Archives Mensuelles: avril 2013

L’UE face à la Syrie Par Fabrice BALANCHE , Touteleurope.eu*, le 22 mars 2013

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Maître de conférences à l’université Lyon 2 et spécialiste du Proche-Orient

Que devient le conflit syrien deux ans après son déclenchement ? Après les déclarations de David Cameron et François Hollande en mars 2013, proposant de contourner l’embargo européen et d’armer les rebelles, le conflit opposant les forces de Bachar al-Assad et les opposants au régime réapparait en plein lumière. Dans cet entretien, Fabrice Balanche, maître de conférences à l’université Lyon 2 et spécialiste du Proche-Orient, nous éclaire sur la situation interne du pays et les évolutions possibles de cette guerre.

Le Diploweb.com, dans le cadre de son partenariat avec Touteleurope.eu, est heureux de vous présenter cet entretien initialement mis en ligne le 19 mars 2013 sous le titre « Fabrice Balanche : « L’UE ne doit pas prendre parti dans le conflit syrien » »

Comment analysez-vous la situation en Syrie, et notamment dans le camp des rebelles ? Les groupes opposants sont-ils unis ?

Fabrice Balanche : La Coalition Nationale Syrienne, qui est censée incarner l’opposition au régime de Bachar al-Assad, ne contrôle pas du tout les rebelles qui sont sur le terrain, ni les territoires libérés par ces combattants. Quelques groupes rebelles sont liés aux Frères musulmans, le Bouclier de la révolution à Damas par exemple, mais ils ne représentent qu’une minorité parmi les 150 000 à 200 000 opposants armés qui se sont soulevés contre le régime et se sont engagés dans la lutte. Ils ne constituent donc pas une force majeure.

Les rebelles sont-ils soutenus par certains pays à l’heure actuelle ?

Fabrice Balanche : L’Arabie Saoudite, le Qatar, la Libye et les Emirats Arabes Unis aident militairement et financièrement les rebelles. Il existe aussi des fondations privées qui envoient de l’argent à certains groupes rebelles. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France entraînent quant à elle les rebelles en Jordanie et en Turquie. Ce pays sert d’ailleurs de base arrière et logistique pour l’opposition, sans toutefois fournir directement des armes.

Que pensez-vous des décisions prises par la France et le Royaume-Uni d’envisager un contournement de l’embargo européen sur la livraison d’armes en Syrie ?

Fabrice Balanche : Ces deux puissances européennes veulent peut-être montrer qu’elles agissent, alors qu’on commémore le deuxième anniversaire du début de la révolte en Syrie. Elles souhaitent peut-être également mettre la pression sur l’Europe pour obtenir un accord plus sévère à l’encontre du régime de Bachar al-Assad (une levée de l’embargo sur les armes défensives par exemple).

Carte de la Syrie en mars 2013

L'UE face à la Syrie
Carte de la Syrie, mars 2013
Insurrection et contre-insurrection.

Cependant, un déblocage de l’embargo ne résoudrait rien. D’une part, Laurent Fabius a déclaré que la France allait livrer des armes à la branche armée de la Coalition Nationale Syrienne, c’est à dire l’Armée Syrienne Libre, qui n’existe pas dans les faits. Il n’y a donc aucune garantie que ces armes tombent seulement entre de bonnes mains. D’autre part, cette décision pourrait pousser les Russes à renforcer leur livraison de matériels plus sophistiqués, et en grande quantité, au régime syrien. Il faut également penser aux troupes européennes présentes depuis 2006 au Sud-Liban, dans le cadre de la FINUL [Force Intérimaire des Nations-Unies au Liban], qui pourraient subir des représailles. On peut penser à des attentats, de la part de groupes pro-syriens comme le Hezbollah.

L’embargo européen vous parait-il approprié à la situation actuelle du conflit ?

Fabrice Balanche : Oui, probablement. Il vaut mieux ne pas prendre parti dans cette situation. Il existe en effet un paradoxe dans ce conflit. Les soutiens du régime à l’intérieur du pays sont minoritaires : ce sont les alaouites et les chrétiens, qui sont les plus enclins à partager les valeurs européennes. Or, nous sommes en train d’armer des salafistes et les Frères Musulmans, qui se tournent vers les pays du Golfe.

Le régime de Bachar al-Assad peut-il perdurer ?

Fabrice Balanche : Il ne pourra pas perdurer sur l’ensemble du pays, mais seulement sur Damas et les territoires majoritairement alaouites, c’est-à-dire le sud du pays. On peut imaginer une partition Nord/Sud de la Syrie, qui se met actuellement en place avec un régime qui contrôle la côte, le centre et le Sud tandis que les rebelles contrôlent le Nord. Il faut également ne pas oublier les Kurdes qui tiennent leur territoire au Nord-Est (voir carte ci-dessus). Le pouvoir syrien ne reprendra probablement pas le nord du pays mais pourrait en revanche conserver ses bases à Damas et dans le sud du pays durant un ou deux ans. Concernant la côte, qui est le fief historique de Bachar al-Assad, on peut imaginer que ce dernier s’y réfugie en dernier recours et créé une entité syrienne concurrente.

Copyright Mars 2013-Balanche/Touteleurope.eu

Cet entretien sur Touteleurope.eu  : Fabrice Balanche : « L’UE ne doit pas prendre parti dans le conflit syrien »


Dates clés du conflit

14 mars 2013 : Paris et Londres souhaitent briser l’embargo européen sur les armes pour aider la rébellion .

13 février 2013 : L’ONU annonce que le bilan des victimes de la guerre en Syrie avoisine les 70 000 morts.

Eté 2012 : Bataille d’Alep.

3 février 2012 : Début des combats à Homs, ville alors détenue par les rebelles.

31 juillet 2011 : Offensive de l’armée syrienne contre les manifestations à Hama.

29 juillet 2011 : Création de l’Armée Syrienne Libre.

15 mars 2011 : Début de la révolte contre le régime syrien.

10 juillet 2000 : Bachar al-Assad est élu président de la République par un référendum.

Chronologie établie par Touteleurope.eu

http://www.diploweb.com/L-UE-face-a-la-Syrie.html

L’après Printemps arabe dans les relations internationales. De l’espoir politique à l’inquiétude stratégique ?

Par Frédéric CHARILLON *, le 27 mars 2013

Professeur des universités en science politique

 

Géopolitique du Printemps arabe. Dans le cadre de son partenariat avec La documentation Française, le Diploweb.com est heureux de vous présenter cet extrait de l’ouvrage dirigé par Frédéric Charillon et Alain Dieckhoff, Afrique du Nord et Moyen-Orient 2012-2013. Printemps arabe : trajectoires variées, incertitudes persistantes, Coll. Mondes émergents, Paris, La documentation française, 2012. Le texte complet de cet article, publié sous ce même titre se trouve pp. 35-47.

Les mois qui se sont écoulés entre le début de l’année 2011 et le printemps 2012 ont changé pour longtemps l’insertion du Moyen-Orient et de la Méditerranée dans les relations internationales. Dans le débat public mondial, l’image d’une révolution démocratique déferlant sur le monde arabe au point de faire trembler les régimes autoritaires de la région, voire du reste de la planète, a fait place à celle d’un monde arabe largement submergé par une vague islamiste d’autant plus inquiétante pour l’Occident libéral que celle-ci se fondait sur d’amples victoires électorales, signifiant par là même qu’elle répondait à une demande sociale forte. Chacune de ces deux images est réductrice. Au-delà de ce champ de perceptions extérieures, une fois mises de côté les dénonciations tardives (« Pourquoi avoir si longtemps fermé les yeux sur des dictatures ? ») ou les prophéties conservatrices (« Vous verrez que nous les regretterons »), reste la nécessité politique de s’adapter à une série d’évènements au déroulement encore inachevé, mais à la portée déjà majeure. Reste donc, au-delà du discours, le choix entre la posture de spectateur, d’empêcheur ou d’accélérateur [1].

