, Inan Ozyildiz, qui avait estimé que les familles des otages libanais détenus avaient en Syrie « dépassé les limites ». « Une personne comme l’ambassadeur de Turquie, qui représente un pays terroriste qui parraine les enlèvements, le terrorisme, les crimes sanglants et qui encourage l’effusion de sang entre Syriens, n’a pas le droit de tenir de tels propos, a dit M. Chéaïb. L’ambassadeur semble vivre encore à l’ère ottomane. Il ferait mieux de se taire. Il est une personne indésirable et la Turquie va payer le prix du rapt des Libanais ». Les familles des pèlerins, enlevés depuis bientôt un an en Syrie, ont empêché vendredi les employés de la compagnie d’aviation turque Pegasus d’accéder à leur bureau, dans l’ouest de Beyrouth, pour protester contre les critiques de l’ambassadeur turc formulées à leur adresse.

 

  • Le procureur suisse Carla del Ponte, membre de la Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie a affirmé dimanche soir en italien à la chaîne de télévision publique suisse du Tessin, avoir vu un rapport sur « des témoignages recueillis concernant l’utilisation d’armes chimiques, en particulier de gaz neurotoxique, par les opposants et non par le gouvernement ». Elle a parlé de « forts soupçons, de soupçons concrets » et estimé que ce n’était pas « surprenant » que les rebelles aient utilisé du gaz sarin « car des combattants étrangers se sont infiltrés parmi les opposants ».

 

  • Six étrangers, dont quatre Saoudiens, ont été arrêtés après un attentat contre une église d’Arusha, dans le nord de la Tanzanie qui a fait, lundi dernier, deux morts et une trentaine de blessés. C’est le premier attentat de ce type contre une église en Tanzanie. Le président tanzanien Jakaya Kikwete l’a qualifié d' »acte terroriste ».

______________________________________________________________

 

Revue de presse

As Safir (Quotidien libanais proche de la majorité, 10 mai 2013)

Imad Marmal

L’option de la composition d’un gouvernement de fait accompli est de nouveau renflouée chez les milieux du Premier ministre désigné, d’autant que le nœud du tiers de garantie l’a emporté sur les tentatives de dégager un compromis et d’arrondir les angles. Selon des sources éminentes du 8 mars, une telle mesure serait susceptible de provoquer une grave crise sur le plan politique et national. Tammam Salam ne s’est pas contenté d’opposer une fin de non-recevoir aux revendications du Courant patriotique libre et des forces du 8mars et d’adopter en contrepartie les demandes formulées par le 14 mars, il est allé jusqu’à brandirimplicitement le spectre de la mise sur pied d’un gouvernement de fait accompli en annonçant qu’il«n’attendra pas longtemps pour constituer le gouvernement».

Al Akhbar (Quotidien libanais proche de la majorité, 10 mai 2013)

Nicolas Nassif

Après le départ à la retraite début mai de trois de ses six membres, le Conseil militaire de l’Armée libanaise est désormais dans l’incapacité de se réunir faute de quorum, paralysant ainsi toute décision au niveau de l’armée.

Le Conseil militaire ne compte plus que le commandant en chef de l’armée, le général Jean Kahwagi, le chef d’état-major, le général Walid Salman, et le secrétaire général du Conseil supérieur de défense, le général Mohammad Kheir.

Conformément à l’article 28 de la loi sur la défense nationale, le Conseil militaire ne peut se réunir qu’en la présence d’au moins cinq de ses membres.

En l’absence d’un Conseil militaire, l’armée est complètement paralysée à tous les niveaux. Cette situation affectera notamment son financement, son armement et sa capacité de mobilisation. Cette situation pousserait le général Kahwagi à demander à assumer le rôle et les prérogatives du Conseil militaire afin d’éviter toute paralysie de l’institution militaire.

M. Kahwagi a ainsi envoyé une lettre au ministre démissionnaire de la Défense Fayez Ghosn, lui expliquant la situation qui l’a à son tour transmise au gouvernement.

Si les prérogatives du Conseil militaire sont transmises au commandant en chef de l’armée, cette situation créera un précédent. En effet, depuis sa formation en 1978, le Conseil militaire assure une représentation des communautés principales et évite ainsi que le chef de l’armée ne prenne des décisions unilatérales.

M. Kahwagi n’a pas explicitement demandé que les prérogatives du Conseil militaire lui soient transmises, mais il a noté que le gouvernement démissionnaire ne pouvait procéder à la nomination de trois nouveaux membres au Conseil militaire. Il a par ailleurs appelé les autorités à prendre les mesures nécessaires pour que le Conseil militaire puisse à nouveau se réunir.

 

Al Akhbar (10 mai 2013)

Walid Joumblatt n’a toujours pas donné sa réponse définitive à la proposition du Premier ministre désigné, Tammam Salam, de former un gouvernement de fait accompli. Etant donné qu’aucune avancée n’a été possible sur la voie de la constitution d’un gouvernement d’union nationale, les soutiens de M. Salam ont décidé d’appuyer la mise en place d’un gouvernement de fait accompli, qui comptera 16 ministres -et non 24 comme il avait été dit précédemment. Des sources informées des concertations entre le Premier ministre désigné, le président Michel Sleiman et Walid Joumblatt font état de pressions saoudo-américaines sur Tammam Salam pour qu’il cesse d’attendre d’éventuelles concessions de la part du 8 mars et forme un gouvernement de fait accompli. Toujours est-il que le député Joumblatt hésite encore à adhérer à un tel choix.

