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De la guerre impérialiste contre la Syrie : Erdogan Pacha, le dernier des sultans ottomans

Erdogan sultan

Généralités

Lors d’une réception au palais présidentiel à Damas, le 9 août 2011, le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, adressa au président syrien, Bachar al-Assad, un message dur et ferme, et lui demanda de mettre fin à la « répression sanglante des manifestations pacifiques en Syrie [1] » avant qu’il fût trop tard.

En ce jour inoubliable, M. Davutoglu arriva à Damas, après avoir chevauché jours et nuits à travers le plateau anatolien. Lors de son arrivée aux murailles de la ville, il contourna les souks et les caravansérails de l’ancien quartier, et se précipita rapidement vers Qasr al-Muhajerine – le palais présidentiel – entouré de fleurs d’acacia et de gardénia. Sans laisser sécher la sueur qui perlait sur son front ni repousser la poussière qui couvrait sa poulaine [2] ; il s’appuya sur le bâton et le gant de Charlemagne [3], et se tint debout devant Assad, comme Ganelon [4] devant Marsile [5] ; et plein d’arrogance, il commença son discours en tant que messager de la Sainte-Alliance arabo-atlantique.

En effet, Ahmet Davutoglu fut arrivé à la capitale des Omeyyades porteur d’un message «déterminé», selon l’expression du premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan ; M. Davutoglu fut envoyé par la Sainte-Alliance pour livrer au président syrien Assad un message occidental, mis dans une enveloppe arabique et payé en timbres turcs issus de la PTT (posta ve telgraf teşkilatı) [6].

Au début de la guerre impérialiste contre la Syrie

Il suffit de faire ici le parallèle avec les déclarations des chefs atlantiques et arabiques, de la même période, pour savoir à quel point la Turquie était impliquée, dès le début, dans la guerre contre la Syrie. La preuve en est que lors de sa rencontre avec le président Assad, M. Davutoglu déclara que la Turquie ne pourrait pas rester spectatrice face à des événements survenant dans un pays avec lequel elle partageait une frontière d’environ 900 km, des liens historiques, culturels et familiaux [7]. Il ajouta aussi que le message d’Ankara serait désormais plus strict, plus fort et plus clair ; la Turquie se tenait au bout de sa patience, ajouta-t-il [8].

Le soir même, la secrétaire d’État des États-Unis, Hillary Clinton, demanda à M. Davutoglu de dire au président Assad qu’il dût « renvoyer ses soldats dans leurs casernes » [9]. De son côté, l’Union européenne envisagea de nouvelles sanctions. Le service diplomatique européen fut chargé de préparer une liste d’options pour aller au-delà de ce qui était en vigueur [10] ; et la France, qui dissimulait une rancune de nature colonialiste envers la Syrie,  se prononça pour la mise en œuvre d’une transition du pouvoir : «  le temps de l’impunité est révolu pour les autorités syriennes », indiqua Christine Fages, alors porte-parole ajointe du ministère des Affaires étrangères [11].

Il est à noter ici que les émirs et sultans arabiques, crainte de rater l’ouvre-bouche [12], exhortèrent la Syrie à mettre fin à l’ « effusion de sang ». Le roi Abdallah d’Arabie saoudite déclara que la Syrie n’avait que deux choix pour son avenir : « opter volontairement pour la sagesse ou s’enliser dans le chaos et la violence », résuma-t-il dans un communiqué au ton inhabituellement sévère à l’égard de l’État syrien. De son côté, le chef de la diplomatie koweïtienne, cheikh Mohammed Al-Sabah, rendit hommage à la décision similaire de l’Arabie saoudite. Plus tard, l’État du Bahreïn se joignit au festin et prit part du Rôt [13] : « Bahreïn a décidé de rappeler son ambassadeur à Damas pour consultation et appelle à la sagesse en Syrie », déclara le ministre des Affaires étrangères bahreïni, cheikh Khaled Ben Ahmad Al-Khalifa [14]. En effet, ces émirs et sultans arabiques, ces despotes et tyrans des monarchies absolues du monde arabe, se précipitèrent au festin Faisan [15] de l’Union européenne, non seulement pour célébrer le déclenchement de la guerre impérialiste contre la Syrie, mais aussi pour mettre de l’huile sur le feu de la haine religieuse envers les minorités musulmanes hétérodoxes partout dans le monde musulman.

En dépit des menaces directes et sous entendues, la Syrie rejeta l’ultimatum de la Sainte-Alliance ; et la conseillère politique du président syrien, la Dr. Bouthaina Shaaban, prévint que le diplomate [turc] devrait s’attendre à un accueil glacial et que la Syrie serait prête à livrer à Ankara un message encore plus ferme que celui de M. Davutoglu, rejetant ainsi l’ultimatum :

Si […] Davutoglu vient délivrer un message déterminé à la Syrie, alors il entendra des propos encore plus déterminés concernant la position de la Turquie. La Turquie n’a toujours pas condamné les meurtres sauvages de civils et de soldats par les groupes terroristes armés, a-t-il dit à l’agence SANA [16].

Suite au rejet de l’ultimatum par l’État syrien, la guerre impérialiste contre la Syrie fut déclenchée, et les ingérences étrangères prirent une ligne ascendante.

M. Davutoglu retourna à Ankara portant déçu et échoué de « faire peur » au président syrien Assad, et ses menaces furent emportées par le vent ; la Syrie eut déjà prit une décision ferme et déterminée : résister, confronter et mener le pays vers une victoire décisive, malgré le taux élevé des sacrifices.

En réaction à la décision de l’État syrien, la Sainte-Alliance décida d’enlever le masque et de montrer son visage effrayant : ou Assad démissionne ou la Syrie sera détruite complètement. Ainsi, des opposants prétendus se furent réunis à Istanbul dans le but de créer un front uni contre l’État syrien ; le lendemain, le misérable Conseil national syrien (CNS) naquit, présidé alors par un universitaire basé à Paris, monsieur Burhan Ghalioun [17].

Deux jours plus tard, le 4 octobre 2011, la création  du CNS fut suivie d’un projet de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU condamnant la Syrie, mais qui fut opposé par un double veto russe et chinois. Moscou s’opposa à « l’approche d’affrontement » qui irait « à l’encontre d’un règlement pacifique de la crise », tandis que Pékin rejeta l’« ingérence dans les affaires intérieures » d’un pays [18].

Nous étions encore au début de la guerre impérialiste contre la Syrie.

Erdogan Pacha : le sceau du califat ottoman

Tout ce que nous avons mentionné ci-devant appartient d’ores et déjà à l’histoire ; l’État syrien n’a pas seulement résisté face à la guerre impérialiste la plus atroce du siècle, mais son armée mène des victoires décisives sur le terrain contre des vagues de « nouveaux Mongols » qui avaient envahi le territoire syrien par la grâce et la bénédiction du calife d’Istanbul, Erdogan Pacha.

Pourtant, aujourd’hui Erdogan n’est plus un sadrazam [19], ni Davutoglu un reis efendi [20]À la deuxième semaine d’un mouvement de contestation sans précédent, les forces démocratiques turques apprennent leurs préparatifs ; elles continuent à se précipiter vers les places publiques et à crier leur ras-le-bol contre le gouvernement Erdogan. Les manifestants sont des militants de la société civile, des élèves, des étudiants, des sans-emplois, des partisans de l’opposition de gauche et de l’extrême gauche ainsi que des écologistes. Leurs revendications : d’abord l’abandon par le gouvernement d’un projet immobilier sur la place Taksim, épicentre de l’actuel soulèvement à Istanbul et symbole historique de la république et du laïcisme turcs. Un projet qui prévoit notamment la construction d’une mosquée et d’un gigantesque centre commercial. Cependant, l’opposition à ce projet n’est qu’un prétexte pour de nombreux Turcs pour faire entendre leur frustration vis-à-vis les limitations des libertés publiques et les politiques anti-démocratiques de l’AKP, le parti au pouvoir.

Sur un autre plan, il faut mentionner ici l’article publié cette semaine dans le magazine britannique The Economist, traitant des derniers événements à la place Taksim à Istanbul. L’intérêt que présente un tel article ne se trouve pas certainement dans son contenu – un contenu qui ne rompt pas, évidemment, avec le discours occidental « classique » sur l’Orient et les Orientaux –, ni dans l’approche que l’auteur suit, mais bien plutôt dans le titre qu’il porte « Turkey’s troubles : Democrat or Sultan ? » [21] ainsi que dans le montage du portrait du sultan ottoman Selim III avec la tête du premier ministre turc M. Erdogan.

Tout tourne autour du point suivant : pour que le magazine The Economist – un magazine monopole lié certainement aux centres de pouvoir impérialistes – publie un tel article avec un tel titre et une telle photo, prenant en critique un allié le plus fidèle à la Sainte-Alliance dans sa guerre contre la Syrie, il devrait avoir une bonne raison. Or, cette « bonne » raison ne se trouve nécessairement pas dans les paragraphes de l’article ni dans le discours qu’il propage à propos de la démocratie. Autrement dit, l’impression créée au moment de la lecture de l’article mentionné ci-dessus est la suivante : Erdogan Pacha est en train d’abuser la démocratie, et le magazine The Economist l’avertit ; tout simplement ! Malheureusement, une telle lecture fait partie de ce que l’on appelle « le degré zéro de l’esprit critique » voire « le stade suprême de la naïveté politique ». Certainement, la raison pour laquelle cet article apparaît dans The Economist à ce moment précis se trouve ailleurs ; surtout quand on sait que ce n’est pas la première fois, pendant les 10 ans de mandat, que M. Erdogan « abuse » la démocratie dans son pays ; ni la première fois non plus qu’il met de l’huile sur le feu de la haine chauviniste et religieuse contre les groupes ethniques et religieux de la Turquie, tels que les Kurdes, les Arméniens et les alaouites, sans qu’il soit protégé et couvert par le silence des médias monopoles, qui jouaient, jusqu’à la veille, l’aveugle, le sourd et le muet face aux pratiques hostiles du monsieur Erdogan.

