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Alep / Syrie : La stratégie de la faim quand toutes les autres ont échoué !

 

Syrie : Le gouvernement tiendra ses engagements concernant la protection de ses enfants et citoyens !

Bachar al-Jaafari

Le 17 Juin 2013, le Conseil de sécurité discutait du sort des enfants en temps de conflit armé[*]. Voici la traduction du discours du Docteur Bachar al-Jaafari, délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies.

Monsieur le Président,

Nous avons lu avec intérêt le rapport du Secrétaire général concernant les enfants en temps de conflit armé.

Bien que Mme Leila Zerrougui, Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, ait abordé – pour la première fois – les crimes et abus commis par les groupes terroristes armés et notamment le recrutement d’enfants soldats, il est regrettable qu’elle ait eu besoin de plus de deux ans alors que des dizaines d’articles et de rapports officiels  documentés et des centaines de témoignages d’illustres représentants de l’ONU ou d’ONG avaient affirmé que des groupes terroristes salafistes et wahhabistes takfiristes enrôlaient des enfants syriens dans leur rang. Elle a eu besoin de plus de deux ans avant de les inscrire, aujourd’hui seulement et pour ce seul crime, sur « la liste de la honte » !

Nous aurions aimé que dans son rapport sur la Syrie, Mme  la Représentante spéciale recommande aux états qui parrainent et soutiennent les groupes terroristes, désormais connus de tous, qu’ils cessent d’une part de leur fournir argent, armes,  équipements, renseignements, et appui médiatique et d’autre part, qu’ils lèvent leurs sanctions unilatérales imposées au peuple syrien, dont la victime est en premier lieu l’enfant syrien, en raison de l’arrêt des programmes de développement et de financement, et de l’affaiblissement de l’économie nationale.

Monsieur le Président, ce qui soulève notre inquiétude est l’insistance de la Représentante spéciale – sur la liste annexée au rapport – à imputer aux autorités gouvernementales syriennes la responsabilité des bombardements des écoles et hôpitaux, les meurtres et mutilations d’enfants, en plus d’allégations nouvelles faisant référence à des actes de violence sexuelle. Permettez-moi d’aborder toutes ces allégations une par une.

Premièrement, concernant le bombardement des écoles et des hôpitaux :

La Syrie a reçu de bon cœur Mme Zerrougui et la délégation qui l’accompagnait fin 2012. Madame Zarrougui a rencontré les responsables concernés et en particulier le ministre de l’Éducation qui lui a remis une information documentée prouvant l’étendue des exactions terroristes des groupes armés, auxquelles était confronté tout le secteur de l’éducation. Elle a eu et tout le temps de visiter les écoles, les hôpitaux et les centres d’accueil des provinces de Damas, Homs et de leurs environs.

Mais pour une certaine raison, elle a choisi d’ignorer ce qu’elle avait elle-même constaté, à savoir que le gouvernement syrien utilisait les établissements d’enseignement comme centres d’accueil pour les familles déplacées, non comme cibles à bombarder ! Ceci pendant que les attaques délibérées et répétées des  groupes terroristes armés continuent à frapper les instituts et centres d’enseignement en Syrie, attaques largement documentées et durant lesquelles les parents sont contraints de ne pas envoyer leurs enfants à l’école du fait d’engins explosifs placés à l’intérieur même des établissements ou dans leur voisinage immédiat, ou encore du fait du ciblage délibéré des écoles par des missiles. Vous vous souvenez tous du bombardement de la Faculté d’Architecture à l’Université d’Alep, puis du bombardement de la Faculté d’Architecture à l’Université de Damas !

Quant aux établissements de la Santé, ils ont été largement ciblés par les groupes terroristes armés qui ont ravagé, incendié, et volé, plus de 35 % des hôpitaux syriens. Nous avons fourni à la Représentante spéciale des vidéos montrant les préparatifs des terroristes destinés à l’explosion de l’hôpital d’Al-Qousayr, puis leur conséquence en date du 5 Septembre 2012. Nulle mention de ce crime dans son rapport, alors que les bombardements des hôpitaux et des écoles sont, en eux-mêmes, des crimes suffisants pour inscrire ces groupes terroristes sur « la liste de la honte » !

Deuxièmement, concernant les meurtres et mutilations d’enfants :

Depuis le tout début de la crise, le monde entier est témoin de la série de crimes répugnants commis contre les enfants syriens par les groupes terroristes armés

Ainsi, à Alep, Mohammed Al-Qatta âgé de 14 ans a été torturé puis fusillé pour cause de blasphème, devant son père et sa mère, par des éléments d’un bataillon fondamentaliste terroriste de « Jabhat al-Nosra » se présentant comme un tribunal légitime dépendant de « l’État islamique d’Irak et du Levant ».

Fin 2012 et toujours à Alep, des groupes extrémistes ont violé, trainé sur une longue distance, puis exécuté par pendaison l’enfant Fayçal âgé de 4 ans.

Rappelons aussi les propos diffusés avec enthousiasme, il y a seulement 2 jours, par la chaîne saoudienne « Al-Arabia » ; ceux du Sheikh koweïtien salafiste wahhabiste, Chafi Al-Ajami, se vantant dans l’un de ses sermons d’avoir « massacré » les enfants syriens  du village de Hatla à Deir el-Zor.

Ce n’est qu’un aperçu des multiples activités de « Jabhat al-Nosra », désormais inscrite sur la liste des organisations terroristes par le Conseil de sécurité. En l’occurrence, ceux qui ont préparé ce rapport auraient pu en tenir compte !