Al Akhbar (9 mai 2013)

Elie Chalhoub

Un immense sentiment de satisfaction traverse le commandement syrien car «le monde est en train de changer clairement à cause de l’inquiétude suscitée par l’extrémisme musulmans et les takfiris». Les dirigeants syriens pensent avoir tiré profit de nombreux facteurs: le raid israélien, Al-Qaïda et le Front al-Nosra, la rivalité saoudo-qatari, l’ottomanisme qui a marqué le comportement de la Turquie. L’opposition s’est divisée entre ceux qui courent après l’argent qatari et ceux qui sollicitent l’argent saoudien. «Tout cela a prouvé aux yeux de tous qu’il ne peut y a voir de substitut à l’Etat syrien», précisent des sources des visiteurs de Damas, qui rapportent les propos suivants du président Bachar al-Assad: «La Syrie aurait pu facilement donner satisfaction à son peuple, calmer les esprits et faire plaisir à ses alliés, en tirant quelques missiles sur Israël pour riposter aux raids israéliens. Damas sait qu’Israël ne veut pas la guerre. D’ailleurs, l’équation internationale ne permet pas l’éclatement d’une guerre dont l’Etat hébreu et l’Amérique ne veulent pas. En tirant quelques missiles, nous aurions obtenu une vengeance tactique, alors que nous voulons une vengeance stratégique, en ouvrant les portes à la résistance et en transformant la Syrie toute entière en pays résistant. Après les raids, nous sommes convaincus que nous combattons l’ennemi et que nous pourchassons ses soldats dans notre pays.» Ces mêmes visiteurs ajoutent que «le président Assad affiche une grande confiance et une satisfaction et a une immense gratitude envers le Hezbollah, son rationalisme, sa solidité et sa loyauté.» «Aussi, avons-nous décidé de tout lui donner, poursuit le chef de l’Etat syrien selon ses visiteurs. Pour la première fois, nous sentons que nous vivons avec le Hezbollah une communauté de destin. Il n’est pas seulement un allié mais un suppléant que nous aidons dans sa résistance. Aussi, avons-nous décidé de faire un pas en sa direction et nous transformer en Etat résistant à l’instar du Hezbollah. Pour la Syrie et pour les générations futures».        

Par ailleurs, un haut responsable syrien a qualifié la Turquie d’«Etat menteur en qui on ne peut avoir confiance. Même au sujet de l’accord conclu entre les Turcs et les Kurdes, nous pensons qu’il ne sera pas mis en œuvre. De toute façon, il y un différend entre l’armée turque et le Parti de la justice et du développement au sujet de cet accord.»

 

Al Hayat (Quotidien à capitaux saoudiens, 10 mai 2013)

Les démarches engagées par l’évêque maronite de Beyrouth Boulos Matar dans le dossier de la loi électorale devront déboucher sur une réunion élargie des leaders chrétiens pour débattre d’une loi électorale mixte qui se substituera au projet du Rassemblement orthodoxe. Des sources du Courant du futur indiquent que Mgr Matar n’aurait vu aucun inconvénient à découper le Liban en 11 mohafazats, dont 4 pour le Mont-Liban, au cas où un tel découpage faciliterait l’entente sur une loi mixte.

 

Al Joumhouria (Quotidien libanais proche du 14-Mars)

(10 mai 2013)

Selon des informations sûres, le Premier ministre désigné, Tammam Salam, s’apprêterait à annoncer, mardi prochain, la composition de son gouvernement de 24 membres qui ne comprendra pas des représentants du 8-Mars.

Les mêmes sources ajoutent que les négociations directes et indirectes entre M. Salam et le 8-Mars n’ont donné aucun résultat et que le climat entre les deux parties était, dernièrement, négatif, les protagonistes étant attachés à leurs positions. Cela a poussé M. Salam à adresser un message aux dirigeants du 8-Mars les informant de son intention d’aller de l’avant dans la formation de son gouvernement, même s’il fallait pour cela envisager l’absence de cette composante de l’Exécutif.

Des sources qui suivent les efforts pour la formation du gouvernement font état de forte pressions exercées sur M. Salam en ce moment pour le pousser à annoncer la formation d’un gouvernement de fait accompli dans les 48 heures. Mais jusqu’à jeudi soir, il était encore hésitant en raison des doutes exprimés par le président de la Chambre, Nabih Berry, au sujet des centristes, et des propos du secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, qui a posé comme condition la formation d’un gouvernement d’union nationale, ce qui a ramené le dossier gouvernemental à la case départ. Selon certaines informations, le président de la République, Michel Sleiman, ne serait pas enthousiaste à l’idée d’un gouvernement du fait accompli dans les circonstances actuelles.

