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« Tendances de l’Orient » CPL-Hezbollah : pour un nouveau document d’entente _ par Pierre Khalaf

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CPL-Hezbollah : pour un nouveau document d’entente

Par Ghaleb Kandil

Après la multiplication des déclarations et des prises de position reflétant une détérioration des relations entre le Courant patriotique libre (CPL) de Michel Aoun et le Hezbollah, beaucoup de Libanais ont retenu leur souffle, craignant un rupture entre les deux partis. Dans certaines chancelleries occidentales et arabes et quartiers généraux de formations libanaises, des célébrations ont commencé et des paris ont été lancés pour fêter le divorce annoncé entre les deux alliés.
Le timing de cette affaire est très significatif, puisqu’il intervient à la veille de la commémoration de la guerre de juillet, au cours de laquelle le soutien du général Michel Aoun à la Résistance contre l’agression israélienne a été l’un des fondements de la victoire historique, aux côtés des sacrifices des résistants. Cet homme de principes a adopté cette position alors que personne ne connaissait encore l’issue de cette terrible guerre et le CPL a ouvert ses régions dans le Metn, au Kesrouan, à Jbeil et ailleurs, pour accueillir les dizaines de milliers d’habitants du Liban-Sud et de la banlieue de Beyrouth, ciblés par la machine de guerre israélienne. Et même les menaces directes de bombarder sa résidence et de le tuer avec les membres de sa famille ne l’ont pas fait reculer. Cette même position de principe, il l’a prise aussi au le début de la guerre universelle contre la Syrie, mettant l’accent sur la priorité de lutter contre le terrorisme takfiriste.
J’ai porté toutes mes inquiétudes et celles de nombreux amis et me suis rendu chez le général Aoun avec qui j’ai eu un échange franc et sincère, comme d’habitude. Le leader du CPL précise d’emblée que le Hezbollah n’est pas la première partie libanaise à s’être impliquée en Syrie. Il estime qu’il a été contraint à prendre cette décision à la lumière des développements sur le terrain, à cause de l’importance de l’ingérence israélienne sur le terrain et de la menace qui pesait sur les lignes de ravitaillements vitales pour la Résistance. La raison invoquée par son ami et partenaire, sayyed Hassan Nasrallah, sur les attaques contre les villages et les régions qui soutiennent la Résistance lui parait aussi un argument essentiel justifiant la décision du Hezbollah de s’engager dans la bataille.
Partant du principe de l’alliance et du partenariat, le général Aoun estime que le projet de construction d’un État dans sa dimension réformiste est l’un des piliers essentiels du document d’entente avec le Hezbollah. Ce processus doit évoluer en parallèle avec les concepts de l’indépendance et de l’immunité nationale, garantis par la résistance, à travers la formule « Armée-Peuple-Résistance ». Il affirme que le CPL a trouvé de nombreux obstacles qui ont entravé les projets de réformes aussi bien en Conseil des ministres qu’au Parlement. De nombreux projets proposés par les députés du CPL n’ont jamais été examinés et c’est l’un des reproches que le général Aoun fait au président du Parlement, Nabih Berry. Ces reproches, exprimés à plusieurs reprises, accompagnés parfois de divergences sur des dossiers internes entre le CPL et le Mouvement Amal, étaient une source d’embarras pour le Hezbollah. Le général Aoun comprend l’importance de la consolidation de l’alliance bilatérale entre le Hezb et Amal et saisit très bien la particularité de la relation entre les deux formations, gérée par de délicates considérations. Il serait superficiel de croire que le Hezbollah peut, lorsqu’il le souhaite, exercer une influence sur le président Berry, qui a ses propres calculs.
En réponse à une question, le général Aoun exprime son attachement aux canaux de communication entre Rabié et Aïn el-Tiné. Il précise, à cet égard, avoir demandé aux membres de son bloc parlementaire et à ses ministres d’évoquer directement avec le président Berry les sujets litigieux et d’éviter de polémiquer à travers les médias.
Le général est confiant que le Hezbollah accorde une grande importance à la situation interne en dépit du fait que le dossier régional occupe une place centrale dans ses stratégies. Il ajoute que l’attention particulière que le CPL accorde aux questions internes vise à initier une dynamique nationale libanaise qui renforcerait le concept de la construction de l’État et de la réforme des institutions. Cela complète les efforts et la lutte du Hezbollah sur les autres fronts régionaux. Michel Aoun est par ailleurs confiant que les réalisations accomplies dans le combat contre le projet de démembrement de la région feraient émerger de nouveaux équilibres internes libanais plus favorables à la logique du changement et de la réforme. Mais il refuse la mentalité attentiste, car il pense qu’il y a beaucoup à faire pour accompagner les grands changements à venir.
Le général Aoun met l’accent sur la nécessité de protéger et de renforcer le précieux trésor né du document d’entente, celui de la rencontre entre les bases populaires des deux partis.
Je suis sortis de ma rencontre avec le général Aoun porteur de beaucoup de réponses satisfaisantes qui ont dissipé les inquiétudes. Mais je continue de craindre une baisse d’enthousiasme et un affaiblissement des relations au niveau de la base populaire, à cause de certaines divergences. Aussi, je m’interroge s’il ne serait pas opportun de compléter le document d’entente par un nouvel arrangement qui couvrirait les questions d’ordre interne, objets de visions différentes de la part du CPL, du Hezbollah, d’Amal et des autres composantes de l’alliance. De ce que j’ai perçu lors de ma rencontre à Rabié et de la grande estime que je sais que le commandement du Hezbollah porte au général Aoun et au CPL, je demande qu’est-ce qui empêcherait l’ouverture d’une réflexion sur tous ces sujets. L’ordre du jour s’imposerait de lui-même : la loi électorale, les nominations, la dimension socio-économique du projet de réforme.
La rencontre entre ces deux partis autour d’une table pour discuter de toutes ces questions ne tient pas du miracle.

L’agression israélienne : une dernière carte suicidaire

Par Ghaleb Kandil

Après les défaites successives subies par l’agression impérialiste contre la Syrie, le soulèvement du peuple égyptien contre le pouvoir des Frères musulmans, en Égypte, a provoqué un grand choc au sein des milieux américano-israéliens. Cela est apparu dans les déclarations et les commentaires confus qui ont suivi la destitution du président Mohammad Morsi par une intifada sans précédent aussi bien au niveau de la mobilisation populaire que des slogans brandis par les millions d’Égyptiens qui sont descendus dans la rue. La première réaction de Washington a été d’inciter l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis à délier, hystériquement, les cordons de la bourse pour remplir de milliards de dollars les caisses du Trésor égyptien.
Les stratèges états-uniens ont pensé que la prise du pouvoir par les Frères musulmans dans certains pays arabes garantirait une nouvelle période d’hégémonie israélo-impérialiste d’au moins dix ans, sous un habit islamiste. Ces prévisions se sont basées sur la tradition religieuse des populations arabes, sur les relations organiques tissées par les Frères musulmans avec les centres de décisions occidentaux ces dernières décennies, et sur des pronostics farfelus annonçant la victoire inéluctable des « Ikhwans » en Syrie et la pérennité de leur pouvoir en Égypte. Ces gouvernements établiraient alors, en coordination avec l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, un nouvel axe qui déclarerait la guerre à l’Iran et s’allierait ouvertement à Israël. La fitna serait son principal outil pour détruire l’axe de la résistance dans la région.
La résistance de la Syrie a constitué une puissante gifle qui a faussé les calculs occidentaux. La résilience de la Syrie à l’agression universelle qui la cible est principalement due à la convergence entre une solide volonté populaire, un commandement profondément enraciné dans ses choix nationalistes et une institution militaire idéologique et patriotique. Cette équation a permis de redessiner un nouveau paysage international sur lequel s’est brisée la domination unilatérale des États-Unis.
Après l’échec des cartes qatarie et turque dans l’agression contre la Syrie, l’Occident a jeté dans la bataille ses cartes de réserve saoudienne et jordanienne, basées sur un armement massif des terroristes. Nouvel échec. Le troisième volet du plan était construit sur l’option du déploiement en Syrie d’un contingent militaire palestino-égyptien, à travers le front jordanien.
Alors que la résistance syrienne se raffermissait et que des changements intervenaient dans les rapports de force internationaux, le soulèvement populaire égyptien a éclaté, réduisant à néant les espoirs de Washington et de ses auxiliaires de mettre en œuvre le troisième plan.
La rapidité avec laquelle les pays du Golfe ont apporté une aide financière à l’Égypte s’inscrit dans le cadre d’une mesure préventive visant à empêcher l’établissement d’un nouveau réseau de relations entre Le Caire, Moscou, Pékin et Téhéran. Mais ce n’est qu’une vaine tentative de retarder l’évolution naturelle des nouveaux rapports de force internationaux.
Les Frères musulmans sont sortis du pouvoir et ne sont pas prêts d’y revenir. En Syrie, l’Etat prend le dessus sur les terroristes, et le rôle turc crépusculaire dans le complot contre la Syrie ne sera pas remplacé par une monarchie wahhabite vacillante, minée par les rivalités au sujet de la succession. L’issue suicidaire à cette quadrature du cercle sera-t-elle une agression israélienne contre la Syrie et le Liban ?

Déclarations et prises de position

BACHAR AL-ASSAD, président de la République arabe syrienne
« Les fissures dont nous voyons les conséquences dans notre Histoire contemporaine ont commencé avec l’émergence des Frères Musulmans et se sont s’aggravées depuis l’indépendance en raison du rôle nocif qu’ils ont joué dans un certain nombre de pays arabes, dont la Syrie.
Les Frères Musulmans sont à l’origine de la première fissure, fondamentale, entre l’arabité et l’Islam. Ils ont essayé de créer deux patries : une patrie pour les Islamistes et une patrie pour les nationalistes. Ainsi, la pensée colonisatrice n’a jamais cessé de se manifester au travers de guerres successives, dont la Guerre du Liban, qui avait pour objectif la création d’une patrie pour les Musulmans et d’une autre patrie pour les Chrétiens. C’est là que les conséquences de l’activisme des Frères Musulmans sur le terrain sont devenues plus lisibles, la plus importante et la plus dangereuse d’entre toutes étant la présence d’Al-Qaïda, à laquelle l’Occident n’a pas manqué de prodiguer son soutien sur fond de révolution islamique en Iran ; révolution venue soutenir la cause palestinienne et donc le cœur même de l’identité pour les Arabes.
Cette nouvelle donne les a poussés à s’orienter vers la création d’une nouvelle discorde entre les Sunnites et les Chiites pour démolir la relation entre les Arabes et les Perses ; tandis que le 11-Septembre, l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak consacraient les fissures entre les Takfiristes et toutes les branches de l’Islam (…)
Nous avons pu leur résister jusqu’ici, parce qu’en Syrie existe la conscience d’un peuple capable d’empêcher le plein succès de telles manœuvres (…)
Il est clair que là où règne le chaos, sévit le terrorisme. Ainsi, lorsque l’État afghan s’est affaibli, le terrorisme s’y est développé ; et lorsque l’Irak a été envahi, le terrorisme s’y est propagé.
Des États étrangers en arrivent à le soutenir pour atteindre certains de leurs objectifs. C’est ce qui s’est passé lorsqu’ils ont voulu affaiblir l’État syrien en espérant qu’ils réussiraient à faire fléchir l’immunité historique de ce pays, ses prises de positions, et sa résistance (…)
Est-ce que les actions de ces wahhabites takfiristes ressemblent un tant soit peu aux comportements du Prophète Mohamad ? J’ai d’ailleurs beaucoup discuté de ce sujet avec des dignitaires religieux syriens ou issus des pays du Levant. Le Coran, le Hadith, et la vie du Prophète prêchent le contraire de ce qu’ils font. Le terrorisme est comme le cancer. Si vous lui donnez un coup de bistouri sans pratiquer une exérèse totale, il métastase. Il faut donc l’éradiquer. Mais la guerre n’est pas un moyen suffisant pour réussir son éradication. Il faut y ajouter l’éducation, la culture, la communication et même l’économie (…)
Pour nous comme pour la Résistance et pour tous ceux qui nous soutiennent, la voie est claire. L’étranger pourra continuer à manigancer autant qu’il le voudra. Nous atteindrons nos objectifs autant par notre résistance que par notre immunité intérieure. Nous y arriverons sans jamais hésiter et par nos propres moyens. Ils peuvent toujours continuer à discuter, nous ferons ce que nous jugerons bon dans l’intérêt de la Syrie (…)
L’armée syrienne se bat dans de nombreuses régions du pays, si nous avions eu besoin d’une aide étrangère nous aurions pu l’obtenir. S’agissant de la bataille de Qussair, la question relève plus de la Résistance libanaise que de la situation interne en Syrie. D’autant plus que la ville, située en zone frontalière, est considérée comme l’arrière cours de la Résistance. Une Résistance forte a nécessairement besoin d’une réelle profondeur (…)
En Égypte, il s’agit de la faillite dudit « Islam politique », faillite d’un type de gouvernance que les Frères Musulmans ont voulu vendre non seulement en Égypte… Je dis et je répète que nous n’acceptons pas que l’Islam descende au niveau de la politique
. »

MICHEL SLEIMAN, président de la République libanaise
« Le fait de demander des comptes à l’armée pour les erreurs qu’elle a pu commettre dans le feu des affrontements ne doit pas aller de pair avec une mise en question du rôle national de l’armée, ni ne doit se transformer en campagne politique contre ce rôle que tous reconnaissent et sur lequel toutes les parties comptent, à l’heure où les officiers et soldats se déploient dans toutes les régions et aux frontières. Il faut laisser les erreurs individuelles à l’armée, qui saura prendre les mesures nécessaires aux niveaux judiciaire et militaire. »

CHEIKH NABIL KAOUK, vice-président du Conseil exécutif du Hezbollah
« Les événements d’Abra ont permis de dévoiler la véritable image du Courant du futur qui ne rate aucune occasion pour inciter à la discorde communautaire et dont le rôle, qui consiste à couvrir et à faciliter les projets de discorde, a été révélé au grand jour. Il est honteux que ceux qui ont brandi le slogan ‘Liban d’abord’ en arrivent à œuvrer pour la discorde d’abord. Le Moustaqbal agit de la sorte parce que son plan pour la Syrie a échoué et il essaie de compenser l’échec de ses paris par un embrasement du front libanais. Il prend pour cible l’armée et cherche à couvrir les meurtriers des militaires à Abra, Ersal et Tripoli. Pour le compte de qui essaie-t-il de dénigrer l’armée, le peuple et la Résistance ? Ce parti assume la responsabilité de chaque goutte de sang versée par un officier ou un soldat. Ceux qui font de la provocation, qui arment des individus et qui facilitent des projets de discorde sont complices du crime commis à Abra. Le plus grand péché de ce parti, depuis sa fondation jusqu’à aujourd’hui, est qu’il a recours à l’arme de l’exacerbation confessionnelle qui ne lui sera jamais utile et ne lui permettra pas d’obtenir des acquis politiques au détriment de la Résistance qui est trop forte pour se laisser entraîner sur la voie de polémiques et de provocations communautaires. »

Événements

• Certains on voulu transformer, hier, la réunion de la Commission parlementaire de la Défense et de l’Intérieur en procès contre l’Armée libanaise, voire en une occasion pour placer l’institution militaire dans le box des accusés. Mais la séance s’est transformée en « veillée documentaire » sur le terrorisme du dénommé Ahmad al-Assir et son groupe. Les représentants de l’armée ont ainsi fait visionner aux membres de la commission des enregistrements vidéos montrant clairement comment les affrontements ont éclaté et l’agression des partisans d’al-Assir contre le barrage de l’armée érigé près du périmètre de sécurité de Abra, et comment le cheikh a personnellement donné l’ordre à ses hommes de « mettre en pièce » les soldats après qu’ils eurent refusé de démanteler le check-point, comme il le leur a « ordonné ». Les enregistrements ont été pris par les caméras du périmètre de sécurité. On y voit cheikh al-Assir très nerveux et tendu, ordonnant à l’un de ses adjoints, Ahmad Hariri, de demander aux soldats de démanteler leur barrage. N’ayant pas obtenu satisfaction, Hariri revient vers al-Assir et lui raconte ce qui s’est passé. Le cheikh entre alors dans une grande colère et commence à hurler, demandant à ses partisans de prendre les armes et de se diriger vers le check point pour le démanteler de force. Effectivement, les miliciens se rendent au barrage et commencent à provoquer les militaires en poste, avant des les exécuter, tuant l’officier Samer Tanios et le soldat Rami Khabbaz. Après avoir tué et blessé tous les membres du check-point, ils reviennent vers Ahmad al-Assir, qui avait entretemps revêtu son uniforme militaire, pour lui raconter leurs faits d’armes. Le cheikh a alors hurlé à ses partisans : « Mettez-les en pièce ». Son frère Amjad lui répond : « Je l’ai déjà fais ». Une autre vidéo, filmée deux jours avant les incidents d’Abra, montre al-Assir au barrage de l’armée en train d’insulter les militaires en déclarant : « Bandes d’animaux, on va vous égorger ». Les soldats font preuve d’une grande retenue, évitant de répondre aux provocations.

• Le premier juge d’instruction près le tribunal militaire, Riad Abou Ghida, a interrogé hier neuf personnes suspectées d’être impliquées dans les affrontements entre l’armée et des partisans d’Ahmad el-Assir à Abra. Le magistrat a libéré trois des suspects et émis des mandats d’arrêt contre les six autres. Par ailleurs, le juge d’instruction près le tribunal militaire, Fadi Sawan, a interrogé hier cheikh M. Ch., accusé d’actes terroristes et de transport d’armes, de munitions et d’explosifs en Syrie. Cheikh M. Ch. accompagnait cheikh al-Assir lors de ses visites en Syrie. Un mandat d’arrêt a été émis à son encontre.