Il ne s’agit naturellement pas là uniquement d’une question d’éthique ou de choix intellectuel. Que l’on soit à Washington, Paris, Moscou, Pékin, New Delhi, Pretoria, Téhéran, Tel-Aviv, Ankara ou Ryad, des intérêts sont en jeu. Des pressions internes sont à l’oeuvre. Des craintes s’avivent ou des stratégies se recomposent. Des politiques étrangères doivent donc s’adapter à cette nouvelle donne. Celle-ci a évolué selon plusieurs séquences. La première fut caractérisée par la double révolution tunisienne et égyptienne, qui a imposé aux puissances de produire un discours en réaction à ces événements inattendus. C’était le temps de la recomposition diplomatique. La seconde fut marquée davantage par des événements entraînant la question de l’intervention extérieure, sa dimension militaire et ses conséquences. Les événements de Libye, de Syrie, dans une moindre mesure du Bahreïn, ouvrirent le temps de la recomposition stratégique. Enfin, des questions politiques transversales, qui ne sont pas nouvelles dans la région, furent exhumées une nouvelle fois, mais avec des paramètres désormais inédits. La question de l’intégration des acteurs religieux dans une vie politique démocratique, celle d’un réel acteur politique arabe sur la scène internationale, celle enfin de la guerre et de la paix dans la région, trouvent là une nouvelle acuité [2].

Après la Tunisie et l’Égypte : recompositions diplomatiques

Les soulèvements tunisien et égyptien, qui aboutirent rapidement à la destitution de deux chefs d’État alliés de l’Occident et apparurent comme les signaux de départ d’une série de séismes politiques au sud et à l’est de la Méditerranée, sont survenus dans un contexte international particulier. À l’échelle globale, le « moment unipolaire » du début des années 1990 avait laissé la place, au début des années 2010, à une compétition politique relancée par la montée en puissance chinoise, le renouveau nationaliste russe, les initiatives politiques issues des pays émergents [3]. Ce pluralisme retrouvé de la scène internationale, même s’il ne dégage encore aucun acteur véritablement en mesure de défier la puissance américaine, place les États-Unis dans une situation concurrentielle très éloignée de celle qui les avaient vus, en 1991 (Irak), en 2001 (Afghanistan) et en 2003 (Irak encore), saisir des fenêtres d’opportunités pour lancer des initiatives militaires au Proche-Orient et à ses confins. Il survient par ailleurs à un moment de l’histoire où les États-Unis, comme leurs alliés européens, subissent une crise économique qui atténue leur capacité à s’ériger en modèle de gouvernance, tout en leur imposant de considérer la projection de leur influence dans le monde avec un budget contraint. Si l’élection de Barack Obama, en novembre 2008, avait permis aux États-Unis de tourner la page néoconservatrice qui avait suscité un anti-américanisme record dans le monde arabe [4], et si l’Union européenne (UE) avait tenté, la même année, de refonder sa relation à la Méditerranée par la création de l’Union pour la Méditerranée (UPM), ces deux acteurs allaient aborder les révolutions arabes en partie amoindrie par cette contrainte financière. Pour les États-Unis, en particulier, le coût aussi bien économique que politique et symbolique de dix années de guerre en Afghanistan et de huit en Irak, deux conflits desquels l’Amérique s’efforçait désormais de s’extirper, rendait très peu opportune toute nouvelle aventure politique dans la zone.

Sur le plan régional, les deux bouleversements tunisien et égyptien arrivaient également dans un moment d’impasse politique arabe, face entre autres à la stagnation du processus de paix israélo-palestinien, aux blocages gouvernementaux libanais, et au vieillissement de plusieurs régimes politiques. Dans cette configuration, l’initiative en matière de politique étrangère, depuis plusieurs années, semblait revenir bien davantage aux acteurs non arabes (Iran, Turquie, Israël) qu’aux acteurs qui avaient jadis été les piliers ou les clefs du système d’équilibre régional, comme l’Égypte, la Syrie, l’Arabie Saoudite [5], ou plus loin l’Algérie voire la Tunisie [6]. Dotée de peu de moteurs politiques ou diplomatiques nationaux, la scène politique arabe était encore faiblement structurée sur le plan des institutions collectives, avec une Ligue arabe peu active, un Conseil de coopération du Golfe (CCG) réduit aux monarchies pétrolières organisées autour de l’Arabie Saoudite, ou une Union du Maghreb arabe plongée dans un sommeil profond. Divisée par la deuxième guerre du Golfe (19901991), humiliée par la troisième (à partir de 2003), cette communauté politique arabe comptait en 2011 quelques alliés notoires de l’Occident (au premier rang desquels figuraient l’Égypte et la Tunisie), d’autres qui avaient autrefois capitalisé sur leur posture réfractaire à ce même Occident mais avaient récemment tenté un rapprochement (parmi lesquels la Libye et la Syrie), d’autres encore qui conservaient de bonnes relations avec les États-Unis, mais étaient soupçonnés d’ambiguïté, comme l’Arabie Saoudite depuis 2001, ou le Qatar plus récemment. Les soulèvements survenus en 2011 allaient rendre cette typologie caduque, pour amorcer plusieurs réajustements.

Aux États-Unis, d’abord, la disparition d’Hosni Moubarak, chassé par la révolution égyptienne, privait Washington d’un allié docile, qui acceptait de donner la priorité à l’agenda américain [7]. Accordant un soutien fort, rapide et public à la démocratisation du pays, lâchant donc de fait le régime sortant, l’Amérique a dû ensuite gérer la dégradation de son image (du fait des liens entretenus lors d’une ère désormais révolue) [8], la victoire électorale des Frères musulmans et des salafistes, ainsi qu’un nombre croissant d’incidents [9]. Plus globalement, l’administration Obama ne peut que craindre l’instabilité du plus peuplé des pays arabes, proche allié depuis les années 1970, bénéficiaire d’une importante aide américaine (y compris militaire), premier pays arabe à avoir signé la paix avec Israël, et dont la modération extrême, ces dernières années, avait permis d’éloigner le spectre d’une nouvelle coalition arabe contre l’État hébreu. Sans imaginer encore la remise en cause des accords de Camp David ni un aventurisme irraisonné des nouvelles autorités du Caire, la poursuite des manifestations violentes dans le pays, le climat d’instabilité institutionnelle, le flou persistant sur la réalité de l’identité des futurs interlocuteurs égyptiens (du fait d’une absence de délimitation claire des pouvoirs du président élu, et après l’annulation des élections législatives), constituent une source d’inquiétude, là où il y avait précédemment le sentiment d’un front durablement apaisé. Au-delà de l’Égypte, c’est l’ensemble de l’équation moyen-orientale des États-Unis qui doit être revu, dans la mesure où le pari a été fait d’un soutien sans faille [10] à un changement de régime obtenu après des manifestations de rue et aboutissant à une victoire électorale des acteurs religieux, sachant que le premier point déplaît fortement à certains des alliés arabes de Washington (comme l’Arabie Saoudite), et le second à l’allié israélien.

Washington a néanmoins donné l’impression, tout au long des premières séquences du Printemps arabe, de réagir rapidement, concrètement et avec cohérence aux événements, en soutenant sans réserve l’évolution vers la démocratie. Tel n’a pas été le cas des Européens. Reconnaissant rapidement l’erreur qui avait été la sienne de voir toujours dans les régimes partenaires du Sud méditerranéen des facteurs de stabilité et de sécurité, l’UE a réagi suivant les deux axes dont elle est coutumière : la production de discours et l’annonce d’une aide financière. Dès le 8 mars 2011, Catherine Ashton, haut représentant pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité pour l’UE, proposait un « partenariat pour la démocratie et une prospérité partagée avec le sud de la Méditerranée », qui prônait une vie politique participative, la dignité, des emplois et le respect des valeurs universelles. Le 25 mai suivant, c’est une « stratégie à l’égard d’un voisinage en mutation » qui était encore avancée. Une aide concrète a donc été promise [11], mais qui demeurait lourde d’insuffisances. Trois lacunes au moins apparaissaient.