Pour rappel, monsieur Erdogan et son ministre des Affaires étrangères M. Davutoglu se présentent en tant que fer de lance de la guerre impérialiste contre la Syrie ; et pendant deux ans et quelque, ils prononcent un discours « surprenant » sur les droits de l’homme, la démocratie, la liberté, la justice, la tolérance ; promettant ainsi aux peuples des « anciennes provinces arabes » de l’Empire ottoman une nouvelle ère de lumière, de justice et de prospérité, jusqu’au point où nous aurions cru voir Voltaire et Montesquieu – que la paix soit sur leurs noms – s’adressant aux masses arabes en personnes d’Erdogan et de reis efendi Davutoglu.

À plus forte raison, la parution d’un tel article dans le magazine The Economist doit être lu dans le contexte des victoires décisives que mène l’armée arabe syrienne sur le terrain contre les groupes takfiris, qui prennent des régions turques frontalières avec la Syrie un arrière-front. Autrement dit, il faut bien dire que les centres de pouvoir impérialistes ne connaissent pas d’amis permanents ni d’ennemis permanents, mais bien plutôt d’intérêts permanents ; et qu’après deux ans et quelque de guerre impérialiste contre la Syrie, dont les « joueurs » principaux étaient jusqu’à la veille le sadrazam M. Erdogan et sonreis efendi M. Davutoglu, la Sainte-Alliance a échoué à renverser le régime du président Assad, malgré les chiffres catastrophiques des pertes matérielles et humaines, malgré aussi le recours à tous les Centaures [22] et les Minotaures [23] de Hadès. Ce qui revient à dire que les puissances impérialistes cherchent désormais à remplacer M. Erdogan, qui vient de recevoir la « carte rouge », par un autre « joueur » turc, qui serait prêt à courir, comme un Maradona, dans le stade d’un certain compromis international prévu sur la Syrie entre Moscou et Washington.

Le peuple turc demande le départ d’Erdogan

Il y a un an et demi, précisément le 22 novembre 2011, M. Erdogan, avait exhorté le président syrien Bachar al-Assad à quitter le pouvoir afin de « prévenir davantage d’effusion de sang » dans le pays : « Pour le salut de ton peuple, de ton pays et de la région, quitte désormais le pouvoir », a-il déclaré au Parlement devant le groupe parlementaire de son parti de la justice et du développement, AKP [24].

Or, dix-huit mois plus tard, aujourd’hui sur la place Taksim et dans le parc Gezi à Istanbul,  des milliers de militants turcs de la société civile et des forces démocratiques, qui sont ensuite descendus chaque jour dans les rues de tout le pays, réclament maintenant la démission du premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, qu’ils accusent de diriger un gouvernement conservateur qui tente d’islamiser le pays et de réduire la portée de la démocratie et de la laïcité.

Dans la plaine avec les Douze

Ainsi, Jésus descendit de la montagne avec les douze Apôtres et s’arrêta dans la plaine. Il y avait là un grand nombre de ses disciples, et une foule de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon (…) Regardant alors ses disciples, Jésus dit : « Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil à toi ! Ou comment peux-tu dire à ton frère : Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil, toi qui ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille qui est dans l’œil de ton frère » [25].

Fida Dakroub, Ph.D

 

Blog officiel de l’auteur : www.fidadakroub.net

Source de l’image : Democrat or sultan? The Economist, 8 juin 2013.

Notes

[1] Today’s Zaman. (8 août 2011). “Davutoğlu to deliver harsh message to Damascus”. Récupéré le 08 août 2012 de

http://www.todayszaman.com/news-253150-davutoglu-to-deliver-harsh-message-to-damascus.html

[2] La poulaine est une chaussure du Moyen Âge (XIVe siècle) allongée, à l’extrémité pointue mesurant jusqu’à 50 cm, généralement relevée. Plus l’on appartenait à une classe sociale élevée, plus la pointe était longue. Pour les rois, la taille de l’extrémité pouvait être aussi grande que voulu. Le bout est rembourré de mousse ou chanvre pour la rigidité de la pointe.

[3] Dans « La Chanson de Roland », le bâton et le gant de l’empereur Charlemagne signifient le pouvoir conféré au messager.

[4] Personnage littéraire de « La Chanson de Roland », Ganelon est le fils de Griffon, comte d’Hautefeuille. Il est le beau-père de Roland. Il est le messager de Charlemagne au roi de Saragosse. Pourtant, c’est lui qui trahit Roland en le mettant à l’arrière-garde qui devait se faire attaquer par les sarrasins. Pour cette raison il est d’une certaine manière devenu, dans la tradition française, l’archétype du félon ou du traître.

[5] Marsile est le nom d’un personnage légendaire figurant dans « La Chanson de Roland » ou « La Chanson de Roncevaux ». Il est le roi sarrasin de Saragosse et ennemi de Charlemagne.

[6] Abréviation turque de « Posta ve Telgraf Teşkilatı Genel Müdürlüğü » ou La Direction générale des postes et des télécommunications turques.

[7] Le Point. ( 9 août 2011) Syrie: le chef de la diplomatie turque arrivé à Damas avec un message ferme pour Assad. Récupéré le 18 août 2012 de

http://www.lepoint.fr/monde/syrie-le-chef-de-la-diplomatie-turque-arrive-a-damas-avec-un-message-ferme-pour-assad-09-08-2011-1361030_24.php

[8] Today’s Zaman, loc. cit.

[9] Le Monde. (8 août 2012). Le président syrien de plus en plus isolé après le rappel d’ambassadeurs de pays arabes. Récupéré le 27 août 2012 de

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/08/08/l-arabie-saoudite-rappelle-son-ambassadeur-en-syrie-et-critique-le-regime_1557154_3218.html

[10] loc.cit.

[11] loc.cit.

[12] Au Moyen-âge, le banquet commence par des salades ou des fruits frais de saison afin de préparer l’estomac à recevoir des plats plus riches.

[13] Au Moyen-âge, le banquet comprenait aussi « le Rôt », un plat principal qui se composait de viandes rôtis accompagnées de sauces diverses.

[14] Le Monde. (8 août 2012). loc. cit.

[15] La cour de Bourgogne développa une étiquette de la table sans précédent par son raffinement et sa ritualisation. Elle fit de chaque banquet un spectacle permanent. Le plus célèbre, auquel assistèrent d’ailleurs des centaines de convives et de spectateurs, était le banquet du Faisan, tenu à Lille en 1454.

[16] Le Devoir. (8 août 2011). Damas passe de nouveau à l’attaque. Récupéré le 18 août 2012 de

http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/328916/damas-passe-de-nouveau-a-l-attaque

[17]Le Devoir. (4 octobre 2011). Mabrouk ! – Syrie : euphorie et émotion accueillent la création du Conseil national. Récupéré le 18 août 2012 de

http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/332818/mabrouk-syrie-euphorie-et-emotion-accueillent-la-creation-du-conseil-national

[18] Radio Canada. (5 octobre 2011). Résolution de l’ONU sur la Syrie : le veto sino-russe critiqué par l’opposition, applaudi par Damas. Récupéré le 21 août 2012 de

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/10/05/004-syrie_resolution_onu-critiques-veto_russie_chine.shtml

[19] Le sadrazam ou le grand vizir était le premier ministre de l’Empire ottoman.

[20] Le reis efendi était le ministre des Affaires étrangères de l’Empire ottoman.

[21] The Economist. (8 juin 2013). “Turkey’s troubles. Democrat or sultan?”.  Récupéré le 10 juin 2013 de

http://www.economist.com/news/leaders/21579004-recep-tayyip-erdogan-should-heed-turkeys-street-protesters-not-dismiss-them-democrat-or-sultan

[22] Dans la mythologie grecque, les Centaures étaient des créatures mi-hommes mi-chevaux. Ils descendaient d’Ixion, le premier homme à avoir assassiné un membre de sa famille, et qui conçut le premier Centaure en s’unissant à une nuée à laquelle Zeus, le dieu suprême, avait donné la forme de son épouse, Héra. Les Centaures vivaient en Thessalie, autour du mont Pélion, et étaient considérés comme des êtres sauvages, non-civilisés.

[23] Dans la mythologie grecque, le Minotaure ou « taureau de Minos » est un monstre assez hideux à tête de taureau et au corps d’homme. Le Minotaure est né des amours de la reine de Crète Pasiphaé et d’un taureau blanc que le roi Minos n’avait pas sacrifié à Poséidon.

[24] Le Monde. (22 novembre 2011). Le premier ministre turc demande le départ de Bachar Al-Assad. Récupéré le 12 juin 2013 de

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/11/22/le-president-turc-abdullah-gul-avertit-de-nouveau-bachar-al-assad_1607282_3218.html

[25] Évangile de Jésus selon Luc, (6 :41 – 42).