Revue de presse

AS-SAFIR (QUOTIDIEN LIBANAIS PROCHE DU 8-MARS)
GHASSEB AL-MOUKHTAR (12 JUILLET 2013)
À en juger par les détails relatifs aux contacts concernant la formation du nouveau gouvernement, les repositionnements politiques, notamment celui de Michel Aoun, ainsi que les déclarations récentes du président du Parlement, Nabih Berry, n’aplaniront pas ipso facto les obstacles qui entravent la formation du gouvernement, d’autant plus que les positions des différentes parties prenantes à cet égard n’ont pas changé d’un iota et que le Courant du futur continue à s’opposer à la participation du Hezbollah au prochain Cabinet. Selon des sources bien informées, la solidarité est toujours de mise entre les composantes de l’alliance Hezbollah-Amal-CPL sur la formation du gouvernement. À en croire les mêmes sources, Nabih Berry aurait jeté la balle dans le camp du président de la République Michel Sleiman et du Premier ministre désigné, Tammam Salam, soit pour les mettre dans l’embarras, soit pour les exhorter à mettre les bouchées doubles et à prendre la décision de mettre en place un gouvernement, soit pour limiter les divergences sur ce dossier entre Salam et Aoun. Le 14-Mars voit d’un mauvais œil les dernières déclarations de M. Berry, les mettant sur le compte d’un jeu de rôle auquel se livrent les forces du 8-Mars.

AS-SAFIR (12 JUILLET 2013)
Des sources qui suivent l’enquête sur l’attentat de Bir el-Abed ont évoqué des indices qui sont actuellement examinés et analysés, tout en refusant d’entrer dans les détails et de préciser où en sont les investigations. Ces sources se sont contentées de dire : « L’enquête se poursuit dans toutes les directions et toutes les options sont prises en compte. »
Mais des sources de sécurité ont fait état de données préliminaires qui sont en train d’être examinées. Selon ces informations, la voiture piégée aurait été garée sur le lieu de l’attentat par une femme aux cheveux blonds (ou teintés en blond) et la chargé explosive, préparée d’une manière professionnelle, dépasse de loin les 35 kg. Cependant, le souffle de l’explosion est allé à la verticale et non pas à l’horizontale. Les mêmes sources indiquent que le choix de l’endroit était de faire le plus grand nombre de victimes possible.

AS-SAFIR (12 JUILLET 2013)
MARLENE KHALIFE
Les observateurs ne sont pas optimistes quant à la capacité du Royaume uni à amener ses pairs européens à changer d’avis concernant l’inscription de l’aile militaire du Hezbollah sur la liste européenne des organisations terroristes. Tout ce que les Britanniques cherchent à obtenir consiste à marquer leur tentative d’inscrire l’aile militaire du Hezbollah sur la liste noire dans le souci de satisfaire les États-Unis et Israël. Les ministres européens des Affaires étrangères débattront de ce dossier lors de leur réunion le 22 juillet à Bruxelles, à l’heure où un revirement clair est survenu au niveau de la position bulgare. En l’absence d’éléments probants incriminant le Hezbollah, toute éventuelle inscription de son aile militaire sur la liste terroristes pourrait faire l’objet d’un recours. Il est difficile de prendre une décision européenne à cet égard sur une base politique.
Un diplomate européen a affirmé dans ce cadre qu’« il n’est pas possible d’accuser le Hezbollah de terrorisme pour sa participation à la guerre en Syrie, vu l’implication de plusieurs autres parties libanaises dans ce conflit ». Cette question, soulevée en février dernier, refait surface aujourd’hui en raison des pressions US soutenues exercées sur l’UE, plus particulièrement sur la France, pour la conduire à adhérer à la décision britannique. Selon les informations provenant de canaux diplomatiques bien informés, les États-uniens auraient demandé aux Européens, avec insistance, l’inscription de l’aile militaire du Hezbollah sur la liste UE des organisations terroristes, y voyant une mesure plus importante que la levée de l’embargo sur les armes à destination de l’opposition syrienne. Un expert dans les affaires européennes souligne toutefois que les Européens s’interrogent sur l’utilité de l’inscription du Hezbollah sur la liste noire et sur l’intérêt de l’Europe de prendre une telle mesure. Un autre diplomate s’est demandé ce que gagnerait l’Europe à fermer des canaux de dialogue avec le Hezbollah.

AS-SAFIR (10 JUILLET 2013)
Le président du Parlement, Nabih Berry, a déclaré que l’attentat de la banlieue sud de Beyrouth doit accélérer, plus que jamais, la formation d’un gouvernement d’union nationale. Les efforts pour la formation du gouvernement se sont intensifiés, hier. Le Premier ministre désigné, Tammam Salam, a reçu l’ancien Premier ministre, Fouad Siniora, et un émissaire du président de la République, l’ancien ministre Khalil Hraoui.
Le président Berry a dit à M. Salam que le mouvement Amal et le Hezbollah négocieront avec lui la part des chiites au sein du nouveau cabinet indépendamment du chef du Courant patriotique libre (CPL), le général Michel Aoun. « Nous transmettrons à M. Salam une longue liste de candidats pour les postes ministériels dans laquelle il pourra puiser », a-t-il dit. Le président de la Chambre a indiqué qu’il existe d’importantes divergences entre M. Aoun et les autres composantes du 8-Mars, « notamment au plan interne ». « Dès aujourd’hui, chacun est libre de ses choix concernant le gouvernement ou même le Parlement, a dit M. Berry. J’ai déjà fait part de cela au ministre Gebran Bassil ». « L’accord stratégique concernant la résistance et le conflit contre Israël tient toujours », a-t-il ajouté.

AN-NAHAR (QUOTIDIEN LIBANAIS PROCHE DU 14-MARS)
(12 JUILLET 2013)
Suites aux propos faisant état d’une facilitation de la mission du Premier ministre désigné, Tammam Salam, et de la déconnexion entre le tandem chiite et le Courant patriotique libre, aucun indicateur positif ne s’est manifesté présageant la naissance du gouvernement. Des sources suivant de près le dossier gouvernemental font remarquer que M. Salam n’a toujours pas obtenu de Nabih Berry une liste de ministrables représentant le Hezbollah et le mouvement Amal, tel que convenu.

AN-NAHAR (12 JUILLET 2013)
RADWAN AKIL
Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a réitéré son refus de la participation du Hezbollah au nouveau gouvernement en raison de son implication en Syrie. Il a par ailleurs estimé que l’attentat qui a visé la banlieue sud nécessite la formation rapide d’un gouvernement, quitte à ce qu’il ne bénéficie pas de l’aval du Hezbollah.

AN-NAHAR (9 JUILLET 2013)
Les milieux de la commission ministérielle chargée du suivi du dossier des otages libanais détenus en Syrie ont indiqué que les négociations menées par le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, avec les ravisseurs, ont abouti à un accord quasi-définitif. L’arrangement conclu prévoit la libération des neuf otages en deux temps, en contrepartie de la libération par les autorités syriennes des détenues réclamées par le « Bataillon de la tempête du nord ». Dans un premier temps, quatre ou cinq otages libanais seront remis en liberté alors que la moitié des prisonnières syriennes seront relaxées. La deuxième phase devrait avoir lieu peu de temps après la première étape.
Les mêmes milieux n’ont pas évoqué la date de la mise en exécution de cet accord de crainte que des imprévus de dernière minute ne viennent le compromettre.

AL-AKHBAR (QUOTIDIEN LIBANAIS PROCHE DE LA RESISTANCE)
MAYSAM RIK, (12 JUILLET 2013)
La députée Bahia Hariri n’est plus la même après la bataille d’Abra et a commencé à refaire ses comptes politiques. Les personnalités du 14-Mars qui lui ont rendu visite ont été surprises de constater qu’elle n’est plus une députée au Parlement, et est devenue le véritable leader du Courant du Futur. Ces mêmes personnalités s’étonnent également de l’offensive de Bahia Hariri contre l’Armée libanaise et les Brigades de la résistance, quelques jours après les accrochages à Abra, et l’inscrivent dans le cadre d’une réaction de la députée, qui a été tenue responsable de ce qui s’est passé dans sa ville.

AL-AKHBAR (12 JUILLET 2013)
Des sources du Hezbollah assurent que la relation entre le parti et le Courant patriotique libre (CPL) est stratégique, et si des divergences peuvent apparaitre autour de dossiers libanais internes, cela est tout à fait naturel entre des « alliés libres » car cette alliance « n’est pas dirigée par une ambassade ou une partie étrangère ».
D’autres sources du 8-Mars ajoutent que le général Michel Aoun « n’est en rien différent des autres composantes de cette alliance sur le plan politique ». Concernant la Résistance, les positions du leader du CPL sont aussi stables que celles du 8-Mars et sa vision concernant « l’offensive takfiriste dans la région est claire et solide ». Une autre source souligne que le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, ce cesse de répéter que « la Résistance a une dette envers le général Aoun et a confiance en lui ».
Les alliés du Hezbollah indiquent que les divergences avec le général Aoun au sujet de la prorogation du mandat du commandant en chef de l’Armée sont « vraies et naturelles. » Le chef du CPL estime que ce poste, dédié aux maronites, ne peut être pourvu sans consultations préalables avec lui. Cela est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit de ses alliés.
Pour sa part, le souci du Hezbollah est de préserver sa relation avec le général Aoun tout en sauvegardant l’unité de la scène chiite (en allusion à la relation avec le président du Parlement Nabih Berry). Concernant spécifiquement la question de Kahwaji, le Hezbollah a de nombreuses préoccupations et il n’a peut-être pas accordé à cette affaire l’importance qu’elle méritait, sa priorité étant de protéger l’institution militaire et son efficacité. De plus, le Hezbollah juge que la situation de l’armée sous le commandement de Jean Kahwaji est « bonne » et il n’est pas possible de trouver un remplaçant dans les circonstances actuelles caractérisées par de profondes divisions internes.

AL-AKHBAR (12 JUILLET 2013)
ROULA IBRAHIM
Au lendemain du tir des deux roquettes contre la banlieue sud de Beyrouth, le 26 mai dernier, le chef du Parti socialiste progressiste (PSP), Walid Joumblatt, a passé une de ses pires nuits. Il a senti l’étau de la fitna se refermer autour de son cou. Contrairement à ce qu’il croyait, il a réalisé que la sécurité de la région d’Aley n’était pas du tout sous contrôle. Aussi, a-t-il rappelé la « vieille garde », remplaçant le responsable du PSP à Aley, Wissam Kadi —qui couvre la région de Chabar al-Gharbi, Beissour, Keyfoun, Aïtate, Choueifat et Bchamoun—, par son prédécesseur, Zahi Ghosseini. Surnommé Abou Ayad, ce dernier occupait dans le passé des fonctions militaires et est susceptible de mieux tenir le terrain dans les villages délicats, limitrophes aux zones d’influence du Hezbollah.
Par ailleurs, et conformément à un arrangement conclu dans le cadre d’une commission conjointe, le PSP inspecté avec des responsables du Hezbollah la région d’Aley, notamment les collines de Ras el-Jabal, 8-8-8 et Aïtate, ainsi que toutes les localités surplombant Beyrouth. Soulignons que la coordination sur le terrain entre les deux partis avait été suspendue il y a six mois, suite à la tension provoquée par le fait que M. Joumblatt accueillait dans la montagne des opposants syriens. Mais les structures de coordination ont été rétablies. D’autre part, le PSP a repris les patrouilles dans les régions de Choueifat et Deir Qoubel, sous prétexte de vouloir protéger les villages. Après une interruption de deux ans, depuis le début de la crise syrienne, le PSP a par ailleurs repris, sous l’impulsion de M. Joumblatt, les contacts avec le Parti syrien national social (PSNS), pour discuter des questions sécuritaires dans la région. Mais le PSNS a exprimé des réserves, exigeant que les discussions portent sur toutes les questions, y compris celles des services et du développement. Le chef du PSP a accepté ces conditions et, effectivement, plusieurs réunions bilatérales ont eu lieu, notamment à Choueifat.
Enfin, M. Joumblatt a opéré une ouverture vers des hommes de religion druzes qui ne tournent pas dans son orbite, mettant l’accent sur la nécessité de renforcer l’unité de la communauté.

AL-AKHBAR (11 JUILLET 2013)
HASSAN OLLEIK
Des sources sécuritaires et politiques indiquent que le directeur de l’antenne de la CIA au Liban aurait remis aux services de renseignement libanais relevant de l’armée et des FSI plusieurs rapports contenant des informations extrêmement sensibles. Selon le 1er rapport, un groupe affilié à Al-Qaïda aurait fabriqué deux charges, de 7 tonnes chacune, avant de les mettre à bord de camions afin de les faire détoner. Ces explosifs auraient été destinés à être utilisés contre des bâtiments de la banlieue sud et l’attentat aurait censé être exécuté par des kamikazes appartenant à un groupe lié à Al-Qaïda et actif en Syrie. Un 2ème rapport dû à la CIA aurait indiqué qu’un groupe rattaché à Al-Qaïda aurait fait entrer au Liban 2 tonnes d’explosif destinés à être utilisés dans des attaques contre l’Armée libanaise, le Hezbollah, les ambassadeurs saoudien et koweïtien à Beyrouth et contre des diplomates russes et chinois. Quant au 3ème rapport remis aux services de renseignement libanais par la CIA, il contiendrait des informations détaillées concernant le responsable des tirs de de roquettes menées du territoire syrien sur Baalbeck. Il s’agirait d’un ressortissant syrien, chef d’un groupe armé dans les régions situées à l’ouest du Rif de Damas.
Ces informations étaient au menu de la réunion tenue jeudi dernier au Palais de Baabda sous la présidence du chef de l’État, et en présence du Premier ministre sortant Nagib Mikati, des ministres de la Défense, de l’Intérieur et des Télécoms, ainsi que des responsables sécuritaires.

AL-AKHBAR (11 JUILLET 2013)
Selon un député aouniste « le Courant patriotique libre (CPL) ne constitue pas l’une des principales composantes du 8-Mars et n’a jamais été au cœur de ce camp pour sortir de ses rangs. Par conséquent, les déclarations de Nabih Berry faisant état de la suspension de l’alliance du 8-Mars n’ont pas de sens ». Cependant, d’autres sources politiques liées au CPL soulignent que les dernières positions de Berry ne signifient aucunement que le tandem chiite acceptera de participer à un gouvernement dont le Bloc du Changement et de la Réforme ne fera pas partie. De son côté, le député CPL Nabil Nicolas a considéré que les déclarations du chef du Législatif ont soulagé son parti qui demande à être représenté au sein du gouvernement proportionnellement à sa taille parlementaire. Il a toutefois souligné qu’il n’existe pas de dissensions au sein du 8-Mars.

AL-AKHBAR (11 JUILLET 2013)
JEAN AZIZ
Aussitôt après la désignation de Tammam Salam pour la formation du gouvernement, l’ambassadeur saoudien est apparu sur la chaîne Al-Manar, donnant l’impression qu’un printemps libanais se profile à l’horizon. Mais, très vite, Riyad a émis ses ordres : « Non à la participation du Hezbollah au gouvernement ; non à la représentation des forces politiques proportionnellement à leur taille parlementaire au sein du nouveau cabinet ». De même, à la suite de l’exploit réalisé par l’armée à Abra et de l’entente sur l’ordre du jour de la séance parlementaire, notamment le point relatif à la prorogation du mandat de Jean Kahwaji, l’Arabie saoudite a retourné sa veste, en considérant la séance en question anticonstitutionnelle. Le sentiment de peur éprouvé par les sunnites dans le contexte actuel rappelle les appréhensions similaires vécues par les chrétiens en 1975 et 1990. Riyad doit opter pour l’ouverture et le dialogue avec les autres composantes de la scène libanaise, notamment avec Michel Aoun, Walid Joumblatt et le Hezbollah, pour éviter la réédition du scénario de 1975 lorsque les chrétiens ont choisi d’avoir recours à la violence.