Troisièmement, concernant les actes de violence sexuelle :

Comment se fait-il que ce rapport de la Représentante spéciale ignore les crimes d’agressions sexuelles, de viols, et d’assassinats, perpétrés par les groupes terroristes armés à l’encontre de femmes et de fillettes syriennes ? Comment se peut-il que ces crimes ne figurent pas dans ce rapport, en dépit de multiples autres rapports documentés prouvant que ces groupes armés ont kidnappé des femmes et des jeunes filles pour en faire des captives ou des esclaves destinées à satisfaire leurs plaisirs ? Ceci, pendant que les protecteurs de ces voyous du Jihad, déséquilibrés et nécrophages, habitant quelque part dans les « machiakhates pétrodollariennes » [machiakhate : terme dérivé de Cheikh, NdT], lançaient publiquement sur les ondes leurs fatwas autorisant ces crimes sous couvert de ce qu’ils ont désigné par « Jihad sexuel » ou « Jihad de la fornication » !

Monsieur le Président, nous déplorons que dans les 13 paragraphes de ce rapport, consacrés à la République arabe syrienne, aucun ne mentionne la souffrance des enfants syriens vivant sous l’occupation israélienne dans le Golan syrien.  Depuis son entrée en fonction nous avons attiré, à maintes reprises, l’attention de Mme Zerrougui sur la nécessité d’accorder à cette question l’importance qu’elle mérite dans ses comptes-rendus. Malheureusement, elle ne l’a pas fait.

Pour conclure, Monsieur le Président, je voudrai souligner que le gouvernement syrien tiendra ses engagements concernant la protection de ses citoyens, notamment les enfants. Toute violation de la sécurité de ces enfants est soumise à de sérieuses poursuites. C’est dans ce but que le 6 mai 2013 le gouvernement syrien a adopté deux articles supplémentaires, ajoutés au Code pénal, condamnant ceux qui entrainent des enfants de moins de 18 ans dans des opérations de combat, quelles qu’elles soient, à des peines de travaux forcés allant 10 à 20 ans.

Dr Bachar al-Jaafari

NewYork ;17/06/2013

Texte traduit par Mouna Alno-Nakhal 


Source : Vidéo / You Tube
http://www.youtube.com/watch?v=VI06cNK-BEU

 

Notes :

[*] Conseil de sécurité    [CS/11035 / 6980e séance – matin] : Le sort des enfants en temps de conflit armé
http://www.un.org/News/fr-press/docs/2013/CS11035.doc.htm

 

Extraits :

« M. JEAN ASSELBORN, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères du Luxembourg, a salué la possibilité offerte à la société civile de s’exprimer devant le Conseil de sécurité sur cette question des enfants en période de conflit armé.  Il a rappelé qu’à ce jour, trois millions d’enfants avaient été affectés par le conflit en Syrie, en précisant que des milliers d’entre eux ont perdu la vie et de nombreux autres ont subi la torture ou des violences sexuelles.  Plus de la moitié des hôpitaux ont été endommagés ou détruits et 2 500 écoles ont été partiellement ou entièrement détruites, a noté le Ministre, avant d’appeler à mettre fin au conflit en Syrie.  Il nous faut trouver une solution qui conduise à une transition politique en Syrie et qui réponde aux aspirations légitimes du peuple, a-t-il souligné, en estimant que la Conférence de Genève II apparaissait de plus en plus comme celle de la dernière chance ».

« Le représentant de la Fédération de Russie a rappelé que son pays condamnait toutes les violations graves commises à l’encontre des enfants, en soulignant la nécessité de mettre un terme à l’impunité des auteurs de ces violations.  Il a condamné également l’utilisation des drones, en plaidant pour que des enquêtes sur ces incidents soient menées.  Il a souligné qu’il était nécessaire de respecter le système de répartition des tâches entre les différentes institutions des Nations Unies.  Le mandat de la Représentante spéciale comprend la protection des enfants en période de conflit armé, a-t-il rappelé, en estimant cependant qu’une interprétation étendue de cette notion n’était pas justifiée.  Des évaluations pondérées sur la base de données fiables permettent, a-t-il assuré, de garantir la crédibilité et la pertinence des recommandations contenues dans le rapport du Secrétaire général.

La Représentante spéciale doit mettre au point des procédures claires pour inscrire ou radier des parties à un conflit des listes en annexe du rapport du Secrétaire général, a-t-il dit, en faisant notamment état de critères superficiels concernant les auteurs de violations récalcitrants.  L’absence de critères clairs n’aide pas les États mais encourage un manque d’objectivité et de confiance au sujet de l’utilisation de cet instrument, a ajouté le délégué russe.  Les sanctions ne sont pas une panacée, a-t-il par ailleurs affirmé, en rappelant également le rôle dévolu aux États à qui incombe la responsabilité principale d’assurer la protection des populations ».

http://www.mondialisation.ca/syrie-le-gouvernement-tiendra-ses-engagements-concernant-la-protection-de-ses-enfants-et-citoyens/5339654

Syrie : Alep ou le « déséquilibre » fabiusien !

Syrie : l’incroyable aveu de Laurent FabiusCe que vous ne comprenez pas et dont le ministre français des Affaires étrangères doit vous convaincre est que la résistance d’Alep « la Syrienne » menace l’équilibre de son monde, de sa communauté prétendument internationale, et de ses larbins endoctrinés à prix d’or pour continuer à la piller et à en massacrer les citoyens coûte que coûte [1].

Mais rassurez-vous, il ne vous en coûtera rien ! Ce ne sont pas les soldats français qui se battront sur le sol syrien pour défendre la crédibilité de la France et « rééquilibrer » la perte de son influence et de sa grandeur. Cette lourde tâche est confiée à des sous-fifres traitres ou endoctrinés qui sont, en l’occurrence, les « néo-résistants »  made in France, US, et ailleurs…

Mais voilà, Monsieur Fabius est bien obligé de constater que  ses « prétendus résistants » sont dans une mauvaise passe. Qu’à cela ne tienne. Contrairement aux Russes, lui et ses collègues  arabes et ottomans empêcheront l’Armée de [Bachar] d’en délivrer les habitants d’Alep et, à défaut, la tenue de la « Conférence de Genève.2 » si les délégués de ces vendus, assassins et nécrophages ne peuvent y participer faute d’atouts dans leur jeu de poker menteur [2]. Et quel meilleur atout que de continuer à terroriser « Alep la somptueuse » en tentant d’empêcher ses fils, les soldats de l’Armée arabe syrienne, de remporter une deuxième victoire ? [3].

