Archives Mensuelles: mai 2013

Le sénateur McCain venu encourager ses soldats en Syrie

McCain en Turquie, peu de temps avant son entrée en Syrie

McCain en Turquie, peu de temps avant son entrée en Syrie

Tout le monde croit que McCain avait perdu les élections il y a 5 ans et que c’était Obama qui les avait gagnées. Eh bien, non. Obama n’est qu’un figurant. Avec son ‘’Yes we cain’’, les vrais maîtres sont ailleurs. Ce sont entre autres un Dick Cheney qui lui intime l’ordre de laisser tomber Guantanamo, ou un McCain qui conduit les guerres et les subversions étatsuniennes à l’extérieur.

Mc CaïnPendant que l’administration Obama cherche des solutions pour s’en sortir en Syrie, McCain a déjà sa solution. Paix ou pas, accords ou pas accords, il veut en découdre jusqu’au bout.  Son armée, il l’a déjà sur place. Malgré la raclée qu’elle subit, elle reste hautement nocive. Apparemment il n’est pas question pour son clan de déposer les armes. C’est, en tout cas, ce que semble vouloir dire sa petite visite secrète en Syrie, via la Turquie, et sa rencontre (secrète, elle aussi) avec des personnalités de l’ASL. Qu’espère-t-il ? Ses mercenaires ont déjà tout ce qu’il faut : armes, argent, logistique. Malgré cela, ils boivent la tasse. S’ils continuent, ils seront décimés jusqu’au dernier.  Mais, de cela, il s’en fout. Il ne veut peut-être même pas gagner la guerre. Il voudrait juste qu’elle soit sans fin, quitte à aller chercher des mercenaires  à l’autre bout du monde. Alors il est venu remonter le moral de ses boys barbus, comme au bon vieux temps de son Vietnam. Il est venu leur promettre plus d’armes, plus d’argent et plus de logistique, tout ce qu’ils demanderont, mais pourvu qu’ils tiennent.

Finalement, peut-être bien que le monde l’a échappé belle, il y a 5 ans, lors de l’élection d’Obama.

Avic

http://avicennesy.wordpress.com/2013/05/29/le-senateur-mccain-venu-encourager-ses-soldats-en-syrie/

La vraie bataille pour la Syrie, celle dont les médias ne vous parleront jamais

 

Bachar Al Assad AsJ’ai expliqué dans un article précédent que l’opération d’encerclement pour la conquête de Damas de Novembre 2012 au 5 Février 2013 exécutée par les rebelles, s’est terminée par une catastrophe majeure pour la soi-disant armée de libération de la Syrie. Cela a permis à l’armée nationale du président syrien Bachar al-Assad de prendre l’initiative et de déclencher l’offensive générale qui conduira irrémédiablement à la fin de la guerre civile.

(Voir: Syrie, un test pour la survie d’Israël )

Parallèlement à ces batailles terrestres, en Méditerranée avait lieu une guerre plus complexe entre les flottes russe et américaine avec des manœuvres stratégiques et de repositionnement extrêmement risquées, selon toutes les règles de l’art militaire moderne. Sans tirer un seul coup de feu, cette confrontation de mouvement a été remportée de manière catégorique, pour la première fois depuis la guerre froide, par la Russie. Voilà pourquoi la presse copier-coller  occidentale est restée silencieuse à ce sujet.

Tout d’abord, en Méditerranée orientale, au large des côtes syriennes, est apparue le groupe d’attaque Task Force 502 de la Sixième Flotte des Etats-Unis, qui comprend un porte-avions (George Bush?) Avec à son bord 80-90 avions et hélicoptères. Sa mission était de se positionner de manière à pouvoir lancer des frappes aériennes contre des cibles de l’armée syrienne à Damas encerclé par les rebelles, aider ces derniers à surmonter la résistance de l’armée syrienne et à s’emparer du pouvoir. Mais les Russes ont contrecarré les intentions américains  en interposant immédiatement, entre Task Force 502 et la côte syrienne, le porte-avions Amiral Kuznetsov, qui avait à son bord un groupe de 24 avions multi-rôle ; des SU-33 et des  MIG-29 KUB,  4 Sukhoi Su-25UTG/UBP, et 16 hélicoptères de lutte anti-sous-marine Kamov Ka-27PLO. Le porte-avions Amiral Kouznetsov est armé de12 lance-missiles mer-mer P-700 Granit, dont la vitesse est Mach 2,5 et avec une portée de 625 km. Nettement supérieurs aux missiles mer-mer  RGM-84 Harpoon (vitesse 864 km/h, portée 125 km) dont étaient équipés les destroyers et les frégates de l’escorter américaine au sein de la Task Force 502. Le Kuznetsov était escorté par le destroyer Amiral Ciabanenko et la frégate lance-missile Ladnâi. Pendant 40 jours, le groupe naval américain a tenté, à l’abri d’un intense brouillage radar, de s’ouvrir un passage vers la côte syrienne en contournant dispositif russe, mais en vain. Cette première phase a pris fin avec le retrait de théâtre des opérations des deux groupes, formés autour du porte-avions américain.

Mais les Américains n’avaient pas renoncé pour autant, et en cette partie de la Méditerranée, au large des côtes syriennes, la Sixième Flotte avait maintenu une patrouille de trois destroyers de classe Arleigh Burke, armés de 110 missiles de croisière BGM-109 (Tactical Tomahawk) avec un rayon d’action de 1600 km, conçu pour attaquer des cibles terrestres. C’est la raison pour laquelle, dans la période de Janvier au 4 Février 2013, le croiseur Moscova, le destroyer Severomorsk, le destroyer Smetlivâi (armé de missiles mer-mer Uran, de performances similaires aux missiles RGM-84 Harpoon américains) et la frégate Yaroslav furent utilisés dans des exercices pour des combats en Méditerranée, au large de la côte de la Syrie. Participèrent également à ces exercices les navires amphibie Saratov, Azov, Kaliningrad et Aleksandr Shabalin, ainsi que des avions de patrouille maritime à large rayon d’action et des bombardiers stratégiques de la 4ème armée aérienne russe.

Le croiseur Moscova est armé de 8 lanceurs x 8 missiles S-300 PMU Favorit, spécialisés pour abattre les missiles mer-mer et de croisière. J’ai écrit dans un article précédent, que lorsqu’ils volent à basse altitude, du fait des inégalités du terrain, les missiles de croisière peuvent être abattus par les systèmes S-300 à 40 – 70 km. Quand ils évoluent au-dessus de la mer, leur distance est doublée et avec elle la portée des missiles S-300. Le  croiseur Moscova dispose également de 16 lanceurs de missiles mer-mer  P-500 Bazalt d’une portée de 550 km et avec la même vitesse que la P-700 Granit (Mach 2.5). Pour cette raison, si les trois destroyers américains avaient tiré la première salve de missiles de croisière vers la Syrie, elle aurait été la dernière de leur vie. Dans ces conditions, la pénétration la côte de la Syrie par des missiles de croisière américains devenait impossible.

Au début de Février 2013, avec l’écrasement des forces armées dites de libération de la Syrie, qui assiégeaient Damas, le jeu du chat et de la souris des groupes navals russes et américains en Méditerranée orientale a pris une pause. Les navires de la flotte de la mer Noire russe, conduite par le croiseur Moscova rentrent à leur base en Crimée, et leurs places dans le dispositif naval russe en Méditerranée ont été prises par d’autres navires, qui aujourd’hui  se composent principalement des destroyers anti-sous-marins Amiral Panteleev, Severomorsk et  la frégate Yaroslav Mudrâi.

En retirant le croiseur Moscova (c’est-à-dire les missiles S-300 PMU favorit à bord) près de la côte de la Syrie, les Russes ont volontairement laissé l’espace aérien syrien sans défense, attirant délibérément les Israéliens dans un piège. Ils se précipitèrent dans la brèche avec leurs aériennes par des raids dans les nuits du 3/4 et 4/5 mai 2013, afin de saper l’offensive militaire du gouvernement syrien.