Docteur en Études françaises (The University of Western Ontario, 2010), Fida Dakroub est écrivain et chercheur en théorie bakhtinienne. Elle est  aussi militante pour la paix et les droits civiques.

http://www.mondialisation.ca/de-la-guerre-imperialiste-contre-la-syrie-erdogan-pacha-le-dernier-des-sultans-ottomans/5338824

Rôde l’insaisissables S-300, qui arrive, s’en va, revient…

Hier, à 16H00, c’était assuré : au moins un contingent de S-300 russes était arrivés en Syrie, selon une déclaration télévisée de Bachar Al-Assad non encore diffusée mais dont on avait “fuité” quelques extraits. Hier, à 18H00, la chose était démentie : mais non, Assad ne dit pas du tout cela, ou, dans tous les cas, il ne dirait pas cela. Il n’y a pas de S-300 en Syrie. Hier, en fin de soirée, après la transmission de l’interview d’Assad, on restait tout de même dans l’incertitude : Assad n’a pas dit que des S-300 étaient arrivés en Syrie, mais il n’a pas dit non plus que des S-300 n’étaient pas arrivés en Syrie, – simplement parce qu’il a refusé de répondre à la question précise sur le cas. Par contre, il a dit que les Russes ont toujours rempli leurs obligations contractuelles vis-à-vis de la Syrie, et comme il y a eu un contrat signé pour des S-300… Ce qui veut dire à peu près tout, que des S-300 ont été livrés, qu’ils sont en cours de livraison, qu’ils seront livrés plus tard…

Les nouvelles ont donc dû être ajustées selon ces nouveaux développements, comme le fait DEBKAFiles, le 30 mai 2013 en citant comme toujours des “sources du renseignement israélien”, comme nous-mêmes après tout avec ce texte, après notre texte du 30 mai 2013… Le Guardian qui, comme tout le monde, avait annoncé la livraison des S-300 (ce 30 mai 2013), puis dans sa rubrique Live avait démenti («Earlier reports that Assad claimed he had received a first shipment of anti-aircraft missiles from Russia appear to have been wrong»), aboutit finalement à un commentaire mi-figue mi-raisin, où l’on admirera la rhétorique à la fois retenue et pourtant évocatrice qui est finalement un reflet assez exact de la perception qu’on a de cette situation… (Ce 31 mai 2013.)

«Syria’s president, Bashar al-Assad, has said Russia will deliver anti-aircraft missiles to Syria – a claim likely to dramatically increase tensions in the region and which could provoke the Israelis to launch a future strike against the weapons. In an interview with Lebanon’s al-Manar channel Assad refused to confirm if Moscow had already begun to deliver long-range S-300 air defence rockets. But he said he expected the Kremlin to fulfil the order, and added: “All our agreements with Russia will be implemented and parts of them have already been implemented.” […]

«There was confusion on Thursday in western capitals after an early version of the interview quoted Assad as saying the S-300s had already arrived. US officials said they did not know the situation. One high-ranking Israeli official said: “We are trying to find out exactly what the situation is but currently we just don’t know.” Analysts said it was possible some elements of the S-300 system – made up of launchers, radar and a command-and-control vehicle – had turned up but doubted the system was yet operational.»

L’annonce initiale de l’affirmation supposée d’Assad de la livraison d’une première série de S-300 avait provoqué un amoncellement de commentaires, selon les hypothèses sur l’attitude d’Israël qui avait auparavant annoncé qu’il attaquerait une telle livraison de S-300. Parmi ces commentaires, retenons celui de Giora Eiland que nous avons déjà cité (voir le 27 mai 2013), qui exprime la préoccupation générale des milieux de sécurité nationale israéliens : «If we do something soon after the transfer, we might have business not only with Syria but with the Russians. This is a real hot potato.» D’une façon générale, les Israéliens reportent leur frustration dans cette affaire sur les Européens, dont ils estiment que la décision de lever l’embargo sur les armes pour les rebelles est la cause de cette aggravation générale de la perception de la situation. Un officiel est cité par le Guardian, qui parlait alors qu’on tenait pour assurée la livraison d’un premier contingent de S-300, mais qui exprime un sentiment israélien général, livraison effective ou pas :

«This move will certainly change the whole dynamic. This is mostly as a result of the EU’s reckless decision to lift the arms embargo. I don’t know if the shipment of the missiles was a direct result of that decision, but it certainly gave the Russians a pretext to go ahead and do what they wanted to do in the first place. If they had any misgivings, doubts about the timing, the EU decision rid them of these.»

Les Russes, eux, sont restés complètement silencieux durant tout cet épisode d’hier avant d’affirmer qu’aucun envoi de S-300 opérationnels n’avait encore été fait, et ce silence est plutôt le signe de l’inflexibilité de leur position principielle générale, telle que les Israéliens ont pu s’en apercevoir lors des rencontres qu’ils ont eues avec eux à propos des S-300. Les Russes ne bougent pas d’un pouce ; sur le fait en débat, ils s’en tiennent à leur position bien connue qui est, d’abord, que le contrat signé en 2010 sera honoré d’une façon ou l’autre ; qui est, ensuite, que le S-300 est un “facteur stabilisant” (voir Russia Today le 28 mai 2013), parce qu’il est là pour dissuader Israël, et d’autres bien entendu, d’attaquer. La position des Russes est ainsi caractéristique, ou dans tous les cas symbolique : ils entendent montrer et sans doute garder le plus grand sang-froid, d’abord parce que leur ligne inflexible le leur permet, ensuite parce qu’ils tiennent les cartes de cette séquence en mains (c’est eux qui sont la source de livraison des S-300) ; et ils observent, sans doute avec une certaine ironie, le désordre et l’alarme extraordinaire causés par une annonce “fuitée”, puis démentie, puis apparaissant comme pas tout à fait complètement démentie… Si le discours très vague et sans signification d’Assad maintient tout de même la tension, c’est parce que, quelques heures auparavant, il y a eu l’épisode de la “fuite” qui, même s’il était basé sur une fausse interprétation ou bien sur une interprétation volontairement distordue (une telle manœuvre, si non e vero, e ben trovato), a suscité une situation de vérité : la mise à nue de l’extrême tension qui entoure une affaire finalement très secondaire (le cas des S-300) dans l’étrange et insaisissable “guerre syrienne”. Mais cette “affaire secondaire” exprime aujourd’hui le climat général. Tout cela montre la sensibilité extrême, l’absence de contrôle même, qui caractérise, du côté du bloc BAO, y compris et surtout du côté des Israéliens qu’on a connus plus maîtres d’eux, tout ce qui concerne la Syrie. La cause de ce climat est que la position du bloc BAO vis-à-vis de la Syrie est elle-même structurée sur une vision et une référence complètement distordues par la narrative générale, donc par une construction d’une fausse réalité, finalement très déstabilisante pour les psychologies.

C’est cet aspect qui est intéressant, cet emballement, cette dramatisation, jusqu’à l’évocation d’un affrontement entre Israël et la Russie qui est pour certains la voie vers une guerre généralisée, qui se déclenchent sur la foi d’une information “fuitée”, concernant un aspect très secondaire du conflit. La confusion est d’ailleurs étendue à l’objet du litige, puisque les avis continuent à être très divergents sur les capacités opérationnelles du S-300. Mais finalement, lorsque le Guardian qualifie ce missile de “game-changer” (le 30 mai 2013), il a raison psychologiquement, et c’est ce qui compte : quelles que soient les performances du S-300, l’idée que sa livraison constitue un élément fondamentalement nouveau, sans vraiment d’autres précisions ni la moindre certitude, est désormais un fait politique avéré d’une grande importance, qui a effectivement changé la situation de la “guerre syrienne”… Et des précisions techniques disponibles, on ne retient que celles qui alimentent l’incertitude aggravant le désarroi et la tension. Cet officiel du ministre de la défense russe énumère pour Reuters les limitations de l’efficacité du S-300, qui est un engin déjà ancien, mais on ne retient que la dernière remarque (soulignée en gras par nous), qui est anodine dans son évidence, – mais qui convient à l’état de la psychologie autour de la “guerre syrienne” aggravée par le S-300 :

«A Russian defence ministry source has told Reuters he knew of no qualified Syrians trained by Moscow to use the S-300s, putting the completion of the anti-aircraft system in Syria at “six to 12 months from now”. He added that the Israelis “likely have a million ways to combat the S-300 electronically”, but said that since these methods had not been tested in war “whether the S-300 would fail or not cannot be known.”»

L’épisode d’hier, qui est un épisode lorsqu’il est appréciée dans son intégralités sans aucun élément nouveau, a pourtant complètement modifié le climat, et changé la psychologie autour de la “guerre syrienne”. Il l’a soudain rendu ce climat beaucoup plus tendu et alarmant dans sa potentialité effective, et non plus théorique, en agitant la possibilité très concrète d’un affrontement entre Israël et la Russie, – affrontement que ni l’un ni l’autre ne veulent pourtant, et qu’ils tenteront à tout prix d’éviter (mais sans céder sur l’essentiel dans le cas des Russes). On voit bien l’influence de l’infrastructure crisique où se trouve embourbée cette “insaisissable guerre syrienne”, totalement caractérisée du côté du bloc BAO par l’incohérence, la confusion, la narrative comme référence des politiques conduites, et cela si complètement grossi par le système de la communication que la vérité de la situation finit par en être influencée. La crise syrienne s’est donc brusquement aggravée hier sans que rien de concrètement nouveau n’ait eu lieu, et à cause d’un épisode complètement secondaire (les S-300) par rapport à la substance de la crise. Voilà une bonne définition de la vérité générale elle-même de la situation, qui est de faire d’une crise (la crise syrienne) qui n’a en elle-même qu’une importance secondaire, la messagère et l’expression de toutes les tensions intérieures suscitées par la crise générale du Système.