Et puisque les paroles s’en vont mais les écrits restent, ci-dessous la transcription de l’objet de ce « billet d’humeur », triste humeur autant pour la Syrie que pour la France !

Interview de Laurent Fabius sur France 2 (12.06.2013) :

[…]

Fabius : J’avais hier mon collègue David Oglü longuement au téléphone pour parler de la Syrie et puis on a parlé aussi de la Turquie. Et, il m’a expliqué quelle était sa vision de la situation [en Turquie] et je lui ai dit vraiment ce qu’était la position officielle de la France… que l’on souhaitait la retenue et l’apaisement… et la solution passe par le dialogue, là bas comme partout.

France 2 : Alors justement vous parliez de la Syrie. Les rebelles sont en train de perdre du terrain. Est-ce qu’il faut les armer ? Les Américains sont prêts à le faire.

Fabius : Il faut qu’il y ait un rééquilibrage, parce qu’au cours des derniers jours, des dernières semaines, les troupes de [Bachar] et surtout le Hezbollah et les Iraniens, avec les armes russes, ont repris un terrain considérable et il faut qu’on puisse arrêter cette progression avant Alep !

Là, c’est la prochaine cible qui est celle, à la fois, du Hezbollah et des Iraniens ! Et il faut qu’on l’arrête, parce que si on n’a pas de rééquilibrage sur le terrain il n’y aura pas de Conférence de la paix à Genève. L’opposition n’acceptera pas d’y venir ! Or, il faut qu’il y ait une solution politique. Donc, il faut qu’on puisse arrêter les troupes de [Bachar] et qu’on aille, si possible, au moment de Juillet vers une conférence politique.

C’est bien pour ça qu’on milite. Pour que « les soldats de la résistance » puissent se défendre, il faut qu’ils disposent d’armes parce que [Bachar], lui, il a des avions, plus de 500 ; il a des canons puissants ; et il a utilisé, d’une façon scandaleuse, des armes chimiques. Et donc, en face, il ne s’agit pas d’armer pour armer, mais il faut qu’il y ait un rééquilibrage !

France 2 : Alors qui va les armer ? L’Europe ? Les États-Unis ? Les pays arabes ?

Fabius : Déjà… Déjà… Il y a déjà des armes qui leur sont données par les pays arabes. Nous, vous savez qu’on respecte la réglementation européenne qui dit que c’est à partir du1er Août que des armes puissantes peuvent être données. Pour l’instant, nous n’avons pas encore décidé. Et les Américains – effectivement j’ai eu mon collègue Monsieur Kerry hier – ils sont en train d’examiner leur propre position. Je crois qu’il y a dans l’administration américaine des positions différentes. Les Américains auraient bien voulu se tenir à l’écart de tout cela, mais le conflit n’est plus local !

C’est un conflit régional et même international ! La Jordanie est touchée. La Turquie est touchée. Le Liban est touché. L’Irak est touché. En Syrie, c’est un désastre. Ça peut avoir des répercussions sur le conflit israélo-palestinien ! Donc, personne ne peut dire : moi ça ne me regarde pas !

France 2 : Est-ce qu’il faut une intervention militaire occidentale ?

Fabius : Non… personne ne demande, si vous voulez, qu’il y ait un envoi de troupes au sol en Syrie. Absolument pas. Ce serait la catastrophe ! Mais il faut que les « résistants » puissent avoir les moyens de se défendre.

J’ajoute en plus que ça devient un conflit, comme on dit en anglais [ !?], sectaire, c’est-à-dire religieux entre les chiites, les sunnites… Et c’est un imbroglio épouvantable avec des menaces, je dis bien, sur toute la région.

Et derrière l’affaire syrienne il y a évidemment la question iranienne : est-ce que l’Iran, l’an prochain, va oui ou non… pourra avoir l’arme nucléaire ? Notre position, à nous Français, c’est de dire que si on n’est pas capable d’empêcher l’Iran de prendre la main sur la Syrie, quelle crédibilité aurait-on en lui … en exigeant qu’elle n’ait pas l’arme atomique ? Donc, tout est lié.

[…]

Laurent Fabius/ France 2

12/06/2013

http://www.dailymotion.com/francediplotv

http://www.dailymotion.com/video/x10tgsn_interview-de-laurent-fabius-sur-france-2-12-06-2013_news?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter#.Ubhrob5OJ_8

 

Notes :

[1] Syrie : Le pilleur d’Alep !

http://www.mondialisation.ca/syrie-le-pilleur-dalep-2/5323740

[2] Syrie : Les joueurs impénitents

http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29338

[3] Qousseir / Al-Qusayr Syrie, Une Victoire Stratégique Majeure

http://www.youtube.com/watch?v=DyXNF0Us7oE

http://www.mondialisation.ca/syrie-alep-ou-le-desequilibre-fabiusien/5338848

France – Syrie, le sens du mot amitié selon Laurent Fabius

Je vous reproduis un article de Reuters dont le moins que l’on puisse dire est qu’il n’a pas beaucoup de succès dans la presse française qui le reprend fort peu.

Et qui permet de constater que le gouvernement français, qui se prétend « ami » de la Syrie (sans doute au nom de son passé e force occupante dans ce pays, rechigne à accueillir le réfugiés Syriens.

La même France qui a pourtant tout fait pour aggraver et prolonger le conflit dans ce pays arabe, dépêchant sur place et dans les pays voisins des conseillers militaires pour encadrer l’opposition armée, plaidant aussi comme une forcenée pour un accroissement quantitatif et qualitatif des livraisons d’armes aux milices d’opposition, exigeant comme condition préalable à tout arrêt des hostilités le départ de Bachar al-Assad qui « ne mériterait pas de vivre », dixit Laurent Fabius qui lui, par contre , mériterait de vivre.