Contrairement au dispositif antérieur au large de la Syrie, les  navires russes présents actuellement en Méditerranée sont équipés pour la lutte anti-sous-marine, avec des missiles lance-torpilles RPK-2 Viuga (portée 45 km) et des RU-100, RPK-6/7 veter (portée 120 km) se déplaçant en immersion à des vitesses de 400 km, en utilisant le phénomène de cavitation. Étant propulsé par un moteur de fusée à carburant solide, ils peuvent facilement passer du milieu marin au milieu aérien, et voler à Mach 1,5. Exactement comme prévu au siège de la marine russe, après les bombardements israéliens du 3/4 et 4/5 Mai 2013, les forces navales américaines ont été envoyés en patrouiller en Méditerranée orientale près de l’île de Crète, deux sous-marins d’attaque classe Ohio à propulsion nucléaire (Florida-SSBN-728/SSGN-728 et Georgia-SSBN-729/SSGN-729), 18.000 tonnes. Le sous-marin Floride a participé aux opérations en Libye en Mars 2011, il avait alors lancé 93 missiles de croisière, dont 90 avaient fonctionné et touché terre.

Par Valentin Vasilescu, pilote d’aviation, ancien commandant adjoint des forces militaires à l’Aéroport Otopeni, diplômé en sciences militaires à l’Académie des études militaires à Bucarest 1992.

Traduction : Avic

http://avicennesy.wordpress.com/2013/05/29/la-vraie-bataille-pour-la-syrie-celle-dont-les-medias-ne-vous-parleront-jamais/

VIDEO. Syrie: journal du 29 mai 2013. Des espions-terroristes américains et anglais tués à Edlib

Les faux amis du peuple syrien et leurs pions s’entredéchirent et se rejettent la responsabilité, après l’échec des réunions d’Istanbul à s’organiser pour participer à Genève 2. Et le scandale d’Eric Chevalier ! Entre autres !
L’heure de la vérité a sonné et les réveils sont durs !
Qui est responsable de la dispersion des opposants ? Qui est responsable des échecs du CNS, Coalition, et des parrains ? 7 jours de réunions non-stop, 1/2 million de $, des luttes à couteaux tirés … pour RIEN. Décidément, La colalition ne me représente PLUS ! Un beau slogan pour un vendredi …
Le responsable de ces échecs des pseudo-opposants est le régime …
Pour participer à Genève, Bachar doit partir … Et s’il part d’avance, sur quoi alors négocier ?
Savourez cette vidéo :
http://www.youtube.com/watch?v=DZNRdjQIxoE

Allain Jules

breakingnews

Les Etats-Unis ont du mal a comprendre les autres. Selon la porte-parole du Secrétariat d’Etat, le Hezbollah doit immédiatement se retirer de Syrie. Qui sont-ils pour imposer qui doit aller en Syrie ou pas ? Pourquoi aucune demande sur ses terroristes qui sévissent sur place et qui viennent de 19 pays différents ? Soit, c’est le mépris, soit, la folie. J’opte pour la deuxième hypothèse.

Voir l’article original 134 mots de plus

Dîner aux chandelles, entre (2 ou 3 ?) amis

C’est effectivement dans un salon particulier d’un restaurant très chic du VIIème arrondissement que le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius a reçu à dîner, hier soir, ses collègues Lavrov et Kerry, respectivement de Russie et des USA. Fabius n’était pas là comme maître d’hôtel mais comme hôte effectif, connaisseur de la bonne chère française, et même comme participant à la conversation qui portait exclusivement sur la crise syrienne vue de la lorgnette à divers réglages du bloc BAO et même de la “communauté internationale“ généreusement étendue à la Russie.

• Nous ricanons et faisons le mauvais esprit, – à peine… Nous pouvons citer au moins deux textes, de bonne tenue et d’excellente référence, qui présentent ou mentionnent cette rencontre de Paris sans dire un seul mot du ministre français. A les lire, on croirait que Lavrov et Kerry ont choisi Paris pour se rencontrer comme ils auraient choisi, – disons Genève (-II) ou Damas, par exemple… C’est le cas de Russia Today, le 27 mai 2013, qui titre (notre souligné en gras) «Take two: Lavrov, Kerry working to broker redo of Syria peace conference», et qui commence son texte de cette façon : «During their meeting in France, US Secretary of State John Kerry and Russian Foreign Minister Sergey Lavrov are expected…» ; bla bla bla pour la suite, avec cette question anecdotique dans notre esprit : Fabius nulle part mentionné, késako? L’autre texte (du 26 mai 2013) est de M K Bhadrakumar, plus général et portant sur les relations Russie-USA, sur un aspect que nous abordons plus loin. Certes, M K Bhadrakumar mentionne d’une façon marginale le dîner dont nous parlons, mais nous voyons bien que, bien qu’à Paris, bien qu’avec notre ministre, nulle mention au moins aimable n’est faite de ce dernier, avec un style et dans un esprit qui font croire à son inexistence et confirment l’impression que, oui, la chose aurait effectivement pu avoir lieu à Genève (-II) ou à Damas :

[Kerry et Lavrov] «… are having a candle light supper in Paris on Monday to figure out the actual modalities of the Geneva peace meet over Syria, now that they managed to shepherd the opposite sides towards the negotiating table. This is their fourth meeting in some twenty days. Amen.»

• Ainsi en est-il de la politique étrangère française, du type “Lost in Translation”, qui semblerait désormais inexistante tant l’échec que lui imposent les circonstances de la situation vraie semble l’avoir pulvérisée. Les habituelles “sources” du Quai d’Orsay, pompeuses et sûres d’elles comme il se doit, arrivent à faire porter le chapeau à la Russie, comme d’habitude objet de toutes les vindictes, mais avec une nuance qui nous rapproche du comique de l’absurde puisque le reproche conduirait à penser que son principal défaut, voire sa principale faiblesse, à la Russie, est d’avoir maîtrisé la complexe situation syrienne et d’avoir réussi à ouvrir la possibilité d’un règlement négocié de la crise : «… la Russie, elle, est obsédée par l’idée de retrouver une place sur scène internationale.» Drôle d’obsession, qui permet à la Russie de tenir ferme, et seule, une position principielle sur l’affaire syrienne, et de s’imposer comme la maîtresse du jeu en défendant des principes qui sont dans la droite ligne de la doctrine gaullienne du respect de la souveraineté, – ce qui, évidemment, ne peut que scandaliser les Français, mais pour un tout autre motif… Tout de même, quelques-uns, à Paris, sont en train de s’apercevoir qu’il se passe quelque chose de très catastrophique pour la France, comme Le Figaro peu après la rencontre Lavrov-Kerry à Moscou. (Voir notamment l’article du Figaro, le 10 mai 2013.) Quelques commentateurs, qu’on n’a pas toujours lus si avisés, se découvrent un bon sens nouveau, comme Georges Malbrunot, sur son blog du Figaro, le même 10 mai 2013, qui exécutait sans appel la politique française. Il en arrivait même à nous rappeler quelques précisions intéressantes, bonne “pour l’histoire”, quand on jugera la période.

«Depuis deux ans, la principale faiblesse de la position française a été au contraire de ne pas choisir clairement entre la diplomatie et les armes en Syrie, convaincue que les “jours du régime étaient comptés”, selon une formule, qui n’est pas l’apanage il faut le reconnaître du Quai d’Orsay. Cette prévision hasardeuse n’était pas celle, non plus, de notre ambassadeur à Damas Eric Chevallier qui écrivait dans des télégrammes datés des premiers mois de la révolte que le régime était encore trop solide pour tomber, alors qu’à Paris son ministre de tutelle, Alain Juppé, allait répétant que les “jours de Bachar el-Assad étaient comptés”. Un dysfonctionnement sur lequel des historiens se pencheront peut-être un jour.

»En condamnant rapidement Assad à comparaître devant un Tribunal international, la France – c’était toujours Alain Juppé en février 2012 – se coupait de toute possibilité de peser – à la mesure de son poids – dans un processus diplomatique à venir. “Nous étions pourtant bien placé”, regrette un ancien diplomate en poste à Damas qui rappelle la lune de miel franco-syrienne entre 2008 et 2010.»

