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Cinq obstacles à la paix en Syrie

Cinq obstacles à la paix en Syrie

Moscou et Washington travaillent enfin coude à coude pour trouver une sortie de crise, du moins en termes de diplomatie publique, dix mois après que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a reconnu que le conflit syrien était bien une guerre civile.

Leur plan consiste à organiser une conférence – initialement prévue pour juin – pendant laquelle le régime syrien et l’opposition entameraient les négociations. Objectif? Trouver le moyen de créer un gouvernement de transition et parvenir à un règlement politique du conflit.

L’idée n’est pas révolutionnaire: un tel plan a déjà été approuvé de facto par les deux camps et un certain nombre de médiateurs internationaux pendant la conférence de Genève en 2012 – et il a été enterré par le conflit en l’espace de quelques semaines. Personne ne respectait les accords.

Le nouveau plan aura-t-il plus de succès? RIA Novosti a consulté les meilleurs experts russes sur le Proche-Orient, qui ont identifié cinq obstacles à la paix en Syrie.

Le régime craint un « nettoyage »

La paix nécessitera le départ d’une partie de l’élite dirigeante. Non seulement du président Bachar al-Assad (qui refuse catégoriquement de le faire) mais aussi les dirigeants des forces armées et des services de sécurité, estime Vladimir Akhmedov de l’Institut d’études orientales à l’Académie des sciences de Russie. Cela signifie que les hauts fonctionnaires dont il est question devront renoncer au pouvoir – ce qui est très peu probable. De leur côté, les rebelles devront faire des concessions et offrir des garanties de sécurité à des personnes qu’ils ont pourtant menacé d’exécuter à maintes reprises.

Les moujahiddine ne veulent pas de compromis

Hormis les représentants des forces modérées qui soutiennent l’opposition, la Syrie déborde d’islamistes armés, dont beaucoup sont des jihadistes professionnels venus d’autres pays.

Certaines organisations islamistes comme l’influent Front islamique de libération de la Syrie (FILS), sont disposées à dialoguer, tandis que d’autres – le Front al-Nosra lié à Al-Qaïda ou le Front islamique syrien veulent la mort d’Assad et instaurer la loi de la charia: il est donc peu probable qu’ils fassent des concessions. Selon Boris Dolgov, expert à l’Institut d’études orientales, les extrémistes pourraient être privés de soutien et éliminés seulement si les forces modérées de l’opposition et le gouvernement s’unissaient – ce n’est pas une tâche facile étant donné le fossé qui les sépare.

Les forces modérées sont faibles et divisées

Quand le conflit a commencé en mars 2011, il était encore un mouvement pacifique vers des changements démocratiques. Les forces modérées dominaient encore politiquement l’opposition, notamment au sein de la large Coalition nationale syrienne qui a été reconnue comme représentante du peuple syrien par vingt pays occidentaux et arabes, dont les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, le Qatar et l’Arabie saoudite. Mais lorsque les manifestations ont été impitoyablement réprimées par les autorités et ont dégénéré en guerre civile, les libéraux ont perdu une grande partie de leur influence et ont été progressivement mis de côté par les radicaux armés de Kalachnikov. Pour que les négociations soient couronnées de succès les libéraux doivent récupérer leur autorité d’antan et se retrouver à nouveau au centre de l’attention, ce qui sera difficile au vu du désaccord entre les forces et organisations d’opposition, qui se disputent le leadership au sein de la Coalition nationale.

L’Iran et le Hezbollah ont besoin d’Assad

Damas est le principal allié de l’Iran au Proche-Orient. De plus, les livraisons d’armes destinées à un autre allié iranien – le mouvement politique militarisé du Hezbollah au Liban – passent par la Syrie. En clair l’Iran, ses partenaires et ses ennemis géopolitiques ont tous leurs propres intérêts dans ce conflit:

– Les combattants du Hezbollah se battent aux côtés d’Assad et l’Iran a déployé en Syrie des troupes de son Corps des Gardiens de la Révolution islamique, une unité spéciale de l’armée iranienne. Selon certains médias, 120 000 volontaires sont en attente en Iran, prêts à rejoindre le conflit pour empêcher le renversement d’al-Assad.

– La Ligue arabe – dont la majeure partie des 22 pays membres sont sunnites

– (et donc opposants traditionnels de l’Iran chiite) – fournirait des armes à l’opposition syrienne, avant tout aux jihadistes. Ils ne soutiendront pas le plan prévoyant le replacement des extrémistes religieux par les libéraux, principalement laïques, bien qu’il soit possible de convaincre les pays de la Ligue de ne pas s’ingérer trop activement, estime Akhmedov.

– Autre ennemi de l’Iran : les Etats-Unis, qui avec l’UE fournissent aux rebelles syriens tout à l’exception des armes – des médicaments, des moyens de communication, des blindés.

– Un armement ouvert des ennemis d’Assad est le « plan B » de l’Occident au cas où les négociations à venir échouaient, déclare Akhmedov, mais cela ne contribue certainement pas aux négociations de paix.

Comment apaiser les passions?