C'est aux autres d'assumer les conséquences choix de la France

C’est aux autres d’assumer les conséquences des choix politiques de la France

L’article expose dans toute sa nudité l »hypocrisie de l’amitié de la France pour la Syrie

La France rechigne à accueillir plus de réfugiés syriens

Capital.fr
Source : Reuters 24/05/2013 à 12:40 / Mis à jour le 24/05/2013 à 12:45

Plusieurs centaines de Syriens ont demandé l’asile en France depuis 2011 dans l’espoir d’échapper au conflit qui fait rage depuis plus de deux ans et qui a causé la mort de 80.000 personnes et la fuite de plus de 1,5 million de personnes. Des chiffres dérisoires au regard des demandes adressées à l’Allemagne et à la Suède, – avec respectivement, pour la seule année 2012, 6.200 et 7.800 demandes de réfugiés syriens -, mais qui selon certaines ONG pourrait être revu à la hausse si la France acceptait de revoir ses capacités d’accueil.

Pour Marouane, tout à basculé à l’été 2012 lors de la bataille d’Alep opposant les rebelles aux forces du président Bachar al Assad. En l’espace de quelques semaines, les allusions jusque là discrètes à son engagement en faveur de la démocratie se sont transformées en menaces à peine voilées.

« J’ai reçu plusieurs coups de téléphone. Quand j’ai vu que les choses se dégradaient, j’ai décidé de partir pour mettre à l’abri ma femme et mes deux filles », explique ce médecin chrétien de 55 ans, qui a rejoint en novembre la France, où il a déposé une demande d’asile.

Comme lui, plusieurs centaines de Syriens ont demandé l’asile en France depuis 2011 dans l’espoir d’échapper au conflit qui fait rage depuis plus de deux ans et qui a causé la mort de 80.000 personnes et la fuite de plus de 1,5 million de personnes. Ils étaient 100 à faire cette demande en 2011, 450 en 2012 et 282 au cours de quatre premiers mois de 2013.

Des chiffres dérisoires au regard des demandes adressées à l’Allemagne et à la Suède, – avec respectivement, pour la seule année 2012, 6.200 et 7.800 demandes de réfugiés syriens -, mais qui selon certaines ONG pourrait être revu à la hausse si la France acceptait de revoir ses capacités d’accueil.

Un scénario qui permettrait de désengorger les camps de réfugiés en Turquie et en Jordanie mais qui est pour l’heure écarté par les autorités françaises qui évoquent un « système d’asile à bout de souffle » et appellent à s’attaquer aux racines du problème en trouvant en priorité une solution politique.

« L’Europe n’est pour l’instant pas affectée par l’exode des Syriens mais cela pourrait changer, notamment au vu du nombre important de Syriens dans les camps situés dans les pays limitrophes qui risquent d’être complètement submergés par l’afflux », souligne William Spindler, porte-parole du Haut commissariat aux réfugiés à Paris.

Selon le HCR, le nombre de réfugiés syriens, actuellement d’un million et demi, risque en effet d’être multiplié par deux ou par trois d’ici à la fin de l’année.

« SATURES »

Face à la dégradation de la situation, l’Allemagne a annoncé en mars qu’elle accueillerait au moins 5.000 réfugiés syriens supplémentaires en 2013, une décision saluée par la Commission européenne qui a émis l’espoir que d’autres Etats membres de l’UE suivent cet exemple.

Un espoir partagé par le HCR qui estime qu’il est temps pour la France d’accueillir davantage de réfugiés face à la situation alarmante observée dans les camps turcs et jordaniens où les conditions sanitaires et sécuritaires se dégradent chaque jour.

Pour la présidente d’Amnesty International France, Geneviève Garrigos, « la dégradation de la situation et l’afflux constant de réfugiés peut avoir un impact sur la stabilité de toute la région et l’UE portera une grande part de responsabilité pour son inaction aujourd’hui. »

Invoquant des centres d’hébergement des demandeurs d’asile (Cada) « saturés », Paris, pourtant en première ligne dans le dossier syrien, se dit dans l’incapacité d’accueillir en urgence des réfugiés comme ce fut le cas pour les chrétiens d’Irak en 2010 après l’attaque de leurs lieux de culte.

« La saturation du dispositif d’accueil, due à la hausse de la demande d’asile et à l’augmentation des délais de traitement, ne permet pas à la France, à ce jour, de s’engager auprès du HCR à examiner un plus grand nombre de demandes », indiquait le ministère de l’Intérieur en mars.

« Consciente de la situation alarmante en Syrie, la France agit afin d’apporter des réponses concrètes aux difficultés des réfugiés syriens, elle apporte un soutien financier à l’aide humanitaire d’urgence en Syrie ainsi qu’aux ONG oeuvrant dans les pays voisin », faisait-il alors valoir.

Au total, selon le quai d’Orsay, la France a versé une aide de 11,2 millions d’euros pour les réfugiés situés dans les pays limitrophes sur une aide totale de 40 millions d’euros dans le cadre de la crise syrienne.

SOLIDARITÉ

Pour le directeur général de France Terre d’asile, si cet argument est recevable, il ne doit toutefois pas empêcher la France de réfléchir à son devoir de solidarité.

« Quand on dit que le dispositif est en crise, c’est vrai mais cela doit être réforme et cela ne doit pas nous empêcher de réfléchir à l’expression de notre solidarité avec notamment les réfugiés syriens et en liaison avec les organisations internationales », souligne Pierre Henry.

La création de 4.000 places d’hébergement, dont 2.000 ouvertes dès juillet et les autres avant le premier trimestre 2014 pourraient débloquer la situation, estime-t-il.

Dans le cadre du programme de réinstallation mené actuellement par la France, le HCR soumet 100 dossiers de candidature pour la réinstallation de réfugiés par an.

Un processus jugé marginal par Amnesty International qui appelle la France à mettre en place une procédure de réinstallation d’urgence.