 

Al Joumhouria (9 mai 2013)

L’Armée libanaise a démantelé pendant les fêtes un dangereux réseau terroriste dont l’objectif était d’exécuter des actes criminels pour saper la sécurité et la stabilité du pays. La cellule était composée de quatre individus, libanais et syriens, qui sont actuellement interrogés par les services de renseignements militaires, qui les ont arrêtés à Beyrouth à l’issue d’une longue surveillance.

Des sources de sécurité qui suivent l’enquête ont rapporté que la mission de cette cellule était de mener des opérations terroristes contre des casernes de l’Armée libanaise, en coopération avec des éléments terroristes du Front al-Nosra basés dans le camp palestinien d’Aïn el-Héloué.

L’enquête a montré que les membres de la cellule projetaient de rééditer le scénario des assassinats, comme ceux qu’a connu le Liban ces dernières années. Une série d’hommes politiques et de responsables sécuritaires figurait sur la liste des cibles de ce groupe dans le but de provoquer des troubles dans la rue chrétienne et musulmane.

Les mêmes sources ajoutent que les éléments terroristes résident à Aïn el-Héloué, à Tripoli et dans la haute montagne de Ersal, et s’employaient à fonder une branche d’al-Nosra dans le camp. Ils ont commencé d’ailleurs les entrainements militaires pour réactiver l’aile militaire d’Al-Qaïda en structurant des groupes adoubés par l’organisation-mère.

 

L’Orient-Le Jour (Quotidien libanais francophone proche du 14-Mars)

Scarlett Haddad (8 mai 2013)

Tout au long de la journée de dimanche, la région était au bord d’un embrasement généralisé, suite au quadruple bombardement israélien de la Syrie. Il a fallu des contacts intensifs et précipités entre Moscou, Washington, New York, Damas, Le Caire et Jérusalem pour que l’escalade qui semblait inévitable soit plus ou moins contrôlée. Si nul ne peut encore dire de quoi l’avenir sera fait, on peut, en tout cas, comprendre un peu mieux ce qui s’est réellement passé.

En dépit des armes, de l’argent et des hommes envoyés en Syrie pour combattre aux côtés de l’opposition, celle-ci était en train de perdre du terrain face aux forces du régime. Ce dernier avait en effet réussi à reprendre le contrôle de la route reliant Lattaquié à Damas via Homs, qui est en quelque sorte l’épine dorsale du pays. Des rapports de centres de recherche commençaient à parler d’un effondrement de l’opposition dans six mois, si rien n’est fait pour l’aider. Une délégation arabe conduite par le Premier ministre du Qatar accompagné du secrétaire général de la Ligue arabe s’est donc rendue aux États-Unis pour demander une intervention directe américaine dans le conflit en Syrie. Mais le président américain Barak Obama, selon des experts, n’a pas été convaincu de la nécessité pour son pays d’intervenir directement. Il a donc clairement exprimé son refus tout en étudiant la possibilité d’envoyer des armes plus efficaces à l’opposition. C’est à ce moment, ajoutent-ils, qu’Israël est intervenu, proposant ses services aux Américains.

Les avions israéliens, qui ont pris soin de ne pas entrer dans l’espace aérien syrien, préférant, violer une fois de plus la souveraineté libanaise, ont ainsi bombardé aux alentours de minuit, dans la nuit de samedi à dimanche, quatre positions syriennes stratégiques autour de Damas: la colline de Qassioun, où, dit-on, sont installées des positions russes et qui fait face au palais présidentiel, le siège de la garde présidentielle, des dépôts d’armes et de munitions et enfin le centre de recherche de Gemraya, le tout dans le secteur de Ghouta qui commande l’entrée de Damas.

Deux heures plus tard, les combattants de l’opposition, ajoutent ces sources, ont mené une quarantaine d’attaques sur plusieurs axes dans la même région, dans le but de prendre d’assaut la capitale, croyant pouvoir profiter de la confusion régnant dans les rangs de l’armée après les bombardements israéliens. Les alliés libanais du régime syrien affirment à cet égard qu’il y a eu bel et bien une coordination entre l’opposition syrienne et les Israéliens et ils en donnent pour preuve l’interview accordée par un des porte-parole de l’opposition Hassan Rastouni à la télévision israélienne dimanche, dans laquelle ce dernier exprime sa joie des bombardements israéliens ajoutant, toujours selon les alliés de Damas, qu’ils interviennent à un moment où l’opposition était proche du désespoir. Lundi, l’opposition s’est empressée de désavouer Hassan Rastouni, mais selon les alliés libanais du régime syrien, ce désaveu est un peu tardif.

En principe donc, le plan était parfait. Mais les problèmes ont commencé lorsqu’il est apparu que l’armée syrienne était bien préparée et avait déplacé discrètement une grande partie de ses forces et de ses munitions. Elle a donc réussi, toujours selon les alliés libanais du régime, à repousser les attaquants, tout en poursuivant son avancée dans la région de Qoussayr et en parvenant à étouffer toute tentative de soulèvement sunnite à Bayda près de Banias. En même temps, «les amis de la Syrie» évoqués par le secrétaire général du Hezbollah dans son dernier discours ont volé à son secours. L’Iran a donné le ton en multipliant les menaces à l’égard d’Israël, maintenant une sorte de flou pour être encore plus inquiétant, en se contentant de dire que «la résistance répondra». Le commandement syrien s’est aussitôt réuni pour annoncer sa volonté de riposter. Le ministre des AE Walid Moallem a contacté son homologue russe Serguei Lavrov, lequel a contacté son homologue américain John Kerry. Au fur et à mesure que les menaces se précisaient, les médias israéliens ont commencé à changer de ton. Citant d’anciens responsables militaires, ils ont commencé par rappeler que le Hezbollah dispose de quelques 60000 missiles avant de préciser que 40% des abris sont utilisables en Israël (…).

