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L’Empire face à la forte vague de Révolutions populaires en Afrique du Nord en 2011

Les grandes puissances feraient mieux de se taire

 

Drapeau égyptien

Les appels au calme adressés aux manifestants en Égypte par le président Obama et sa secrétaire d’État, Hilary Clinton, l’invitation qu’ils ont formulée au président égyptien de procéder à des réformes politiques et sociales « immédiates » et leur sommation de réfréner les forces de l’ordre et de l’armée sonnent faux dans la bouche de ces tenants de l’impérialisme. Les occupants de la Maison Blanche ont pris la parole « pour réclamer des réformes politiques «concrètes» et l’arrêt des violences ». « Je veux appeler très clairement les autorités égyptiennes à s’abstenir d’utiliser la violence contre les manifestants pacifiques», a déclaré le Président Obama, peu de temps après s’être entretenu, le 28 janvier dernier, par téléphone avec le président de l’Égypte (Les Égyptiens se soulèvent).

Figure 1. Place de la Libération, Le Caire, Égypte

 

De son côté, Madame Clinton a invité M. Moubarak à « faire tout ce qui est en son pouvoir pour réfréner les forces de l’ordre »  alors que l’on a appris que les États-Unis et Israël collaboreraient étroitement avec le régime Moubarak dans la répression du soulèvement du peuple égyptien. Le Pentagone, lui, a invité l’armée à faire preuve de “retenue”. (Égypte: au moins 20 morts, couvre-feu décrété, l’armée en renfort). Quelle hypocrisie de la part de ceux qui prônent le recours à la guerre pour régler les conflits qu’ils engendrent le plus souvent eux-mêmes!

L’Union européenne vient de se joindre à ce concert de doléances en appuyant le « plan bien préparé » des Étatsuniens: « C’est pourquoi nous voulons une transition ordonnée vers des élections libres et équitables » (Reuters, 01/02/2011).

Le président Obama a aussi déclaré que «le peuple égyptien a des droits qui sont universels. Cela inclut le droit de se réunir pacifiquement, le droit à la liberté d’expression et à la possibilité de choisir son propre destin, cela relève des droits de l’homme », a-t-il insisté. Quand on sait que les États-Unis ont fortement appuyé, soutenu et financé le régime répressif de Moubarak au cours des trois dernières décennies et qu’ils ont armé ce pays sans compter en achetant ainsi la fidélité de ce régime, contre la volonté du peuple, on ne peut que mettre en doute fortement la valeur de ces propos.

Le fait de s’ingérer directement dans les affaires intérieures de l’Égypte en dit long sur l’importance stratégique que représente ce pays pour l’impérialisme américain dans cette région du monde. La perte du contrôle politique et économique de ce pays serait pour la Maison Blanche un élément de grande préoccupation pour les divers intérêts qu’ils détiennent dans ce territoire et dans la région ainsi qu’une grande appréhension concernant la sécurité d’Israël.

Ce qui se produit en Égypte risque d’arriver maintenant dans un très grand nombre de pays. La vague de la libération des peuples va se montrer encore plus forte jusqu’à prendre la forme d’un tsunami. Les citoyens ont maintenant la conviction que les pouvoirs usurpés, télécommandés et corrompus ont des pieds d’argile et que la force et l’énergie des peuples les feront tomber un jour ou l’autre. C’est ainsi que nous assistons à ce processus dans les pays arabes, mais il en sera de même dans tous les continents. Cette vague pourrait aussi frapper durement les pays riches dits démocratiques. Comme le prédisait si bien Ernesto Che Guevara dans un discours célèbre prononcé dans l’enceinte de l’Organisation des Nations Unies à New York en 1964 la révolte ou lutte révolutionnaire des peuples prendra la forme d’une vague qui ne s’arrêtera jamais:

« Dans les territoires des autres pays du monde qui luttent pour leur liberté, cela signifie toujours la même chose: L’image de ce que l’on peut acquérir au moyen de la lutte révolutionnaire, l’espoir d’un monde meilleur, l’image avec laquelle il vaut la peine de risquer sa vie, de se sacrifier jusqu’à la mort dans les champs de bataille de tous les continents du monde, non seulement en Amérique mais dans tous les pays du monde dans lesquels on fera une lutte révolutionnaire… cette vague de rancoeur agitée, de justice réclamée, de droits piétinés qui commencent à se lever dans les terres de l’Amérique latine, cette vague ne s’arrêtera jamais. Cette vague ira en s’accroissant chaque jour. Parce que cette vague la forment les plus nombreux, ceux qui sont majoritaires dans tous les aspects du terme, ceux qui accumulent avec leur travail les richesses, créent les valeurs, font rouler la roue de l’histoire et qui sortent maintenant du profond sommeil abrutissant dans lequel ils ont été plongés ». (1)

« Parce que cette grande humanité a dit «C’est assez» et s’est mise à marcher. Et sa marche, de géants, ne s’arrêtera pas tant qu’elle n’aura pas conquis la vraie indépendance pour laquelle plusieurs sont morts le plus souvent de façon inutile. Maintenant, de toute façon, ceux qui meurent, mourront comme ceux de Cuba, ceux de la Playa Giron, ils mourront pour leur indépendance vraie et irrévocable ».(2)

Il convient de rappeler également ces paroles du Che prononcées en 1960:

«…tous les peuples du monde doivent s’unir pour acquérir ce qui est le plus sacré, soit la liberté, le bien-être économique et le sentiment de ne pas avoir de problèmes insolubles à régler…» (3)

Comment les principaux responsables de la situation politique, économique et sociale catastrophique qui affligent les Égyptiens peuvent-ils avoir la prétention de définir les actions à poser pour mettre un terme aux manifestations contre le pouvoir central en Égypte? Comment peuvent-ils oser faire semblant qu’ils ne sont en rien à l’origine de l’état d’oppression et de misère qui prévaut dans ce pays?

Le gouvernement au pouvoir depuis près de 30 ans a été grandement épaulé par les puissances occidentales le considérant comme celui pouvant apporter la stabilité requise pour la sauvegarde des intérêts des États-Unis, de l’Union européenne et d’Israël dans la région du Moyen-Orient.

 

Photo : Le président égyptien (2011), Moubarack

I. L’aide des États-Unis fournie à l’Égypte

Selon les données rapportées par la Federation of American Scientists :

« entre les Accords de paix de Camp David en 1978 et l’An 2000 (l’année pour laquelle les chiffres les plus récents sont disponibles) les États-Unis ont apporté une aide aux forces armées égyptiennes pour la somme totale de 38 milliards de dollars. L’Égypte a ainsi reçu, chaque année, une aide de deux milliards de dollars dont 1.3 milliard sous la forme d’un financement extérieur pour la défense et environ 815 millions de dollars pour un fonds d’aide économique, la plaçant, après Israël, au second rang des pays  récipiendaires de l’aide militaire et économique régulière des États-Unis (tableau 1). De plus, en 1990, les Étatsuniens ont effacé une dette cumulée pour des dépenses militaires de ce pays de l’ordre de 7.1 milliards de dollars et ce pour compenser le coût engendré pour la participation de ce pays à l’Opération Desert Shield. De plus, L’Égypte a reçu, à chaque année, du Pentagone une aide pour l’achat d’équipements militaires non prévus totalisant des centaines de millions de dollars…» (FAS).

Tableau 1. Ventes d’armements aux pays en développement 2002-2009: Les principaux importateurs

Source: Source: http://www.warisbusiness.com/wp-content/uploads/2010/09/crs-arms-sales-customers-02-09.jpg

Selon les données présentées par Agora Vox, le média citoyen, les cinq principaux pays exportateurs d’armements dans le monde, en 2004 sont, dans l’ordre : les USA, la Russie, la Grande-Bretagne, la France et Israël. Ces pays sont pourvus d’une industrie d’armement suffisamment importante et innovante pour pouvoir exporter leurs matériels. Les plus grands importateurs de leur production sont, depuis 2004, la Chine, l’Inde et l’Égypte (http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/bilan-des-ventes-d-armes-dans-le-2332). Entre 2001 et 2008, selon le Congressional Research Service du Congrès des États-Unis, l’Égypte se classait au 5ième rang parmi les dix principaux importateurs de matériel militaire dans le monde après l’Arabie saoudite, l’Inde, les Émirats arabes unis et la Chine et ce avec des dépenses totalisant 12.3 milliards de dollars ou 5% des achats mondiaux (http://fr.wikipedia.org/wiki/Industrie_de_l’armement).

