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Moyen-Orientaux, Russes, Chinois… Ils s’offrent un morceau de France

Ils s'offrent un morceau de France

L’historique domaine bourguignon Gevrey-Chambertin et ses 2,3 hectares de vignobles ont été rachetés en août 2012 par un Chinois de Macao Louis Ng Chi Sing. © Ohann Michalczak/Maxppp

Ils sont nombreux à être attirés par nos palaces, nos ­vignobles, nos griffes de luxe. Quand la France n’a plus les moyens d’entretenir et de développer ses ­richesses, ce sont les pays émergents, du Moyen-Orient à l’Asie, qui prennent le relais. Un processus inéluctable.

Peu après l’élection de François Hollande, sa compagne Valérie Trierweiler effectue son premier voyage officiel aux Etats-Unis. Le samedi 19 mai 2012, elle offre à Michelle Obama un modèle Vicky tressé beige de la marque Le Tanneur. Un produit de maroquinerie « made in Corrèze », fief électoral du nouveau chef de l’Etat. Sacré coup de pub pour cette marque fondée en 1898. Ce qu’on ignore, c’est que Le Tanneur appartient au… Qatar. Et que c’est lors d’un thé avec Carla Bruni que la cheikha Moza, épouse de l’émir, fut sensibilisée à cette entreprise de cuir menacée par la crise. Désireuse de monter un empire du luxe, la cheikha racheta aussitôt Le Tanneur via le puissant Qatar Luxury Group. ­Sauvée, l’entreprise de Bort-les-Orgues a pu conserver ses 320 salariés et affiche depuis des résultats en hausse.

L’histoire de ce sac illustre la complexité de notre rapport au Qatar. On peut jouer les Cassandre et s’effrayer de voir filer nos labels entre des mains étrangères. On peut aussi y voir, comme Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, « une opportunité pour l’économie du pays », au même titre que les investissements venus des quatre coins du monde. En pleine crise, comment refuser ces mannes financières qui dopent la croissance ?  Décidé par Bercy, un clip publicitaire « Say oui to France » est diffusé actuellement dans le monde pour attirer les investisseurs dans notre pays. Seulement voilà, il y a des symboles de notre patrimoine auxquels il ne faut pas toucher. Quand il s’agit du Qatar, le sujet est encore plus sensible. Alors qu’en Bourse des fleurons tricolores sont passés discrètement entre les mains de groupes et de fonds étrangers, les flux de capitaux de ce pays grand comme la Corse qui se déversent dans l’Hexagone alimentent des peurs diffuses. Le Printemps, Lenôtre, Cartier, le Royal Monceau, le Palais de la Méditerranée à Nice, le Carlton à Cannes, le Paris Saint-Germain, des participations dans ­Lagardère, Vinci, Veolia, Vivendi, Total, LVMH… Le Qatar est présent partout !

La cheikha Moza et sa fille adorent la France

«  Le Qatar rachète la France » ont titré récemment les journaux télévisés. Dans « Le Journal du dimanche », Jaham Al-Kuwari, l’ambassadeur du Qatar en France, s’est aussitôt fendu d’une tribune intitulée « Pourquoi ce “Qatar bashing” ? ». L’émotion est forte, les mots sont durs : « Le conspirationnisme bat son plein, assorti d’une xénophobie à peine voilée. Qu’on le veuille ou non, cela a des airs de “délit de faciès”. » Dans son bureau situé place de la Concorde, Guy Delbès, en charge de l’immobilier pour le fonds souverain qatari QIA, ne mâche pas ses mots : « On assiste à une désinformation ! Comme si le Qatar rachetait la France. On confond les achats privés comme celui du Carlton à Cannes et les investissements du Fonds souverain. Ce n’est pas la même chose. Dans les entreprises du Cac 40, il ne s’agit que de faibles participations génératrices de revenus afin de préparer le jour où ses ressources en gaz et pétrole seront taries. Il n’y a qu’en France que cela pose problème. En Grande-Bretagne, les investissements sont trois ou quatre fois plus importants, et ils sont les bienvenus. »

Même indignation en face, à l’Assemblée nationale où le président du Groupe d’amitié France-Qatar se demande si l’on n’est pas « masochiste » en critiquant le Qatar. « Cet argent n’est ni sale ni suspect ; il vient d’un pays qui prépare son avenir économique en aidant notre présent, en période de crise. Pourquoi ne pas s’en réjouir ? Cela va créer de la richesse et des emplois, tempête Maurice Leroy, député du Loir-et-Cher. Si l’on continue à faire de tels titres dans les médias, on va faire partir ces investisseurs. » Qu’il se rassure, le Qatar a intérêt à rester en France. Depuis 1990, une convention fiscale avantageuse permet l’allégement des impositions sur les dividendes des sociétés qataries basées en France. En contrepartie, les entreprises françaises se taillent la part du lion dans l’émirat. Vinci pourrait même participer prochainement à la construction du plus long pont du monde reliant le Qatar au Bahreïn. En 2008, Nicolas Sarkozy a révisé cette convention en ajoutant un nouvel article qui exonère d’impôt sur les plus-values tous les investissements immobiliers réalisés dans l’Hexagone par « l’Etat du Qatar ou ses entités publiques ». Vérification faite, cette convention fiscale si décriée a simplement été réajustée pour s’aligner sur celles conclues avec… le Koweït ou l’Arabie saoudite.

