Syrie : Une attaque chimique sera le prélude à une grande guerre, par Nikita Sorokine

Syrie : Une attaque chimique sera le prélude à une grande guerre, par Nikita Sorokine

 

 

IRIB- Les dirigeants des pays de l’OTAN sont déchirés par le doute, sur l’utilisation,

 

en Syrie, d’agents de combat toxiques. Le fait même qu’ils ne cessent de faire mousser le thème des armes chimiques syriennes témoigne qu’une grande guerre est proche, dans la région, selon les experts.

Les responsables français n’ont toujours pas de preuves de l’utilisation d’armes chimiques, en Syrie, par les parties adverses. «Nous n’avons pas de certitudes. Il y a des indices donnés par les Britanniques, aussi, par les Américains. Nous sommes en train de vérifier tout cela», a déclaré, lundi, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, sur les ondes d’Europe 1.

L’escalade de la confrontation, en Syrie, est déjà allée si loin et à revêtu des formes tellement excentriques qu’aucun scénario n’est exclu, estime l’expert de l’Institut russe d’études stratégiques, Ajdar Kourtov :

«En règle générale, si un des adversaires ne parvient pas à la victoire dans ces conditions, les deux parties recourent très souvent à des remèdes plus forts. Notamment à une arme plus meurtrière. J’estime qu’il n’existe pas de raisons suffisantes pour accuser le gouvernement de Bachar al-Assad d’utilisation de l’arme d’extermination massive, plus particulièrement de l’arme chimique. Il y a une logique élémentaire : étant donné la campagne internationale déclenchée contre ce pays par plusieurs puissances mondiales, l’utilisation de l’arme chimique par le gouvernement d’al-Assad ne fera que fournir un prétexte à une intervention militaire non dissimulée. En fin de compte, Bachar al-Assad n’est pas un kamikaze pour agir de cette façon. C’est pourquoi je suis enclin à penser que ces armes ont pu être utilisées par les rebelles».

Les Etats-Unis disent que la Syrie a déjà franchi la «ligne rouge» fatidique tracée par la Maison Blanche, pour le régime de Bachar al-Assad. Selon les multiples déclarations du président américain Barack Obama, cette ligne signifie toute utilisation d’armes chimiques en Syrie. Washington a déjà augmenté son aide «non létale» à l’opposition syrienne, a envoyé en Jordanie 200 spécialistes du renseignement et des opérations spéciales et se propose d’y déployer une division blindée et des systèmes de missiles sol-air Patriot. Le porte-parole de la Maison Blanche Jay Carney a récemment déclaré que l’administration «n’excluait aucune variante» d’incidence sur Damas. D’habitude, les Etats-Unis utilisent cette formule pour évoquer la possibilité d’une guerre ou, au moins, d’un bombardement. On est donc en présence de tous les indices des préparatifs d’un «scénario libyen», pour la Syrie.

Ajdar Kourtov suppose que l’opération éventuelle contre la Syrie sera soutenue par la Grande-Bretagne et la France. Autre version également possible : l’intervention militaire aura lieu par le biais des monarchies conservatrices du Golfe : l’Arabie saoudite et le Qatar. Celles-ci pourront organiser l’invasion des mercenaires enrôlés au moyen des sommes immenses déjà investies dans la déstabilisation au Proche-Orient, estime l’expert. Selon lui, les adversaires de Bachar al-Assad s’efforcent d’en finir avec son régime pour pouvoir entamer une agression armée non dissimulée contre l’allié principal de la Syrie, l’Iran.

Il est peu probable qu’on puisse parler de répétition du scénario libyen ou irakien, estime le président de l’Institut du Proche-Orient Evgueni Satanovski. Le scénario sera inédit. Les instigateurs de l’idée d’une ingérence extérieure dans la guerre civile syrienne sont l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, a-t-il souligné :

« Les frappes contre les entrepôts d’armes chimiques ou les groupes rebelles s’ils mettent la main sur les armes chimiques seront apparemment portées par les Américains et les Israéliens avec la participation des forces aériennes britanniques ou françaises. En l’occurrence, l’Occident cherche à engager Doha, Riyad et Ankara. Al-Assad sera soutenu par l’Iran et, dans une moindre mesure, par le Hezbollah pour lequel il suffira de maintenir les positions au Liban. Au Proche-Orient n’importe quoi peut dégénérer en guerre régionale. Mais il faut comprendre que nous avançons vers une grande guerre contre l’Iran. La frappe contre la Syrie, si elle a lieu, sera le prélude au début de cette campagne militaire ».

Il est évident que pour l’Occident le renversement du gouvernement de Damas est une question d’honneur. Le régime d’al-Assad résiste depuis deux ans, ce qui est inadmissible pour les puissances occidentales. Il ne s’agit même pas des avantages géopolitiques ou géographiques de la situation de la Syrie. La victoire ou une opération militaire réussie pourraient, dans une certaine mesure, contrebalancer la défaite subie en Afghanistan par l’OTAN et les Etats-Unis.

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