II. Des relations étroites et de coopération avec l’Égypte pour la stabilité et la «paix» au Moyen-Orient

Selon le Département d’État :

« les États-Unis et l’Égypte entretiennent des relations étroites et amicales fondées sur des intérêts communs pour la stabilité et la paix au Moyen-Orient, le tout en revitalisant l’économie égyptienne, en renforçant les relations commerciales et en faisant la promotion de la sécurité régionale. Au cours des années, l’Égypte et les États-Unis ont travaillé ensemble de façon assidue pour développer les négociations de paix pour le Moyen-Orient, se faisant les hôtes de pourparlers de paix et de négociations dans le cadre de la Conférence économique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA). Des manoeuvres militaires multinationales, une aide américaine aux programmes de modernisation de l’arsenal militaire de l’Égypte … ainsi que la contribution de ce pays dans différentes opérations de maintien de la paix ont renforcé de façon continue les relations de coopération militaire américano-égyptiennes» (US Department of State).

On note aussi que « l’un des piliers importants des relations bilatérales repose sur l’aide des États-Unis pour la sécurité et l’économie de l’Égypte, aide qui s’est accrue de façon significative au moment de la signature du Traité de paix égypto-israélien en 1979. L’aide militaire des États-Unis à l’Égypte totalise plus de 1,3 milliard de dollars par année. En outre, l’Agence américaine pour le Développement international (USAID) a fourni plus de 28 milliards de dollars pour l’économie et le développement de l’Égypte depuis 1975. Au cours des premières années, l’aide était accordée pour la mise en place d’infrastructures, pour la santé, pour les denrées alimentaires et pour l’agriculture» (US Department of State).

L’Égypte a conclu le 24 décembre 2009 un marché en vue de l’acquisition de 24 avions de combat F-16, de l’entreprise américaine d’armement Lockheed Martin pour un montant de 3.2 milliards de dollars (24 avions de combat F-16 américains pour l’Égypte).

« Selon des informations persistantes, l’administration de l’ex-Président George Bush a refusé de vendre des avions F-16 ultramodernes à l’Égypte, du fait de la situation des droits de l’Homme et de la démocratie qui y prévaut, ainsi que pour préserver la suprématie militaire israélienne. L’Égypte possède des avions F-16 depuis 1982, et est entrée en possession de 220 appareils de ce type après des décennies où elle se ravitaillait principalement en armements soviétiques» (24 avions de combat F-16 américains pour l’Égypte).

III. La coopération militaire américaine avec l’Égypte aurait renforcé la sécurité régionale au Moyen Orient selon le Secrétariat d’État des USA

Selon les États-Unis, la coopération militaire étasunienne a contribué à la modernisation des forces armées de l’Égypte et a renforcé la sécurité régionale. Avec les programmes de financement des projets de la défense (FMF), les États-Unis ont fourni des chasseurs bombardiers F-4, des bombardiers F-16, des tanks M-60A3 et M-60A3 ainsi que des M1M1, ont armé des véhicules de transport pour le personnel, ont vendu des hélicoptères Apache, des missiles anti-aériens. de la surveillance aérienne et d’autres équipements. Les États-Unis et l’Égypte ont aussi participé à des manœuvres militaires, y compris le déploiement d’effectifs de combat américains. Au cours des années, l’Égypte a accueilli Operation Bright Star, une manœuvre militaire multilatérale conjointe…étant vue comme l’exercice le plus important dans la région Des unités de la VIIème Flotte utilisent fréquemment les ports égyptiens (U.S. Department of State. On peut donc comprendre que l’Égypte constitue un excellent marché pour les industries de guerre des États-Unis.

Conclusion

Les mouvements populaires de libération, dans plusieurs pays arabes, sont d’une grande signification au moment où les mesures de répression des peuples se sont intensifiées dans le contexte des pénuries causées par la crise économique mondiale et par une forte pression exercée, sous la commande des grandes puissances, pour la réduction des dépenses publiques en entraînant une nette détérioration des conditions de vie de la majorité.

L’invitation formelle adressée par Washington au président Moubarak de procéder à la tenue d’élections législatives est pour lui le moyen de s’assurer que les changements qui pourraient se produire ne viendraient pas modifier la trajectoire empruntée par le pays depuis près de trente ans. Selon Hilary Clinton, se faisant l’écho de la position de l’Administration Obama, « il y a nécessité d’une transition ordonnée pour que personne ne vienne combler un vide, pour qu’il n’y ait pas de vide, mais plutôt un plan bien préparé pour l’avènement d’un gouvernement démocratique participatif’» (Hetu, B., 2011, p. A2). Lire un gouvernement totalement soumis à l’ordre dicté par les États-Unis.

Enfin, nous ne cesserons pas de le répéter, il revient au peuple égyptien de choisir la voie qui lui semble appropriée dans le contexte actuel pour répondre à ses besoins fondamentaux et rétablir un environnement de liberté, d’autonomie, de justice et de paix et ce à l’instar des autres peuples qui cherchent à se soustraire de l’emprise hégémonique des grandes puissances.

Jules Dufour

Le 2 février 2011

Notes :

(1) Traduit par l’auteur. Texte original en espagnol : «…los campos de otros países del mundo que luchan por su liberdad significando siempre lo mismo: La imagen de lo que se puede conseguir mediante la lucha revolucionaria, la esperanza de un mundo mejor, la imagen con la cual vale la pena arriesgar la vida, sacrificarse hasta la muerte en los campos de batalla de todos los continentes del mundo, no solamente en América sino en todos los países del mundo en que se creará una lucha revolucionaria…esa ola de estremecido rencor, de justicia reclamada, de derechos pisoteados que se empiezan a levantar por entre las tierras de Latinoamérica, esta ola ya no parará más. Esa ola irá crediendo cada dia que pase. Porque esa ola la forman los más, los mayotarios en todos los aspectos, los que acumulan con su trabajo las riquezas, crean los valores, hacen andar la rueda de la historia, y que ahora despiertan del largo sueño embrutecedor al que los sometieron.

(2) Traduit par l’auteur. Texte original en espagnol : « Porque esta gran humanidad ha dicho «Basta!» y ha hecho a andar. Y su marcha, de gigantes, ya no se detendrá hasta conquistar la verdadera independencia por la que ya han muerto más de una vez inutilmente. Ahora, en todo caso, los que mueran, morirán como los de Cuba, los de Playa Girón, morirán por su única, verdadera e irrenunciable independencia ». (http://www.youtube.com/watch?v=l1Z8NGYv3SE ).

(3) Traduit par l’auteur. Texte original en espagnol : « …todos los pueblos del mundo deben unirse para conseguir lo más sagrado, que es la libertad, que es el bienestar económico, que es el sentimiento de no tener absolutamente ningún problema insolvable por delante…», le 30 de septembre 1960 (http://www.retoricas.com/2009/08/che-guevara-citas-y-discursos.html ).
Références

BELLAVANCE, Joël-Denis. 2011. Tensions en Égypte: Ottawa appelle à la retenue. La Presse. Cyberpresse.ca. Le 28 janvier 2011. En ligne: http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-canadienne/201101/28/01-4364799-tensions-en-egypte-ottawa-appelle-a-la-retenue.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B4d_b4d_199693_accueil_POS5

CHOSSUDOVSKY, Michel. 2011. The Protest Movement in Egypt: “Dictators” do not Dictate, They Obey Orders. Montréal, Centre for Research on Globalization (CRG), le 29 janvier 2011. En ligne:http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=22993

CICARDI, Francesca. 2010. L’Egypte sous surveillance : quand l’exception devient la règle. Cafébabel.com. Le Magazine européen. Le 19 octobre 2010. En ligne:http://www.cafebabel.fr/article/35426/l-egypte-sous-surveillance-loi-d-urgence.html

DUFOUR, Jules. 2011. Le message de la Tunisie pour un monde juste et solidaire. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 17 janvier 2011. En ligne:http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=22827

EL-MALAWANI, Hania (AFP). 2011. Égypte: au moins 20 morts, couvre-feu décrété, l’armée en renfort. Le 28 janvier 2011. En ligne:http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gEHN_aKfduol3C9ap4D2CfyeblgQ?docId=CNG.6d89711dd32ac21c4b6ed357be8e3617.8d1

FEDERATION OF AMERICAN SCIENTISTS. Arms Sales Tables
U.S. Arms Clients Profiles—Egypt. En ligne: http://www.fas.org/asmp/profiles/egypt.htm

G. Philippe. 2005. Bilan des ventes d’armes dans le monde. Agoravox. Le 2 septembre 2005. En ligne: http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/bilan-des-ventes-d-armes-dans-le-2332

HETU, Bernard. 2011. La crainte américaine du vide. La Presse, le 31 janvier 2011, p. A2.