• Le “dysfonctionnement” entre le ministre et son ambassadeur sur place, entre d’une part un Juppé-Fabius vivant dans la narrative-Système qui passionne les salons et d’autre part la vérité de la situation, n’est bien entendu ni une exception ni une circonstance de conjoncture. Si les Français s’alignent sur le tandem Lavrov-Kerry, dans le fracas étouffé d’une des catastrophes les plus achevées qu’ait connue la diplomatie française, le “dysfonctionnement” n’en continue pas moins. Cette fois, il vaut pour l’Europe, et la France y a évidemment sa part, et l’on sait combien, et l’on sait dans quel sens, – à deux, avec le Royaume-Uni en pointe absolument catastrophique, contre le reste. Il en a résulté une espèce de monstre qui est une sorte d’“accord pour qu’il n’y ait pas d’accord”, la fin de l’embargo UE sur les armes pour les rebelles syriens, une vague promesse informelle pour que rien ne soit fait avant le mois d’août, et l’Europe encore plus divisée qu’à l’accoutumé si c’est possible. Disons, puisque c’est de circonstance, que l’Europe est au moins aussi divisée que le sont, par exemple, les rebelles, et que la “décision” européenne, éventuellement appuyée sur la limite du mois d’août, doit donner un argument de plus à ceux des rebelles qui ne veulent pas aller aux négociations de Genève-II, pour décidément n’y pas aller ; le plus drôle, c’est que, dans la bouche du secrétaire au Foreign Office Hague, toute cette affaire de la levée de l’embargo des armes, c’est pour “forcer Assad à négocier”, – Assad qui devait disparaître dans les feux de l’enfer avant qu’on ne songe à ouvrir la bouche pour négocier, Assad qui a fait savoir avant que Hague n’ouvre la bouche dans le sens qu’on entend, qu’il était partant pour négocier à Genève-II… On peut lire le Guardian du 28 mai 2013 :

«Europe’s sanctions regime against Syria was plunged into uncertainty after Britain, backed by France, forced a lifting of the EU arms embargo on what it identifies as the moderate opposition to President Bashar al-Assad… [..] The long day of negotiations between the EU’s 27 foreign ministers saw Britain and France opposing plans to shelve a decision on arming the opposition until August, while Austria and the Czech Republic spearheaded the opposition to the Anglo-French push, with the Czechs supporting the Israeli line against sending arms to Syria and the Austrians alarmed at the impact on their UN peacekeeping mission in the Golan Heights between Syria and Israel. Spindelegger said that Vienna would now have to reconsider its deployment on Golan. A withdrawal could see an Israeli rush to fill the UN vacuum, ratcheting up the tension in the region… […] The dispute over how to respond to the civil war in Syria has exposed deep divisions in Europe. Senior European officials say much of the debate is “hypocritical” because some of the countries calling for a lifting of the embargo do not have the weapons to deliver or have no intention of taking part. They also point out that the White House and the State Department appear to be similarly split between hawks and doves.»

• Le dernier point mentionné immédiatement ci-dessus est indirectement mis en évidence dans le texte de M K Bhadrakumar (du 26 mai 2013) déjà mentionné plus haut ci-dessus. Le sujet du texte est le constat de ce qui semble être une entente entre Lavrov et Kerry, en même temps que le constat contradictoire de certains signes de renforcement de la fraction “dure” au sein de l’administration Obama ; et même, pour le cas cité, non seulement entre le département d’État et la Maison-Blanche, mais à l’intérieur du département d’État avec la nomination inattendue de Victoria Nuland, femme du neocon Robert Kagan et porte-parole à ce même département d’État jusque fin mars.

«But then, just when the Moscow-Washignton tango is getting to be noticed — and there are other signs too such as Obama’s meeting with the visiting Russian secretary of the national security council Nikolai Patrushev — the US administration introduces a discordant note by announcing the nomination of Victoria Nuland, former state department spokesperson under Hillary Clinton’s watch, as the new head of European and Eurasian Affairs at Faggy Bottom… […]

»But what is jarring in her career graph is also that [Nuland] was the hand-picked aide to Strobe Talbott, the then all-important point person for Boris Yeltsin’s Russia in the Bill Clinton administration. To cap it all, Nuland is also a former US ambassador to NATO — and, indeed, NATO’s eastward expansion is the legacy of Talbott to the US’s post-cold war diplomatic history, ignoring the prescient warnings by such iconic figures like George Kennan against such a move that would inflict lasting damage to the ties with Russia.»

Lorsque Kerry est arrivé au département d’État, il était assuré que Victoria Nuland allait perdre sa place de porte-parole (ce qui est fait) et qu’elle quitterait l’administration ; et voilà son retour à un poste plus important que celui de porte-parole, au même département d’État, et même à un poste clef où elle peut interférer sur les relations avec la Russie bien que cette puissance ne dépende pas entièrement de l’administration de ses services dans l’organigramme du département d’État. Cette interférence est d’autant plus probable que Nuland est professionnellement et idéologiquement proche de l’ambassadeur US à Moscou, Michael McFaul, les deux étant à la fois de tendance neocon et ayant été formés par le même Strobe Talbott que mentionne M K Bhadrakumar. (Talbott est un ancien journaliste, et spécialiste du contrôle des armements et de l’URSS à la fin de la guerre froide, passé au département d’État et devenu idéologue de l’expansion à l’Est et de l’“agression douce” contre la Russie du temps de l’administration Clinton. Talbott a notamment favorisé la politique de pillage de la Russie par l’hyper-capitalisme organisé par la finance US et ses commandos universitaires de spécialistes en économie, le tout manipulant l’accommodant Eltsine pour quelques verres de vodka.)

• Ce changement de personnel signifie que John Kerry, si l’on considère qu’il veut mener une politique de rapprochement avec la Russie, dans tous les cas sur l’affaire syrienne, est isolé au département d’État sur les politiques essentielles dont on parle, et principalement dans sa connexion vitale avec Moscou. Cela signifie dans tous les cas, quelle que soit son orientation, qu’il ne contrôle pas les nominations de sa haute administration ; en effet, la nomination de Nuland est due à des pressions des factions extrémistes et neocons relayées par les sénateurs qui vont bien (McCain, Lindsay & Cie), qui ont été déclenchées d’une façon inattendue et ont obtenu gain de cause, dans le chef d’une administration qui se sent toujours vulnérable face aux attaques lancées contre sa politique russe et sa politique syrienne, et qui est d’ailleurs elle-même divisée face à ces pressions puisque certaines fractions internes les relaient. Dans ce cas très kafkaïen, on trouverait alors un Kerry isolé à la tête de son ministère, dans une position qui ne serait pas très éloignée de celle d’Obama, comme on peut spéculer dans certains cas (voir le 24 mai 2013).

• Le résultat (pour le cas USA) n’est pas la promesse d’une politique plus “dure” avec la nouvelle position de Nuland mais l’apparition de nouvelles possibilités de blocage et d’interférences, et peut-être le renforcement de la paralysie dont Washington tente de se sortir depuis quelques semaines, dans tous les cas pour l’affaire syrienne, et éventuellement pour les relations avec la Russie. Le résultat (pour les USA et le reste, pour le bloc BAO à la lumière des divers événements considérés ci-dessus, et aussi pour la Syrie), c’est la probabilité d’un désordre encore plus grand puisque l’effet général des événements des dernières quarante-huit heures est la mise en route de nouveaux mécanismes de blocage ou d’aggravation de la situation, malgré la poursuite de la préparation d’une conférence Genève-II par le tandem Lavrov-Kerry. La réunion Genève-II apparaît de plus en plus comme une sorte de “dernière chance” (certes, il y en a eu d’autres dans la crise syrienne), et de plus en plus difficile à rassembler malgré le ralliement des Français. (Mais, comme l’écrit l’avisé Malbrunot, «comme l’issue à court terme de ladite conférence est pour le moins incertaine, la France aura encore le loisir de changer de cap…» ; c’est assez bien vu, avec une ligne Hollande-Fabius de politique étrangère aussi ferme que notre fameux et succulent éclair au chocolat.)