Le Qatar voue une fascination pour le modèle français

Seul le projet de fonds qatari pour les banlieues a suscité des réserves mezza voce de la part de François Hollande. « Les décisions seront prises ensemble. Ce n’est pas un pays qui va choisir le talent », a-t-il déclaré le 11 octobre dernier sur France 24. Finalement, le futur fonds sera piloté par la Caisse des dépôts, financé à parts égales par la France et le Qatar, et sera destiné aux PME françaises. Comme il le fait partout ailleurs, le Qatar va continuer de poursuivre en France sa diversification économique. Ses fabuleuses réserves de pétrole et de gaz – les troisièmes au monde, après la Russie et l’Iran – ne sont pas éternelles. Allié et partenaire depuis longtemps – un accord de sécurité et de défense lie la France et le Qatar depuis 1994 –, ce pays de moins de 2 millions d’habitants veut aussi préserver cette relation pour se faire entendre au niveau international.

Comme l’expliquent Christian Chesnot et Georges Malbrunot dans « Qatar. Les secrets du coffre-fort » (éd. Michel Lafon), l’émir est un admirateur de la politique arabe du général de Gaulle, et il perçoit la France comme un contrepoids à la domination anglo-saxonne dans le Golfe. Son projet politique consiste à faire connaître le Qatar au monde entier pour se protéger des visées de ses turbulents voisins saoudiens ou iraniens. S’il investit partout – 10 milliards de livres en Grande-­Bretagne dont l’emblématique Harrods à Londres ; en Allemagne, avec par exemple 17 % de Volkswagen –, le Qatar a, selon les termes de Jaham Al-Kuwari, « une réelle admiration pour la France et la francophonie, qui correspond à une ­vision à long terme et à son insertion dans la mondialisation ». Cette fascination pour le modèle français est incarnée par la cheikha Moza, francophone passionnée de culture française, reçue en 2009 au sein de l’Académie des arts, sous la coupole de l’Institut de France, et sa fille, la cheikha ­Al-Mayassa passée par Sciences po Paris et la Sorbonne, considérée comme l’une des femmes les plus influentes du monde de la culture et de l’art. En charge du Qatar Museums Authority, elle a notamment acquis « Les joueurs de cartes » de Paul Cézanne au prix record de 250 millions de dollars !

Le Qatar, mais aussi le Koweït, Dubai, Abu Dhabi…

Avec tous ces achats spectaculaires et très médiatisés, on en oublierait que d’autres pays achètent et investissent des sommes tout aussi considérables en France. Mais cela se fait sans bruit, de manière plus discrète.
 « On parle beaucoup du Qatar parce que l’émirat investit dans les fleurons de l’économie française ou dans des symboles qui ont une résonance affective particulière, souligne Denis Bauchard, de l’Institut français des relations internationales. Mais on oublie qu’il y a aussi les fonds d’investissements américains comme Carlyle [achat à l’Etat français des locaux de l’Imprimerie nationale pour les lui revendre, quatre ans après, quatre fois plus cher !]  et les fonds souverains qui pèsent 3 000 milliards de dollars, parmi lesquels ceux du Koweït, de Dubai ou celui d’Abu Dhabi. » Bien plus important que le fonds souverain qatari, le Abu Dhabi Investment Authority (Adia) est doté de plus de 900 milliards ! Créé dans le but de placer les surplus de revenus pétroliers du pays, il est assez puissant pour pouvoir s’offrir des fleurons de l’économie française du Cac 40, comme Total, BNP Paribas, Société générale ou Bouygues. Et l’émirat est associé depuis 2009 à la Caisse des dépôts et au Fonds stratégique d’investissement (FSI) dans le cadre du Club des investisseurs de long terme pour investir au capital de PME françaises. Pour le tourisme, Abu Dhabi s’appuie sur Tourism Development & Investment Company (TDIC). C’est cette entité qui avait collaboré avec le Musée du Louvre pour en faire une « marque » mondiale de la culture.