La tension, la force et la nature de la violence en Syrie sont simplement « moyenâgeuses », pour reprendre les propos d’un analyste. La majorité des crimes ont été certainement commis par des combattants étrangers, les membres d’un noyau réduit composé des forces gouvernementales et de criminels récidivistes invétérés qui ont fui les prisons dans la confusion du temps de guerre. Mais le rebelle qui a été filmé en avril dernier mangeant le cœur et le foie d’un soldat ennemi était un Syrien ordinaire, devenu fou suite aux abus et aux traitements infligés par les soldats d’Assad à sa famille et ses amis. « Le pays est empoisonné par la violence », déclare Irina Zviaguelskaïa de l’Institut des relations internationales de Moscou (MGuIMO). Aucun conflit civil, aussi furieux et féroce qu’il soit, ne dure jamais éternellement – prenons l’exemple du Rwanda, des Balkans ou du Caucase – mais la fin (ou au moins le « gel ») de telles guerres a nécessité une intervention étrangère intensive, parfois des troupes de maintien de la paix. Dans le cas de la Syrie, aucun médiateur hypothétique (y compris Moscou et Washington) n’a encore déclaré être prêt à envoyer son armée. Or si l’on laissait les passions s’apaiser elles-mêmes, ce processus pourrait prendre des décennies.

http://fr.rian.ru/discussion/20130527/198401722.html http://fr.rian.ru/discussion/20130527/198401722.html

Israël s’apprête-il à attaquer Qusseir?

 

IRIB- Depuis que l’armée syrienne a réussi à bouter les terroristes d’Al Nosra de la vilel starétgqiue de Qusseir, les israéliens ont perdu le sommeil. les officiels de Telm Aviv ont même menacé de s’attaquer militairement à cette ville si l’assaut de l’armée syrienne se poursuit.
cet assaut se poursuit effectivement mais le plus grand souci du régime sionsiet réside ailleurs. Israël a une présence très active dans cette bastion du qaidisme ! ses officiers de renseignement , ses equipement d’espîonnage et d’écoute , ses armes sont partout présents. ces menaces d’une action armée contre Qusseir sont-elles donc à être prises au sérieux? Le président de la commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du parlement iranien n’en croit pas un seul mot.  » Les propos tenus par les responsables israéliens après la quasi chute de Qusseir sont destinés à remonter le moral aux terroristes qui à l’appuie des israéliens et des forces occidentales ont maintenu pendant un an le siège de la ville »  » l’armée syrienne a réussi à reprendre une grande partie de cette ville stratégique située près des frontières libanaises . une grande quantité d’armes et de munitions qui arrive à Qusseir franchit les frontières syro libanaises . les menaces sionistes visent à amortir les pressions de l’armée syrienne de ce côté là pour empêcher la fermeture de cette principale voie de transit  » l’armée syrienne poursuit avec force et vigueur le nettoyage de cette localité de la présence des terroristes et en dépit de la dispersion des combats , l’armée a préservé sa cohésion  pour pouvoir résister aux offensives ennemies. «  » les pays occidentaux et Israël se sont trompés dans leurs calcules en ce qui concerne la capacité de l’armée syrienne à résister. le think tank qui a élaboré le scenario de la chute d’Assad n’aurait jamais crû que l’armée syrienne puisse tenir le coup dans une guerre d’usure ou encore qu’elle puisse résister face à l’assaut des milliers de terroristes takfiris »./

Qusseir : officiers français, britanniques, belges, hollandais, qataris capturés!!!!

 

IRIB- Selon Al Nachra, citant un député du parlement libanais,  » les officiers français, britannqiues, belges, hollandais, qataris ont été arrêtés au cours des combats à Qusseir alors que l’étau continue de se resserer autour les terroristes d’Al Nosra « 
. Assam Ghansou , député du parti baas socialiste libanais qui se confiait à Al Nachra , « le nombre de ces officiers étrangers s’élève à des dizaines. le chef d’Al Nosra Abou al Walid a été tué alors qu’il combattait au milieu de ces officiers étrangers… 36 villages situés dans la banlieue de Qusseir ont été libérés et l’armée arabe syrienne  a réussi en deux jours de combats à nettoyer les régions du nord ouest de la ville ce qui veut dire que les voies d’approvisionnement d’Al Nosra depuis Arsal et Homs sont totalement coupées.  » selon ce députés libanais, l’amée cherche désormais à libérer l’aéroport Al Zabgha, ce qui lui permettra d’annoncer zones sûres les frontières syro-libanaise. des milliers de terroristes se sont rendus et près de 18 libanais , tous des partisans du cheikh Salem Al Rafaï, le religieux salafiste libanais ont été arrêtés . il y a aussi des salafistes libanais tués ou encore arrêtés. chaque famille libanaise qui a envoyé son fils au front du combat contre la Syrie a reçu 50000 dollars.  » le député dément catégoriquement la présence des combattants libanais en Syrie et s’inquiète du retour des dizaines de combattants salafistes au Liban .  » Le Liban ne peut pas tolérer éternellement ces élements sur son sol surtout quand ils sont équipé d’armes et de munition ».

Tunisie : 200 salafistes arrêtés après des heurts meurtriers avec la police

Les autorités tunisiennes redoutaient le pire après la décision du gouvernement d’interdire le congrès du mouvement salafiste Ansar al-charia (« les Partisans de la charia ») prévu pour dimanche à Kairouan et la volonté de ce dernier de le maintenir. Des affrontements ont effectivement éclaté dimanche 19 mai à la mi-journée entre policiers et salafistes à la cité Ettadhamen, dans la banlieue ouest de Tunis.

Selon l’AFP, deux personnes ont été tuées en marge des heurts avec la police. En outre, trois manifestants et quinze policiers ont été blessés, dont trois grièvement, a annoncé le ministère de l’intérieur, qui a évoqué « plus de sept cents (…) islamistes extrémistes » équipés « de mélanges incendiaires, de projectiles et d’armes blanches ». Malgré des affrontements sporadiques dans les banlieues de Tunis, la police semblait avait repris le contrôle de ces quartiers, dimanche soir.

Lundi, le premier ministre tunisien, Ali Larayedh, a indiqué de quelque deux cents salafistes présumés avaient été arrêtés par la police au cours des heurts, promettant une « extrême fermeté » à l’encontre de ce groupe « terroriste ».