REUTERS. 2009. 24 avions de combat F-16 américains pour l’Egypte.

Ara.reuters. Le 30 décembre 2009. En ligne: http://www.gnet.tn/index2.php?option=com_content&task=emailform&id=10449&itemid=957

REUTERS. LE CAIRE. 2011. «Transition ordonnée». Le Journal de Québec, le 1er février 2011, p. 15.

SCHMIDT, Christophe. AFP-Washington. 2011. Obama fait pression sur Moubarak. Cyberpresse.ca. Le 28 janvier 2011. En ligne:http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/les-egyptiens-se-soulevent/201101/28/01-4364918-obama-fait-pression-sur-moubarak.phphtm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B4_manchettes_231_accueil_POS1

U.S. DEPARTMENT OF STATE. 2010. Background Note: Egypt. Novembre 2010.http://www.state.gov/r/pa/ei/bgn/5309.htm

Sites Internet

Che Guevara citas y dicursos: http://www.retoricas.com/2009/08/che-guevara-citas-y-discursos.html

Che Guevara – Discurso Revolucionario.mp4: http://www.youtube.com/watch?v=mwfbfwdHylg

Federation of American Scientists: http://www.fas.org/

Industrie de l’armement: http://fr.wikipedia.org/wiki/Industrie_de_l’armement

 
Jules Dufour, Ph.D., est président de l’Association canadienne pour les Nations Unies (ACNU) /Section Saguenay-Lac-Saint-Jean, professeur émérite à l’Université du Québec à Chicoutimi,   membre du cercle universel des Ambassadeurs de la Paix, membre chevalier de l’Ordre national du Québec. Il est associé de recherche au CRM (Centre de recherche sur la Mondialisation).

http://www.mondialisation.ca/lempire-face-a-la-forte-vague-de-revolutions-populaires-en-afrique-du-nord-en-2011/5341560

65 ANS DE DEUIL DE SANG ET DE LARMES Qui se souvient de la Nekba ?

Chems Eddine CHITOUR

« Malheur au monde à cause des scandales ! Il est fatal, certes, qu’il arrive des scandales, mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! » (Evangile selon saint Luc)

15 mai 1948, une étape importante dans la chaîne des malheurs des Palestiniens. Ce jour-là, des autochtones qui vivaient là depuis la nuit des temps furent brutalement considérés par le fer et par le feu comme des apatrides. Les Nations unies, par la reconnaissance quelques jours plus tôt de l’Etat d’Israël, venaient de livrer du même coup des hommes, des enfants, des femmes pour l’immense majorité sans défense, aux mains d’une organisation terroriste qui mit en oeuvre une épuration ethnique au nom de la religion. Il fallait une Terre pour un peuple sans Terre au nom de la Bible. Bien plus tard, le président Yitzhak Rabin affirmait, à juste titre, que « la Bible n’était un cadastre ! »

Tout est parti du plan Daleth

En novembre 1947, au moment du vote du plan de partage, la Palestine mandataire compte environ 600.000 juifs pour 1.200.000 Arabes. David Ben Gourion a confié à Yigaël Yadin le soin d’étudier un plan militaire permettant de préparer le Yichouv à l’intervention annoncée des États arabes. Comment bouter les Arabes du maximum de terres pour l’espace vital juif ? Il s’agit du plan Daleth qui est mis en application dès le début du mois d’avril.

Le plan Daleth ou plan D, est le plan établi par la Haganah en mars 1948 pendant la guerre de Palestine de 1948. Il fut rédigé par Israël Ber et Moshe Pasternak, sous la supervision de Yigal Yadin, chef des opérations de la Haganah. Ilan Pappé y voit un plan mis au point par les sionistes pour spolier les Arabes palestiniens de leur terre en les chassant de leur terre.() » (1)

Dans un article intitulé « Plan Daleth : Master Plan for the Conquest of Palestine », Walid Khalidi présente, lui aussi, le plan comme une ligne de conduite donnée à la Haganah pour l’expulsion des villages palestiniens. Il tire ses conclusions de plusieurs éléments du contexte liés au sionisme et à la guerre civile de 1947-1948 en Palestine mandataire en donnant l’argumentaire suivant :

1° Les sionistes étaient confrontés à un problème territorial en tant que mouvement nationaliste sans territoire sous son contrôle ;

2° Le transfert de la population arabe hors de Palestine était dans leur esprit depuis Théodore Herzl. Les sionistes ne pouvaient accepter de ne posséder qu’une faible proportion des terres cultivables dans la partie accordée à l’État juif par le plan de partition (1.500.000 de dounams cultivables seulement sur les 7.500.000 cultivables et les 13.000.000 de la surface totale) ;

3° L’État juif tel que défini par le plan de partage était peuplé d’autant de juifs que d’Arabes ; les sionistes étaient conscients de leur puissance [militaire].

4° La défaite arabe palestinienne ne pouvait être effective que si les Arabes étaient « délogés », étant donné que malgré la « surpuissance » des juifs, les Arabes étaient in situ ; le plan sioniste devait être implémenté avant le 15 mai 1948, date à laquelle on pouvait s’attendre à ce que les armées régulières arabes interviennent pour respecter le statu quo en Palestine ».(2)

« En avril 1948, lit-on sur l’encyclopédie Wikipédia, la guerre entre dans une deuxième phase avec le passage de la Haganah à l’offensive. le 9 avril, des troupes de l’Irgoun et du Lehi perpètrent un massacre à Deir Yassin qui a un impact important sur la population palestinienne. Le 14 mai 1948 à minuit, le mandat britannique sur la Palestine s’achève officiellement. L’État d’Israël a été proclamé dans la journée sur une partie du territoire. Tandis que l’ONU propose d’autres plans de partage, les Israéliens lancent de juillet 1948 à mars 1949 une série d’opérations militaires entrecoupées de cessez-le-feu, prenant le contrôle de toute la Galilée, du sud-ouest de la Samarie de la majeure partie de la zone côtière, de l’ouest de la Judée jusqu’au secteur de Jérusalem, et enfin du Néguev. Durant la période du 15 mai 1948 à la mi-avril 1949, plus de 350.000 Palestiniens (sur les 750.000 de l’ensemble de l’exode palestinien) prennent la route de l’exode, fuyant les combats ou expulsés des zones contrôlées ou conquises par Israël. »

La Nekba : un nettoyage ethnique

Rappelons que la résolution 194 de l’ONU dispose que « les réfugiés qui désirent rentrer dans leurs foyers et vivre en paix avec leurs voisins devraient y être autorisés le plus vite possible ». Tous les gouvernements israéliens se sont opposés à l’application du droit au retour, au nom du caractère juif de l’Etat. Avant même la fin de la Seconde Guerre mondiale, les juifs de l’Irgoun appuyé par le groupe Stern se retournent contre les Anglais, en réaction contre l’interdiction de l’immigration des juifs en Terre d’Israël ; le 22 juillet 1946, un attentat terroriste de l’Irgoun contre l’hôtel King David, centre de l’administration britannique à Jérusalem, fait 92 morts. L’Angleterre ne traite pas de la même façon les Palestiniens qu’elle a matés et les Israéliens qui l’attaquent. Selon Henry Laurens, il n’est pas possible pour eux d’utiliser contre des Blancs occidentaux, et de surcroît contre des juifs après la Shoah, des méthodes utilisées contre des indigènes. Devant leur incapacité à concilier les points de vue arabe et sioniste, face aux coups reçus et aux trop nombreuses pertes, ils décident de mettre un terme à leur mandat et de remettre la « question de la Palestine » à l’ONU.