Gevrey-Chambertin : le Chinois doit mettre de l’eau dans son vin

En août dernier, l’affaire avait défrayé la chronique. Le château de Gevrey-Chambertin est racheté au prix fort par un investisseur venu de Macao. Un décès brutal, un bien prestigieux mais en mauvais état, des propriétaires nombreux et divisés, l’impossibilité de faire face aux droits de succession autrement que par la vente et un acquéreur étranger au chéquier en or. Cela ressemble à une histoire familiale comme les notaires en voient régulièrement dans leurs études. Mais elle se déroule autour d’un symbole du patrimoine viticole français. Gevrey-Chambertin, son château du XIIe siècle et son vignoble de 2,3 hectares qui donne un grand cru de Bourgogne très coloré, puissant, aux arômes intenses. Le vin préféré de Napoléon ! En une signature, un homme d’affaires chinois propriétaire d’un complexe d’hôtels et de casinos à Macao s’empare du fleuron estimé à 3,5 millions pour 8 millions d’euros !

«C’est comme si l’on vendait l’âme des ancêtres», constate Casanis, du réseau Vignobles Investissement

La vente se fait au nez et à la barbe des récoltants locaux fédérés par Jean-Michel Guillon, président du syndicat des vignerons de Gevrey-Chambertin. Ils en avaient proposé 5 millions. « Encore une vente qui fait flamber les cours », s’indignent les vignerons qui redoutent que la hausse des prix du foncier, et donc des droits de succession, ne leur permette plus de transmettre leurs terres à leurs enfants. Plusieurs mois après l’affaire, les familles Masson et Mitran, ex-propriétaires, pointent aux abonnés absents. « C’est comme si l’on vendait l’âme des ancêtres, constate Casanis, du réseau Vignobles Investissement, il y a une honte des vendeurs dans notre pays maurassien marqué par un attachement à la terre, contrairement aux pays anglo-saxons où elle n’est qu’un actif parmi d’autres. »

Un héritier, ­Masson, se risque à un commentaire : « Ma mère, décédée brutalement, avait pourtant consacré une grande partie de sa vie à tenter de maintenir le domaine dans la famille. Mais j’étais minoritaire et il m’était impossible de racheter les parts des autres… » Soucieux de soigner son image, le nouveau propriétaire rappelle à qui veut l’entendre qu’il achète depuis 1990 des crus français en quantité importante et qu’avec Gevrey-Chambertin il réalise le « vieux rêve » de posséder une parcelle pour produire le vin dont il raffole. « Je ne m’attendais pas à tout ce bruit, mais je comprends parfaitement la réaction des Français à l’acquisition par des étrangers d’une partie de leur patrimoine collectif, se défend Louis Ng Chi Sing. Je n’ai pas voulu faire un coup financier, il s’agit d’un investissement affectif. »

Pour calmer la fronde, « le Chinois » a fait appel au meilleur vinificateur de Bourgogne, le domaine Armand Rousseau. Une consolation pour les professionnels locaux. Même le maire de la ville confie du bout des lèvres : « Au moins, les vignes n’échapperont pas à un viticulteur de la commune. » Quant à la restauration du château, elle a été confiée à l’architecte Christian Laporte. « C’est mon engagement envers les riverains et toute la population : renforcer ce patrimoine ­collectif, rassure Louis Ng Chi Sing. Puis, lorsque la rénovation sera terminée, je viendrai vivre ma première expérience de la vie bourguignonne. » Furieux, Jean-Michel Guillon n’y croit pas : « L’acheteur du château sera là peut-être trois fois dans l’année. Avec ce genre d’achats on va vers la paupérisation des vignerons, qui deviendront de simples locataires de vignes, voire des employés. » Un « coup de cœur » du Chinois ? « Comme beaucoup de ceux qui réussissent, ils ont plutôt un besoin de reconnaissance. Appartenant à la deuxième puissance économique mondiale, ils se sentent pousser les ailes… » Il faut préciser que 2 domaines sur 3 800 ont été achetés en Bourgogne… mais une vingtaine sur 8  000 dans le Bordelais.

Hôtel de Bourbon-Condé : du Roi-Soleil à la reine de Bahreïn

Propriété de la congrégation des petites sœurs de Marie, l’hôtel particulier de Bourbon-Condé, rue Monsieur, dans le VIIe arrondissement de Paris, appartient désormais à la famille royale du Bahreïn qui a déboursé 66 millions d’euros. Un « coup de cœur de la reine »… pour renflouer les caisses de l’enseignement catholique.

Retour en arrière. La scène se déroule un beau matin du printemps 2008. La mère supérieure découvre la cheikha ­Sabika, une reine du Moyen-Orient, très européanisée, ­moderne et francophone. Loin de l’image qu’elle s’en faisait. « Férue d’histoire de France, la reine savait déjà tout sur les lieux, nous avons fait la visite, et l’après-midi elle renchérissait l’offre d’un million, raconte Marie-Hélène Lundgreen, directrice de Belles Demeures de France. S’acheter une part de la France, c’est une manière de s’offrir un rêve avec tout ce qui va avec : la culture, le luxe, la mode, la gastronomie. » Quelques jours plus tard, lorsque l’émir arrive pour la signature, un mobilier style safari a été installé dans un immense salon vide à l’abandon ! Un rapide coup d’œil pour exprimer sa satisfaction et la vente record est réalisée. La sœur peut enfin souffler. Car cette cession a suscité des tensions au sein même de la communauté. L’affaire est remontée au Vatican qui a dépêché un « commissaire pontifical ». La décision de vendre n’a finalement été approuvée que dans la mesure où l’argent récolté était destiné à rénover une dizaine d’écoles religieuses en France et à permettre la modernisation de quatre écoles primaires.