 

Mis en ligne le 31 mai 2013 à 06H48

http://www.dedefensa.org/article-r_de_l_insaisissables_s-300_qui_arrive_s_en_va_revient_31_05_2013.html

Syrie, guerre insaisissable

Patrick Cockburn, qui publie dans une vaste palette de journaux, de revues et de sites, de The Independent à CounterPunch, est évidemment connu comme spécialiste des guerres et divers troubles du Moyen-Orient. Un article de lui dans la London Review of Books du 23 mai 2013, sous la forme d’une analyse de réflexion à partir de ses reportages plutôt que d’un simple reportage, présente un intérêt certain… On pourrait le prendre, cet article, comme une tentative d’identification de la “guerre syrienne” (avec les guillemets que nous prenons toujours la précaution de mettre, comme devant une sorte d’“objet guerrier non identifié”).

Certes, l’article de Cockburn redresse nombre d’insanités et de grossièretés des esprits les plus zélés des élites-Système du bloc BAO. Mais cela, c’est l’examen quotidien de l’infamie et du désordre du bloc américaniste-occidentaliste, dont la particularité est une constante accélération de la subversion et de l’inversion des fonctions de perception et de nuanciation des réalités rencontrées. On retrouve le désordre extraordinaire de la perception qui s’accompagne de cette étrange atonie intellectuelle semblant interdire toute évolution du jugement. Cockburn met indirectement cela en évidence, par quelques rappels historiques et par la simple confrontation de son expérience et des réactions que cette expérience suscite. Mais il y a autre chose, de beaucoup plus passionnant, qui se dégage indirectement et plus profondément du texte de Cockburn, sans que lui-même identifie précisément cette question. Il s’agit d’une sorte d’impuissance, d’incapacité intellectuelle objective à saisir l’essence même de cette guerre, sa signification, son identité, – et cette fois, cela même pour ceux qui perçoivent sans entrave et observent lucidement, et surtout sinon exclusivement pour ceux-là puisque les autres en restent docilement à la narrative conformiste qui leur tient lieu de plat du jour.

Nous avons choisi deux extraits de cet article. Le premier, le plus important, est l’entrée de l’article. Il décrit la situation et pourrait être finalement résumé par le constat que “personne ne sait vraiment ce qui se passe”, – pour ajouter tout de même que toutes les prévisions occidentales, particulièrement sur la rapidité du conflit, sur l’issue évidente (la chute d’Assad en quelques semaines) se sont révélées d’une fausseté telle qu’on atteint ici à un phénomène objectif où la propagande, y compris l’auto-persuasion, ne suffisent plus à expliquer l’aveuglement. C’est alors (immédiatement à la suite de l’extrait) que Cockburn poursuit, accentuant cette impression d’insaisissabilité opérationnelle : «The reality is that no one is [winning the war…]» Il enchaîne en repoussant les comparaisons avec les autres interventions, révoltes ou conflits du printemps arabe ayant abouti (Tunisie, Égypte, Libye) pour en revenir à des références plus insaisissables (guerre civile de 15 ans au Liban, guerre civile toujours en cours en Irak), mais qui restèrent à peu près contenues dans leurs cadres respectifs, qui restèrent des guerres “limitées”, des conflits refermés sur leur aire géographique.

… Et puis, les deux paragraphes formant le second extrait (et la conclusion de l’article), exposent au contraire le second thème, complètement contradictoire, de l’extraordinaire “ouverture” de cette guerre, qui semble destinée à s’étendre, à enflammer toute la région (»There is virtually no state in the region that hasn’t got some stake in the conflict»), en une infinité de conflits, jusqu’à la résurrection d’une réminiscence de la guerre froide. On se rappelle brusquement que la guerre “enfermée”, contenue, outrageusement grossie dans la prévision d’événements précipités, où “personne ne sait vraiment ce qui se passe”, est également ce conflit qui est le cadre de grandes manœuvres entre la Russie et Israël à propos d’une simple livraison de missiles (les S-300), que l’Iran et le Hezbollah se battent sur le territoire syrien, qu’Israël s’affirme prêt à lancer une guerre-éclair (éventuellement si Assad est renversé, ce qui en fait un allié “objectif” d’Assad), que les Russes font de la Syrie un enjeu majeur contre les USA, que la Turquie voudrait profiter de cette guerre pour faire un Grand Califat dans lequel viendrait s’insérer une nation kurde, que les pays du Golfe, sauf l’incompréhensible Qatar, sont affolés par la tournure des événements et prévoient une confrontation générale où ils craignent d’être laissés à eux-mêmes, et ainsi de suite… A ce point, on se trouve expédié dans un autre univers de tensions crisiques insupportables, d’enjeux presque planétaires. Là-dessus, s’ajoutent les aspects spécifiques, étonnants et incongrus, de cette guerre, qui font qu’on peut sans aucun doute parler d’un conflit de quatrième génération (G4G) d’une forme particulièrement spécifique (voir le 25 mai 2013).

Cela nous conduits à la conclusion que la “guerre syrienne”, guillemets compris, est quelque chose d’à la fois insaisissable et non-identifiable. Il s’agit certainement, aujourd’hui, d’un événement qui est devenu le plus résilient, le plus durable, à la fois chaotique et apparemment explosif mais dont l’explosion finale est sans cesse repoussée, qui a relégué les autres au second rang, – notamment cette crise iranienne qui dominait la région avant l’affaire syrienne et qui est désormais en train de se modifier rapidement elle-même. La Syrie est l’événement le plus actif de cette fameuse crise haute dont nul ne sait exactement quelles perspectives en attendre, et qui semble se créer et se définir comme quelque chose de différent et d’unique à mesure qu’elle progresse.

• Le début de l’article de Patrick Cockburn… «For the first two years of the Syrian civil war foreign leaders regularly predicted that Bashar al-Assad’s government would fall any day. In November 2011, King Abdullah of Jordan said that the chances of Assad’s surviving were so slim he ought to step down. In December last year, Anders Rasmussen, the Nato secretary general, said: ‘I think the regime in Damascus is approaching collapse.’ Even the Russian Foreign Ministry – which generally defends Assad – has at times made similar claims. Some of these statements were designed to demoralise Assad’s supporters by making his overthrow seem inevitable. But in many cases outsiders genuinely believed that the end was just round the corner. The rebels kept claiming successes, and the claims were undiscriminatingly accepted.

»That Assad’s government is on its last legs has always been something of a myth. YouTube videos of victorious rebel fighters capturing military outposts and seizing government munitions distract attention from the fact that the war is entering its third year and the insurgents have succeeded in capturing just one of the 14 provincial capitals. (In Libya the insurgents held Benghazi and the whole of the east as well as Misrata and smaller towns in the west from the beginning of the revolt.) The Syrian rebels were never as strong militarily as the outside world supposes. But they have always been way ahead of the government in their access to the international media. Whatever the uprising has since become it began in March 2011 as a mass revolt against a cruel and corrupt police state. The regime at first refused to say much in response, then sounded aggrieved and befuddled as it saw the vacuum it had created being filled with information put out by its enemies. Defecting Syrian soldiers were on television denouncing their former masters while government units that had stayed loyal remained unreported and invisible. And so it has largely continued. The ubiquitous YouTube videos of minor, and in some cases illusory, victories by the rebels are put about in large part to persuade the world that, given more money and arms, they can quickly win a decisive victory and end the war.

»There is a striking divergence between the way the Syrian war is seen in Beirut – just a few hours’ drive from Damascus, even now – and what actually appears to be happening on the ground inside Syria. On recent trips I would drive to Damascus, having listened to Syrians and non-Syrians in Beirut who sincerely believed that rebel victory was close, only to find the government still very much in control. Around the capital, the rebels held some suburbs and nearby towns, but in December I was able to travel the ninety miles between Damascus and Homs, Syria’s third largest city, without any guards and with ordinary heavy traffic on the road. Friends back in Beirut would shake their heads in disbelief when I spoke about this and politely suggest that I’d been hoodwinked by the regime.

»Some of the difficulties in reporting the war in Syria aren’t new. Television has a great appetite for the drama of war, for pictures of missiles exploding over Middle Eastern cities amid the sparkle of anti-aircraft fire. Print journalism can’t compete with these images, but they are rarely typical of what is happening. Despite the iconic images Baghdad wasn’t, in fact, heavily bombarded in either 1991 or 2003. The problem is much worse in Syria than it used to be in Iraq or Afghanistan (in 2001) because the most arresting pictures out of Syria appear first on YouTube and are, for the most part, provided by political activists. They are then run on TV news with health warnings to the effect that the station can’t vouch for their veracity, but viewers assume that the station wouldn’t be running the film if it didn’t believe it was real. Actual eyewitnesses are becoming hard to find, since even people living a few streets from the fighting in Damascus now get most of their information from the internet or TV.

»Not all YouTube evidence is suspect. Though easily fabricated, it performs certain tasks well. It can show that atrocities have taken place, and even authenticate them: in the case of a pro-government militia massacring rebel villagers, for instance, or rebel commanders mutilating and executing government soldiers. Without a video of him doing so, who would have believed that a rebel commander had cut open a dead government soldier and eaten his heart? Pictures of physical destruction are less reliable because they focus on the worst damage, giving the impression – which may or may not be true – that a whole district is in ruins. What YouTube can’t tell you is who is winning the war…»

• Les deux paragraphes qui concluent l’article… « There is virtually no state in the region that hasn’t got some stake in the conflict. Jordan, though nervous of a jihadi victory in Syria, is allowing arms shipments from Saudi Arabia to reach rebels in southern Syria by road. Qatar has reportedly spent $3 billion on supporting the rebels over the last two years and has offered $50,000 to every Syrian army defector and his family. In c0-ordination with the CIA it has sent seventy military flights to Turkey with arms and equipment for the insurgents. The Tunisian government says that eight hundred Tunisians are fighting on the rebel side but security sources are quoted as saying the real figure is closer to two thousand. Moaz al-Khatib, the outgoing president of the Syrian National Coalition, which supposedly represents the opposition, recently resigned, declaring as he did so that the group was controlled by outside powers – i.e. Saudi Arabia and Qatar. ‘The people inside Syria,’ he said, ‘have lost the ability to decide their own fate. I have become only a means to sign some papers while hands from different parties want to decide on behalf of the Syrians.’ He claimed that on one occasion a rebel unit failed to go to the rescue of villagers being massacred by government forces because they hadn’t received instructions from their paymasters.