Il est ainsi clair que « le coup de pouce » israélien à l’opposition, concerté ou non, s’est retourné contre lui et qu’il a fallu une intervention américaine et russe directe pour stopper l’escalade.

Elnashra.com (Site libanais indépendant, 8 mai 2013)

Paula Astih

Les dernières informations sur l’affaire de l’enlèvement de l’évêque syriaque orthodoxe d’Alep, Youhanna Ibrahim, et de l’évêque grec-orthodoxe de la même ville, Boulos Yazigi, indiquent que les deux prélats seraient aux mains d’un groupe appelé «les soldats du califat» dans la campagne d’Alep. Des sources de l’opposition syrienne indiquent que ce groupe est encore plus extrémiste qu’Al-Qaïda et ne relève pas de cette organisation. «Nous avons dépêché des émissaires en Syrie pour s’enquérir du sort des deux évêques et il est apparu qu’ils sont avec ce groupe qui n’a pas dévoilé le but de l’enlèvement ou les revendications pour les libérer», ajoutent les mêmes sources avant de poursuivre: «Il n’y a aucun canal de communication avec les ravisseurs en dépit des démarches entreprises dans plusieurs directions.

Le 20 janvier dernier, un groupe appelé «la brigade des soldats du califat islamique»  en Syrie s’est fait connaitre dans une vidéo postée sur Youtube dans laquelle apparait un dénommé Abou Ali al-Mouhajer, qui se présente comme le porte-parole, entouré de combattants masqués. Il a annoncé que l’objectif de ce groupe est de répandre le message de l’islam et d’édifier le califat en Syrie. La page facebook des «soldats du califat» compte 1234 amis. Un groupe portant le même nom avait revendiqué les attaques menées par Mohammad Merah à Toulouse, en France, qui ont fait sept morts, dont des militaires et des enfants devant une école juive. Les «soldats du califat» avaient également revendiqué des attaques au Kazakhstan et en Afghanistan.

Ce groupe est considéré comme étant plus extrémiste que le Front al-Nosra qu’il qualifié d’ailleurs d’apostat. Selon des informations non confirmées, Il serait dirigé par un salafiste Koweitien dénommé Abou Omar le Koweitien, qui est venu en Syrie en provenance de Bosnie via Istanbul. Il se déplace entre Idleb, Alep et la Turquie.

 

The Guardian (Quotidien britannique, 8 mai 2013)

Mona Mahmoud et Ian Black

Le principal groupe d’opposition armée syrien, l’Armée syrienne libre (ASL), perd des combattants qui désertent au profit du Front al-Nosra lié à al-Qaïda. Le groupe extrémiste n’a cessé de croitre ces derniers mois et beaucoup pensent que cela est principalement en raison des combattants sunnites étrangers, radicalisés par l’insurrection après l’invasion américaine de l’Irak en 2003, qui auraient traversé la frontière pour rejoindre les militants luttant contre les partisans chiites du président Bachar al-Assad.

Mais plus récemment, de nombreux combattants de l’ASL se joignent au Front al-Nosra en raison d’un manque d’armes et de munitions. Selon un commandant de brigade de l’ASL, quelques 3000 hommes ont déserté au cours des derniers mois et une autre estimation indique que l’Armée syrienne libre rebelle a perdu un quart de ses combattants.

 

Rolling Stones (Bimestriel américain, 10 mai 2013)

Le vice-président Joe Biden a souligné que l’administration américaine actuelle était extrêmement prudente dans le dossier syrien car elle avait à l’esprit les erreurs commises à son sens lors de l’invasion et l’occupation de l’Irak en 2003.

Assurant que l’équipe du président Barak Obama avait restauré l’image des Etats-Unis dans le monde, M. Biden a expliqué que « nous ne voulons pas tout gâcher comme la précédente administration l’a fait en Irak, en disant ‘armes de destruction massive’.

Ces armes, prétexte à l’invasion de mars 2003, n’ont jamais été retrouvées après la chute du régime de Saddam Hussein.

« Nous savons que des traces ont été retrouvées, et il s’agit probablement d’armes chimiques. Ce que nous ne savons pas encore c’est si elles ont été répandues de façon accidentelle », par le régime ou les rebelles, a remarqué M. Biden.

Si cet usage est confirmé, « le président prendra certainement des mesures proportionnées », a révélé M. Biden, sans plus de précisions.

Mais il a aussi souligné que « quelle que soit la façon dont cela se termine, il va y avoir une instabilité politique de la Syrie pendant un certain temps, et nous voulons faire en sorte qu’il existe encore des institutions qui peuvent gouverner un pays ». « La leçon que nous avons apprise de l’Irak et de la précédente administration (…) est qu’en gérant l’Irak, ils ont détruit toutes les institutions », a rappelé M. Biden. « Et nous savons que nous pouvons y remédier, si nous sommes prêts à dépenser 1000 milliards de dollars, envoyer 160000 soldats et subir 6.000 morts, mais nous ne le pouvons pas », a encore dit M. Biden, en allusion au bilan humain et financier de la guerre en Irak, côté américain.