Les Français attachés à leur patrimoine et paradoxalement « xénophobes » quand il y a un geste de générosité

«  A un tel niveau, l’argent n’a plus d’odeur », persifle un habitant du VIIe arrondissement qui ne supporte pas de voir l’hôtel royal passé aux mains d’étrangers, à l’instar de l’hôtel de Montesquiou, acquis par l’ambassade de Chine… après avoir été vendu par l’Etat à des investisseurs russes. « Nous avons vu très vite que la reine avait un réel respect de la tradition française, une ouverture aux autres religions avec un fort engagement pour faire travailler tous les corps de métier à la restauration dont le montant est supérieur au coût d’acquisition », commente Bertrand de Feydeau, ­ancien directeur de l’immobilier chez Axa, désigné par le Vatican pour diriger le processus de vente. « Il y a un paradoxe chez les Français entre l’attachement au patrimoine et une forme de réaction xénophobe quand il y a un geste de générosité. » La chapelle, réplique de la Sainte-­Chapelle, va-t-elle être détruite ? Telle fut l’une des rumeurs véhiculées par les ­opposants à la vente dans ce quartier très catholique.

Même inquiétude du côté de l’association du Vieux Paris inquiète au début de voir l’hôtel « modernisé » avec du « clinquant ». Le sang de l’ambassadeur de Bahreïn en France ne fait qu’un tour. « Comment peut-on imaginer pareille chose ? Tout se fait dans les règles de l’art avec l’architecte des Monuments historiques et dans le respect minutieux des peintures et des matériaux de l’époque », rappelle Naser Mohamed Youssef Al Belooshi. Et de citer les recherches ­réalisées dans les archives pour retrouver une relique de ­facture du temps de Brongniart concernant… les persiennes. « Il ne s’agit pas de détruire mais de raviver le passé. La reine a même indiqué que son personnel, en majorité catholique, apprécierait beaucoup la chapelle. » Rien n’est laissé au hasard dans la communication de ce petit pays en quête de reconnaissance et souffrant de l’« amalgame » avec certains Etats voisins de la région.

http://www.parismatch.com/Actu/Societe/Ils-s-offrent-un-morceau-de-France-516595

Faut-il armer la rébellion syrienne? Par le général Abel Pertinax

 

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Alors que les forces armées syriennes appuyées par leurs blindés et leur aviation de bombardement sont sur le point de reprendre Qousayr aux insurgés près de la frontière libanaise, une question soulevée par la France et le Royaume-uni, puis écartée par le président François Hollande dans son intervention télévisée du 29 mars sur France 2 pourrait rapidement revenir sur la table : faut-il livrer des armes aux rebelles ?

Outre qu’en autorisant l’exportation d’armes aux insurgés, le gouvernement français foulerait aux pieds la politique de l’UE en la matière – qu’elle a d’ailleurs très largement contribué à mettre sur pied – serait-ce une initiative militairement sensée ?

Le général Abel Pertinax analyse les dangers d’une telle stratégie.

(Crédit photo: AFP)

 

Dans la livraison – encore temporaire – du dernier livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (2013), nous réaffirmons notre volonté de continuer à bâtir une politique européenne, en particulier de défense et de sécurité, « dans le débat démocratique, dans une volonté politique commune, dans des expériences partagées et dans la prise de conscience d’intérêts communs et des priorités stratégiques de tous[1] ». Jusque là, la France avait largement agi dans cette ligne et contribué à harmoniser les positions des Etats Membres de l’UE. Il en était ainsi du « Code de conduite de l’Union européenne en matière d’exportation d’armements», renforcé par la Position Commune 2008/944/PESC du Conseil de l’Union Européenne du 8 décembre 2008, qui définit des règles communes régissant le contrôle des exportations de technologie et d’équipements militaires.

La France s’y engageait ainsi en particulier, au travers de l’art. 3 de ce texte (mais aussi des art. 4, 5 et 6) à ne pas contribuer à aggraver ou prolonger un conflit intérieur dans le pays de « destination finale » (de l’export) :

«  3. Troisième critère: situation intérieure dans le pays de destination finale (existence de tensions ou de conflits armés). Les États membres refusent l’autorisation d’exportation de technologie ou d’équipements militaires susceptibles de provoquer ou de prolonger des conflits armés ou d’aggraver des tensions ou des conflits existants dans le pays de destination finale ».