« L’histoire se répète et on n’arrive pas à trouver de réponse », déplore Jean-François Dubost, responsable du programme personnes déracinées. « Au moment de la guerre en Libye, on a eu exactement le même phénomène. Il y avait des réfugiés libyens venus se réfugier en Tunisie et en Egypte et il y a eu des demandes de réinstallation par le HCR auprès des pays de l’UE dont la France. C’est la même chose pour la Syrie. »

PRÉCARITÉ

La durée du conflit et l’absence de solution politique à court ou moyen terme joue en défaveur de la population syrienne au sein de l’opinion publique davantage préoccupée par la crise économique, estiment les ONG.

La décision en janvier de la France de réintroduire de façon temporaire le visa de transit aéroportuaire pour les ressortissants syriens serait passée inaperçue si plusieurs ONG n’avaient pas déposé deux recours, tous deux rejetés, devant le Conseil d’Etat en dénonçant une entrave au droit d’asile.

« L’introduction de ce visa n’était pas une manière de freiner les flux de réfugiés demandant éventuellement à se rendre en France », assure-t-on au Quai d’Orsay. « Tout au contraire, c’était un moyen d’éviter que les réfugiés ne se retrouvent dans des zones de transit des aéroports internationaux dans des situations de très grande précarité. »

Pour le ministère des Affaires étrangères, la crise syrienne ne se réglera pas via la question des réfugiés.

« Il faut replacer les choses dans l’ordre, la manière de régler la question des réfugiés syriens c’est de leur permettre de rentrer chez eux, de rétablir des conditions qui permettent de le faire. »

Avec John Irish, édité par Yves Clarisse

http://mounadil.wordpress.com/2013/05/25/france-syrie-le-sens-du-mot-amitie-selon-laurent-fabius/

 

Syrie : La bataille de Qousseir, un tournant dans la guerre ?

Dans cette ville stratégique pour les livraisons d’armes aux rebelles en provenance du Liban, l’implication du mouvement chiite libanais Hezbollah pourrait servir à convaincre l’opposition que l’option armée est une impasse.

Les combats qui se déroulent dans la ville de Qousseir et ses alentours pourraient représenter un tournant dans la crise syrienne. Et pas seulement militairement. Certes, il s’agit d’une localité stratégique du centre de la Syrie. Comme le fait remarquer Bassam Abou Abdallah, directeur du Centre de Damas pour les études stratégiques : « Qousseir était la route d’approvisionnement la plus dangereuse pour le régime en raison de sa localisation au centre du pays et sa proximité avec le Liban. Sa prise portera un coup très dur, notamment aux rebelles. » En ce sens, une victoire de l’armée régulière aurait un impact psychologique non négligeable pour la troupe en même temps qu’elle pourrait regagner la confiance d’une partie de la population. Non pas que celle-ci se mette à adouber le régime toujours en place. Mais les signes sont de plus en plus fréquents d’une rupture entre les habitants et les groupes islamiques armés qui veulent imposer leur loi (lire l’encadré).

Ce qui est particulièrement nouveau, et donc politiquement très important, est la reconnaissance par le mouvement chiite libanais Hezbollah de son implication dans les combats sur le sol syrien. Al Manar, la télévision du Hezbollah, a diffusé des images montrant des centaines de personnes participant, lundi, aux funérailles de cinq membres du mouvement chiite « qui accomplissaient le devoir de djihad ». La télévision n’a pas précisé où ils avaient été tués, mais une source proche du mouvement dirigé par Hassan Nasrallah a révélé à l’AFP que la majorité de ses morts (on parle de plus de trente tués) l’avaient été par des engins piégés posés par les insurgés pour freiner l’avance du Hezbollah. Cette même source a précisé que de nouvelles troupes avaient été dépêchées pour combattre à Qousseir.

Un engagement qui pourrait évidemment changer la donne quand on connaît la puissance combattante de ce groupe. Pour Waddah Charara, professeur de sociologie à l’université libanaise, le Hezbollah libanais est impliqué dans « la bataille, car cette ville est la porte par laquelle passent les hommes et l’armement vers le nord du Liban et du nord du Liban vers la Syrie ». Or, explique l’auteur de l’État Hezbollah, « Tripoli est un bastion de l’opposition sunnite au Liban et en fermant cette porte il affaiblit ses principaux adversaires libanais, d’où l’importance de la prise de la ville ».

En vue de la conférence de Genève

Cependant, pour Bassam Abou Abdallah, l’opération militaire s’inscrit en vue de la conférence internationale prévue en juin à Genève. « Elle vise à convaincre les autres parties (l’opposition et les rebelles) que l’option militaire ne pourra pas réussir. » De son côté, le quotidien syrien Al-Watan, considéré comme proche du pouvoir, titrait en une : « Le drapeau syrien hissé sur les bâtiments gouvernementaux à Qousseir, la Turquie enflamme le front nord d’Alep avant la conférence internationale ».

On comprend mieux pourquoi, à la demande du Royaume-Uni, l’Union européenne envisage de mettre la branche armée du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes. Pour sa part, le président américain, Barack Obama, a exprimé auprès du président du Liban, Michel Sleimane, ses inquiétudes sur la présence du Hezbollah en Syrie. Quant au premier ministre turc, Erdogan, 
il a dénoncé, sans rire, 
« l’intervention étrangère » du Hezbollah en Syrie !

Enlèvements et meurtres islamistes  L’avocat Abdoullah Al Khalil, militant des droits de l’homme, qui se trouve à la tête du conseil municipal de Raqa, a été enlevé, dimanche, par un groupe armé, alors qu’il quittait les locaux du conseil municipal. Les troupes du régime ne sont pas entrées depuis mars dans Raqa, première et seule capitale provinciale à être tombée aux mains des rebelles depuis le début de la révolte populaire contre le président Bachar Al Assad, en mars 2011. Un militant à Raqa a accusé des islamistes radicaux, refusant de se retirer de secteurs résidentiels de la ville, d’être derrière le rapt, « quelques jours avant de nouvelles élections du conseil municipal ». Il a précisé que plusieurs autres personnalités locales avaient été enlevées ou tuées récemment dans le secteur. « Auparavant, les gens aimaient (les groupes rebelles islamistes) Ahrar al-Sham et al-Nosra. (Mais) maintenant, ils nous volent notre pays », a-t-il dénoncé, en faisant par ailleurs état de tensions et de rivalités entre ces groupes.