C’est a priori la première fois qu’un haut responsable de l’exécutif américain établit aussi clairement le lien entre la décision d’envahir l’Irak il y a dix ans et l’attitude actuelle de Washington face à la Syrie.

http://neworientnews.com/news/fullnews.php?news_id=99067

Les USA et la Syrie : phase dépressive…

La situation du bloc BAO, surtout des USA, vis-à-vis de la Syrie suit l’habituel rythme qu’on pourrait qualifier de maniaco-dépressif tant cette posture psychologique caractérise bien les perceptions humaines et le rythme des événements dans cette époque totalement dépendante d’une communication écrasante et incontrôlable. L’attitude générale des USA vis-à-vis de la Syrie est entrée en phase dépressive après une phase hypomaniaque de quelques jours suivant l’intervention israélienne de communication (peut-être type falseflag) des 22-23 avril pour faire accepter l’idée de l’utilisation de l’armement chimique par le régime Assad et faire progresser l’idée d’une intervention.

Le dernier commentaire en date de l’administration Obama concernant l’utilisation d’armement chimique en Syrie (si possible par les gens d’Assad) vient du vice-président Biden. Il s’agit d’un aveu complet d’ignorance (plutôt que d’inconnaissance) à propos de cet événement, ou de ce non-événement, de l’utilisation de l’armement chimique. C’est le commentaire le plus élaboré à ce jour dans la mesure où il expose la “stratégie de communication” de l’administration dans cette matière, qui est de ne pas renouveler les erreurs des guerres en Irak et en Afghanistan, le plus souvent engagées sur la foi de renseignements qui se sont révélés faux, ou être tout simplement des montages de groupes intéressés.

Le commentaire de Biden est contenu dans une interview au magazine Rolling Stone, dont Russia Today reprend les éléments essentiels sur la question envisagée. Il s’agit d’une intervention de communication prudente bien qu’officielle du plus haut niveau. Rolling Stone, qui a parfois des positions contestatrices du Système, n’est pas une source souvent consultée ou citée dans le réseau de la communication-Système. Par contre, le fait qu’il s’agisse d’une intervention d’une personnalité du niveau de Biden montre que l’administration Obama veut donner à ces informations, quoique avec une diffusion limitée, un très haut degré de crédit pour informer de sa position sur le problème. C’est une attitude bien dans la manière de cette administration : faire passer avec une certaine discrétion un message important, – puisque cette déclaration de Biden est certainement le “message” le plus élaboré de l’administration Obama vis-à-vis de l’emploi du chimique dans la séquence actuelle commencée fin avril ; et “message” qui signifie : “Nous ne faisons aucune confiance aux renseignements dont nous disposons, donc nous ne savons rien et il est hors de question que nous agissions pour le moment, et il est bien peu probable que nous sachions jamais quelque chose de précis”.

Russia Today, le 10 mai 2013 : «Due to the foggy intelligence emanating out of Syria, it is unclear whether president Assad authorized the use of chemical weapons if the rebels had used them, US vice president Joe Biden said stepping back from the unanimous rhetoric of the recent days. His comments, delivered in an interview with Rolling Stone magazine, were a step back from a recent report speculating that Obama administration officials were preparing to arm Syrian rebel forces. It has been widely reported that top US government officials believe Assad responsible for the choking clouds.

»“We don’t have a chain of ownership,” Biden said. “We don’t know for certain whether they were used by some of the opposition, including the radicals who have aligned themselves with Al-Qaeda. It’s probable, but we don’t know for certain, that they were used by the regime.”

»The vice president admitted that the country’s recent – and disastrous – wars in Iraq and Afghanistan have made White House officials nervous about entering into open combat in Syria, despite vocal criticism from Congressional leaders that the American military should get involved. “With all the credibility we’ve gained in the world, we don’t want to blow it like the last administration did in Iraq, saying ‘weapons of mass destruction,’” he continued. “We know that there have been traces found of what are probably chemical weapons. What we don’t know yet – and we’re drilling down on it as hard as we can – is whether they were accidentally released in an exchange of gunfire or artillery fire, or blown up or something.”»