Le gouvernement tunisien, qui a reconnu début mai la présence de groupes armés d’Al-Qaida sur son territoire, a décidé vendredi d’interdire le rassemblement annuel d’Ansar al-charia « en raison d’une violation de la loi et de la menace qu’il représente pour la sécurité et l’ordre publics », a indiqué le ministère de l’intérieur. Le premier ministre a estimé que le mouvement salafiste est « impliqué dans le terrorisme ».

La Tunisie a vu, depuis la révolution de 2011, se multiplier les violences orchestrées par la mouvance salafiste. Le pays est aussi déstabilisé par une profonde crise politique et le développement des conflits sociaux face à la misère.

Sources: Le Monde, édité par moqawama.org

http://french.moqawama.org/essaydetails.php?eid=9490&cid=307#.UZvtjNh3dDw

Le pouvoir tunisien engage la confrontation avec les salafistes

Par Thibaut Cavaillès

Des policiers anti-émeutes face aux manifestants, dimanche à Tunis.

Des policiers anti-émeutes face aux manifestants, dimanche à Tunis. Crédits photo : ANIS MILI/REUTERS

Des heurts entre manifestants et forces de l’ordre ont fait un mort et une quinzaine de blessés.

La confrontation entre le gouvernement tunisien, dominé par les islamistes d’Ennahda, et les plus radicaux des militants salafistes a connu dimanche un nouveau point d’orgue. Bravant les interdictions officielles, ces derniers se sont violemment opposés aux forces de l’ordre dans la banlieue ouest de Tunis. Des heurts qui ont fait un mort parmi les manifestants, ainsi qu’une quinzaine de blessés, dont onze policiers.

Tout avait commencé vendredi quand le ministre de l’Intérieur avait annoncé que le meeting annuel des «Partisans de la Charia» ne serait pas autorisé à Kairouan, à 150 km au sud de Tunis. L’organisation, qui ne reconnaît d’autre autorité que celle de Dieu, décidait de maintenir son rassemblement tout en appelant ses militants à la plus grande prudence et les invitant à ne «pas répondre à la provocation policière».

«Nous appelons tous nos frères à être présents en grand nombre»

Dimanche matin, le déploiement de forces de l’ordre déterminées à empêcher la tenue du meeting est impressionnant. Des brigades antiterroristes, des maîtres-chiens… mais pas de signe de rassemblement. Ansar al-Charia semble abandonner la partie et, dans la matinée, demande à ses sympathisants de ne pas se rendre à Kairouan. Sur place, devant la mosquée Oqba Ibn Nafaa, des habitants, drapeau tunisien sur les épaules, viennent fêter la décision. Des femmes voilées saluent la présence rassurante des policiers «dans un pays où nous avons tous peurs, dans les rues, à la maison», confie Aïcha. La partie semble gagnée pour le gouvernement mais une rumeur sur Internet enfle bientôt, confirmée par un communiqué sur la page Facebook d’Ansar al-Charia: «Nous appelons tous nos frères à être présents en grand nombre à la cité Ettadhamen».

Alors que policiers et médias font le siège de Kairouan, c’est en fait dans un quartier populaire de Tunis, que l’organisation s’apprête à réunir ses sympathisants. Une volte-face qui ne va pas tarder à mal tourner.

À notre arrivée sur place, un répit de quelques minutes nous permet de constater les dégâts. Il y a là des carcasses de voitures brûlées, des troncs de palmier carbonisés couchés en travers de la route. Un tapis de douille de gaz lacrymogène ajoute au décor, rappelant l’attaque de l’ambassade américaine à Tunis, le 14 septembre dernier. Un hélicoptère survole le quartier, autour duquel des véhicules blindés ont pris position. «Ils ne laissent pas les gens qui font la prière en paix, déplore un habitant irrité par le gouvernement. Il y a une mauvaise interprétation de ce que font les salafistes. Les politiciens font leur propagande électorale mais ils n’agissent pas et laissent tous les problèmes sur les citoyens.»

Tout au long de l’après-midi, les affrontements se poursuivent, les policiers avançant et reculant au gré des déplacements des assaillants. Face aux uniformes, les jeunes ne semblent pas forcément acquis à la cause des salafistes, même si, dans les fumées des gaz lacrymogènes, l’on peut apercevoir le drapeau noir des fondamentalistes. «C’est la quatrième ou cinquième fois qu’il y a des affrontements dans ce quartier depuis la chute de Ben Ali (14 janvier 2011, NDLR), déplore Rami. Il n’y a pas de sécurité. Les policiers font ce qu’ils peuvent mais les salafistes créent beaucoup de problèmes.»

Ces affrontements marquent une nouvelle étape dans le bras de fer qui oppose les autorités aux fondamentalistes. Et le gouvernement a durci le ton. En traquant des djihadistes qui seraient liés à al-Qaida, dans les montagnes de l’Ouest tunisien, mais aussi en imposant une demande d’autorisation pour l’installation de tentes de prédications ou en interdisant le meeting de Kairouan. Ansar al-Charia, qui prévenait le gouvernement qu’il serait «seul responsable de la moindre goutte de sang versé dimanche», semble avoir pris l’ascendant. Mais l’organisation pourrait payer les débordements de ce dimanche. La réponse du gouvernement ne devrait pas se faire attendre. Même si cette fois, la saison touristique sera dure à sauver.

http://www.lefigaro.fr/international/2013/05/19/01003-20130519ARTFIG00178-le-pouvoir-tunisien-engage-la-confrontation-avec-les-salafistes.php

 

