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Révolution égyptienne, suite ou fin?

Pour qu’il y ait contre-révolution, il faudrait qu’il y ait eu une révolution.

 

Le processus vers le changement qui a abouti au renversement de Moubarak il y a deux ans et à la chute de Morsi ces derniers jours a commencé depuis longtemps. Il a laissé des traces pour qui veut bien les relever sur les pages de l’histoire de la dernière décennie.

Le nombre de grèves et de protestations n’a cessé de s’amplifier depuis 2005. Il a culminé en 2008 lorsque le prix des denrées alimentaires, sous l’effet des opérations spéculatives d’un capital financier qui a fui les produits dérivés adossés aux crédits hypothécaires pour les matières premières et l’agro-alimentaire, ont flambé alors que les salaires minima étaient bloqués depuis 1984 à 25 $ mensuels. En avril 2008, les grèves dans le textile à Mahalla al Koubra avaient créé un précédent inouï, la rue demandait déjà la chute du régime. À cette occasion, les travailleurs s’étaient affranchis de la tutelle des syndicats officiels liés au parti de Moubarak.

En résonance avec cet événement qui a servi de matrice au soulèvement de janvier 2011, 23 000 ouvriers se sont mis en grève dans ce même secteur du textile en juillet 2012. Ils exigeaient l’amélioration de leurs conditions de travail, la revalorisation de leurs salaires et le licenciement des cadres corrompus.

 

Du point de vue social, qu’a donc fait le gouvernement Morsi et surtout quel espoir a-t-il donné à une jeunesse affectée par un taux de chômage estimé à largement plus de 25%?

 

La consultation référendaire de décembre 2012 pour l’adoption de la nouvelle Constitution a été précédée par de nombreuses manifestations qui ont donné lieu à des heurts avec la police. Peu d’électeurs se sont déplacées, environ 30% de participation, et moyennant quelques manipulations semble-t-il dans les urnes, elle a été adoptée avec 60% des voix exprimées.

Trente ans d’absolutisme, d’humiliations, d’un État fondé sur une police pléthorique avec 1,5 millions de policiers très qualifiés en corruption et en torture, un an d’insurrections, d’émeutes, de rassemblements, de grèves, des milliers de blessés et de morts pour “ça”.

 

Le texte précise que la source principale de la législation serait la loi coranique sans que ne soit explicitée la liberté de culte pour les minorités religieuses.

Mais surtout il ne garantit pas la liberté d’expression, il confie à la police sans restrictions explicites la tâche de veiller à la moralité publique.

Il prévoit que sera fixé un salaire maximum, lequel pourra souffrir des exceptions que prévoira la loi (article 14), mais en aucun cas la Constitution n’établit le principe d’un salaire minimum. L’article 15 proclame le principe de la justice pour les travailleurs agricoles mais ne se prononce pas sur le plafonnement de l’étendue de la propriété agraire latifundiaire.

L’article 26 relatif à l’impôt est très évasif, il n’établit pas de connexion entre le niveau de revenus et les contributions fiscales.

Les libertés syndicales sont très restreintes, un seul syndicat par catégorie professionnelle est autorisé (article 53).

Nulle part n’apparaît la responsabilité du gouvernement devant la Chambre des Représentants.

Dans nombre d’articles, la Constitution laisse la part belle aux militaires. En particulier, le 197 réserve au Conseil de Défense Nationale la discussion du budget militaire. Il est constitué de sept civils et de huit militaires.

Ce type de dispositif annonce clairement qu’il ne prend pas la peine pas de faire des promesses qui ne seront pas tenues, comme c’est le cas des démocraties représentatives à l’occidentale. Les prêches dans les mosquées assimilaient l’acquiescement au texte constituant à un devoir religieux. Pourtant le texte élaboré en trois mois par un conseil dominé numériquement par les Frères et d’où se sont rapidement retirées les personnalités de gauche et les laïcs n’a été validé que par 20% des électeurs. Ce piètre score annonçait la poursuite des protestations.