Notre ministre des affaires étrangères déclarait pourtant au matin du 14 mars dernier sur les ondes de France-Info que la France était un « pays souverain », sous-entendu qu’elle restait libre de faire jouer sa souveraineté décisionnelle : on était donc capable du jour au lendemain, pour une politique étrangère pour le moins incertaine et hésitante, à faire fi de certaines avancées européennes, en particulier celle de sécurité et de défense (PESD ) -rebaptisée politique de sécurité et de défense commune par le traité de Lisbonne (PSDC) – pourtant l’une des priorités françaises au sein de l’UE.

Plus d’actualité, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté, mardi 3 avril dernier, le premier traité de régulation du commerce international des armes conventionnelles. La résolution fut votée par 154 voix pour (dont la France), 3 contre (Syrie, Corée du Nord, Iran) et 23 abstentions … dont la Russie et la Chine. En vertu de ce traité, chaque pays signataire, qui exporte du matériel d’armement à l’étranger, doit évaluer si les armes exportées (vendues ou cédées) risquent d’être utilisées pour contourner un embargo international, commettre un génocide ou d’autres « violations graves » des droits de l’homme. Le raisonnement est le même si ces armes risquent de tomber aux mains de terroristes ou de criminels. Sans commentaires.

L’initiative militaire.

En bafouant ses engagements internationaux et en passant outre l’embargo européen sur les armes à destination de la Syrie, la France ne ferait pas que se parjurer vis-à-vis de ses partenaires de l’UE, et de s’ériger une fois de plus en donneuse de mauvaises leçons : elle prendrait une décision militairement peu réfléchie.

Avec le parcours en solitaire au Mali, les dirigeants français ont toutefois pris du recul, surtout après les découvertes de l’arsenal découvert dans l’Adrar des Ifoghas, qui n’était jusque là que subodoré par le renseignement militaire. Les soldats Français qui ont jugulé et contrôlé intelligemment la communication depuis le début de SERVAL ont marqué des points en laissant complaisamment diffuser les images de la découverte des caches d’armes des djihadistes (sans tout montrer toutefois ; certains armements sont en cours d’évaluation): « n’ouvrons pas une nouvelle boîte de Pandore. Si l’on doit être présent un jour ou l’autre en Syrie, à quelque titre que ce soit, on ne voudrait pas se voir alignés par des armes françaises ou occidentales ! »

Certes, depuis, il y a eu aussi le refus renouvelé des pays de l’Union européenne, les armes risquant de tomber aux mains des milices islamistes radicales qui pourraient à terme déstabiliser (plus encore) la région. Selon les services, plusieurs milliers de djihadistes venus d’Irak, du Liban, d’Arabie Saoudite, d’Egypte et du Maghreb combattent aujourd’hui en Syrie dans les rangs des insurgés. Plane sur les réserves européennes l’ombre du Front al-Nosra dont l’allégeance à al-Qaïda (ou ce qui en tient encore lieu aujourd’hui) est maintenant avérée depuis le 10 avril dernier; sans compter plus récemment une vision moins romantique de l’opposition armée syrienne après la vidéo fort opportunément mise en ligne d’Abou Sakkar, (Khalid al-Hamad) commandant la brigade rebelle Omar al-Farouq, filmé dépeçant un cadavre présenté comme celui d’un soldat des forces régulières syriennes. Des « alliés » peu recommandables et peu fiables quant aux lendemains d’une Syrie post-Bachar. Sans parler de l’exemple donné par l’évolution intérieure de certains pays touchés par la grâce du mal nommé « printemps arabe ».

Même si l’opposition syrienne a promis que les armes qui pourraient lui être livrées ne se trouveraient jamais entre les mains de « tiers » – selon un communiqué de la Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution syrienne du 21 avril – soyons clairs : elles ne le « risquent » pas. Elles le seront ! Sans aucun doute possible, elles sont appelées à être monnayées, échangées d’une façon ou d’une autre, un jour ou l’autre par les combattants sur l’incontrôlable marché des armes dites « légères » d’infanterie.

De son côté, Moscou continue non seulement à soutenir diplomatiquement Bachar el-Assad, mais lui fournit plus que jamais une aide militaire, technique et opérationnelle (instructeurs et coopérants), cruciale pour lui permettre de tenir militairement dans la durée. Il est de plus question de débloquer – au coup par coup, en fonction de l’évolution de la situation armée et de la nature du soutien occidental à l’autre camp – de nouveaux systèmes d’armes. Ne parlons pas de l’aide directe de Téhéran (officiers et combattants des Pasdaran ; armes chinoises, déjà rencontrées par les Israéliens au Liban Sud), ni de l’engagement en masse de ses supplétifs du Hezbollah libanais.

Aucun des acteurs internationaux n’est donc à ce stade en mesure d’offrir, sans une intervention extérieure directe – comme ce fut le cas en Libye – la victoire à son protégé dans ce conflit. La guerre risque de durer longtemps. Et paradoxalement plus encore si les Occidentaux y introduisent des armes supposées faire la différence.