Deux courants se partagent les « zones libres » d’Alep

L’Orient-Le Jour

Moyen Orient et Monde

 


À Alep, un rebelle fait une tournée d’inspection dans le quartier Cheikh Maksoud. Dimitar Dilkoff/AFP

Après neuf mois de combats, la rébellion tient plus de la moitié d’Alep, dans le Nord syrien. Deux courants se partagent la gestion de cette zone « libre » : les jihadistes tiennent le haut du pavé, suivis par les combattants soutenus par la Coalition de l’opposition. Seul un tiers du nord-ouest de la capitale économique est encore tenu par l’armée, ainsi qu’une partie du cœur historique de la ville autour de la citadelle, les rebelles resserrant leur étau autour de l’armée sur un arc reliant le nord-est au sud-ouest. Les trois plus importantes forces rebelles y sont le Front al-Nosra et Ahrar el-Cham, deux mouvements jihadistes implantés dans toute la Syrie, ainsi que Liwa’ el-Tawhid, un patchwork de brigades de déserteurs de l’armée et de civils ayant pris les armes.

Liwa’ el-Tawhid, qui revendique 8 000 combattants, est présent sur tous les fronts de la ville, tandis qu’al-Nosra et Ahrar el-Cham combattent autour des bases militaires pour y prendre des munitions. Aucune des deux dernières formations ne se réclame de l’Armée syrienne libre (ASL) chapeautée par des officiers dissidents basés en Turquie. Le chef de Liwa’ el-Tawhid, Hadji Marea, siège au sein du Conseil militaire suprême de Sélim Idriss qui dépend de la Coalition de l’opposition, largement dominée par les Frères musulmans. Il assure ne recevoir ni financement ni armement d’aucune organisation. Cependant, la Coalition affirme mettre des fonds à disposition de la rébellion armée. Selon Hadji Marea, seuls « cinq à six étrangers » combattent au sein de Liwa’ el-Tawhid. Al-Nosra et Ahrar el-Cham, qui se refusent à donner le nombre de leurs hommes, comptent en revanche de nombreux étrangers, venus principalement de pays arabes. Al-Nosra s’est démarqué de l’annonce de parrainage faite par la branche irakienne d’el-Qaëda mais son chef, Abou Mohammad el-

Joulani, a dit « prêter allégeance à cheikh Ayman el-Zawahiri », le numéro un du réseau extrémiste. Le Front, placé par Washington sur sa liste des organisations terroristes, a revendiqué des dizaines d’attentats à travers la Syrie, dont de nombreux attentats- suicide. Les chefs connus d’Ahrar el-Cham sont en revanche tous syriens. Ce groupe appartient au Front islamique syrien, une coalition salafiste regroupant depuis 2012 onze organisations qui sont favorables à un État islamique. Ils n’ont aucune affiliation internationale.

©AFP

Benghazi et l’aggravation de la crise du gouvernement Obama

La Syrie envahi par des étrangers des quatre coins du monde

La Syrie est devenue un fourre-tout, un terrain d’expérimentation

Plus de deux ans après le début des « évènements de Syrie », ce beau pays est aujourd’hui dévasté,ravagé et rien ne sera plus comme avant. Les Syriens ont vu leur pays être envahi par des étrangers des quatre coins du monde.
 
Ici un article qui nous apprend que des combattants et combattantes néerlandais pour participer au djihad…Une source de la Sûreté d’Etat belge affirmait qu’au moins 70 ressortissants belges parmi lesquels des anciens de Shariah4Belgium se battaient aux côtés des rebelles et malgré des mesures, leur nombre serait sans cesse enaugmentation . 800 Tunisiens seraient aussi de la partie.Mieux, Les membres des groupes clandestins d’Al-Qaïda recherchés par l’Arabie saoudite, se battent avec les rebelles syriens. Le nombre de militants saoudiens s’étant infiltrés en Syrie dépasse et ayant été emprisonnés par les Syriens monte à 500 volontaires dont environ 300 mercenaires.
 
Selon le directeur du Service fédéral russe de contrôle des stupéfiants (FSKN) Viktor Ivanovjusqu’à 20.000 mercenaires opérant en Syrie sont financés avec l’argent provenant du trafic de drogue afghane.Récemment, le ministre allemand de l’intérieur, des djihadistes allemands combattraient en Syrie et d’après le coordinateur européen de la lutte contre le terrorisme Gilles de Kerchove, près 500 islamistes radicaux citoyens de l’UE combattent sur le sol syrien contre le régime de Damas.
 
Plusieurs enquêtes ont été diligentéesconcernant les filières de recrutement des djihadistes en Syrie.
Des sources concordantes affirment que le Qatar monnaie le «recrutement» des brigades de djihadistes étrangers. On parle même de cours pouvant aller jusqu’à 2000 euros par tête de combattant.Lesquels réseaux puisent essentiellement en Arabie, Libye et Tunisie.Selon le ministre syrien de l’information, les groupes armés qui mènent des combats sur le sol syrien sont composés à 80% de mercenaires étrangers venus de 29 pays du monde.
Cette guerre est-elle encore celle du peuple syrien contre le dictateur Bachar el-Assad ? Quel pays accepterait de voir des mercenaires, payés par un pays étranger, faire une guerre qui n’est pas la leur ?
 