Dans son ouvrage courageux « Le Nettoyage ethnique de la Palestine », l’historien israélien, Ilan Pappé, professeur à l’Université de Haïfa, que les sionistes considèrent comme un « juif honteux », démolit le mythe selon lequel les Arabes auraient attaqué Israël au moment de sa fondation. En fait, le nettoyage ethnique de la population palestinienne (massacres, terreur et expulsions forcées à grande échelle) était prévu dès la première heure. Le nettoyage ethnique commença – de manière un peu désorganisée – dès les premiers jours de décembre 1947, quelques jours à peine après le vote de l’ONU et trois mois avant l’adoption du plan Daleth. Quant aux méthodes utilisées par les sionistes à cette époque, Ilan Pappé montre qu’elles étaient déjà ce qu’elles sont aujourd’hui : cynisme et chutzpah, mensonges permanents, (…) crimes de guerre et crimes contre l’humanité.(…) Dès le départ, l’armée « la plus morale de tous les temps », s’est distinguée par sa brutalité, son sadisme et sa cupidité : pillages, destructions systématiques, viols, exactions en tous genres, assassinats ». » (1)

La Nekba n’est pas tombée du ciel, elle a été minutieusement préparée. Dès juin 1938, Ben Gourion déclare devant l’Exécutif de l’Agence juive : « Je suis pour le transfert forcé [l’expulsion des Arabes palestiniens]. Je ne vois rien là d’immoral. » Dix ans plus tard, le 24 mai 1948, il écrit dans son Journal : « Nous allons créer un Etat chrétien au Liban, dont la frontière sud sera le Litani. Nous allons briser la Transjordanie, bombarder Amman et détruire son armée, et alors la Syrie tombera. Après quoi, si l’Egypte veut continuer à se battre, nous bombarderons Port Saïd, Alexandrie et Le Caire. Ce sera notre vengeance pour ce que les Egyptiens, les Araméens et les Assyriens ont fait à nos aïeux à l’époque biblique. Indépendamment du fait que la prétendue oppression des juifs par les Egyptiens, les Araméens et les Assyriens est dénuée de tout fondement historique, et que les ancêtres du « père » de l’Etat juif étaient très probablement des Khazars sans le moindre lien avec la Palestine. » (1)

Massacre de masse et racisme, conséquences de la Nekba

Parmi les architectes du nettoyage ethnique par le fer et par le feu, « Menahem Begin se distingue pendant cette guerre en massacrant avec d’autres tueurs de l’Irgoun, 240 civils à Deir Yassine (le 9 avril 1948, cinq semaines avant la proclamation de l’Etat d’Israël). 200 villageois assassinés par la Haganah, l’armée régulière, huit jours après la proclamation de l’Etat juif. Ce massacre, plus tabou encore que celui de Deir Yassine, a été « révélé » en 2000 par Teddy Katz, de l’Université de Haïfa. A Dawaimeh, le pire de tous les massacres israéliens, plus de 450 civils palestiniens ont perdu la vie en octobre 1948. Ilan Pappé écrit à ce propos : « Les soldats juifs qui ont pris part au massacre ont rapporté les horreurs : bébés au crâne fracassé, femmes violées ou brûlées vives dans les maisons, hommes poignardés.. » Quant aux Britanniques, ils ont laissé faire. Ilan Pappé parle de « passivité complice » ».

A propos du massacre de Deir Yassin, le grand physicien Albert Einstein, juif de confession, s’était toujours élevé contre la politique des organisations sionistes et terroristes. Il écrit le 10 avril 1948, à M.Shepard Rifkin, directeur exécutif des amis Américains des combattants pour l’indépendance d’Israël : « Cher monsieur, quand une véritable catastrophe finale s’abattra sur la Palestine, le premier responsable en sera le gouvernement britannique et les seconds responsables seront les organisations terroristes qui émanent de nos rangs. Je ne veux voir personne associé avec ces gens égarés et criminels. » (3)

Après Deir Yassine, il y eut Kibya, il y eut Jenine. Il y eut Ghaza. La sociologue Ester Benbassa écrit : « Comment des juifs, dont les parents ont vécu la persécution, la souffrance, peuvent-ils tolérer qu’un autre peuple, les Palestiniens, connaisse un sort similaire ? Je ne veux pas non plus être juive et approuver cette guerre immorale que mène Israël. » (4)

On sait que les crimes de masse d’Israël ont précédé l’existence et depuis 1947, date du vote de l’ONU du partage de la Palestine, l’Etat d’Israël n’a cessé de continuer à tuer, de violer, d’incendier, à accaparer les terres des Palestiniens, de détourner les eaux des pays voisins, en un mot, de terroriser le Moyen-Orient sous l’oeil complice, voire impuissant de l’Occident. Jénine nom mythique eut son calvaire. Jénine est une ville de Cisjordanie et un important centre agricole palestinien. L’assaut contre le camp de réfugiés de Jénine, considéré alors par les Israéliens comme une pépinière de kamikazes, dura du 3 au 11 avril 2002, dans le cadre de l’opération « Rempart ».

Le journaliste Amnon Kapeliouk fait parler un militaire participant au carnage. Ce dernier décrit sans état d’âme son rôle dans l’armée la plus morale au monde : « Un pilote de l’escadrille, le lieutenant-colonel Sh., raconte : « Notre escadrille a lancé pendant tous les jours de combat une quantité énorme de missiles à l’intérieur du camp des réfugiés. Des centaines de missiles. Toute l’escadrille fut mobilisée pour ces opérations, y compris des réservistes. (…) Pendant les combats, il y avait toujours au-dessus de Jénine deux Cobra prêts à lancer un missile vers la maison indiquée par le QG en bas (…). Les ´´combattants volants´´ ne jureront pas que leurs missiles n’ont pas touché des civils. (…) Ce n’est pas difficile d’imaginer ce qui se passe à l’intérieur des maisons après tout ce qu’on a tiré dessus, dit un réserviste qui requiert l’anonymat. (…) Pendant le couvre-feu, il y avait des ´´patrouilles violentes´´. Un char ´´galopait´´ dans les rues désertes, écrasait tout ce qu’il trouvait sur son chemin et ouvrait le feu sur ceux qui violaient le couvre-feu. (…) Une nuit, j’ai monté la garde (dans un appartement dans lequel nous nous étions installés). Toute la nuit, j’ai entendu une petite fille qui pleurait. Là-bas, il s’est produit une déshumanisation. Certes, nous avons subi un feu nourri, mais, en revanche, nous avons effacé une ville. » (5)

« Il y a 65 ans, écrit Salah Hamouri, (…) Ce jour-là, où plusieurs centaines d’enfants ont été tués de sang-froid, plusieurs centaines de femmes se sont fait violer, et des centaines de villages ont été complètement détruits, ce jour-là, une nouvelle page de l’histoire d’un peuple qui est devenu réfugié dans les camps a commencé à s’écrire. Au cours de cette guerre, les milices sionistes ont commis des crimes contre l’Humanité, sous l’observation et le soutien de la communauté internationale. (…) 65 ans après, la colonisation continue de confisquer notre terre, pour poursuivre le projet qui vise à déraciner le reste de notre peuple. (…) Aujourd’hui, après tout ce que nous avons vécu pendant ces années d’occupation, notre peuple est de plus en plus convaincu que ses droits à l’indépendance, la liberté et au retour ne tombent pas dans l’oubli. (….) Enfin, en ce jour, les martyrs nous rappellent depuis leurs tombes qu’il ne faut jamais oublier leur sang qui a arrosé la terre de la Palestine et qu’il faut surtout continuer leur chemin de lutte et de résistance jusqu’à ce que nous arrachions notre droit, pour vivre libres comme tous les peuples autour du monde. »(6)

L’épuration ethnique actuelle, la colonisation à marche forcée, la Loi du retour, qui font qu’un juif du bout du monde a le droit de retour en Israël comme cela est permis aux juifs d’Europe centrale, aux Falashas et même aux juifs chinois qui ont fait leur alya ! : Leur montée vers Israël. Cependant, on note tout de même une discrimination même parmi les juifs (7)

La volonté israélienne de faire d’Israël un Etat juif va, par la force des choses, amener les Arabes Israéliens à quitter leur pays. Ce sera l’accomplissement définitif de la Nekba. L’avenir des Palestiniens est plus que jamais sombre. Le fait accompli commence à être reconnu comme irréversible. Malgré des protestations comme celle du célèbre astrophysicien britannique Stephen Hawking qui a boycotté une conférence en Israël, les Palestiniens continueront à vivre dans la peur et le déni de dignité. Les arbalètes du Hamas sont plus des sursauts de dignité qu’une réelle puissance. Les Etats-Unis se sont retirés. Les Arabes s’étripent et Israël tourne le dos au droit international et à la dignité humaine. Pourtant, on se prend à rêver de la paix sur cette Palestine, terre cananéenne, qui a vu naitre une même souche : les Cananéens. Certains d’entre eux se disent investis d’une mission divine qui fait d’eux un peuple élu qui a reçu une Terre de Dieu. L’historien Schlomo Sand dans son ouvrage : « Comment le peuple juif fut inventé » et deux autres auteurs israéliens, Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, ont montré justement que nous avons affaire à un même peuple : les Cananéens. » « Il n’existe aucune preuve, écrivent-ils, d’une invasion de Canâan par les enfants d’Israël commandés par Josué.. L’archéologie révèle que les habitants de ces villages n’étaient autres que les peuplades indigènes de Canâan qui, petit à petit, ont fini par développer une identité ethnique que l’on peut qualifier d’israélite. » (8)

En définitive, seul un Etat de tous les citoyens avec une égale dignité permettra le retour de la paix dans cette région du monde qui a vu l’avènement du monothéisme.