»Fear of widespread disorder and instability is pushing the US, Russia, Iran and others to talk of a diplomatic solution to the conflict. Some sort of peace conference may take place in Geneva over the next month, with the aim at least of stopping things getting worse. But while there is an appetite for diplomacy, nobody knows what a solution would look like. It’s hard to imagine a real agreement being reached when there are so many players with conflicting interests. Five distinct conflicts have become tangled together in Syria: a popular uprising against a dictatorship which is also a sectarian battle between Sunnis and the Alawite sect; a regional struggle between Shia and Sunni which is also a decades-old conflict between an Iranian-led grouping and Iran’s traditional enemies, notably the US and Saudi Arabia. Finally, at another level, there is a reborn Cold War confrontation: Russia and China v. the West. The conflict is full of unexpected and absurd contradictions, such as a purportedly democratic and secular Syrian opposition being funded by the absolute monarchies of the Gulf who are also fundamentalist Sunnis…»

 

dedefensa.org

http://www.dedefensa.org/article-syrie_guerre_insaisissable_30_05_2013.html

ALERTE – Armes chimiques en Syrie: Paris analyse les échantillons rapportés par un média français

PARIS – La France va analyser les échantillons de potentielles armes chimiques rapportés de Syrie par des journalistes du quotidien français Le Monde, a annoncé mardi un haut responsable français sous couvert de l’anonymat.

Des échantillons nous ont été remis (par les journalistes du Monde). Nous sommes d’accord pour procéder à des analyses, a déclaré ce haut responsable, indiquant que le gouvernement avait par ailleurs, comme les Etats-Unis et les Grande-Bretagne, analysé ses propres échantillons et conclu à des indices mais pas de preuve formelle de l’utilisation de gaz de combats en Syrie.

(©AFP / 28 mai 2013 02h00)

http://www.romandie.com/news/n/_ALERTE___Armes_chimiques_en_Syrie_Paris_analyse_les_echantillons_rapportes_par_un_media_francais_11280520130203.asp

France – Syrie, le sens du mot amitié selon Laurent Fabius

Je vous reproduis un article de Reuters dont le moins que l’on puisse dire est qu’il n’a pas beaucoup de succès dans la presse française qui le reprend fort peu.

Et qui permet de constater que le gouvernement français, qui se prétend « ami » de la Syrie (sans doute au nom de son passé e force occupante dans ce pays, rechigne à accueillir le réfugiés Syriens.

La même France qui a pourtant tout fait pour aggraver et prolonger le conflit dans ce pays arabe, dépêchant sur place et dans les pays voisins des conseillers militaires pour encadrer l’opposition armée, plaidant aussi comme une forcenée pour un accroissement quantitatif et qualitatif des livraisons d’armes aux milices d’opposition, exigeant comme condition préalable à tout arrêt des hostilités le départ de Bachar al-Assad qui « ne mériterait pas de vivre », dixit Laurent Fabius qui lui, par contre , mériterait de vivre.

C'est aux autres d'assumer les conséquences choix de la France

C’est aux autres d’assumer les conséquences des choix politiques de la France

L’article expose dans toute sa nudité l »hypocrisie de l’amitié de la France pour la Syrie

La France rechigne à accueillir plus de réfugiés syriens

Capital.fr
Source : Reuters 24/05/2013 à 12:40 / Mis à jour le 24/05/2013 à 12:45

Plusieurs centaines de Syriens ont demandé l’asile en France depuis 2011 dans l’espoir d’échapper au conflit qui fait rage depuis plus de deux ans et qui a causé la mort de 80.000 personnes et la fuite de plus de 1,5 million de personnes. Des chiffres dérisoires au regard des demandes adressées à l’Allemagne et à la Suède, – avec respectivement, pour la seule année 2012, 6.200 et 7.800 demandes de réfugiés syriens -, mais qui selon certaines ONG pourrait être revu à la hausse si la France acceptait de revoir ses capacités d’accueil.

Pour Marouane, tout à basculé à l’été 2012 lors de la bataille d’Alep opposant les rebelles aux forces du président Bachar al Assad. En l’espace de quelques semaines, les allusions jusque là discrètes à son engagement en faveur de la démocratie se sont transformées en menaces à peine voilées.

« J’ai reçu plusieurs coups de téléphone. Quand j’ai vu que les choses se dégradaient, j’ai décidé de partir pour mettre à l’abri ma femme et mes deux filles », explique ce médecin chrétien de 55 ans, qui a rejoint en novembre la France, où il a déposé une demande d’asile.

Comme lui, plusieurs centaines de Syriens ont demandé l’asile en France depuis 2011 dans l’espoir d’échapper au conflit qui fait rage depuis plus de deux ans et qui a causé la mort de 80.000 personnes et la fuite de plus de 1,5 million de personnes. Ils étaient 100 à faire cette demande en 2011, 450 en 2012 et 282 au cours de quatre premiers mois de 2013.

Des chiffres dérisoires au regard des demandes adressées à l’Allemagne et à la Suède, – avec respectivement, pour la seule année 2012, 6.200 et 7.800 demandes de réfugiés syriens -, mais qui selon certaines ONG pourrait être revu à la hausse si la France acceptait de revoir ses capacités d’accueil.

Un scénario qui permettrait de désengorger les camps de réfugiés en Turquie et en Jordanie mais qui est pour l’heure écarté par les autorités françaises qui évoquent un « système d’asile à bout de souffle » et appellent à s’attaquer aux racines du problème en trouvant en priorité une solution politique.

« L’Europe n’est pour l’instant pas affectée par l’exode des Syriens mais cela pourrait changer, notamment au vu du nombre important de Syriens dans les camps situés dans les pays limitrophes qui risquent d’être complètement submergés par l’afflux », souligne William Spindler, porte-parole du Haut commissariat aux réfugiés à Paris.

Selon le HCR, le nombre de réfugiés syriens, actuellement d’un million et demi, risque en effet d’être multiplié par deux ou par trois d’ici à la fin de l’année.

« SATURES »

Face à la dégradation de la situation, l’Allemagne a annoncé en mars qu’elle accueillerait au moins 5.000 réfugiés syriens supplémentaires en 2013, une décision saluée par la Commission européenne qui a émis l’espoir que d’autres Etats membres de l’UE suivent cet exemple.

Un espoir partagé par le HCR qui estime qu’il est temps pour la France d’accueillir davantage de réfugiés face à la situation alarmante observée dans les camps turcs et jordaniens où les conditions sanitaires et sécuritaires se dégradent chaque jour.

Pour la présidente d’Amnesty International France, Geneviève Garrigos, « la dégradation de la situation et l’afflux constant de réfugiés peut avoir un impact sur la stabilité de toute la région et l’UE portera une grande part de responsabilité pour son inaction aujourd’hui. »

Invoquant des centres d’hébergement des demandeurs d’asile (Cada) « saturés », Paris, pourtant en première ligne dans le dossier syrien, se dit dans l’incapacité d’accueillir en urgence des réfugiés comme ce fut le cas pour les chrétiens d’Irak en 2010 après l’attaque de leurs lieux de culte.

« La saturation du dispositif d’accueil, due à la hausse de la demande d’asile et à l’augmentation des délais de traitement, ne permet pas à la France, à ce jour, de s’engager auprès du HCR à examiner un plus grand nombre de demandes », indiquait le ministère de l’Intérieur en mars.

« Consciente de la situation alarmante en Syrie, la France agit afin d’apporter des réponses concrètes aux difficultés des réfugiés syriens, elle apporte un soutien financier à l’aide humanitaire d’urgence en Syrie ainsi qu’aux ONG oeuvrant dans les pays voisin », faisait-il alors valoir.

Au total, selon le quai d’Orsay, la France a versé une aide de 11,2 millions d’euros pour les réfugiés situés dans les pays limitrophes sur une aide totale de 40 millions d’euros dans le cadre de la crise syrienne.

SOLIDARITÉ

Pour le directeur général de France Terre d’asile, si cet argument est recevable, il ne doit toutefois pas empêcher la France de réfléchir à son devoir de solidarité.

« Quand on dit que le dispositif est en crise, c’est vrai mais cela doit être réforme et cela ne doit pas nous empêcher de réfléchir à l’expression de notre solidarité avec notamment les réfugiés syriens et en liaison avec les organisations internationales », souligne Pierre Henry.

La création de 4.000 places d’hébergement, dont 2.000 ouvertes dès juillet et les autres avant le premier trimestre 2014 pourraient débloquer la situation, estime-t-il.

Dans le cadre du programme de réinstallation mené actuellement par la France, le HCR soumet 100 dossiers de candidature pour la réinstallation de réfugiés par an.

Un processus jugé marginal par Amnesty International qui appelle la France à mettre en place une procédure de réinstallation d’urgence.

« L’histoire se répète et on n’arrive pas à trouver de réponse », déplore Jean-François Dubost, responsable du programme personnes déracinées. « Au moment de la guerre en Libye, on a eu exactement le même phénomène. Il y avait des réfugiés libyens venus se réfugier en Tunisie et en Egypte et il y a eu des demandes de réinstallation par le HCR auprès des pays de l’UE dont la France. C’est la même chose pour la Syrie. »

PRÉCARITÉ

La durée du conflit et l’absence de solution politique à court ou moyen terme joue en défaveur de la population syrienne au sein de l’opinion publique davantage préoccupée par la crise économique, estiment les ONG.

