L’attentat contre le PM syrien et les 4 offensives contre Damas, par Luc Michel

IRIB-Un attentat à la voiture piégée a eu lieu ce lundi matin à Damas.
Il visait le véhicule du Premier ministre de Bachar al-Assad, Waël al-Halaqi, qui en est sorti indemne, a rapporté la télévision officielle Al-Ikhbariya.

Cet attentat prend place dans une quadruple offensive contre la Syrie ba’athiste.

I : LE PREMIER MINISTRE SYRIEN ECHAPPE A UN ATTENTAT

Le Premier ministre syrien Waël al-Halaqi a échappé ce lundi à un attentat à Damas, le premier du genre contre un dirigeant syrien depuis l’assassinat de quatre hauts responsables du gouvernement en juillet 2012. Le 18 juillet 2012, quatre hauts responsables de la Sécurité, dont le beau-frère de M. Assad, avaient été tués dans un attentat visant le bâtiment de la Sécurité nationale dans le centre de la capitale, et revendiqué par la rébellion. Les occidentaux, USA, Grande-Bretagne et France en tête, avaient refusé au Conseil de sécurité de l’ONU une motion de condamnation de cet attentat proposée par Moscou.

«L’attentat terroriste à Mazzé visait le convoi du Premier ministre. M. Halaqi est indemne et n’a pas été blessé», affirme la télévision Al-Ikhabriya, sans préciser la nature de l’explosion.
Le photographe de l’AFP sur place a vu plusieurs véhicules calcinés, dont un autobus, et plusieurs autres voitures garées aux vitres brisées. Les services de sécurité ont bouclé le secteur.

Selon la télévision d’Etat, l’attentat s’est produit près d’un jardin public et d’une école à Mazzé, quartier ultra-sécurisé du centre-ouest de la capitale syrienne abritant de nombreuses ambassades, des bâtiments gouvernementaux et des sièges des services de renseignement et où résident de nombreux responsables politiques. «Je marchais dans la rue, quand soudain une explosion très forte s’est produite, et j’ai vu une voiture brûler et des gens courir. J’ai entendu le bruit de vitres voler en éclats», raconte un jeune homme à l’AFP. «Je me suis hâté de me mettre à l’abri car je craignais qu’une autre explosion n’ait lieu».

Le dernier attentat terroriste à Damas remonte au 9 avril dernier, faisant au moins 15 morts selon les médias officiels, la première attaque du genre en plein centre de la capitale. Le gouvernement avait alors accusé des «terroristes», terme par lequel les autorités syriennes désignent fort justement les soi-disant « rebelles », majoritairement des islamistes jihadistes – dont ceux du Front al-Nosra, al-Qaida en Syrie – qui ont revendiqué de nombreux attentats suicide, en particulier à Damas.

Al-Ikhbariya a diffusé, en différé, des images de M. Halaqi présidant une réunion de travail, présentant celles-ci comme « la preuve » qu’il était bien sain et sauf. Elle a par la suite cité des déclarations du Premier ministre affirmant que l’attentat n’était « qu’une preuve du découragement et du désespoir des groupes terroristes face aux exploits de l’armée syrienne » dans le conflit.

II : LES QUATRE OFFENSIVES CONTRE LA SYRIE :
MILITAIRE, DIPLOMATIQUE, TERRORISTE ET MEDIATIQUE

Cet attentat intervient au moment où Damas est sous les feux d’une quadruple offensive :

– militaire : celle de la pseudo ASL et de leurs troupes de choc, les djihadistes islamistes, encadrés par des forces spéciales turques, qataries, britanniques, US et française, armées par l’OTAN via la Turquie, par le Qatar et les Saoudiens.
– terroriste : qui remplace la guerre classique, partout où l’Armée Arabe Syrienne l’emporte sur le terrain, comme à Damas. Le terrorisme djihadistes est la continuation directe de la sale guerre menée par l’ASL et ses maîtres de l’OTAN.
– diplomatique : les occidentaux et leurs valets arabes entendant obtenir de l’ONU un feu vert à une intervention directe, dans une opération comme celle réussie en Libye. Le prétexte étant, comme pour l’IRAK en 2002-2003, les soi-disant « armes de destruction massive » (ici chimiques).
– médiatique : les médias de l’OTAN et Al-Jazira, la propagandastaffel du Qatar, préparant à la fois l’opinion publique occidentale à une nouvelle guerre de l’OTAN, tentant de légitimer les rebelles islamistes présentés comme « démocrates » et de délégitimer Damas, présenté comme une « dictature alouite » alors qu’il s’agit du dernier état laïque du Proche-Orient avec le Liban.