Chems Eddine CHITOUR

1. Ilan Pappé : Le nettoyage ethnique de la Palestine Arthème Fayard 2008

2. Walid Khalidi, Plan Dalet : Master Plan for the Conquest of Palestine, Journal of Palestine Studies, Vol.18, No1, Special Issue : Palestine 1948. Automn 1988, pp4-33.

3.http://www.alterinfo.net/Einstein-et-Bricmont-sur-l-imposture-sioniste

4. Ian Hamel : Le cri de colère d’Esther Benbassa. Site Oumma.com 17 novembre 2009

5.Amnon Kapeliouk http://www.monde-diplomatique.fr/2002/05/KAPELIOUK/16488 mai 2002

6.Salah Hamouri. Nakba : il y a 65 ans http://www.france-palestine.org/Nakba

7.http://www.chineinformations.com/guide/les-chinois-en-israel_2503.html

8.Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman : La Bible dévoilée p.157.Ed Gallimard 2010.

http://www.legrandsoir.info/65-ans-de-deuil-de-sang-et-de-larmes-qui-se-souvient-de-la-nekba.html

Les dangers de la politique des « bonnes intentions »

Les dangers de la politique des « bonnes intentions »Il est parfois difficile de différencier la politique du sport. Les gens semblent soutenir les partis politiques comme si ces derniers étaient des équipes sportives, acclamant l’équipe rouge ou l’équipe bleue vers la victoire avec la même passion que pour la CAN. Les membres de l’équipe sont suivis avec la même intensité que le sont les joueurs stars de basket-ball ou de football.

De même, les membres de notre équipe sont toujours les héros, et les membres de l’équipe adverse, les méchants. Ce type de rhétorique emplit aujourd’hui les discours politique, notamment aux USA, un groupe traitant l’autre de bande de troglodytes racistes qui détestent les pauvres, et l’autre groupe disant que le premier est un lot de crypto-communistes voulant détruire le pays. Des deux côtés on crie et on hurle combien sont mauvais les gens de l’autre équipe, et peu de discussion sérieuse n’émerge sur les véritables problèmes auxquels sont confrontés les citoyens aujourd’hui.

Mis à part la façon dont l’argument du « Nous contre eux » passe à côté des vraies questions, il rate surtout le problème plus fondamental de l’économie politique. Le ping-pong sur le thème des gentils et des méchants transforme le débat politique en une bataille d’intentions : notre équipe est « formidable » à cause de ce que nous pensons qu’elle a l’intention de faire au cours du mandat. De même, le problème avec l’autre équipe se ramène à ce que notre équipe pense des intentions de l’autre équipe.

Les intentions ne sont cependant pas ce qui importe en économie politique, parce qu’elles ne sont pas équivalentes à des résultats. Le fait que les intentions produisent les résultats que désirent les acteurs dépend de la structure des règles et des institutions au sein desquelles ces intentions sont mises en action. C’est l’idée de base sur laquelle l’économie a mis l’accent, au moins depuis Adam Smith. Se concentrer sur les seules intentions ne nous dit presque rien. L’intérêt personnel peut se manifester par un monde de violence et de prédation si les règles et les institutions sont telles que les droits des personnes et des biens (propriété) ne sont ni clairs ni respectés. Ou il peut se manifester en un progrès pacifique – produisant l’échange si de tels droits sont clairs et bien appliqués.

Les intentions sont filtrées à travers les structures de règles et d’institutions pour mener à des résultats. L’exemple classique est sans doute le salaire minimum. Ceux qui soutiennent cette mesure croient qu’ils aident les pauvres parce que leur intention est d’augmenter les salaires de ces derniers. Cependant, les conséquences réelles de cette mesure sont, comme nous le savons, d’augmenter le coût du travail et donc d’exclure du marché du travail des travailleurs dont la productivité est inférieure au salaire obligatoire. Le résultat est l’augmentation du chômage pour certains ou même beaucoup, et la réduction des heures ou des avantages non pécuniaires pour les autres. Les conséquences réelles sont à l’inverse de ce que les « gentils » avaient prévu.

Plutôt que de soutenir une équipe ou l’autre, ou d’espérer ce joueur star ou ce héros vertueux pour nous sauver, nous devons accorder plus d’attention à la structure institutionnelle qui sert de cadre à l’action humaine. Une des plus grandes erreurs dans la politique moderne est de penser qu’il est correct de donner le pouvoir aux bonnes personnes parce qu’elles l’utiliseront à bon escient. Le problème principal n’est pas qu’elles ne l’utiliseront pas à bon escient (même si ce sera probablement le cas) mais que les institutions que nécessite le pouvoir survivront à ceux qui le possèdent aujourd’hui. Ceux qui le possèderont après pourraient ne pas avoir les mêmes bonnes intentions.

Il suffit de voir la manière dont la gauche aux USA pensait que si Barack Obama était au pouvoir, l’accroissement massif du pouvoir exécutif serait en sécurité entre ses mains parce qu’il est un « gentil ». Le résultat, bien sûr, a été plus de mort et de destruction s’abattant sur des innocents au Moyen-Orient et l’éviscération pure et simple du Quatrième Amendement aux USA.

De la même manière, blâmer les échecs de l’État sur les « méchants » qui avaient le pouvoir ignore aussi le fait que les mêmes échecs sont susceptibles de se produire même si les « gentils » avaient le pouvoir. Si le problème a à avoir avec les institutions et les règles, alors il importe peu de savoir dans quelle équipe sont les joueurs. Ils génèreront des conséquences négatives dans tous les cas.

Ce qui importe est de savoir quelles sortes d’interactions les règles du jeu permettent. Lorsque les règles protègent les droits et promeuvent l’échange pacifique comme moyen d’atteindre nos fins, même les plus égoïstes n’ont pas d’autre choix que de négocier pour un avantage mutuel. Lorsque les règles échouent à cette tâche, la prédation, à la fois publique et privée, va dominer.

Soutenir notre équipe ou notre joueur préféré est la meilleure recette pour nous conduire à un désastre social. Cela encourage la création d’institutions du pouvoir qui sapent le progrès aujourd’hui et qui seront disponibles pour « l’autre équipe » plus tard, avec des résultats tout aussi désagréables. Si nous voulons mettre fin à la croissance de l’État et à l’érosion de nos libertés, nous devons cesser d’attendre que le joueur star gagne la partie et nous devons commencer à parler de la nécessité de changer les règles.

Steven Horwitz est professeur d’économie à la St Lawrence University aux USA. Le 13 mai 2013.
Une version de cet article a été publiée originellement en anglais par la Future of Freedom Foundation.

http://www.libreafrique.org/Horwitz_bonnes_intentions_130513

 

FRANCE : Révoltées, les femmes de militaires se mettent à nues

 

Révoltées, les femmes de militaires se mettent à nues

Leur page Facebook s’appelle Un paquet de Gauloises en colère. Des femmes de militaires qui ont décidé de se faire prendre en photo de dos avec un message revendicatif, puisqu’elles ne sont pas soumises au devoir de réserve. Leurs maris font partie de ces militaires confrontés à des problèmes de paiement de leurs soldes.

Blessé par la guerre …

Trahi par ton pays ...

Trahi par ton pays …

Volé par les banques

L’Etat place ta solde sur les marchés financiers …

Ces problèmes seraient liés selon le Ministère de la Défense à la mise en place d’un nouveau logiciel baptisé Louvois (Logiciel unique à vocation interarmées de la solde). Des dysfonctionnements apparus en mars dernier lorsque l’armée de terre puis la marine se sont raccordés à ce système. Depuis, les erreurs se sont multipliées impliquant majoritairement des soldats en opérations extérieurs, en Afghanistan notamment.