Bien sûr, on peut penser d’emblée aux missiles air-air qui permettraient aux insurgés de faire subir à l’aviation syrienne des pertes conséquentes, lui faire relâcher sa pression et soulager les populations de bombardements iniques.

Une utopie: pourquoi ?

Les Américains ont marqué leurs réticences dans cette voie. Nourris de leurs expériences en Afghanistan (indirecte entre 1979 et 1989, puis directe depuis octobre 2001 dans le cadre d’ « Enduring Freedom »), les Etats-Unis n’ont jusque-là renforcé leur soutien à l’opposition syrienne qu’à petites touches. Barack Obama a jugé jeudi 11 avril que la guerre en Syrie avait atteint un point «crucial» et a débloqué au profit de la rébellion une aide alimentaire et médicale de dix millions de dollars, s’ajoutant aux 117 millions de dollars d’assistance fournie à la Coalition de l’opposition syrienne.

Assistance non létale toutefois : s’agissant de la fourniture d’armements à la rébellion, les Etats-Unis ont bien révisé les leçons du retour d’expérience de leur soutien aux « Combattants de la liberté » contre les Soviétiques en Afghanistan dans les années 80.

Rappel.

C’est dès le 3 juillet 1979 que le Président Jimmy Carter signait un ordre exécutif décidant d’une aide américaine de soutien aux résistants au pouvoir communiste alors en place à Kaboul. Soit … 6 mois avant l’intervention Soviétique. Comme aujourd’hui pour la Syrie, elle resta longtemps « non létale ».Mais elle était appelée à évoluer au fil du temps et de la situation militaire sur le terrain.

En 1983, après trois longues années de revers dus à un manque de préparation, un renseignement militaire  insuffisant, des rigidités doctrinales et une stratégie hésitante, des troupes Soviétiques aguerries reprirent le dessus sur le terrain. La « 40ème armée » – ou plutôt le « Contingent (limité) des forces Soviétiques en Afghanistan » (CLFSA)  –  déployée dans une maestria d’improvisation le 25 décembre 1979, s’était adaptée : à la géographie, à la climatologie, à l’adversaire, et surtout à la guerre que celui-ci voulait imposer aux envahisseurs.

En particulier dans les airs : la troisième dimension joua un rôle stratégique, opératif et tactique important, si ce n’est primordial dans ce théâtre vaste et tourmenté. Les hélicoptères et les aéronefs de combat soviétiques bénéficiaient d’une allonge qui leur permettait à la fois de surveiller et d’interdire des espaces qu’il était souvent difficile voire impossible de contrôler au sol.

Tout comme en Syrie aujourd’hui!

C’est en mars 1985 que le Président Ronald Reagan signa la « National Security Decision 166 » qui autorisait une assistance aux moudjahidines par « tous les moyens disponibles ». Concrétisée – malgré les avis contraires de la CIA et du Pentagone – un an plus tard exactement par l’autorisation concernant précisément la mise à disposition du missile sol-air portable « Stinger ». Malgré la menace avérée que représenta l’introduction de cette arme (septembre 1886) avec le soutien actif organisé par le Pakistan depuis son territoire, qui se traduisit d’emblée par une véritable panique parmi les aviateurs soviétiques et afghans de l’armée nationale, la situation évolua rapidement.

Les experts militaires ont aujourd’hui démonté la légende attribuée par les media à cette arme qui, si elle infligea effectivement au début de son introduction des dégâts sévères aux moyens aériens soviétiques opérant en basse et très basse altitudes (hélicoptères de transport et de combat ; avions d’appui aérien), ne fut pas l’épouvantail qui précipita le départ de la 40ème armée d’Afghanistan, comme on l’a pensé longtemps en Occident, et comme veut le faire croire d’une façon très « hollywoodienne » le trop sympathique film « La guerre selon Charlie Wilson »[2].

L’aviation soviétique, confrontée à cette nouvelle menace, modifia ses procédures  d’emploi, ses tactiques et le matériel aérien lui-même. C’est l’usure du pouvoir soviétique en pleine perestroïka, le manque de soutien du peuple gagné par la glasnost et bientôt informé des difficultés sur le terrain, une situation économique désastreuse dans l’ « empire », sans compter la prise de conscience par Mikhaël Gorbatchev de la pomme de discorde avec l’Ouest que représentait ce conflit qui chassèrent l’Armée Rouge des Travailleurs et Paysans, hors du pays … Pas le « Stinger » américain!

Cette idée qualifiée alors à Washington par certains de « silver bullet » ou de « game changer » fut pourtant défendue dans les cabinets par des conseillers « avisés » – notamment en l’espèce Michaël Pillsbury[3] – et emporta la décision politique au détriment de réserves « techniques et sécuritaires » avancées par les services et les militaires : en particulier qu’elle pouvait tomber entre de mauvaises mains.