AL-AKHBAR (10 JUILLET 2013)
IBRAHIM AL-AMINE
La logique des choses ainsi que des données et des estimations politiques et sécuritaires ont abouti, de longue date, à la conclusion suivante : une partie déterminée, dont l’identité n’est pas tout à fait un mystère, se prépare à commettre une série de crimes au Liban, en prenant pour cible directe les zones soumises à l’influence du Hezbollah, lequel n’était pas sans savoir que des parties arabes et internationales, voire libanaises, allaient appuyer de tels actes de violence. En lisant entre les lignes des réactions libanaises à l’attentat de Bir el-Abed, on constate qu’une partie donnée au Liban prête main-forte aux ennemis de la résistance pour s’en prendre à elle. Preuve en est le discours de plus en plus véhément qui s’élève contre le Hezbollah et le présente comme source de danger aussi bien pour son public que pour le reste des Libanais. Cette charge s’accompagne d’une campagne sans précédent menée dans le but de rompre toute forme de contact social, politique, culturel et personnel entre sunnites et chiites. Cette partie libanaise ne cesse de solliciter ses partenaires extérieurs afin qu’ils la soutiennent dans cette équipée anti-Hezbollah. Il est désormais chose normale de requérir le soutien de l’Occident, d’Israël, de tous les groupes takfiristes et des gangs de tous bords. Plus encore, cette même partie se met à présent à cautionner le criminel et à justifier son acte, tout en l’encourageant à recommencer, tant que la résistance n’aura pas fait les concessions requises aux plans libanais et régional. Les composantes libanaises de la partie incriminée ont perdu tout sens des responsabilités, dans la mesure où elles ont désormais pour unique souci de rester dans les bonnes grâces de l’Occident et de s’assurer que leurs maîtres ne les accusent pas d’avoir échoué à mener à bien cette mission pour la énième fois.
Dans cette atmosphère, il serait utile de revenir au 8 mars 1985, lorsqu’une puissante explosion a secoué l’artère principale de Bir el-Abed. La charge explosive visait à l’époque feu Sayyed Mohammed Hussein Fadlallah. Mais près de 90 habitants de la région y ont péri. Quelque temps après, l’enquête a permis d’identifier les exécutants de ce massacre. Il s’agissait d’un groupe de Libanais directement liés à la CIA. Plusieurs années plus tard, un autre pan de la vérité a été dévoilé dans un ouvrage du célèbre journaliste états-unien Bob Woodward, qui a révélé que « la CIA a obtenu de la part de l’Arabie saoudite un financement pour nombre de ses opérations à l’époque » et que « le trait d’union entre le régime saoudien et les renseignements US n’était autre que l’ambassadeur du roi à Washington, Bandar Ben Sultan, qui aurait transféré 3 millions de dollars vers un compte bancaire secret en Suisse afin de financer l’opération qui aurait été convenue par les deux parties ». Un nouveau crime a été perpétré, à quelques dizaines de mètres de celui commis il y a 28 ans. Ses commanditaires et ses exécutants doivent craindre, où qu’ils se trouvent, les foudres du Hezbollah, dont la force de dissuasion n’est plus à prouver.

L’ORIENT-LE JOUR (QUOTIDIEN LIBANAIS FRANCOPHONE PROCHE DU 14-MARS)
SCARLETT HADDAD (13 JUILLET 2013)
Une source proche du Hezbollah estime que si, lors du déclenchement des événements de Syrie, la confusion régnait, aujourd’hui il est possible de voir clairement les développements. La source explique qu’il est maintenant clair que les Américains et les Européens, ainsi que les Israéliens sont derrière ce qui se passe en Syrie depuis le début. Ils considèrent en effet qu’ils ont un seul ennemi dans la région dont la tête est l’Iran, le corps la Syrie, et les bras et les jambes le Hezbollah et le Hamas. Ils ont commencé par tenter de couper les membres de cet ennemi en menant une guerre contre le Hezbollah en 2006 puis une autre contre le Hamas en 2009. En vain. Ils ont alors cru pouvoir s’en prendre à la tête en songeant à une attaque des sites nucléaires puis en multipliant les sanctions économiques. En vain. Ils ont alors décidé de porter un coup au corps, c’est-à-dire à la Syrie, dans le but de détacher la tête des membres et de les rendre ainsi inefficaces. Ils ont donc profité de ce qu’il est convenu d’appeler « le printemps arabe » en Égypte et Tunisie, et surtout après l’expérience libyenne, pour lancer un mouvement similaire en Syrie.
C’est ainsi qu’ont commencé les premières manifestations pour des revendications démocratiques. Ceux qui ont élaboré le plan ont cru que le régime de Bachar el-Assad est fragile et qu’il tomberait rapidement. Mais en voyant que les manifestations ne parvenaient pas à mobiliser une foule nombreuse, ni à se doter d’une place symbolique pour mettre la pression sur le régime, les parrains du projet ont opté pour la révolte armée. C’est dans ce contexte que l’ancien émir du Qatar avait déclaré en 2011 que le « mois de ramadan serait sanglant cette année en Syrie et que le régime sauterait à la fin du mois ».
Les événements n’ont pas évolué dans ce sens et les ennemis du régime ont alors décidé d’utiliser la carte du Conseil de sécurité pour couvrir une opération militaire limitée ou la création d’une zone d’exclusion aérienne. Mais ils se sont heurtés à l’opposition ferme de la Russie et de son alliée la Chine. Ils ont alors eu recours à la fibre religieuse et confessionnelle, la seule en mesure de mobiliser les foules et d’attirer les combattants. C’est ainsi qu’à la suite des appels au jihad lancés par plusieurs ulémas extrémistes, dont cheikh Youssef Qardaoui, les jihadistes de l’islam ont afflué vers la Syrie, venus de tous les coins du monde, grossissant les rangs de l’opposition au point de devenir le véritable noyau dur sur le terrain. Ce dernier plan a réussi puisque les jihadistes se sont montrés des combattants féroces, ne craignant pas la mort, puisqu’elle est la porte vers le paradis. Toutefois, leur mode de vie et leurs pratiques ont rapidement commencé à choquer la population syrienne elle-même qui a vite déchanté de l’opposition, ainsi que les parrains occidentaux qui ne peuvent pas couvrir de tels actes, ni une opposition islamiste que par ailleurs, ils combattent au Mali et qui a multiplié les attentats contre eux en Libye et en Afghanistan. Il y a bien une tentative de rectifier le tir et de pousser l’Armée syrienne libre à reprendre l’initiative et à chasser les islamistes, mais pour l’instant, il n’y a eu aucun développement significatif sur le terrain dans ce sens.
Au contraire. Les reportages et les analyses se multiplient dans les médias occidentaux pour évoquer l’affaiblissement de l’opposition, ses divergences internes et son incapacité à reprendre l’initiative, face aux forces du régime qui sont en train de gagner du terrain. D’ailleurs, après avoir exigé le départ du président syrien Bachar el-Assad, l’Occident se fait aujourd’hui plus discret sur la question, tout en se déclarant prêt à une solution politique négociée. C’est ainsi qu’a été lancée l’idée de la conférence de Genève 2. Mais le problème, comme l’a déclaré le nouveau chef de la CNS, Ahmad al-Jarba, c’est que l’opposition ne souhaite pas participer à cette conférence dans cet état de faiblesse. Il faut donc lui permettre de remporter une victoire sur le terrain pour qu’elle puisse y participer. Mais comment ? L’afflux d’armes et de fonds est surtout en train de profiter aux extrémistes d’al-Nosra, qu’aucun pays occidental ne peut couvrir officiellement.
Dans ce contexte, la source proche du Hezbollah précise que le principal souci de l’Occident est aujourd’hui d’empêcher le régime syrien de remporter une victoire éclatante. Le compromis devrait donc reposer sur l’équation suivante : pas de grande victoire ni de grande défaite pour amener le régime et l’opposition à conclure un accord. Mais pour l’instant, rien n’indique qu’on s’approche d’une telle situation. C’est pourquoi le sang continue de couler, le régime voulant écraser l’opposition et celle-ci espérant encore changer la donne sur le terrain. La prochaine échéance politique sérieuse devrait avoir lieu en septembre, lors du sommet du G20. D’ici là, la violence devrait donc continuer…

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Les faits démentent le mythe “Bachar allié d’Israël”

Cécilia Fany Fandi

8 juin 2013

Certains justifient la guerre menée par le Qatar, l’Arabie saoudite et d’autres forces contre la Syrie en disant que “de toute façon, Bachar ne combat pas Israël, il est son allié”. Mais les faits démentent ce mythe, comme le démontre cet article qui analyse ensuite pourquoi la rébellion armée est en position stratégique de plus en plus difficile… (IGA)

 

« Le plateau du Golan a été occupé par Israël en 1967 et depuis cette date il n’y a pas eu de violences directes entre les deux pays, théoriquement en état de guerre » (sic). C’est du moins ce que Le Figaro avec l’AFP nous annonce dans son numéro du 30 mai effaçant ainsi d’un simple trait sur le papier une guerre avec des conséquences mondiales graves, à savoir la guerre israélo-arabe de 1973. Celle-ci a opposé du 6 octobre au 24 octobre 1973 Israël à une coalition menée par l’Égypte et la Syrie qui voulaient libérer leurs territoires occupés par Israël en 1967.

 

En effet, le monde entier a été touché par cette guerre qui a connu le choc pétrolier de 1973, quand l’OPEP a décidé de l’augmentation de 70 % du prix du baril de pétrole ainsi que de la réduction de sa production sans parler des accords de paix de Camp David entre l’Etat hébreux et l’Egypte et sans oublier non plus que la Syrie a pu libérer la ville Kuneitra, capitale du Golan, occupée en 1967. Mais comment AFP suivie par ses consoeurs a-t-elle oublier ce détail d’une telle importance de notre Histoire contemporaine avec une telle conséquence sur l’économie mondiale ? Décidément, les médias français ont la mémoire trop courte ou peut-être, l’AFP ne faisait que répéter les propos de ses amis opposants selon lesquels « le régime n’a jamais tiré une balle sur le Plateau du Golan  », prenant ainsi partie dans ce conflit abandonnant toute éthique professionnelle.

 

Par ailleurs, un article publié le 15 mai (15 jours avant l’article de l’AFP) par le site français Slate, fait un rapprochement entre la situation actuelle entre la Syrie et Israël et la guerre de Kippour de 1973 dans le cas d’une « introduction de S-300 en Syrie [qui] sera considérée par Israël comme un casus belli qui le pousserait à renoncer à sa neutralité dans le conflit syrien avec toutes les conséquences militaires que cela entraine pour la région ».


Faux, Israël n’est pas neutre dans le conflit syrien

 

Israël menace d’intervenir en Syrie et utilise le Hezbollah comme prétexte

 

Israël a déjà mené trois raids aériens en territoire syrien, le premier en janvier, les deux derniers il y a trois semaines sous prétexte d’empêcher le transfert d’armes au Hezbollah.

 

Pour l’Etat hébreux, comme le dit Benyamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, cette attaque militaire contre un pays souverain est justifiée pour défendre son pays contre l’Iran et le Hezbollah, oubliant que son pays occupe non seulement un territoire syrien, à savoir le Plateau du Golan depuis 1967, mais qu’il l’a annexé purement et simplement contre la volonté et la décision de l’ONU, et enfin que ni le Hezbollah ni l’Iran n’ont agressé son pays. Par contre, c’est l’Etat hébreux qui a agressé le Liban occupant même Beyrouth, la capitale, en 1982. D’ailleurs, le sud du Liban a été aussi occupé lors de la Guerre israélo-arabe de 1948-1949 et envahi par l’armée israélienne lors de l’Opération Hiram.

 

C’est suite à l’intervention militaire israélienne au Liban de 1982 qu’Israël a occupé cette zone jusqu’en juin 2000. C’est le Hezbollah, un mouvement de résistance islamique, qui l’a libéré. Et en juillet 2006, Israël pénètre dans la zone une trentaine de jours puis s’en retire.

 

Cette guerre de 2006 contre le Hezbollah a imposé de nouvelles équations stratégiques dans la région où Israël n’a plus la suprématie militaire. Pour Israël, il faut donc casser cette nouvelle force de résistance pour garder sa suprématie dans la région.

 

Rappelons que la Syrie a toujours soutenu Hezbollah – même militairement – depuis sa création, notamment dans sa guerre contre l’occupation israélienne et c’est aussi pour cette raison que le Hezbollah soutient la direction actuelle de la Syrie. Le 9 mai dernier, Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, a affirmé que « Nous ne permettrons pas que le pays tombe aux mains des Etats-Unis, d’Israël ou des groupes takfir. » (les fondamentalistes sunnites, alliés de l’Occident).

 

Rebelles le dos au mur… israélien, soignés par Tsahal

 

Plusieurs combats et des accrochages sont souvent en cours à l’extrémité ouest de la Syrie, autour de la localité de Jubata al-Khachab depuis au moins l’été dernier.

 

Déjà en novembre dernier, ces idiots utiles cherchaient à prendre le contrôle de plusieurs villages dans cette zone sensible, notamment Bir Ajm et al-Herche. Ils se sont filmés samedi 24 novembre en train d’attaquer non l’armée israélienne mais leurs propres compatriotes, les soldats syriens avec leur habituel hystérique « Allah Akbar ! ».

 

Après le dernier bombardement israélien contre Damas, début mai dernier, Hassan Rastanaoui, un chef de l’opposition armée à Homs (Syrie centre) et l’invité surpris du journaliste Yaari Ehud de la deuxième chaine israélienne, a exprimé sa joie et sa gratitude à l’armée israélienne.

 

D’ailleurs, selon l’AFP (16 février) et Le Figaro (29 mars 2013), les soi-disants patriotes syriens de l’ASL sont hébergés et se font soigner auprès de Tsahal dans l’hôpital de Ziv, à Safed en Galilée. Quel raccourci symbolique et signifiant !

 

Ce contact entre officiels rebelles syriens et Israël remonte au moins à l’année dernière où une équipe de la télévision israélienne Channel 2 rentre en territoire syrien avec les deux journalistes Itai Anghel et Amir Tibone à Khirbet al-Joz à Jisr al-Choughour dans la région d’Idleb au nord-ouest à la frontière turque.

 

C’est ainsi que dans le même temps, les troupes israéliennes s’activaient ouvertement sur la ligne de démarcation au Golan pour apporter des facilités aux terroristes et leur offrir une protection. En coordination avec leurs amis du Golfe et jordaniens, les Israéliens sont devenus des partenaires à part entière dans l’agression contre la Syrie, après s’être réconciliés avec la Turquie, sous le parrainage de Barak Obama. Les chambres d’opération installées sur le territoire turc jouent un rôle de premier plan dans la destruction de la Syrie

 

Israël se sert des rebelles syriens pour accroître son emprise sur le Golan

 

Des bandes rebelles tentent régulièrement de « transiter » par la zone démilitarisée (5 kilomètres dans sa plus grande largeur) qui fait tampon entre le Golan annexée et le territoire syrien, notamment à Jubata al-Khachab.

 

Il y a plusieurs mois, Benjamin Netanyahu a annoncé la construction d’une « clôture de sécurité » sur la ligne de démarcation entre Israël et la Syrie, sur les hauteurs du Plateau du Golan syrien occupé par l’Etat hébreu depuis 1967 et annexé depuis 1981. Cette clôture d’une dizaine de kilomètres serait sur le modèle de celle séparant déjà Israël des territoires palestiniens autonomes. Cet audacieux programme de « travaux publics » concrétise l’isolement et l’enferment d’un pays-ghetto, cadenassé de partout, faisant de lui le seul Etat au monde dont les frontières seront visibles par satellite, comme l’est la muraille de Chine.

 

 

En effet, Israël se sert du prétexte des djihadistes pour pérenniser son emprise sur un territoire géographiquement et économiquement stratégique, riche en eau (alors que la pénurie d’eau est une réalité qui alimente aussi la tension), et dont l’annexion n’a jamais été reconnue, ni par la Syrie ni par l’ONU. Et la « révolution syrienne » joue le rôle de l’idiot utile pour l’État hébreu en lui permettant de consolider, de la plus concrète des façons, son emprise sur un territoire syrien. Voilà au moins un « apport » de la révolution syrienne sous perfusion occidentale et wahhabite sans oublier que le Golan est devenu aussi une colonie de peuplement israélien au mépris des résolutions de l’ONU.

 

 

Donc, ce conflit risque de plus en plus de dépasser les frontières syriennes. D’ailleurs, Bachar al-Assad a affirmé, dans une interview diffusée la semaine dernière sur al-Manar, la chaine libanaise pro-Hezbollah, sa volonté d’ouvrir le front au Golan avec Israël. De même, il a promis de riposter à toute nouvelle attaque de l’Etat hébreux qui a mené depuis janvier dernier trois raids contre des positions militaires syriennes près de Damas. D’autre part, personne ne connait le sort des casques bleus enlevés par les rebelles terroristes depuis plusieurs semaines déjà.


Qussayr, une guerre sans merci où se joue le destin de la région

 

C’est bien un gigantesque fiasco qui s’est accéléré depuis quelques semaines pour le front des faux amis de la Syrie. Et le sens qu’il a pris est très loin d’être favorable à la « révolution » et ses parrains étrangers.

 

La victoire militaire de l’armée syrienne dans la région stratégique de Qussayr est plus que vitale non parce qu’« elle sur le chemin d’une région côtière où vivent les alaouites, la communauté chiite à laquelle appartient Bachar el-Assad et où il pourrait se replier, en cas de défaite » (sic) comme nous écrivait rfi dans son numéro du 20 mai dernier, mais bien parce que dans cette région stratégique endossée à 35 km au sud de Homs (Syrie centre), l’avenir de la soi-disant « révolution » syrienne se joue cruellement et pour plusieurs raisons :

 

  1. Perdre une zone maintenue depuis plus d’un an et demie est non seulement un échec mais une défaite quasi décisive. Les rebelles terroristes, al-Nosra à leur tête, sont prêts à « rayer les villages alaouites et chiites de la carte » comme le menace le colonel Abdul-Hamid Zakaraya depuis Istanbul à travers la chaine saoudienne, Alarabia.
  2. Côté syrien. Pour le régime syrien, cette bataille est un objectif prioritaire. Le mois dernier, le président Bachar al-Assad avait affirmé que les combats dans cette région étaient « la principale bataille » menée par l’armée syrienne. Vu sa position stratégique, l’armée peut sécuriser pour toujours la route reliant la capitale à la côte, une zone épargnée par la violence à part les incidents de Bayada à Banyass il y a quelque temps, privant ainsi les rebelles de toute aide extérieure, sans parler du coup psychologique d’une telle victoire sur leur moral.
  3. Côté Hezbollah. La vraie raison de l’intervention des combattants du Hezbollah dans cette région dépasse de loin la volonté de défendre les chiites ou les chrétiens, en majorité libanais, habitant les vingt trois villages et fermes du Qussayr ayant survécus aux accords de Sykes Picot du 1916.
  4. Le Front al-Nosra, allié d’Al-Qaïda avec la brigade al-Farouq, jadis héros de Bab Amr à Homs, a occupé non seulement la quasi-totalité de la région de Qussayr pendant plus d’un an et demi, mais il a obligé la population « hérétique » – à savoir chiites et chrétiens – à partir et avec eux beaucoup des sunnites non inspirés par leur « révolution » nihiliste au risque d’être qualifiés des chabihas, mot devenu bien utile pour épurer tout ce qui ne marche pas avec la « révolution » démocratique.