Pierre Barbancey

http://www.humanite.fr/monde/la-bataille-de-qousseir-un-tournant-dans-la-guerre-541990

Blog d’Alexandre Latsa: Guerre en Syrie: victoire de la realpolitik et défaite du mainstream médiatique?

Alexandre Latsa

12:39 22/05/2013

Сe 22 mai 2013, l’armée Syrienne semble en passe de remporter une bataille locale importante, en reprenant le contrôle d’un des principaux bastions de l’opposition, la ville de Qousseir. Cette victoire militaire, qui devrait être confirmée dans les jours qui viennent, arriverait alors que l’Etat Syrien a repris le contrôle de plusieurs dizaines de localités ces dernières semaines.

Cette chute de Qousseir, qui résiste au régime depuis plus d’un an, serait stratégique pour l’Etat Syrien et lui permettrait de couper la principale route d’approvisionnement des rebelles dans le centre de la Syrie. L’armée Syrienne devrait ensuite vraisemblablement concentrer ses forces sur Homs, ville que près de 80.000 chrétiens ont fui depuis le début de la guerre et ainsi plausiblement reprendre le contrôle du centre du pays.

On peut imaginer qu’ensuite, le régime décide d’en finir avec Alep et lance un assaut décisif pour reprendre cette ville partiellement aux mains des rebelles, réduisant ainsi à néant toute possibilité pour ces derniers d’en faire un bastion du nord, pourquoi pas même la pré-capitale d’une région indépendante du nord. Le régime Syrien avait du reste lui-même qualifié la bataille d’Alep, qui a commencé en juillet 2012, de mère des batailles.

Ce faisant, le régime resterait sur la tactique qui est la sienne depuis le début du conflit, c’est à dire garder le contrôle des villes et refouler les rebelles dans les campagnes, les empêchant ainsi d’exercer tout contrôle politique.

Il semble donc bien que le gouvernement syrien reprend lentement l’avantage, une situation que la presse occidentale n’arrive même plus à maquiller, après avoir proclamé et martelé pendant deux ans et demi, depuis le début de la guerre civile, que la défaite d’Assad était évidente, certaine et toujours très proche. Cette situation remet de nouveau sur la table le projet de négociations internationales sur la question Syrienne.

Toutefois, c’est une équation totalement nouvelle qui apparait pour ces éventuelles négociations internationales. L’image médiatique de l’opposition en Syrie s’est beaucoup dégradée, sans doute au grand dam de ses sponsors. On parle moins d’opposition démocratique, on décrit maintenant des groupes Djihadistes sans coordination, et les multiples vidéos de tortures et massacres commis par certains de ces groupes armés ont semble t-il considérablement porté atteinte à la détermination de nombre de pays occidentaux d’armer ces mêmes groupes.

Peu à peu, une scission semble s’être en effet créée au sein des partisans du départ d’Assad, qui forment une étrange coalition entre des états occidentaux (Amérique, Israël et nations européennes) et des pays islamo-sunnites, Qatar en tête. Pour les premiers, l’absence d’une opposition politique modérée (laïque titrait même le New York Times) avec la rébellion qui n’arrive pas à contrôler le terrain, et ce malgré deux ans et demie de guerre, pose un réel problème de tactique diplomatique. Pour les seconds visiblement, la montée en puissance du Front Al-Nosra ne semble pas être un problème et l’organisation, qui a affirmé son rattachement a Al-Qaïda, vient d’ailleurs de faire des émules puisque l’opposition Syrienne comprend désormais également une brigade Oussama-Ben-Laden.

Sur le terrain il est sans doute encore très prématuré de parler d’une potentielle victoire d’Assad, militaire ou politique, ou de dire que la Syrie ne se dirige pas vers une partition de fait. Mais sans intervention militaire étrangère, on imagine mal comment l’armée Syrienne, qui a désormais elle aussi le soutien de milliers de combattants étrangers (notamment du Hezbollah) ainsi que directement de l’Iran pourrait perdre cette guerre.

Il y a même une hypothèse selon laquelle la guerre pourrait continuer, même en cas de départ ou d’élimination physique d’Assad, ce reportage d’un journaliste anglais tente de l’expliquer. Cette situation militaire redonne du poids à la position diplomatique russe qui depuis le début de la crise prône une solution politique. La plupart des états qui travaillent sur le dossier Syrien sont sans doute convaincus qu’une défaire militaire totale d’Assad semble de moins en moins probable, malgré les certitudes récentes du MAE Français Laurent Fabius qui n’en finit plus de ridiculiser la diplomatie française durant ce conflit.

Il reste l’idée d’une intervention militaire sur le scénario Libyen, mais visiblement ce n’est plus a l’ordre du jour  et cette fois la diplomatie Russe ne la laisserait pas se mettre en place. La solution diplomatique et politique semble prendre forme puisque des sources diplomatique affirment que Damas a désigné des représentants chargés de négocier avec l’opposition en vue d’une conférence sous égide Russo-américaine devant faire suite à celle qui s’est tenue le 30 juin 2012 à Genève.

Finalement, le conflit syrien qui était présenté comme une lutte de démocrates contre une dictature a complètement changé de visage. Ce délire absolu du mainstream médiatique français, qui a lui par contre totalement perdu cette guerre, ne tient plus aujourd’hui et on voit désormais bien qu’il s’agit d’une guerre stratégique contre l’Etat Syrien, soutenue de l’extérieur, pour que l’axe Chiite (Liban-Syrie-Iran-Sud de l’Irak) perde son influence régionale.