Une telle crainte était justifiée, puisque le prestataire de services de la CIA durant ce conflit, l’ISI pakistanais (Inter-Services Intelligence, le service interarmées de renseignement et d’action extérieure du Pakistan) servit en priorité l’extrémiste islamique Gulbudin Hekmatyar, lequel … n’était pas précisément en odeur de sainteté chez les Américains. Depuis, ces derniers ont retenu ces leçons, après avoir redouté pendant plusieurs années retrouver ces armes au sein de tous les foyers du terrorisme islamique de la planète.

Car on ne connait pas avec certitude aujourd’hui la résilience de telles armes, réputées fragiles, dans des conditions de stockage dégradé, ce qui est le cas entre les mains de groupes de guérilla par essence mobiles et vivant dans des conditions rustiques. Ce qui explique d’ailleurs la prudence des opérations aériennes menées durant SERVAL, les aviateurs français n’ayant pas alors la connaissance de l’état de fonctionnement de l’arsenal des rebelles du nord-Mali, en particulier sol-air.

Conséquences :

–                     La parole finit toujours par revenir aux acteurs internationaux les plus crédibles. Les USA et la Russie, engagés vis-à-vis de la Syrie dans un nouveau « Grand Jeu », ont tous deux en l’espèce basé pour partie leur propre analyse sur les errements passés, en tant qu’acteurs direct et indirect de conflits comme l’Afghanistan de l’ère soviétique. Ils en ont sans doute discuté en ces termes lors des entretiens de John Kerry à Moscou le 7 mai dernier.

Très « préoccupée » par les raids israéliens qui se succèdent sur le territoire syrien, et par une hypothétique fourniture d’armes occidentales aux factions rebelles dans ce pays, Moscou pourrait accentuer son propre soutien : on parle de missiles air-air de dernière génération S-300 (une ancienne hypothèse qui n’en est plus une aujourd’hui : des militaires syriens de la défense aérienne ont été d’ores et déjà été formés sur ce système, et les services occidentaux scrutent avec une attention particulière ce qui sort des cargos soviétiques dans le port de Tartous ) et d’avions d’entraînement et d’appui aérien léger et maniable Yak 130. Sans compter ceux dont on ne parle pas encore.

S’agissant du S-300, Aman[4] (le service du renseignement militaire israélien) a sans doute d’ailleurs déjà des certitudes. En effet, contrairement au raid du 30 janvier, les frappes aériennes de l’aviation des Forces de défense d’Israël des 3 et 5 mai derniers autour de Damas ont été cette fois-ci effectuées en stand off, c’est-à-dire en-deçà de la frontière, depuis l’espace aérien libanais où ces pilotes sont chez eux.

Bien entendu le S-300 n’est pas appelé qu’à dissuader Israël ; d’autres moyens, aériens cette fois (plus sophistiqués que le Yak 130 ; on parle de la dernière version du MIG 29) au profit des armées syriennes seront plutôt destinés à rafraîchir la mémoire des spécialistes occidentaux du RETEX (retour d’expérience) militaire : comme les Soviétiques avaient su s’adapter au milieu des années 80 devant la menace des armes occidentales aux mains des moudjahidines, les coopérants russes brevetés de l’Académie militaire des forces armées de la Fédération de Russie – héritière de la célèbre Académie  Frounze à Moscou – ne manqueront pas de former, équiper, transformer et entraîner leurs protégés syriens pour contrer les nouvelles menaces ;

–                     Armer une faction avec quelques armements – si sophistiqués soient-ils (dans l’instant tout au moins : tout est évolutif dans la lutte entre le glaive et le bouclier) – pour faire la différence sur le terrain est ainsi militairement illusoire ;

–                     On ne peut pas faire l’économie d’une analyse de risque prenant en compte le retour d’expérience d’autres conflits –  pas nécessairement les siens propres – avant de prendre une décision militairement peu efficiente à moyen terme mais politiquement et sécuritairement pas neutre à long terme. En attendant, la politique déclaratoire et hésitante de la France sur ce sujet des armes l’a surtout ravalée aux seconds rôles en Syrie, faute de véritable analyse stratégique. Sur ce dernier point, faut-il alors conseiller aux « spin-doctors » de nos cabinets ministériels de demander de temps en temps aux vrais experts ce qu’ils en pensent, et accessoirement … de lire le dernier livre blanc soumis à l’approbation du chef de l’Etat ?

Armer les factions rebelles syriennes, ce ne serait que rajouter de la guerre à la guerre : continuer à faire « bouillir la marmite », pour paraphraser feu le Président pakistanais Zia ul-Haq[5].