1. En dépit de sa volonté d’encourager verbalement les transitions démocratiques, l’Europe s’est contentée d’émettre des souhaits ou des espoirs, de façon peu politisée, saluant une « opportunité », annonçant de nouvelles « perspectives », mais sans tenir compte pleinement du fait que sa proximité géographique par rapport à la région concernée l’obligeait à entrer davantage dans le détail [12].

2. Ce faisant, l’Europe courait le risque d’aller dans la direction que le Sud méditerranéen critique le plus, à savoir celle d’une série de créations de cadres plutôt que de contenus, remémorant le décevant processus de Barcelone après 1995, ou une UPM rapidement devenue caduque devant la succession d’événements dramatiques survenus dans la région (en particulier l’opération israélienne Plomb durci à Gaza, durant l’hiver 2009). Il était difficile d’oublier en effet, en 2011, que H. Moubarak avait été choisi pour coprésider l’UPM trois ans plus tôt, ou que l’ancien président de la Tunisie Zine el-Abidine Ben Ali était un partenaire privilégié des Européens. Le simple ajustement d’instruments déjà existants pouvait donc apparaître comme une réponse bien timide aux événements [13].

3. Dans leur effort insuffisant pour saisir la dimension politique et exceptionnelle de cette situation, les Européens n’étaient pas unanimes sur les orientations à prendre. À ceux qui souhaitaient une prise de position politique claire, s’opposaient ceux à qui le passé interdisait une posture trop péremptoire. La situation nécessitait davantage qu’une intensification des directions déjà explorées. C’est l’ensemble du cadre euroméditerranéen pensé depuis plus de quinze ans qui venait de voler en éclats.

La France, en particulier, a souffert dans la gestion de cette première séquence des soulèvements arabes. Après les maladresses initiales de son approche des événements tunisiens [14] – épisode qui a amené le remplacement d’un ministre des Affaires étrangères –, Paris s’est engagé dans une action militaire de premier ordre en Libye, vers une posture diplomatique de pointe face au drame syrien (voir infra), et plus généralement vers un discours clair de soutien aux droits de l’homme et à la transition démocratique [15]. Pour autant, un soutien restait apporté à ceux des régimes qui n’avaient pas été renversés, en particulier, au Maghreb [16]. En avril 2011, le nouveau ministre des Affaires étrangères Alain Juppé estimait que les réformes annoncées par Abdelaziz Bouteflika en Algérie allaient « dans la bonne direction », et avait salué un mois plus tôt les processus de réforme engagés au Maroc, comme « courageux et responsables » [17]. Après une séquence difficile pour sa diplomatie régionale (obstacles rencontrés par l’UPM, résultats décevants des efforts pour exercer une influence sur Israël au moment de la crise de Gaza en 2009 comme sur le Liban lorsque ce pays se trouvait dans une impasse politique en 2007-2009, revers commerciaux dans le Golfe…), la France était donc amenée à faire preuve de prudence. Conspuée pour avoir trop tardé à prendre la mesure des événements tunisiens, accusée à l’inverse (souvent par les mêmes…) d’avoir voulu être trop en pointe dans le dossier libyen, elle devait, comme d’autres, trouver les bons équilibres diplomatiques pour répondre à des situations inédites. Sur les terrains libyen et syrien, la nature des dilemmes allait largement dépasser cette seule dimension diplomatique.

Après la Libye et la Syrie : recompositions stratégiques

Si les soulèvements tunisien et égyptien ont trouvé leur dénouement sans intervention extérieure majeure, la Libye et la Syrie ont amené la communauté internationale à rouvrir des débats délicats sur la responsabilité de protéger ou sur l’intervention humanitaire [18]. La différence de traitement entre ces deux dossiers, surtout, pose question : tandis que l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) intervenait militairement en Libye, précipitant le renversement du colonel Mouammar Kadhafi, la Syrie présentait des conditions d’intervention plus difficiles, qui ont empêché d’envisager sérieusement une telle éventualité. Moins médiatisé, le cas du Bahreïn [19] n’a, quant à lui, suscité que l’expression d’une inquiétude verbale dans les chancelleries occidentales. À mesure que les soulèvements arabes se multipliaient et donnaient lieu à des crispations violentes et durables, les puissances extérieures se trouvaient confrontées à un triple défi concernant leur capacité d’intervention, le maintien de la cohésion de la communauté internationale, et la gestion d’un nouveau paysage stratégique.

Sur ces trois points, l’intervention occidentale en Libye présente un bilan mitigé. Succès militaire dans la mesure où elle a abouti au renversement du colonel Kadhafi, elle a permis de constater néanmoins, avec le recul, les nombreuses limites de ce type d’opération. En premier lieu parce que la France et le Royaume-Uni, qui ont souhaité mener cette intervention et constituent de loin les deux premières puissances militaires européennes [20], ont dû avoir recours à l’allié américain [21] pour défaire une armée libyenne de second rang. Ensuite parce que, en dépit du soutien initial de la Ligue arabe et de certains de ses membres [22], l’aventure libyenne est apparue comme finalement otanienne, sans pour autant faire l’unanimité au sein des membres de l’alliance, puisque huit d’entre eux seulement ont participé aux opérations, puisque, de surcroît, des pays européens importants comme l’Allemagne et la Pologne s’y sont opposés [23], puisque, enfin, un malentendu subsiste entre Européens et Américains sur leur complémentarité affichée dans cette crise.

Pour le Vieux Continent, en effet, à commencer par Paris et Londres, il s’agissait d’une initiative européenne à laquelle les États-Unis ont contribué, dans une dynamique vertueuse montrant à la fois la capacité des Européens à se saisir de tels enjeux, l’accord de Washington pour jouer le jeu du leadership from behind (ou position de retrait permettant de piloter une partie des opérations tout en laissant l’initiative aux alliés européens). De l’autre côté de l’Atlantique, en revanche [24], on fait le constat de l’absence de l’UE en tant que telle dans ce dossier, de l’incapacité des principales puissances européennes à se passer de l’appui militaire américain [25], et on rejette fermement, surtout du côté républicain, ce concept de leadership from behind [26] . En dépit de ces désaccords, c’est bien un label occidental et otanien qui apparaît, ce qui a suscité la défiance d’autres États. Il est frappant, en effet, de constater que le Brésil [27], l’Inde, la Chine et la Russie se sont abstenus sur la résolution 1973. L’Afrique du Sud, qui l’a votée, fut par la suite très critique sur l’interprétation qui en a été faite par les alliés. En d’autres termes, l’affaire libyenne a marqué une défiance des émergents ou des puissances non occidentales, que l’on retrouva bientôt dans le dossier syrien.

En dépit de l’intensité de ce drame syrien, en effet, et du nombre de morts occasionnées par le régime de Damas [28], les leçons tirées de l’opération libyenne empêchent une réponse internationale unanime à cette situation. Aux États-Unis, un débat, animé notamment par un groupe de sénateurs [29], insiste sur la nécessité d’une intervention et, en tout cas, d’un leadership américain fort sur ce dossier, dans lequel la Secrétaire d’État Hillary Clinton s’implique largement [30]. La France a, de son côté, adopté une position en pointe déjà formulée sous Nicolas Sarkozy [31], qui ne s’est pas démentie après la victoire de François Hollande à l’élection présidentielle d’avril-mai 2012. Avec la Turquie (qui accueille des responsables de l’Armée syrienne libre), le Qatar et les États-Unis, Paris soutient le Conseil national syrien lancé en octobre 2011 à Istanbul, a soutenu le plan proposé par l’ancien secrétaire général des Nations unies et médiateur de cette organisation et de la Ligue arabe chargé du dossier syrien Kofi Annan [32], et a accueilli en juillet 2012 une réunion des « Amis du peuple syrien » [33]. Mais deux problèmes majeurs empêchent d’aller au-delà de cette mobilisation diplomatique. D’une part, une opération militaire extérieure serait plus difficile qu’en Libye, compte tenu des moyens de l’armée syrienne et des rapports de force sur le terrain. Non sollicitée par l’opposition syrienne dans un premier temps, elle est apparue ensuite souhaitable aux yeux de certains. Mais on se heurte là au deuxième obstacle : l’absence de mandat onusien pour lancer une telle opération. La Russie et la Chine se refusent, y compris en recourant à leur droit de veto, à voter en faveur d’un tel mandat, dans le cadre du Conseil de sécurité [34]. Au-delà des intérêts de ces deux puissances dans la région, intérêts importants mais non cruciaux [35], c’est tout un type de processus international que Moscou et Pékin souhaitent freiner. Il s’agit en l’occurrence du processus par lequel des puissances occidentales parviennent à transformer rapidement une émotion internationale légitime en intervention aboutissant à un changement de régime dans des pays qui les ont défiées. En cela, le cas libyen a joué un rôle clef dans la perception de ce mécanisme. Le mandat consistant à protéger les populations libyennes a été considéré par la Chine et la Russie comme largement outrepassé, pour révéler son objectif réel, à savoir la destitution du régime en place. Il n’est donc pas question, pour Moscou et Pékin, de laisser se renouveler indéfiniment ce scénario, auquel ils préfèrent un processus de type yéménite [36], qui leur conférerait un rôle plus important.