Le « débat » sur l’utilisation – fantasmée – par Damas « d’armes chimiques contre la population » continue entre temps d’agiter les chancelleries occidentales. « Paris se démarquant des positions américaines et occidentales affirmant avoir des « indices » sur cet usage », affirme l’AFP. « Nous n’avons pas de certitudes. Il y a des indices qui ont été donnés par les Anglais, aussi par les Américains. Nous, nous sommes en train de vérifier cela », a affirmé le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, rappelant que Paris et Londres avaient demandé l’ONU d’ouvrir une enquête.

Cette offensive est évidemment appuyée par Tel-Aviv, grand bénéficiaire de la déstabilisation de la Syrie ba’athiste, comme elle l’a été de la Chute de Bagdad en 2003 et de Tripoli en 2011. A savoir les trois états nationalistes arabes qui étaient le fer de lance du soutien à la cause palestinienne.
« L’éviction d’al-Assad règlera nombre de problèmes d’Israël », affirme sans détour l’ex-chef du Mossad. L’ex-directeur du service de renseignement israélien, Meir Dagan, a déclaré qu’Israël devait faire « tout son possible pour évincer Bachar al-Assad du pouvoir en Syrie ». Dagan, figure de l’appareil répressif israélien, a osé qualifier de « crime contre l’humanité les assassinats massifs des citoyens de Syrie ». Selon lui, « le changement du régime en Syrie est le devoir moral d’Israël » (sic). Dagan a également déclaré que » l’éviction d’al-Assad du pouvoir serait avantageuse pour Israël du point de vue stratégique et affaiblirait sensiblement ses principaux adversaires : le Hezbollah et l’Iran ».

Ce dossier est évidemment au cœur de l’offensive diplomatique menée par les USA et l’OTAN contre Damas. Et le « débat » tant vanté par les médias de l’OTAN est une grande comédie. Dont les occidentaux entendent déjà avoir écrit l’épilogue.
La Russie, « rare puissance à soutenir le régime de Bachar al-Assad » (sic) selon l’AFP – alors que Moscou, Pékin, le bloc de l’OTSC et du Groupe de Shanghai , ainsi qu’une partie des BRICS sont opposés à la guerre contre Damas – a réaffirmé de son côté sa mise en garde contre une répétition du scénario irakien en Syrie.
Le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov a ainsi mis directement en question l’appel lancé par le patron de l’ONU, Ban Ki-moon à Damas pour qu’il autorise une équipe de l’ONU à enquêter sur l’utilisation par le régime d’armes chimiques, estimant qu’il s’agissait d’une « pratique analogue à celle de l’Irak ».

Moscou s’oppose ouvertement à la comédie contre Damas, qui est la copie carbone de celle ourdie contre l’Irak ba’athiste. L’argument de Washington de la présence d’armes de destruction massive en Irak avait servi à justifier l’invasion de ce pays en mars 2003, aboutissant à la chute de Saddam Hussein. Cet argument s’était ensuite révélé faux. Les dirigeants US et britanniques, Bush et Blair en tête, ayant effrontément menti.

A Washington, des élus républicains – dont Mc Cain le patron des réseaux politiques qui ont déjà mené la guerre contre la Libye de Kadhafi et organisé les activistes du pseudo « printemps arabe » – ont renouvelé leurs appels en faveur d’une action des Etats-Unis contre la Syrie, « en raison des éléments de preuves de plus en plus évidentes de l »utilisation de gaz chimiques » (sic). Mc Cain appelle, comme son relais en France BHL, à une « zone d’exclusion aérienne » en Syrie et à des bombardements.

Cette offensive diplomatique se double d’une offensive médiatique menée par les médias et les presstitutes de l’OTAN contre Damas. Au cœur de cette offensive une officine créée de toutes pièces par les services secrets britanniques MI5 et MI6, orfèvres en matière de complots et de manipulation de groupuscules. Cette officine, qui produit 99% des médiamensonges contre Damas qui sont repris sans aucun recul, vérification ou critique par l’ensemble des médias de l’Otan, c’est l’OSDH.