Le constat ci-dessus concerne l’armement chimique mais il reflète en réalité une phase dépressive qui affecte toute la politique US vis-à-vis de la Syrie. Mais, pour suivre la logique choisie, nous devrions plutôt parler de la psychologie de la direction américaniste vis-à-vis de cette question syrienne, qui est à nouveau incorporée dans la perception du désordre complet caractérisant la situation des relations internationales. C’est là un caractère intéressant de ces “phases” activistes (celle du 22-23 avril) qui semblent lancées, d’ailleurs souvent d’une façon qui ne répond pas à une logique ou à une planification humaines, pour tenter de précipiter la crise à un niveau supérieur de gravité et d’intervention (et en parlant de la “guerre syrienne”, on pourrait aussi bien parler de toute autre crise). Ces phases, effectivement hypomaniaques, se transforment très vite en phases dépressives devant l’extrême difficulté de pouvoir distinguer dans la pression de la communication les éléments d’une situation claire et contrôlable. Assez rapidement émerge l’argument de l’attentisme, que même les partisans hypomaniaques de l’intervention (dans le cas de Washington, les parlementaires hyper bellicistes type Graham-McCain), eux-mêmes touchés par l’humeur dépressive, n’ont plus la force de contrarier. Ce rythme maniaco-dépressif, avec la prépondérance incontestable pour la phase dépressive dépourvu de la moindre capacité de résilience à cause de son emprisonnement aux lubies de la phase hypomaniaque lorsqu’il s’agit d’agir, convient parfaitement au phénomène d’embourbement crisique qui témoigne de la vigueur extraordinaire de l’infrastructure crisique (voir notre Glossaire.dde du 30 avril 2013 sur le “facteur ‘crisique’”).

Dans cette sorte de phase dépressive apparaissent des textes qui résument la logique de l’attentisme suggéré par l’humeur dépressive. Aucun ne l’exprime mieux, pour ce cas, que ce texte très court de Zbigniew Brzezinski, qui ressemble plus à une fiche très condensée, type-feuille de route, destinée à un Obama qu’à un article. (Ce pourrait être le cas, Brzezinski jouant le rôle épisodique de conseiller extérieur d’Obama dans certains cas critiques). Dans l’hebdomadaire Time du 8 mai 2013, Brzezinski détaille d’une façon très brève, très concentrée et impérative, les raisons pour lesquelles les USA ne doivent rien faire en Syrie. On notera ce constat implicite, assez inattendu chez cet adversaire viscéral de la Russie, que seuls les Russes sont capables de faire quelque chose et qu’il faut les laisser faire. Brzezinski avance l’“espoir” que l’issue soit des élections contrôlées par l’ONU (ce que veulent effectivement les Russes) où l’on pourrait espérer qu’Assad soit “persuadé” de n’y pas participer, – sans doute parce qu’il aurait de fortes chances de les remporter ? (Brezinski ajoute, presque ironiquement par référence à l’incohérence de la politique du bloc BAO, l’expression “par chance”, – «The only solution is to seek Russia’s and China’s support for U.N.-sponsored elections in which, with luck, Assad might be “persuaded” not to participate.») Implicitement, le constat nous conduit à observer la situation de paralysie (embourbement crisique, certes) où se trouvent les USA. Si les Russes y échappent en partie, c’est bien entendu parce que leur politique est fondée sur le respect de principes structurants, ce qui leur permet effectivement d’échapper à l’étouffement des pressions de la communication qui mordent essentiellement sur les positions affaiblies par la déstructuration.

Brzezinski présente donc la “guerre syrienne” comme une “guerre de sectes” dans une région volatile et explosive , guerre au potentiel d’expansion vertigineux, dans laquelle les intérêts US déjà menacés ne pourraient l’être que davantage si les USA intervenaient. Tous les schémas d’interventions qu’on a évoqués ne peuvent que faire empirer la situation, en la rendant plus complexe, plus menaçante encore pour la position stratégique des USA, estime-t-il. On ne peut que prier pour que les Russes et les Chinois, qui détiennent la clef de la crise, participent à un effort pour permettre à l’ONU d’obtenir une cessation des combats et l’organisation d’élections, et prier encore un peu plus qu’Assad soit “convaincu” de n’y pas participer…

«…The struggle is between forces funded and armed by outside sponsors, notably Saudi Arabia, Qatar and Iran. Also participating are foreign religious groups not directly controlled by the sponsors, namely the Sunni Salafists and Iranian-aligned militias, not to mention intensely anti-Western al-Qaeda fighters. American involvement would simply mobilize the most extreme elements of these factions against the U.S. and pose the danger that the conflict would spill over into the neighborhood and set Jordan, Iraq and Lebanon on fire.

»That risk has been compounded by the recent Israeli bombing of weapons sites inside Syria. Whatever their justification, the attacks convey to some Arabs the sense that there is an external plot against them. That impression would be solidified if the U.S. were now to enter the fight, suggesting a de facto American-Israeli-Saudi alliance, which would play into the hands of the extremists.

»Broader regional fighting could bring the U.S. and Iran into direct conflict, a potentially major military undertaking for the U.S. A U.S.-Iran confrontation linked to the Syrian crisis could spread the area of conflict even to Afghanistan. Russia would benefit from America’s being bogged down again in the Middle East. China would resent U.S. destabilization of the region because Beijing needs stable access to energy from the Middle East.