La décision en janvier de la France de réintroduire de façon temporaire le visa de transit aéroportuaire pour les ressortissants syriens serait passée inaperçue si plusieurs ONG n’avaient pas déposé deux recours, tous deux rejetés, devant le Conseil d’Etat en dénonçant une entrave au droit d’asile.

« L’introduction de ce visa n’était pas une manière de freiner les flux de réfugiés demandant éventuellement à se rendre en France », assure-t-on au Quai d’Orsay. « Tout au contraire, c’était un moyen d’éviter que les réfugiés ne se retrouvent dans des zones de transit des aéroports internationaux dans des situations de très grande précarité. »

Pour le ministère des Affaires étrangères, la crise syrienne ne se réglera pas via la question des réfugiés.

« Il faut replacer les choses dans l’ordre, la manière de régler la question des réfugiés syriens c’est de leur permettre de rentrer chez eux, de rétablir des conditions qui permettent de le faire. »

Avec John Irish, édité par Yves Clarisse

http://mounadil.wordpress.com/2013/05/25/france-syrie-le-sens-du-mot-amitie-selon-laurent-fabius/

 

Les puissances européennes financent Al Quaïda en achetant du pétrole pillé en Syrie

Le BND prévoit une victoire de la Syrie fin 2013

Les services secrets extérieurs allemands (Bundesnachrichtendienst, BND) ont radicalement révisé leur estimation de la situation en Syrie, dévoile le Spiegel Online [1].

Alors que, sur la foi d’officiers supérieurs déserteurs, ils prédisaient jusqu’ici une chute rapide de Bachar el-Assad, ils annoncent aujourd’hui sa victoire avant la fin de l’année.

Le BND estime que l’Armée arabe syrienne a réussi a sécuriser son approvisionnement et à couper celui des « insurgés » (jihadistes massivement étrangers, soutenus par l’Otan et le CCG). La reprise de la ville Qoussair annonce celle de tout le district de Homs et la fin des projets de partition, à l’exception éventuelle d’une zone kurde.

http://www.voltairenet.org/article178610.html

Le président US n’est pas en mesure de décider du sort des Syriens (AmirAbdollahian)

 Hossein Amirabdollahian, vice-ministre iranien des Affaires étrangères pour le Département arabo-africain, a déclaré que le peuple syrien déciderait de son sort via un scrutin démocratique.

« Le locataire de la Maison Blanche a déclaré que Washington et Londres feraient tout pour avoir une Syrie sans Bachar Assad mais il néglige cette réalité qu’il n’est pas capable de décider du sort de la Syrie au lieu du peuple syrien », a déclaré le responsable iranien.

http://francophone.sahartv.ir/news/5808

La Syrie révèle Israël

22 mai 2013 – La politique israélienne vis-à-vis de la Syrie représente un cas remarquable des erreurs des pays du bloc BAO, puisque effectivement nous incluons Israël dans le bloc BAO. On devrait alors même préciser que c’est le cas le plus remarquable, le plus significatif du bloc BAO parce que ce pays est directement au contact de la Syrie et qu’il souffre (le verbe est à prendre dans son sens propre) d’une réputation d’une des meilleures capacités de renseignement au monde. Le problème d’Israël vient d’être illustré par un tournant stratégique qu’il semble avoir effectué la semaine dernière en passant brusquement d’une politique de contribution de plus en plus appuyée à la tentative de faire chuter le régime syrien, à l’affirmation d’une politique de désengagement, avec la précision semi-officielle (dans le Times du 18 mai) que le maintien au pouvoir d’Assad était préférable à la victoire des rebelles.

Tout cela repose sur cette réputation d’excellence proche de la perfection de ses services de renseignement, qui fait plutôt figure, à la lumière de diverses péripéties, de mythe fabriqué selon une tendance irrépressible à l’autosatisfaction. Comme le résumait en d’autres temps l’ancien Premier ministre et ministre de la défense Ehud Barak après la cinglante défaite israélienne de l’été 2006 face au Hezbollah, «[d]espite having the best intelligence and forecasts in the world, we still need a dreidel to know how Hezbollah got us». Il apparaît donc, à côté de leur réputation d’exceptionnalité, que les services de renseignement et de sécurité israéliens montrent une constance remarquable dans l’erreur. Cette caractéristique fut notamment illustrée de façon spectaculaire et très dangereuse, qui amena Israël au bord de la défaite dans les trois premiers jours de la bataille, lors de la guerre du Yom Kippour d’octobre 1973. Le renseignement israélien avait catégoriquement annoncé que cette guerre n’aurait pas lieu, que ni l’Égypte ni la Syrie n’oseraient attaquer, ce qui donna naissance à une plaisanterie courante en Israël : «Every time the intelligence agencies claim there is no war on the horizon, Yom Kippur War veterans run for cover.»

Mohamed Bdeir, dans Al-Akhbar English du 20 mai 2013, fait un historique des erreurs sans nombre du renseignement israélien, essentiellement des erreurs stratégiques que semblent dissimuler des victoires tactiques auxquelles il est fait une grande publicité. Il termine par la description de la situation actuelle en Syrie où, par son intervention armée du début du mois, Israël semble avoir provoqué une riposte inattendue et extrêmement préoccupante, qui est la réouverture du front du Golan après un apaisement de près de quatre décennies. Une telle perspective promet pour Israël une “guerre d’attrition” particulièrement épuisante…

«However, Israel had another appointment with a new mistake in its calculations, when the Syria-Iran-Hezbollah reply came in a different manner than expected. Israel seemed to gain tactically, but lose strategically. This was not only due to the commitment to the Syrian leadership – exceeding all political caveats – to supply the Resistance with weapons, but a strategic decision to open the Golan front, which means nothing less than a war of attrition where Israel does not have the upper hand.

»Faced with this challenge, Israel played its favorite game, fleeing forward, through an official insistence to implement with the “red lines” policy, threatening to overthrow the Syrian regime if it dares to implement its latest decisions to arm the Resistance, open the Golan front, and strike back with military force in the event of a future Israeli attack.

»What does that mean in terms of the fractured regional situation? It means we will be facing a new bout of the Israeli miscalculation syndrome. It does not take a genius to conclude that Syria’s strategic allies (Russia, Iran, and Hezbollah), who prohibited and deterred the UN Security Council, NATO, Turkey, and other countries from direct military intervention, will not stand and watch while Israel intervenes to achieve this goal.»

Un autre article virulent contre les erreurs israéliennes est publié par le journaliste israélien Shlomi Eldar, fameux en Israël où il travaille pour la télévision et qui a été couronné en 2007 par la plus haute distinction journalistique, le Prix Sokolov. Eldar décrit, le 19 mai 2013, pour Al-Monitor Israel Pulse, les errements israéliens vis-à-vis de la Syrie, couronnés par le tournant stratégique radical décrit plus haut, effectué la semaine dernière selon des sources officieuses. Nous donnons ci-dessous des extraits substantiels de cet intéressant article, qui permet d’avoir, d’une plume israélienne expérimentée, une bonne idée de la posture stratégique israélienne actuelle.

«For the past two years, there have been a number of generally accepted assumptions about what will finally happen in Syria. By late last week, these assumptions came crashing down with the raucous force of an earthquake. We are talking about the very opinions that were considered to be conventional wisdom among the Israeli public, and which had considerable impact on political decision-makers and military strategists alike for the past two years. These are the core assumptions:

»1. International intervention in Syria is inevitable. Sooner or later the free world will be forced to take action to save the country’s civilian population from the clutches of Syrian President Bashar al-Assad and his army.

»2. An Israeli attack on Assad will cause him to recoil in terror and force him to avoid transferring arms to Hezbollah or responding with a counter-attack.

»3. The aid that Qatar and Turkey provide to the rebels should ultimately change the balance of power.

»4. The apple (Bashar) has fallen far from the tree (former Syrian President Hafez al-Assad). According to this assumption, Bashar is afraid of his own shadow, and even the faintest breeze can discombobulate him and throw him off balance (this is, by the way, how he is portrayed in the popular Israeli television satire “Eretz Nehederet,” but more on that later).

»5. Israeli intelligence assessments provide an accurate account of the situation and should be the basis of any future decisions about how to respond to the situation in Syria.

»6. “Assad’s regime will be deposed in a matter of weeks” (former Defense Minister Ehud Barak on Dec. 11, 2011).

»Then, within a week, everyone woke up to the fact that the most important parameter of all was overlooked in the most recent analyses of the situation in the Middle East in general and Syria in particular… […]

»By late last week [on May 17], 12 Russian battleships were sent to patrol the waters off the Russian naval base in Syria and to demonstrate a presence in the region. This was hardly some subtle hint. It had the volume of a Russian aircraft carrier. What the Russians were effectively saying was that no one should even consider making any decision whatsoever about the future of Syria, and by extension, of Assad, without first considering Moscow’s strategic interests. Both the United States and Israel got the hint.

»The Soviet Union had strategic interests in Syria ever since the mid-1960s. So does modern Russia. It is the largest advance base that Russia still has in the Middle East, and someone like Russian President Vladimir Putin would never give it up, certainly not for “humanitarian reasons,” and even more certainly when the Russians see a certain symmetry there, and believe that Israel is the most important US advance base in the region.