 

L’intervention des miliciens du Hezbollah n’est donc pas pour protéger les chiites sinon, pourquoi n’interviennent-ils pas dans d’autres localités chiites comme, par exemple, pour les 60 000 habitants de villages Nubbol et Zahra, situés au Nord d’Alep, assiégés et terrorisés depuis plus de dix mois ? (Voir l’article http://www.michelcollon.info/Solida…, mis en ligne le 1er mai)


Cependant, les vraies raisons de l’intervention des combattants du Hezbollah dans cette région dépassent de loin cette volonté à caractère religieux :

 

  1. Vu sa proximité avec le Liban, cette zone est stratégique car les rebelles peuvent fermer la route reliant Damas à la côte depuis Qussayr et gêner ainsi les mouvements de troupes de l’armée syrienne.
  2. Sa proximité avec le Liban lui facilite aussi le trafic d’hommes et d’armes de tout genre.

 

Mais la raison la plus importante, c’est que cette zone présente un menace direct contre le Hezbollah car elle se trouve à mi-chemin entre Hermel et Bekaa, deux zones libanaises où se trouvent les réserves des armes du Hezbollah, notamment les missiles. Par ailleurs, c’est pour cette même raison que l’aviation israélienne a bombardé en 2006 la localité libanaise de Bekaa al-Qaa, limitrophe de Jussiyeh, village syrien (al-Qaa, c’est aussi cette même localité chiite qui a accueilli les déplacés chrétiens syriens de Rableh dans la région de Qussayr, chassés par les islamistes).

 

  1. Le passage de Jussiyeh, le plus proche de Homs, tombé aux mains de l’armée syrienne, prive non seulement les rebelles de tout secours venant du Liban mais il fait du Qussayr une tenaille.
  2. De même, la chute des villages de Tal Mendou, de Tal al-Hanach et de Jabal al-Charqi affaiblit à jamais la rébellion islamiste qui connait sa plus grande concentration en hommes et en armes dans cette zone.
  3. Le reportage Russia al-Yaoum dans al-Ghassaniyeh et d’autres villages libérés montre une armée nationaliste reçue en libérateur avec le riz, très loin de cliché présenté par les médias occidentaux.

 

Le reportage de la télévision russe montre les dégâts laissés par les terroristes qui ont privé les habitants d’eau et coupé le pont reliant les deux côtés de la ville, voulant empoisonner le maximum des personnes sans aucune distinction entre civiles et militaires. On voit aussi les dégâts du couvent de Rableh, un village chrétien de Qussayr.

 

 

Signalons aussi qu’il existe huit villages chiites dans la province de Qssayr qui ont subi destruction et déplacement de leurs habitants par les fanatiques islamistes les considérant comme hérétiques.

 

 

Destruction du monastère Mar Elias à Qusseir par l’ASL/Al-Nosra.

 

Reportage : al-Manar, al-Mayadeen.

 

Le monastère de Mar Elias, victime du terrorisme et des auteurs de l’idéologie obscurantiste. Occupé, profané, utilisé comme lieu de détention et torture puis détruit par les obscurantistes, il vient d’être libéré par l’armée syrienne.

 

Le monastère de Mar Elias à Jussiyeh dans le Qusseir dans la banlieue de Homs occupe une place très importante chez les Chrétiens et Musulmans, puisque la fête de Mar Elias est célébrée chaque année comme une incarnation de la cohésion entre les différentes confessions et les habitants de la région. Ce monastère est considéré comme l’un des plus importants vestiges antiques et remonte à 2000 ans. Le monastère comprend l’icône de Mar Elias datant de 1000 ans.


  • Côté français

 

Avec l’entrée des miliciens du Hezbollah en scène, la bataille de Qussayr prend encore plus d’importance, non seulement pour les Syriens et le Hezbollah, leur allié, mais aussi pour les Occidentaux, notamment les Français. Pourquoi ?

 

Depuis que Paris a annoncé sa décision d’inscrire la branche armée du Hezbollah sur la liste du terrorisme en Europe, la France est confrontée à des échéances syriennes et libanaises embarrassantes et la bataille de Qoussayr pourrait bien être la dernière chance pour la France qui a parié dès le départ sur le mauvais cheval, espérant aujourd’hui une victoire militaire des rebelles terroristes de Qussayr, une victoire qui pourrait éventuellement lui redorer son image tant ternie sur la scène internationale.

 

De même, l’ancien colonel de l’armée française Alain Corvez indique dans une interview sur le site Manar que Qoussayr présente une grande importance en raison de « sa position stratégique ». En effet, la ville contrôle toutes les routes menant à la côte syrienne et à Damas et constitue, comme il le dit si bien, « le nœud de communication stratégique entre Tripoli, Homs et la Békaa libanaise d’un côté, et Tripoli et la capitale syrienne Damas de l’autre ».

 

Celui qui contrôle cette ville remporte la bataille du centre de la Syrie, et assure la protection de son dos dans la bataille de Damas et toutes les batailles du nord de la Syrie.

 

De plus, confie Corvez, cette bataille permettra une étude approfondie pour mieux comprendre les tactiques du Hezbollah face à la guérilla, surtout concernant les tunnels qu’il a été le premier à inventer dans la guerre moderne. Ce qui constitue tout le contraire de la guerre de juillet 2006, menée par Hezbollah.

 

Rappelons que ce sont les Français qui ont qualifié la stratégie de la Résistance islamique durant la guerre de juillet 2006 de stratégie du « combat inégal », d’après une longue analyse présentée en 2007 par le colonel Michel Goya, écrivain militaire de l’armée française et auteur de La théorie du Hezbollah.

 

Selon ces militaires français, « l’opposition armée engagée dans la bataille a commis d’importantes erreurs stratégiques et meurtrières, tandis que le Hezbollah a réussi à les vaincre psychologiquement parlant, en les forçant à quitter une colline stratégique dans la province de Qousseir, et qu’ils n’auraient pas dû abandonner si facilement », sans parler de beaucoup d’autres erreurs commises dans cette bataille.

 

La volonté farouche de Paris soutenue par Londres de lever l’embargo de l’UE sur les armes à destination des rebelles n’est-elle pas pour changer la donne des combats à Qussayr, surtout avant la conférence de Genève ? La question reste posée.

 

Ici le lien de l’article publié mardi 4 juin.

 

Dans cette guerre de Qussayr, l’armée syrienne, une grande armée classique préparée pour une guerre contre Israël, a du se muer en une force de contre-guérilla, et apprendre sur le tas les exigences de la guerre asymétrique en milieu urbain. La rébellion ne peut que mettre son drapeau en berne vu sa situation d’encerclement et les pertes importantes qu’elle subit. L’armée secondée désormais par les miliciens du Hezbollah, les prenant à la gorge, mène des opérations chirurgicales, une stratégie dictée par la configuration urbaine. Une stratégie certes plus lente que celle du marteau-pilon. Pourtant, les hélicoptères continuent de mitrailler à Qussayr et les secteurs avoisinants les positions et déplacement des rebelles terroristes.

 

Ces fanatiques qui ont mis à dos non seulement la minorité chrétienne de Qussayr en lançant l’année dernière des appels à partir des mosquées demandant ainsi à plus de dix milles chrétiens de quitter la ville mais surtout les chiites avec des appels haineux à les égorger, appuyés par des fatwas des cheikhs salafo-wahhabites dont la dernière venait tout juste lors du prêche de vendredi dernier dans la mosquée de Doha, lancée par le cheikh Qaradawi, mufti du Qatar et de l’OTAN qui a appelé les musulmans dans les quatre coins du monde à venir en Syrie tuer les chiites pour défendre les sunnites massacrés selon lui par ces « hérétiques ».

 

On ne voit vraiment pas, dans ces conditions, ce que peuvent espérer les rebelles fanatiques. Ils sont condamnés à la défaite, et à la fuite en avant dans le terrorisme, malheureusement. La Syrie est capable de gagner la partie militaire surtout que le front international anti-syrien est de plus en plus fissuré. Le rapport de force international a basculé et pour Poutine et son administration, il s’agit non seulement de la crédibilité internationale de la Russie mais aussi de sa sécurité nationale, et ce n’est pas seulement la base navale de Tartous qui est en jeu en Syrie comme certains le pensent naïvement.

 

 

Source : Invetsig’Action

L’IM-MONDE

Badia Benjelloun

Un correspondant du quotidien vespéral français aurait été témoin de l’emploi d’armes chimiques par l’armée gouvernementale syrienne.

La description des symptômes endurés par les miliciens « rebelles » évoquent ceux produits par des gaz neurotoxiques.

Signes ophtalmologiques avec troubles visuels et une pupille ‘rétractée’, signes digestifs, vomissements et signes respiratoires décrits comme raclements et suffocation.

Le récit, espéré digeste grâce la petite touche littéraire avec le petit bruit de la canette non pas sur le comptoir d’étain mais un certain cliquetis à peine audible, produit des témoignages de ces combattants et d’un médecin.

Le photographe du journal le Monde (en lettres gothiques) aurait souffert de troubles visuels et respiratoires durant plusieurs jours. Première invraisemblance du récit : les gaz neurotoxiques utilisés comme armes de guerre sont certes inodores et incolores, mais les signes digestifs sont sur le même plan que les signes respiratoires. L’antidote doit être immédiatement administré pour lever le blocage des terminaisons nerveuses sans quoi la paralysie est rapidement mortelle.

Deuxième incongruité. L’iconographie censée illustrer le texte montre un homme qui tente avec une seringue de prodiguer des instillations oculaires. Les effets des gaz neurotoxiques à pénétration cutanée et respiratoire n’ont aucune chance d’être levés par des lavages oculaires. Ceux-ci ne peuvent soulager qu’en cas de gaz irritants des muqueuses.

Troisième aberration. Le médecin rebelle rapporte le cas d’un combattant qui lui a été confié avec un rythme cardiaque fou. Le blocage enzymatique qui conduit à l’accumulation du neurotransmetteur l’acétylcholine induit surtout une bradycardie, et l’hypotension majeure par absence du tonus vasculaire est l’urgence absolue. On restitue une tension artérielle inexistante avant de vouloir contrôler un rythme cardiaque, même aberrant, même anarchique. Pour être rigoureux une phase d’hypertension avec tachycardie peut être observée dans les premières minutes de l’intoxication. Le délai nécessaire pour transporter un patient jusqu’à un centre de secours à travers le dédale imposé par une zone de guerre en milieu urbain exclut cette hypothèse. Quatrième anomalie. La consultation de n’importe encyclopédie en ligne indique comme symptôme cardinal des effets neurotoxiques les convulsions. Le sujet mortellement atteint suffoque dans un contexte de crises cloniques spectaculaires. Ce type de manifestations est si impressionnant que leur absence dans le roman permet de qualifier le récit de faux témoignage.

L’auteur à la fin de son article prend une précaution rhétorique. Il émet la possibilité de l’usage de plusieurs variétés de gaz toxiques par l’armée gouvernementale, solution élégante pour brouiller les pistes de l’usage d’un gaz mortel prohibé qu’il suggère fortement tout au long de son histoire très arrangée.

 

Cependant, sensation de brûlure oculaire et toux irritatives se rencontrent lors de l’exposition à des gaz lacrymogènes. À chaque dispersion de foules ou de manifestations par les CRS en France ou aux USA où l’usage des gaz poivrés connaît un regain, il faudra mobiliser la Cour européenne des Droits de l’Homme.

 

La publication de cet épisode survient au moment où les pays incarcérés dans l’Union Européenne ont décidé de suspendre officiellement l’embargo sur la livraison des armes à la rébellion en Syrie.

Elle est contemporaine également de la préparation des pourparlers en faveur d’un Genève II où devraient siéger les « belligérants » et les pays qui les arment et sans lesquels cette confrontation du bloc occidental avec les intérêts de puissances dites émergentes sur les décombres de la souveraineté de la Syrie n’aurait pas lieu.

 

Le régime syrien est explicitement accusé de crimes de guerre ou contre l’humanité au moment où plus de 15 000 soldats des armées impériales occidentales et de leurs vassaux subissent un entraînement intense en Jordanie. Cette préparation anormale sur le plan numérique indiquerait l’imminence d’une attaque type coalition contre l’Irak.

 

Déjà, les effets d’une dissémination du conflit au Liban se font ressentir.

Les escarmouches autour plateau occupé du Golan entre Israël et des combattants du côté syrien signalent la possibilité d’un autre front. Un char d’assaut israélien y a été récemment détruit.

Ce que redoutent le plus les rares stratèges sionistes, c’est l’extension du chaos à la Jordanie. La version officielle de la neutralité israélienne est une légende de façade. Le soutien à la rébellion syrienne a pris de nombreuses formes, y compris sous celle d’une assistance logistique et médicale. Au-delà de leur crainte que des missiles russes S 300 soient opérationnels aux mains de la défense de la souveraineté syrienne, l’embrasement de la région aura un impact civil non négligeable sur une population israélienne prête à émigrer en cas de danger. En cas de conflit militaire généralisé, l’État-major sioniste n’oublie pas que les discours de Sayed Hassan Nasrallah ne sont pas des rodomontades. Le Hezbollah doit disposer d’un arsenal et d’un entraînement convaincants.

http://www.dedefensa.org/article-l_im-monde_30_05_2013.html

Syrie: l’armée pénètre dans une position rebelle clé près de Qousseir

Par AFP

L’armée syrienne a annoncé avoir pénétré samedi dans l’aéroport militaire de Dabaa, une position rebelle clé au nord de Qousseir, une semaine après le début de son offensive conjointe avec le Hezbollah contre cette ville stratégique.

Au Liban, le chef du mouvement chiite libanais Hassan Nasrallah a promis samedi à ses partisans la victoire dans la guerre en Syrie.

Sur le plan diplomatique, l’opposition syrienne, réunie à Istanbul, se montre réticente et surtout divisée au sujet d’une conférence internationale visant à réunir à Genève des représentants des deux parties, pour laquelle les préparatifs s’intensifient.

«L’armée syrienne s’est infiltrée à l’intérieur de l’aéroport de Debaa par le nord-ouest, après s’être emparée de la ligne de défense des rebelles. Les combats se déroulent désormais à l’intérieur», déclaré à l’AFP une source militaire.

Cet ancien aéroport se trouve à 6 km de Qousseir, sur la seule route au nord de la ville. D’après des militants, ce sont les forces spéciales de l’armée et le Hezbollah qui ont mené l’assaut.

Sur sa page Facebook, le militant Hadi al-Abbdallah, qui se trouve dans la ville, a lancé un cri désespéré. «O mon Dieu, Qousseir est détruite et brûle. Des centaines d’obus, de missiles tombent sur la ville».

La Tansikiyat (comité de coordination sur le terrain) de Qousseir a appelé à l’aide, également sur Facebook. «Si Qousseir tombe, nous nous relèverons plus. Aidez-nous, envoyez-nous de l’argent, de la nourriture et des médicaments».

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, qui s’appuie sur un réseau de militants et de sources médicales, les violences ont fait au moins 30 morts, essentiellement des combattants rebelles, samedi dans la zone de Qousseir.

Dans un message, le chef par intérim de l’opposition syrienne, George Sabra, a déclaré à Istanbul: «Des milliers d’Iraniens et leurs collaborateurs terroristes du Hezbollah ont envahi la Syrie».

«Gestes de bonne volonté»

«Je dis aux gens honorables, aux moujahidine, aux héros: comme je vous ai toujours promis la victoire, je vous en promets une nouvelle», a déclaré le chef du Hezbollah lors d’une cérémonie tenue à Machghara, dans le sud-est du Liban, à l’occasion du 13ème anniversaire du retrait israélien du Liban.

«La Syrie, c’est la protection arrière et le support de la résistance. La résistance ne peut rester les bras croisés quand sa protection arrière est exposée et quand son support se brise. Si nous n’agissons pas, nous sommes des idiots», a-t-il souligné.

Pour Ghassan al-Azzi, professeur de sciences politiques à l’Université libanaise, «les Iraniens ont demandé au Hezbollah de s’engager une fois pour toute et de façon publique car cette guerre doit décider de l’avenir de l’alliance entre l’Iran et la Syrie et peut-être de toute la région».

Le mouvement chiite a dépêché 1.700 hommes pour la bataille de Qousseir, selon une source proche de l’organisation.

Pendant les combats, les préparatifs se poursuivent en vue d’une conférence internationale de paix dite «Genève II».

Si le régime a donné, selon la Russie, son «accord de principe» pour participer, l’opposition est très hésitante à s’engager dans des négociations alors qu’elle est en perte de vitesse sur le terrain.

Elle est en outre divisée en raison de la guerre d’influence des puissances régionales, avec d’un côté l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis qui veulent élargir la coalition pour réduire l’influence des Frères musulmans et de l’autre la Turquie et le Qatar qui soutiennent la confrérie islamiste.

Lundi, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius reçoit à Paris ses homologues américain John Kerry et russe Serguei Lavrov pour évoquer cette conférence initiée par Washington et Moscou.