Le Front al-Nosra, la face visible de l’iceberg de la « révolution » syrienne _ Cécilia

8 mai 2013

Il y a encore une quinzaine de jours, François Hollande voulait nous les vendre comme les « combattants de la liberté » et souhaitait les armer en dépit de l’embargo européen. Mais ils sont aujourd’hui de moins en moins légitimes alors que le groupe armé le plus puissant de Syrie, le Front al-Nosra, vient de prêter allégeance à Ayman al-Zawahiri, successeur de Ben Laden à la tête d’Al-Qaïda, qui vit caché quelque part entre l’Afghanistan et le Pakistan. Ce rapprochement officialisé démontre une fois de plus une réalité du terrain qui a échappé totalement aux Occidentaux qui ont préféré bâtir leur propre réalité de papier. Car la vraie réalité est compliquée et « décevante » de leur point de vue.

En effet, ni le Front du Nosra, ni son projet n’étaient en aucun cas secrets depuis sa « sortie » officielle diffusée sur le Net en janvier 2012. Dès le début, il a non seulement appelé à lutter contre le régime « rafidi, kafer, mécréant » de Bachar al-Assad, mais il a aussi annoncé vouloir instaurer « un État islamique jihadiste en Syrie » en vue du « rétablissement du califat islamique ». Tels propos ont été répétés à maintes reprises sur la chaine al-Manara al-Baydaa, la propre chaine du Nosra, qui diffuse aussi les communiqués et les vidéos des opérations militaires, y compris les attentas suicides.

C’est ainsi que durant toute cette période longue de plus d’un an, cette réalité du terrain n’a pas trouvé sa place dans les médias occidentaux qui ont préféré des présentations hollywoodiennes, romancées, déconnectées de toute réalité en nous « vendant » une « révolution » de tout un peuple en lutte contre un clan. Le dernier article du journal Le Monde n’est qu’un petit exemple parmi beaucoup d’autres : « En Syrie, la révolution c’est aussi cela. C’est surtout cela  », mis en ligne le 6 avril. C’est un fait et les « faits sont têtus » comme disait Lénine. L’imagination de l’opposition avec la complicité et l’habileté des médias sont allés jusqu’à nous prétendre que le Nosra pouvait être, à l’origine, une manipulation du régime syrien pour décrédibiliser la rébellion syrienne.

Cette propagande éveille en nous de mauvais souvenirs, de l’Irak et de la Yougoslavie, puis de la Côte d’Ivoire et de la Libye. La même propagande, simpliste et belliciste, qui maquille, sous le nom de la défense de la démocratie et de la liberté, les intérêts géostratégiques des atlantistes et de leurs amis, suiveurs et clients.

Mais l’habileté et l’imagination des Occidentaux ne peuvent tout de même plus continuer vaille que vaille à nous « vendre » cette « révolution » pour la liberté et la démocratie dirigée par des islamo-fanatiques, même avec la complicité des médias qui manipulent les cadavres aussi bien que les images, les statistiques et les événements. Une chose est sûre : la « révolte » syrienne telle qu’elle est présentée par les Occidentaux n’est plus la même depuis cette fameuse déclaration et elle risque bien de passer pour une révolte de « leurres ». Cela pour plusieurs raisons.

Opposition armée composée dans sa majorité de jihadistes fanatiques obscurantistes

En effet, la révolte qui a éclaté en mars 2011 risque de passer pour « un leurre » et l’allégeance que vient de prêter le Front al-Nosra au chef d’Al-Qaïda en est une preuve supplémentaire. Rappelons que la rentrée officielle du Nosra sur la scène syrienne a commencé en janvier 2012, c’est-à-dire dix mois après la « révolte », six à sept mois seulement après le massacre odieux de 120 policiers à Jisr al-Chougour (dans le nord-ouest) en juin 2011 et celui d’une vingtaine de leurs collègues d’Hama (centre) tués, mutilés et jetés dans l’Oronte en aout 2011. Massacres que les médias s’empressaient d’imputer au gouvernement syrien. Aucun média occidental n’a cherché à savoir qui a tué ces policiers de cette manière barbare. Pire, des civils ont été accusés d’être chabbihas. Le terme est utilisé pour désigner non seulement les supplétifs du régime, mais aussi toute personne qui n’est pas avec la « révolution », même celles qui sont neutres. Al-Bouti, le grand théologien sunnite assassiné dernièrement, était accusé d’être « chabbih ». C’est ainsi que des cadres syriens, médecins, chercheurs, enseignants, sportifs, journalistes, religieux (chrétiens ou musulmans), homme d’affaires ou parfois de simples fonctionnaires ou citoyens ont été assassinés froidement et dans le silence et le mépris des médias occidentaux sous prétexte qu’ils étaient chabbihas. Pour comprendre cette réalité du terrain, il faut prendre en compte certains éléments.
Le gouvernement syrien a toujours soutenu que la majeure partie des combats et des atrocités est menée par ces entités extrémistes, venues de l’étranger et financées par une coalition de pays ennemis. Selon le gouvernement, il n’y a pas de guerre civile. Soit, nous ne sommes pas là pour relayer la thèse du régime. Mais il y a des faits sur terrain. En Occident, personne ne crut bon de prêter attention à « la propagande du régime ». Des images et des informations seront donc censurées même si certains médias osent s’interroger, ne fût-ce que benoîtement, comme c’était le cas avec le quotidien Ouest-France dans sa brève publiée, le 8 avril 2011, c’est-à-dire trois semaines à peine après le déclenchement du « soulèvement syrien », « 19 morts et 75 blessés parmi les forces de l’ordre à Deraa ? »

Le Front al-Nosra est connu non seulement pour ses attentats suicides, mais il est aussi le groupe le mieux armé et le mieux structuré. Pire, c’est le groupe qui occupe le terrain et les zones « libérées », à Alep, Idleb, Deir Ezzor, Ras al-Aïn ou à Raqqa, et la majorité de leurs combattants sont des étrangers venus des quatre coins du monde. Du plus, ce groupe gère les « régions libérées » « comme un vrai État » sous la forme d’une cour islamique avec d’autres groupes jihadistes malgré une certaine rivalité. D’ailleurs « face à ces rebelles sans foi ni loi, c’est le Nosra qui fait la loi […], car ce sont les seuls qui ont la force suffisante », explique un combattant dans un reportage de l’AFP mis en ligne le 11 avril.