Ce “tour de table” général a donc permis à peu près dans toutes les directions d’observer que la politique du bloc BAO menée jusqu’ici a été catastrophique, qu’elle donne des résultats catastrophiques, avec même la reconnaissance de certains des acteurs de cette politique de cet aspect catastrophique. Il a permis de constater que la seule solution est une négociation, nécessairement avec Assad, et que Genève-II est la seule issue visible et peut-être la dernière chance. Il permet de conclure que, par conséquent, tout se passe comme s’il y avait de fortes chances pour que l’on continuât de plus en plus dans cette direction de cette politique catastrophique, et d’entrave dans les tentatives de négociation. Il permet de comprendre, en bref, que le processus de cause à effet se fait bien, mais dans sens complet de l’inversion, comme l’affectionne le Système en mode surpuissance-autodestruction : au plus l’on constate la catastrophe, on plus l’on en déduit qu’il faut poursuivre dans le sens de la catastrophe … On peut certes prier pour que survienne le “miracle de Genève-II”, mais on ne peut s’empêcher de constater que l’embourbement crisique est plus que jamais en action, et que l’infraresponsabilité semble bien l’attitude psychologique favorisée par l’essentiel de nos directions politiques. Le désordre règne, et on ne voit aucune raison pour lui dénier son empire. En un sens, il est la légitimité même “de l’Empire” (du Système).

 

Mis en ligne le 28 mai 2013 à 13H22

http://www.dedefensa.org/article-d_ner_aux_chandelles_entre_2_ou_3_amis_28_05_2013.html

L’Iran ouvre des lignes de crédit à la Syrie : bienfaisance ou nécessité politique ?

Сирия Иран сирия

« L’Iran continue de soutenir la Syrie, en ouvrant une ligne de crédit d’un milliard de dollars pour financer l’importation de différents produits, et une autre ligne de crédit de trois milliards de dollars pour financer les besoins du pays en pétrole et produits dérivés », a déclaré gouverneur de la Banque centrale de Syrie Adib Mayalé cité par l’AFP. Nous agissons aussi « pour l’octroi par la partie iranienne à la Syrie d’un autre prêt de trois autres milliards de dollars », a ajouté M. Mayalé. Pourquoi cette générosité à l’égard d’un pays « ayant souffert d’une guerre et d’une intervention internationale » de la part d’un autre qui éprouve lui aussi de difficultés économiques sensibles ?

Depuis la révolution islamique en Iran Téhéran et Damas entretiennent des relations étroites tant sur le plan politique qu’économique. Les deux pays se sont surtout rapprochés en 2005 lorsque la communauté internationale s’est mise à faire pression sur la Syrie afin de forcer cette dernière de retirer ses troupes du Liban. C’est à cette époque de Mahmoud Ahmadinejad, fervent opposant à l’impérialisme mondial et le sionisme, est devenu président de l’Iran. Résultat : en 2006 Téhéran et Damas ont signé un accord de défense mutuelle en cas d’un conflit avec l’Occident.

En parallèle, l’Iran n’a pas cessé d’accroître son aide économique et financière à la Syrie. Il a été même envisagé de créer une union économique entre la Syrie et l’Iran ce qui a inquiété les monarchies arabes du Golf très critiques à l’égard du régime à Téhéran. La guerre civile en Syrie a empêché la réalisation de ces projets d’intégration en menaçant d’élimination le seul allié de l’Iran dans la région.

Téhéran ne peut pas laisser faire. Une aide intégrale, dont financière, à Damas a été fortement augmentée. En décembre 2011 le Guide suprême de la Révolution islamique l’ayatollah Ali Khamenei a donné le feu vert à l’octroi de 5,8 milliards de dollars à l’Etat syrien. Selon les experts, le régime d’Assad a reçu plus de 10 milliards de dollars d’aides iraniennes. En janvier dernier l’Iran et la Syrie ont signé un accord prévoyant une augmentation des prêts accordés. Les chiffres concrets ont été révélés hier. Dit le directeur général du Centre des études politiques Sergueï Mikheïev :

« Il est clair que l’Iran soutient la Syrie pour une seule raison : il y a assez d’indices pour supposer qu’en cas de la victoire des opposants d’Assad en Syrie ce sera le tour de l’Iran. L’ouverture des lignes de crédit par l’Iran semble donc assez logique. Même si, bien évidemment, cela ne peut pas améliorer sensiblement la situation, cela pourra soutenir Damas au moins un peu ».

Cependant, la situation de l’Iran n’est pas brillante non plus à cause des sanctions occidentales : les taux de change en baisse, le taux d’inflation en hausse, le chômage et les prix qui grimpent. Malgré tout Téhéran trouve des possibilités d’aider financièrement son allié. Car il ne s’agit pas de faire de la bienfaisance mais d’assurer la sécurité du pays. Les Iraniens sont convaincus que si Damas tombe aujourd’hui, demain Téhéran devra affronter une menace réelle.

La Russie et la Chine montreront leurs poignes aux terroristes

флаг России флаг Китая Россия Китай Россия вертолет

La Russie et la Chine vont travailler sur les tactiques de l’interaction des unités militaires en cas de risque à la sécurité générale. Les deux pays vont mener des exercices militaires conjoints en été ou en automne de cette année, a indiqué le commandant du District militaire central Evgueny Oustinov. Le général-lieutenant n’a pas donné d’autres précisions. Cependant, selon certaines sources, il s’agit des exercices terrestres les plus importants de toute l’histoire de la coopération entre Moscou et Pékin.

Les exercices conjoints russo-chinois suscitent toujours l’intérêt et la vigilance dans les pays asiatiques et occidentaux. Ainsi, l’année dernière, les exercices militaires russo-chinois en mer Jaune ont fait un tollé. En tout 25 navires de combat, deux sous-marins, plus d’une douzaine d’avions, des hélicoptères et des unités amphibies ont participé à ces exercices. Moscou et Pékin ont prévenu les partenaires que les exercices ne portent aucune menace aux pays tiers et n’ont aucun lien avec les différends territoriaux.

Cette année, les manoeuvres terrestres sont appelées anti-terroristes, et c’est compréhensible. Les Etats-Unis vont retirer leurs troupes d’Afghanistan l’année prochaine. Et la menace terroriste persistera dans cette région. Outre l’appel lancé à l’Organisation de coopération de Shanghai, Pékin et Moscou cherchent à s’entraider pour faire face à des menaces possibles.

Certains experts évoquent même une possibilité de l’alliance politique et militaire entre Moscou et Pékin. Si le Japon, la Corée du Sud, les Philippines, l’Australie, et le Singapour auront pour allié les Etats-Unis, pourquoi la Chine, devrait-elle rester dans l’isolement ?, se demande les blogueurs chinois. Ce point de vue n’est pas sans fondement, explique l’expert de l’Académie russe des problèmes géopolitiques, Konstantin Sivkov.

« Du point de vue géopolitique, les blogueurs chinois ont raison. Le bloc russo-chinois permet de couvrir tout le continent eurasiatique. Du point de vue politico-militaire, cette unité sera invincible. La Russie et la Chine en tant qu’alliés auront une position géopolitique extrêmement avantageuse ».

Cependant, il ne serait pas très correct d’évoquer cette alliance militaire aujourd’hui. On ne peut pas parler de l’interaction, explique le directeur du Centre des recherches sociales et politiques Vladimir Evseev.

« La décision de se réunir dans une alliance pour la Russie et la Chine est encore prématurée. Nous avons des liens politiques et économiques forts, en matière de sécurité, c’est la suspicion mutuelle qui règne. Cela est notamment lié aux potentiels militaires et économiques différents. Avec l’émergence de la Chine, en tant qu’un pays fort, la possibilité de nouer de tels liens va diminuer. Il peut s’agir uniquement du partenariat stratégique, sans plus ».

Evidemment, les exercices terrestres vont pouvoir renforcer la préparation au combat de la Russie et de la Chine. Dans le même temps, Pékin a besoin de renforcer la coopération avec Moscou, car il est devenu le principal concurrent stratégique des Etats-Unis en Asie. La Chine est confrontée à la nécessité de contrer l’influence croissante du bloc qui réunit les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud. En même temps, La Chine est confrontée à la présence militaire américaine dans le Pacifique. Dans ces circonstances, Pékin veut être sûr que la coopération de défense avec Moscou renforcera son bouclier et son épée. L’Empire du Milieu n’a pas l’expérience américaine de partenariat militaire. Et les exercices militaires avec la Russies compensent ce manque dans une certaine mesure.