Par ailleurs, la chute de Bachar al-Assad entamerait une recomposition profonde des équilibres régionaux, à commencer par le lien entre l’Iran, le Hezbollah, le Hamas et différents groupes palestiniens, la situation au Liban, et influerait sur le rôle de la Turquie, alliée des États-Unis, qui pourrait accroître son influence régionale à la faveur de ces événements. Cette recomposition pourrait être, aux yeux des deux puissances non occidentales membres permanents du Conseil de sécurité, favorable à Washington. C’est oublier un peu vite que ce sont d’abord des alliés des États-Unis et de l’Europe qui furent les victimes des premiers printemps arabes, et que si la Turquie reste un pays allié des États-Unis, elle a affiché également depuis peu une posture de plus en plus ferme à l’égard d’Israël. Néanmoins, la question de la recomposition stratégique est bel et bien posée. Le Premier ministre turc R. Tayyip Erdogan, qui avait joué un rôle modérateur dans la situation libyenne [37], avait entamé à la mi-septembre 2011 une tournée triomphale dans les pays de la révolution (Égypte, Tunisie, Libye), où il a signé de nombreux accords de coopération stratégique et traités d’amitié [38]. D’autres acteurs régionaux tentent également, de leur côté, de reprendre la main sur les événements, à l’image de l’Arabie Saoudite avec l’élargissement, imaginé un temps, du CCG au Maroc et à la Jordanie [39]. Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni retrouvent quant à eux des marges de manoeuvre sur les dossiers libyen et syrien, qu’ils semblaient avoir perdu en partie après les événements tunisiens et égyptiens.

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Le mouvement des Frères musulmans pave la route pour le Qatar

 

 

Dans la foulée des soulèvements arabes, le Qatar exploite sa grande richesse et son empire médiatique pour se transformer en superpuissance régionale. Ce sont ses liens historiques avec les Frères musulmans qui détermineront le succès ou non de la stratégie de Doha.

 

Nous sommes accoutumés à ce qu’un pays comme l’Arabie saoudite tente de jouer un rôle de premier plan dans la vie politique de la région, mais dans le cas d’un pays petit comme le Qatar – avec une population autochtone d’à peine 200 000 personnes – cela est remarquable.

 

Principalement en raison de sa grande richesse en pétrole et en gaz, la petite péninsule du Golfe est capable de faire jeu égal avec les principales puissances de la région. Le Qatar a réussi à tirer parti de sa fortune économique, et son empire médiatique construit autour de la chaîne al-Jazeera, renforce sa réputation de superpuissance régionale.

 

Dans les années qui ont précédé le soulèvement arabe, le Qatar a suivi une diplomatie qualifiée de pragmatique, établissant des relations solides avec des ennemis jurés comme les États-Unis et l’Iran ou le Hamas et Israël. Dans un sens, Doha a précédé la Turquie en mettant en œuvre avec succès une politique étrangère de « zéro des problème ».

 

Aujourd’hui, cependant, le Qatar se comporte avec plus d’audace, prenant parti dans les bouleversements qui secouent le monde arabe et lâchant les rênes à al-Jazeera pour que celle-ci s’attaque à ses ennemis. Le Qatar s’est en effet lui-même placé dans l’œil du cyclone.

 

Après son soutien médiatique aux révolutionnaires, Doha s’est senti à l’aise avec les nouveaux dirigeants islamistes de l’Égypte et de la Tunisie. En Libye, le Qatar était à la pointe du soutien militaire et financier arabe aux forces rebelles soutenues par l’OTAN jusqu’à la chute de Mouammar Kadhafi. En Syrie, l’émir est prêt à tout risquer pour faire tomber le régime de Bachar al-Assad.

 

Au centre de la stratégie du Qatar se trouvent ses liens historiques avec les Frères musulmans, qui sont devenus les principaux bénéficiaires des soulèvements arabes. Parier sur la Fraternité, cependant, comporte des risques – en particulier vis-à-vis des autres États du Golfe qui considèrent les Frères musulmans comme une plus grande menace que l’Iran.

 

La Fraternité au Qatar

 

La présence au Qatar de Frères musulmans originaires d’un certain nombre de pays arabes, remonte aux années 1950, lorsque plusieurs des membres du mouvement ont été contraints à l’exil, en particulier par l’Égypte de Gamal Abdel-Nasser. En 1999, la branche du Qatar des Frères musulmans s’est dissoute d’elle-même, et son chef Jassem Sultan déclara en 2003 que l’État qatari s’acquittait correctement de ses obligations religieuses.

 

Des tentatives similaires visant à concilier la Fraternité avec la famille régnante dans les Émirats arabes unis n’ont pas été aussi fructueux. La branche de la Fraternité des Émirats Arabes Unis, appelée al-Islah, a été autorisée à agir comme un organisme de bienfaisance, mais a dû cesser ses activités politiques.

 

Au fil du temps, les liens entre le Qatar et les membres de premier plan de la Confrérie se sont renforcés, notamment avec le sheikh Yusuf al-Qaradawi et une longue liste de journalistes islamistes et de militants qui ont inondé les rangs d’Al-Jazeera, avec parmi eux l’ancien directeur général Wadah Khanfar (des Frères Musulmans jordaniens) et l’actuel ministre tunisien des Affaires étrangères Rafik Abdul-Salam, lequel dirigeait le centre de recherche de la chaîne.

 

Le Qatar n’a pas perdu de temps pour appuyer les nouveaux régimes des Frères musulmans en remplissant leurs coffres. Contrairement à d’autres pays du Golfe, qui ont réduit leurs investissements en Égypte après la chute de Moubarak, Doha a promis d’augmenter sa part jusqu’à 18 milliards de dollars dans les prochaines années.

 

Les dépenses somptuaires du Qatar en faveur des islamistes ont également réussi à attirer le Hamas palestinien et à éloigner celui-ci de l’Iran et de la Syrie. Dans un récent voyage dans la bande de Gaza, l’émir qatari Cheikh Hamad Bin Khalifa al-Thani a annoncé des investissements et lancé des projets qui équivalent à un quart de milliard de dollars.

 

Le mécontentement des pays du Golfe

 

La romance entre les Frères musulmans et le Qatar est une source de mécontentement chez ses voisins du Golfe, notamment l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Ce n’est pas la première fois que Doha mécontente les autres régimes dans la région, car il était autrefois dans les meilleurs termes – principalement pour des raisons économiques – avec l’Iran.

 

Mais les autres monarchies du Golfe sont de plus en plus méfiantes face à la montée en puissance des Frères dans la région. Certains considèrent la Confrérie comme une plus grande menace que l’Iran. La récente arrestation de dizaines de membres d’al-Islah pour avoir prétendument comploté pour renverser le régime des Émirats Arabes Unis, en est un exemple.