 

Morsi, son gouvernement et sa Constitution n’ont de musulman que le nom et rien de démocrate. L’un des principes économiques et donc politiques les plus cités dans les versets coraniques concerne l’interdiction absolue du prêt avec intérêts. L’autre concerne les jeux de hasard et spéculatifs.

 

La Bourse du Caire n’a pas été menacée dans les activités spéculatives.

Quémander des rallonges de prêt au Qatar, au FMI, à l’UE et aux Usa ne peut que conduire à des réformes qui privatisent des pans résiduels dans le service public pour obéir aux injonctions des prêteurs.

Le gouvernement précédent oeuvrait de même : Élargir et approfondir une dette impossible à rembourser vis-à-vis de puissances qui imposent leur politique économique (et dictent les alliances internationales), anémier jusqu’à leur disparition toutes les structures qui organisent une solidarité nationale.

 

Il avait fallu des semaines de protestation après la chute de Moubarak pour que soient tenues les élections législatives. Jusqu’au bout, le Conseil Suprême des Forces Armées menaçait implicitement de ne pas valider l’élection présidentielle.

 

On a cru un instant que le premier Président élu de l’Égypte s’était affranchi de la tutelle de l’armée quand il avait remercié le Maréchal Tantaoui, ministre de la Défense pendant 20 ans et chef du CSFA en août 2012. Mais les plaintes déposées auprès de la justice militaire contre l’armée pour sa répression dans la très lourde répression des manifestations n’aboutissent pas. La Constitution lui assure un pouvoir législatif et une grande autonomie financière et politique.

 

On a également espéré une ouverture permanente du terminal de Rafah qui permettrait aux emprisonnés de Gaza de se sentir des humains comme les autres. Le passage par le poste frontière a été aléatoire et le gouvernement craignant des actes ‘terroristes’ a noyé de nombreux tunnels qui demeurent la seule voie à peu près assurée pour les marchandises et les humains.

l était attendu que le traité de paix avec Israël soit dénoncé.

Il n’en a rien été. Dès le 1,3 milliard de dollars accordés par les Usa à l’armée, véritable arbitre du pouvoir et détentrice d’une part considérable de l’économie nationale, on apprenait que le gouvernement Morsi rompait les relations diplomatiques de l’Égypte avec la Syrie.

 

6 millions d’Égyptiens, selon une estimation basse, sont sortis dans la rue le dimanche 30 juin, jour travaillé.

Après deux années de lutte, ils n’ont obtenu ni dignité, ni liberté, ni pain.

Les raisons de la colère se sont même amplifiées car la révolution tant espérée n’a pas abouti.

Le travail d’accouchement de l’histoire se poursuit.

Il est urgent de ne pas y voir la main invisible ou apparente d’un Deus ex machina qui manipulerait 22 millions de Tamarridoune (1) pleins de fureur et bouillonnant d’impatience pour une vie plus digne.

D’abord et avant tout, la solution à venir devra éviter de réemprunter le chemin du capitalisme libéral qui ne profite qu’à ceux qui captent pour leur compte la dette contractée à l’extérieur. Pour l’extrême majorité, elle signifie absence de services publics, pauvreté et chômage.

L’Égypte devrait développer une économie productive intégrée régionalement et renoncer à vivre exclusivement de la rente pétrolière indirecte. Les revenus du canal de Suez par lequel transitent 40% du pétrole aux mains des Séoud et 20% de l’or noir iranien restent très inférieurs aux flux financiers générés par les travailleurs égyptiens émigrés dans les pays arabes gros producteurs.

Quand ce qui est à parcourir est si difficile, un chef charismatique explique le projet qu’il formule pour son peuple, il le soulève d’enthousiasme et obtient son adhésion.

Les Frères n’ont pas élaboré une vision d’avenir pour l’Égypte, et Morsi n’a pas la compétence ni le talent d’un rassembleur.