Moyen-Orientaux, Russes, Chinois… Ils s’offrent un morceau de France

Ils s'offrent un morceau de France

L’historique domaine bourguignon Gevrey-Chambertin et ses 2,3 hectares de vignobles ont été rachetés en août 2012 par un Chinois de Macao Louis Ng Chi Sing. © Ohann Michalczak/Maxppp

Ils sont nombreux à être attirés par nos palaces, nos ­vignobles, nos griffes de luxe. Quand la France n’a plus les moyens d’entretenir et de développer ses ­richesses, ce sont les pays émergents, du Moyen-Orient à l’Asie, qui prennent le relais. Un processus inéluctable.

Peu après l’élection de François Hollande, sa compagne Valérie Trierweiler effectue son premier voyage officiel aux Etats-Unis. Le samedi 19 mai 2012, elle offre à Michelle Obama un modèle Vicky tressé beige de la marque Le Tanneur. Un produit de maroquinerie « made in Corrèze », fief électoral du nouveau chef de l’Etat. Sacré coup de pub pour cette marque fondée en 1898. Ce qu’on ignore, c’est que Le Tanneur appartient au… Qatar. Et que c’est lors d’un thé avec Carla Bruni que la cheikha Moza, épouse de l’émir, fut sensibilisée à cette entreprise de cuir menacée par la crise. Désireuse de monter un empire du luxe, la cheikha racheta aussitôt Le Tanneur via le puissant Qatar Luxury Group. ­Sauvée, l’entreprise de Bort-les-Orgues a pu conserver ses 320 salariés et affiche depuis des résultats en hausse.

L’histoire de ce sac illustre la complexité de notre rapport au Qatar. On peut jouer les Cassandre et s’effrayer de voir filer nos labels entre des mains étrangères. On peut aussi y voir, comme Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, « une opportunité pour l’économie du pays », au même titre que les investissements venus des quatre coins du monde. En pleine crise, comment refuser ces mannes financières qui dopent la croissance ?  Décidé par Bercy, un clip publicitaire « Say oui to France » est diffusé actuellement dans le monde pour attirer les investisseurs dans notre pays. Seulement voilà, il y a des symboles de notre patrimoine auxquels il ne faut pas toucher. Quand il s’agit du Qatar, le sujet est encore plus sensible. Alors qu’en Bourse des fleurons tricolores sont passés discrètement entre les mains de groupes et de fonds étrangers, les flux de capitaux de ce pays grand comme la Corse qui se déversent dans l’Hexagone alimentent des peurs diffuses. Le Printemps, Lenôtre, Cartier, le Royal Monceau, le Palais de la Méditerranée à Nice, le Carlton à Cannes, le Paris Saint-Germain, des participations dans ­Lagardère, Vinci, Veolia, Vivendi, Total, LVMH… Le Qatar est présent partout !

La cheikha Moza et sa fille adorent la France

«  Le Qatar rachète la France » ont titré récemment les journaux télévisés. Dans « Le Journal du dimanche », Jaham Al-Kuwari, l’ambassadeur du Qatar en France, s’est aussitôt fendu d’une tribune intitulée « Pourquoi ce “Qatar bashing” ? ». L’émotion est forte, les mots sont durs : « Le conspirationnisme bat son plein, assorti d’une xénophobie à peine voilée. Qu’on le veuille ou non, cela a des airs de “délit de faciès”. » Dans son bureau situé place de la Concorde, Guy Delbès, en charge de l’immobilier pour le fonds souverain qatari QIA, ne mâche pas ses mots : « On assiste à une désinformation ! Comme si le Qatar rachetait la France. On confond les achats privés comme celui du Carlton à Cannes et les investissements du Fonds souverain. Ce n’est pas la même chose. Dans les entreprises du Cac 40, il ne s’agit que de faibles participations génératrices de revenus afin de préparer le jour où ses ressources en gaz et pétrole seront taries. Il n’y a qu’en France que cela pose problème. En Grande-Bretagne, les investissements sont trois ou quatre fois plus importants, et ils sont les bienvenus. »

Même indignation en face, à l’Assemblée nationale où le président du Groupe d’amitié France-Qatar se demande si l’on n’est pas « masochiste » en critiquant le Qatar. « Cet argent n’est ni sale ni suspect ; il vient d’un pays qui prépare son avenir économique en aidant notre présent, en période de crise. Pourquoi ne pas s’en réjouir ? Cela va créer de la richesse et des emplois, tempête Maurice Leroy, député du Loir-et-Cher. Si l’on continue à faire de tels titres dans les médias, on va faire partir ces investisseurs. » Qu’il se rassure, le Qatar a intérêt à rester en France. Depuis 1990, une convention fiscale avantageuse permet l’allégement des impositions sur les dividendes des sociétés qataries basées en France. En contrepartie, les entreprises françaises se taillent la part du lion dans l’émirat. Vinci pourrait même participer prochainement à la construction du plus long pont du monde reliant le Qatar au Bahreïn. En 2008, Nicolas Sarkozy a révisé cette convention en ajoutant un nouvel article qui exonère d’impôt sur les plus-values tous les investissements immobiliers réalisés dans l’Hexagone par « l’Etat du Qatar ou ses entités publiques ». Vérification faite, cette convention fiscale si décriée a simplement été réajustée pour s’aligner sur celles conclues avec… le Koweït ou l’Arabie saoudite.

Le Qatar voue une fascination pour le modèle français

Seul le projet de fonds qatari pour les banlieues a suscité des réserves mezza voce de la part de François Hollande. « Les décisions seront prises ensemble. Ce n’est pas un pays qui va choisir le talent », a-t-il déclaré le 11 octobre dernier sur France 24. Finalement, le futur fonds sera piloté par la Caisse des dépôts, financé à parts égales par la France et le Qatar, et sera destiné aux PME françaises. Comme il le fait partout ailleurs, le Qatar va continuer de poursuivre en France sa diversification économique. Ses fabuleuses réserves de pétrole et de gaz – les troisièmes au monde, après la Russie et l’Iran – ne sont pas éternelles. Allié et partenaire depuis longtemps – un accord de sécurité et de défense lie la France et le Qatar depuis 1994 –, ce pays de moins de 2 millions d’habitants veut aussi préserver cette relation pour se faire entendre au niveau international.

Comme l’expliquent Christian Chesnot et Georges Malbrunot dans « Qatar. Les secrets du coffre-fort » (éd. Michel Lafon), l’émir est un admirateur de la politique arabe du général de Gaulle, et il perçoit la France comme un contrepoids à la domination anglo-saxonne dans le Golfe. Son projet politique consiste à faire connaître le Qatar au monde entier pour se protéger des visées de ses turbulents voisins saoudiens ou iraniens. S’il investit partout – 10 milliards de livres en Grande-­Bretagne dont l’emblématique Harrods à Londres ; en Allemagne, avec par exemple 17 % de Volkswagen –, le Qatar a, selon les termes de Jaham Al-Kuwari, « une réelle admiration pour la France et la francophonie, qui correspond à une ­vision à long terme et à son insertion dans la mondialisation ». Cette fascination pour le modèle français est incarnée par la cheikha Moza, francophone passionnée de culture française, reçue en 2009 au sein de l’Académie des arts, sous la coupole de l’Institut de France, et sa fille, la cheikha ­Al-Mayassa passée par Sciences po Paris et la Sorbonne, considérée comme l’une des femmes les plus influentes du monde de la culture et de l’art. En charge du Qatar Museums Authority, elle a notamment acquis « Les joueurs de cartes » de Paul Cézanne au prix record de 250 millions de dollars !

Le Qatar, mais aussi le Koweït, Dubai, Abu Dhabi…

Avec tous ces achats spectaculaires et très médiatisés, on en oublierait que d’autres pays achètent et investissent des sommes tout aussi considérables en France. Mais cela se fait sans bruit, de manière plus discrète.
 « On parle beaucoup du Qatar parce que l’émirat investit dans les fleurons de l’économie française ou dans des symboles qui ont une résonance affective particulière, souligne Denis Bauchard, de l’Institut français des relations internationales. Mais on oublie qu’il y a aussi les fonds d’investissements américains comme Carlyle [achat à l’Etat français des locaux de l’Imprimerie nationale pour les lui revendre, quatre ans après, quatre fois plus cher !]  et les fonds souverains qui pèsent 3 000 milliards de dollars, parmi lesquels ceux du Koweït, de Dubai ou celui d’Abu Dhabi. » Bien plus important que le fonds souverain qatari, le Abu Dhabi Investment Authority (Adia) est doté de plus de 900 milliards ! Créé dans le but de placer les surplus de revenus pétroliers du pays, il est assez puissant pour pouvoir s’offrir des fleurons de l’économie française du Cac 40, comme Total, BNP Paribas, Société générale ou Bouygues. Et l’émirat est associé depuis 2009 à la Caisse des dépôts et au Fonds stratégique d’investissement (FSI) dans le cadre du Club des investisseurs de long terme pour investir au capital de PME françaises. Pour le tourisme, Abu Dhabi s’appuie sur Tourism Development & Investment Company (TDIC). C’est cette entité qui avait collaboré avec le Musée du Louvre pour en faire une « marque » mondiale de la culture.