 

Les médias saoudiens sont de plus en plus ouverts dans leur critique de la relation privilégiée du Qatar avec les Frères, et les Émirats Arabes Unis sont en train de lancer une station de télévision dirigée contre eux. De son côté, le Koweït n’a toujours pas envoyé un montant même symbolique d’aide à l’économie chancelante de l’Égypte.

 

Cette situation a rendu le Qatar attentif à ne pas déranger ses voisins du Golfe, évitant d’allumer tout incendie pouvant s’étendre. Quand Sheikh Yusuf al-Qaradaw, par exemple, a publiquement critiqué les Émirats arabes unis pour avoir expulsé des Syriens vers l’Égypte en mai 2012, al-Thani s’est lui-même rendu à Abu Dhabi le lendemain pour limiter les dégâts.

 

La politique du Qatar dans le golfe semble être un prolongement de son approche pragmatique antérieure, consistant à s’allier avec des ennemis acharnés, à vouloir concilier ses rapports avec ses partenaires du Golfe et son patronage des Frères musulmans. Cependant, dans d’autres parties du monde arabe comme en Syrie, le Qatar joue un jeu nouveau et potentiellement dangereux en plaçant toute la mise sur un seul camp.

L’Iran et le Hezbollah pourraient intervenir dans la bataille en Syrie

 

 

Le chef du puissant mouvement chiite libanais a évoqué mardi une possible intervention directe de l’Iran et du Hezbollah sur le terrain car les amis de la Syrie ne permettront pas la chute du régime de Bachar al-Assad.

Il a par ailleurs reconnu pour la première fois l’engagement de ses troupes dans la région de Qoussair au centre de la Syrie et dans le haut lieu chiite religieux de Sayeda Zeinab, à l’est de Damas.

« La Syrie compte dans la région de vrais amis qui ne permettront pas que ce pays tombe dans les mains des Etats-Unis, d’Israël ou des groupes takfiri, faisant allusion aux extrémistes sunnites », a déclaré M. Nasrallah sur la chaîne du mouvement al-Manar.

« Il y a actuellement des experts iraniens qui sont en Syrie depuis des dizaines d’année mais pas de forces militaires iraniennes car c’est maintenant le peuple syrien qui combat », a-t-il noté.

« Mais, si la situation devenait plus dangereuse, des Etats, des mouvements de résistance et d’autres forces seront dans l’obligation d’intervenir de manière efficace dans la confrontation sur le terrain », a-t-il ajouté.

Le régime syrien est confronté à un rébellion armée qui a fait depuis deux ans plus de 70 000 morts, selon l’ONU.

Par ailleurs, il a reconnu et justifié l’engagement de ses troupes dans la région de Qoussair au centre de la Syrie et dans le haut lieu chiite religieux de Sayeda Zeinab, à l’est de Damas.

« Ces derniers mois, l’armée syrienne a été contrainte de se retirer de certaines parties de la région de Qoussair ce qui conduit les Libanais vivant dans cette région à se trouver confrontés à des groupes armés » (rebelles anti-régime), a-t-il expliqué.

Il faisait allusion aux 13 localités se trouvant en Syrie et qui sont habitées totalement ou majoritairement par des chiites libanais.

« Lorsque les attaques ont empiré et qu’un grand nombre de combattants (rebelles) se préparaient à prendre le contrôle de ces villages habités par les Libanais, il était normal d’offrir toute l’aide possible et nécessaire pour épauler l’armée syrienne, les comités populaires (milices locales pro-régime) et les habitants libanais », a-t-il dit en soulignant que la bataille n’est pas finie.

Le chef du Hezbollah, un allié du régime syrien, a rendu hommage aux combattants qui sont tombés en Syrie. « Nous sommes fiers des martyrs qui sont tombés ces dernières semaines et ils nous honorent. Je salue leur famille », a-t-il lancé sans préciser le nombre de tués dans les rangs de son mouvement.

Par ailleurs, il a justifié la présence des combattants du Hezbollah à Sayeda Zeinab en soulignant qu’ils combattaient les takfiri).

« Il faut que des moujahidine (combattants de l’islam) honnêtes se dressent pour empêcher la chute du village et du mausolée de Sayeda Zeinab (…) Il y a des gens sur le terrain qui empêchent l’avancée des takfiri », a-t-il expliqué.

Selon la légende, Zeinab petite fille de Mahomet et soeur de l’imam Hussein, vénéré par les chiites, y serait enterrée.

Il a enfin mis en garde Israël contre une mauvaise appréciation. « Si vous pensez que la résistance au Liban est affaiblie en raison de qui se passe en Syrie, vous avez tort. Je préviens l’ennemi et tous ceux qui le soutiennent de ne pas commettre une bêtise car la résistance est en état d’alerte et a son doigt sur la gâchette », a-t-il dit.

Washington menace d’envahir la Syrie

Syrie : Une attaque chimique sera le prélude à une grande guerre, par Nikita Sorokine

Syrie : Une attaque chimique sera le prélude à une grande guerre, par Nikita Sorokine

 

 

IRIB- Les dirigeants des pays de l’OTAN sont déchirés par le doute, sur l’utilisation,

 

en Syrie, d’agents de combat toxiques. Le fait même qu’ils ne cessent de faire mousser le thème des armes chimiques syriennes témoigne qu’une grande guerre est proche, dans la région, selon les experts.

Les responsables français n’ont toujours pas de preuves de l’utilisation d’armes chimiques, en Syrie, par les parties adverses. «Nous n’avons pas de certitudes. Il y a des indices donnés par les Britanniques, aussi, par les Américains. Nous sommes en train de vérifier tout cela», a déclaré, lundi, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, sur les ondes d’Europe 1.

L’escalade de la confrontation, en Syrie, est déjà allée si loin et à revêtu des formes tellement excentriques qu’aucun scénario n’est exclu, estime l’expert de l’Institut russe d’études stratégiques, Ajdar Kourtov :

«En règle générale, si un des adversaires ne parvient pas à la victoire dans ces conditions, les deux parties recourent très souvent à des remèdes plus forts. Notamment à une arme plus meurtrière. J’estime qu’il n’existe pas de raisons suffisantes pour accuser le gouvernement de Bachar al-Assad d’utilisation de l’arme d’extermination massive, plus particulièrement de l’arme chimique. Il y a une logique élémentaire : étant donné la campagne internationale déclenchée contre ce pays par plusieurs puissances mondiales, l’utilisation de l’arme chimique par le gouvernement d’al-Assad ne fera que fournir un prétexte à une intervention militaire non dissimulée. En fin de compte, Bachar al-Assad n’est pas un kamikaze pour agir de cette façon. C’est pourquoi je suis enclin à penser que ces armes ont pu être utilisées par les rebelles».

Les Etats-Unis disent que la Syrie a déjà franchi la «ligne rouge» fatidique tracée par la Maison Blanche, pour le régime de Bachar al-Assad. Selon les multiples déclarations du président américain Barack Obama, cette ligne signifie toute utilisation d’armes chimiques en Syrie. Washington a déjà augmenté son aide «non létale» à l’opposition syrienne, a envoyé en Jordanie 200 spécialistes du renseignement et des opérations spéciales et se propose d’y déployer une division blindée et des systèmes de missiles sol-air Patriot. Le porte-parole de la Maison Blanche Jay Carney a récemment déclaré que l’administration «n’excluait aucune variante» d’incidence sur Damas. D’habitude, les Etats-Unis utilisent cette formule pour évoquer la possibilité d’une guerre ou, au moins, d’un bombardement. On est donc en présence de tous les indices des préparatifs d’un «scénario libyen», pour la Syrie.

Ajdar Kourtov suppose que l’opération éventuelle contre la Syrie sera soutenue par la Grande-Bretagne et la France. Autre version également possible : l’intervention militaire aura lieu par le biais des monarchies conservatrices du Golfe : l’Arabie saoudite et le Qatar. Celles-ci pourront organiser l’invasion des mercenaires enrôlés au moyen des sommes immenses déjà investies dans la déstabilisation au Proche-Orient, estime l’expert. Selon lui, les adversaires de Bachar al-Assad s’efforcent d’en finir avec son régime pour pouvoir entamer une agression armée non dissimulée contre l’allié principal de la Syrie, l’Iran.