Lundi également, le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE doit se prononcer sur une levée de l’embargo sur les armes à destination de l’opposition syrienne. Plusieurs pays, comme la Suède et l’Autriche, y sont farouchement opposés.

A New York, Israël a adressé un courrier à l’ONU accusant la Syrie de chercher à provoquer un conflit, quelques jours après un nouvel incident sur le plateau du Golan dont les deux pays se rejettent la responsabilité.

http://www.liberation.fr/monde/2013/05/25/syrie-combats-acharnes-a-qousseir-l-opposition-hesite-a-negocier_905643

Syrie : La bataille de Qousseir, un tournant dans la guerre ?

Dans cette ville stratégique pour les livraisons d’armes aux rebelles en provenance du Liban, l’implication du mouvement chiite libanais Hezbollah pourrait servir à convaincre l’opposition que l’option armée est une impasse.

Les combats qui se déroulent dans la ville de Qousseir et ses alentours pourraient représenter un tournant dans la crise syrienne. Et pas seulement militairement. Certes, il s’agit d’une localité stratégique du centre de la Syrie. Comme le fait remarquer Bassam Abou Abdallah, directeur du Centre de Damas pour les études stratégiques : « Qousseir était la route d’approvisionnement la plus dangereuse pour le régime en raison de sa localisation au centre du pays et sa proximité avec le Liban. Sa prise portera un coup très dur, notamment aux rebelles. » En ce sens, une victoire de l’armée régulière aurait un impact psychologique non négligeable pour la troupe en même temps qu’elle pourrait regagner la confiance d’une partie de la population. Non pas que celle-ci se mette à adouber le régime toujours en place. Mais les signes sont de plus en plus fréquents d’une rupture entre les habitants et les groupes islamiques armés qui veulent imposer leur loi (lire l’encadré).

Ce qui est particulièrement nouveau, et donc politiquement très important, est la reconnaissance par le mouvement chiite libanais Hezbollah de son implication dans les combats sur le sol syrien. Al Manar, la télévision du Hezbollah, a diffusé des images montrant des centaines de personnes participant, lundi, aux funérailles de cinq membres du mouvement chiite « qui accomplissaient le devoir de djihad ». La télévision n’a pas précisé où ils avaient été tués, mais une source proche du mouvement dirigé par Hassan Nasrallah a révélé à l’AFP que la majorité de ses morts (on parle de plus de trente tués) l’avaient été par des engins piégés posés par les insurgés pour freiner l’avance du Hezbollah. Cette même source a précisé que de nouvelles troupes avaient été dépêchées pour combattre à Qousseir.

Un engagement qui pourrait évidemment changer la donne quand on connaît la puissance combattante de ce groupe. Pour Waddah Charara, professeur de sociologie à l’université libanaise, le Hezbollah libanais est impliqué dans « la bataille, car cette ville est la porte par laquelle passent les hommes et l’armement vers le nord du Liban et du nord du Liban vers la Syrie ». Or, explique l’auteur de l’État Hezbollah, « Tripoli est un bastion de l’opposition sunnite au Liban et en fermant cette porte il affaiblit ses principaux adversaires libanais, d’où l’importance de la prise de la ville ».

En vue de la conférence de Genève

Cependant, pour Bassam Abou Abdallah, l’opération militaire s’inscrit en vue de la conférence internationale prévue en juin à Genève. « Elle vise à convaincre les autres parties (l’opposition et les rebelles) que l’option militaire ne pourra pas réussir. » De son côté, le quotidien syrien Al-Watan, considéré comme proche du pouvoir, titrait en une : « Le drapeau syrien hissé sur les bâtiments gouvernementaux à Qousseir, la Turquie enflamme le front nord d’Alep avant la conférence internationale ».

On comprend mieux pourquoi, à la demande du Royaume-Uni, l’Union européenne envisage de mettre la branche armée du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes. Pour sa part, le président américain, Barack Obama, a exprimé auprès du président du Liban, Michel Sleimane, ses inquiétudes sur la présence du Hezbollah en Syrie. Quant au premier ministre turc, Erdogan, 
il a dénoncé, sans rire, 
« l’intervention étrangère » du Hezbollah en Syrie !

Enlèvements et meurtres islamistes  L’avocat Abdoullah Al Khalil, militant des droits de l’homme, qui se trouve à la tête du conseil municipal de Raqa, a été enlevé, dimanche, par un groupe armé, alors qu’il quittait les locaux du conseil municipal. Les troupes du régime ne sont pas entrées depuis mars dans Raqa, première et seule capitale provinciale à être tombée aux mains des rebelles depuis le début de la révolte populaire contre le président Bachar Al Assad, en mars 2011. Un militant à Raqa a accusé des islamistes radicaux, refusant de se retirer de secteurs résidentiels de la ville, d’être derrière le rapt, « quelques jours avant de nouvelles élections du conseil municipal ». Il a précisé que plusieurs autres personnalités locales avaient été enlevées ou tuées récemment dans le secteur. « Auparavant, les gens aimaient (les groupes rebelles islamistes) Ahrar al-Sham et al-Nosra. (Mais) maintenant, ils nous volent notre pays », a-t-il dénoncé, en faisant par ailleurs état de tensions et de rivalités entre ces groupes.

Pierre Barbancey

http://www.humanite.fr/monde/la-bataille-de-qousseir-un-tournant-dans-la-guerre-541990

Tendances de l’Orient : (Lundi 13 mai 2013 no134)

La Syrie détruit les illusions dominatrices d’Israël

Par Ghaleb Kandil

Les centres de recherche israéliens ont estimé que les événements en Syrie ont imposé des changements stratégiques en faveur d’Israël. Les dirigeants sionistes se sont imaginés avoir éliminé les résultats des victoires de la Résistance au Liban et en Palestine, qui a imposé de nouvelles équations dissuasives stratégiques, surtout depuis la défaite d’Israël, en 2006.

Conformément à cette évaluation, les services israéliens se sont impliqués dans la guerre contre la Syrie en exécutant des opérations de sabotage contre le système de défense nationale syrien, et ont directement appuyé les groupes terroristes dans l’hinterland syrien. Dans le même temps, les troupes israéliennes s’activaient ouvertement sur la ligne de démarcation au Golan pour apporter des facilités aux terroristes et leur offrir une protection. En coordination avec leurs amis émiratis, qataris, saoudiens et jordaniens, les Israéliens sont devenus des partenaires à part entière dans l’agression contre la Syrie, après s’être réconciliés avec la Turquie, sous le parrainage du président américain Barak Obama. Les chambres d’opération installées sur le territoire turc jouent un rôle de premier plan dans la destruction de la Syrie.

C’est dans ce climat que les dirigeants israéliens ont organisé une série de manœuvres et d’entrainement militaires dans des buts offensifs contre le Liban et la Syrie et ont mené des exercices conjoint avec des troupes turques, jordaniennes et de pays du Golfe, avec la participation de troupes de l’Otan. Les prémices d’une vaste intervention militaire en Syrie sont apparus à l’horizon, après l’exhumation du prétexte des armes chimiques.

Cependant, la Syrie, grâce à son armée et à ses alliances régionales et internationales, a fait montre d’une grande immunité et résilience face aux projets d’intervention militaires. L’Occident et ses auxiliaires sont alors passés à une autre forme d’agression, et les raids aériens israéliens contre Damas ont constitué un test sur les capacités d’Israël à intervenir d’une manière permanente en Syrie sous une couverture américaine offerte par Obama en personne. Une sorte de guerre par procuration, car les Etats-Unis sont incapables de s’aventurer dans de nouveaux conflits après leur défaite en Irak et en Afghanistan. D’ailleurs, à cause des nouveaux rapports de force, Washington est plus enclin à conclure des compromis et à accepter l’accord de Genève sans conditions préalables.

La réponse stratégique syrienne aux raids israéliens va renforcer les rapports de forces au détriment d’Israël. La situation sera encore plus favorable pour l’axe de la résistance qu’elle ne l’était avant le début de la guerre mondiale contre la Syrie, il y a deux ans. Cette riposte se base sur le concept qui consiste à transformer la menace en opportunité, comme l’a si bien dit le leader de la Résistance, sayyed Hassan Nasrallah. Cette réponse repose sur des changements structurels des équilibres qui sous-tendent le conflit israélo-arabe: 1-Renforcement des capacités de dissuasion de la Résistance, après la décision syrienne de lui fournir des armes qualitatives, capables de changer le rapport de force avec Israël. 2-Lancement d’une résistance populaire pour la libération du Golan, qui bénéficiera de l’expérience, du soutien et des capacités de la Résistance libanaise. 3-Les instructions données aux forces stratégiques syriennes de riposter immédiatement, sans besoin de revenir au commandement suprême, à toute nouvelle agression israélienne. 4-La riposte syrienne a pavé la voie à une nouvelle ère dans la lutte nationale armée du peuple palestinien, à travers l’ouverture du front du Golan.

Dans une tentative désespérée de freiner ces changements dans les rapports de force, la Turquie est entrée en lice. Ankara tente d’instrumentaliser les attentats de la localité de Rihaniya, accusant la Syrie d’en être responsable, avant même la fin de l’enquête. Cette action montre que la coordination entre la Turquie et Israël a atteint des niveaux élevés. Mais là aussi, la riposte de l’axe de la Résistance et de ses alliés était rapide. la Russie a très vite réagi en affirmant que les accusations contre la Syrie visent à torpiller la conférence internationale sur la Syrie, convenu entre Moscou et Washington.

Puis le ministre syrien de l’Information a accusé le gouvernement turc d’avoir transformé les régions frontalières en sanctuaire pour le terrorisme international. Ankara facilite le trafic d’armes, d’explosifs, de voitures piégées, d’argent et de criminels à destination de la Syrie. Par conséquent, a ajouté Omrane al-Zohbi, le gouvernement turc et son chef assument un responsabilité directe, politique et morale, vis-à-vis des peuples turc et syrien, dans les violences qu’ils subissent. « La Syrie n’a pas commis et ne commettra jamais un tel acte car nos valeurs ne nous le permettent pas », a assuré le ministre, appelant au départ du Premier ministre turc Recep Tayyeb Erdogan, responsable, selon lui, des malheurs qui frappent la Syrie.

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Déclarations et prises de positions

  

Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah

«Les Israéliens avaient de multiples objectifs à travers le raid contre la Syrie. Parmi ces objectifs, écarter la Syrie de l’équation du conflit arabo-israélien et de la faire sortir de l’axe de la résistance. Tout le monde connait l’ampleur de l’aide syrienne aux mouvements de la résistance libanaise et palestinienne. Les dirigeants de la résistance palestinienne reconnaissent en coulisses qu’aucun gouvernement arabe ne les a aidés comme l’a fait le régime du président Bachar el-Assad. Les Israéliens veulent isoler la résistance au Liban et en Palestine. Ils veulent interdire l’acheminement de toute aide au Hezbollah. Les Israéliens disaient qu’ils empêcheraient le développement des capacités du Hezbollah. Ils ont bombardé Damas pour dire à la Syrie que la poursuite de l’acheminement d’aides à la résistance signifie la chute du régime. Le véritable objectif sioniste est donc de faire fléchir la Syrie et son peuple, et de l’exclure de l’équation du conflit arabo-israélien. Normalement, le pouvoir en Syrie devrait œuvrer pour faire échouer les objectifs de l’offensive israélienne, ou encore d’asséner un coup plus dur encore à l’ennemi. Quelle fut la riposte de la Syrie? 1-La Syrie a dit qu’elle allait continuer à offrir de l’aide à la résistance, et c’est une importante décision stratégique. La Syrie a même dit qu’elle allait offrir des armes plus sophistiquées aux mouvements de la résistance. Citez le nom d’un autre régime arabe qui accepte d’offrir un simple fusil à cette résistance. Cette décision est en réalité plus importante que la riposte militaire. La Syrie, en pleine guerre internationale, et frappée par plusieurs raids sionistes, campe sur sa position et annonce qu’elle allait fournir d’aides supplémentaires à cette résistance. 2-La deuxième réponse stratégique fut l’annonce de l’ouverture du front du Golan à la résistance populaire contre Israël. Depuis toujours, certains demandaient à ce que la Syrie ouvre son front face à l’occupation israélienne, au lieu de se contenter de soutenir le Liban dans sa guerre contre Israël. La Syrie est un grand pays ayant ses propres intérêts et ses propres calculs, donc, l’ouverture du front du Golan était une question très compliquée. Mais suite à cette offensive sioniste, la Syrie a su comment transformer la menace en opportunité et a fait la grande annonce sur le Golan. Dorénavant, la résistance populaire sera active en Syrie. Les Israéliens ont été terrifiés par les informations faisant état de l’activation des lance-missiles qui ont été pointées en direction de l’entité sioniste. Qui parmi les régimes arabes osent prendre des mesures pareilles? Nous, au Hezbollah, annonçons être prêts à recevoir toute sorte d’armes pour défendre les lieux saints et nos terres même si ces armes cassaient l’équilibre de la terreur dans la région. Nous sommes aussi prêts à soutenir matériellement et militairement la résistance populaire dans le Golan. Cette politique syrienne démontre la sagesse et la force du commandement syrien, surtout à travers sa réaction calme à la frappe israélienne. Le calme, le rationalisme, et la bonne décision sont les facteurs qui ont permis et qui permettront la réalisation des grands objectifs. A ceux qui veulent restituer aux Palestiniens leurs droits, sachez que seule la résistance est capable de le faire. Au peuple palestinien je dis: Vous ne trouverez personne à vos côtés autre que ceux qui étaient à vos côtés depuis des dizaines d’années. Ce qui se passe en Syrie est la bataille de la Palestine et d’al-Qods. Les pays arabo-islamiques sont appelés à trouver une solution avant de recevoir les directives américaines, parce que la poursuite de la bataille ne fera que perdurer l’effusion du sang. Deux mots sur le Liban: Nous voulons que le gouvernement se forme le plus rapidement possible, et que les élections se tiennent dans leur délai prévu. De nombreuses parties ont été déçues et surprises face au changement radical de la situation dans la région, contrairement à leurs attentes.»  

 

Béchara Raï, patriarche maronite

«J’en appelle à la communauté internationale et je dis aux pays qui attisent les flammes en Syrie: cessez de soutenir et de financer les massacres, et arrêtez d’armer le terrorisme et de déstabiliser ce pays.»  

 

Serguei Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères

«La Russie vend des missiles depuis longtemps à la Syrie, elle a signé des contrats et est en train de finaliser les livraisons en vertu des contrats signés. Ceci n’est interdit par aucun accord international. Il s’agit d’une arme défensive pour que la Syrie, qui est le pays importateur, ait la possibilité de se défendre contre des frappes aériennes.»     

 

Fayçal al-Moqdad, vice-ministre syrien des Affaires étrangères

«Instruction a été donnée de répondre immédiatement à toute nouvelle attaque israélienne. Nos représailles contre Israël seront dures et douloureuses. Israël doit le savoir. En aucun cas la Syrie ne permettra que les attaques israéliennes se reproduisent. Les affirmations d’Israël selon lesquelles les frappes visaient le Hezbollah et l’Iran sont un mensonge. Il n’y pas d’Iran et de Hezbollah. Il n’y pas de voitures qui transféraient des armes. avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, il a répondu: « Je pense que le président Vladimir Poutine a dû dire a Benyamin Netanyahu lors de leur entretien téléphonique: ‘assez c’est assez’. Ces attaques mettent en danger toute la situation au Moyen-Orient et ce type d’action doit cesser (…) La Syrie est prête à accueillir immédiatement la commission d’enquête de l’Onu sur les armes chimiques, et affirmer le contraire est un mensonge. Nous étions prêts et nous sommes toujours prêts maintenant, à cette minute, à accueillir la délégation. Nous avions ajouté que si l’enquête à Khan al-Assal s’avérait professionnelle, honnête, neutre nous serions d’accord pour examiner les autres cas.»    

 

Michel Aoun, leader du Courant patriotique libre

«L’agression israélienne contre la Syrie est déclaration de guerre car elle intervient après 40 ans d’armistice. Que fait l’Onu pour faire cesser les violations israéliennes de l’espace aérien libanais. On dit que cent milliards de dollars ont déjà été versés aux rebelles syriens. Que l’on nous donne 1% de cette somme pour aider les réfugiés. Cela fera quand même un milliard de dollars (…) Nous exigeons une représentation équitable pour toutes les communautés au Liban, car une représentation non équitable constitue une agression contre la communauté visée. En présentant le projet orthodoxe, notre bloc n’a voulu attaquer personne, mais simplement améliorer la représentation des chrétiens, ceux-ci étant menacés de marginalisation et de mainmise sur leurs droits.»    

 

Mohammad Rachid Kabbani, mufti sunnite de la République libanaise

«L’agression sioniste constitue l’exemple le plus clair du terrorisme sioniste mondial ainsi qu’une violation flagrante de la souveraineté des Etats, de leur territoire, et de leur espace aérien.»

 

Ghazi Aridi, ministre des Travaux publics (bloc de Walid Joumblatt)

«Nous traversons une période très critique qui aura un impact sur le Liban. Nous devons agir de façon à protéger le Liban sans quoi nous paierons tous le prix de nos erreurs et personne ne sortira gagnant de cette crise. En tant que membres du Front de lutte nationale, nous appelons à un consensus sur la formation d’un gouvernement et l’adoption d’une nouvelle loi électorale. Si les intentions sont bonnes, alors nous aboutirons à un accord concernant ces deux sujets. Nous voterons contre la proposition orthodoxe au Parlement.»     