Gevrey-Chambertin : le Chinois doit mettre de l’eau dans son vin

En août dernier, l’affaire avait défrayé la chronique. Le château de Gevrey-Chambertin est racheté au prix fort par un investisseur venu de Macao. Un décès brutal, un bien prestigieux mais en mauvais état, des propriétaires nombreux et divisés, l’impossibilité de faire face aux droits de succession autrement que par la vente et un acquéreur étranger au chéquier en or. Cela ressemble à une histoire familiale comme les notaires en voient régulièrement dans leurs études. Mais elle se déroule autour d’un symbole du patrimoine viticole français. Gevrey-Chambertin, son château du XIIe siècle et son vignoble de 2,3 hectares qui donne un grand cru de Bourgogne très coloré, puissant, aux arômes intenses. Le vin préféré de Napoléon ! En une signature, un homme d’affaires chinois propriétaire d’un complexe d’hôtels et de casinos à Macao s’empare du fleuron estimé à 3,5 millions pour 8 millions d’euros !

«C’est comme si l’on vendait l’âme des ancêtres», constate Casanis, du réseau Vignobles Investissement

La vente se fait au nez et à la barbe des récoltants locaux fédérés par Jean-Michel Guillon, président du syndicat des vignerons de Gevrey-Chambertin. Ils en avaient proposé 5 millions. « Encore une vente qui fait flamber les cours », s’indignent les vignerons qui redoutent que la hausse des prix du foncier, et donc des droits de succession, ne leur permette plus de transmettre leurs terres à leurs enfants. Plusieurs mois après l’affaire, les familles Masson et Mitran, ex-propriétaires, pointent aux abonnés absents. « C’est comme si l’on vendait l’âme des ancêtres, constate Casanis, du réseau Vignobles Investissement, il y a une honte des vendeurs dans notre pays maurassien marqué par un attachement à la terre, contrairement aux pays anglo-saxons où elle n’est qu’un actif parmi d’autres. »

Un héritier, ­Masson, se risque à un commentaire : « Ma mère, décédée brutalement, avait pourtant consacré une grande partie de sa vie à tenter de maintenir le domaine dans la famille. Mais j’étais minoritaire et il m’était impossible de racheter les parts des autres… » Soucieux de soigner son image, le nouveau propriétaire rappelle à qui veut l’entendre qu’il achète depuis 1990 des crus français en quantité importante et qu’avec Gevrey-Chambertin il réalise le « vieux rêve » de posséder une parcelle pour produire le vin dont il raffole. « Je ne m’attendais pas à tout ce bruit, mais je comprends parfaitement la réaction des Français à l’acquisition par des étrangers d’une partie de leur patrimoine collectif, se défend Louis Ng Chi Sing. Je n’ai pas voulu faire un coup financier, il s’agit d’un investissement affectif. »

Pour calmer la fronde, « le Chinois » a fait appel au meilleur vinificateur de Bourgogne, le domaine Armand Rousseau. Une consolation pour les professionnels locaux. Même le maire de la ville confie du bout des lèvres : « Au moins, les vignes n’échapperont pas à un viticulteur de la commune. » Quant à la restauration du château, elle a été confiée à l’architecte Christian Laporte. « C’est mon engagement envers les riverains et toute la population : renforcer ce patrimoine ­collectif, rassure Louis Ng Chi Sing. Puis, lorsque la rénovation sera terminée, je viendrai vivre ma première expérience de la vie bourguignonne. » Furieux, Jean-Michel Guillon n’y croit pas : « L’acheteur du château sera là peut-être trois fois dans l’année. Avec ce genre d’achats on va vers la paupérisation des vignerons, qui deviendront de simples locataires de vignes, voire des employés. » Un « coup de cœur » du Chinois ? « Comme beaucoup de ceux qui réussissent, ils ont plutôt un besoin de reconnaissance. Appartenant à la deuxième puissance économique mondiale, ils se sentent pousser les ailes… » Il faut préciser que 2 domaines sur 3 800 ont été achetés en Bourgogne… mais une vingtaine sur 8  000 dans le Bordelais.

Hôtel de Bourbon-Condé : du Roi-Soleil à la reine de Bahreïn

Propriété de la congrégation des petites sœurs de Marie, l’hôtel particulier de Bourbon-Condé, rue Monsieur, dans le VIIe arrondissement de Paris, appartient désormais à la famille royale du Bahreïn qui a déboursé 66 millions d’euros. Un « coup de cœur de la reine »… pour renflouer les caisses de l’enseignement catholique.

Retour en arrière. La scène se déroule un beau matin du printemps 2008. La mère supérieure découvre la cheikha ­Sabika, une reine du Moyen-Orient, très européanisée, ­moderne et francophone. Loin de l’image qu’elle s’en faisait. « Férue d’histoire de France, la reine savait déjà tout sur les lieux, nous avons fait la visite, et l’après-midi elle renchérissait l’offre d’un million, raconte Marie-Hélène Lundgreen, directrice de Belles Demeures de France. S’acheter une part de la France, c’est une manière de s’offrir un rêve avec tout ce qui va avec : la culture, le luxe, la mode, la gastronomie. » Quelques jours plus tard, lorsque l’émir arrive pour la signature, un mobilier style safari a été installé dans un immense salon vide à l’abandon ! Un rapide coup d’œil pour exprimer sa satisfaction et la vente record est réalisée. La sœur peut enfin souffler. Car cette cession a suscité des tensions au sein même de la communauté. L’affaire est remontée au Vatican qui a dépêché un « commissaire pontifical ». La décision de vendre n’a finalement été approuvée que dans la mesure où l’argent récolté était destiné à rénover une dizaine d’écoles religieuses en France et à permettre la modernisation de quatre écoles primaires.

Les Français attachés à leur patrimoine et paradoxalement « xénophobes » quand il y a un geste de générosité

«  A un tel niveau, l’argent n’a plus d’odeur », persifle un habitant du VIIe arrondissement qui ne supporte pas de voir l’hôtel royal passé aux mains d’étrangers, à l’instar de l’hôtel de Montesquiou, acquis par l’ambassade de Chine… après avoir été vendu par l’Etat à des investisseurs russes. « Nous avons vu très vite que la reine avait un réel respect de la tradition française, une ouverture aux autres religions avec un fort engagement pour faire travailler tous les corps de métier à la restauration dont le montant est supérieur au coût d’acquisition », commente Bertrand de Feydeau, ­ancien directeur de l’immobilier chez Axa, désigné par le Vatican pour diriger le processus de vente. « Il y a un paradoxe chez les Français entre l’attachement au patrimoine et une forme de réaction xénophobe quand il y a un geste de générosité. » La chapelle, réplique de la Sainte-­Chapelle, va-t-elle être détruite ? Telle fut l’une des rumeurs véhiculées par les ­opposants à la vente dans ce quartier très catholique.