Il est peu probable qu’on puisse parler de répétition du scénario libyen ou irakien, estime le président de l’Institut du Proche-Orient Evgueni Satanovski. Le scénario sera inédit. Les instigateurs de l’idée d’une ingérence extérieure dans la guerre civile syrienne sont l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, a-t-il souligné :

« Les frappes contre les entrepôts d’armes chimiques ou les groupes rebelles s’ils mettent la main sur les armes chimiques seront apparemment portées par les Américains et les Israéliens avec la participation des forces aériennes britanniques ou françaises. En l’occurrence, l’Occident cherche à engager Doha, Riyad et Ankara. Al-Assad sera soutenu par l’Iran et, dans une moindre mesure, par le Hezbollah pour lequel il suffira de maintenir les positions au Liban. Au Proche-Orient n’importe quoi peut dégénérer en guerre régionale. Mais il faut comprendre que nous avançons vers une grande guerre contre l’Iran. La frappe contre la Syrie, si elle a lieu, sera le prélude au début de cette campagne militaire ».

Il est évident que pour l’Occident le renversement du gouvernement de Damas est une question d’honneur. Le régime d’al-Assad résiste depuis deux ans, ce qui est inadmissible pour les puissances occidentales. Il ne s’agit même pas des avantages géopolitiques ou géographiques de la situation de la Syrie. La victoire ou une opération militaire réussie pourraient, dans une certaine mesure, contrebalancer la défaite subie en Afghanistan par l’OTAN et les Etats-Unis.

Syrie: La « solution finale  » d’Israël !?

IRIB- La publication militaire israélienne « DEBKA » joue un rôle-clef, dans la préparation d’une campagne contre le monde, dans le cadre de sa « guerre par la ruse » [et le mensonge sans limites] et révèle, maintenant, clairement, qu’Israël organise sa « solution finale », une campagne, pour dresser nation contre nation.
Le résultat sera une planète devenue une ruine fumante, Israël régnant sur des cendres et des tombes, est une conclusion inévitable, du moins, pour Netanyahu et ses réseaux terroristes mondiaux.
« DEBKA » reconnaît, ouvertement, qu’il y a des plans, pour disposer des troupes israéliennes, en Syrie et en Irak, pour duper la Turquie, la Jordanie et les Etats arabes du golfe Persique, et les entraîner, dans une guerre, pour arriver à la destruction, non seulement, de l’Iran et du Pakistan, mais aussi de la Russie et de la Chine, les dressant contre l’OTAN, dans un Armaggedon terminal, assurant la domination de l’humanité par Satan. C’est, en résumé; ce qu’écrit sur le site Presstv Gordon Duff, vétéran de guerre et analyste politique . « Le plan est clair, Israël entand envahir la Syrie, transformer  le Kurdistan irakien en un bastion, pour attaquer, par la suite, l’Iran. Et c’est sa façon à Israël d’impliquer les Etats Unis, dans une guerre, cette fois, aux dimensions internationales, après une décennie de conflits meurtiers, aux conséquences économiques et sociales dévastatrices, pour les Etats Unis ». Pour cet analyste, « les attentats de Boston ou de Sandy Hook, sont les signes d’une volonté du retour à l’ére Bush, des semi 11 septembre, qui fournissent des prétextes nécessaires à de nouvelles guerres ». « Dans la région du golfe Persique, Israël agit, de concert avec Riyad et Ankara, ainsi qu’avec le  PKK, les dirigeants du Kurdistan irakien, et les Qaïdistes de l’irak et les Druzes, pour lancer une vaste attaque contre la Syrie. L’objectif est, d’abord, l’Iran, ensuite, l’Afghanistan, et puis, les pays côtiers de la mer Caspienne. Si la Russie et la Chine échouent à stopper cette menace, et ne parviennent pas à bloquer cette invasion de l’Asie, le Pakistan sera le point de départ d’une guerre internationale, et l’assaut contre ce pays est même programmé, pour 2017! » Pour l’auteur, après la Syrie, ce sera le tour du Nord de l’Irak de tomber, dans l’escarcelle d’Israël d’où ce dernier lancerait son assaut final contre l’Iran, avec une Turquie et une république d’Azerbaijan, parfaitement, aux ordres!

L’attentat contre le PM syrien et les 4 offensives contre Damas, par Luc Michel

IRIB-Un attentat à la voiture piégée a eu lieu ce lundi matin à Damas.
Il visait le véhicule du Premier ministre de Bachar al-Assad, Waël al-Halaqi, qui en est sorti indemne, a rapporté la télévision officielle Al-Ikhbariya.

Cet attentat prend place dans une quadruple offensive contre la Syrie ba’athiste.

I : LE PREMIER MINISTRE SYRIEN ECHAPPE A UN ATTENTAT

Le Premier ministre syrien Waël al-Halaqi a échappé ce lundi à un attentat à Damas, le premier du genre contre un dirigeant syrien depuis l’assassinat de quatre hauts responsables du gouvernement en juillet 2012. Le 18 juillet 2012, quatre hauts responsables de la Sécurité, dont le beau-frère de M. Assad, avaient été tués dans un attentat visant le bâtiment de la Sécurité nationale dans le centre de la capitale, et revendiqué par la rébellion. Les occidentaux, USA, Grande-Bretagne et France en tête, avaient refusé au Conseil de sécurité de l’ONU une motion de condamnation de cet attentat proposée par Moscou.

«L’attentat terroriste à Mazzé visait le convoi du Premier ministre. M. Halaqi est indemne et n’a pas été blessé», affirme la télévision Al-Ikhabriya, sans préciser la nature de l’explosion.
Le photographe de l’AFP sur place a vu plusieurs véhicules calcinés, dont un autobus, et plusieurs autres voitures garées aux vitres brisées. Les services de sécurité ont bouclé le secteur.

Selon la télévision d’Etat, l’attentat s’est produit près d’un jardin public et d’une école à Mazzé, quartier ultra-sécurisé du centre-ouest de la capitale syrienne abritant de nombreuses ambassades, des bâtiments gouvernementaux et des sièges des services de renseignement et où résident de nombreux responsables politiques. «Je marchais dans la rue, quand soudain une explosion très forte s’est produite, et j’ai vu une voiture brûler et des gens courir. J’ai entendu le bruit de vitres voler en éclats», raconte un jeune homme à l’AFP. «Je me suis hâté de me mettre à l’abri car je craignais qu’une autre explosion n’ait lieu».

Le dernier attentat terroriste à Damas remonte au 9 avril dernier, faisant au moins 15 morts selon les médias officiels, la première attaque du genre en plein centre de la capitale. Le gouvernement avait alors accusé des «terroristes», terme par lequel les autorités syriennes désignent fort justement les soi-disant « rebelles », majoritairement des islamistes jihadistes – dont ceux du Front al-Nosra, al-Qaida en Syrie – qui ont revendiqué de nombreux attentats suicide, en particulier à Damas.

Al-Ikhbariya a diffusé, en différé, des images de M. Halaqi présidant une réunion de travail, présentant celles-ci comme « la preuve » qu’il était bien sain et sauf. Elle a par la suite cité des déclarations du Premier ministre affirmant que l’attentat n’était « qu’une preuve du découragement et du désespoir des groupes terroristes face aux exploits de l’armée syrienne » dans le conflit.