Et sous cette bannière se sont, en effet, regroupées les plus importantes forces rebelles d’Alep, avec à leur tête les jihadistes du Front Al-Nosra et les salafistes d’Ahrar al-Cham, ainsi que Liwa al-Tawhid.
Cependant, ces trois groupes suscitent aussi des questionnements, car leur radicalisme religieux fait peur : « Le problème avec nos frères d’Al-Nosra, c’est qu’ils veulent du jour au lendemain voiler nos femmes comme en Afghanistan », juge le chef d’une brigade rebelle d’origine kurde. « Nous n’avons jamais vécu comme cela, on ne peut pas nous imposer la charia comme ça d’un coup ».

De plus, c’est la bannière du Front al-Nosra qui a été déployée lors de la prise de la base aérienne de Taftanaz (aux environs d’Idlib, en janvier dernier), de la base de Cheikh Souleymane, de la ville de Raqqa ou Deir Ezzor, même le drapeau des révolutionnaires a laissé sa place à celui du Nosra.

D’autres groupes djihadistes se composent aussi des étrangers

En effet, le Nosra ne fait pas exception et d’autres groupes jihadistes sont aussi constitués en majeure partie par des étrangers comme le célèbre Ghuraba al-Cham (nom qui veut dire en arabe « les Étrangers du Levant (Syrie) ». Ce groupe mène des opérations en commun avec le Nosra, notamment dans le nord-est de la Syrie, dans les villes frontalières avec la Turquie et avec la complicité de celle-ci, comme à Ras al-Aïn, une ville à majorité kurde avec une population arabe chrétienne et arménienne. Nous pouvons dire la même chose concernant le groupe al-Mouhajirine (nom arabe qui veut dire « les immigrés » en référence aux Mecquois qui ont quitté la Mecque pour Médine à l’époque de Mahomet pour fuir les « mécréants » mecquois). À vrai dire, tous les groupes jihadistes acceptent n’importe quel étranger dans leurs rangs. La mort, dimanche dernier, dans le nord, d’un Français de 38 ans, Raphaël Gendron, alors qu’il combattait au seinde la brigade salafiste, Souqour al-Cham (Les Faucons du Cham), dirigée par Abdelrahman Ayachi, fils de l’imam radical Bassam Ayachi, n’est qu’un petit exemple parmi d’autres (Article de Georges Malbrunot du Figaro du 15 avril).

Le Nosra avec les autres groupes jihadistes ont pratiqué et pratiquent toujours des atrocités

Des atrocités sont constamment pratiquées non seulement contre les soldats de l’armée syrienne, mais aussi contre les civils syriens, notamment les minorités : épuration ethnique, destruction des lieux de culte, villages et quartiers chrétiens, chiites, alaouites entièrement vidés de leur population à Alep et à Jisr al-Choughour en passant par Idleb jusqu’à Ras al-Aïn. Rien qu’à Homs (centre), plus de 80 000 chrétiens ont été déplacés et leurs biens confisqués comme butin de guerre selon la charia. Sans parler de la destruction de leurs églises, notamment dans leur quartier historique al-Hamidyeh, célèbre pour son église Oum al-Zennar, vieille de presque deux mille ans. Rappelons que l’usine de chlore et des dépôts ont été pris par le Nosra en août dernier. Cette usine située à 50 km à l’est d’Alep sur la route de Raqqa est toujours sous le contrôle du Nosra qui est probablement responsable de l’attaque chimique contre Khan al-Assal à Alep le mois dernier.

Cependant, ces faits n’ont pas empêché Georges Malbrunot du Figaro d’essayer de nous « vendre » une image assez « propre » de cette branche d’Al-Qaïda : « En Syrie, al-Nosra cherche à n’attaquer au contraire que les soldats et les responsables du régime », écrit-il ainsi dans son article du 10 avril dernier gardant le silence sur des attentats suicides très spectaculaires qui ont coûté la vie à des centaines des civils syriens à Damas comme à Alep, attentats revendiqués par ce même groupe.

Et si nous parlions des massacres à vocation diplomatique, ceux perpétrés avant chaque réunion de l’ONU ou de la Ligue arabe et que les gouvernements et médias occidentaux s’empressent d’attribuer au régime ? Houla, Treimseh, Aqrab… et la liste est longue !

ASL et le Front al-Nosra, même armée, même combat

Dans un reportage diffusé dans la région de Houran (sud de la Syrie, proche de la frontière jordanienne) par les rebelles, le 14 avril (donc après la déclaration de l’allégeance du Nosra au chef d’Al-Qaïda), le commentateur dit que l’ASL mène une opération en commun avec le Nosra contre l’armée syrienne. Il explique que cette opération consiste « à bloquer la route internationale liant cette région à Damas pour empêcher l’avancée de l’armée syrienne ».

De même, vendredi 12 avril, sur la chaine saoudienne al-Arabia, Abdel-Kader Saleh, le chef de la brigade salafiste al-Tawhid, l’une des plus grandes brigades dans la région d’Alep, soutenue par le Nosra et les Frères musulmans et très active dans le nord, refuse de considérer le Nosra comme organisme terroriste.