La guerre en Syrie pourrait donc faire apparaitre des réalités inattendues: Marquer le point d’arrêt définitif du printemps islamiste que la région connaît? Faire échouer la politique anti-chiite développée par les Occidentaux en collaboration avec leurs alliés sunnites? Confirmer le statut de la Russie comme protectrice des chrétiens d’Orient et des minorités en Syrie, en lieu et place de l’Europe?

http://fr.rian.ru/blogs/20130522/198361921.html

La deuxième phase de la bataille à Qousseir a commencé

 

L’armée syrienne a entamé la deuxième phase de l’attaque sur la ville de Qousseir. Des dizaines de véhicules et de chars avancent en direction des positions restantes de l’opposition armée, alors que l’aviation syrienne a intensifié ses bombardements des sites toujours contrôlés par les hommes armés.

Les agences de presse ont confirmé la mort mardi du commandant général du front extrémiste annosra et de son secrétaire adjoint dans les frappes de l’armée syrienne.

Ces derniers jours, les forces syriennes ont concentré leurs frappes sur la partie nord de la ville de Qousseir dans le rif de Homs. A ce propos, une source sécuritaire syrienne a indiqué que « des combats violents se déroulent au nord de la ville de Qousseir, où se réfugient le grand nombre des terroristes qui contrôlaient la ville depuis plus d’un an ».

un milicien tunisien tué à Qousseir Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), proche de l’opposition, « les groupes armés interdisent aux civils de quitter la ville, alors que les forces syriennes lancent un assaut dur » sur cette ville stratégique qui sert de liaison entre Damas et le littoral syrien, et qui sert de point de ravitaillement principal des groupes armés pour sa proximité des frontières libanaises.

Pour sa part, l’agence de presse syrienne Sana a rapporté que « dans le cadre des opérations continues contre les repaires des terroristes dans le quartier du centre et du nord de Qousseir, les unités de l‘armée syrienne ont tué et blessé un grand nombre de terroristes, et détruit plusieurs tunnels utilisés par les rebelles pour se déplacer et stocker les armes et les munitions ».

 

 

L’opposition syrienne appelle tous les rebelles à rejoindre Qousseir

Le chef de l’opposition syrienne George Sabra a appelé mercredi tous les rebelles à venir défendre la ville  de Qousseir.

« Accourez, bataillons de la révolution et de l’Armée syrienne libre (ASL),
pour sauver Qousseir et Homs », a-t-il affirmé dans un communiqué.
Il a appelé en priorité les combattants se trouvant à Qalamoun (province de
Damas), dans le nord de la province de Homs et de celle voisine de Hama à
« venir rapidement à la rescousse » de Qousseir et de ses environs.

« Que chacun des bataillons (rebelles) d’Alep, d’Idleb, de Raqqa, de Deir
Ezzor, de Damas dépêchent tout de suite même une petite unité pour sauver
Homs », province dont Qousseir fait partie.

Il a également demandé à ceux qui possèdent des armes et des munitions de
les envoyer à Qousseir et à Homs.

Par ailleurs, il a appelé la communauté internationale à établir un corridor humanitaire pour « sauver les blessés et fournir des médicaments et une assistance aux 50.000 habitants qui sont assiégés », selon lui.

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=113139&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=1

Syrie : Le Qatar fournit des milliards de dollars aux « rebelles »

Source : silviacattori.net

Le riche État gazier du Qatar a dépensé pas moins de trois milliards de dollars ces deux dernières années pour soutenir la rébellion en Syrie, loin devant n’importe quel autre gouvernement, mais il est maintenant dépassé par l’Arabie Saoudite en tant que premier pourvoyeur d’armes pour les rebelles.

Le coût de l’intervention du Qatar, sa dernière action de soutien à une révolte arabe, ne représente qu’une petite partie de son portefeuille d’investissements à l’international. Mais son appui financier à la révolution qui s’est transformée en cruelle guerre civile éclipse le soutien qu’apporte l’Occident à l’opposition.

Le petit État à l’appétit gargantuesque est le plus important donateur pour l’opposition politique, dédommageant généreusement les transfuges (une estimation l’évalue à 50 000 dollars par an pour un transfuge et sa famille), et il fournit une grande quantité d’aide humanitaire.

En septembre, de nombreux rebelles de la province syrienne d’Alep ont reçu un versement exceptionnel de 150 dollars de la part du Qatar. Des sources proches du gouvernement qatari disent que la dépense totale a atteint pas mois de 3 milliards de dollars, tandis que des sources rebelles et diplomatiques parlent d’un montant d’un milliard de dollars au maximum.

Pour le Qatar, qui détient les troisièmes plus importantes réserves de gaz naturel au monde, l’intervention en Syrie s’inscrit dans une posture obstinée de reconnaissance internationale et est simplement la dernière étape de sa démarche pour se positionner comme un acteur régional de premier plan, après son soutien aux rebelles libyens qui ont renversé Mouammar Kadhafi en 2011.

Selon le Stockholm International Peace Research Institute qui étudie les transferts d’armes, le Qatar a été le principal fournisseur d’armes à l’opposition syrienne, avec plus de 70 avions cargo militaires qui se sont posés en Turquie entre avril 2012 et mars de cette année.

Mais même si son approche est davantage guidée par le pragmatisme et l’opportunisme que par l’idéologie, le Qatar s’est retrouvé impliqué dans la situation politique très polarisée de la région, s’attirant des critiques acerbes. « On ne peut pas acheter une révolution » affirme un homme d’affaires de l’opposition.

Le soutien du Qatar aux mouvements islamistes dans le monde arabe, qui l’a mis en porte-à-faux avec les autres États du Golfe, a nourri une rivalité avec l’Arabie Saoudite. Hamad bin Khalifa al-Thani, émir régnant du Qatar, « veut être le (Gamal) Abdelnasser islamiste du monde arabe », » déclare un politicien arabe, en référence au panarabisme flamboyant et passionné de l’ancien leader panarabe.

L’intervention du Qatar est devenue l’objet d’une attention de plus en plus forte. Ses rivaux dans la région soutiennent qu’il utilise sa puissance financière simplement pour s’acheter une influence future et qu’il a fini par fragmenter l’opposition syrienne. C’est dans ce contexte que l’Arabie Saoudite qui jusqu’à présent avait apporté un soutien plus mesuré et réfléchi aux rebelles Syriens a accru son implication.