»Yes, Russia had strategic interests of its own in Syria, which makes Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu’s slog to Moscow last week seem all the more ridiculous. The prime minister tried to dissuade Putin from selling S-300 [anti-craft] missiles to Assad, since that would have far-reaching repercussions on the Israeli air force. Did Netanyahu really believe that sitting Putin down for a heart to heart talk would really convince the Russian leader to forego his support for Assad?

»By the end of last week, reality seemed to prove that Israeli intelligence assessments claiming Assad would soon fall were premature at best. Furthermore, an Israeli source was now quoted by the London Times as saying (May 18, 2013) that in the current circumstances, Assad is actually good for Israel: “Better the devil we know than the demons we can only imagine if Syria falls into chaos and the extremists from across the Arab world gain a foothold there.” The real question is: “Where were they before this?” By “they” I mean those people described as “Israeli decision-makers” and “senior officials,” who are quoted in the press.

»When a political, diplomatic or military correspondent errs in some assessment or other, the greatest damage is to his reputation, or at most to the reputation of the media he represents. Commentators and journalists base what they write on public information, and frequently on intentional leaks from various interested parties.

»The U-turn that Israel has made this past week in its attitude toward Assad raises serious questions about the people behind our defense strategy. Did none of them know before last week what Assad has been saying for a long time now, that his country has become home to a hodgepodge of terrorist organizations?

»Instead of responding to this, analyzing it, and preparing for the worst-case scenario, Israel preferred to mock Assad instead. The parodies of Assad (such as the aforementioned “Eretz Nehederet”) depict him as a reluctant coward, a “wimp” to use a more colloquial term, who will not be able to withstand all the pressure being placed on him. In this, he is juxtaposed with other Arab leaders, who were once perceived as being strong: former Egyptian President Hosni Mubarak and former Libyan leader Moammar Gadhafi both come to mind. But perhaps that is the root of the problem. People are too quick to compare him to the leaders of Egypt and Libya, who were both deposed fairly quickly. I do not want to think that Israel’s leaders are also influenced by TV satire.

»As we already noted, the high point of Israel’s failure to understand what is going on in Syria came in Ehud Barak’s statement of 2011. At the time, he gave Assad just a few weeks before he would be toppled. That was a year and a half ago. Since then, Barak has been “toppled,” while Assad remains in power. The one person to best express this was the former Israeli Military Intelligence head Uri Sagi, who rose up like a thundering prophet, ignored by the people of his city, to ask, “Who are we to decide? What tools do we have to determine who will rule in neighboring Syria and how?”»

Nous proposons d’ajouter à cette bordée de critiques contre le renseignement et la stratégie israéliennes plusieurs faits qui se détachent de ces deux seules questions. Cela permet d’élargir le tableau et d’introduire une appréciation générale de la posture actuelle d’Israël.

• Il y a d’abord le fait symbolique de la concentration en cours d’un flotille russe de Méditerranée, avec 5-6 navires initialement, qui devrait passer à huit unités en déploiement constant. Les USA, eux, ont entamé le mouvement inverse avec le retrait d’un porte-avions de la zone. Ce mouvement de décroissement de la présence militaire US devrait se poursuivre avec le retrait de forces aériennes d’Europe, tout cela étant dû aux contraintes de la séquestration qui coupent les budgets de fonctionnement. Parallèlement, la rumeur de la présence de SS-26 Iskander en Syrie est à nouveau identifiée dans divers textes (par exemple, voir sur PressTV.com, Gordon Duff le 22 mai 2013). L’ensemble fait peser encore plus le poids stratégique de la Russie sur la crise dans ses ramifications géographiques autant que sur la psychologie de sa perception, – et l’on sait que cette présence n’est pas favorable aux écarts et aux foucades israéliennes, et passe par une ferme protection de la légitimité et de la souveraineté en Syrie.

• On peut suivre, sur DEBKAFiles, une chronique féroce des déboires israéliens. Ce site, qui est connu comme une des voix des services de sécurité israéliens, a pris une posture suivie de mise en cause radicale de la politique du gouvernement Netanyahou, – si tant est qu’on puisse parler de “politique”. DEBKAFiles ne cesse de tresser des couronnes aux performances des Syriens avec le Hezbollah, s’ouvrant une voie vers le Golan pour établir leur “front” et, d’une façon générale, sur le comportement de l’armée syrienne. Voyez par exemple ce rapport du 22 mai 2013 :

«The Syrian army in more than two years of fighting a civil war has proved to be highly professional, steadfast under pressure and above all disciplined. Not once in this brutal conflict were there instances of lone initiatives by a local unit or commander. Every move was directed by the presidential palace via the general staff in Damascus. Even when Syrian troops faced setbacks, they retreated in orderly fashion. For some months, nothing more has been heard of mass desertions, whose scale turned out to be highly inflated by the opposition.

»Therefore, the proposition, which unnamed Israeli defense quarters fed military correspondents Wednesday, May 22, that more time was needed to tell whether Monday’s Syrian shooting attack on the Golan was ordered by Assad or a local initiative was not just way off track but harmful: It conveyed the impression of dithering among Israel’s decision-makers in the face of the Syrian ruler’s firm resolve, backed by Iran and Hizballah, to turn the divided Golan into the next “resistance front” against Israel…»

… Le paradoxe de cette situation, avec ces événements qui se précipitent, et avec cette activité intense de la communication, est certainement le rôle qu’y a joué Israël, notamment avec son attaque du début mai qui semble désormais ne devoir plus être perçue que comme une sorte de deus ex machina déclenchant une dégradation inutile de la situation à un des pires moments, opérationnellement et diplomatiquement, pour le bloc BAO, et donc pour Israël. Il y a un mois et demi, le 18 avril 2013, nous pouvions reprendre ce commentaire d’un analyste israélien, qui est sans aucun doute le contraire d’un libéral et d’un peacenik, Guy Bechor, consultant pour l’armée et la police israéliennes, et pour le ministère des affaires étrangères, classé parmi les nationalistes intransigeants… Bechor protestait contre le rapprochement avec la Turquie, elle-même engagée dans le guêpier syrien, et développait une conception naturelle et impérative en faveur du maintien d’Israël dans une position neutre et attentiste : «We have succeeded in steering clear of the turmoil in Syria, which is worsening, for two years. Our renewed close ties with Turkey are liable to suck us into a world war between the Sunnis and the Shiites, and between Russia and the United States. […] Why are we even getting into this mess? The best thing is to sit on the sidelines. We have no reason to join this war, which will never end. For the first time in our history we are not the point, we are the spectators. Why get involved?»

Cette sensation d’incertitude de l’orientation stratégique, voire d’affrontements de tendances qu’on ressent au sein de l’appareil de sécurité nationale israélien, nous rappelle d’une façon assez significative la confusion et les nombreuses querelles qui déchirèrent ce même appareil en Israël durant et après la catastrophique campagne de l’été 2006, après qu’il fût apparu que le Hezbollah se battait bien et que les forces israéliennes se battaient de moins en moins bien face à cet adversaire. (Voir divers échos de querelles, d’incompréhensions, de divergences, etc., au sein de l’appareil israélien le 28 juillet 2006, le 2 août 2006, etc.) Cette confusion et ces querelles impliquent évidemment des accusations implicites croisées sur la responsabilité d’une situation de moins en moins satisfaisante… Disons que, cette fois, on s’y prendrait un peu à l’avance par rapport à 2006, avant même qu’un conflit réel ait commencé, ou bien est-ce que, depuis 2006, le malaise n’a jamais vraiment cessé au sein de l’appareil de sécurité nationale israélien.

L’ombre de l’été 2006

Revenons un peu en arrière… Le mythe de la puissance paradoxale d’Israël illustré par l’image biblique de David contre Goliath a été construit sur de solides réalités initiales, essentiellement sur la période de la guerre d’indépendance à la Guerre des Six Jours, avec les deux foudroyantes victoires de 1956 et 1967, et jusqu’au rétablissement in extremis d’octobre 1973. Comme on le comprend, ce mythe n’en était alors pas un, illustrant une réelle puissance d’Israël malgré un volume de capacités extrêmement réduites. Nous avons déjà décrit, dans plusieurs analyses, le tournant entamé en 1967-1973 et réalisé immédiatement après 1973, lorsqu’Israël fut intégré dans l’ensemble américaniste et mis complètement sous influence des méthodes et de l’esprit américanistes, essentiellement par le biais des liens avec le Pentagone qui furent alors établis. On peut se référer à ce propos à des textes d’analyses de l’époque de la défaite israélienne de 2006 face au Hezbollah, notamment les analyses du 17 juillet 2006 et, surtout, du 7 septembre 2006. Dans cette dernière analyse, nous concluions, faisant allusion aux fameux neocons à Washington non comme à des inspirateurs et à des manipulateurs, mais comme à des outils, éventuellement à des “idiots utiles” de cette puissance anthropotechnologique qu’on pourrait juger comme quasiment autonome et douée d’une stratégie spécifique qu’est le Pentagone… (Et le Pentagone, certes, comme une des représentations les plus puissantes et le “bras armé” par excellence du Système.)

«Dès les années Reagan, ce groupe d’idéologues extrémistes était déjà dans les rouages de l’administration. (On y trouvait notamment Perle et Wolfowitz, tandis que Powell occupait des fonctions politico-militaires. Rumsfeld avait été secrétaire à la défense entre 1975 et 1977.) C’est eux, et avec eux le nouveau courant de pression qu’ils exprimaient, qui instrumentèrent la complète “annexion” d’Israël à ce complexe bureaucratique de puissance qu’est le Pentagone. Ce n’était pas un “complot” dans le sens humain du terme. Ils ne faisaient qu’exprimer la puissance extraordinaire du Pentagone et de sa culture, qui avaient définitivement mis la haute main sur la politique de sécurité nationale des Etats-Unis. En ce sens, c’est bien le Pentagone en tant que tel, en tant que puissance autonome et incontrôlée, qui imposa à Israël, dès les années 1980, une main-mise qui bouleversa complètement les conceptions et les structures de Tsahal, et qui réduisit d’autant, jusqu’à l’inexistence totale, la souveraineté nationale d’Israël.