II : LES QUATRE OFFENSIVES CONTRE LA SYRIE :
MILITAIRE, DIPLOMATIQUE, TERRORISTE ET MEDIATIQUE

Cet attentat intervient au moment où Damas est sous les feux d’une quadruple offensive :

– militaire : celle de la pseudo ASL et de leurs troupes de choc, les djihadistes islamistes, encadrés par des forces spéciales turques, qataries, britanniques, US et française, armées par l’OTAN via la Turquie, par le Qatar et les Saoudiens.
– terroriste : qui remplace la guerre classique, partout où l’Armée Arabe Syrienne l’emporte sur le terrain, comme à Damas. Le terrorisme djihadistes est la continuation directe de la sale guerre menée par l’ASL et ses maîtres de l’OTAN.
– diplomatique : les occidentaux et leurs valets arabes entendant obtenir de l’ONU un feu vert à une intervention directe, dans une opération comme celle réussie en Libye. Le prétexte étant, comme pour l’IRAK en 2002-2003, les soi-disant « armes de destruction massive » (ici chimiques).
– médiatique : les médias de l’OTAN et Al-Jazira, la propagandastaffel du Qatar, préparant à la fois l’opinion publique occidentale à une nouvelle guerre de l’OTAN, tentant de légitimer les rebelles islamistes présentés comme « démocrates » et de délégitimer Damas, présenté comme une « dictature alouite » alors qu’il s’agit du dernier état laïque du Proche-Orient avec le Liban.

Le « débat » sur l’utilisation – fantasmée – par Damas « d’armes chimiques contre la population » continue entre temps d’agiter les chancelleries occidentales. « Paris se démarquant des positions américaines et occidentales affirmant avoir des « indices » sur cet usage », affirme l’AFP. « Nous n’avons pas de certitudes. Il y a des indices qui ont été donnés par les Anglais, aussi par les Américains. Nous, nous sommes en train de vérifier cela », a affirmé le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, rappelant que Paris et Londres avaient demandé l’ONU d’ouvrir une enquête.

Cette offensive est évidemment appuyée par Tel-Aviv, grand bénéficiaire de la déstabilisation de la Syrie ba’athiste, comme elle l’a été de la Chute de Bagdad en 2003 et de Tripoli en 2011. A savoir les trois états nationalistes arabes qui étaient le fer de lance du soutien à la cause palestinienne.
« L’éviction d’al-Assad règlera nombre de problèmes d’Israël », affirme sans détour l’ex-chef du Mossad. L’ex-directeur du service de renseignement israélien, Meir Dagan, a déclaré qu’Israël devait faire « tout son possible pour évincer Bachar al-Assad du pouvoir en Syrie ». Dagan, figure de l’appareil répressif israélien, a osé qualifier de « crime contre l’humanité les assassinats massifs des citoyens de Syrie ». Selon lui, « le changement du régime en Syrie est le devoir moral d’Israël » (sic). Dagan a également déclaré que » l’éviction d’al-Assad du pouvoir serait avantageuse pour Israël du point de vue stratégique et affaiblirait sensiblement ses principaux adversaires : le Hezbollah et l’Iran ».

Ce dossier est évidemment au cœur de l’offensive diplomatique menée par les USA et l’OTAN contre Damas. Et le « débat » tant vanté par les médias de l’OTAN est une grande comédie. Dont les occidentaux entendent déjà avoir écrit l’épilogue.
La Russie, « rare puissance à soutenir le régime de Bachar al-Assad » (sic) selon l’AFP – alors que Moscou, Pékin, le bloc de l’OTSC et du Groupe de Shanghai , ainsi qu’une partie des BRICS sont opposés à la guerre contre Damas – a réaffirmé de son côté sa mise en garde contre une répétition du scénario irakien en Syrie.
Le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov a ainsi mis directement en question l’appel lancé par le patron de l’ONU, Ban Ki-moon à Damas pour qu’il autorise une équipe de l’ONU à enquêter sur l’utilisation par le régime d’armes chimiques, estimant qu’il s’agissait d’une « pratique analogue à celle de l’Irak ».

Moscou s’oppose ouvertement à la comédie contre Damas, qui est la copie carbone de celle ourdie contre l’Irak ba’athiste. L’argument de Washington de la présence d’armes de destruction massive en Irak avait servi à justifier l’invasion de ce pays en mars 2003, aboutissant à la chute de Saddam Hussein. Cet argument s’était ensuite révélé faux. Les dirigeants US et britanniques, Bush et Blair en tête, ayant effrontément menti.

A Washington, des élus républicains – dont Mc Cain le patron des réseaux politiques qui ont déjà mené la guerre contre la Libye de Kadhafi et organisé les activistes du pseudo « printemps arabe » – ont renouvelé leurs appels en faveur d’une action des Etats-Unis contre la Syrie, « en raison des éléments de preuves de plus en plus évidentes de l »utilisation de gaz chimiques » (sic). Mc Cain appelle, comme son relais en France BHL, à une « zone d’exclusion aérienne » en Syrie et à des bombardements.

Cette offensive diplomatique se double d’une offensive médiatique menée par les médias et les presstitutes de l’OTAN contre Damas. Au cœur de cette offensive une officine créée de toutes pièces par les services secrets britanniques MI5 et MI6, orfèvres en matière de complots et de manipulation de groupuscules. Cette officine, qui produit 99% des médiamensonges contre Damas qui sont repris sans aucun recul, vérification ou critique par l’ensemble des médias de l’Otan, c’est l’OSDH.

 

III : AU CŒUR DES MEDIAMENSONGES CONTRE DAMAS :
LA VRAIE NATURE DU PSEUDO « OSDH »

Le pseudo « Observatoire syrien des droits de l’Homme » (OSDH), présenté suivant les cas comme une « ONG syrienne » (sic), suivant les autres « un large réseau de militants et de sources médicales et militaires à travers la Syrie » (resic), est en fait une officine barbouzarde, constitué autour du seul Rami Abdel Rahmane, « directeur de l’OSDH » et militant islamiste protégé par Londres.

En réalité, l’OSDH « a été exposé il y a longtemps comme étant une vitrine absurde de propagande gérée par Rami Abdul Rahman depuis sa maison semi-retirée en Angleterre », écrit Landestroyer. D’après un article de Reuters de Décembre 2011 intitulé « Coventry – an unlikely home to prominent Syria activist, » Abdul Rahman admet être un membre de la soi-disant “opposition syrienne” qui cherche à chasser le président syrien Bachar Al-Assad. « Après trois courts séjours dans les prisons syriennes pour activisme », Abdul Rahman arriva en Grande-Bretagne en 2000.

Landestroyer écrit encore : « On ne peut pas trouver une source d’information plus douteuse, compromise, biaisée que lui et pourtant ces deux dernières années, son “observatoire” a servi de seule source d’information pour le torrent sans fin de propagande émanant des médias occidentaux (…) Et pourtant, malgré son rôle central dans cette guerre civile sauvage, le bien nommé OSDH est virtuellement un one-man-show. Son fondateur, Rami Adul Rahman, 42 ans, qui a fuit la Syrie il y a 13 ans, gère l’observatoire depuis une petite maison de briques semi-détachée d’une rue ordinnaire de la ville industrielle de Coventry en Angleterre ».

« Peut-être le pire de tout, est que l’ONU utilise cette source biaisée et compromise de propagande comme base de ses multiples rapports », du moins c’est ce que le New York Times affirme dans son article récent « A Very Busy Man Behind the Syrian Civil War’s Casualty Count ».
L’article du NYT admet que « les analystes militaires de Washington ont suivi son décompte des corps de soldats syriens et de rebelles pour estimer la direction que prenait la guerre. L’ONU et les organisations pour les droits de l’Homme chérissent ses descriptions de meurtres de civils syriens pour les utiliser comme preuves dans de possibles procès pour crimes de guerre. Les organisations de presse les plus importantes (…) citent ses chiffres de pertes humaines ».

Le NYT « révèle également pour la première fois que l’opération d’Abdul Rahman est financée par l’Union Européenne et “un pays européen”, qu’il refuse d’identifier (…) Tandis qu’il refuse d’identifier ce pays, il s’agit sans aucun doute possible de la Grande-Bretagne elle-même, car Abdul Rahman a un accès direct au ministre des affaires étrangères britannique William Hague, qu’il a de manière documentée, rencontré en personne à de multiples reprises au bureau du Commonwealth de Londres ».