 

Fouad Siniora, ancien Premier ministre

«Il sera difficile de former un gouvernement avec des partis dont des membres se battent en territoire syrien. Les développements militaires et sécuritaires en Syrie constituent pour nous et pour le peuple libanais la source d’inquiétude principale en raison de l’implication importante et déclarée du Hezbollah dans les combats en cours pour protéger le régime tyrannique face à son peuple. La participation massive du Hezbollah dans ces combats constitue une source de grand danger pour le Liban et le peuple libanais à cette étape.»

 

Alain Marsaud, député des français de l’étranger

«Qu’elle cohérence aurait une politique française qui soutiendrait à Damas les islamistes qu’elle combat à Tombouctou. Lever l’embargo sur les armes à destination de l’opposition en Syrie reviendrait à armer une rébellion dont on méconnaît la couleur. C’est prendre le risque de tomber de Charybde en Scylla. Je suis partisan d’une solution politique, mais j’espère plus de résultats de la diplomatie russe que d’une quelconque action de la France. Celle-ci, par sa prise de position contre le régime de Bachar el-Assad, a perdu l’opportunité de jouer son rôle d’arbitre. Les soupçons sur l’utilisation d’armes chimiques, d’un côté comme de l’autre, ne fait qu’ajouter à la complexité de la situation. La situation de la France en Syrie reste inextricable. Je n’ai pas de solution miracle.»

 

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Evénements

 

  • L’explosion de plusieurs voitures piégées a fait plus de 46 morts et des dizaines de blessés samedi à Reyhanli dans le sud-est de la Turquie, près de la frontière syrienne, a déclaré le ministre de la Justice, Sadullah Ergin. « Le nombre de victimes dépasse les 100 pour le moment. Le nombre de blessés augmente », a dit le ministre à la chaîne de télévision turque NTV. Pour le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, ces explosions ont peut-être partie liée avec les événements en Syrie ou bien visent à protester contre le processus de paix entre l’Etat turc et les séparatistes kurdes. « Nous entrons dans des périodes délicates, nous avons ouvert une nouvelle page, le processus de résolution de la question kurde. Il se pourrait bien que ceux qui ne peuvent pas supporter cette nouvelle ère(…)se livrent à de tels actes », a-t-il dit. « Autre question sensible, la province de Hatay (où ont eu lieu les explosions) est située à la frontière avec la Syrie, et ces actes pourraient avoir été commis pour fragiliser la situation », a-t-il continué.

 

  • Le célèbre scientifique britannique Stephen Hawking a refusé de participer à une conférence en Israël et a rallié un mouvement de boycott universitaire dénonçant l’occupation des territoires palestiniens, indique l’université de Cambridge, mercredi. Le scientifique, spécialiste de la cosmologie dont les travaux sur les trous noirs lui ont valu une reconnaissance internationale, devait s’exprimer en juin lors d’une prestigieuse réunion à laquelle plusieurs centaines de personnalités doivent participer. Son nom a été discrètement retiré cette semaine de la liste des participants, une décision favorablement accueillie par les organisations pro-palestiniennes qui souhaitent isoler Israël sur la scène internationale.

 

  • M. Daniel Chéaïb a répondu aux propos de l’ambassadeur de Turquie au Liban, Inan Ozyildiz, qui avait estimé que les familles des otages libanais détenus avaient en Syrie « dépassé les limites ». « Une personne comme l’ambassadeur de Turquie, qui représente un pays terroriste qui parraine les enlèvements, le terrorisme, les crimes sanglants et qui encourage l’effusion de sang entre Syriens, n’a pas le droit de tenir de tels propos, a dit M. Chéaïb. L’ambassadeur semble vivre encore à l’ère ottomane. Il ferait mieux de se taire. Il est une personne indésirable et la Turquie va payer le prix du rapt des Libanais ». Les familles des pèlerins, enlevés depuis bientôt un an en Syrie, ont empêché vendredi les employés de la compagnie d’aviation turque Pegasus d’accéder à leur bureau, dans l’ouest de Beyrouth, pour protester contre les critiques de l’ambassadeur turc formulées à leur adresse.

 

  • Le procureur suisse Carla del Ponte, membre de la Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie a affirmé dimanche soir en italien à la chaîne de télévision publique suisse du Tessin, avoir vu un rapport sur « des témoignages recueillis concernant l’utilisation d’armes chimiques, en particulier de gaz neurotoxique, par les opposants et non par le gouvernement ». Elle a parlé de « forts soupçons, de soupçons concrets » et estimé que ce n’était pas « surprenant » que les rebelles aient utilisé du gaz sarin « car des combattants étrangers se sont infiltrés parmi les opposants ».

 

  • Six étrangers, dont quatre Saoudiens, ont été arrêtés après un attentat contre une église d’Arusha, dans le nord de la Tanzanie qui a fait, lundi dernier, deux morts et une trentaine de blessés. C’est le premier attentat de ce type contre une église en Tanzanie. Le président tanzanien Jakaya Kikwete l’a qualifié d' »acte terroriste ».

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Revue de presse

As Safir (Quotidien libanais proche de la majorité, 10 mai 2013)

Imad Marmal

L’option de la composition d’un gouvernement de fait accompli est de nouveau renflouée chez les milieux du Premier ministre désigné, d’autant que le nœud du tiers de garantie l’a emporté sur les tentatives de dégager un compromis et d’arrondir les angles. Selon des sources éminentes du 8 mars, une telle mesure serait susceptible de provoquer une grave crise sur le plan politique et national. Tammam Salam ne s’est pas contenté d’opposer une fin de non-recevoir aux revendications du Courant patriotique libre et des forces du 8mars et d’adopter en contrepartie les demandes formulées par le 14 mars, il est allé jusqu’à brandirimplicitement le spectre de la mise sur pied d’un gouvernement de fait accompli en annonçant qu’il«n’attendra pas longtemps pour constituer le gouvernement».

Al Akhbar (Quotidien libanais proche de la majorité, 10 mai 2013)

Nicolas Nassif

Après le départ à la retraite début mai de trois de ses six membres, le Conseil militaire de l’Armée libanaise est désormais dans l’incapacité de se réunir faute de quorum, paralysant ainsi toute décision au niveau de l’armée.

Le Conseil militaire ne compte plus que le commandant en chef de l’armée, le général Jean Kahwagi, le chef d’état-major, le général Walid Salman, et le secrétaire général du Conseil supérieur de défense, le général Mohammad Kheir.

Conformément à l’article 28 de la loi sur la défense nationale, le Conseil militaire ne peut se réunir qu’en la présence d’au moins cinq de ses membres.

En l’absence d’un Conseil militaire, l’armée est complètement paralysée à tous les niveaux. Cette situation affectera notamment son financement, son armement et sa capacité de mobilisation. Cette situation pousserait le général Kahwagi à demander à assumer le rôle et les prérogatives du Conseil militaire afin d’éviter toute paralysie de l’institution militaire.

M. Kahwagi a ainsi envoyé une lettre au ministre démissionnaire de la Défense Fayez Ghosn, lui expliquant la situation qui l’a à son tour transmise au gouvernement.

Si les prérogatives du Conseil militaire sont transmises au commandant en chef de l’armée, cette situation créera un précédent. En effet, depuis sa formation en 1978, le Conseil militaire assure une représentation des communautés principales et évite ainsi que le chef de l’armée ne prenne des décisions unilatérales.

M. Kahwagi n’a pas explicitement demandé que les prérogatives du Conseil militaire lui soient transmises, mais il a noté que le gouvernement démissionnaire ne pouvait procéder à la nomination de trois nouveaux membres au Conseil militaire. Il a par ailleurs appelé les autorités à prendre les mesures nécessaires pour que le Conseil militaire puisse à nouveau se réunir.

 

Al Akhbar (10 mai 2013)

Walid Joumblatt n’a toujours pas donné sa réponse définitive à la proposition du Premier ministre désigné, Tammam Salam, de former un gouvernement de fait accompli. Etant donné qu’aucune avancée n’a été possible sur la voie de la constitution d’un gouvernement d’union nationale, les soutiens de M. Salam ont décidé d’appuyer la mise en place d’un gouvernement de fait accompli, qui comptera 16 ministres -et non 24 comme il avait été dit précédemment. Des sources informées des concertations entre le Premier ministre désigné, le président Michel Sleiman et Walid Joumblatt font état de pressions saoudo-américaines sur Tammam Salam pour qu’il cesse d’attendre d’éventuelles concessions de la part du 8 mars et forme un gouvernement de fait accompli. Toujours est-il que le député Joumblatt hésite encore à adhérer à un tel choix.

Al Akhbar (9 mai 2013)

Elie Chalhoub

Un immense sentiment de satisfaction traverse le commandement syrien car «le monde est en train de changer clairement à cause de l’inquiétude suscitée par l’extrémisme musulmans et les takfiris». Les dirigeants syriens pensent avoir tiré profit de nombreux facteurs: le raid israélien, Al-Qaïda et le Front al-Nosra, la rivalité saoudo-qatari, l’ottomanisme qui a marqué le comportement de la Turquie. L’opposition s’est divisée entre ceux qui courent après l’argent qatari et ceux qui sollicitent l’argent saoudien. «Tout cela a prouvé aux yeux de tous qu’il ne peut y a voir de substitut à l’Etat syrien», précisent des sources des visiteurs de Damas, qui rapportent les propos suivants du président Bachar al-Assad: «La Syrie aurait pu facilement donner satisfaction à son peuple, calmer les esprits et faire plaisir à ses alliés, en tirant quelques missiles sur Israël pour riposter aux raids israéliens. Damas sait qu’Israël ne veut pas la guerre. D’ailleurs, l’équation internationale ne permet pas l’éclatement d’une guerre dont l’Etat hébreu et l’Amérique ne veulent pas. En tirant quelques missiles, nous aurions obtenu une vengeance tactique, alors que nous voulons une vengeance stratégique, en ouvrant les portes à la résistance et en transformant la Syrie toute entière en pays résistant. Après les raids, nous sommes convaincus que nous combattons l’ennemi et que nous pourchassons ses soldats dans notre pays.» Ces mêmes visiteurs ajoutent que «le président Assad affiche une grande confiance et une satisfaction et a une immense gratitude envers le Hezbollah, son rationalisme, sa solidité et sa loyauté.» «Aussi, avons-nous décidé de tout lui donner, poursuit le chef de l’Etat syrien selon ses visiteurs. Pour la première fois, nous sentons que nous vivons avec le Hezbollah une communauté de destin. Il n’est pas seulement un allié mais un suppléant que nous aidons dans sa résistance. Aussi, avons-nous décidé de faire un pas en sa direction et nous transformer en Etat résistant à l’instar du Hezbollah. Pour la Syrie et pour les générations futures».        

Par ailleurs, un haut responsable syrien a qualifié la Turquie d’«Etat menteur en qui on ne peut avoir confiance. Même au sujet de l’accord conclu entre les Turcs et les Kurdes, nous pensons qu’il ne sera pas mis en œuvre. De toute façon, il y un différend entre l’armée turque et le Parti de la justice et du développement au sujet de cet accord.»

 

Al Hayat (Quotidien à capitaux saoudiens, 10 mai 2013)

Les démarches engagées par l’évêque maronite de Beyrouth Boulos Matar dans le dossier de la loi électorale devront déboucher sur une réunion élargie des leaders chrétiens pour débattre d’une loi électorale mixte qui se substituera au projet du Rassemblement orthodoxe. Des sources du Courant du futur indiquent que Mgr Matar n’aurait vu aucun inconvénient à découper le Liban en 11 mohafazats, dont 4 pour le Mont-Liban, au cas où un tel découpage faciliterait l’entente sur une loi mixte.

 

Al Joumhouria (Quotidien libanais proche du 14-Mars)

(10 mai 2013)

Selon des informations sûres, le Premier ministre désigné, Tammam Salam, s’apprêterait à annoncer, mardi prochain, la composition de son gouvernement de 24 membres qui ne comprendra pas des représentants du 8-Mars.

Les mêmes sources ajoutent que les négociations directes et indirectes entre M. Salam et le 8-Mars n’ont donné aucun résultat et que le climat entre les deux parties était, dernièrement, négatif, les protagonistes étant attachés à leurs positions. Cela a poussé M. Salam à adresser un message aux dirigeants du 8-Mars les informant de son intention d’aller de l’avant dans la formation de son gouvernement, même s’il fallait pour cela envisager l’absence de cette composante de l’Exécutif.

Des sources qui suivent les efforts pour la formation du gouvernement font état de forte pressions exercées sur M. Salam en ce moment pour le pousser à annoncer la formation d’un gouvernement de fait accompli dans les 48 heures. Mais jusqu’à jeudi soir, il était encore hésitant en raison des doutes exprimés par le président de la Chambre, Nabih Berry, au sujet des centristes, et des propos du secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, qui a posé comme condition la formation d’un gouvernement d’union nationale, ce qui a ramené le dossier gouvernemental à la case départ. Selon certaines informations, le président de la République, Michel Sleiman, ne serait pas enthousiaste à l’idée d’un gouvernement du fait accompli dans les circonstances actuelles.

 

Al Joumhouria (9 mai 2013)

L’Armée libanaise a démantelé pendant les fêtes un dangereux réseau terroriste dont l’objectif était d’exécuter des actes criminels pour saper la sécurité et la stabilité du pays. La cellule était composée de quatre individus, libanais et syriens, qui sont actuellement interrogés par les services de renseignements militaires, qui les ont arrêtés à Beyrouth à l’issue d’une longue surveillance.

Des sources de sécurité qui suivent l’enquête ont rapporté que la mission de cette cellule était de mener des opérations terroristes contre des casernes de l’Armée libanaise, en coopération avec des éléments terroristes du Front al-Nosra basés dans le camp palestinien d’Aïn el-Héloué.

L’enquête a montré que les membres de la cellule projetaient de rééditer le scénario des assassinats, comme ceux qu’a connu le Liban ces dernières années. Une série d’hommes politiques et de responsables sécuritaires figurait sur la liste des cibles de ce groupe dans le but de provoquer des troubles dans la rue chrétienne et musulmane.

Les mêmes sources ajoutent que les éléments terroristes résident à Aïn el-Héloué, à Tripoli et dans la haute montagne de Ersal, et s’employaient à fonder une branche d’al-Nosra dans le camp. Ils ont commencé d’ailleurs les entrainements militaires pour réactiver l’aile militaire d’Al-Qaïda en structurant des groupes adoubés par l’organisation-mère.

 

L’Orient-Le Jour (Quotidien libanais francophone proche du 14-Mars)

Scarlett Haddad (8 mai 2013)

Tout au long de la journée de dimanche, la région était au bord d’un embrasement généralisé, suite au quadruple bombardement israélien de la Syrie. Il a fallu des contacts intensifs et précipités entre Moscou, Washington, New York, Damas, Le Caire et Jérusalem pour que l’escalade qui semblait inévitable soit plus ou moins contrôlée. Si nul ne peut encore dire de quoi l’avenir sera fait, on peut, en tout cas, comprendre un peu mieux ce qui s’est réellement passé.

En dépit des armes, de l’argent et des hommes envoyés en Syrie pour combattre aux côtés de l’opposition, celle-ci était en train de perdre du terrain face aux forces du régime. Ce dernier avait en effet réussi à reprendre le contrôle de la route reliant Lattaquié à Damas via Homs, qui est en quelque sorte l’épine dorsale du pays. Des rapports de centres de recherche commençaient à parler d’un effondrement de l’opposition dans six mois, si rien n’est fait pour l’aider. Une délégation arabe conduite par le Premier ministre du Qatar accompagné du secrétaire général de la Ligue arabe s’est donc rendue aux États-Unis pour demander une intervention directe américaine dans le conflit en Syrie. Mais le président américain Barak Obama, selon des experts, n’a pas été convaincu de la nécessité pour son pays d’intervenir directement. Il a donc clairement exprimé son refus tout en étudiant la possibilité d’envoyer des armes plus efficaces à l’opposition. C’est à ce moment, ajoutent-ils, qu’Israël est intervenu, proposant ses services aux Américains.

Les avions israéliens, qui ont pris soin de ne pas entrer dans l’espace aérien syrien, préférant, violer une fois de plus la souveraineté libanaise, ont ainsi bombardé aux alentours de minuit, dans la nuit de samedi à dimanche, quatre positions syriennes stratégiques autour de Damas: la colline de Qassioun, où, dit-on, sont installées des positions russes et qui fait face au palais présidentiel, le siège de la garde présidentielle, des dépôts d’armes et de munitions et enfin le centre de recherche de Gemraya, le tout dans le secteur de Ghouta qui commande l’entrée de Damas.

Deux heures plus tard, les combattants de l’opposition, ajoutent ces sources, ont mené une quarantaine d’attaques sur plusieurs axes dans la même région, dans le but de prendre d’assaut la capitale, croyant pouvoir profiter de la confusion régnant dans les rangs de l’armée après les bombardements israéliens. Les alliés libanais du régime syrien affirment à cet égard qu’il y a eu bel et bien une coordination entre l’opposition syrienne et les Israéliens et ils en donnent pour preuve l’interview accordée par un des porte-parole de l’opposition Hassan Rastouni à la télévision israélienne dimanche, dans laquelle ce dernier exprime sa joie des bombardements israéliens ajoutant, toujours selon les alliés de Damas, qu’ils interviennent à un moment où l’opposition était proche du désespoir. Lundi, l’opposition s’est empressée de désavouer Hassan Rastouni, mais selon les alliés libanais du régime syrien, ce désaveu est un peu tardif.