Même inquiétude du côté de l’association du Vieux Paris inquiète au début de voir l’hôtel « modernisé » avec du « clinquant ». Le sang de l’ambassadeur de Bahreïn en France ne fait qu’un tour. « Comment peut-on imaginer pareille chose ? Tout se fait dans les règles de l’art avec l’architecte des Monuments historiques et dans le respect minutieux des peintures et des matériaux de l’époque », rappelle Naser Mohamed Youssef Al Belooshi. Et de citer les recherches ­réalisées dans les archives pour retrouver une relique de ­facture du temps de Brongniart concernant… les persiennes. « Il ne s’agit pas de détruire mais de raviver le passé. La reine a même indiqué que son personnel, en majorité catholique, apprécierait beaucoup la chapelle. » Rien n’est laissé au hasard dans la communication de ce petit pays en quête de reconnaissance et souffrant de l’« amalgame » avec certains Etats voisins de la région.

http://www.parismatch.com/Actu/Societe/Ils-s-offrent-un-morceau-de-France-516595

L’UE autorise par défaut l’armement des rebelles syriens

 

par Justyna Pawlak et Adrian Croft
BRUXELLES (Reuters) – L’Union européenne va autoriser de fait ses Etats membres à livrer des armes aux rebelles syriens en l’absence d’accord lundi entre les Vingt-Sept sur une prolongation de l’embargo.
La France et la Grande-Bretagne, qui militent depuis des mois en faveur d’une aide militaire aux rebelles cherchant à renverser Bachar al Assad, se sont toutefois engagées à ne pas fournir d’armes aux insurgés « pour l’instant », peut-on lire dans une déclaration publiée à l’issue d’une réunion des ministres des Affaires étrangères à Bruxelles. Cet engagement expire le 1er août, ont précisé des responsables européens.
Paris et Londres sont donc parvenues à leur fin mais aux dépens de l’unité européenne.
Plusieurs pays, au premier rang desquels l’Autriche et la Suède, jugent qu’un afflux d’armes en Syrie va aggraver les violences dans ce pays et contribuer davantage à la déstabilisation de la région.
Pour éviter que le refus franco-britannique de toute prolongation de l’embargo sur les armes n’entraîne une levée de l’intégralité des sanctions européennes à leur expiration samedi, les 27 ministres des Affaires étrangères sont tout de même parvenus à s’entendre sur le renouvellement de toutes ces sanctions, à l’exception de celles portant sur les armes.
Les sanctions renouvelées portent notamment sur un gel des avoirs et sur des interdictions de visas à l’encontre de Bachar al Assad et de plusieurs proches du président syrien. Elles concernent aussi les relations commerciales, des projets d’infrastructure et le secteur des transports.
RENFORCER L’OPPOSITION AVANT LA CONFÉRENCE
Le secrétaire britannique au Foreign Office a déclaré que le Conseil européen des ministres des Affaires étrangères avait ainsi de fait levé l’embargo sur les armes.
« Même si nous n’avons pas dans l’immédiat de projet de livraison d’armes en Syrie, cela nous fournit la souplesse nécessaire pour réagir à l’avenir si la situation continue de se détériorer », a dit William Hague à la presse.
Le conflit en Syrie a fait plus de 80.000 morts, selon l’Onu. Il a débuté en mars 2011 par des manifestations contre le régime de Bachar al Assad, dont la famille est au pouvoir depuis 1970, avant de dégénérer en conflit armé.
La France juge que le soutien militaire fourni par la Russie et par l’Iran aux forces syriennes justifie des livraisons d’armes aux insurgés afin de contraindre le régime à négocier.
Les Etats-Unis et la Russie ont lancé une initiative conjointe pour tenter d’organiser en juin une nouvelle conférence réunissant les différentes parties dans le but de parvenir à une solution négociée au conflit.
Paris et Londres pensent que la perspective de livraisons d’armes aux insurgés permettra de renforcer l’opposition syrienne lors de ces pourparlers, même si cette dernière, divisée, n’a toujours pas décidé de participer ou non à une telle conférence.
Au sein de l’UE, certains pays hostiles à de telles livraisons d’armes s’étaient dits prêts à accepter un assouplissement de l’embargo mais pas sa levée pure et simple. La Grande-Bretagne a toutefois refusé tout compromis, a-t-on appris de sources diplomatiques.
« Les Britanniques n’ont pas cédé un pouce », a déclaré un diplomate.
Le ministre autrichien des Affaires étrangères, Michael Spindelegger, a regretté qu’il n’ait pas été possible de trouver un terrain d’entente avec Paris et Londres.
Il a ajouté que l’Autriche allait désormais réfléchir au sort de ses 380 militaires patrouillant au sein de la force de l’Onu sur le plateau du Golan, entre Israël et la Syrie.
Catherine Ashton, Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, s’est efforcée de donner le change en assurant que l’Union européenne n’avait pas perdu sa capacité à « avoir une politique commune ».
« Ce que cela signifie, c’est qu’il y a une reconnaissance du fait qu’en tentant de déterminer la meilleure manière de soutenir le peuple syrien, les pays voudront prendre des décisions (par eux-mêmes) », a-t-elle dit à la presse.
Même si la France et la Grande-Bretagne décident de fournir des armes aux rebelles, elles devront autoriser ces livraisons au cas par cas et vérifier qu’elles ne finissent pas entre de mauvaises mains.
Avec Ilona Wissenbach, Claire Davenport, Rex Merrifield à Bruxelles, Yesim Dikmen à Istanbul, Bertrand Boucey pour le service français

(c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp
 

http://bourse.challenges.fr/news.hts?urlAction=news.hts&idnews=RTR130528_0094R002&numligne=9&date=130528&source=RTR

FOLIE. Syrie: embargo levé, reportage bidonné du Monde, armes chimiques etc

Allain Jules

masqueL’Europe veut par tous les moyens exister mais, il ne pèse plus dans la balance monde. C’est rapé. Le vieux continent, qui a toujours pensé que la force seule résout les problèmes aime bien le sang versé. C’est acté. Les « qui » sont derrière l’esclavage ? Les « qui » sont derrière la première et la seconde guerre mondiale ? Passons. Malgré les dénégations des politicards sans perspective, qui crient au loup quand nos jeunes vont combattre en Syrie, ils sont les vrais instigateurs de cet engouement…Attention au retour de bâton.

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Sayed Nasrallah: Comme je vous ai toujours promis de la victoire, je vous le promets encore une fois

A l’occasion du 13ème anniversaire de la libération du Sud Liban grâce aux sacrifices de la résistance islamique et de la population libanaise, le secrétaire général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah a tenu un discours très attendu via un écran géant devant des milliers de partisans de la résistance réunis dans la Békaa de l’Ouest.

Voici les principales idées du discours de Sayed Nasrallah :

«Je vous félicite en cette occasion de l’anniversaire de la naissance de l’imam Ali (S) et pour la fête de la résistance et de la libération. Nous nous rappelons en cette occasion toutes les familles, tous les combattants, libanais, palestiniens et syriens dont le grand dirigeant Sayed Abbas Moussaoui, cheikh Ragheb Harb, et Hajj Imad Moughniyeh ainsi que tous ceux qui ont consenti de grands sacrifices pour assurer cette libération. Nous nous rappelons depuis cette terre des combattants et des martyrs de cette terre sacrée. Le 25 mai 2000 peut être considéré comme une journée de Dieu, en cette journée, notre victoire fut une récompense de Dieu pour nos sacrifices et un châtiment pour l’ennemi. Nous sommes appelés à transmettre les souvenirs de cette journée à nos enfants. Cette journée est similaire à la défaite sioniste à Gaza, et au retrait américain de l’Irak. Ces jours sacrés sont des fêtes pour toute la nation visée par le projet américano-sioniste. Nous ne devons pas oublier ces journées, comme nous devons nous rappeler des jours tristes comme la Nakba (la catastrophe) en 1948, et la Naksa (la défaite) en 1969. Notre nation et après 65 ans, subit toujours les répercussions de cette catastrophe et de cette défaite. Nous devons tirer les leçons de ces épreuves pour réaliser la victoire.

Cette année, nous célébrons cette occasion au Liban sur fond de deux grands dangers qui guettent la nation :
– Le danger d’«Israël» et ses ambitions
– Le danger qui nous menace à notre frontière avec la Syrie

Pour faire face au premier danger, «Israël» continue son projet colonisateur en Palestine occupée, sans aucune critique de la part de la communauté internationale. Depuis la guerre de juillet 2006, «Israël» s’apprête et fait des manœuvres sur le front interne qu’il appelle «Le Tournant». Ces manœuvres concernent le Premier ministre, l’armée, les abris souterrains, les hôpitaux… Demain dimanche, les Israéliens effectueront une nouvelle manœuvre baptisée «front solide-1». Ils ont tiré les leçons de leurs lacunes et se disent prêts à mener une guerre sur tous les fronts. Ils ont même mis en place un ministère propre au front interne en cas de menaces sérieuses. «Israël» menace le Liban tous les jours, mobilise ses chars et ses véhicules à notre frontière, attaque la Syrie et la menace. Depuis 2006, «Israël» planifie de A à Z une agression contre le Liban. Qu’avons-nous préparé au Liban en contrepartie ? Qu’a préparé le peuple libanais pour une menace pareille ? Que revendique-t-il de son Etat ? Parlons franchement parce que nous passons par des moments délicats.