Désormais, les peuples ne se contentent pas de ce TINA (2) qui leur a été servi ces dernières décennies, au Brésil comme en Turquie comme en Grèce et au Portugal.

La fin de ce Système englobant la moindre activité humaine et l’incorporant dans le circuit marchand mondial, est sifflée.

 

Badia Benjelloun

Notes

 

(1) Le substantif Tamarroud veut dire rébellion, Tamarridoune, les rebelles.

(2) There Is No Alternative de Margaret Thatcher

http://www.dedefensa.org/article-r_volution_gyptienne_suite_ou_fin_08_07_2013.html

L’entité sioniste ouvre une mission diplomatique à Doha (capitale du Qatar)

Pour ceux qui n’ont pas compris contre qui se bat l’armée syrienne.

Cheikh Hamad bin Khalifa Al-Thani, Emir du Qatar  le Grand Rabbin de l'entité sioniste, Meir Lau, Chief Rabbi of Israel.

Cheikh Hamad bin Khalifa Al-Thani, Emir du Qatar le Grand Rabbin de l’entité sioniste, Meir Lau

Israël a ouvert une nouvelle mission diplomatique dans le Golfe (Haaretz)

 AFP, L’Orient le Jour (Liban) | 12/05/2013 | 15h45

Israël a ouvert une nouvelle mission diplomatique dans un pays du Golfe, affirme dimanche le quotidien israélien Haaretz sur la base d’un document économique du ministère des Finances, sans préciser de quel pays il s’agit.

Interrogé par l’AFP, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères s’est refusé à tout commentaire, se bornant à affirmer qu’Israël ne disposait « officiellement d’aucune représentation diplomatique dans les pays du Golfe ».
En mai 2010, le ministre israélien de l’Industrie et du Commerce de l’époque, Binyamin Ben Eliezer, avait participé à une réunion économique internationale au Qatar.Le Qatar, de plus en plus influent dans la région, avait pourtant rompu ses relations diplomatiques avec Israël et fermé la mission commerciale israélienne à Doha pour protester contre l’offensive militaire israélienne dans la bande de Gaza en décembre 2008-janvier 2009.
Outre le Qatar, seul le sultanat d’Oman avait établi des relations avec Israël mais elles avaient été brisées fin 2000 après le début de la deuxième Intifada.
En janvier 2010, le ministre israélien des Infrastructures nationales, Ouzi Landau, avait participé à une réunion de l’Agence internationale pour l’énergie renouvelable à Abou Dhabi. Mais les Emirats arabes unis avaient souligné que sa présence ne signifiait pas une normalisation entre les deux pays.

PS: effectivement, nulle par il n’est dit que la mission diplomatique ouvre au Qatar. C’est une supposition de ma part. mais vous pouvez toujours essayer de vérifier à l’addresse suivante:

Israel Embassy , Qatar

56/11 IBN Al Buhaturi St.
P.O. Box 22183
Doha
Qatar
Phone:
+974-4689074
+974-4689077
Fax:
+974-4685258
Email:
info@doha.mfa.gov.il

http://mounadil.wordpress.com/2013/05/12/lentite-sioniste-ouvre-une-mission-diplomatique-a-doha-capitale-du-qatar/

Accord militaire Tel-Aviv/Ankara, pour attaquer la Syrie et l’Iran

 