En principe donc, le plan était parfait. Mais les problèmes ont commencé lorsqu’il est apparu que l’armée syrienne était bien préparée et avait déplacé discrètement une grande partie de ses forces et de ses munitions. Elle a donc réussi, toujours selon les alliés libanais du régime, à repousser les attaquants, tout en poursuivant son avancée dans la région de Qoussayr et en parvenant à étouffer toute tentative de soulèvement sunnite à Bayda près de Banias. En même temps, «les amis de la Syrie» évoqués par le secrétaire général du Hezbollah dans son dernier discours ont volé à son secours. L’Iran a donné le ton en multipliant les menaces à l’égard d’Israël, maintenant une sorte de flou pour être encore plus inquiétant, en se contentant de dire que «la résistance répondra». Le commandement syrien s’est aussitôt réuni pour annoncer sa volonté de riposter. Le ministre des AE Walid Moallem a contacté son homologue russe Serguei Lavrov, lequel a contacté son homologue américain John Kerry. Au fur et à mesure que les menaces se précisaient, les médias israéliens ont commencé à changer de ton. Citant d’anciens responsables militaires, ils ont commencé par rappeler que le Hezbollah dispose de quelques 60000 missiles avant de préciser que 40% des abris sont utilisables en Israël (…).

Il est ainsi clair que « le coup de pouce » israélien à l’opposition, concerté ou non, s’est retourné contre lui et qu’il a fallu une intervention américaine et russe directe pour stopper l’escalade.

Elnashra.com (Site libanais indépendant, 8 mai 2013)

Paula Astih

Les dernières informations sur l’affaire de l’enlèvement de l’évêque syriaque orthodoxe d’Alep, Youhanna Ibrahim, et de l’évêque grec-orthodoxe de la même ville, Boulos Yazigi, indiquent que les deux prélats seraient aux mains d’un groupe appelé «les soldats du califat» dans la campagne d’Alep. Des sources de l’opposition syrienne indiquent que ce groupe est encore plus extrémiste qu’Al-Qaïda et ne relève pas de cette organisation. «Nous avons dépêché des émissaires en Syrie pour s’enquérir du sort des deux évêques et il est apparu qu’ils sont avec ce groupe qui n’a pas dévoilé le but de l’enlèvement ou les revendications pour les libérer», ajoutent les mêmes sources avant de poursuivre: «Il n’y a aucun canal de communication avec les ravisseurs en dépit des démarches entreprises dans plusieurs directions.

Le 20 janvier dernier, un groupe appelé «la brigade des soldats du califat islamique»  en Syrie s’est fait connaitre dans une vidéo postée sur Youtube dans laquelle apparait un dénommé Abou Ali al-Mouhajer, qui se présente comme le porte-parole, entouré de combattants masqués. Il a annoncé que l’objectif de ce groupe est de répandre le message de l’islam et d’édifier le califat en Syrie. La page facebook des «soldats du califat» compte 1234 amis. Un groupe portant le même nom avait revendiqué les attaques menées par Mohammad Merah à Toulouse, en France, qui ont fait sept morts, dont des militaires et des enfants devant une école juive. Les «soldats du califat» avaient également revendiqué des attaques au Kazakhstan et en Afghanistan.

Ce groupe est considéré comme étant plus extrémiste que le Front al-Nosra qu’il qualifié d’ailleurs d’apostat. Selon des informations non confirmées, Il serait dirigé par un salafiste Koweitien dénommé Abou Omar le Koweitien, qui est venu en Syrie en provenance de Bosnie via Istanbul. Il se déplace entre Idleb, Alep et la Turquie.

 

The Guardian (Quotidien britannique, 8 mai 2013)

Mona Mahmoud et Ian Black

Le principal groupe d’opposition armée syrien, l’Armée syrienne libre (ASL), perd des combattants qui désertent au profit du Front al-Nosra lié à al-Qaïda. Le groupe extrémiste n’a cessé de croitre ces derniers mois et beaucoup pensent que cela est principalement en raison des combattants sunnites étrangers, radicalisés par l’insurrection après l’invasion américaine de l’Irak en 2003, qui auraient traversé la frontière pour rejoindre les militants luttant contre les partisans chiites du président Bachar al-Assad.

Mais plus récemment, de nombreux combattants de l’ASL se joignent au Front al-Nosra en raison d’un manque d’armes et de munitions. Selon un commandant de brigade de l’ASL, quelques 3000 hommes ont déserté au cours des derniers mois et une autre estimation indique que l’Armée syrienne libre rebelle a perdu un quart de ses combattants.

 

Rolling Stones (Bimestriel américain, 10 mai 2013)

Le vice-président Joe Biden a souligné que l’administration américaine actuelle était extrêmement prudente dans le dossier syrien car elle avait à l’esprit les erreurs commises à son sens lors de l’invasion et l’occupation de l’Irak en 2003.

Assurant que l’équipe du président Barak Obama avait restauré l’image des Etats-Unis dans le monde, M. Biden a expliqué que « nous ne voulons pas tout gâcher comme la précédente administration l’a fait en Irak, en disant ‘armes de destruction massive’.

Ces armes, prétexte à l’invasion de mars 2003, n’ont jamais été retrouvées après la chute du régime de Saddam Hussein.

« Nous savons que des traces ont été retrouvées, et il s’agit probablement d’armes chimiques. Ce que nous ne savons pas encore c’est si elles ont été répandues de façon accidentelle », par le régime ou les rebelles, a remarqué M. Biden.

Si cet usage est confirmé, « le président prendra certainement des mesures proportionnées », a révélé M. Biden, sans plus de précisions.

Mais il a aussi souligné que « quelle que soit la façon dont cela se termine, il va y avoir une instabilité politique de la Syrie pendant un certain temps, et nous voulons faire en sorte qu’il existe encore des institutions qui peuvent gouverner un pays ». « La leçon que nous avons apprise de l’Irak et de la précédente administration (…) est qu’en gérant l’Irak, ils ont détruit toutes les institutions », a rappelé M. Biden. « Et nous savons que nous pouvons y remédier, si nous sommes prêts à dépenser 1000 milliards de dollars, envoyer 160000 soldats et subir 6.000 morts, mais nous ne le pouvons pas », a encore dit M. Biden, en allusion au bilan humain et financier de la guerre en Irak, côté américain.

C’est a priori la première fois qu’un haut responsable de l’exécutif américain établit aussi clairement le lien entre la décision d’envahir l’Irak il y a dix ans et l’attitude actuelle de Washington face à la Syrie.

http://neworientnews.com/news/fullnews.php?news_id=99067

« Le Hezbollah 2013 » dans les yeux d’Israël

Sous le titre « Hezbollah 2013 », le quotidien israélien « Israël Hayom » a publié une enquête approfondie sur les transformations qui se sont produites dans l’infrastructure militaire du Hezbollah dans la foulée de la guerre en Juillet 2006. L’enquête présente un aperçu général sur la vigilance militaire du parti au niveau d’armes et de soldats. C’est donc l’image du Hezbollah comme « vous ne l’avez jamais connu ».

«La prochaine guerre entre le Hezbollah et Israël viendra. Dans un mois, un an, après plusieurs années, mais elle viendra. Et quand elle aura lieu, Israël « fera face à l’organisation qui constitue la principale menace pour la profondeur d’Israël ». L’organisation que nous connaissions dans les années 2000 a connu beaucoup de changements  dans la mesure où nous ne la connaissons plus: Le Hezbollah en 2013 est une organisation plus indépendante, plus militarisée, et plus audacieuse ».
Dans son reportage, « Israël Hayom » explique comment le Hezbollah s’est-il préparé depuis la deuxième guerre du Liban pour la prochaine guerre, et comment «les sept ans d’accalmie l’ont aidé dans le développement de son armement et dans le recrutement de soldats en vue de préparer des surprises pour Israël. Eux aussi, comme dans l’armée israélienne, savent que la guerre viendra inévitablement, tôt ou tard ».
Selon le journal, l’un des principaux thèmes mis en avant par le parti est de s’approvisionner silencieusement en un arsenal balistique qui comprend environ 60 mille missiles. Ces missiles représentent une menace réelle et directe au front interne israélien. Selon les estimations israéliennes, la majorité absolue de ces missiles sont d’une courte portée, soit d’une dizaine de kilomètres, alors qu’environ 5.000 roquettes sont d’une moyenne portée (250 km), ces roquettes sont capables d’atteindre Tel-Aviv et ses environs, en plus de quelque 300 roquettes de longue portée capables de couvrir tout le territoire israélien.
Le même journal israélien  cite des sources de l’institution sécuritaire israélienne selon laquelle «le Hezbollah en 2006 a pu lancer quelques centaines de missiles à ogives militaires pesant 300 kg sur la région de Gush Dan (Tel Aviv et ses banlieues), mais il est aujourd’hui en mesure de tirer encore dix fois de plus le nombre des roquettes tirées en 2006  sur le centre du pays».

Mais ce qui hante le sommeil des officiers supérieurs de l’armée israélienne n’est pas le nombre de roquettes inconnu, mais leur haute précision qui a été nettement améliorée. Dans le passé, «les responsables israéliens disaient que la plupart des roquettes possédées par le Hezbollah sont de faible précision. Mais au cours des dernières années, l’organisation a reçu des missiles précis, tels que le M 600 fabriqués en Syrie, qui est une version moins mortelle des missiles Fateh 110 iraniens. Le Hezbollah possède également «un nombre limité de missiles Scud D, qui sont considérés relativement précis ».

Le journal explique le danger que représente la précision des missiles sur Israël. Ils peuvent permettre « à l’Organisation de Hassan Nasrallah de frapper avec efficacité les infrastructures nationales et militaires, y compris les aéroports, les installations de recrutement, de commandement et des centres de contrôle  appartenant à l’armée ». Selon les estimations de l’institution sécuritaire israélienne, le Hezbollah réussira au cours des cinq prochaines années de s’approvisionner en centaines de roquettes de haute précision.

Pour l’ancien dirigeant de la division du renseignement militaire, Amos Yadlin, «il ne faut pas minimiser l’importance de la force des roquettes du Hezbollah. Et le journal israélien de rappeler les propos du chef d’Etat-major, Beni Gantz, selon lequel « le Hezbollah est l’unique organisation non-étatique qui possède des arsenaux de guerre de cette ampleur. Même certains pays ne possèdent pas ce qu’a le Hezbollah ».

Toujours selon la même source, le Hezbollah tente de mettre la main sur des systèmes d’armes sophistiqués disponibles en Syrie et en Iran, comme des missiles sol-mer, ou peut-être des armes chimiques.

Au niveau du nombre des recrutés, le rapport israélien estime que le Hezbollah recrute entre 20 et 40 mille combattants.  Selon le professeur Shimon Shapira,  «les combattants sont divisés en plusieurs spécialités. Ils ont presque tout, des groupes anti-aériens, des commandos professionnels, une force aérienne, des forces de contrôle et des forces de renseignements. Ils apprennent l’hébreu, ils utilisent des appareils d’écoute sophistiqués qui viennent de l’Iran… Actuellement, quand les combattants du Hezbollah ne sont pas en Syrie, ils subissent des entrainements et des exercices. Aux forces de combat, s’ajoute des milliers de citoyens qui servent en tant que forces de réserve.

Et d’ajouter : « Le Hezbollah concentre ses efforts sur la prochaine bataille, en essayant de créer une conscience d’offensive, à travers l’envoi de drones, ou en essayant de bombarder un avion ou un navire israélien, ou encore à travers des attaques à l’intérieur des territoires israéliens ».

D’après l’institution militaire israélienne, le Hezbollah « va essayer dans la prochaine guerre de transposer la bataille à l’intérieur des territoires israéliens en envoyant une « cellule de la mort » ou en occupant une petite colonie israélienne pour un certain temps ».

« Le Hezbollah possède des dizaines de drones, capables de porter des engins explosifs, dont de grands drones relativement sophistiqués de fabrication iranienne, ou encore des drones très petits capables d’échapper aux radars de l’arme de l’air », explique-t-on dans le même reportage.

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=111609&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=22&s1=1

L’axe de la résistance et de l’opposition à Israel passe à la résistance nationale populaire, en réponse aux raids israeliens contre la Syrie, et contre l’agression et la judaisation de la palestine !

En réponse aux raids israeliens contre la Syrie, et à l’usurpation des territoires palestiniens, la Syrie a apporté une réponse stratégique à Israel, en annonçant la dotation du hezbollah en armes sophistiquées, jamais livrées jusqu’à présent, l’ouverture du golan et de la syrie à la résistance nationale populaire contre israel, alors que Nasrallah a annoncé être prêt à recevoir ces armes, à les utiliser, et à apporter son soutien à la résistance populaire nationale syrienne et arabe et d’autres mesures passées sous silence par le chef du Hezbollah, pour le moment. C’est une réponse stratégique de taille qui change les données de la guerre arabo-israelienne, et qui change les règles du jeu ! C’est cela, entre autres, que Dr Amine Hoteit, général en retraite, et fin analyste stratégique, nous livre dans un entretien avec la chaîne Al Manar, le vendredi 10 mai 2013.

Sayed Nasrallah : « Nous sommes prêts à recevoir toute sorte d’armes syriennes »

 

Le secrétaire général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah a déploré la faiblesse du régime arabe officiel qui permet à l’ennemi sioniste de profiter des opportunités pour imposer de nouvelles équations sur le terrain, notamment en Palestine. S’exprimant à l’occasion du 25ème anniversaire du lancement de la radio de la résistance islamique AnNour, Sayed Nasrallah a accusé les pays du printemps arabe de se comporter avec la cause palestinienne comme si elle était un fardeau historique et de faire de la division confessionnelle et des tueries leur priorité. Il a par ailleurs mis en garde contre la reconnaissance de l’Etat juif d’Israël et a appelé le peuple palestinien à miser seulement sur les pays et les parties qui soutiennent sa cause depuis des dizaines d’années.

Sur la Syrie, le chef de la résistance libanaise a salué la position officielle syrienne sage, calme et rationnelle suite à l’agression israélienne, assurant que le pouvoir en Syrie a su répondre aux messages sionistes en annonçant un soutien plus accru à la résistance au Liban, la fourniture au Hezbollah d’armes qui « cassent » l’équilibre de la terreur avec l’ennemi et l’ouverture du front du Golan devant la résistance populaire. Sayed Nasrallah a indiqué que son parti était prêt à recevoir toute sorte d’armes, et à fournir toute aide nécessaire à la résistance populaire dans le Golan.

Concernant le Liban, il a appelé à la formation rapide du gouvernement, à l’entente sur une loi électorale, et a rejeté le vide politique. Sayed Nasrallah a lancé un appel aux familles des pèlerins enlevés en Syrie leur donnant un signe d’optimisme sur la libération de leurs proches.

Voici les idées principales de la partie politique du discours prononcé par le secrétaire général du Hezbollah :

« Je voudrais évoquer la cause palestinienne au début:

Depuis la mise en place de l’entité sioniste, la lutte des Palestiniens et le rejet de reconnaitre l’existence d’un Etat juif étaient les facteurs essentiels qui ont permis à la cause palestinienne de survivre. Une fois que nous reconnaissons l’identité juive de la Palestine, la cause palestinienne prendra fin. Ce qui se passe actuellement dans la région sert les intérêts de l’ennemi sioniste et notre ennemi sait malheureusement comment profiter des occasions pour imposer de nouvelles équations sur le terrain., que ce soit en Palestine ou en Syrie.

Cet ennemi exploite la faiblesse du régime officiel arabe qui se montre plus que jamais prêt à faire des concessions. Alors que le peuple palestinien s’attendait à la mise en place de régimes arabes plus attachés à leur cause et à leurs droits après les révolutions du printemps arabes,  il a été choqué de voir le contraire. Les images montrant dernièrement des ministres des pays arabes, dont des pays du printemps arabe, autour du chef de la diplomatie américaine, sont déplorables. Par le passé, la destruction de la mosquée d’alAqsa ou le renoncement au droit au retour étaient une ligne rouge. Aujourd’hui, le régime officiel arabe traite la cause palestinienne en tant qu’un fardeau historique et  non plus en tant que cause nationale malheureusement.

Ceci ouvre la porte à plus de concessions. Même su sujet de la mosquée d’alAqsa, je déplore que certains dirigeants de mouvements islamiques disent dans leurs prêches que leur priorité n’est plus la sainte mosquée d’alAqsa. La priorité est actuellement de débattre des moyens pour s’entretuer. Voyez donc les convictions de ce régime officiel arabe. Le problème que peuvent poser les Arabes est de reconnaitre l’Etat juif d’Israël. La tournée de John Kerry dans la région vise à faire pression sur les Arabes, non seulement sur les Palestiniens, pour les pousser à reconnaitre l’identité juive de la Palestine. Ceci est très dangereux et il faut expliquer à l’opinion publique les répercussions d’une telle reconnaissance. Cette mesure affectera le droit au retour des Palestiniens, l’appartenance d’alQods, et tous les autres aspects de la cause palestinienne. Ces pays arabes ne sont pas prêts malheureusement à aider les affamés en Somalie, ni les déplacés syriens à cause de la guerre dans leur pays, ni les habitants d’alQods expulsés de leurs propriétés. Mais lorsqu’ils reconnaitront l’identité juive de la Palestine, sachez qu’ils seront contraints de payer des indemnisations aux sionistes parce qu’ils ont subi d’importants dégâts au cours des dernières décennies !

Parmi les efforts déployés par l’ennemi figure l’affaire de la judaïsation d’alQods : les colons qui envahissent la sainte esplanade d’alAqsa, l’arrestation pour plusieurs heures du mufti d’alQods. Toutes ces mesures visent à faire de la question palestinienne un développement banal. Un véritable danger menace la sainte mosquée d’alAqsa.