Des dizaines de milliers d’erreurs de paiements

Ces problèmes se manifestent par des soldes non versées, des frais non remboursées. Le nouveau ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian a expliqué mi-octobre qu’il voulait voir ce problème réglé au plus tôt. Mais pour le moment, les problèmes subsistent.

À cette date, 130.000 bulletins de soldes de l’Armée de Terre ont été basculés sur ce nouveau système. Depuis, des dizaines de milliers d’erreurs de paiements se sont produites.

Selon le ministère, 129.000 cas ont déjà été réglés. Des difficultés persistent toutefois. « L’idéal serait que ce soit fini à Noël », a expliqué Jean-Yves Le Drian.

Sources : France Info / Le Journal du Siècle / Un paquet de Gauloises en colère

http://stationzebra.net/?p=18344

 

Le Maroc accueille la conférence du club Valdaï

Mikhail Gamandiy-Egorov

Le Maroc accueille la conférence du club ValdaïPhoto : AFP

Le club de discussion international Valdaï, groupe de réflexion politique et stratégique composé d’experts et créé en Russie en 2004 grâce à l’initiative de structures médiatiques russes, tiendra les 14 et 15 mai prochain une conférence à Marrakech, au Maroc, sur le thème « Islam en politique : idéologie ou pragmatisme ? ».

Une centaine de personnalités prendront part à cette conférence, parmi lesquelles des experts et analystes du monde politique, ainsi que des représentants d’organisations religieuses venant de Russie, d’Afrique du Nord, du Proche-Orient, d’Europe, d’Iran, des Etats-Unis et de Turquie. On notera notamment la participation de représentants de mouvements tels que le Hezbollah (Liban) et le Hamas (Palestine), ainsi que de partis politiques tels que le parti Al Wafd (Egypte), qui est par ailleurs l’un des plus anciens et principaux partis politiques égyptiens dont l’idéologie est basée sur le nationalisme égyptien et la laïcité, ou encore le Parti de la Liberté et de la Justice (vitrine politique des Frères musulmans égyptiens).

Des mouvements, donc, aux orientations bien variées et qui lors de cette conférence, tenteront de donner leurs points de vue sur la situation qui prévaut au Proche-Orient et qui reste extrêmement complexe, sans oublier d’analyser tous les scénarios possibles d’évolution des événements dans cette région, dont les conséquences auront des répercussions non seulement dans toute la région, mais également dans le monde entier.

Après les événements du célèbre, très controversé et communément appelé « Printemps arabe » en Tunisie et en Egypte, puis la guerre néo-coloniale et médiatique menée contre la Libye, sans oublier bien évidemment la situation tragique que traverse depuis plus de deux ans la Syrie, cette rencontre est particulièrement d’actualité. Il s’agit d’une occasion supplémentaire de donner la parole aux acteurs politiques dont les idées et les intérêts sont parfois très différents si ce n’est opposés, le dialogue s’avérant ainsi tellement nécessaire.

La Russie entretient depuis bien longtemps des relations privilégiées avec le monde arabo-musulman. D’autre part, la Russie a toujours soutenu une solution pacifique aux conflits existants et le respect de la souveraineté des pays concernés. Compte tenu des événements datant d’il y a plus de deux ans mais aussi des évolutions récentes, cette conférence arrive au bon moment. Le choix du Maroc en tant que pays hôte de la conférence n’est probablement pas anodin compte tenu du fait que le Royaume chérifien a été épargné par les turbulences et a su préserver sa stabilité.

Pourtant, le Maroc, tout comme son voisin l’Algérie, doivent eux aussi prendre des mesures sérieuses pour éviter la tragédie qui a fait sombrer la Libye et que traverse aujourd’hui la Syrie. A commencer par mettre de côté les désaccords qui existent entre ces pays (notamment entre le Maroc et l’Algérie ou encore entre le Maroc et la Syrie) et combattre par tous les moyens l’extrémisme. Pourquoi ? Pour la simple raison que les criminels « djihadistes » opérant aujourd’hui en Syrie sont les mêmes qui demain voudraient en faire de même en Algérie et au Maroc. Les mêmes intégristes racistes qui ont détruit avec leurs « alliés » de l’OTAN la Jamahiriya arabe libyenne, qui essaient à tout prix d’en faire de même en Syrie, un pays multi-ethnique et multi-confessionnel et jusqu’aux événements récents considéré comme un pays très stable et prospère, et qui en cas de « succès », ne s’arrêteront pas en si bon chemin.

Certes, il n’est pas facile de mettre de côté toutes les divergences existantes entre les pays arabes par un coup de baguette magique. Mais lancer ce processus de réconciliation et d’union est une nécessité absolue. D’autant plus que les islamistes salafistes ont depuis toujours considéré la monarchie marocaine et la république algérienne comme des ennemis à éliminer. Reste donc à souhaiter que l’unité arabe ne soit plus un vain mot et qu’un terme soit mis aux nuisances de pays comme le Qatar, l’allié d’Israël et des USA, qui fait en sorte de détruire par tous les moyens cette unité tant voulue, notamment à travers ses interférences nuisibles depuis plusieurs années. Reste également à souhaiter que la Syrie résiste et vainque les groupes terroristes opérant sur son territoire et qui sont soutenus et financés par des forces extérieures, mais également que d’autres pays du monde arabe évitent les scénarios les plus pessimistes. Pour finir, souhaitons du succès à la conférence du club Valdaï à Marrakech, afin qu’elle puisse apporter des solutions concrètes et pragmatiques aux conflits existants. N

http://french.ruvr.ru/2013_05_13/Le-Maroc-accueille-la-conference-du-club-Valdai/

Voir, pour y croire. Voir l’indicible. Syrie : Un « rebelle » mange le coeur d’un Syrien

« Comment peut-on arriver à un tel degré d’horreur et de sadisme ?! Comment les médias occidentaux peuvent-ils couvrir les atrocités de ces bourreaux assoiffés de sang, ces égorgeurs, ces dépeceurs, ces pillards, ces génocidaires de l’ASL/d’Al Nosra, et encore les qualifier de « révolutionnaires, résistants, opposition démocratique, libérateurs » ? C’est immoral. C’est criminel » s’indigne Bahar Kimyongür qui a diffusé cette vidéo.

13 mai 2013

Ces images sont trop dures mais il est impératif de les diffuser. Elles témoignent d’une réalité que les médias et les politiques n’ignorent pas mais cachent à l’opinion publique. On y voit un « rebelle » tuer un Syrien – fidèle au gouvernement de Bachar el-Assad – lui arracher le cœur, puis le manger avec plaisir.

Voilà avec quelle sauvagerie les mercenaires armés par le Qatar et l’Arabie Saoudite massacrent les Syriens qui s’opposent à leurs actions criminelles. Mercenaires que les correspondants de Radio France Jérôme Bastion et Valérie Crova, que j’écoute au moment où je rédige ceci, innocentent en les qualifiant sans vergogne de « rebelles, révolutionnaires ».