IRIB-  Plus serviable que çà, tu meurs!!
Erdogan et son équipe ont mis bouchée double, pour élargir leurs coopérations avec Israël, coopérations, qui, visiblement, outrepassent le simple domaine économique. Selon le journal « Al-Manar », qui fait paraître un article, sous l’intitulé « Les néo-Ottomans, au service d’Isarël », une délégation militaire et sécuritaire turque s’est, récemment, rendue, à Tel-Aviv, pour ajouter une clause à l’accord militaire israélo-turc. Cette visite a précédé de peu le voyage qu’Erdogan entend effectuer, à Gaza, et pour laquelle il a eu l’aval des autorités d’Israël ». Selon le journal, « Les rencontres, qui se multiplient entre Israéliens et Turcs n’ont pas seulement la valeur de retrouvailles, il y a des échanges de renseignement, d’informations sécuritaires et militaires entre les deux parties. Bref, c’est un travail de coordination, en vue de vaste projets guerriers, qui se mettent, peu à peu, en place, et qui visent l’axe de la résistance ». L’article revient sur la clause annexée à l’accord sécuritaire israélo- turc, qui revêt « une importance particulière ». « La clause engage Erdogan à intervenir, militairement, dans le Nord de la Syrie, en cas de guerre syrienne contre Israël »!! Une autre partie de cette clause concerne l’Iran : « La Turquie ouvre, selon cet accord, son espace terrestre à l’armée sioniste, pour que celle-ci prenne d’assaut les sites nucléaires iraniens »!!

Selon Qardaoui, ce sont les chiites qui apostasient les sunnites!

 

Le dignitaire religieux égyptien résidant au Qatar cheikh Youssef Qaradaoui a accusé les chiites « d’apostasier tous ceux qui s’opposent à leur doctrine » !

S’exprimant dimanche soir à la chaine de télévision alJazira, Qaradaoui a dit : « Lorsque le mouvement des takfiris a pris fin (le groupe des musulmans qui se sont démarqués des Frères musulmans en Egypte : ndlr), d’autres groupes liés au chiisme sont apparus. Ils accusent les autres de les apostasier, et ils nous appellent les groupes takfiris ».

« Nous n’apostasions personne, au contraire, ce sont les chiites qui le font. Ce sont eux qui utilisent le terme takfiri. Les sunnites n’apostasient pas tous les chiites, surtout quand il s’agit d’un musulman qui pratique la religion et c’est une affaire très dangereuse », a-t-il dit.

S’exprimant sur la crise syrienne, Qaradaoui a souligné que certaines parties aident le pouvoir en Syrie pour « tuer les gens et le peuple syrien qui veulent renverser le régime et qui ne possèdent pas d’armes ».

Et d’ajouter : « D’aucuns viennent de l’extérieur de la Syrie pour aider le régime à tuer le peuple innocent, et appellent les groupes armés de takfiris ».

Rappelons que cheikh Youssef  Qaradaoui avait remercié les Etats-Unis lors du prêche de vendredi pour leur soutien à la soi-disant armée syrienne libre, appelant Washington à frapper la capitale Damas!

Auparavant, il avait autorisé l’intervention de l’Otan en Libye, et  donné son feu vert aux rebelles syriens pour réclamer une intervention étrangère dans leur pays.

Pas le bienvenu à Gaza

Lors de la manifestation à Gaza pour protester contre le raid israélien contre la SyriePar ailleurs, la demande de visite de Qardaoui à la bande de Gaza lui a été refusée par l’Autorité palestinienne.

 » La position de l’Autorité et du gouvernement palestiniens est claire. Chaque visite qui porte une dimension politique et encourage le pouvoir de Hamas à Gaza, est nuisible voire contraire aux intérêts du peuple palestinien », a déclaré le ministre du legs de l’Autorité palestinienne Mahmou al-Habbache.

Selon lui, cette visite « partisanne et sectaire aura pour effet d’exacerber les divisions et d’accorder à « l’entité séparatiste » instaurée par le Hamas à Gaza et avortera les tentatives de réconciliation ».

Habbache estime que cheikh Qaradaoui ferait mieux d’nnuler ses fatwas dans lesquelles il interdit de se rendre à Jérusalem Al-Quds sous prétexte qu’elle est sous occupation.

 » Le voilà qu’il voudrait entrer dans la bande de Gaza par le biais d’une autorisation israélienne », s’est-il étonné de cette contradiction!

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=111029&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=1