[1] Chap. 1, « La France dans le nouveau paysage stratégique », § B. : « La France engagée dans des constructions institutionnelles qui accroissent sa sécurité mais aussi ses responsabilités »

[2] « La Guerre selon Charlie Wilson » (Charlie Wilson’s War) : film réalisé par Mike Nichols,  sorti aux USA en décembre 2007, sur la guerre soviétique en Afghanistan.  C’est une adaptation du livre « La Guerre de Charlie Wilson : L’extraordinaire histoire de la plus grande opération secrète de l’histoire », de George Crile (Atlantic Monthly Press ; New-York, 2003) selon lequel la CIA aurait gagné cette guerre contre les Soviétiques par moudjahidines afghans interposés, grâce notamment à l’introduction du missile anti-aérien à très courte porte portée « Stinger » à leur profit.

[3] Au Pentagone sous l’administration Reagan, il officia en tant que conseiller pour le sous-secrétaire à la défense en charge de la planification politique

[4] Military Intelligence Directorate – Israël

[5] Nommé en octobre 1976 chef de l’armée pakistanaise par le Président Zulfikar Ali Bhutto, il renverse celui-ci en 1977 avec la complicité du chef de l’ISI.  Il sera président de la République de septembre 1978 jusqu’à sa mort dans un « accident » d’avion en 1988.

http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/2013/05/faut-il-armer-la-rebellion-syr.html

 

Paris reste «partie prenante» en Syrie

Ecartée des tractations pour l’organisation d’une conférence internationale sur le conflit en Syrie, Paris fait le forcing. Au cours d’une conférence de presse, François Hollande a fait valoir qu’il participait aux discussions de cette conférence.

Washington et Moscou sont en première ligne sur le dossier syrien en discutant d’une conférence internationale. Mais François Hollande a fait valoir jeudi qu’il restait dans le jeu. La France, a-t-il déclaré, est «partie prenante» des tractations visant à réunir cette conférence, encore bien hypothétique toutefois, qui permettrait un début de dialogue entre représentants de l’opposition et du régime de Damas. D’ailleurs, la résolution de ce conflit «ne peut pas être simplement traitée à deux pays, ça doit se faire avec l’ensemble de la communauté internationale», a déclaré François Hollande. La France, a-t-il poursuivi, a «toujours été à l’initiative» sur cette question depuis mai 2012. Le président de la République a d’ailleurs expliqué avoir proposé à Vladimir Poutine l’organisation d’une telle conférence regroupant des «personnalités qui pourraient être acceptées» qui engageraient le dialogue sur une transition en Syrie. «Poutine a dit d’accord», a déclaré le chef de l’État en répétant sa volonté de trouver un chemin sur la base de l’accord de Genève, signé en juin dernier, à ce jour le seul texte adopté par les protagonistes du conflit.

Il y a quelques semaines, la position de la France sur le conflit syrien a connu un revirement remarquable. Dès le début de la crise syrienne, la France s’est tenue aux premières lignes dans la guerre contre le régime du président Bachar al-Assad. Ses services spéciaux s’activent sur le terrain, ses diplomates occupent le devant de la scène et ses dirigeants jouent les durs. Mais depuis quelques semaines, le ton a changé. Les fanfaronnades ont disparu, le ton a baissé, le discours est devenu moins belliqueux. Le même Laurent Fabius qui fixait des dates, dans ses rencontres privées, pour annoncer la chute prochaine de Bachar al-Assad, devient subitement un fervent partisan de la solution politique, exprimant ses craintes à l’égard d’«une tragédie syrienne qui peut être la pire catastrophe humanitaire de ce début de siècle», oubliant que son pays est coupable, avec d’autres, d’avoir allumé le feu.

«Le sort d’Assad principal écueil»

La principale pierre d’achoppement demeure le sort de Bachar el-Assad, que la Russie se refuse toujours à «lâcher». Lors de sa conférence de presse, François Hollande a rappelé le préalable qu’il met en avant, comme son prédécesseur d’ailleurs: le départ de Bachar que l’on ne peut absolument «pas convier» à une future conférence. «Il faut discuter franchement avec les Russes pour les convaincre qu’il est de leur intérêt d’en terminer avec Bachar», a souligné François Hollande. La participation de l’Iran, exigée jeudi par Moscou, s’annonce également comme un sérieux problème.

Dans l’immédiat, le conflit se poursuit et son onde de choc s’approfondit dans la région, s’est alarmé le chef de l’État. «Il y a urgence à régler la question sur le plan politique mais tout en maintenant la pression sur le plan militaire», a-t-il ajouté, relevant que les Russes, eux, même «s’ils parlent d’une conférence, continuent de livrer des armes» au régime de Damas. Le président ne pouvait donc éluder la question de l’embargo européen, et son corollaire, la livraison d’armes aux rebelles, qui doit être tranchée par les Vingt-Sept d’ici à la fin mai. Paris aiderait bien la rébellion modérée à se défendre. Mais il est «inimaginable» de livrer des armes aux «djihadistes» radicaux du Front al-Nosra, a-t-il rappelé.

Source : le Figaro, édité par : moqawama.org

http://french.moqawama.org/essaydetails.php?eid=9457&cid=287