Silvia Cattori

http://www.silviacattori.net/article4437.html

La révolution trahie, par Nader Haddad

 

IRIB- Les révolutions arabes, qui ont éclaté, il y a deux ans, ont exprimé…
… les aspirations des peuples arabes, pour un avenir meilleur où la justice, la liberté et la dignité humaine l’emportent, après des décennies de tyrannie et de dégradation. Ces personnes n’ont pas été attirés dans la révolution par séductions étrangères des promesses de récompenses à la maison. Ils ont été inspirés par l’amour de leur pays d’origine qui avait été pillé sous l’emprise de la corruption et le népotisme, par sympathie pour ses semblables dont les droits ont été systématiquement maltraités, par la quête d’une vie digne qui avait été longtemps inaccessible à la majorité de la personnes sous les régimes dont les copains et flagorneurs ont tenu un monopole sur l’avantage et le privilège.
Le long règne de la cupidité et l’injustice avait suscité une vague massive de colère bouillonnante qui a éclaté au grand jour lorsque Mohamed Bouazizi s’est immolé devant un bâtiment municipal de Sidi Bouzeid, Tunisie. Dans l’accomplissement de cet acte ultime de frustration et de désespoir, Bouazizi n’avait pas réalisé qu’il allait déclencher une conflagration qui consommerait despotes en Tunisie et d’autres pays arabes. Mais c’est précisément ce qui s’est passé. Les gens ont surgi. Ils ont rempli les places publiques avec leurs exigences de liberté. Et régimes iniques renversé l’un après l’autre comme des feuilles d’automne. Un ressort s’était levé avec la promesse de changements profonds qui ouvrirait la voie à la réalisation des aspirations arabes longtemps caressés. Deux ans se sont écoulés depuis lors, et les fruits de ce printemps se sont avérées très dérisoire, surtout lorsqu’on les compare aux grands rêves qui avaient effectué les torches révolutionnaires.
Il est à espérer que les nouveaux régimes au pouvoir s’efforceront de restructurer les anciens systèmes de gouvernement et de gérer le processus de transformation démocratique, dans le cadre d’un processus plus large de la reconstruction de l’Etat dans le cadre de l’unité nationale, le consensus populaire et la primauté du loi. En d’autres termes, l’attente était pour la construction d’un Etat démocratique moderne à la manière de ceux qui a surgi en Europe de l’Est. Cet état serait alors superviser un renouveau économique, à la manière des économies émergentes d’Asie du Sud et du Sud-Est, ce qui porterait l’amélioration rapide des conditions de vie de la population, réduire la pauvreté et réaliser la justice sociale.
Sinon dit, il est à espérer que les nouveaux régimes réagiraient, si ce n’est à des degrés par rapport à la révolution des espoirs et des attentes arabes qui a été déclenchée par les révolutions du printemps arabe. Malheureusement, les développements sur le terrain se sont déroulés dans la direction totalement opposée aux aspirations.
S’il est vrai que l’Egypte a pris d’importantes mesures positives (il y avait généralement juste et honnête des élections législatives et présidentielles et l’armée est revenue à sa mission centrale de sauvegarder la sécurité nationale), la révolution a été la proie de dissensions et de division entre les forces révolutionnaires. Le chef facteur contribuant à la réussite de l’égyptien (et tunisienne) Révolution était l’unité qui avait lié tous les participants à Tahrir et des autres places révolutionnaires. Une fois que facteur crucial a disparu, la désintégration et le jeu de la discorde dans et friction montés comme des rivaux en compétition pour le pouvoir. En Egypte, les principaux prétendants sont les islamistes, représentés principalement par aile politique des Frères musulmans, le Parti de la Liberté et de la Justice, et ses alliés salafistes, et l’opposition libérale/laïc, tandis qu’une grande partie de la jeunesse révolutionnaire se tordit les mains sur leur rêves qui étaient partis en fumée.
La situation a ensuite pris un tour plus dangereux quand le président a émis sa déclaration constitutionnelle en Novembre l’année dernière, ce qui aggrave la polarisation de montage sur le processus de rédaction de la nouvelle constitution et la substance même de cette constitution. Par le deuxième anniversaire des 25 Janvier révolution, le pays était en feu à des manifestations, des émeutes et de la violence des niveaux sans précédent. C’était comme si une énorme boule de feu sautait du Caire à Alexandrie, de la place Tahrir à la mosquée Qaed Ibrahim, de Mahalla Al Kubra vers les villes du canal de Suez, et du palais présidentiel au quartier général des Frères Musulmans en Moqattam. Ne pouvaient les différentes initiatives de dialogue national parvenir à une percée qui pourrait mettre fin à la spirale de la violence. Les forces de l’impartialité, la rigidité et la méfiance étaient trop forts. Pendant ce temps, les forces contre-révolutionnaires ont profité de l’effondrement de sécurité pour parvenir à leurs fins, ce qui porte l’Egypte, le pays pivot dans la région, au bord de l’état d’un Etat en faillite et l’effondrement total.
La situation en Tunisie n’est pas très différent. Là aussi, la division et le conflit a prévalu parmi les forces révolutionnaires quand il est devenu de plus en plus évident que la coalition au pouvoir, dirigée par le mouvement islamiste Al-Nahda a été plié à affirmer le contrôle intégral du système politique. Même quand Hamadi Al-Jabali, Premier ministre tunisien et secrétaire général d’Al-Nahda, a déménagé à former un gouvernement de coalition de technocrates indépendants comme le seul moyen de sauver le pays de la faillite, Al-Nahda a rejeté cela et Al-Jabali a été contraint de démissionner, le 19 Février 2013. Mais le prochain gouvernement qui a été formé, sous le Premier ministre d’Ali Al-arides, a été accusé d’être un peu plus d’une reproduction de l’ancienne coalition au pouvoir, même si certains ministères souverains étaient neutralisés, et l’opposition a insisté lors d’une conférence de salut national. Pendant ce temps, le gouvernement demeure incapable d’affronter les salafistes radicaux, qui ont été de plus en plus impliqués dans des actes d’intimidation et de violence.
La révolution syrienne a atteint un carrefour. Les révolutionnaires n’ont pas réussi à renverser le régime de Bachar Al-Assad qui est fortement soutenue par la Russie, la Chine et l’Iran alors que les puissances occidentales sont restés réticents à intervenir militaire au nom des révolutionnaires, comme ils l’avaient fait en Libye, de peur que l’intervention serait précipiter une guerre régionale majeure. Ainsi, ce qui a commencé comme une révolution pacifique a dégénéré en guerre civile en raison de l’appel du régime syrien à une violence excessive. Le résultat fut la destruction de l’Etat syrien, et plus de 70.000 morts et environ un million de personnes déplacées.
En Libye, le gouvernement central est toujours incapable d’étendre son contrôle sur le pays et mettre en œuvre ses politiques, dans le contexte de la polémique en cours sur la loi d’isolement politique visant à interdire les membres de l’ancien régime de la vie politique. Dans les derniers développements sur ce front, des groupes de manifestants qui réclament la mise en œuvre de cette loi ont assiégé le siège du Congrès national général, des émeutes ont éclaté ailleurs dans le pays, il ya eu une tentative d’assassinat contre le président du congrès, et les citoyens libyens ont commencé à appeler à l’armée et à la police d’intervenir afin d’endiguer les milices armées. Ces évolutions indiquent que, plutôt que d’avancer vers la réalisation des objectifs de la révolution, la Libye est en train de cercles en place.
Yémen n’a pas dérogé à la règle générale des autres pays du printemps arabe. Il doit encore composer avec ces défis majeurs comme la nécessité de reconstruire l’armée et les agences de sécurité nationale de manière à garantir leur neutralité politique. Récemment, le président yéménite a appelé à un dialogue national préparatoire à l’établissement des principes généraux de la Constitution avant les élections ont lieu au début de 2014.
Sur le plan politique, dans son ensemble, les pays des révolutions arabes se caractérisent par un conflit interne intense et la piètre performance dans la gestion du processus de transformation démocratique.
Socialement et économiquement, ils s’en sortent aussi mal. Les principales revendications des révolutions arabes étaient essentiellement économiques. Les peuples arabes ont demandé la fin du chômage, des salaires plus élevés, et l’arrêt de la hausse des prix des biens et services essentiels. En bref, ils ont cherché la justice socio-économique. Encore une fois, les réalités se sont déroulés dans la direction diamétralement opposée. La détérioration des conditions de sécurité ont eu un impact catastrophique sur de nombreux secteurs économiques, notamment, les investissements étrangers, le tourisme, les banques et les marchés boursiers en Egypte et en Tunisie, le secteur pétrolier en Libye. Avec la baisse des niveaux de production, les taux de croissance économique ont plongé. Cette situation, à son tour, a engendré une crise financière majeure qui a pris la forme d’une pénurie de liquidités et de montage des déficits budgétaires. Dans le même temps, il ya l’énergie continue et les pénuries de carburant et les taux de chômage sont très élevés.
Dans l’espoir d’atténuer la gravité de la crise, l’Egypte cherche à renouveler ses pourparlers avec le FMI au début Avril afin de conclure un accord sur un prêt de 4,8 milliards de dollars, en dépit des conditions difficiles que l’Egypte sera obligé de répondre.
Le gouvernement tunisien a, pour sa part, n’a pas seulement été incapable de produire des solutions au problème de la montée du chômage, il a également réussi à introduire des réformes de l’emploi efficaces et d’améliorer le niveau des services publics.
En Syrie, l’infrastructure économique et physique du pays est en train de s’effondrer dans la mesure où il n’est même plus possible de parler de quelque chose qui s’appelle une économie syrienne, tandis que la recherche de larges segments de la population pour le pain est devenu partie intégrante de la lutte de la vie et de la mort.
En général, les gouvernements des pays des révolutions du Printemps arabe semblent manquer totalement une vision économique de leurs pays en crise. Le résultat est que ces pays qui ont accompli l’énorme exploit de renverser les régimes despotiques se trouvent maintenant patauger dans les bourbiers du conflit politique et les conflits, et le cercle vicieux de la mauvaise performance du gouvernement, aggravation de la crise économique, et la colère populaire renaissant et de frustration. Certes, une telle détérioration drastique aurait pu être surmontés, si elle n’est pas évitée, a l’esprit de consensus national ou «coalition nationale» été autorisé à emporter et conduire ces pays à la sécurité.
L’ordre arabe a également été victime de l’instabilité actuelle dans les pays des révolutions du printemps arabe et la baisse conséquente de leur capacité à influencer la région et du monde. En conséquence, ces pays sont devenus vulnérables à la pénétration croissante de la part de ces puissances régionales comme l’Iran et la Turquie. Les deux sont sur les côtés opposés de la question syrienne. Le premier a longtemps fait campagne pour étendre son influence dans la région par le biais du «croissant chiite», alors que ce dernier cherche à étendre son influence, mais à travers le déploiement de ses sources de «soft power» dans l’espoir de récupérer un élément de son état antérieur et de prestige dans les pays de l’ex califat ottoman.