En fin de compte, la solution qui sera imposée divisera la mosquée d’alAqsa en deux parties : l’une pour les musulmans, l’autre pour les juifs.

La question qui se pose concerne surtout le peuple palestinien après 65 ans à l’occupation israélienne : Pourquoi allez-vous miser de nouveau sur ce régime officiel arabe ? Le fait que les responsables politiques ont changé ne signifie pas que la politique adoptée diffère de la politique ancienne. Vous devez choisir la bonne position parce qu’elle déterminera le sort de la Palestine, du Liban, de la Syrie, de la Jordanie. Vous n’avez qu’à miser sur les parties qui vous ont aidé depuis de longues décennies.

Sur ce point, il convient de saluer la position du parlement jordanien qui a décidé d’expulser l’ambassadeur israélien malgré les moments délicats par lesquels passe la région.

Passons maintenant à l’agression israélienne sur la Syrie :

Au début, je voudrais souligner le contexte régional qui a coïncidé avec l’offensive. Les Israéliens avaient de multiples objectifs à travers ce raid. Parmi ces objectifs, exclure la Syrie de l’équation du conflit arabo-israélien et de la faire sortir de l’axe de la résistance.

Tout le monde sait l’ampleur des aides syriennes aux mouvements de la résistance libanaise et palestinienne. Les dirigeants de la résistance palestinienne reconnaissent en coulisses qu’aucun gouvernement arabe ne les a aidés comme l’a fait le régime du président Bachar elAssad. Les Israéliens veulent isoler la résistance au Liban et en Palestine. Ils veulent interdire l’acheminement de toute aide au Hezbollah. Les Israéliens disaient qu’ils empêcheraient le développement des capacités du Hezbollah. Ils ont bombardé Damas pour dire à la Syrie que la poursuite de l’acheminement d’aides à la résistance signifie la chute du régime.

Le véritable objectif sioniste est donc de faire fléchir la Syrie et son peuple, et de l’exclure de l’équation du conflit arabo-israélien.

Normalement, le pouvoir en Syrie devrait œuvrer pour faire échouer les objectifs de l’offensive israélienne, ou encore d’asséner un coup plus dur encore è l’ennemi.

Il y a deux réactions sur l’affaire de l’offensive :

–          Ceux qui aiment la Syrie ont voulu que Damas riposte militairement aux raids sionistes.

–          Ceux qui la détestent aspiraient à un déclenchement des hostilités entre les deux parties, souhaitant la fin de ce régime.

Mais quelle fut la riposte de la Syrie ?

1-      La Syrie a dit qu’elle allait continuer à offrir de l’aide à la résistance, et c’est une importante décision stratégique. La Syrie a même dit qu’elle allait offrir des armes plus sophistiquées aux mouvements de la résistance. Citez le nom d’un autre régime arabe qui accepte d’offrir un simple fusil à cette résistance. Cette décision est en réalité plus importante que la riposte militaire. La Syrie, en pleine guerre internationale, et frappée par plusieurs raids sionistes, campe sur sa position et annonce qu’elle allait fournir d’aides supplémentaires à cette résistance.

2-      La deuxième réponse stratégique fut l’annonce de l’ouverture du front du Golan à la résistance populaire contre Israël. Depuis toujours, certains demandaient à ce que la Syrie ouvre son front face à l’occupation israélienne, au lieu de se contenter de soutenir le Liban dans sa guerre contre Israël. La Syrie est un grand pays ayant ses propres intérêts et ses propres calculs, donc, l’ouverture du front du Golan était une question très compliquée. Mais suite à cette offensive sioniste, la Syrie a su comment transformer la menace en opportunité et a fait la grande annonce sur le Golan. Dorénavant, la résistance populaire sera active en Syrie.

Quel était l’impact des décisions syriennes ?

Les Israéliens ont été terrifiés par les informations faisant état de l’activation des lance-roquettes qui ont été pointées en direction de l’entité sioniste. Qui parmi les régimes arabes osent prendre des mesures pareilles ?

Nous, au Hezbollah, annonçons être prêts à recevoir toute sorte d’armes pour défendre les lieux saints et nos terres même si ces armes cassaient l’équilibre de la terreur dans la région.

Nous sommes aussi prêts à soutenir matériellement et militairement la résistance populaire dans le Golan.

Quant à la troisième position, laissons-la pour après parce qu’il s’agit d’une décision très grande.

Cette politique syrienne démontre la sagesse et la force de la direction syrienne, surtout à travers sa réaction calme à la frappe israélienne. Le calme, le rationalisme, et la bonne décision sont les facteurs qui ont permis et qui permettront la réalisation des grands objectifs.

A ceux qui veulent restituer aux Palestiniens leurs droits, sachez que seule la résistance est capable de le faire. Au peuple palestinien je dis : Vous ne trouverez personne à vos côtés autre que ceux qui étaient à vos côtés depuis des dizaines d’années.

Ce qui se passe en Syrie est la bataille de la Palestine et d’alQods. Je le dis franchement et clairement. Que les gens honorables dans la région participent à trouver une solution politique pacifique à la crise syrienne. Il est inadmissible que les Etats-Unis se présentent comme étant la partie soucieuse de la paix et de la sécurité en Syrie. Les pays arabo-islamiques sont appelés à trouver une solution avant de recevoir les directives américaines, parce que la poursuite de la bataille ne fera que perdurer l’effusion du sang.

Deux mots sur le Liban :

Nous voulons que le gouvernement se forme le plus rapidement possible, et que les élections se tiennent dans leur délai prévu. De nombreuses parties ont été déçues et surprises face au changement radical de la situation dans la région, contrairement à leurs attentes.

Au sujet du gouvernement, nous nous sommes comportés positivement avec le gouvernement du Premier ministre Najib Mikati, contrairement à la position des forces du 14 mars. Pendant deux ans, ils ont mené toute une campagne politique pour entraver l’action du gouvernement. Ils n’ont pas la chance à Mikati de travailler normalement.

Le gouvernement a démissionné, les forces du 14 mars ont nommé Tammam Salam et nous avons accepté cette nomination.

Si ce gouvernement sera un gouvernement pour les élections seulement, quelle est donc l’importance des quotas ? La loi et les élections n’expriment pas la véritable représentativité des partis politiques dans le pays.

Donc, prenez en considération la représentativité parlementaire. Nous voulons un gouvernement d’intérêt national surtout en ces circonstances.

L’intérêt national est de former un gouvernement de partenariat réel pour assumer ensemble les responsabilités du pays.

Concernant la loi électorale, le chef du parlement a convoqué à la séance parlementaire le 15 mai pour débattre de la loi électorale.

Nous allons voter en faveur de la loi orthodoxe et nous le disons en toute franchise.

Si le Parlement ne vote pas la loi orthodoxe, il n’y aura pas d’alternative dans l’avenir proche. Nous allons débattre d’une alternative, mais tout dépend des résultats de cette séance du 15 mai. Certes, le Hezbollah est opposé au vide politique.

Au sujet des pèlerins enlevés en Syrie, nous avons fait notre devoir, les choses vont bon train et il revient à l’Etat d’assumer ses responsabilités.

Je m’adresse enfin aux habitants du Hermel où s’abattent des roquettes du territoire syrien : Vous payer une partie de la charge que paie la Syrie. Nous œuvrons pour trouver une solution à ce problème ».

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=111300&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=23&s1=1

Jean Aziz et le face à face Iran – Arabie Saoudite au Liban et en Syrie

La thèse que je défends sur ce blog est que la crise syrienne a dès le départ donné lieu à une immixtion de forces étrangères à ce pays ; des forces qui ont engagé très tôt une action violente, parfois très professionnelle, contre l’appareil policier et militaire du régime.

Ces forces étrangères, non contentes d’armer militairement et d’outiller dans la guerre médiatique des citoyens syriens, qu’ils appartiennent à la mouvance des Frères Musulmans, du wahabbisme ou tout simplement à celle de ceux qui pensent que leur avenir personnel ou celui de leur clan pourrait être plus radieux sans Bachar al-Assad, ont fait venir des mercenaires de Turquie, de Jordanie, et même de Tunisie, de Tchétchénie et d’Europe (je ne parle pas là de Syriens résidant en Europe).

Il va sans dire que ceux qui espéraient une démocratisation de la vie politique en Syrie en sont pour leurs frais.

Jean Aziz, qu’on a déjà croisé sur ce blog, grossit peut-être un peu le trait, mais oui, nous assistons en Syrie à une guerre entre l’Iran et le Hezbollah d’une part, et l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie et les Etats Unis d’autre part.

Et c’est l’axe turco-arabo-occidental qui a pris l’initiative de cette guerre et a fait en sorte qu’elle perdure faute de possibilité de règlement politique qu’il s’est ingénié à empêcher, exactement comme en Libye.

Sauf que l’enjeu stratégique est nettement plus important en Syrie qu’en Libye et que si les Américains jouent là avec la sécurité de leur entité sioniste adorée, les monarques jouent peut-être leurs têtes !

Pourtant, dans un monde rationnel, cette crise aurait été réglée depuis longtemps ou n’aurait jamais eu lieu.

Mais un monde rationnel serait un monde où les Etats Unis au lieu de chercher la confrontation avec l’Iran, le Hezbollah et la Syrie, chercheraient à avoir des relations normales avec ces pays avec lesquels ils ne devraient avoir à priori pas de conflit aigu.

Oui, j’écris ces pays car je ne compte pas le Hezbollah qui n’existerait pas si les Etats Unis ne s’entêtaient pas à soutenir inconditionnellement une entité sioniste qui ne pourra jamais avoir un statut normal dans la région.

Même si, pour les pétromonarchies d’Arabie et du Qatar, tout l’enjeu d’une défaite de l’axe Syrie – Hezbollah – Iran est la possibilité de pouvoir enfin normaliser leurs relations avec l’entité sioniste et donc d’enterrer définitivement les droits du peuple palestinien.

L’objectif est illusoire certes et les monarques comme le Grand Turc devraient méditer ce propos de Kant :

Est illusion le leurre qui subsiste même quand on sait que l’objet supposé n’existe pas.

L’Iran contre la diplomatie saoudienne au Liban

 

par Jean Aziz,  Al-Monitor Lebanon Pulse, 29 avril 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Trois semaines de développements de la situation au Liban ont suffi pour effacer le sentiment qu’une percée dans les relations entre l’Arabie Saoudite et l’Iran était proche, du moins au Liban. Ce sentiment avait pris corps le 6 avril quand le parlement libanais a désigné, dans un consensus presque total, le député de Beyrouth Tammam Salam pour former le nouveau cabinet.

Au début, il y avait certains signes qu’une percée dans la relation entre l’Arabie Saoudite et l’Iran était en vue. L’ambassadeur Saoudien à Beyrouth, Ali Awad Asiri, avait clairement fait une ouverture en direction du Hezbollah. A un point tel que certains avaient dit que l’Arabie Saoudite avait entamé des contacts directs avec la plus puissante organisation chiite du Liban par l’intermédiaire d’un officiel des services de sécurité libanais qui jouit de la confiance du secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah en personne. On a même dit que l’adjoint de Nasrallah, le Cheikh Naim Qassem devait se rendre en Arabie Saoudite à la tête d’une mission du Hezbollah avec la mission de discuter des relations entre la banlieue sud de Beyrouth et Riyad. La délégation devait aussi aborder le problème de la formation d’un nouveau gouvernement [au Liban] et l’acceptation d’une nouvelle loi pour les élections législatives pour faire en sorte que les élections interviennent avant la fin du mandat de l’assemblée actuelle le 20 juin et éviter ainsi au Liban d’aller vers l’inconnu.

Cette impression optimiste a vite disparu et il est devenu évident que la stratégie de la tension entre les axes saoudien et iranien reste d’actualité  jusqu’à nouvel ordre.

Il semble que les deux parties pratiquent un jeu de dupe pour améliorer leurs positions et leurs capacités en préparation d’une attaque surprise contre l’autre camp.

Sous couvert d’ouverture en direction du Hezbollah à Beyrouth, l’axe saoudien a l’œil rivé sur une bataille régionale pour renforcer le siège du régime syrien et renverser le président Bachar al-Assad. Au moment où les Saoudiens se préparaient à attaquer la capitale syrienne, ils avaient jugé prudent de ne pas ouvrir plus d’un front à la fois. Ils ont donc fait une trêve avec le Hezbollah et montré de la bonne volonté à l’égard de ce dernier, tandis que le nœud coulant arabo-turco-occidental se resserrait autour du cou d’Assad.

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Jean Aziz prend la pose entre Michel Aoun (à droite sur la photo) et Hassan Nasrallah

De leur côté, l’Iran et le Hezbollah ne se sont pas laissés berner par la manoeuvre saoudienne. Quelques jours après avoir commencé à tester les réactions de l’autre camp, l’Arabie Saoudite a commencé son attaque : les alliés libanais de Riyad ont durci leurs positions en formant un nouveau gouvernement et en définissant une loi électorale, ce qui a fait prendre conscience à l’axe du Hezbollah [le Hezbollah et ses alliés au Liban] de la manœuvre, ce qui a amené cet axe à changer de tactique. Le Hezbollah a alors contre attaqué sur presque tous les fronts.

Il semble que l’Arabie Saoudite avait misé sur une évolution favorable de la situation militaire en Syrie quand  cette évolution a en fait été favorable au camp iranien. Un facteur sur le terrain a inversé la donne : en deux semaines, les forces pro-régime ont avancé dans toutes les régions autour de Damas et de Homs. Ce développement a placé les 370 kilomètres de frontière syro-libanaise sous le contrôle du régime syrien et de ses alliés au Liban. Ce qui a piégé et isolé une partie significative des Sunnites – qui sont traditionnellement soutenus par l’Arabie Saoudite et sont près d’un demi-million à Akkar et à Tripoli – par l’interposition de l’armée syrienne et de ses alliés libanais.

Mais la riposte contre l’Arabie Saoudite au Liban a d’autres manifestations: la visite du Hezbollah à Riyad dont on parlait n’a jamais eu lieu et on a appris que Nasrallah est allé à Téhéran dernièrement. Malgré de nombreuses conjectures sur les objectifs de cette visite et son timing, le Hezbollah a ostensiblement gardé le silence sur ce sujet. Le parti ne l’a ni confirmée, ni infirmée. Cependant, des photos de Nasrallah rencontrant le Guide Suprême Iranien Ali Khamenei ont été publiées sur les réseaux sociaux. Des cercles proches du Hezbollah affirment que la photo était tirée d’archives, mais la photo n’a pourtant pas l’air bien ancienne.

Une autre manifestation de la contre attaque a été l’annonce par Israël de la destruction au dessus de la mer au large d’Haïfa d’un drone venu du Liban. Mais à la différence d’incidents similaires, comme quand Israël avait détruit le drone Ayyoub le 9 octobre 2012, le Hezbollah a promptement démenti avoir un rapport quelconque avec cette affaire. Certains ont interprété ce démenti comme étant causé par l’échec du drone «Ayyoub 2» à pénétrer en profodeur en territoire israélien. Mais le drone avait peut-être simplement comme objectif de survoler les champs gaziers israéliens en Méditerranée. Dans ce cas, le drone a réussi à envoyer le message à Israël, ce qui explique aussi le démenti du Hezbollah.

Ces deux derniers jours, ce cercles proches du parti ont traité cette affaire d’une manière évasive en demandant: Et si toute cette affaire se résumait à un gamin du sud Liban qui jouait avec un avion télécommandé amenant les Israéliens à suspecter le Hezbollah de leur faire la guerre ?

Certains à Beyrouth pensent que la contre attaque iranienne contre les avancées de l’Arabie saoudite, qui se sont traduites par la démission de l’ancien premier ministre Libanais Najib Mikati se déploie bien au-delà de la scène libanaise pour toucher le Bahreïn et même l’Irak. On a parlé de découvertes de caches d’armes pour l’opposition bahreïnie à Manama ; et les troupes du premier ministre Irakien Nouri al-Maliki sont entrée à Hawija et menacent de faire la même chose à Anbar.

Toutes choses qui confirment une fois encore que tout accord entre les Libanais doit se faire sous des auspices internationaux, c’est-à-dire au minimum une entente entre Washington et Téhéran. Mais une telle entente ne pourra sans doute pas intervenir tant que ne se seront pas produits certains événements, que ce soient les élections présidentielles en Iran en juin prochain ou les résultats des discussions d’Almaty sur le nucléaire (si elles reprennent).

Entre temps, la situation libanaise va déboucher soit sur la prolongation de la crise par la prolongation du mandate du parlement et le report de la formation d’un nouveau gouvernement, soit sur l’explosion de la situation!

La plupart des organisations libanaises et des parties étrangères préfèrent la première option.

Jean Aziz est un collaborateur d’ Al-Monitor’s Lebanon Pulse. Il est éditorialiste au journal libanais Al-Akhbar et anime une émission de débat politique sur OTV, une chaîne de télévision libanaise.

Ajoutons que ce chrétien a d’abord appartenu aux Forces Libanaises, un mouvement d’extrême droite avant de rejoindre le général Michel Aoun sur une position nationaliste, modérément antisyrienne (ou modérement prosyrienne), favorable à l’entente interconfessionnelle et hostile à l’entité sioniste. C’est pourquoi on dit qu’il est proche du Hezbollah. Il l’est à peu près à la façon de Michel Aoun.

http://mounadil.wordpress.com/2013/04/30/jean-aziz-et-le-face-a-face-iran-arabie-saoudite-au-liban-et-en-syrie/