Les tensions récentes au sujet de l’élection d’un premier ministre par intérim de l’opposition qui a obtenu le soutien des Frères Musulmans syriens a aussi amené l’Arabie Saoudite à resserrer ses liens avec l’opposition politique, une tâche qu’elle avait en grande partie laissée entre les mains du Qatar.

La relégation du Qatar à la deuxième place en matière de fourniture d’armes résulte des inquiétudes en Occident et dans certains pays arabes de voir les armes fournies échouer entre les mains du Jabhat al-Nosra, une organisation liée à al-Qaïda.

Des diplomates disant aussi que les Qataris ont eu du mal à assurer un approvisionnement régulier en armement, chose que les Saoudiens ont été en mesure de faire via leurs réseaux plus développés.

Une route d’acheminement d’armes en Syrie passant par la frontière jordanienne a ouvert ces derniers mois. Le gouvernement jordanien qui est terrifié à la perspective de voir les djihadistes en position dominante chez son voisin a été réticent à autoriser les livraisons saoudiennes.

La réticence de l’Occident à intervenir avec plus de force en Syrie a eu pour conséquence de placer les opposants à Bachar al-Assad dans la dépendance du soutien du Qatar, de l’Arabie saoudite et de la Turquie, quoique depuis l’an dernier, les Émirats Arabes Unis et la Jordanie ont rejoint le club des soutiens aux rebelles en tant que partenaires mineurs.

Khalid al-Attiyah, le chef de la diplomatie du Qatar, qui est chargé de la politique syrienne, a rejeté les rumeurs sur une rivalité avec les Saoudiens et a démenti les allégations selon lesquelles le soutien qatari aux rebelles a divisé l’opposition syrienne et affaibli les institutions naissantes.

Dans un entretien accordé au Financial Times, il a affirmé que tout ce qu’a entrepris le Qatar l’a été en conjonction avec le groupe des pays occidentaux et arabes amis de la Syrie, pas seul. « Notre problème au Qatar, c’est que nous n’avons pas d’agenda caché, alors les gens nous en fixent un » a-t-il dit.

 

Un fond juif et israélien pour assister l’insurrection en Syrie

L’équipe du site

Moti Kahan arborant le drapeau de l'insurrection syrienne à l'Institut de WashingtonUn groupe d’homme d’affaires israéliennes et américaines juifs ont créé un fond pour financer les insurgés en Syrie.

C’est le chef de ce groupe, Moti Kahana qui a révélé cette information pour le quotidien israélien Yediot Aharonot, en marge d’une rencontre organisée par l’Institut de Washington pour la politique du Proche Orient, think tank connu pour ses tendances pro israéliennes.

«  Nous, juifs et Israéliens ne pouvons admettre que des femmes et des enfants puissent être égorgés si près de nous », a-t-il argué. Signalant avoir lui-même accordé à ce fond une somme s’élevant à 100.00 dollars.

Durant son intervention dans l’institut américain, Kahana qui a dit qu’il vit dans le New Jersey alors que sa famille vit en Israël a arboré un drapeau de l’insurrection syrienne, dévoilant que son frère Steeve, un réserviste de l’armée israélienne dans les services médicaux soignent les blessés syriens qui passent au Golan occupé. Il signale entre autre s’être rendu en Syrie, « comme s’il se rendait à Tel Aviv ». « Nous avons recueilli des centaines voire de milliers de dollars dans les deux dernières années et je suis chargé de transférer des dons à des organisations libérales en Syrie », ajoute-t-il.
Il devrait poursuivre son opération de collect de fonds dans les synagogues.

Selon lui, les réactions israéliennes à cette initiative sont plutôt favorables sachant que le groupe compte quelques membres de la Knesset israélienne.

Le Yediot Aharonot précise qu’à la rencontre de l’institut, ont intervenu deux représentants de l’opposition syrienne. L’un d’entre eux, un membre de la diaspora syrienne aux Etats-Unis ayant requis l’anonymat a salué les dernières attaques israéliennes contre des positions syriennes le week-end dernier, les qualifiant « d’opération chirurgicale d’une haute précision », et demandant aux Etats-Unis de «  bombarder les positions des forces du régime de Bachar »
« Assad ne va jamais fuir, alors que le pays est repris par al-Qaïda d’une part et l’Iran et le Hezbollah de l’autre », dit-il.

Quant à son associé, il a tenu à rassurer l’entité sioniste que « le prochain gouvernement démocratique syrien apaisera les tension avec Israël ».«  Il n’y a aucune raison pour que les démocraties soient hostiles les unes aux autres. Et si Israël accepte de faire des compromis dans les hauteurs du Golan, la Syrie pourra établir la paix avec lui, parce que sinon il n’y a pas d’animosité entre les deux peuples », a-t-il déclaré.

Le colonel AlAkidi ( à droite) et le colonel Zaccaria (à gauche)Selon le site Syria Truth, la ministre de la justice israélienne Tzipi Livni a participé à cette rencontre, aux côté de membres de l’opposition syrienne des Frères Musulmans et de la Déclaration de Damas, lesquels vivent aux Etats-Unis. Le site syrien accuse aussi le colonel de l’ASL, Abdel Jabbar AlAkidi et le colonel médecin Abdel Hamid Zaccaria d’avoir fait part aux discussions à Washington, dont l’un d’elles était intitulé «  les circonstances internes et la guerre contre le régime de Bachar al-Assad ».

Syria Truth assure pour sa part que l’officier AlAkidi est l’homme d’Israël dans le nord de la Syrie, à l’instar du colonel Antoine Lahad, de la milice collaboratrice libanaise, l’Armée du Sud-Liban (également ASL) fondée à la fin des années 70 du siècle dernier par les Israéliens et le colonel libanais déserteur Antoine Haddad.

AlAkidi aurait introduit l’an dernier des agents américains et israéliens dans la région d’Al-Safira à Alep, en passant par la Turquie, pour leur permettre de collecter des informations sur les usines militaires de défense là-bas.

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=111619&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=1