Il y a quelques semaines, le chef de l’ASL, le colonel Riyad al-Assaad avait ouvertement affiché son soutien au groupe djihadiste refusant que le Front al-Nosra soit qualifié d’ « organisation terroriste » par Washington. Mouaz al-Khatib, président de la Coalition, a fait la même chose. Il a demandé il y a peu à Washington de reconsidérer la position du Nosra sur la liste des organisations terroristes.

De plus, cette coopération entre les djihadistes et l’ASL vient d’être confirmée sans surprise par Louaï Mikdad, porte-parole de l’armée syrienne libre (ASL), tout en refusant « l’idéologie d’Al-Qaïda » : « L’ASL n’adopte pas l’idéologie d’Al-Qaïda, mais la coopération avec le Front Al-Nosra a été imposée par la situation sur le terrain ». C’est ainsi que l’opposition reste fidèle à son habituelle et naturelle divergence au sein même de son appareil militaire qu’est l’ASL.

Révolution islamo-nihiliste à coup de répression et épuration politico-religieuse

Mais le facteur le plus important, c’est le visage de cette révolution islamo-wahhabite et leurs destructions en tous genres. Ce sont les acquis les plus immédiats de la « libération » apportée par ces révolutionnaires fanatiques payés par les pétropotentats. Il y a les morts, les appels au génocide des minorités, notamment les alaouites… « Alaouites au cercueil, chrétiens à Beyrouth » clament des slogans incitant à la haine confessionnelle et prononcés par l’icône de la « révolution » syrienne, le footballeur, Abdel-Basset Saroute, filmé l’année dernière, sans le savoir à Khaldiyeh (Homs) par la chaine française : « Nous sommes tous des jihadistes. Homs a pris sa décision : nous voulons exterminer les alaouites ! »

Au dixième jour à peine du « printemps syrien », soit le 25 mars 2011, une foule rassemblée devant la mosquée Abou Bakr al-Siddiq à Jableh, crie non seulement la notion de la foi musulmane « Il n’y a de Dieu qu’Allah et Mahomet est son prophète ! », mais surtout « Nous ne voulons pas des chiites, non à l’Iran, non au Hezbollah ! » comme on peut le voir et l’entendre dans la vidéo.

Un mois après, le cheikh wahhabite Saleh Lahidan, et il n’est pas le seul, demande aux Syriens de continuer « la révolution contre Bachar, le nussairit mécréant et sa secte … même s’il faut tuer le tiers des Syriens selon le théologien, ibn Malik ». Ibn Malik (711-795) est le fondateur de l’école Malikite, la plus ancienne des quatre écoles officielles du droit musulman sunnite. Elle est suivie par environ 20 % des musulmans dans le monde. C’est la troisième école en nombre de pratiquants ; en France, elle est la première.
Pire, pour justifier le massacre des alaouites, le cheikh wahhabite Saleh Lahidan utilise une vieille fatwa moyenâgeuse d’Ibn Taymiyya, inspirateur du wahhabisme et du djihadisme moderne, tout en insistant sur le fait que « l’islam interdit les manifestations sauf si le gouverneur est “mécréant” comme c’est le cas de Bachar al-Assad ». Il ajoute que « les djihadistes en Syrie doivent combattre pour Allah et sa religion et non pour établir un État laïc  ». Mais comment le cheikh sait-il qu’il y a des jihadistes en Syrie à peine un mois après le début du « printemps syrien » ?

Il a fallu attendre la fin de 2012 pour que même les articles sur la Syrie d’un site franco(néo) conservateur Atlantico connaissent une évolution sensible, n’hésitant plus à dénoncer le caractère peu démocratique et franchement extrémiste de la « révolution » syrienne et mettant du coup en cause la désinformation pratiquée par les plus prestigieux des médias français. Par exemple, l’article très critique contre la couverture de la guerre en Syrie, mis en ligne mardi 18 décembre, en s’appuyant sur les témoignages de deux reporters anglo-saxons, l’Irlandais, Patrick Cockbun, trois prix internationaux en 2005, 2006 et 2009, et Élisabeth Kennedy. Cockbun a livré ses impressions au quotidien anglais, généraliste et plutôt politiquement centriste, The Independent.

D’ailleurs, l’essence même du wahhabisme takfirit combat non seulement l’islam modéré, mais surtout les minorités. Wahhabisme et minorités ne peuvent pas coexister. Il suffit d’écouter les chaines wahhabo-salafistes, notamment Wissal et Safa, appelant à égorger les impies pour gagner le paradis.

Et voici un appel général au djihad en tant que devoir pour tout musulman pour protéger « les sunnites massacrés par les mécréants alaouites, gangs de Bachar al-Assad !  » Cet appel a été lancé par les soit-disant « savants et théologiens de Bilad al-Cham, le Levant » nous présentant la « révolution » syrienne comme une guerre religieuse contre une minorité « mécréante », aidée par les « mécréants chiites d’Iran et du Hezbollah » qui extermine une majorité sunnite.


Position ambigüe et sans réel poids de l’opposition fantoche de la Coalition syrienne

Cette opposition fantoche, sans aucune base populaire en Syrie et non élue par le peuple, a déjà critiqué en décembre dernier la décision américaine d’inscrire al-Nosra sur la liste des organisations terroristes. Elle dit désormais tout faire pour « convaincre al-Nosra de confiner son combat dans les limites du nationalisme syrien, loin du califat sur l’ensemble du Levant qu’Al-Qaïda souhaite établir, après la chute d’Assad » (sic). Comme si cette Coalition avait son mot à dire ! Et comme nous avons vu plus haut que sur le terrain, les passerelles sont nombreuses entre al-Nosra, d’autres groupes djihadistes et l’ASL qui se battent sans armes sophistiquées, ces derniers risquent de continuer à faire pâle figure face aux combattants expérimentés et bien payés d’al-Nosra.