»To minimize these potential consequences, U.S. military intervention would have to achieve a decisive outcome relatively quickly through the application of overwhelming force. That would require direct Turkish involvement, which seems unlikely given Turkey’s internal difficulties, particularly its tenuous relations with its substantial Kurdish minority…»

Le “Docteur” Zbigniew Brzezinski semble éprouver une satisfaction presque sadique à décrire tous les verrous du désordre syrien garantissant cette situation de désordre du conflit, en ajoutant que la superpuissance US ne ferait qu’ajouter quelques verrous de plus à ce désordre en intervenant. Le vieux routier cynique et “réaliste” de la politique extérieure US ne fait là que développer sa condamnation constante de cette caricature absolue de l’ordre international qu’est devenue la politiquer extérieure, notamment et principalement celle des USA. Il le fait de concert avec son vieil ennemi, alter ego en, crapulerie, Henry Kissinger, les deux hommes dénonçant et haïssant l’affectivité et l’infraresponsabilité qui sont la référence constante de cette anti-politique développée comme l’un des facteurs principaux de la politique-Système engendrant le désordre. Bien entendu, cela n’élude en rien leurs responsabilités passées (celles de Brzezinski et celle de Kissinger) dans l’établissement des conditions qui ont conduit à la situation actuelle, – par exemple et exemple d’actualité, Brzezinski comme principal architecte de la formation de cet artefact de la modernité naufragée qu’est la narrative de l’islamisme extrémiste ; mais cela leur donne une position critique, de connaisseur en quelque sorte, qui, dans les épisodes dépressifs comme celui qui se précipite ces derniers jours, permet de mieux éclairer le champ de ruines et de mesurer l’état de la psychologie.

 

Mis en ligne le 11 mai 2013 à 12H06

http://www.dedefensa.org/article-les_usa_et_la_syrie_n_phase_d_pressive_11_05_2013.html

Syrie : Fantasmes chimiques et dures réalités (Hürriyet)

Gwynne Dyer
Snipers anti-gouvernementaux à Alep

Tout d’abord, rejetons toutes ces nouvelles disant que le régime de Bachar al-Assad aurait commencé à utiliser des armes chimiques contre ses propres citoyens, et que cela aurait franchi une « ligne rouge » et irait déclencher une intervention militaire étrangère en Syrie. Il est concevable, bien que hautement improbable, que les troupes de Bachar al-Assad aient utilisé des gaz toxiques contre les rebelles. Il n’est pas crédible que quelque dirigeant étranger que ce soit irait ordonner à ses troupes d’aller en Syrie et arrête la guerre.

Les « preuves » de l’utilisation par le régime de Bachar al-Assad de sarin (gaz neurotoxique) sont bien minces, et il est facile de voir pourquoi les combattants de l’opposition pourraient choisir de les fabriquer. Des preuves aussi fragiles sur de prétendues « armes de destruction massive » ont été utilisées pour justifier l’invasion américaine de l’Irak. Pourquoi les rebelles syriens ne se seraient-ils pas lancés dans ce même jeu ?

En outre, il n’existe aucune raison plausible pour laquelle le régime syrien aurait utilisé des gaz toxiques. Cela ne conférerait aucun avantage militaire durable aux forces gouvernementales et les coûts politiques d’être pris en flagrant délit seraient importants. Mais même si ces accusations étaient vraies, cela ne ferait aucune différence.

Aucun gouvernement occidental – ni aucun gouvernement arabe – que ce soit n’est prêt à mettre des soldats sur le terrain en Syrie. Une ingérence dans une guerre civile est rarement une bonne idée, et l’armée du régime baasiste pourrait infliger des pertes très sévères à un envahisseur. Même imposer une zone d’exclusion aérienne signifierait que des pilotes occidentaux seraient tués ou leurs jets abattus, parce que les défenses aériennes de la Syrie sont modernes, d’un bon niveau et considérables.

Donc, s’il ne va pas y avoir d’intervention militaire étrangère, quand la guerre civile syrienne va-t-elle finir ? Pas de sitôt.

De temps en temps, les rebelles envahissent une base aérienne ou un poste frontière ici ou là. Ceci est habituellement indiqué comme étant une preuve qu’ils feraient des progrès, mais la moitié du temps ils perdent leurs prises au profit du régime quelques semaines ou quelques mois plus tard. Les lignes de front n’ont guère changé du tout à Alep au cours des six derniers mois, et le régime est même en train de reprendre certaines des banlieues de Damas qui sont tombées aux mains des rebelles l’an dernier.

L’armée syrienne ne dispose pas d’effectifs suffisants pour tenir de grandes étendues de campagne en permanence, mais elle n’a jamais laissé les rebelles approcher de la principale autoroute nord-sud qui relie Damas, Homs, Hama et Alep. Les divisions de Bachar Al-Assad ont même rouvert l’autoroute reliant Damas à Tartous et Lattaquié, sur la côte récemment, après plusieurs mois de fermeture. Si elles ne sont pas réellement en train de gagner la guerre sur le terrain, elles ne sont certainement pas en train de la perdre.

L’Arabie saoudite et le Qatar continuent d’alimenter en armes les rebelles, mais pas dans des quantités qui leur donneraient une chance de gagner. C’est probablement parce qu’ils sont devenus de plus en plus nerveux sur le type de régime qui remplacerait la dictature de Bachar al-Assad après une victoire militaire. Ils voulaient remplacer le régime laïc de Bachar al-Assad par un gouvernement contrôlé par des musulmans sunnites, mais ils ne voudraient pas mettre un régime islamiste fanatique au pouvoir.

C’est, pour le moment, précisément ce qu’une victoire des insurgés produirait, avec les extrémistes djihadistes des brigades al-Nusra qui sont de loin les combattants les plus efficaces du côté des rebelles. La perspective d’un régime islamiste radical a également convaincu de nombreux Syriens modérés qu’ils doivent empêcher la chute du régime de Bachar al-Assad, même s’ils le détestent.

