Depuis la révolution islamique en Iran Téhéran et Damas entretiennent des relations étroites tant sur le plan politique qu’économique. Les deux pays se sont surtout rapprochés en 2005 lorsque la communauté internationale s’est mise à faire pression sur la Syrie afin de forcer cette dernière de retirer ses troupes du Liban. C’est à cette époque de Mahmoud Ahmadinejad, fervent opposant à l’impérialisme mondial et le sionisme, est devenu président de l’Iran. Résultat : en 2006 Téhéran et Damas ont signé un accord de défense mutuelle en cas d’un conflit avec l’Occident.

En parallèle, l’Iran n’a pas cessé d’accroître son aide économique et financière à la Syrie. Il a été même envisagé de créer une union économique entre la Syrie et l’Iran ce qui a inquiété les monarchies arabes du Golf très critiques à l’égard du régime à Téhéran. La guerre civile en Syrie a empêché la réalisation de ces projets d’intégration en menaçant d’élimination le seul allié de l’Iran dans la région.

Téhéran ne peut pas laisser faire. Une aide intégrale, dont financière, à Damas a été fortement augmentée. En décembre 2011 le Guide suprême de la Révolution islamique l’ayatollah Ali Khamenei a donné le feu vert à l’octroi de 5,8 milliards de dollars à l’Etat syrien. Selon les experts, le régime d’Assad a reçu plus de 10 milliards de dollars d’aides iraniennes. En janvier dernier l’Iran et la Syrie ont signé un accord prévoyant une augmentation des prêts accordés. Les chiffres concrets ont été révélés hier. Dit le directeur général du Centre des études politiques Sergueï Mikheïev :

« Il est clair que l’Iran soutient la Syrie pour une seule raison : il y a assez d’indices pour supposer qu’en cas de la victoire des opposants d’Assad en Syrie ce sera le tour de l’Iran. L’ouverture des lignes de crédit par l’Iran semble donc assez logique. Même si, bien évidemment, cela ne peut pas améliorer sensiblement la situation, cela pourra soutenir Damas au moins un peu ».

Cependant, la situation de l’Iran n’est pas brillante non plus à cause des sanctions occidentales : les taux de change en baisse, le taux d’inflation en hausse, le chômage et les prix qui grimpent. Malgré tout Téhéran trouve des possibilités d’aider financièrement son allié. Car il ne s’agit pas de faire de la bienfaisance mais d’assurer la sécurité du pays. Les Iraniens sont convaincus que si Damas tombe aujourd’hui, demain Téhéran devra affronter une menace réelle.