Le scénario catastrophique… Lorsqu’il se retourne contre les ennemis de la Syrie

Akil Cheikh Hussein

Les accusations et les interprétations qui vont dans tous les sens en ce qui concerne les attentats perpétrés à Rayhâniyya n’empêchent pas de remarquer qu’ils ressemblent comme un loup à un loup à ceux qu’on commet depuis deux ans en Syrie et depuis dix ans en Iraq. Des voitures bourrées de grandes quantités d’explosives, des nombres exorbitants de victimes en particulier parmi les civils. Et des commanditaires bien connus dont la Turquie qui, grâce à ses frontières communes avec la Syrie et l’Iraq, jouit de facilités dont ne disposent pas des Etats comme le Qatar, le royaume saoudite ou même l’entité sioniste.

A elles-seules, ces considérations ne suffisent pas certes pour mettre à l’index l’une ou l’autre parmi les parties constituantes de l’alliance qui fait la guerre à la Syrie. Il existe plutôt des indices qui, en apparence, vont dans le sens inverse. N’est-ce pas que la Turquie joue un rôle essentiel dans cette guerre ? Rayhâniyya ne se situe-t-elle pas à cinq km seulement des frontières qui séparent la Syrie de la «République du Hatay», originellement l’Alexandrette syrienne offerte sous le mandat français en 1938 à la Turquie pour des considérations en liaison avec les alliances qui se tramaient à la veille de la seconde guerre mondiale ? N’est-ce pas que tout cela permet d’en accuser la Syrie ?

En apparence seulement, à l’instar de tous les attentats terroristes semblables qu’on fomente pour justifier les guerres d’agression. Beaucoup d’assassinats et d’attentats ont été commis par le Mossad israélien contre des Israéliens ou des Juifs pour accuser les Palestiniens et les Arabes. Les preuves ne manquent pas qui montrent que les attentats du 11/9/2001 sont l’œuvre du Pentagone et de la CIA.

D’où, il est probable que les attentats de Rayhâniyya soient fabriqués par la Turquie elle-même ou par certaines composantes de l’alliance mondiale contre la Syrie dans le but de passer à une nouvelle forme d’escalade.

Par la Turquie elle-même car Recep Erdogan qui a accusé la Syrie de vouloir introduire la Turquie dans un scénario catastrophique -bien que la Syrie, occupée depuis deux ans par sa guerre contre le terrorisme et qui consacre tous ses efforts pour nettoyer ses territoires des gangs armés, n’est pas en état de pouvoir rendre la pareille à la Turquie- s’est rendu compte depuis longtemps de l’ampleur de la catastrophe dans laquelle il s’est introduit et introduit son pays en imaginant que la destruction de la Syrie pourrait ouvrir la voie à l’instauration d’un nouvel empire ottoman.

C’est dans ce sens qu’il a, lui qui manque de connaissance sur la nature du plan étasunien arrogant qui, sur le plan stratégique, vise la Turquie comme il vise la Syrie ou l’Iran, plus qu’une fois demander secours au Nato en lui demandant en vain d’intervenir en Syrie dans l’espoir de limiter les dégâts de ce scénario catastrophique. Fomenter les deux attentats à Rayhâniyya et en accuser la Syrie peut donc lui paraitre suffisant pour pousser le Nato à envoyer ses armées pour l’aider à sortir de son pétrin. N’a-t-il pas dit, juste après les attentats, qu’il est l’heure pour la communauté internationale d’intervenir ?

Mais la communauté internationale, ou plus précisément le Nato et les Etats-Unis ne sont pas à l’écoute. Non parce que son secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen, et le président des Etats-Unis, Barak Obama, ont toujours répété qu’ils n’ont pas l’intention d’intervenir en Syrie. Mais plutôt par ce qu’ils ne sont pas en mesure de le faire. Ils savent très bien, dans les conditions des défaites militaires encaissées par les projets hégémoniques israélo-étasuniens dans la région, que la riposte syrienne sera foudroyante.

Cela ne veut pas dire que le Nato et les Etats-Unis ne cherchent pas à abattre la Syrie par des moyens autres que l’intervention directe ou la guerre totale, même si ces moyens ne semblent pas suffisants aux yeux d’Erdogan et de ses semblables qui, embourbés et empressés, ne peuvent plus éviter le scénario catastrophique qu’ils ont tramé contre la Syrie mais dans lequel ils se sont engouffrés eux-mêmes. L’un des plus importants de ces autres moyens est de pousser la Turquie, notamment, dans la fournaise de cette intervention directe.

Surtout parce que l’évolution de la situation sur le terrain montre que le groupes armés commencent à s’effondrer et qu’une implication totale de la Turquie semble pouvoir réajuster le cours des événements au profit des plans israélo-étasuniens. Une guerre qui oppose la Turquie à la Syrie reste enfin une guerre entre deux pays visés par ces plans.

Les attentats de Rayhâniyya peuvent également être perpétrés par des agences de renseignements occidentales ou par les groupes armés en action à l’intérieur de la Syrie et qui ont à plusieurs reprises tiré des obus sur les territoires turcs ou les territoires occupés par l’entité sioniste dans l’espoir de susciter l’intervention extérieure censée les aider à atteindre leurs malveillants objectifs.

Source : moqawama.org

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