Au-delà de ces précisions, l’allégeance du Nosra à Al-Qaïda affaiblirait le front anti-Assad, à l’intérieur comme à l’extérieur de la Syrie. La France, la Grande-Bretagne et le Qatar veulent armer non seulement une rébellion islamiste, mais aussi les fils de Ben Laden à travers le Front du Nosra. En outre, cette affaire rend finalement service au régime qui a la chance de pouvoir compter sur des adversaires aussi obligeants que stupides et qui n’ont qu’une seule obsession : faire tomber le régime quelque soit le moyen utilisé et même si cela doit prendre vingt ans.

« Il est clair aujourd’hui que la France et l’Angleterre ne peuvent décemment pas fournir des armes sophistiquées à l’opposition syrienne en sachant qu’il y a un fort risque qu’elles tombent entre les mains de groupes djihadistes comme le Front Al-Nosra qui pourraient les retourner contre les intérêts des Occidentaux et d’autres pays de la région », explique Fabrice Balanche, directeur du Groupe de recherches et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient, interrogé par FRANCE 24. C’est la voix de la sagesse, mais Hollande, frappé du sceau du conformisme anti-Bachar et pro rébellion, est-il prêt à l’entendre ? A-t-il entendu parler du trafic de drogue afghane pour financer quelque 20 000 mercenaires en Syrie ?

« Jusqu’à 20.000 mercenaires opérant en Syrie sont financés avec l’argent provenant du trafic de drogue afghane », a déclaré jeudi 11 avril aux journalistes le directeur du Service fédéral russe de contrôle des stupéfiants, Viktor Ivanov.

Et combien sont ceux financés par les pétrodollars ?

De même, Finian Cunningham, journaliste et écrivain irlandais, dénonce les médias « mainstream » qui utilisent le terme rebelle au lieu de terroriste lorsqu’il s’agit de qualifier les mercenaires qui opèrent en Syrie : « Ce sont des gens qui revendiquent les méthodes terroristes. Ils commettent les pires exactions et nos médias les justifient au nom de la démocratie », conclut-il dans son article, mis en ligne le 14 avril par la Fondation de la Culture stratégique.
Et il continue : « C’est un fait bien perceptible. La crise syrienne est le résultat des actes perfides des gouvernements occidentaux à l’aide de leur appareil médiatique. Les médias en Occident ne disent guère la vérité sur ce qui se passe réellement en Syrie, sur le fait que l’impérialisme occidental est à l’origine de la crise humanitaire dans ce pays. Tout porte à croire que les Occidentaux cherchent à dessein à prolonger les violences, quitte à en tirer le prétexte nécessaire à la multiplication de leurs équipées guerrières dans le Moyen-Orient ».
Il est rare qu’une fondation à vocation culturelle aux États-Unis brise les barrières de la censure et parle ouvertement de la guerre internationale menée depuis plus de deux ans contre la Syrie.

Terrorisme et révolution sont-ils compatibles ?

Un regard diagnostique sur la crise syrienne nous démontre que le temps et les islamistes travaillent pour Bachar. En effet, après plus de deux ans d’un conflit de plus en plus disputé et sanglant, Bachar et son gouvernement sont loin d’être finis. Le président syrien peut toujours compter sur une armée loyale composée de milliers de troupes sans parler de son monopole de la puissance aérienne. De plus, une connaissance minimale du terrain et de la société syrienne nous démontre que la grande majorité de ce peuple n’est en aucun cas tentée par le projet de califat ou de chaos « porté » par les bandes armées islamo-ASL.

De même, l’impasse diplomatique et l’entêtement de vouloir à tout prix et sans aucune lucidité politique le départ d’Assad, refusant tout dialogue avec lui, servent objectivement le régime syrien. Ils lui donnent surtout une « certaine marge de manœuvre » militaire et politique et font peut-être de lui un héros de la résistance nationale contre les projets atlantistes. Il est d’ailleurs vu ainsi par une bonne partie de la population syrienne.

En effet, le terrorisme d’Al-Qaïda est une notion malléable, liée à la géopolitique et aux alliances. Lorsqu’Al-Qaïda sert les intérêts des atlantistes, ceux-ci ferment les yeux. Nous avons le meilleur exemple avec un Hollande qui combat les islamistes au Mali, mais veut les armer en Syrie. Cherchez l’erreur !

Pour le journal syrien al-Watan, proche du régime, les prises de position d’Al-Qaïda confirment le fait que l’armée arabe syrienne « lutte contre des terroristes » et de ce fait, Assad peut les frapper là où il estime nécessaire, car, à présent et aux yeux du monde entier, il combat Al-Qaïda.

Bref, rien de nouveau sous le soleil diplomatique : on reconnait que le Nosra est une organisation terroriste liée à Al-Qaïda, mais on refuse tout dialogue avec le régime cultivant l’illusion d’une victoire militaire des rebelles islamistes ou d’un changement de la position russe. « Les succès militaires engrangés par la rébellion syrienne pourraient obliger Moscou à réévaluer sa position à l’égard du régime de Damas » (sic), nous annonce le Figaro dans son numéro du 5 décembre alors que la réalité est tout autre, aujourd’hui comme hier.

Tout cela ne fait que prolonger la souffrance de tout un peuple et donne le feu vert à la poursuite de la destruction massive et programmée de la Syrie. Pourtant, indépendamment de toutes considérations militaires, le projet de société de ces islamo-fanatiques leur interdit tout espoir de succès en Syrie. Sans parler de leur nature idéologique et psychologique de fanatiques obscurantistes bien illustrée depuis deux ans déjà…