Commençons par l’armée : Qu’a fait l’Etat pour équiper son armée en armes et augmenter ses effectifs ? Où sont ceux qui appellent à une armée forte ? Rien. On se contente de déplorer le veto américain sur le renforcement de l’armée. La Russie par exemple veut vendre à la Syrie des missiles S-300 de défense. Tout le monde se mobilise pour empêcher cette transaction. Par contre, les Etats-Unis vendent des armes à des milliards de dollars à certains Etats arabes parce qu’ils savent que ces armes ne seront jamais utilisées contre «Israël». On empêche l’armée de devenir plus forte parce que notre armée, si elle possède des armes sophistiquées, elle combattra l’ennemi comme le fait la résistance. C’est une armée patriotique. Aucune infrastructure, aucun radar, aucun hôpital n’est équipé pour des moments de crise. Est-ce que la résistance doit également s’occuper du volet civil ?

Pour que le peuple ait confiance en cet Etat, l’Etat doit préparer le terrain pour le protéger en cas de crise. «Israël» par ailleurs importe des juifs de tous les pays du monde, lui paie des salaires mensuels et leur offre toute sorte d’aide pour venir s’installer dans des colonies mises en place aux frontières avec le Liban et la Syrie et ce pour une fonction sécuritaire. Alors que les villages frontaliers libanais sont vides de population, parce que l’Etat est complètement absent. Le problème des dirigeants libanais est qu’ils ne considèrent pas «Israël» comme un ennemi, et ne voient pas la menace israélienne en tant que telle. Malgré tout, le Liban possède une force populaire qui a vaincu «Israël» de toute la patrie. C’est la résistance libanaise formée de toutes les factions qui fait peur à «Israël». Pendant ce temps, certains au Liban cherchent jour et nuit à éliminer cette résistance. Toutes les idées avancées à ce sujet ne sont pas en mesure de dissuader l’ennemi. Pourquoi ? Parce que notre Etat est incapable de protéger les funérailles d’un martyr à Saida, et est incapable d’instaurer le calme à Tripoli. Quand l’Etat sera un pays fort, capable, juste et courageux, nous remettrons nos armes et nous combattrons dans les rangs de cet Etat.

Sachez donc qu’«Israël» se prépare à tout moment et guette le moment opportun pour nous attaquer. Certes nous, dans la résistance islamique, allons continuer nos efforts, et peu nous importe les menaces et les campagnes d’intimidation comme quoi on va nous inscrire sur la liste des organisations terroristes. Mais on était depuis toujours sur cette liste, mais ces intimidations ne nous feront pas fléchir.

La présence de l’Etat est meilleure que tout chaos. C’est la logique.

Nous appelons à épargner le front interne libanais de tout combat. Nous divergeons sur le dossier syrien, allons-nous combattre en Syrie. Je vous le dis tout franchement.

Ce qui se passe à Tripoli, doit cesser à tout prix. Celui qui veut soutenir l’opposition ou le régime syriens, qu’il aille combattre en Syrie. Nous réitérons notre appel et nous assurons à la population tripolitaine que ces combats n’ont aucun horizon. L’armée est la seule garantie de l’unité et de la coexistence.

Passons au deuxième dossier qui nous place devant une étape décisive. Nous avons le courage de dire et d’agir. Donc, parlons franchement sur ce sujet. Nous avions une position claire depuis le début des événements au sujet du soutien de réformes, du dialogue politique et du rejet des combats. Et puisque nous savons l’importance de la Syrie pour la résistance et l’axe de la résistance dans la région, j’ai œuvré dès le début auprès du président Bachar elAssad et de l’opposition pour s’asseoir à la table du dialogue, mais le président Assad a accepté alors que l’opposition a refusé. Cette opposition s’est figurée que si elle est soutenue par les grandes puissances, elle vaincra. Il était clair qu’un axe va être formé, dirigé par les Etats-Unis, pour soutenir le projet israélien. Ils ont eu recours à alQaida et aux salafistes des quatre coins du monde. Des dizaines de milliers de personnes n’ont pas gêné les «amis de la Syrie» à Amman, mais ils se sont soulevés contre la présence du Hezbollah en Syrie. Certains pays régionaux rejettent tout le temps des initiatives de solution de la crise. Ils acceptent que la Syrie soit détruite mais à condition qu’Assad parte. Certains éléments de l’opposition de l’extérieur sont des agents de la CIA et donc ils n’ont pas leur mot à dire. Les groupes armés sur le terrain sont dominés par le courant takfiri et les dirigeants de l’opposition savent bien qu’ils ne peuvent pas les contrôler. Les pays arabes veulent en effet se débarrasser du régime en Syrie et des groupes armés à la fois. Mais ces pays n’ont pas pensé au jour lorsque ces derniers rentreront dans leurs pays, ayant acquis une expérience dans les combats.

1- Nous considérons que la prise de contrôle par ces groupes armés des régions frontalières constitue un danger pour le Liban, les Libanais, l’Etat libanais et la coexistence. Si ces groupes prennent le contrôle des régions frontalières, ils seront un danger sur les sunnites, comme c’est le cas en Irak, demandez aux sunnites irakiens combien ils souffrent de ces groupes takfiris, de leurs meurtres de sunnites qui leur sont opposés. Je vous affirme que ce courant a tué des sunnites beaucoup plus que les autres confessions en Irak, en Somalie, au Pakistan et en Afghanistan. Quel sera l’avenir de la Syrie, du Liban et de la Palestine sur fond de cette logique ? Tous les musulmans et les chrétiens sont menacés par cette pensée takfirie financée et soutenue par les Etats-Unis.

2- La Syrie est devenue une scène pour la réalisation du projet américain dans la région.

3- La Syrie est le soutien de la résistance, c’est le dos de la résistance et nous n’allons pas permettre que le complot nous atteigne sans agir. Si la Syrie tombe dans les mains des Américains, des Israéliens, des takfiris et des outils américains dans la région, «Israël» rentrera au Liban, la Palestine perdra, les peuples de la région connaitront une ère obscure. Ces takfiris détruisent le passé, le présent et l’avenir et rejettent toute solution politique. En contrepartie, l’autre axe soutient le dialogue et cherche une solution pacifique. Soyez dans le camp qui vous plait mais sachez que le Hezbollah ne peut être dans les rangs des Etats-Unis, des takfiris qui exhument les tombes, qui décapitent les gens, et qui dévorent les cœurs. Nous avons offert des milliers de martyrs. Celui qui veut rester neutre, qu’il reste à l’écart. Depuis 1982, d’aucuns prétendaient qu’on ne peut rien changer à l’équation régionale, mais la résistance a changé cette équation. Nous savons que nous allons subir une campagne médiatique contre nous. Ces campagnes sont financées pour des milliards de dollars. Mais sachez que ces campagnes n’auront aucun effet sur notre peuple. Allez voir les parents des martyrs et leur moral élevé. Ils nous dépassent par leur attachement à cette voie. Sachez que nous n’obligeons personne pour aller combattre dans nos rangs. Et sachez également que nos jeunes sont très enthousiastes pour partir combattre en Syrie. Des parents viennent insister auprès de nous pour permettre à leur fils unique d’aller combattre en Syrie.

Sachez que vous n’avez jamais compris cette résistance et vous n’allez jamais la comprendre. Depuis toujours vous avez mal compris cette résistance.

Nous entamons une nouvelle période, celle de la défense du Liban et de ses frontières. Une fois de plus, nous allons sortir victorieux de cette guerre.

Gens honorables ! Vous qui consentez toute sorte de sacrifices. Comme je vous ai promis de la victoire lors des premiers jours de la guerre de juillet, je vous le répète : Nous sortirons victorieux de cette guerre inchallah».

Source: moqawama.org

http://french.moqawama.org/essaydetails.php?eid=9533&cid=320#.UaQBPdh3dDw