Pourtant, nous nous retrouvons avec la question de savoir pourquoi la récolte du printemps arabe a été si maigre, en dépit de la chute des régimes oppressifs, le réveil des peuples qui avaient franchi la barrière de la peur, et la capacité accrue de l’opinion publique à diriger les événements.
Aussi difficile que cela est d’identifier toutes les réponses, nous pouvons aborder certains. On doit faire avec de grandes différences dans les perspectives des forces politiques qui, une fois l’objectif unificateur de renverser le régime a été accompli, brouillés pour profiter de ce qu’ils considèrent comme l’occasion historique de réaliser leurs propres objectifs particuliers et appliquer leur vision particulière sur le terrain. Peu de ces forces étaient prêts à faire des compromis dans ce qui est devenu un jeu à somme nulle, dont les effets se sont vite devenus évidents en spirale polarisation politique et la violence de montage. Dans le même temps, il est devenu évident que l’effondrement économique est la conséquence directe de l’instabilité politique et que c’est seulement par la restauration de la stabilité politique de ces pays pourrait s’engager sur la voie de la reprise économique et la réalisation des revendications révolutionnaires liés à la justice socio-économique.
Certes, il ya des puissances extérieures qui ont un intérêt dans la perpétuation de l’instabilité politique et économique dans les pays des révolutions du printemps arabe, afin de les garder malléable et inféodée aux intérêts de ces puissances extérieures. Dans le même temps, les forces de la contre-révolution sont certainement au travail, faire tout leur possible pour aggraver la crise et de contrecarrer les révolutions arabes.
Néanmoins, il faut garder à l’esprit que seulement deux ans se sont écoulés depuis les révolutions du printemps arabe a éclaté. C’est un temps très court dans la durée de vie moyenne des révolutions, même si à la conscience collective semble une éternité, surtout à la lumière des nombreuses et énormes sacrifices qui ont été faits de la cause révolutionnaire.

http://french.irib.ir/analyses/item/256640-la-revolution-trahie,-par-nader-haddad

Politique de la peur et de l’intimidation aux États-Unis : L’État terroriste américain

Syrie : l’OTAN suppléée ?, par Ahmed Halfaoui

 

IRIB- Tout le monde finira bien par admettre que l’entité sioniste n’a pas d’armée,
mais des Forces de défense (FDI), affectueusement, appelées Tsahal, pour «Tsva Hagana LeIsrael», en hébreu. Comprendre que si les FDI s’attaquent aux enfants palestiniens, font un carnage, à Gaza ou au Sud-Liban ou bombardent la Syrie, comme ces derniers jours, ce ne sont pas des agresseurs. Il s’agit, seulement, de se défendre contre des «menaces émergentes». D’où l’explication que les Etats-Unis ont toujours mis un veto, lorsque, par extraordinaire, il y a une résolution onusienne, qui risque de «dénoncer» les Sionistes et ont toujours insisté sur «le droit d’Israël à se défendre». Par exemple, les derniers deux raids aériens, qui ont fait des dizaines de morts, au sein de la Garde républicaine syrienne, relèvent de ce principe. Ne nous étonnons donc pas que l’ONU ne s’est pas cru obligée de réagir, sur ce qui serait, communément, appelé une agression contre un pays tiers, au moins, une ingérence, dans ses affaires intérieures. Dans le même temps, c’est tout bénéfice, pour les «révolutionnaires», qui se frottent les mains devant l’aubaine, même s’ils n’osent pas afficher toute leur satisfaction. Car les raids, tout en visant une «menace» contre les sionistes, ont, comme par hasard, affecté les lignes de défenses de la capitale Damas. Un résultat collatéral d’une «attaque contre un convoi d’armes destiné au Hezbollah», pourrait-on conclure. Il faut s’en tenir au fait que le Hezbollah fait partie des «menaces émergentes» permanentes, celle qui va certainement justifier d’autres bombardements aériens et d’autres bénéfices collatéraux, au profit de la «révolution». Tant pis, si certains vont y voir une similitude avec l’action de l’Alliance atlantique, en Libye. Parce qu’il est tout de même évident que l’armée sioniste a débuté le travail que l’OTAN a été empêchée de faire, par la Russie et la Chine. Avec l’inestimable avantage de l’immunité-impunité, qui lui est conférée, depuis 65 ans. L’OTAN sera, ainsi, avantageusement, suppléée, sans les risques de confrontation planétaire que son intervention aurait posés. Un analyste israélien est, par contre, inquiet. Selon lui : «Si certains, dans la région, en particulier, en Syrie ou au Liban, voyaient, dans ces attaques, une intervention directe, dans la guerre civile, ce serait un vrai problème, pour Israël.» On ne voit pas pourquoi il y aurait un problème, quand le Sionisme n’a jamais cessé de se situer en dehors de la «légalité internationale», par dérogation des puissances occidentales. A moins qu’il ne s’agisse de la probabilité que la chose renforce encore plus la détermination des populations syriennes, qui refusent la destruction de leur pays. «Il ne faut jamais sous-estimer le nombre de Syriens, qui s’accrochent au tyrannique Bachar al-Assad», nous dit Thomas Loren Friedman du « New York Times ». Là serait l’objet de la crainte. C’est-à-dire le caractère contre-productif des frappes aériennes, par l’impact fortement négatif, qui aggraverait l’isolement des «révolutionnaires», qui n’ont pas eu le luxe, soulignons-le, de voir une armada occidentale leur offrir la «victoire» sur un plateau.

« La Syrie n’est plus un lieu sûr, pour les terroristes »!

 

IRIB- Le président du comité des libertés civiques, au parlement syrien, en est sûr : « l’Occident a bien compris que la Syrie ne peut être un lieu sûr, pour les terroristes, et cette découverte date, surtout, des révélations, qui viennent d’être faites sur l’usage, par les terroristes armés, de l’arme chimique ».
« Les Américains semblent avoir compris que le terrorisme, tel qu’il avance et évolue, en Syrie, ne leur profiterait pas et que leur tactique de guerre, en Syrie, ne répond plus », a affirmé à Al-Alam le député Badih Saghour. « En effet, ce qui est mis à l’épreuve, à l’issue de la rencontre Kerry/Poutine, c’est le sérieux de l’Occident à mettre en application son entente avec la Russie, et, surtout, à organiser une conférence internationale, sur fond de la déclaration de Genève ». « Les Russes sont sérieux, quand ils affirment vouloir résoudre la crise, en Syrie. Quant aux Américains, leur actes et leur paroles ne convergent jamais. S’ils sont vraiment sincères, les Etats Unis devront arrêter l’envoi d’armements aux rebelles ». « Nous sommes heureux de voir les vrais amis de la Syrie être sincères, dans leur soutien à la Syrie ». « Les portes sont désormais fermées, en Syrie, sur l’Occident, et les Occidentaux ne sont plus à même de s’en tenir à la solution militaire ». Le député a critiqué l’Occident, pour son silence, face à l’usage de la substance chimique, par les terroristes.