Ecoutons encore Tony Cartalucci sur Landestroyer : « Abdul Rahman n’est pas un “activiste des droits de l’Homme”. Il est un propagandiste payé pour ses activités. Il n’est pas différent de la clique de vils menteurs et de traîtres qui trouvèrent refuge à Londres et à Washington pendant la guerre d’Irak et de la plus récente débauche occidentale en Libye et ce pour le simple but de donner aux gouvernements occidentaux un flot constant de propagande et de renseignements intentionnellement falsifiés créés spécifiquement pour justifier l’action hégémonique de l’occident. Les contemporains d’Abdul Rahman incluent le notoire traître irakien Rafid al-Jalabi, nom de code “Curveball”, qui pavanne maintenant en disant qu’il a inventé les accusations sur les armes de destruction massive irakiennes, la casus belli occidental pour 10 ans de guerre qui a coûté plus d’un million de vies humaines, incluant des milliers de soldats occidentaux et qui a laissé l’Irak en ruines. Il y a aussi le moins connu Dr Sliman Bouchuiguir de Libye, qui forma la fondation, le racket des droits de l’Homme pro-occidental à Benghazi et qui proclame maintenant haut et fort que les histoires de Kadhafi massacrant son peuple étaient tout aussi inventées afin de donner à l’OTAN son prétexte d’intervention militaire ».

What do you expect (comme dit la pub) ?

Luc MICHEL

http://www.lucmichel.net/

La Syrie et le gaz sarin : les rapports américains ont un air de déjà-vu 30 avril 2013 · par Bao · dans Armement, Géostratégie, Manipulation. ·

par Robert Fisk

Les rapports sur l’utilisation d’armes chimiques par le régime Assad, font partie d’un récit à répétition rempli de manipulations.

Syrie et gaz sarin

Y a-t-il un moyen d’échapper au théâtre des armes chimiques ? Tout d’abord, « les services militaires de renseignement » israéliens affirment que les forces de Bachar al-Assad ont utilisé / ont probablement utilisé / auraient pu utiliser / pourraient utiliser, des armes chimiques. Puis Chuck Hagel, le secrétaire américain à la Défense, déboule en Israël, pour promettre encore plus de puissance de feu aux militaires israéliens déjà sur-armés – en évitant toute mention de leur plus de 200 ogives nucléaires – et ensuite imbiber comme une éponge tous les « rapports » israéliens sur l’utilisation avérée/probable /possible, d’armes chimiques par la Syrie.

Alors le bon vieux Chuck retourne à Washington et dit au monde que « c’est une affaire sérieuse. Nous avons besoin de tous les faits ». La Maison Blanche dit au Congrès que les agences américaines de renseignement, probablement les mêmes que les agences de renseignement israéliennes depuis que les deux côtés fonctionnent habituellement en tandem, ont des « degrés de confiance variables » dans l’information. Mais la sénatrice Dianne Feinstein, présidente de la commission du renseignement au Sénat – qui a réussi à défendre les actions d’Israël en 1996 après que celui-ci ait massacré 105 civils, principalement des enfants, à Qana au Liban – annonce à propos de la Syrie qu’« il est clair que les lignes rouges ont été franchies et que des mesures doivent être prises pour empêcher l’utilisation [d’armes chimiques] à grande échelle ». Et le plus éculé des clichés de la Maison Blanche – utilisé jusqu’à présent exclusivement pour traiter du développement probable/possible d’armes nucléaires par l’Iran – est ensuite mis en service : « Toutes les options sont sur la table. »

Dans une société normale, les feux rouges devraient désormais clignoter, en particulier dans les salles de rédaction du monde entier. Mais non. Nous, les scribes, rappelons au monde que Obama avait dit que l’utilisation d’armes chimiques en Syrie serait un « changement des règles du jeu » – au moins les Américains admettent que c’est un jeu – et nos rapports confirment ce que personne n’a réellement confirmé. : l’utilisation d’armes chimiques. J’ai été approché, dans deux studios de télévision canadiens, par des producteurs qui brandissaient les mêmes titres. Je leur dis qu’à l’antenne je mettrai à la poubelle « leurs preuves ». Et soudain la question est supprimée de ces deux programmes… Non pas parce qu’ils ne veulent pas en parler – ils le feront plus tard – mais parce qu’ils ne veulent pas que quelqu’un puisse suggérer en direct qu’il puisse s’agir de montages de toutes pièces.

CNN n’a pas de telles inhibitions. Lorsque leur reporter à Amman est questionné sur ce que l’on sait sur l’utilisation d’armes chimiques par la Syrie, il répond : « Pas autant que ce le monde voudrait savoir … le psychisme du régime Assad …. etc… » Mais a-t-on essayé ? Ou tout simplement a-t-on posé une question évidente, qui m’a été soumise par un homme des services syriens du renseignement à Damas la semaine dernière : « si la Syrie peut causer infiniment plus de dégâts avec ses bombardiers MiG (ce que fait le régime) pourquoi devrait-on utiliser des produits chimiques ? » Et puisque tant le régime que ses ennemis s’accusent mutuellement d’utiliser de telles armes, pourquoi Chuck ne craindrait-il pas les rebelles, comme il craint la dictature d’Assad ?

On en revient toujours aux plus infantiles des clichés : que les États-Unis et Israël craignent que les armes chimiques d’Assad « tombent entre de mauvaises mains ». Ils sont effrayés, en d’autres termes, que ces produits chimiques puissent se retrouver dans l’arsenal des mêmes rebelles, en particulier les islamistes, que Washington, Londres, Paris, le Qatar et l’Arabie saoudite soutiennent. Et si ce sont les « mauvaises mains », on peut présumer que les armes dans l’arsenal d’Assad sont dans les « bonnes mains ». Ce fut le cas avec les armes chimiques de Saddam Hussein – jusqu’à ce qu’il les utilisent contre les Kurdes.

Maintenant, nous savons qu’il y a eu trois incidents spécifiques dans lesquels le gaz sarin [gaz innervant mortel dont la version actuelle a été mise en point par les britanniques en 1952 – NdT] a soi-disant été utilisé en Syrie : à Alep, où les deux côtés se sont mutuellement renvoyé l’accusation (les vidéos de l’hôpital proviennent en fait de la télévision d’État syrienne) ; à Homs, apparemment sur un très petite échelle, et dans la banlieue de Damas. Et, bien que la Maison Blanche semble avoir raté l’information, trois enfants réfugiés syriens ont été amenés à l’hôpital de la ville libanaise de Tripoli avec de profondes et douloureuses brûlures sur leurs corps.

Mais maintenant, apparaissent quelques problèmes. Des obus au phosphore peuvent infliger des brûlures profondes, et peut-être causer des malformations congénitales. Mais les Américains ne semblent pas indiquer que l’armée syrienne ait utilisé du phosphore (qui est en fait un produit chimique). Après tout, les troupes américaines ont utilisé la même arme dans la ville irakienne de Fallujah, où il y a en effet aujourd’hui une explosion de malformations congénitales.

Je suppose que notre haine du régime Assad pourrait être plus crédible si nous étions horrifiés par les rapports sur la torture par la police secrète syrienne des prisonniers aux mains du régime. Mais il y a un problème là aussi : il y a seulement 10 ans, les États-Unis « restituaient » des hommes innocents, y compris un citoyen canadien, à Damas pour y être interrogés et torturés par les mêmes policiers des services secrets. Et si nous mentionnons les armes chimiques de Saddam Hussein, il y a un autre petit problème : les composants de ces armes ignobles ont été fabriqués par une usine dans le New Jersey et expédiés à Bagdad par les États-Unis !

Ce n’est pas l’histoire qui prévaut dans nos salles de rédaction, bien sûr. Allez dans un studio de télévision, et vous les verrez tous lire les journaux. Rendez-vous dans le bureau d’un journal, et vous les verrez tous regarder la télévision. C’est osmotique. Et les titres sont tous les mêmes : la Syrie utilise des armes chimiques. Voilà comment fonctionne le théâtre.

Robert Fisk

Article original : Syria and sarin gas: US claims have a very familiar ring

Traduction : al-Mukhtar pour Info-Palestine

Repris par : http://mecanoblog.wordpress.com/2013/04/30/la-syrie-et-le-gaz-sarin-les-rapports-americains-ont-un-air-de-deja-vu/