 

III : AU CŒUR DES MEDIAMENSONGES CONTRE DAMAS :
LA VRAIE NATURE DU PSEUDO « OSDH »

Le pseudo « Observatoire syrien des droits de l’Homme » (OSDH), présenté suivant les cas comme une « ONG syrienne » (sic), suivant les autres « un large réseau de militants et de sources médicales et militaires à travers la Syrie » (resic), est en fait une officine barbouzarde, constitué autour du seul Rami Abdel Rahmane, « directeur de l’OSDH » et militant islamiste protégé par Londres.

En réalité, l’OSDH « a été exposé il y a longtemps comme étant une vitrine absurde de propagande gérée par Rami Abdul Rahman depuis sa maison semi-retirée en Angleterre », écrit Landestroyer. D’après un article de Reuters de Décembre 2011 intitulé « Coventry – an unlikely home to prominent Syria activist, » Abdul Rahman admet être un membre de la soi-disant “opposition syrienne” qui cherche à chasser le président syrien Bachar Al-Assad. « Après trois courts séjours dans les prisons syriennes pour activisme », Abdul Rahman arriva en Grande-Bretagne en 2000.

Landestroyer écrit encore : « On ne peut pas trouver une source d’information plus douteuse, compromise, biaisée que lui et pourtant ces deux dernières années, son “observatoire” a servi de seule source d’information pour le torrent sans fin de propagande émanant des médias occidentaux (…) Et pourtant, malgré son rôle central dans cette guerre civile sauvage, le bien nommé OSDH est virtuellement un one-man-show. Son fondateur, Rami Adul Rahman, 42 ans, qui a fuit la Syrie il y a 13 ans, gère l’observatoire depuis une petite maison de briques semi-détachée d’une rue ordinnaire de la ville industrielle de Coventry en Angleterre ».

« Peut-être le pire de tout, est que l’ONU utilise cette source biaisée et compromise de propagande comme base de ses multiples rapports », du moins c’est ce que le New York Times affirme dans son article récent « A Very Busy Man Behind the Syrian Civil War’s Casualty Count ».
L’article du NYT admet que « les analystes militaires de Washington ont suivi son décompte des corps de soldats syriens et de rebelles pour estimer la direction que prenait la guerre. L’ONU et les organisations pour les droits de l’Homme chérissent ses descriptions de meurtres de civils syriens pour les utiliser comme preuves dans de possibles procès pour crimes de guerre. Les organisations de presse les plus importantes (…) citent ses chiffres de pertes humaines ».

Le NYT « révèle également pour la première fois que l’opération d’Abdul Rahman est financée par l’Union Européenne et “un pays européen”, qu’il refuse d’identifier (…) Tandis qu’il refuse d’identifier ce pays, il s’agit sans aucun doute possible de la Grande-Bretagne elle-même, car Abdul Rahman a un accès direct au ministre des affaires étrangères britannique William Hague, qu’il a de manière documentée, rencontré en personne à de multiples reprises au bureau du Commonwealth de Londres ».

Ecoutons encore Tony Cartalucci sur Landestroyer : « Abdul Rahman n’est pas un “activiste des droits de l’Homme”. Il est un propagandiste payé pour ses activités. Il n’est pas différent de la clique de vils menteurs et de traîtres qui trouvèrent refuge à Londres et à Washington pendant la guerre d’Irak et de la plus récente débauche occidentale en Libye et ce pour le simple but de donner aux gouvernements occidentaux un flot constant de propagande et de renseignements intentionnellement falsifiés créés spécifiquement pour justifier l’action hégémonique de l’occident. Les contemporains d’Abdul Rahman incluent le notoire traître irakien Rafid al-Jalabi, nom de code “Curveball”, qui pavanne maintenant en disant qu’il a inventé les accusations sur les armes de destruction massive irakiennes, la casus belli occidental pour 10 ans de guerre qui a coûté plus d’un million de vies humaines, incluant des milliers de soldats occidentaux et qui a laissé l’Irak en ruines. Il y a aussi le moins connu Dr Sliman Bouchuiguir de Libye, qui forma la fondation, le racket des droits de l’Homme pro-occidental à Benghazi et qui proclame maintenant haut et fort que les histoires de Kadhafi massacrant son peuple étaient tout aussi inventées afin de donner à l’OTAN son prétexte d’intervention militaire ».

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Luc MICHEL

http://www.lucmichel.net/

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