»Le conflit avec le Hezbollah de juillet-août 2006 a confirmé de façon éclatante un état des choses où les capacités guerrières, les équipements, les tactiques, mais aussi la culture fondamentale des forces armées israéliennes se sont révélés comme complètement transformés, — transmutés, sans aucun doute, — par rapport aux conditions originelles de l’Etat d’Israël…»

Bien entendu, cette “transmutation” culturelle et psychologique, dans le sens de l’américanisation disions-nous à l’époque, dans le sens-Système disons-nous aujourd’hui, s’est réalisée dans le sens du pire. On constate, à la lecture des appréciations recueillies plus haut, que rien n’a changé depuis 2006, et que les choses se sont même aggravées. On retrouve paradoxalement dans les services de renseignement ce même travers que les anciens chef du Shin Bet dénonçait récemment dans le chef des directions politiques israéliennes, que nous mentionnions dans notre texte du 23 mars 2013 : «Alors aux commandes, Yaakov Peri estime n’avoir reçu durant les six ans de son mandat aucune consigne des gouvernements successifs. Ou bien il a cette formule, dont les termes sont partagés par ses collègues : Israël remporte la plupart des batailles, sans gagner la guerre. “Nous ne savions pas dans quelle direction aller, résume Peri. C’était toujours de la tactique, jamais de vision stratégique.”»

Dans ce texte cité du 23 mars 2013 et basé sur le précédent fondamental de la bataille de la Marne avec l’échec allemand du plan Schlieffen représentant l’“idéal de puissance” (retrouvé aujourd’hui dans son stade terminal dans le chef du bloc BAO), nous observions : «Le schéma de la bataille de la Marne est symboliquement intéressant parce qu’il restitue ce moment où la dynamique de surpuissance est à son maximum et passe en dynamique d’autodestruction dès lors que la clef stratégique s’effrite, que la direction des forces centrales disparaît.» La “clef stratégique” était une circonstance somme toute anodine, – l’effondrement psychologique du grand chef de l’armée allemande, von Moltke, – mais cette “circonstance anodine” ne représentait que le moyen effectivement de circonstance d’une destinée écrite dans le concept de l’“idéal de puissance” représentant une théorisation du Système dans sa fureur de surpuissance se transmutant en autodestruction… La destinée, elle, est l’essence même du phénomène, et elle est retrouvée aujourd’hui, intacte dans sa fatalité qui est comme une inversion de la Providence, dans des conditions moins assourdissantes, moins dramatiquement claires que la Grande Guerre, mais beaucoup plus spécifiques à la crise générale que nous connaissons.

«Ce qu’on observe, à partir de notre analogie, c’est que le Système pullule aujourd’hui de Moltke divers et de différentes factures, plus ou moins bien fardés en grands chefs réduits à la volubilité de communication. Obama est un Moltke, comme le sont les différents Premiers ministres israéliens. Comme l’enjeu national et la pression d’une situation de guerre massive n’existent pas en vérité, les exécuteurs des tactiques nécessaires sont beaucoup plus libres et mesurent de plus en plus l’absence (au propre et au figuré) de leurs Moltke, et ils s’interrogent de plus en plus furieusement sur cette situation où des développements tactiques sans fin ne sont nulle part chapeautés, orientés, inspirés par le moindre but stratégique. Ils en viennent donc au soupçon central qui est de se demander : la stratégie existe-t-elle encore ? Puis, rapidement : a-t-elle été complètement détournée par le Système à son profit, ce qui entraîne tout le monde dans une folie autodestructrice ?»

Ces dernières questions nous ramènent à l’Israël d’aujourd’hui, dans le cadre des erreurs décrites à propos de la Syrie. Ce que nous montrent les textes cités comme le cheminement de la “pensée stratégique” de la direction israélienne réduite à des à-coups tactiques peinturlurés du triomphalisme de la communication, c’est une situation pathétique où l’Israël si souvent décrit comme habile, décidé, voire machiavélique par ses partisans comme par ses adversaires, se révèle au même degré zéro d’imagination, de liberté de jugement, et chargé du même épuisement psychologique à force de s’abîmer dans ses narrative que ses compères du bloc BAO. Certes, nous disent les commentateurs cités, les erreurs d’aujourd’hui confirment celles d’hier, mais elles sont bien plus désolantes, bien plus basses encore. Il n’y a même pas eu de conflit, d’affrontement, de cette sorte d’urgence qui peut expliquer les faux-pas, pour Israël dans ce cas ; il y a eu simplement la croyance dans sa propre narrative de suffisance et d’irréalité, sa croyance aux jugements du niveau des satiristes et des people de talk shows (du type “Assad le méchant” ou “Assad la brute”, qu’on retrouve aussi dans les cénacles intellectuels parisiens), avec confirmation des services de renseignement eux-mêmes influencés par les exigences de cette communication complètement grotesque.

Le système de la communication utilisé pour le renforcement de l’inversion des jugements et la dissolution des psychologies, jusqu’à une pensée aussi ferme “qu’un éclair au chocolat” (comme la colonne vertébrale du président McKinley, selon son vice-président Teddy Roosevelt), triomphe en alimentant l’arrogance et la suffisance, en confirmant les aveuglements qui font prendre les victoires tactiques de communication pour une stratégie décisive. Combien de fois l’Israël des Netanyahou, Barak & Cie s’est-il cru triomphant et prêt à frapper décisivement l’Iran, et nous attendons depuis huit ans cette attaque annoncée chaque jour et fleurie d’innombrables descriptions de manigances et manœuvres complotistes diverses. Cette fois, il y a de l’action : le fracas des bombes israéliennes autour de Damas fait croire, communication et narrative à l’œuvre, à une irrésistible puissance stratégique. La visite piteuse de Netanyahou à Poutine, à Sotchi, enchaîne sur la révélation (?) qu’il ne s’agissait que d’une péripétie tactique enluminée par la communication, donnant des effets pervers bien préoccupants, et que la stratégie, elle, se règle face au président russe, et l’on sait bien dans quel sens. Effectivement, il s’agit bien d’une défaite stratégique à partir d’impulsions tactiques magnifiées par leurs effets de communication, et interprétées faussement comme des actes stratégiques.

Comme le bloc BAO dans son ensemble, Israël est complètement prisonnier du système de la communication, de ses narrative et de ses illusions, de ses obsessions et de son étrange affectivité, transformant les erreurs courantes depuis l’américanisation de ses forces armées qui portaient essentiellement sur le contexte et les conditions de l’engagement, en des dérives catastrophiques qui portent désormais, en plus, sur l’exécution et l’opérationnalisation. Cette évolution, qui a été engagée avec la catastrophe de l’été 2006 est désormais la marque de l’activité de cet Israël américanisé, devenu depuis un Israël-Système, qui semble n’avoir même plus besoin de s’engager vraiment dans un conflit pour le perdre, – comme il semble pouvoir envisager de le faire avec la Syrie. Recette aussi parfaite après tout que celle des prévisions erronées des meilleurs services de renseignement du monde : Israël n’a plus besoin de faire une guerre pour la perdre.

La spécificité d’Israël a complètement disparu dans la phase finale de la constitution du bloc BAO depuis l’automne 2008, avec sa psychologie réduite à une opérationnalisation faussaire et trompeuse. Le résultat concret, pour ce pays, est une situation où l’on pourrait dire que la défaite de l’été 2006 contre le Hezbollah suivant l’américanisation de ses capacités et de ses conceptions militaires ressemblerait, pour les structures financières, économiques et bureaucratiques du bloc BAO, à la crise financière d’effondrement de l’automne 2008. L’analogie s’énoncerait alors de cette façon : puisque le Système, – l’américanisation militaire pour Israël, les structures bancaires ultra-libérales pour l’appareil financier du bloc BAO, – ne marche pas, c’est donc qu’il faut plus que jamais poursuivre sur cette voie et l’appliquer plus que jamais. Des deux côtés, la consigne est suivie et appliquée à la lettre.

http://www.dedefensa.org/article-la_syrie_r_v_le_isra_l_22_05_2013.html

Georges Sabra appelle l’ASL à « sauver » Qoussair

Alors que la ville de Qoussair a été libérée par l’Armée arabe syrienne appuyée par des combattants libanais du Hezbollah, le chef de la Coalition nationale (opposition), Georges Sabra, a appelé toutes les unités se réclamant de l’Armée syrienne libre (ASL) à envoyer des hommes pour « sauver » la ville.

L’Armée syrienne se bat actuellement contre des poches de jihadistes dans certains quartiers et la banlieue. L’appel du trotskiste Georges Sabra vise à rétablir la ligne de partage Nord-Sud de la Syrie que l’opposition voulait faire acter lors de la conférence de « Genève-2 ».

Plus de 80 000 chrétiens avaient été obligés de fuir Qoussair pour échapper à la furie des jihadistes, fin 2012.

La libération de Qoussair modifie profondément la donne stratégique syrienne et met fin au projet de partition.

Le président Barack Obama a appelé son homologue libanais, Michel Sleimane, pour protester contre l’intervention du Hezbollah en contradiction avec la politique de neutralité du Liban. Le Premier ministre turc, Reccep Erdogan, a également condamné l’intervention du Hezbollah lors d’une conférence de presse à Istanbul, à l’occasion de son retour des États-Unis.

http://www.voltairenet.org/article178577.html