Il y a un an de cela, la bataille pour la Syrie semblait se transformer en une lutte directe entre la majorité musulmane sunnite, quelque 70% de la population, et les diverses minorités, chiites, chrétiennes, alaouites et druzes, qui ont soutenu le régime de Bachar al-Assad parce qu’elles craignaient une domination sunnite. C’est probablement plus proche d’un rapport 50/50 maintenant, parce que beaucoup de musulmans sunnites sont également repoussés par l’alternative d’une tyrannie islamiste radicale.

Il n’y a pas d’enquêtes d’opinion pour confirmer ce changement dans l’opinion sunnite, mais les évidences sont là, dans la loyauté et l’efficacité au combat de l’armée syrienne, dont la plupart des hommes de troupes sont des musulmans sunnites. Alors, que devons-nous espérer, dans cette situation presque désespérée ?

L’issue la moins mauvaise, à ce stade, serait un coup d’État militaire furtif du régime qui déposerait discrètement Bachar al-Assad et ses acolytes, sans abandonner les principes de la laïcité, et ensuite isolerait les djihadistes en recherchant un large règlement pacifique avec les autres éléments des forces rebelles. Quelle en est la probabilité ? Pas grand chose, malheureusement.

Gwynne Dyer,
Le 1er mai 2013.

Source : Syria : Chemical fantasies and grim realities

* http://www.hurriyetdailynews.com/syria-chemical-fantasies-and-grim-rea…
URL de cet article 20499
http://www.legrandsoir.info/syrie-fantasmes-chimiques-et-dures-realites.html

L’islam salafiste au service de la politique israélienne de désagrégation des états et des sociétés arabes _ Dr. Jean Brière

Barbenchon le 6 mai 2013

Sauve qui peut !

L’islam salafiste au service de la politique « israélienne » de désagrégation des états et des sociétés arabes

L’islamisation des politiques arabes issues du «  printemps arabe » sous le contrôle idéologique et financier des émirs du pétrole , simples agents de la politique américaine est l’instrument privilégié de la destruction des états organisés , issus de la décolonisation .Ceux de ces états qui échappaient à la tutelle américaine , constituant une menace contre la colonisation de la Palestine devaient être détruits : Irak , Libye,  Syrie , Algérie ? ,Iran

En Tunisie, pas question de soutenir le Hezbollah chiite. En Egypte, la prise du pouvoir par des gens pour qui l’unique but politique est in fine l’application de la charia, ne peut qu’accélérer l’effondrement prévisible du pays dans des famines malthusiennes . Les Egyptiens devront payer au prix fort une absence de politique démographique dans un pays dominé par la foi  .

 L’affrontement chiites – sunnites qui rappellent les terribles guerres de religions en France, est certainement l’élément désagrégateur le plus efficace au service de la survie de l’entité sioniste . En Syrie , l’affrontement s’est dramatisé par l’intrusion directe de groupes armés , djihadistes de toutes obédiences soutenus et  armés par les émirs du golfe . Intrusion légitimée par le soutien européen et américain  et l’aide directe de la Turquie . C’est l’état syrien qui doit être démantelé et qui est en voie de l’être

L’affaire des gaz toxiques montée de toutes pièce par l’entrité sioniste pour exiger une intervention directe officielle des Etats-Unis , interroge .

Plus grave le soutien inconditionnel d’Obama aux violations les plus extêrmes du droit international que constitue les bombardements « israéliens » de Damas , montre que désormais la seule régle  internationale reconnue par les USA est la loi du plus fort . L’intervention directe de l’entité sioniste dans le conflit ,  montre qu’elle est une alliée direct des djhiadistes .

La capacité de nuisance des colons sionistes de Palestine et de leur co-religionnaires occidentaux inquiète la justification de la colonisation de la Palestine au nom d’un mythe biblique entraîne ce peuple  à croire qu’il peut  conduire la planète à l’embrasement .

Le soutien inconditionnel des pays européens à cette politique de non droit entrainera mécaniquement l’Europe dans l’affrontement planétaire en gestation .

On pourra enfin voir l’effet civilisateur de l’arme nucléaire en action

Comme l’écrit Bouthoul : la guerre , «expression profonde privilégiée des sociétés est l’une des causes essentielles de leur transformation »

Il écrit également :  « Plus l’accumulation est excessive ,plus la destruction risque d’être violente »  L’accumulation de biens matériels et d’instruments de destruction de notre civilisation industrielle fera quelle sera nécessairement explosive . L’amusant dans cette affaire est le rôle déterminant du rôle des religions hébraiques et sa variante chrétienne et islamiste dans cette course à l’effondrement final .

Comme l’écrivait Montaigne , l’homme périra d’anerie »

Il est impossible de croire que nous allons convaincre tous ces fous de Dieu d’être raisonnables . L’espéce humaine ce comporte exactement comme une force cosmique qui échappe totalement à tout contrôle .

http://lavoixdelasyrie.com/data/?p=13007

L’islam salafiste au service de la politique « israélienne » de désagrégation des états et des sociétés arabes